- il y a 6 heures
- #sudradio
Avec Paul Melun, auteur de "Plouc story" éd. Fayard
Retrouvez La France dans tous ses états avec Périco Légasse du lundi au jeudi de 12h à 14h sur #SudRadio.
---
Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry
———————————————————————
▶️ Suivez le direct : https://dai.ly/x8jqxru
🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/
———————————————————————
🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴
▪️ Facebook : https://www.facebook.com/profile.php?id=100063607629498
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
———————————————————————
##LE_FACE_A_FACE-2026-03-24##
Retrouvez La France dans tous ses états avec Périco Légasse du lundi au jeudi de 12h à 14h sur #SudRadio.
---
Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry
———————————————————————
▶️ Suivez le direct : https://dai.ly/x8jqxru
🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/
———————————————————————
🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴
▪️ Facebook : https://www.facebook.com/profile.php?id=100063607629498
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
———————————————————————
##LE_FACE_A_FACE-2026-03-24##
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Sud Radio, la France dans tous ses états, le face à face.
00:05Vous êtes bien sur Sud Radio en ce mardi 24 mars 2026, il est 13h04 et je reçois un collègue,
00:14un confrère, pas un collègue encore, peut-être qu'il travaillera un jour à Sud Radio, un confrère, les mots
00:19sont précis, Paul Melun qui était...
00:21Alors c'est pas un journaliste essayiste, en général les journalistes font des essais sociologiques, des études, des enquêtes, là
00:27c'est un journaliste romancier qui au lieu de faire justement cette enquête sociologique, il a fait un roman.
00:34Il a fait une... l'émission de Jacques Chancel s'appelle Radioscopie, c'est une radio... c'est une socioscopie,
00:42c'est une socioscopie de la société française.
00:45Plouk Story, ça dit très clairement, Plouk Story, Paul Melun, c'est l'aventure d'un jeune homme qui est
00:53originaire de Gironde, qui s'extrait de son milieu, un milieu qui est décrit par Paul Melun avec une précision.
01:00Moi qui suis un petit peu de l'autre côté de cette montagne sociale, c'est un monde que je
01:05connais bien et les descriptions que vous faites de Paul Melun, c'est exactement ce qui se passe avec les
01:09détails, avec les nuances, avec les couleurs, avec les parfums.
01:14Paul Melun, merci d'abord d'être en direct avec nous sur Sud Radio.
01:20Je vous croyais en Ploukland, non ? Vous êtes quelque part en France, vous êtes...
01:25Je suis dans ma maison, dans les Deux-Sèvres, vous voyez, mais comme je sais que vous êtes une radio
01:32qui parle aux provinces et qui ne se limite pas aux périphériques, je suis au bon endroit.
01:35Vous êtes tout à fait à votre place dans ce beau poitou, dans les Deux-Sèvres, près de New York,
01:40où il y a la vache partenaise, enfin on peut faire un inventaire gastronomique.
01:43Ah bah oui, il y a Marais Poitvin au Sud et puis au Nord, il y a plein de belles
01:47choses aussi.
01:48Alors Paul Melun, vous auriez pu faire... Votre héros est Girondin, on reprendra la Gironde, il aurait pu être Poitvin
01:52dans les Deux-Sèvres, il aurait pu être dans la Creuse, dans un territoire un peu excentré.
01:58Alors Sébastien Girondin, parce que vous-même, vous êtes originaire de Girondin.
02:02Oui, c'est ça, vous savez, je pense que dans les romans, on parle de ce qu'on connaît, bien
02:06sûr.
02:07Alors c'est un village que j'invente, qui s'appelle Chanteuil-sur-Ciron dans le roman, mais qui est
02:11fictif.
02:11Le Ciron existe, c'est une petite rivière, mais Chanteuil-sur-Ciron, ça n'existe pas.
02:15Et mon héros grandit dans cette France des oubliés, des silencieux, cette France que les sociologues décrivent ainsi,
02:23en disant que c'est la France périphérique ou la diagonale du vide pour d'autres, loin des métropoles, loin
02:30des grands médias,
02:31loin des grandes entreprises, loin des lieux de pouvoir et de décision.
02:35C'est là que naît mon personnage, mon héros, et vous avez raison de souligner que c'est là que
02:42je suis né aussi.
02:43La différence entre lui et moi, c'est que lui, il rêve de quitter son milieu d'origine à tout
02:47prix parce qu'il le rejette.
02:49Moi, ce n'est pas mon cas. La différence de ce personnage, moi, j'aime les villages, je m'y
02:55sens chez moi et je suis heureux quand je retourne chez moi.
02:58Et je n'exclus pas de retourner vivre un jour, pourquoi pas en Gironde ?
03:01Donc voilà, il n'y a pas de rupture entre moi et le Sud-Ouest.
03:06Alors que lui, pour le coup, comme beaucoup de jeunes, il trouve que la campagne, c'est un peu rasoir,
03:11il en a marre, il s'ennuie.
03:12Et il veut monter à Paris pour réussir sa vie, quoi.
03:14Alors, pour autant, ce n'est pas une autobiographie.
03:17Vous êtes venu le 18 mars chez notre ami Jean-François Aquilly qui vous a posé la question.
03:22Alors oui, votre personnage, le personnage est inspiré par vous.
03:26C'est peut-être ce qui aurait pu vous arriver, d'ailleurs, si vous n'aviez pas été Paul Melun.
03:30Peut-être que vous auriez été le fils de cette maman très originale, ce papa.
03:35Enfin, Plouk Story, un petit peu beauf de temps en temps, c'est la famille.
03:39Le papa est un petit peu beauf, par certains côtés, plus que la maman.
03:42Mais vous avez préféré le mot Plouk, qui est plus précis géographiquement.
03:48Oui.
03:49Alors Plouk, oui, c'est un vieux mot qui plutôt caricature les habitants de la Bretagne au début.
03:54mais enfin, qui a aujourd'hui une exception courante dans le langage
03:58et qui, comme Kekno, paysan, je me veux tous ces mots péjoratifs,
04:03les gueux, comme dit Alexandre Jardin.
04:05Bon, voilà.
04:05Donc, c'est cette France périphérique qu'on caricature,
04:09avec laquelle on n'est pas très tendre depuis un certain nombre de décennies.
04:14Vous employez le mot beauf, c'est un peu ce qui a été dit pendant des années.
04:17C'est la France qui part au camping en vacances,
04:20qui aime bien les tubes de Patrick Sébastien, etc.
04:22Celle qui est parfois caricaturée au cinéma, dans les tuches, etc.
04:26Moi, j'ai voulu en donner une exception tout à fait différente,
04:29peut-être plus touchante, peut-être moins caricaturale,
04:32peut-être moins jugeante ou méprisante.
04:36Et effectivement, les parents de mon personnage,
04:38et puis lui-même d'ailleurs quand il est gamin,
04:40pourraient être caricaturés.
04:41On pourrait dire, mais finalement, ce sont des beaufs.
04:43La mère de famille, elle aime les tubes des années 80,
04:46elle aime Clo-Clo, elle aime Frédéric François,
04:48elle aime Corinne Charbi.
04:51C'est un personnage.
04:52Elle a une énergie, une dynamique.
04:54D'ailleurs, c'est elle qui pousse son fils à...
04:56Si avec le père, il serait resté là, le gamin.
04:59C'est la mère qui...
05:00Oui, probablement, parce qu'elle, elle rêve que son fils
05:02devienne une vedette, une star.
05:03Alors, pour elle, une star, c'est jouer dans un téléfilm
05:06pour la 1 ou pour la 2.
05:08C'est ça, être une star pour elle.
05:10Et d'ailleurs, c'est amusant,
05:11parce que pour lui, devenir une star,
05:13ça va être devenir influenceur.
05:14Donc, il est, disons, plus au diapason de sa génération,
05:17mon personnage.
05:18Et lui, il rêve, non pas de devenir écrivain à Paris
05:22ou homme politique ou romancier,
05:24comme on pouvait l'être au 19e siècle.
05:26Lui, il rêve de devenir influenceur,
05:27parce qu'il est plutôt beau gosse,
05:30parce qu'il a plutôt du succès avec les filles et tout ça.
05:33Et donc, il se dit, moi, j'ai cet atout.
05:35Il réalise qu'il est beau dans une cabine d'essayage
05:37dans un centre commercial.
05:38Et puis, il se dit, partant de là, je vais en profiter,
05:41puisque l'époque est à la gloire facile.
05:43Je prends mon téléphone, je me filme,
05:45je fais des vidéos, je me montre torse nu,
05:48un peu sexy, machin,
05:49et je vais réussir ma vie.
05:51Et je trouve les influenceurs extrêmement romanesques.
05:53C'est l'autre aspect de ce livre.
05:55Comment est-ce qu'on sort de sa province aujourd'hui ?
05:57Pourquoi pas par l'influence ?
05:58Alors, il y a des allusions aux écrivains français.
06:02Bien sûr, première personne à qui on pense,
06:04c'est Honoré de Balzac.
06:05Est-ce que Sébastien...
06:06Bien sûr.
06:06Est-ce que c'est le Rastignac du 21e siècle ?
06:09Évidemment, avec les mêmes turpitudes sociales,
06:12les mêmes angoisses, les mêmes tensions.
06:14Bon, Rastignac va à Montmartre,
06:15c'est dit à nous deux maintenant,
06:16avec son point tendu vers Paris.
06:18Ce n'est pas tout à fait ce que dit Sébastien,
06:19mais on sent que l'enjeu est le même.
06:21Je vous confirme que vous êtes un très grand écrivain.
06:24C'est admirablement écrit.
06:26Je vous remercie.
06:27Parce que c'est admirablement écrit,
06:29parce que votre pause, elle est simple.
06:31Elle n'est pas empoulée.
06:34Il n'y a pas d'éloquence fortuite.
06:36Vous racontez des choses telles qu'elles sont.
06:38Un vrai roman, c'est quand on a l'impression d'être dedans.
06:40Et on est totalement dedans.
06:42Si je peux me permettre un compliment,
06:44bien entendu, vous mettez en scène,
06:47vous l'avez déjà dit d'ailleurs,
06:49mais là, je vous le confirme,
06:50vous mettez en scène la France de Jean-Christophe Guilly
06:52et de Jérôme Fourquet,
06:54l'archipélisation, la France périphérique,
06:58mais avec l'œil non pas de Balzac,
07:00mais de Dostoyevski,
07:01si vous me permettez de faire cette année.
07:02Ah bah écoutez, vous me flattez beaucoup.
07:04Qui n'est pas d'auteur toujours réjouissant.
07:06Attention, Dostoyevski, c'est très dur quelquefois.
07:08Oui, vous avez raison.
07:09Mais vous avez cette acidité,
07:10mais je reprends.
07:11Vous avez cette acidité,
07:12cette pointe du mot,
07:13vous prenez du recul.
07:14On sent que vous auriez pu être,
07:15vous n'êtes pas de ce milieu social-là,
07:17mais vous êtes de cette même région,
07:18et en tout cas, vous avez connu cet univers-là.
07:21On sent le gamin qui veut s'en sortir.
07:23Pourtant, c'est un monde terriblement cruel.
07:26Il subit des humiliations.
07:27Il a cette petite liaison,
07:30plus ou moins platonique,
07:31avec cette jeune aristocrate.
07:33Alors évidemment,
07:33la bourgeoisie, l'aristocratie,
07:35enfin disons,
07:35les particules bordelaises avec les châteaux
07:37sont immédiatement associées,
07:38on le voit.
07:39Il est reçu,
07:40il a très peur d'y arriver.
07:41On le démonte évidemment de la tête aux pieds.
07:43Vous savez, lui n'a qu'une crainte,
07:44c'est qu'on démasque.
07:45Il a fait croire qu'il était étudiant,
07:47presque à Sciences Po,
07:49et qu'il était d'un milieu aisé.
07:50Et il va jouer cette caricature,
07:52cette comédie,
07:54pour essayer de ne pas se faire démasquer.
07:55Mais finalement, il gravit les échelons.
07:57Il arrive à Paris.
07:58Là, il rencontre...
07:59Le passage, c'est l'arrivée à Paris.
08:01Et là, il rencontre un univers d'une brutalité,
08:04d'une méchanceté, d'une cruauté.
08:06Et on ne va pas raconter la fin du roman,
08:08mais il fait face quand même.
08:09Il relève.
08:11Et pour autant, vous décrivez un monde terrible.
08:14Le monde que vous décrivez, Paul Melun,
08:17c'est une analyse politique
08:18que vous voulez faire de la société française,
08:20ou plutôt sociologique,
08:21ou plutôt culturelle.
08:23Les deux.
08:24Les trois.
08:25Je pense que le monde des grandes villes,
08:29d'abord le monde bordelais,
08:31pour ce qui est de mon personnage,
08:32puis le monde parisien,
08:34le petit monde parisien,
08:35est d'une violence sans borne
08:38vis-à-vis de ceux qui ne sont pas issus de ce milieu.
08:41J'aurais pu faire un héros
08:42qui aurait grandi dans un quartier populaire,
08:45pourquoi pas à Sarcelles,
08:47à la Courneuve ou à Bagnolet,
08:48ça aurait été pareil.
08:49Il se trouve que dans le cinéma
08:50ou dans la littérature récente,
08:51on l'a plus fait avec les jeunes gens des banlieues.
08:53D'ailleurs, il y a de très bons films
08:55ou de très bons livres là-dessus,
08:56qu'on le fait un peu moins
08:57sur les habitants des provinces,
08:59des campagnes,
09:00de la France périphérique.
09:01Donc moi, j'ai voulu le faire
09:02sur la France périphérique,
09:03avec, vous l'avez très bien souligné,
09:05un récit néo-balsacien.
09:07Mais finalement, l'idée en creux
09:09est une idée très politique,
09:11pas militante, mais très politique.
09:13C'est que lorsque vous n'avez pas
09:15les bons codes sociaux,
09:17les bonnes manières,
09:18les bonnes phrases,
09:20la bonne attitude,
09:22c'est extrêmement difficile.
09:23Et mon personnage, dans Plouk Story,
09:25on le ramène à son statut de plouk.
09:28On le ramène, pourquoi pas,
09:30à l'accent du pays,
09:31au parti de pêche au bord de la rivière,
09:33on le moque, on le raille.
09:34Et du petit politicien local
09:37jusqu'aux grandes vedettes à Paris,
09:39il est constamment ramené
09:41à son origine sociale.
09:43Et c'est extrêmement douloureux pour lui,
09:45et je crois que c'est extrêmement douloureux
09:47pour beaucoup de jeunes ou de moins jeunes
09:49qui ont vécu le mépris social.
09:51Et je trouve que dans un pays comme la France,
09:53où il y a une promesse républicaine
09:55d'émancipation, d'ascenseur social, etc.,
09:58ramener sans arrêt les gens
10:00à leur milieu social d'origine,
10:01dans une sorte de snobisme élitiste,
10:04ça ne rend pas service
10:05à un pays comme le nôtre,
10:07qui devrait être au contraire
10:08une promesse d'égalité.
10:10Pas d'égalitarisme, mais d'égalité.
10:12Et donc, oui, c'est peut-être là
10:15l'un des messages politiques du livre
10:17les plus forts.
10:18Et je crois que vous l'avez très bien souligné,
10:20ce message passe mieux à travers un roman,
10:23à travers une histoire fictive,
10:24où on a envie de savoir la suite, etc.,
10:26plutôt qu'à travers un essai sociologique
10:29qui finalement serait peut-être
10:30un peu déshumanisant,
10:31alors que moi, je raconte des vies
10:34inspirées, pourquoi pas,
10:35de personnes réelles pour certains.
10:37J'ai rencontré des influenceurs,
10:39notamment pour écrire ce livre.
10:40Et je trouve que c'est plus fort
10:42et que ça donne plus de corps
10:43à mes personnages
10:44et que ça humanise, ça réhumanise,
10:46ça rend visible
10:48cette majorité silencieuse
10:50qui ne vit pas à Paris.
10:50Je reçois Paul Melun,
10:53auteur de Puck Story,
10:55je l'ai intitulé
10:55Le roman de la périphérie
10:57ou de la fracture sociale française,
10:59écrit, admirablement édité
11:01chez Fayard.
11:02Vous nous appelez
11:03aux euros 826-300-300.
11:05Je suis persuadé,
11:06alors, non seulement
11:07les habitants de la Géronde,
11:08où Sud Radio est grandement diffusé,
11:10mais sur toute la France,
11:11je suis sûr que vous êtes vous-même,
11:13il faudrait que vous lisiez,
11:14vous lirez certainement l'ouvrage.
11:16Est-ce que vous vous reconnaissez
11:17dans cette situation ?
11:18Est-ce que vous connaissez
11:19cet univers ?
11:20Est-ce que vous vous êtes
11:20senti discriminé ?
11:21Est-ce qu'il y a,
11:22malgré la République,
11:23j'allais dire,
11:24fraternelle, laïque et sociale,
11:26une fracture entre les élites
11:27et puis les gens d'en bas ?
11:28Est-ce qu'il y a,
11:29comme disent Jérôme Fourquet
11:31et Jean-Christophe Guilly,
11:33des territoires excentrés,
11:34cette périphérie,
11:34cette France qui est isolée de Paris ?
11:36Voilà.
11:36Si vous avez des idées là-dessus,
11:38si vous avez des émotions,
11:39si vous avez envie de partager
11:40ou poser une question
11:41à Paul Melun,
11:42il sera une joie de vous répondre.
11:44Vous nous appelez
11:44aux euros 826-300-300.
11:46Emmanuel prendra,
11:47Emmanuel Galassou prendra
11:48votre question
11:48et on pourra conduire
11:50ce débat passionnant.
11:51A tout de suite sur Sud Radio.
11:52Midi 14h, Sud Radio,
11:54la France dans tous ses états,
11:57Péricolegasse.
11:58Je reçois Paul Melun,
12:00auteur de Plouk Story,
12:01ce titre,
12:02et nous interpelle quand même.
12:03Plouk Story,
12:04avec en plus un mot anglais,
12:05il n'aurait plus
12:05l'histoire des plouks.
12:06Et attention,
12:07ce n'est pas des beaufs,
12:08ce n'est pas des gueux,
12:09ce n'est pas des gueux,
12:10ce n'est pas des péquenots,
12:11c'est tout ça réuni.
12:12Et c'est vrai que le mot plouk
12:13a été à un moment donné
12:14une forme de discrimination sociale terrible.
12:18J'avais un ami de la famille
12:20qui avait une phrase terrible,
12:21il dit,
12:21sur la plage,
12:22on reconnaît les classes sociales,
12:24les riches bronzes
12:25et les plouks pelles.
12:26C'était une phrase terrible
12:27qui m'a toujours marqué.
12:29Et Paul Melun nous décrit
12:31cette France,
12:32je parlais de radioscopie,
12:33c'est un décryptage sociologique
12:37des réalités de la France aujourd'hui
12:39dans les nouvelles approches
12:41que l'on a.
12:42C'est vrai que c'est une lutte des classes,
12:44mais ce n'est pas une des classes prolétariats
12:45contre bourgeoisie,
12:46un petit peu quand même.
12:47C'est une fracture sociale
12:49et on le disait à la fin
12:51de l'épisode précédent,
12:53Paul Melun,
12:54cette république sociale,
12:55le progrès,
12:56et pourtant,
12:57il y a une discrimination
12:58qui continue à se faire,
13:01qui est très forte.
13:02Elle est moins sur la classe sociale
13:04proprement dite,
13:05mais elle est culturelle
13:07et elle est quand même sociologique.
13:09Il y a quand même une césure
13:10entre les élites,
13:11alors est-ce qu'elles sont intellectuelles,
13:12est-ce qu'elles sont urbaines,
13:13des gens qui ont des diplômes,
13:16dont on vous dit
13:16qu'ils votent bien,
13:17ces gens-là.
13:18Et puis,
13:20la populace d'en bas,
13:21qui est parce qu'elle n'est pas cultivée,
13:22parce qu'elle n'a pas les critères
13:25d'ouverture d'esprit,
13:27elle vote pour des partis extrémistes,
13:29elle vote pour des partis populistes.
13:31Est-ce que vous ne le signalez pas
13:32un petit peu ?
13:33Est-ce qu'il peut y avoir
13:33une interprétation politique,
13:35j'allais dire,
13:37galvaudée de votre ouvrage ?
13:39Est-ce que vous n'êtes pas
13:39en train de montrer du doigt
13:40une vente qui nous...
13:41Je sais bien que ce n'est pas...
13:42Ce n'est pas vous qui le dites,
13:43mais en lisant le livre,
13:45on se dit,
13:45aïe, aïe, aïe,
13:45il est en train de nous faire
13:46le profil sociologique
13:48des électeurs du Rassemblement National.
13:49Est-ce que je peux voir
13:50des choses comme ça ?
13:52Mais moi, vous savez,
13:53je mets carrément les pieds dans le plat
13:55dans le roman
13:56et dans la discussion que nous avons.
13:58Bien sûr que je fais
13:59le portrait type,
14:01pour partie,
14:02parce qu'il n'y a pas que ça
14:02dans les campagnes,
14:03bien sûr,
14:03mais pour partie
14:04de l'électeur type
14:06du Rassemblement National.
14:07Et d'ailleurs, dans le roman,
14:09la question politique
14:10est abordée
14:11à travers l'engouement
14:14de certains personnages
14:15dans le livre
14:16Pour le Rassemblement National,
14:18à commencer par un ancien boucher
14:20charcutier du village
14:21du village Chantel-sur-Ciron,
14:23dont malheureusement
14:24la bouche est fermée,
14:25qui est en retraite.
14:26Et ce personnage,
14:26il devient en gros
14:28une sorte de secrétaire
14:29de section du RN
14:30et il essaie d'enrôler
14:31la mère de Sébastien,
14:32de mon personnage,
14:33dans la section locale.
14:34Il lui dit,
14:35il faudrait que tu te présentes
14:36au conseil municipal.
14:37Et puis, ils ont peur.
14:40Il y a potentiellement
14:41un centre d'accueil
14:42pour les demandeurs d'asile
14:43qui va être installé
14:43pas loin.
14:44Donc, il y a évidemment
14:46une peur, disons,
14:48de l'immigration.
14:49Il faut dire les choses
14:50telles qu'elles sont.
14:51Il y a une peur
14:51du déclassement
14:52et de la paupérisation.
14:54Il y a ce qu'on appelle,
14:57en langage un peu
14:58pour le coup urbain
14:59et élitaire,
14:59une tentation identitaire,
15:01pour parler clairement.
15:02Et mon personnage,
15:03lui, il ne rentre pas
15:04trop là-dedans.
15:05Il n'est pas très mature.
15:07Il aime bien les vidéos
15:08de Jordan Bardella
15:09sur TikTok,
15:09mais comme il aime bien
15:10celles de Thibaut InShape
15:11et comme, sur un malentendu,
15:13il pourrait peut-être aimer
15:14celle de quelqu'un d'LFI.
15:15Vous voyez,
15:15il n'est pas très politisé.
15:17En revanche,
15:18l'aspect de jugement social
15:20très puissant
15:21qu'il y a contre le RN,
15:22la diabolisation,
15:24l'idée que si vous vous intéressez,
15:25ne serait-ce que d'un iota au RN,
15:27vous êtes associé au fascisme,
15:29à l'extrême droite, etc.
15:30Eux, ils le ressentent
15:31beaucoup moins qu'en ville.
15:32La pression sociale
15:33contre le vote RN
15:34est beaucoup plus faible
15:35dans les villages.
15:37Et le RN est le parti
15:39qui aujourd'hui,
15:40parmi ceux qui s'expriment,
15:41parce qu'il y a aussi
15:42beaucoup d'abstentionnistes,
15:43puis encore des gens
15:43qui votent à gauche,
15:44des gens qui votent au centre,
15:45etc.
15:46Malgré tout,
15:46le RN prend des positions
15:48de plus en plus importantes
15:49dans cette France périphérique.
15:52Et donc,
15:52je le signale dans le livre,
15:54j'essaie de ne porter
15:54ni jugement de valeur,
15:56ni héroïsation.
15:57Donc,
15:58je ne pouvais pas faire l'impasse
16:00sur cette partie croissante
16:02de Français
16:03dans la France périphérique
16:04qui sont séduits
16:05par le vote RN.
16:06Je n'en analyse pas
16:07toutes les raisons.
16:08J'en montre quelques-unes
16:09dans le roman.
16:10Et comme je vous dis,
16:11j'essaie de ne pas porter
16:12un jugement moral.
16:13J'ai horreur
16:14des jugements moraux.
16:15Et même si moi,
16:16à titre personnel,
16:17je ne me reconnais pas
16:18dans le programme du RN
16:20et moi,
16:21je viens plutôt de la gauche
16:21pour tout vous dire,
16:22malgré tout,
16:23j'ai horreur
16:24du jugement,
16:25de l'anathème
16:26et du jugement
16:27par le mépris.
16:28Du genre,
16:28si les gens votent RN
16:29ou s'abstiennent
16:30ou votent mal
16:31dans les campagnes,
16:32c'est parce que
16:33ce sont des imbéciles,
16:34des ignares.
16:35C'est-à-dire,
16:36la littérature et le cinéma
16:37est plein de jugements
16:39de valeur épouvantables
16:40contre cette France périphérique
16:41qu'on nous décrit
16:41comme raciste,
16:42alcoolique,
16:42homophobe,
16:43sexiste,
16:43xénophobe.
16:44Tout ça est faux.
16:45Donc,
16:45ce n'est pas ce que je montre
16:46dans le livre,
16:47qu'on ne se méprenne pas.
16:49Je ne fais pas un livre
16:50de caricatures,
16:51de moqueries
16:51ou de méchanceté.
16:52J'essaie de faire un portrait
16:54avec ce que cette France
16:55a de touchante,
16:56même si une partie d'entre elles
16:57votent RN.
16:57Ils font tout ce qu'ils veulent.
16:58Je vous confirme,
16:59j'en acte que votre livre
17:00n'est pas un pamphlet idéologique.
17:03Au contraire,
17:04c'est un ouvrage
17:05profondément républicain.
17:08Et vous laissez au lecteur
17:09le soin de se faire
17:11sa propre idée.
17:12Vous décrivez juste
17:13une situation.
17:15Vous êtes écrivain,
17:16vous êtes un petit peu peintre
17:17parce qu'il y a des images
17:18très fortes.
17:19Il y a des couleurs,
17:21il y a des parfums,
17:22il y a des situations.
17:23Il y a un petit soupçon
17:24de philosophie
17:25que je suis obligé
17:26de vous l'attribuer.
17:29Léger,
17:29mais malgré tout,
17:30vous faites des conclusions
17:31sociales sur ce qu'est la vie,
17:32sur ce qu'est la société.
17:33Aujourd'hui,
17:33c'est ce qu'est l'espoir.
17:35Un des aspects
17:36très très forts du livre,
17:38ce n'est pas dit comme ça.
17:39J'allais vous dire,
17:40les grands-parents
17:41qui ne sont pas là,
17:42on aurait dit
17:42qu'ils auraient voté
17:43plutôt à gauche,
17:44parti communiste,
17:44un peu d'une proche
17:45prolétarienne frustrée.
17:47La génération du suivante,
17:48effectivement,
17:48le papa et la maman,
17:50plutôt le papa au RN,
17:52la maman peut-être
17:54différemment.
17:54On sent qu'on est
17:55dans le vote contestataire,
17:56on sent qu'on est
17:57dans la colère,
17:57dans la souffrance,
17:58mais avec tout ça,
17:59beaucoup de bonne humeur.
18:01Quand on invite les copains
18:02pour faire la partie
18:02de Merguez,
18:03tout ça est détendu,
18:04ensuite elle se met à danser,
18:05c'est des braves gens,
18:06ils sont adorables.
18:08Et s'ils se trompent,
18:09on se dit,
18:09mais ils ont effectivement
18:10plein de raisons de se tromper.
18:11est-ce que Paul Melun,
18:13cette fracture sociale
18:14qui autrefois
18:15était la fracture du fric,
18:16les pauvres,
18:17les paysans,
18:18les seigneurs,
18:19les bourgeois,
18:20les nantis,
18:20est-ce qu'aujourd'hui,
18:22cette prolétarisation culturelle
18:25de cette France d'en bas,
18:27celle dont Raffarin disait
18:28c'est la France d'en bas,
18:29elle a eu des tas de noms
18:30cette France finalement,
18:31on l'a appelée,
18:32Fourquet et Guilé lui ont donné,
18:33j'allais dire,
18:34une connotation très sociologique,
18:35très scientifique.
18:36Est-ce que,
18:37alors là je vais mettre les pieds
18:38un peu dans le plat,
18:40mais je pense que vous allez
18:41comprendre ce que je vais vous dire,
18:43est-ce que l'écran,
18:44alors plat,
18:45est-ce que l'écran en soi
18:46la numérisation de la culture,
18:49des mœurs,
18:50de la connaissance,
18:51ces fameuses autoroutes
18:52de l'information,
18:53ne contribuent pas aujourd'hui
18:55à cette fracture sociale culturelle ?
18:57Parce qu'autant,
18:58l'écran peut vous amener
18:59de la culture formidable,
19:00mais il peut aussi vous amener
19:02des réseaux sociaux,
19:03un habêtissement,
19:03le complotisme,
19:04est-ce que ces gens-là
19:05ne sont pas jetés en pâture
19:06à cet univers-là ?
19:08C'est très compliqué
19:09comme question
19:10et vous avez raison
19:11de la poser.
19:12Je crois que ce que j'essaie
19:14de démontrer dans Plouk Story,
19:15c'est que quelque part
19:17on est tous à la même enseigne
19:18avec les réseaux sociaux.
19:20Pour le coup,
19:20je trouve que la grande promesse
19:22numérique est une promesse
19:23qui défait,
19:25déconstruit davantage
19:27les différences sociales
19:29que par exemple
19:30les médias traditionnels
19:31ne l'ont fait.
19:33sur les réseaux sociaux...
19:34Excusez-moi de vous interrompre,
19:35est-ce qu'on est armé
19:35de la même façon ?
19:36Je vous en prie.
19:36Est-ce qu'on est armé
19:37de la même façon ?
19:40De fait, non.
19:41De toute façon,
19:42plus vous avez acquis,
19:44normalement,
19:44théoriquement,
19:45parce que c'est plus compliqué
19:45que ça,
19:46mais plus vous avez acquis
19:47de culture,
19:48de méthode,
19:48de réflexion,
19:50ça ne veut pas dire
19:50que vous avez fait
19:51des grandes études.
19:51On peut avoir
19:52un esprit critique
19:52quand on a fait zéro étude,
19:53entendons-nous bien.
19:54Mais si vous êtes armé
19:55d'esprit critique,
19:57vous avez une distance
19:58par rapport à l'information
19:59où qu'elle soit.
20:03Il y a eu des informations
20:04qui ont été erronées
20:05et qui ont été communiquées
20:06par les médias grand public.
20:07Mais qu'on vous donne
20:08une information
20:09dans les réseaux sociaux
20:10qui soit fausse ou vraie,
20:11de toute façon,
20:12votre esprit critique
20:12va vous pousser
20:13à la raison,
20:14à la réflexion,
20:15à avoir plusieurs sources
20:16d'informations,
20:17ce qui est déjà un bon réflexe
20:18quand on vous donne
20:18une information,
20:19à essayer de confronter
20:21ces sources
20:21pour les comparer,
20:22etc.
20:23Ça, c'est quelque chose
20:24qui est difficile.
20:25Maintenant,
20:26cet esprit critique,
20:27il est parfois absent
20:29dans des gens
20:29qui habitent
20:30dans des grandes villes,
20:31qui ont de bons revenus
20:31ou qui ont fait
20:32des bonnes études
20:32et qui peuvent se laisser avoir
20:33par des fausses informations
20:35ou par le complotisme,
20:36tout autant que
20:37dans la France
20:37dite périphérique.
20:39La différence,
20:40c'est que chez certains
20:41dans la France périphérique,
20:42il y a une défiance
20:43très importante
20:44envers ce qu'on appelle
20:45les médias mainstream,
20:47envers...
20:48Voilà.
20:48Donc, du coup,
20:49on va aller chercher
20:50une information parallèle
20:51en se disant
20:53tiens, ça va me dire
20:54la vérité.
20:55Et parce qu'il y a
20:56une absence de confiance.
20:57Moi, mes personnages
20:58dans Plouk Story,
20:59ils n'ont pas vraiment
21:00confiance dans les élus locaux.
21:02Ils n'ont pas vraiment
21:02confiance dans la politique.
21:05Ils se méfient.
21:06C'est pour ça
21:06qu'ils sont réceptifs
21:07à des discours dégagistes.
21:09Mais en l'occurrence,
21:10en ce moment,
21:11c'est le RN
21:11qui tient le haut du pavé.
21:13Il y a quelques décennies,
21:14ça aurait très bien
21:14pu être Coluche.
21:16Si demain,
21:16il y a un candidat,
21:17une sorte de BP Grillo,
21:19comme en Italie,
21:19qui se dégage,
21:20ça peut être lui
21:20qui peut attraper ce vote.
21:22Et si Jean-Luc Mélenchon
21:23avait décidé
21:23de s'adresser
21:24à autre chose en France
21:25qu'au quartier populaire
21:26ou dans le combat
21:27pro-palestinien,
21:28ça aurait peut-être pu être lui
21:28qui prenne ce terrain-là.
21:30Donc,
21:31c'est parce que
21:31tous les autres partis politiques
21:33ont laissé le RN seul
21:34que le RN capte cet électorat.
21:36Mais moi,
21:37ce que je prône,
21:37et là on revient
21:38à un discours plus politique,
21:39moi j'aimerais que le centre,
21:40par exemple,
21:41avec un discours gaulliste,
21:43gaullien,
21:43puisse se ressaisir
21:45du vote des classes populaires,
21:46des classes moyennes,
21:47du vote de la France des campagnes
21:49et ne le laisse pas
21:49qu'au Rassemblement National.
21:51Je pense que
21:51là,
21:52il y a une vraie difficulté politique
21:54dans ce pays.
21:55c'est qu'on a morcelé le pays,
21:56on l'a bien vu
21:57avec les élections municipales,
21:59dans un certain nombre
22:00de villes de banlieue
22:01ou à Roubaix
22:02ou à Saint-Denis,
22:02c'est la France insoumise
22:03qui devient
22:04le parti incontournable.
22:06Dans les grandes villes,
22:07c'est l'EPS,
22:08ce qui reste des écolos
22:10ou le centre-droit.
22:11Et puis,
22:11dans les villes moyennes,
22:12c'est la droite traditionnelle,
22:14voire l'extrême droite,
22:15voire le RN.
22:16Et dans les campagnes,
22:17c'est souvent des sans-étiquette,
22:18voire le RN.
22:18Et donc,
22:19on a ce morcellement du pays,
22:20cette archipélisation,
22:21pour reprendre des termes
22:22de sociologue,
22:23que moi,
22:23j'essaye de décrire
22:24dans le roman
22:25à travers un personnage
22:26dans Plouk Story
22:27qui va passer
22:28à travers toutes ces strates.
22:30Donc,
22:30c'est ça qui est amusant.
22:31C'est que lui,
22:31il grandit
22:32dans cette France des Plouks,
22:34dans cette France périphérique.
22:35Il va dans la France
22:36des villes moyennes
22:37ou plutôt des grandes villes
22:37à Bordeaux
22:38et il va rencontrer
22:39cette espèce de bourgeoisie
22:40dont on parlait tout à l'heure,
22:41un peu façon François Mauriac,
22:43ces anciens négociants en vin
22:45qui descendent de familles
22:46de négociants,
22:46voire parfois de négriers,
22:47d'ailleurs,
22:47pour certaines familles
22:48de Bordeaux.
22:49Et puis ensuite,
22:50il va monter à Paris,
22:52il va monter à la capitale
22:53et il va essayer
22:54de rencontrer
22:54des gens puissants,
22:55des gens importants,
22:56des agences de mannequinat,
22:57etc.
22:57C'est ce parcours-là
22:58qui est intéressant.
22:59On va aborder l'arrivée
23:00de Sébastien à Paris.
23:01Nous avons Sophie
23:02qui nous appelle de Biarritz.
23:03Je lui demande de patienter.
23:05On se rendra
23:06dans quelques instants.
23:08Voilà,
23:09nous sommes restés en ligne
23:10surtout, Sophie.
23:11Et voilà,
23:12je reçois Paul Menin,
23:13auteur de Plouk Story.
23:14Vous nous appelez,
23:15vous avez compris le sujet,
23:16la sociologie de la France,
23:18périphérique.
23:18Un jeune homme
23:19qui s'extrait
23:20de son milieu social
23:20pour découvrir Paris
23:22avec toutes les vicissitudes,
23:23les émois et les tourments
23:24qu'il a pu rencontrer.
23:25Très belles photographies
23:26de notre société
23:27édité chez Fayard.
23:29Vous nous appelez
23:29au 0826 300 300.
23:31Emmanuel Galasso
23:32attend votre appel
23:33et on échange
23:34de façon fervente
23:35et pertinente
23:36avec Paul Menin.
23:36A tout de suite.
23:37Sud Radio,
23:38la France dans tous ses états,
23:40Péricault-Légas.
23:41Oui,
23:42vous êtes bien sur Sud Radio,
23:44mardi 24 mars 2026
23:45à 13h33.
23:46Je reçois Paul Melin
23:47qui nous livre
23:49une description sociologique
23:51de la France périphérique
23:53à travers ce roman
23:55Plouk Story.
23:56Le titre nous raconte tout.
23:58C'est un portrait
23:59sans concession
24:00de notre société d'aujourd'hui
24:02avec les déductions
24:03et les conclusions
24:04que l'on peut se faire,
24:05bien sûr,
24:05sur le plan sociologique.
24:07On pensait à Jean-Christophe Guilly
24:08et Jérôme Fourquet,
24:08mais également des conclusions
24:10politiques
24:10puisque c'est cette France-là
24:12dont certains peuvent penser
24:14qu'elle vote mal
24:15parce qu'elle est Plouk,
24:16alors que l'élite
24:17dont fait partie Paul Melin,
24:20il est diplomate
24:21sur ce mot au Bordeaux,
24:22il est journaliste.
24:23Mais je me permets de dire
24:25qu'il a eu la gentillesse
24:26de venir voir
24:27dans cette autre France
24:28et il en revient
24:30avec une conclusion,
24:31je ne vais pas dire charmante,
24:33mais extrêmement compréhensive,
24:35tolérante, ouverte
24:36et peut-être que si
24:37on approchait
24:39cette fracture sociale
24:40avec le même oeil
24:41que Paul Melin,
24:42on aurait peut-être
24:43un petit peu moins
24:43de crispation dans ce pays
24:45et on pourrait peut-être
24:46se parler de façon
24:46plus élégante
24:48et plus cordiale.
24:49Paul Melin,
24:50je prends l'appel de Sophie
24:51qui nous appelle de Biarritz
24:52où il fait beau
24:54toute l'année.
24:55Bonjour Sophie.
24:56Oui, bonjour.
24:57Je m'amuse à prendre
24:58un peu le contre-pied
24:59aujourd'hui
25:00de cette réflexion
25:01qui d'ailleurs
25:02est tout à fait exacte
25:03parce que moi
25:04j'ai fait le chemin
25:05inverse,
25:05j'ai quitté Paris
25:06pour aller à Biarritz
25:07il y a 40 ans
25:08et je peux vous dire
25:09que c'est pareil,
25:10il faut faire ses preuves,
25:12il faut être admis
25:12dans une société
25:13qui vous regarde
25:14avec un très joli sourire
25:16pendant la saison
25:17mais qui aimerait bien
25:18que vous repartiez
25:18au mois de septembre
25:19et j'habitais à l'époque
25:21un petit village à Arbonne
25:22où lorsque je rentrais
25:24dans la Guyane et Gascogne
25:25on parlait en basque
25:26et on ne me disait
25:26pas bonjour.
25:27Donc je pense que
25:29celui qui vient
25:30de l'extérieur
25:31qu'on appelle d'ailleurs
25:32le hors-saint,
25:33il faut qu'il fasse ses preuves
25:34et je pense que
25:36c'est un petit peu
25:36partout pareil.
25:37Dans l'autre sens
25:38c'est plus rigolo,
25:39c'est vrai que c'est plus difficile
25:40quand on arrive à Paris
25:41mais l'étranger
25:43est toujours un peu mal vu
25:44je crois.
25:44Qu'est-ce que vous en pensez ?
25:45Alors Sophie,
25:46avant que Paul Menin
25:47vous m'interpellez
25:48parce que je suis basque,
25:49là vous mettez
25:50l'accent essentiel
25:52sur l'identité culturelle locale.
25:54Paul Menin
25:55ne fait pas exactement
25:56un allusion à ça,
25:57il fait une identité sociologique
25:59on est en Gironde
26:00on n'est que dans
26:00la France traditionnelle
26:01et là effectivement
26:02vous subissez
26:03aux pays basques
26:03surtout à Arbonne
26:04je précise que
26:05la Guyenne et Gascoyne
26:06c'est le nom de la chaîne
26:07de commerce
26:08d'alimentation générale
26:09qui est dans le sud-ouest
26:10c'est toute mon enfance
26:11la Guyenne
26:12on disait d'ailleurs
26:12est-ce que tu vas à la Guyenne ?
26:13Ah bon vous allez à Guyenne ?
26:14Non je vais chercher
26:15du fromage
26:16et du jambon
26:17et là on a effectivement
26:19et Paul Menin
26:19va nous expliquer la différence
26:21il y a des identités
26:23régionales
26:24des spécificités culturelles
26:25aux pays basques
26:26en Corse
26:27en Bretagne
26:27auxquelles vous avez été
26:28confronté Sophie
26:30et pourtant vous savez
26:31si vous vous mettez
26:32à parler basque
26:33vous serez considéré comme une basque
26:34alors je sais que c'est pas facile
26:35je sais que ça paraît haute
26:38mais vous savez que
26:39je conclue là-dessus
26:40de mon intervention
26:41parce que c'est Paul Menin
26:42qui est l'invité
26:44un basque
26:45qui s'appellerait
26:47Irigoyen et Tcheveri
26:48qui habiterait à Itzassou
26:50à Esterensubi
26:51qui ne parle pas basque
26:52serait moins basque
26:53qu'une Sophie
26:54qui arriverait de Nancy
26:55ou Strasbourg
26:56qu'un Japonais
26:56ou qu'un Moldave
26:57et qui parlerait basque
26:58pour eux
26:59c'est celui qui parle basque
27:00qui serait l'un des leurs
27:01et Irigoyen et Tcheveri
27:02qui ne parlait pas basque
27:03il n'est pas considéré comme basque
27:04vous voyez
27:04c'est une césure linguistique
27:06et c'est une césure humaniste
27:07Paul Menin
27:09vous poursuivez
27:10cette réponse à Sophie
27:12est-ce qu'il peut y avoir
27:13des fractures
27:13qui ne soient pas que sociologiques
27:14qu'elles peuvent être culturelles
27:15aussi et territoriales ?
27:17Bien sûr
27:18et je trouve l'intervention
27:19de Sophie tout à fait pertinente
27:20il se trouve que
27:21je connais bien le Pays Basque
27:22et que j'adore
27:23j'adore cette région
27:24et je connais Arbonne
27:26à Etz
27:27tout autour
27:28jusqu'à Asquin
27:29Sars, Aïnoa
27:29c'est des villages
27:30qui sont absolument charmants
27:32qui cumulent
27:33deux facteurs
27:34effectivement
27:35de repli sur soi
27:37ou en tout cas
27:38de potentielle
27:41non pas animosité
27:42mais de potentielle
27:43exclusion d'autrui
27:44préservation
27:45de la spécificité culturelle
27:47oui voilà
27:48et je pense qu'il y a
27:49vous avez eu raison
27:50de faire le parallèle
27:50pourquoi pas
27:51avec la Corse
27:52ou encore avec la Bretagne
27:53ou d'autres départements
27:54il y a une
27:56il y a une identité basque
27:57et une culture basque
27:58qui est très profondément
28:00ancrée
28:00très profondément
28:01enracinée
28:02et d'ailleurs
28:03qui est tout à fait
28:04formidable
28:05moi j'adore
28:06la culture basque
28:07et je la trouve
28:07tout à fait extraordinaire
28:09mais
28:10le revers de la médaille
28:11c'est qu'effectivement
28:12ça peut être excluant
28:14lorsqu'on vient pas de là
28:16moi-même
28:16j'ai eu un peu
28:17la même expérience
28:17de Sophie
28:18plusieurs fois
28:18je suis allé au Pays Basque
28:19et ne parlant pas basque
28:21n'étant pas du cru
28:22en plus moi venant
28:23de Gironde ou de Bordeaux
28:24vous imaginez bien
28:24là-bas les Bordeaux
28:25ne sont pas en odeur de sainteté
28:26pas plus que les Parisiens
28:28donc c'était parfois compliqué
28:29c'est décolon
28:30c'est décolon
28:31et puis il y a un second facteur
28:33qui est pour le coup classique
28:35à beaucoup de villages
28:36etc
28:36c'est que dans un village
28:38de 300, 400 habitants
28:39ou 1000 habitants
28:40tout le monde se connait
28:41et lorsqu'un nouveau venu arrive
28:42on peut parfois le regarder
28:43un peu en biais
28:44et se dire
28:45mais qu'est-ce qu'il vient faire là
28:46qui est-il
28:47qui est-t-elle
28:47d'où vient-il
28:48d'où vient-t-elle
28:49et il peut y avoir
28:49des mécanismes aussi
28:51d'ailleurs d'exclusion
28:51donc Sophie a raison
28:53de souligner ça
28:53parce que ça rend
28:54la discussion plus complète
28:56moi je ne parle pas
28:57que de dynamique d'exclusion
28:58c'est plus pervers que ça
28:59dans les grandes villes
29:00pour mon personnage
29:01dans Plouk Story
29:02lui c'est un mépris social
29:04il n'y a pas vraiment
29:05de mépris social
29:06quand vous arrivez à Arbonne
29:07par exemple
29:08et que vous êtes parisien
29:08il y a plutôt
29:09une tentation de repli
29:11sur soi
29:12et du genre
29:13je ne vous connais pas
29:14ou alors des préjugés
29:15sur les parisiens
29:16là sur mon personnage
29:18comme sur beaucoup
29:18de jeunes gens
29:19qui pourraient arriver
29:20de leur province
29:20et monter à Paris
29:21c'est plutôt le mépris social
29:23du genre
29:24c'est un intrus
29:25il n'a rien à faire
29:26parmi nous
29:26parce que
29:28il ne partage pas nos codes
29:29parce qu'il ne vient pas
29:30du bon milieu
29:30etc
29:31mais en vérité
29:32dans les deux cas
29:33moi je trouve que
29:34l'exclusion d'autrui
29:36n'est jamais une bonne chose
29:37donc je ne sais pas
29:38si ça répond au point de Sophie
29:40mais pour ce qui me concerne
29:41je considère que
29:43l'accueil de l'autre
29:44pourvu que l'autre
29:45d'ailleurs s'adapte
29:45et fasse preuve
29:47d'une forme de
29:47comment dirais-je
29:48de volonté d'intégration
29:50je trouve que ça doit être
29:52la règle
29:52l'accueil
29:53voilà
29:53moi par exemple
29:54je vis là dans un petit village
29:55dans les deux sèvres
29:56où j'ai été parfaitement
29:57bien accueilli
29:57alors que je n'étais pas
29:58natif d'ici
29:59et j'y suis très heureux
30:00donc je crois que
30:01ça ça doit être une leçon
30:03on parle beaucoup
30:04de vivre ensemble
30:05avec un terme un peu galvaudé
30:06pour le coup
30:06le vrai vivre ensemble
30:07ça peut être ça
30:08c'est-à-dire
30:08quand quelqu'un de nouveau arrive
30:10ça n'empêche pas
30:11de garder ses traditions
30:11on fait une place
30:12et on est sympa
30:13et charmant
30:14on offre le café
30:15et on discute
30:15Paul Melin
30:16ce à quoi Sophie
30:18a été confrontée
30:18c'est effectivement
30:19une nuance d'identité culturelle
30:22vous savez comme moi
30:23que si vous allez
30:24en Auvergne
30:25en Savoie
30:27j'allais dire
30:28en Mayenne
30:29ou dans le Nord
30:30vous aurez
30:31si vous arrivez de Paris
30:32ou d'une grande ville
30:33peut-être plus d'ailleurs
30:34si vous êtes français
30:35que vous êtes étranger
30:36une certaine réticence
30:37une certaine méfiance
30:38et puis à un moment donné
30:39j'allais dire
30:40l'écran de protection
30:41se perce
30:42on est adopté
30:44et moi je vais vous apporter
30:46un autre témoignage
30:47je ne suis pas
30:48de la classe sociale
30:49de Sébastien
30:50je suis plutôt
30:51plus poche de la vôtre
30:52j'ai des amis partout
30:53et mon engagement
30:54de journaliste
30:55et mon engagement
30:56un peu politique
30:56et social
30:57et la défense
30:58du patrimoine
30:59de l'agriculture
31:00du terroir
31:01de la gastronomie
31:02fait que je vais aussi
31:04dans ce milieu là
31:05et il y a quand même
31:06toujours un temps
31:07d'adaptation
31:07on peut vous accueillir
31:09qui est normal
31:09qui est humain
31:09bien sûr
31:10on peut vous accueillir
31:11à bras ouverts
31:11mais il y a des endroits
31:12où je me suis fait
31:14des amitiés
31:14au bout de très longtemps
31:15parce que j'étais quand même
31:16considéré comme
31:17quelqu'un d'une autre
31:18classe sociale
31:19favorisé
31:19et on avait toujours
31:20c'était toujours respectueux
31:21ça n'a jamais été
31:22voilà
31:23mais je sentais bien
31:24que je n'étais pas des leurs
31:25et puis à un moment donné
31:26d'autres valeurs ont fait
31:27qu'on a senti
31:28que j'étais des leurs
31:29c'est aussi une fracture
31:31dans ce sens là
31:31qui peut se produire
31:34oui écoutez
31:35je pense
31:35de toute façon
31:36malheureusement
31:38ça pourrait être d'ailleurs
31:39l'objet d'un futur livre
31:40ou d'un futur roman
31:40même si je m'aborde
31:41que dans celui-là
31:42la France est fracturée
31:43dans tous les sens
31:44Camille Delamotte-Saint-Benoît
31:45qui est la jeune fille
31:46dont Sébastien
31:47tombe amoureux
31:48dont il s'effrend
31:49alors on a Kim
31:50qui a la caricature
31:51elle a les ongles peints
31:52c'est une cruche
31:53c'est la bimbo
31:54ah là là
31:55c'est la bimbo terrible
31:56vous la dépeignez
31:57avec une cruauté
31:58qui correspond
31:58et je sens
31:59qu'il n'y a pas
31:59le moindre mépris
32:00mais c'est cruel
32:00dans le sens de vrai
32:02c'est authentique
32:04et on a Camille
32:05Delamotte-Saint-Benoît
32:06qui adore Sébastien
32:09est-ce qu'il aurait pu
32:10avoir une grande histoire
32:11d'amour
32:12entre Camille
32:13et Sébastien
32:14pourquoi pas
32:16parce qu'il se trouve
32:17que vous savez
32:18il ne faut jamais
32:18caricaturer les gens
32:19dans leur milieu
32:20cette jeune femme
32:21qui vient d'un milieu
32:22très favorisé
32:23mais plutôt
32:23d'une aristocratie locale
32:25en gros
32:25c'est les propriétaires
32:26du château du coin
32:27pour faire simple
32:27et pour que nos auditeurs
32:28comprennent bien
32:29le château bordelais
32:30avec des vignes
32:30bien sûr
32:32voilà exactement
32:32le château du bordelais
32:33j'ai inventé
32:34un château fictif
32:35mais ça pourrait être
32:36n'importe quel
32:36château du Saint-Émilionnet
32:37c'est quelle appellation
32:38Paul Melun ?
32:40dans mon esprit
32:40c'est plutôt un Saint-Émilion
32:41on est d'accord
32:42j'invente un village
32:44de la mode Saint-Benoît
32:45qui se rapproche un peu
32:46de Saint-Émilion
32:46pour tout vous dire
32:47qui est le village de charme
32:48parce que dans la France
32:49périphérique
32:50il ne faut pas confondre
32:51Saint-Paul-de-Vence
32:52ou Saint-Émilion
32:53avec le village
32:54je dis avec des guillemets
32:55le village moche
32:56c'est là que grandit
32:57mon personnage
32:57dans un village
32:58avec des pavillons
32:59une église
33:00qui est assez moderne
33:01voilà
33:01donc c'est ça
33:02qui est violent d'ailleurs
33:03c'est que
33:03quand on parle
33:04des villages
33:05en France
33:06on a tendance à parler
33:07des plus beaux villages
33:08de France
33:08qui sont formidables
33:09Saint-Cyr-la-Paupy
33:10de Rocamadour
33:10etc
33:11or malheureusement
33:12il y a aussi beaucoup
33:13de villages
33:13qui passent en dehors
33:14des sentiers touristiques
33:15et qui pour autant
33:16sont tout à fait intéressants
33:18touchants et poétiques
33:19ce qui est le cas
33:20du village de mon personnage
33:21mais pour répondre
33:22à votre question
33:23oui
33:23et puis ils auraient pu
33:24évidemment tomber amoureux
33:25mais mon personnage
33:26est quand même
33:27un drôle d'oiseau
33:28puisque c'est un cynique
33:29il tombe amoureux
33:30quand même par intérêt
33:31il le devient
33:33il veut réussir sa vie
33:36et son arme
33:37à lui
33:37c'est la séduction
33:38donc il joue
33:39de la séduction
33:39comme le héros balsacien
33:41c'est là que c'est
33:41une sorte de bel ami
33:43ou de rastignac
33:44c'est qu'il utilise
33:44ses charmes
33:45et ses atouts
33:46pour réussir
33:46on reproche parfois
33:48aux femmes
33:48c'est même un peu sexistes
33:49qui ont réussi
33:50on dit oui
33:51elle a couché pour réussir
33:52lui
33:52il va faire un peu
33:54la même chose
33:54il va jouer
33:56sur son physique
33:56pour réussir
33:57on ne raconte pas tout
33:57mais c'est un petit peu
33:58je suis avec
33:59Paul Melin
34:00auteur de
34:00Pluck Story
34:01édité chez Fayard
34:03formidable
34:04j'allais dire
34:05décryptage sociologique
34:06de la France
34:07aujourd'hui
34:07à travers ce roman
34:08vous nous appelez
34:09au 0826
34:09300 300
34:11pas Paul
34:12Emmanuel Galassot
34:13va prendre notre appel
34:13et tout de suite
34:14en reprenant l'antenne
34:15nous donnerons la parole
34:16à Fabrice
34:17qui nous appelle
34:17de Gérance
34:18et qui a certainement
34:19lui aussi
34:19un avis à donner
34:20sur Pluck Story
34:20à tout de suite
34:21sur Sud Radio
34:21midi 14h
34:23Sud Radio
34:24la France dans tous ses états
34:26Péricault Légace
34:27je reçois Paul Melin
34:29sur Sud Radio
34:30pour Pluck Story
34:31le roman de la France périphérique
34:34le roman de la fracture sociale
34:36une très très belle photographie
34:38douloureuse
34:40mais qui interpelle
34:40de notre société d'aujourd'hui
34:42nous avons Fabrice
34:44qui nous appelle
34:44de Gérance
34:46Fabrice
34:47Fabrice
34:48vous êtes où
34:49dans le pays
34:49l'âge sociologique français
34:51où vous situez-vous ?
34:52moi je suis dans la France
34:53d'en bas
34:55la ruralité
34:56très bien
34:57et j'en suis très très fier
34:59j'en suis très très fier
35:00parce que
35:01moi j'ai souffert
35:02de ce regard condescendant
35:05dans ma jeunesse
35:06parce que dans ma jeunesse
35:07j'étais dans un
35:09quand je vais le citer
35:10on va me dire
35:11que tout le monde connait
35:12mais dans une cité balnéaire
35:13qui était très peu connue
35:14à l'époque
35:14et qui a gagné
35:16qui a gagné ses lettres de oblesse
35:18j'ai habité Cap-Roton
35:19dans les Landes
35:20magnifique
35:21voilà
35:22n'oubliez pas Osgore
35:23n'oubliez pas Osgore
35:24n'oubliez pas Osgore
35:25mais c'était l'ennemi
35:26on se coursait
35:27avec les petits
35:28les Osgorois
35:31mais à l'époque
35:33bon
35:34l'hiver
35:34l'hiver
35:35on était entre nous
35:36ça c'est clair
35:37mais dès que l'été est arrivé
35:37je peux vous dire
35:38que les franciliens
35:39on s'entendait
35:41les ploucs
35:43les ploucs
35:44c'est tout à fait ça
35:44on était des ploucs
35:45on n'était pas grand chose
35:46heureusement qu'il y avait
35:46les parisiens qui étaient là
35:47et depuis
35:49moi je n'ai cessé
35:50durant ma vie
35:54de démontrer
35:55toute la richesse
35:56de la richesse
35:58qu'elle soit industrielle
35:59qu'elle soit
36:02qualité d'innovation
36:03de la ruralité
36:05dans la ruralité
36:06on a développé
36:07des choses extraordinaires
36:08au niveau industriel
36:09vous savez moi
36:10moi j'habite à deux pas
36:12des usines
36:13de chez Messier
36:14qui construisent
36:15les trains d'atterrissage
36:17pour usines d'assaut
36:18tout à fait
36:19on a
36:20voilà
36:21on a la chocolaterie
36:22une chocolaterie
36:23suisse
36:24il ne faut pas la citer
36:25peut-être
36:25mais
36:25qui est la
36:26la première d'Europe
36:29dans une ville
36:31de 9000 habitants
36:32on a
36:33le jambon de Bayonne
36:34que vous connaissez
36:34Périgo
36:36on est d'accord
36:38Fabrice
36:38sur le patrimoine
36:40on est tout à fait d'accord
36:41Fabrice
36:42est-ce que vous avez eu honte
36:43et après je donne la parole
36:45à Paul Menin
36:45est-ce que vous avez eu honte
36:47à un moment donné
36:48d'être dans cette
36:50situation sociale là
36:51est-ce que vous avez eu
36:52le sentiment
36:52d'être un plouc
36:53et d'être discriminé
36:54ou au contraire
36:55vous avez été toujours
36:56très fier de ce que vous êtes
36:57absolument pas
36:58ça a été justement
36:59une grande fierté
37:00parce que c'est pour démontrer
37:02que tous ces gens là
37:04finalement
37:05ils ont besoin de nous
37:06ils ont besoin de nous
37:07ils vivent grâce à nous
37:09on a tous besoin des autres
37:11on a tous besoin
37:11les uns des autres
37:12absolument
37:13absolument
37:14et je veux dire
37:15qu'il fait bon vivre
37:16il fait bon vivre
37:17chez les ploucs
37:18on est bien
37:19on est bien dans notre contact
37:20mais on est bien d'accord
37:21et quelquefois
37:22je peux vous dire
37:22que ça
37:24il y a même des gens
37:25qui s'y réfugient
37:25parce qu'ils en ont ras-le-bas
37:26du système social
37:27auquel ils sont
37:28Paul Melin
37:28un avis sur nos témoignages
37:30de Fabrice
37:32moi je trouve
37:32le témoignage de Fabrice
37:35frappé au coin du bon sens
37:36et en fait
37:37il aurait pu
37:38il aurait pu écrire le livre
37:39Fabrice
37:39puisqu'en fait
37:40c'est précisément
37:41ce que je décris
37:41dans Plouc Story
37:42c'est à dire
37:44à la fois
37:44le mépris social
37:46et pour autant
37:47c'est ça qui est très intéressant
37:48c'est que parfois
37:48quand on discute
37:49avec des gens
37:50qui habitent
37:50ces petits villages
37:51ils n'ont pas
37:52ils n'ont pas toujours
37:54conscience finalement
37:54de la richesse qu'il y a
37:56au départ
37:57au départ
37:58au départ
38:00on va pas tout raconter
38:01mais il se rapproche
38:02des villages
38:02il a compris
38:03que les racines
38:03étaient là-bas
38:05oui mais le problème
38:06de mon personnage
38:07c'est que lui
38:07comme beaucoup de jeunes
38:08de sa génération
38:09qui vivent dans les villages
38:09surtout quand on a 17 ans
38:11il rêve de faire la fête
38:12il rêve d'être riche
38:14il rêve d'avoir de la gloire
38:15quand il regarde son téléphone
38:17il voit des jeunes gens
38:18des jeunes femmes magnifiques
38:19séduisantes
38:20etc
38:20qui vivent à Monaco
38:22qui vivent en Italie
38:24à Los Angeles
38:24ou je ne sais où
38:25et donc lui
38:26quand il se lève le matin
38:28et puis qu'il regarde
38:29le plafonnier moche
38:31on va pas citer de marque
38:31de sa petite maison
38:34de ce pavillon
38:34la piscine hors sol
38:35etc
38:36il se dit en fait
38:37moi mon esthétique
38:38elle est pourrie
38:38etc
38:38c'est très cruel
38:39c'est le fameux esprit
38:41de jouissance
38:41dont parle le maréchal Pétain
38:43c'est l'esprit de jouissance
38:44qui tente aujourd'hui
38:47il rêve de quitter
38:49ce milieu
38:49ce village
38:50et il ne le voit pas
38:52à sa juste poésie
38:53il lui faudra longtemps
38:55on va pas raconter
38:56la fin du livre
38:56mais il lui faudra longtemps
38:57pour comprendre
38:57que ce village
38:58finalement est extrêmement poétique
39:00et qu'il y a
39:00toutes les conditions
39:01pour y être heureux
39:02mais en tout cas
39:02il chemine
39:02on est en ligne
39:03avec Sylvie
39:04qui nous appelle
39:05de pouiller les coteaux
39:06où est pouiller les coteaux
39:08Sylvie ?
39:09alors en Loire-Atlantique
39:10bonjour à tous les deux
39:12bonjour
39:13en Loire-Atlantique
39:15alors en Bretagne
39:16en Bretagne
39:16on est d'accord
39:17vous êtes d'accord
39:17avec moi
39:18qu'on est en Bretagne
39:18en Loire-Atlantique
39:19oui on nous a fait
39:20un mauvais coup
39:22au siècle dernier
39:23ça c'est un vrai débat
39:24oui oui
39:25on fera une émission
39:26on fera une émission
39:27avec Paul Melin
39:28pour savoir si la Loire-Atlantique
39:29est en Bretagne
39:30avec vous Sylvie
39:30et bien avec grand plaisir
39:32je vous écoute
39:33je vous écoute
39:33alors la sociologie française
39:35je suis une grande urbaine
39:37j'ai vécu jusqu'à 59 ans
39:39dans les grandes villes
39:40je suis même parisienne
39:41toutes mes 30 premières années
39:43et lorsque
39:45il y a 5 ans
39:46je suis arrivée
39:47à la campagne
39:48j'ai donc des amis urbains
39:50et là
39:51j'ai tout de suite
39:52vu
39:54comment
39:55les gens
39:56fantasmaient
39:57la campagne
39:57certaines personnes
39:59on va dire
40:00idéaliser
40:00ils idéaliser la campagne
40:02ils fantasmaient la campagne
40:02et bien c'est tout à fait
40:03le contraire
40:04ils la fantasmaient
40:06négativement
40:06c'est à dire
40:07tu vas aller t'enfermer
40:09dans un trou
40:10parce que c'est vrai
40:10que moi je suis très
40:11à la campagne
40:12dans un trou
40:13tu vas être isolé
40:17tu vas t'ennuyer
40:19avant ils associaient
40:20la campagne
40:21à l'ennui
40:21ou alors
40:22c'est vrai
40:23certains l'idéalisent
40:24c'est à dire
40:24des copines
40:25dernièrement m'ont dit
40:26bon on va venir te voir
40:27et puis tu nous prépareras
40:30une tranche de pâté
40:31Sylvie je vous interromps
40:33une seconde
40:33vous vous souvenez
40:34ces gens qui après le Covid
40:35sont allés
40:36ils ont immigré
40:37ils se sont évadés
40:39vers la ruralité
40:40vers la campagne
40:406 mois après
40:41tout le monde était revenu
40:42en disant
40:43où est la première autoroute
40:44qu'on puisse retrouver
40:45notre enfer urbain
40:46qui est notre terroir à nous
40:47et la campagne
40:48leur semblait désuète
40:50triste
40:50froide
40:52excentrée
40:53oui Péricault
40:54mais je pense
40:54qu'en effet
40:55la campagne
40:57apporte un espace
40:59mental
41:00apporte au mental
41:01un grand espace
41:03on va laisser
41:06pardon Sylvie
41:06mais le retourne
41:07et il nous reste
41:07que 2 minutes et demie
41:08d'émission
41:09j'ai besoin de la vie
41:11de Paul Melun
41:13est-ce qu'il y a des gens
41:13qui fantasment la campagne
41:15vous êtes dans les deux sèvres
41:16Paul Melun
41:17est-ce que vous y êtes bien
41:18ou à un moment donné
41:19vous avez envie de rentrer
41:20à Paris
41:22non moi j'y suis très heureux
41:23il se trouve que moi
41:24j'ai plutôt grandi
41:26entre la ville et la campagne
41:27mais avec beaucoup
41:28à la campagne
41:29donc je savais
41:30à quoi m'attendre
41:31mais le témoignage
41:32de Sylvie
41:32est très intéressant
41:33et c'est vrai
41:34qu'il y a beaucoup de gens
41:35qui fantasment
41:37une campagne
41:38qui n'existe pas
41:39c'est ce que nous disions
41:40tout à l'heure
41:40et moi ça rejoint
41:41à la question du mépris
41:42qui est abordé
41:43dans Plouk Story
41:43c'est-à-dire que
41:44pour beaucoup
41:45la campagne
41:47pendant longtemps
41:47ça a rimé avec
41:48l'ennui
41:51la solitude
41:51on est loin de tout
41:53etc
41:54des préjugés
41:55sur les gens
41:55qui habitent à la campagne
41:57et tout ça
41:57et tout ça
41:57et en fait
41:58c'est complètement faux
41:59et d'ailleurs
42:01on est de plus en plus nombreux
42:02à aimer vivre
42:03à la campagne
42:04à l'affirmer
42:05moi je vis toute la semaine
42:06à la campagne
42:07je ne viens à Paris
42:07que le week-end
42:08pour faire mes émissions
42:09et d'ailleurs
42:09si je n'avais pas à travailler
42:11probablement que je serais
42:12toute la semaine
42:12à la campagne
42:13et que je viendrais à Paris
42:14de temps en temps
42:14faire des musées
42:15ou me promener
42:16je ne suis pas là
42:16pour opposer la ville
42:17et la campagne
42:18en revanche
42:19je suis là
42:19pour rendre
42:20ces lettres de noblesse
42:21à la France des ploucs
42:22puisque c'est le thème du livre
42:23et que je trouve
42:24qu'on a été
42:25pendant des décennies
42:26d'une cruauté
42:27sans nom
42:28à l'égard de cette France
42:29et qu'une partie
42:30des votes populistes
42:31se nourrit
42:32de cette cruauté
42:32Paul Melin
42:33je vais vous faire
42:34une proposition politique
42:36parce que
42:37le territoire
42:39où se situe
42:40votre portrait
42:42de la société française
42:43c'est la Gironde
42:45vous avez peut-être lu
42:47et vous le ferez peut-être un jour
42:48l'histoire des Girondins
42:48de Lamartine
42:49qui est un chef-d'oeuvre
42:51votre pamphlet
42:52c'est un petit pamphlet
42:53en certaine façon
42:54est-ce qu'il n'est pas
42:55en train de réhabiliter
42:56cette fracture
42:57de la révolution française
42:58les Girondins
42:59qui proposaient
43:00une France
43:00dans la diversité
43:01et qui voulait réduire Paris
43:03à l'époque
43:03il n'y avait que 89 départements
43:05à un 89ème de la France
43:07et je vous dis
43:08que votre bouquin
43:09c'est le nouveau bouquin
43:09des Girondins
43:10ça tombe bien
43:10ça part de Gironde
43:11et vous êtes en train
43:12d'expliquer que la France
43:13elle est plurielle
43:14elle est multiple
43:15et que justement
43:16la France a été forte
43:17quand il n'y avait pas
43:18il y avait l'aristocratie
43:19et le peuple
43:20et les nobles
43:21et les gueux
43:22mais c'est ce rassemblement
43:24ce rassemblement
43:25de la société française
43:27cette cohésion
43:27qui existe
43:28dans sa diversité
43:29et c'est vrai
43:29que c'était le rêve
43:30des Girondins
43:30pas d'élite parisienne
43:32pas de capitale
43:33qui décide pour tout le monde
43:35tous les français
43:36sont égaux devant la loi
43:37tous les territoires
43:38sont égaux devant la loi
43:39et tous les français
43:40partagent l'amour
43:41d'être français
43:41et c'est bien le cas
43:42de Sébastien
43:43et sa famille
43:44je pense que
43:45c'est un petit peu ça
43:45le message que vous avez
43:46envie d'envoyer
43:48oui précisément
43:48moi je suis un Girondin
43:49en tout le sens du terme
43:52écoutez
43:53moi je suis un Girondin
43:54et vive la France
43:55des provinces
43:55vive la France des ploucs
43:56et c'est la France des ploucs
43:58dont j'ai envie de parler
43:58dans Plouc Story
43:59et j'espère que ça parlera
44:01à beaucoup de gens
44:01bon je pense que
44:03Plouc Story
44:03est le premier tome
44:05d'une grande saga
44:06je ne sais pas
44:07si ce sera la comédie humaine
44:09de Balzac
44:10mais ça sera
44:10ça sera peut-être
44:12la nouvelle comédie
44:14de la sociologie
44:15de la sociologie française
44:17merci Paul Melin
44:17d'avoir été avec nous
44:19je rappelle votre titre
44:20merci à vous Perico
44:20et merci pour votre lecture attentive
44:21Plouc Story
44:22chez Fayard
44:23pour le modique somme
44:24de 21,90
44:25une friandise à lire
44:27le week-end
44:29et on sort quand même
44:30ragaillardi
44:30de cette lecture charmante
44:32de la société française
44:33merci
44:33merci Paul Melin
44:34et pour les autres
44:35je vous dis à demain
44:36à midi
44:36sur Sud Radio
44:37merci