- il y a 7 semaines
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00:00Sud Radio, faut que ça change, Anthony Martin Smith.
00:03Mais oui, faut que ça change, comme chaque samedi.
00:06Bonsoir à vous, mesdames et messieurs, merci d'écouter Sud Radio.
00:08Vous êtes de plus en plus nombreux et nombreux à nous suivre,
00:11et ça nous fait vraiment plaisir.
00:13Sud Radio, c'est votre radio, c'est la radio du Parlez Vrai.
00:16Et on va parler vrai ce soir, parce que nos invités ont des choses à dire.
00:21Mathéo Lamblot avec moi. Bonsoir Mathéo.
00:24Bonsoir Anthony, bonsoir tout le monde.
00:25Vous aussi, vous allez parler vrai ?
00:26Ah oui, toujours.
00:27Avec un coup de cœur ou un coup de gueule, c'est toi ?
00:29Un coup de cœur.
00:30Ça sera sur quoi ?
00:30Alors j'ai hésité entre vos exploits au ski et des exploits d'un étudiant.
00:37On ne balance pas les dossiers Mathéo.
00:39Je ferai sur une personne qui a décidé de courir pour rendre visibles les handicaps invisibles.
00:46Et bien un handicap invisible, il va nous en parler dans un instant.
00:49Il s'appelle Maxime Mermoz.
00:51Il est quatre fois champion de France de rugby, à la fois au stade Toulousain et avec le RC Toulon.
00:57Deux fois champion d'Europe, 2013 et 2014 avec le RC Toulon, vice-champion du monde avec le 15 de
01:03France en 2011.
01:04Il a connu le handicap par son sport et c'est cela aujourd'hui qu'il vient dénoncer sur notre
01:11antenne.
01:11Comme quoi, le sport paralympique, c'est important, mais le sport valide peut produire des athlètes paralympiques.
01:18Avec nous également, on aura le club handisport du Pays Basque avec sa section basket-fauteuil qualifiée pour les finales
01:27de National 3.
01:28Et qui figurez-vous ?
01:29Et bien pour l'instant, ils ne peuvent pas s'y rendre.
01:31Ils en appellent à votre générosité, mesdames et messieurs.
01:34Vous écouterez, peut-être vous pourrez les aider en participant.
01:37Alors, cagnotte !
01:39Allez, il faut que ça change.
01:41Agissons ensemble pour une société plus juste.
01:43L'association APF France Handicap présente
01:46Sud Radio, il faut que ça change.
01:49La vraie vie.
01:50La vraie vie avec vous, Mathéo, votre coup de cœur.
01:53Un coup de cœur aujourd'hui pour Cassandre Loré.
01:55A 23 ans, cette étudiante s'est lancée un défi complètement fou.
02:00Parcourir 311 kilomètres en 6 jours, de Charleville-Mézières jusqu'à Paris.
02:04Et si elle l'a fait, ce n'est pas pour battre un record, mais pour défendre une cause encore
02:08trop ignorée.
02:09Celle des handicaps invisibles.
02:11Cassandre a été diagnostiquée autiste Asperger tardivement à l'âge de 20 ans.
02:16Comme beaucoup de personnes concernées par un handicap invisible,
02:19elle a dû faire face à l'incompréhension, au jugement et parfois même au mépris.
02:23Parce qu'aujourd'hui encore, dans l'esprit de certains, un handicap devrait forcément se voir.
02:27Combien de personnes entendent encore ?
02:29Ça ne se voit pas, donc ça va.
02:31Pourtant, les chiffres sont là.
02:33Selon l'APF France Handicap, près de 9 millions de Français vivent avec un handicap invisible.
02:38Et justement, ce que Cassandre a voulu rappeler, c'est que l'absence de visibilité ne veut pas dire absence
02:43de souffrance.
02:44Derrière chaque personne concernée, il y a des combats permanents, de la fatigue, des difficultés parfois immenses
02:50et surtout un besoin essentiel de reconnaissance et d'écoute.
02:54Alors oui, courir jusqu'au ministère de la Santé, c'est un symbole fort.
02:57Une manière de dire, regardez-nous, écoutez-nous, prenez enfin ces handicaps au sérieux.
03:02Et rien que pour ça, le combat de Cassandre mérite d'être salué.
03:06– Effectivement, moi en tout cas, je le salue.
03:08Maxime Mermoz, bonsoir.
03:12– Bonsoir, je ne sais pas si vous m'entendez.
03:14– Oui, on vous entend. Vous êtes en voiture, non ?
03:17– Oui, en fait, parce que j'ai le chargeur dans la voiture et que j'étais en train de
03:21faire une activité pas spécialement passionnante.
03:23– Je me suis quand même posé un petit peu.
03:25– Vous mettiez de l'essence, c'est ça ?
03:27– Dans le même style, dans le même style.
03:30– Bon, en tout cas, restez bien stationnés.
03:33Merci en tout cas de prendre le temps de venir dans notre émission parler justement du handicap invisible.
03:38Vous avez peut-être entendu ce qu'a dit Mathéo Lamblot à l'instant sur le cas de Cassandre.
03:44Le handicap invisible, vous-même, vous le supportez au quotidien.
03:49– Je crois d'ailleurs que le rugby a causé chez vous une rupture hémato-labyrinthique.
03:56Peut-être que vous pouvez nous expliquer ce qu'il en est exactement ?
03:59– Oui, oui. Par où commencer ?
04:03– Généralement par le rugby.
04:05– Oui, mais bon, le début, on va remonter quand j'avais 3 ans et demi, il y a 37
04:10ans, donc ça va être un peu long.
04:12Non, on va dire que le rugby, on sait qu'il y a des chocs,
04:14on sait qu'il y a beaucoup de personnes qui ont eu des problèmes, des fois des commotions, etc.
04:19C'est vrai que quand on est en pleine activité, on s'habitue aux douleurs, on s'habitue aux chocs,
04:24on s'habitue à perdre la connaissance, à se relever, à jouer avec des fractures, des arrachements tendineux.
04:32En fait, c'est notre quotidien, mais on ne se rend pas compte parce que c'est notre passion.
04:35Et c'est le dépassement de soi, ça procure tellement de sensations et d'émotions qu'on est à fond.
04:40Sauf qu'au fur et à mesure des années, j'ai commencé à avoir des problèmes d'acouphènes,
04:46de sensations d'oreilles pleines, de crises vertigineuses que je n'ai jamais commis de ma vie.
04:50C'était tellement difficile d'en plus ça à expliquer.
04:52Pour après, découvrir 7-8 ans après, en 2022, après arriver à un moment où je ne pouvais même pas
04:58me sortir du lit,
04:59tellement tout tournait en permanence.
05:01– C'est l'oreille interne finalement qui est touchée.
05:05– Exactement.
05:06– Donc qui participe clairement de l'équilibre.
05:09– Complètement.
05:10On va dire, après, on apprend comment fonctionne l'équilibre.
05:12Et si l'oreille interne dysfonctionne, les yeux sur travail et sur fatigue,
05:17donc j'avais un oeil gauche qui tombait, qui était creusé parce qu'il compensait.
05:22Les informations au cerveau ne sont pas bonnes.
05:24Donc à un moment, il y avait comme une étincelle, une explosion dans mon cerveau.
05:29Et après, derrière, j'avais une crise vertigineuse.
05:32J'avais connu ça et c'était très compliqué.
05:35Et en plus, quand on est sportif de haut niveau, on fatigue ses muscles
05:37et les muscles rentrent en cours dans l'équilibre.
05:40Donc à partir de là, je n'ai plus grand-chose qui fonctionne pour que je tienne droit court.
05:46– Est-ce que ça, ça a été déterminant dans votre, est-ce qu'on peut dire, fin de carrière
05:52?
05:53Puisque en 2019, vous êtes de nouveau champion de France.
05:56Et après, c'est un peu le trou noir peut-être pour vous ?
06:01– Ça a commencé le trou noir avant.
06:03Et quand je suis champion de France avec le Stade Toulousain,
06:06il faut savoir que ça fait déjà deux ans que je me bats chaque jour, chaque seconde,
06:13pour tenir debout.
06:15– Donc en 2017 ?
06:16– Exactement.
06:17– Et je me rappelle même d'un match au Stade Toulousain USAP,
06:23où Chelsea Colby marque.
06:25Je vais vers lui pour se sauter dans les bras et se congratuler.
06:30Et en fait, j'ai eu un énorme étincelle, on va dire, dans mon cerveau.
06:34Et il y a tout qui a tourné, je me suis retrouvé par terre.
06:37Donc j'ai demandé au coach de me sortir à la mi-temps.
06:39Et c'était ça tout le temps, même à l'entraînement,
06:41ça pouvait arriver.
06:43En fait, juste des fois me lever jusqu'à l'entraînement,
06:47des jours, je ne pouvais pas, donc je prévenais le club.
06:50Donc la descente aux enfers a commencé plus tôt,
06:53mais j'ai essayé de faire bonne figure.
06:55Et après, quand il y a eu le Covid en 2020,
06:57pour moi, ça a été un soulagement,
06:59parce que j'ai pu enfin ne pas forcer pour essayer de me lever du lit
07:04et essayer de trouver et me soigner.
07:08Et c'est vrai qu'en retournant sur Marseille, Toulon,
07:11j'ai une ORL à Marseille qui m'a fait faire des examens.
07:13Et c'est qu'en 2022 qu'on a réussi à voir avec précision la cause.
07:18Parce que trouver des causes sur des vertiges et des problèmes,
07:22parce qu'en fait, il y a tellement de symptômes mélangés
07:24que, on va dire, tous les ORL peuvent mélanger tout type de cause
07:28sans savoir vraiment ce que c'est.
07:30Et on a réussi à identifier précisément, grâce à une IRM,
07:34avec une injection,
07:35et voir qu'il y avait une rupture dans le labyrinthe de l'oreille.
07:38Ce qui a, derrière, provoqué le dysfonctionnement d'informations au cerveau.
07:43Et c'est pour ça que l'œil surfatiguait.
07:46Et puis, après, ces concentrations, ces mémoires...
07:49Il n'y a plus rien qui marchait.
07:50Je parlais du système nerveux.
07:52J'ai même vu des spécialistes,
07:53parce qu'on avait peur d'une dégénérescence nerveuse.
07:57Heureusement, ce n'était pas ça,
07:58mais j'ai vraiment vu beaucoup de spécialistes pendant 7-8 ans,
08:02en parallèle,
08:03pendant que les gens croyaient que j'étais en haut de la scène.
08:07Moi, au quotidien, c'était plutôt au fond du trou.
08:09C'était de la souffrance.
08:11Exactement.
08:12Mathéo Lambleau a une question.
08:12Et Maxime Mermouz,
08:14vous avez donc été reconnu à un personne en situation de handicap.
08:17Qu'est-ce que ça va changer pour vous ?
08:20Moi, déjà, dans un premier temps,
08:21l'administratif, ce n'est pas du tout mon fort.
08:23Donc, ma maman, qui était infirmière,
08:26ça faisait peut-être 10 ans
08:27qu'elle essayait déjà de me sensibiliser à ça,
08:30parce qu'il y a toutes les séquelles physiques que j'ai,
08:32au-delà de l'oreille,
08:33il y a plein d'autres séquelles,
08:34mais comme je vous dis,
08:35on est tellement habitués à vivre avec
08:36que pour nous, dans Rugbyman, c'est normal,
08:38alors que pour tout le monde, ce n'est pas normal.
08:40Et en fait, déjà, c'est une reconnaissance,
08:42parce qu'il y avait des médecins ou des personnes
08:45qui n'arrivaient pas à admettre
08:49ce qu'on vivait au quotidien.
08:51Et donc, même, je vous dis,
08:52j'ai eu un contrôleur des assurances
08:54qui me dit, non, non,
08:55on ne peut pas avoir de autistes quand on roule.
08:57Donc, là, j'ai dit, mais monsieur,
08:59vous n'avez jamais été à ma place.
09:00Et beaucoup de personnes ont été témoins
09:02de problèmes comme ça que j'ai pu avoir.
09:05Donc, en fait, c'est juste déjà pour soi,
09:08pour légitimer, légitimiser,
09:10je ne sais pas comment on dit légitimer,
09:12ce qu'on a vécu.
09:13Et moi, je n'attends rien à ce moment-là.
09:17Je ne cherche pas à avoir de prestations.
09:19de compensation.
09:20Mais la réalité...
09:21Le simple fait de mettre des mots
09:22sur ce que vous avez
09:23vous permet quand même de vous soigner.
09:25Par contre, ce que vous dénoncez aujourd'hui,
09:27c'est la violence de ce sport
09:29qui n'est visiblement pas suffisamment considérée,
09:32voire même, vous le disiez
09:34chez nos confrères d'Actu Rugby,
09:37à l'époque, c'était marche ou crève.
09:40Alors, je ne dénonce rien du tout
09:43contre le rugby.
09:45Non, non, non, ce n'est pas ce que je vous dis.
09:47Non, non, parce qu'il y a des gens
09:48qui font des raccourcis.
09:49Non, non, évidemment, vous avez raison.
09:50Vous avez raison de le préciser.
09:52On ne dit pas que le rugby, c'est mauvais.
09:54On dit que la manière de...
09:55Oui, mais il y a des gens
09:55qui le comprennent comme ça.
09:56Voilà, non, mais ce que je voulais dire,
09:58c'est que la manière, aujourd'hui,
09:59dont on traite ces cas,
10:01ces effets du rugby,
10:03ne sont peut-être pas suffisamment pris
10:05au sérieux
10:07pour qu'il y ait des diagnostics
10:08qui soient posés à temps,
10:09comme dans votre cas.
10:11Et c'est ça, aujourd'hui,
10:12que vous voulez dénoncer ?
10:14Alors, c'est...
10:16Je fais un état des lieux.
10:18En fait, c'est...
10:19Bon, Émilie Dudon, de l'Actu Rugby,
10:21qui avait vu un poste passer.
10:22L'idée, c'est quoi ?
10:23C'est juste de partager,
10:25grâce au, on va dire,
10:26au moins une communication,
10:27de partager, on va dire,
10:29cette expérience-là
10:30pour juste montrer que, déjà,
10:32là, avec tous les témoignages
10:33que j'ai eus depuis hier,
10:34j'ai mon téléphone qui a explosé.
10:36J'ai dit à Émilie, merci,
10:38et aussi à cause d'elle
10:39et grâce à elle,
10:40j'ai énormément de témoignages,
10:41que ce soit des gens
10:42du monde du sport, rugby,
10:44ou même dans la vie
10:44de tous les jours,
10:45qui vivent avec des symptômes
10:47handicapants au quotidien.
10:49Ma femme, actuellement,
10:51ma maman, des amis,
10:53il y a beaucoup de personnes
10:54au quotidien
10:54qui ont des problèmes,
10:56polyarthrite,
10:57plein d'autres choses comme ça,
10:58qui font que
10:58ça nous handicapent tous les jours.
11:00Donc, quand j'expliquais
11:01depuis tout jeune
11:02que la santé,
11:03c'était ce qu'on avait
11:04de plus cher,
11:05les gens,
11:06aujourd'hui,
11:07ils comprennent de plus en plus.
11:08Quand on fait du sport de haut niveau,
11:09la santé,
11:10c'est au cœur du problème
11:11puisque notre corps
11:12est notre outil de travail.
11:13Donc, tout tourne autour de ça.
11:15Moi, je vous comprends totalement.
11:17Je suis athlète de haut niveau
11:18en judo,
11:19paralympique,
11:20et je vous garantis
11:21que les séquelles,
11:22quand on y va à fond,
11:24à 37 ans,
11:25moi, je sens aujourd'hui
11:26un peu les effets quand même.
11:26Comme les chutes aux skis.
11:28C'est pour ça qu'en fait,
11:30moi, l'idée,
11:31c'est que je n'ai rien
11:31à revendiquer
11:32parce que quand je vois
11:33des personnes en fauteuil roulant
11:34qui m'écrivent
11:35et qui me donnent de la force
11:37alors que je leur dis
11:38mais entre guillemets,
11:39je me sens,
11:40limite,
11:40je vais avoir le syndrome
11:41de l'imposteur
11:42parce qu'il me dit
11:43mais Max,
11:44il me dit,
11:45moi, je suis né comme ça,
11:46il m'a dit.
11:46Moi, je suis habitué.
11:48Là, de vivre normalement...
11:50Maxime Lermoz,
11:51vous ne bougez pas.
11:51On va faire une courte pause.
11:53On revient avec vous.
11:53C'est passionnant
11:54ce que vous racontez.
11:55Merci, en tout cas,
11:57d'être là avec nous.
11:57On aura également,
11:58je le disais en début d'émission,
12:00Nicolas Bachoffer.
12:01Il est du club en disport
12:04Pays Basque
12:05sur la section basket fauteuil.
12:06Son club est qualifié
12:08pour les National 3
12:10et pour l'instant,
12:10ils ne peuvent pas y aller
12:11faute de budget.
12:12Vous ne bougez pas
12:13sur Sud Radio.
12:14On revient dans un instant.
12:16Sud Radio,
12:17il faut que ça change.
12:18Anthony Martin Smith.
12:19De retour sur l'antenne
12:20de Sud Radio
12:21avec nos invités
12:22Maxime Mermoz.
12:23Il est quatre fois champion de France,
12:24notamment avec le stade Toulousan
12:26et le RC Toulon.
12:27Il est aussi double champion d'Europe
12:292013-2014
12:31avec RC Toulon.
12:32Il est vice-champion du monde
12:33avec le 15 de France 2011.
12:34Il nous fait l'honneur
12:35d'être là ce soir
12:36pour nous parler d'un sujet.
12:38Le sport entraîne
12:40des violences physiques
12:42avec des séquelles durables.
12:44Notamment,
12:45il en est lui-même porteur.
12:47Il est porteur
12:48d'une rupture
12:50hémato-labyrinthique.
12:52C'est le liquide
12:54de l'oreille interne
12:55qui va un peu partout.
12:57Vous me corrigez,
12:58Maxime Mermoz,
12:58si je dis des bêtises.
13:00Et puis,
13:01on a également
13:02Nicolas Bachoffer
13:03qui est du club
13:05handisport
13:06Pays Basque
13:06Basket-Fauteuil.
13:08Ils sont qualifiés
13:09pour les finales
13:10et non pas pour les
13:11National 3
13:11comme j'ai dit tout à l'heure.
13:12Les finales de National 3.
13:15Et aujourd'hui,
13:16vous ne pouvez pas y aller
13:17parce que
13:18vous n'avez pas le budget
13:19et vous faites appel
13:21à la solidarité
13:23et à la générosité collective.
13:25D'abord,
13:26on va passer
13:26sur notre story de la semaine.
13:28Sud Radio,
13:29il faut que ça change.
13:31La story de la semaine.
13:32Mathéo Lomblot,
13:33la story de la semaine.
13:35C'est l'APF France Handicap
13:37qui a décidé
13:38cette semaine
13:38de poursuivre
13:39l'État en justice
13:40pour son inaction
13:41en matière d'accessibilité.
13:42Le tribunal administratif
13:44a donc été si saisi
13:45visant les six préfectures
13:46de la région
13:47Centre-Val-de-Loire.
13:48L'association demande
13:49tout simplement
13:50à l'État
13:51de faire respecter
13:52la mise aux normes
13:52des commerces
13:53et de tous les établissements
13:55recevant du public.
13:57Justement,
13:57Mathieu Robin,
13:58élu à l'APF France Handicap
13:59du Centre-Val-de-Loire,
14:00nous explique tout ça.
14:01On devrait avoir
14:02tous les établissements
14:04accessibles
14:04et surtout les ADAP,
14:06l'agenda d'accessibilité
14:07programmée
14:07qui est arrivé à échéance.
14:08Aujourd'hui,
14:09c'est soit ça a été fait,
14:11soit ça n'a pas été fait.
14:12Et si ça n'a pas été fait,
14:13il y a des sanctions financières
14:15extrêmement sévères
14:16qui doivent tomber.
14:17C'est prévu dans la loi
14:18et aujourd'hui,
14:19les préfectures
14:20refusent
14:20de faire les recensements
14:22et après,
14:23de mettre
14:23des injonctions
14:24pour que les établissements
14:26fassent les travaux.
14:27Et ce n'est pas neutre
14:28parce que du coup,
14:29si vous ne faites pas
14:30les contrôles
14:31et que vous ne sanctionnez pas,
14:32du coup,
14:33les établissements
14:33ne feront pas les travaux.
14:35Ce qui est quand même
14:36à leur main, Anthony,
14:37c'est qu'aujourd'hui,
14:38seule la moitié
14:38des 2 millions
14:39de ces établissements
14:40recevant du public
14:42respectent les règles
14:42d'accessibilité.
14:43C'est pourtant
14:44une obligation
14:44inscrite dans la loi
14:46du 11 février 2005.
14:47C'est une boulangerie
14:48sur deux,
14:49c'est un magasin
14:49sur deux,
14:50c'est un bâtiment
14:52municipal sur deux,
14:53c'est une poste sur deux.
14:54Je ne sais pas
14:55si on se rend compte
14:56réellement
14:56de la souffrance
14:57que c'est au quotidien
14:58pour les personnes
14:58qui sont à mobilité réduite,
15:00qui ont eu
15:01soit l'utilisation
15:01d'un fauteuil roulant
15:02ou même les poussettes
15:04où quand vous avez
15:06votre chariot de course
15:07et que vous êtes
15:07un petit peu fatigué
15:09par les épreuves
15:10que la vie a mis
15:11sur votre parcours,
15:12moi je vous avoue
15:13que systématiquement
15:14ces sujets
15:15on les dénonce
15:15dans cette émission
15:16et à chaque fois
15:18ils me touchent
15:19parce que
15:20ce n'est plus normal.
15:22Bon sang,
15:22on est en 2026.
15:24Oui,
15:25et vous le disiez,
15:26c'est un quotidien difficile.
15:28C'est par exemple
15:28la personne
15:29qui va au restaurant
15:30qui croit pouvoir
15:31y aller avec sa famille,
15:32ses amis
15:32et puis comme elle ne peut pas
15:34y accéder,
15:34elle est obligée
15:35de rentrer chez elle.
15:36C'est un quotidien.
15:37Regardez,
15:37on va se tourner
15:38vers Nicolas Bachoffer.
15:39Bonsoir à vous
15:40et merci d'avoir attendu
15:41avec nous
15:42tout au long
15:42de cette première partie.
15:44Pourtant tout le monde.
15:45Vous êtes du club
15:46handisport
15:47Pays Basque,
15:48Basket,
15:48Fauteuil.
15:49Là,
15:49ce que vient de mettre
15:50en lumière
15:51Mathéo Lamblot
15:52avec l'élu
15:53de la PF France Handicap,
15:55ça vous parle
15:56nécessairement ?
15:57Oui,
15:58bien sûr,
15:59on touche du doigt
16:00la réalité des choses
16:03et malheureusement
16:04le recul
16:05par rapport
16:06à ce qu'on veut faire,
16:09par rapport
16:09à ce qu'on dit.
16:11Les difficultés
16:12au quotidien
16:12sont énormes.
16:13Non mais du coup,
16:15quand vous êtes
16:15à mobilité réduite,
16:17alors je ne parle pas
16:17de la déficience sensorielle
16:18dont je peux être atteint
16:19ou même un peu
16:20Maxime Mermoz,
16:21mais la problématique
16:25de la mobilité réduite,
16:26c'est que vous êtes
16:27un demi-citoyen
16:28parce que vous n'accédez
16:28qu'à la moitié
16:29de la société.
16:30C'est scandaleux.
16:31Oui,
16:32sortir de chez soi,
16:33c'est une vraie aventure
16:34quand on est en situation
16:35de handicap.
16:37Moteur.
16:38On ne sait jamais
16:39handicap moteur.
16:41Parce que là,
16:41on parle vraiment
16:41de l'accessibilité
16:42du cadre bâti.
16:43Alors,
16:44les non-voyants aussi
16:44ont d'autres problématiques,
16:46évidemment,
16:46il ne faut pas les exclure.
16:48Mais quand vous avez
16:49des escaliers
16:49à chaque entrée
16:51d'un bâtiment municipal
16:52ou d'une poste
16:53qui ne veut pas faire
16:54le nécessaire
16:54ou d'un n'importe
16:56quel autre service,
16:57je ne veux pas dénoncer
16:58particulièrement,
16:58mais c'est scandaleux
17:00encore aujourd'hui
17:01qu'on soit à un établissement
17:02sur deux
17:02et que l'État
17:04ne fasse rien.
17:06Oui,
17:06oui.
17:08En plus,
17:08il y a tout le cheminement
17:10qui est autour
17:11qui n'est pas forcément
17:12accessible non plus.
17:14Les trottoirs,
17:15les routes,
17:15les chemins.
17:16Alors,
17:17les bâtiments,
17:18comme vous le dites,
17:19un sur deux
17:19ne sont pas accessibles.
17:20Mais en plus,
17:21il y a déjà la difficulté
17:22d'arriver jusqu'à
17:24l'administration
17:25qui vous demande
17:27d'y accéder.
17:29C'est un tout.
17:30Et puis alors,
17:31dans le genre de choses
17:33aussi où on marche
17:34sur la tête,
17:35c'est que vous,
17:36vous occupez d'un club
17:37de baskets fauteuils.
17:39Donc,
17:40vous êtes qualifié
17:41pour les finales
17:41de National 3
17:42et vous ne pouvez pas
17:44y aller aujourd'hui
17:45parce qu'il vous manque
17:4610 000 euros
17:47pour pouvoir faire
17:48le déplacement.
17:49Oui,
17:50voilà.
17:51Alors,
17:51nous,
17:51on est au Pays Basque.
17:54Cette année,
17:54on n'a pas de chance.
17:55Les phases finales
17:56du CHP à France,
17:57c'est 1 mètre.
17:57Donc,
17:58pour nous,
17:58c'est carrément
17:59la diagonale.
18:01Et on avait,
18:03alors déjà,
18:03en début de saison,
18:04on n'avait absolument pas
18:05budgétisé
18:06ce type de déplacement.
18:09et donc,
18:10du coup,
18:11si on devait sortir
18:1310 000 euros
18:14de nos fonds propres,
18:15alors déjà,
18:15on ne les a pas,
18:16mais en plus,
18:16ça serait mettre en péril
18:18les autres sections
18:19parce qu'on est
18:20un club omnisport
18:23que ça serait mettre
18:24en difficulté
18:25même la saison prochaine.
18:26Oui,
18:27parce que vous êtes
18:27un club multisport
18:29et donc,
18:29si là,
18:30votre club
18:31met l'argent
18:32sur ce déplacement,
18:34alors,
18:34il faudra aussi nous dire
18:3510 000 euros,
18:35ça paraît quand même beaucoup,
18:36mais j'imagine que c'est
18:37parce qu'il y a
18:38une logistique particulière
18:39pour transporter
18:40les fauteuils
18:41de chaque athlète,
18:43mais ça mettrait
18:45en péril
18:45l'ensemble
18:46des autres activités
18:47sportives
18:47et ça,
18:48c'est pas pensable.
18:49Voilà,
18:49la difficulté,
18:50c'est celle-ci.
18:52Si je sors 10 000 euros
18:53de mes fonds propres,
18:54déjà,
18:55comme je le dis,
18:55je ne les ai pas encore,
18:56mais même si je devais
18:57les sortir là,
18:58ça mettrait en danger
19:00le fonctionnement
19:01même de l'association.
19:02Et dans l'association,
19:03nous avons des gens
19:05tétraplégiques,
19:05paraplégiques,
19:06qui font du sport
19:07plus confidentiel
19:08tels que la Bochia,
19:09la Sarbacane,
19:11du tir à l'arc adaté,
19:12des choses comme ça.
19:13Ces gens-là,
19:14pas tirés
19:16de la participation
19:17de l'équipe de basket
19:18au final.
19:19Vous avez lancé,
19:20je crois,
19:21une cagnotte en ligne.
19:22Comment on peut
19:23y accéder ?
19:24Comment on peut
19:24vous aider ?
19:25Passez votre appel
19:26ce soir aux auditeurs
19:27et auditrices
19:28de Sud Radio
19:29pour que chacun
19:30mette de sa générosité.
19:32Moi-même,
19:32je vais aller faire un don.
19:34Super,
19:34merci beaucoup.
19:36Alors,
19:36c'est sur quoi du coup ?
19:37Dites-nous.
19:38C'est sur le site
19:39Je Participe
19:39et vous tapez
19:40Euskualtadea.
19:41Alors Euskualtadea,
19:42c'est du basque,
19:42ça veut dire
19:43l'équipe basque.
19:44Donc,
19:44vous écrivez ça comment ?
19:45T-A ?
19:47Non,
19:47E-U-S-K-A-L-A.
19:49Alors,
19:49répétez-moi.
19:50Pardon.
19:52Euskualtadea,
19:53E-U-S-K-A-L.
19:55Ouais.
19:55Et plus loin de Taldéa,
19:57T-A-L-D-E-A
19:57et c'est sur le site
19:58Je Participe.
20:00Ok.
20:00E-U-S-K-A-L-A,
20:03c'est ça ?
20:03K-A-L,
20:04merci Julien Delmas
20:07qui a la réalisation
20:08et qui me reprend
20:09dans le casque.
20:11Et Taldéa,
20:12c'est ça,
20:12T-A-L-D-E-A
20:13sur le site
20:14Je Participe.
20:14Écoutez,
20:15le message est passé,
20:17Nicolas Bachoffer.
20:17On le mettra aussi
20:18sur le site
20:18de suèdradio.fr.
20:20N'hésitez surtout pas
20:20à participer,
20:21à aider cette équipe
20:22qui aujourd'hui
20:23ne peut pas aller
20:25disputer la finale
20:26pour laquelle
20:26elle est qualifiée.
20:27Ça paraît complètement fou.
20:30Mathéo Lamblou,
20:30vous avez une question
20:31pour Maxime Mermoz.
20:32Oui, Marmise.
20:33Maxime, pardon.
20:34Je vais faire un mélange
20:35des deux.
20:36C'est rien de plus besoin.
20:38Alors, Marmise.
20:40Pardon.
20:41Allez-y.
20:42Donc, vous avez décidé
20:44aujourd'hui
20:44de parler de votre
20:45handicap invisible
20:46parce que c'est aussi
20:47l'objectif pour vous
20:49de sensibiliser
20:50les autres personnes.
20:50C'est ça ?
20:52Oui.
20:53J'en ai parlé
20:54déjà à l'époque
20:54quand j'étais en Angleterre
20:56en activité
20:56en 2017-18.
20:58Mais sous forme
20:59d'interview,
21:00c'était, oui,
21:00j'ai des problèmes
21:01de santé
21:02d'oreille interne.
21:04Mais c'est vrai
21:05que vu que ça s'est empiré,
21:07quand on m'a demandé
21:08pourquoi j'ai arrêté
21:08en 2020,
21:09j'ai expliqué
21:10à cause de problèmes
21:11de santé.
21:11Mais apparemment,
21:12les gens, je pense,
21:13ne s'en rendaient pas compte.
21:14Et c'est vrai
21:14qu'à travers cet article-là,
21:18mettre des mots
21:20sur ces mots-là
21:21qui touchent
21:22tellement de personnes,
21:24oui,
21:25c'est important
21:28aujourd'hui
21:29de le partager
21:31pour pouvoir,
21:33on va dire,
21:34aussi communiquer
21:35que ce soit
21:35avec les gens
21:35qui me connaissent
21:36ou proches
21:37ou moins proches
21:38parce que j'ai pas pu
21:39prévenir tout le monde.
21:40Merci en tout cas
21:41de prendre le temps
21:41ici sur Sud Radio
21:42ce soir
21:43de venir nous expliquer
21:46justement
21:47les violences
21:48qui sont inhérentes
21:49à beaucoup de sport,
21:50le rugby,
21:50même le judo
21:51que je pratique
21:52et qui parfois,
21:54même souvent,
21:55laissent des séquelles
21:56durables.
21:57Quand on est jeune,
21:58notre santé,
21:59on n'y fait pas forcément
22:00attention
22:00parce qu'on se sent
22:01dans la force de l'âge
22:02et puis c'est quand
22:02on vieillit
22:03et qu'on avance
22:04dans l'âge
22:05qu'on sent
22:06les difficultés
22:07des sacrifices
22:08qu'on en a pu faire
22:09plus jeunes.
22:10Merci en tout cas
22:11Maxime Mermoz
22:11de nous alerter là-dessus.
22:13C'est important aussi
22:14que le corps médical
22:14s'empare de cette question
22:15et accompagne mieux
22:17les athlètes
22:18pour en tout cas
22:19éviter
22:20que les choses
22:22aillent trop loin.
22:23Merci Mathéo Lamblot
22:24d'avoir été avec moi
22:25pour cette émission.
22:26Merci Julien Delmas
22:26à la réalisation
22:27et puis merci
22:28Nicolas Bachoffer
22:29je le rappelle
22:29vous êtes du club
22:31handisport Pays Basque
22:32basket-faute
22:33et vous êtes qualifié
22:34pour les finales
22:34de National 3
22:35et vous ne pouvez pas
22:36y aller.
22:37Parce qu'il vous manque
22:3810 000 euros
22:39et vous avez ouvert
22:39une cagnotte en ligne
22:40sur laquelle
22:41vous pouvez la retrouver
22:42je participe
22:44et Euskal Taldéa
22:45pour pouvoir
22:46venir faire un don
22:47moi-même
22:48je vais aller faire un don
22:49juste après l'émission.
22:50Merci à vous
22:51et vous ne bougez pas
22:52puisque Jacques Pays
22:53ce soir
22:54reçoit
22:55Catherine Lara
22:56pour les clés d'une vie.
22:57Allez à la semaine prochaine
22:58sur Sud Radio.
22:58Au revoir
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