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  • il y a 13 minutes
Samedi 14 mars 2026, retrouvez Olivier Mauco (président, Game in Society / Observatoire européen des Jeux Vidéo), Maxime Puteaux (Conseiller industrie, Novaspace), Xavier Pasco (Directeur, Fondation pour la recherche stratégique), Daniel Chrétien (Journaliste, Air & Cosmos) et Jean-François Clervoy (Astronaute, fondateur, Air Zero G) dans SMART SPACE, une émission présentée par Cécilia Severi Gay.

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00:01...
00:12Bienvenue dans Smart Space, au programme de votre émission aujourd'hui,
00:15la guerre au Moyen-Orient sous surveillance spatiale.
00:18On étudiera ensemble le rôle crucial et parfois délicat du secteur spatial.
00:22Dans votre talk, on va parler de la Lune et de l'ambitieux programme Artemis,
00:27le défi spatial du 21e siècle.
00:29Et puis en conclusion, je vous propose une rencontre entre le jeu vidéo,
00:33les satellites et le climat dans votre séquence avec le Space for Climate Observatory.
00:38Voilà pour le programme, on démarre.
00:44Daniel Chrétien, journaliste Air et Cosmos, nous a rejoint en plateau.
00:48Bonjour.
00:48Bonjour Cécilia.
00:49Bienvenue sur le plateau de Smart Space.
00:51Alors le monde entier est tourné vers le Moyen-Orient,
00:54y compris les satellites en orbite terrestre.
00:57Vous êtes là aujourd'hui pour nous aider à comprendre le rôle stratégique
01:01que joue le secteur spatial dans ce conflit qui dure déjà depuis deux semaines.
01:06Racontez-nous, expliquez-nous.
01:08Alors effectivement, le conflit dure depuis une dizaine de jours, deux semaines.
01:11Mais le rôle du spatial par rapport à ce conflit, dans le cadre de ce conflit,
01:15il date depuis beaucoup plus longtemps que ça.
01:17Car effectivement, c'est un rôle très important dans le cadre de la préparation
01:22des deux, des différents parties de ce conflit,
01:24que ce soit côté iranien ou surtout côté américain,
01:27pour préparer toutes les frappes qu'il a fallu réaliser.
01:31Plus de 5000 cibles en Iran ont été listées, enfin déclarées par le Pentagone.
01:395000 cibles en seulement 8 jours, c'est considérable.
01:44Donc ça demande beaucoup, beaucoup de temps de documentation sur ces cibles
01:48pour les localiser, pour savoir exactement quel étage il faut viser.
01:51Donc c'est un gros travail sur le segment spatial,
01:53car on ne peut pas faire de survol de drones ou de reconnaissance,
01:56on ne peut pas faire de survol aérien au-dessus du territoire iranien.
01:59Donc le renseignement américain peut se référer uniquement sur les agents qui sont sur place
02:05et surtout sur le segment spatial.
02:07Donc là, c'est vraiment tous les capteurs qui sont à leur disposition qui seront utilisés.
02:12Alors qui sont à leur disposition ? C'est là le mot-clé.
02:14C'est-à-dire qu'ils vont chercher sur des infrastructures qui appartiennent déjà aux États-Unis,
02:19mais aussi d'acteurs privés américains ?
02:21Là, dans ce cadre-là, c'est sans doute nécessaire.
02:23Alors certes, le Patagone dispose d'un grand éventail de capteurs nationaux propres,
02:31dont les données sont centralisées par le National Reconnaissance Office, le NRO,
02:36mais le NRO est lui-même en contrat avec plusieurs entreprises de l'écosystème américain.
02:44Pour en lister quelques-unes, on est Planète, Black Sky, Capella, Umbra, j'en passe.
02:50Et toutes ces entreprises fournissent leur flux direct d'images auprès du Pentagone
02:56qui peut se servir, j'ai envie de dire presque à volonté, vu l'étendue des contrats.
02:59Ils peuvent se servir à volonté ? Est-ce qu'à un moment donné, un de ces acteurs peut dire
03:02non ?
03:03C'est déjà arrivé.
03:04C'est déjà arrivé, mais pas pour le Pentagone spécifiquement,
03:08mais c'est déjà arrivé parce que si le Pentagone peut se servir sur ce flux direct d'images,
03:12à ces flux directs, les entreprises les vendent à tout le monde.
03:15Et ça veut dire que la partie adverse peut y accéder.
03:17L'Iran aussi a eu besoin de ces images pour préparer sa riposte,
03:21parce qu'ils ont fait une riposte assez puissante,
03:22qui a nécessité également une certaine documentation.
03:26Et ils n'ont pas assez de satellites pour ça en Iran.
03:29Ils en ont quelques-uns, mais c'est vraiment substantiel,
03:31donc ils ont dû accéder à des images externes.
03:33Et donc les sociétés, il y a une société américaine en particulier
03:35qui a décidé de mettre le haut là, ces Planète.
03:39Ils ont imposé un délai de 14 jours sur l'accès aux images
03:44qui couvrent certains sites en particulier ou certains pays en particulier.
03:47Pas l'Iran, bien sûr, mais notamment tous les pays qui hébergent des bases américaines
03:52ou qui peuvent soutenir l'action américaine ou israélienne dans le cadre du conflit.
03:58Donc là-dessus, du coup, l'Iran n'a plus forcément accès à ces images-là.
04:01Alors ce n'est que Planète qui a imposé cet embargo.
04:06Ça veut dire que les autres sociétés le proposent toujours actuellement.
04:09Mais c'est déjà assez considérable parce que Planète a déjà une grosse constellation de satellites.
04:13Mais donc l'État américain, par exemple, n'est pas en mesure de contraindre les acteurs privés
04:18à limiter l'accès à leurs données dans le cadre du conflit notamment.
04:22Et c'est ça, les données de ces entreprises, elles sont propriétaires.
04:26Alors, elles ont des licences d'exploitation de ces données qui leur sont octroyées par les États-Unis.
04:34Donc, il vaut mieux pas aller à l'encontre de la volonté du Patagone.
04:37Oui, c'est pas seulement un geste patriote finalement qu'opère Planète à ce moment-là.
04:40C'est aussi un geste stratégique.
04:41C'est en effet.
04:43Et éthique peut-être, certainement.
04:45D'une part éthique et d'une part aussi humanitaire dans un certain sens
04:49où ils voulaient éviter que l'Iran ait accès à ces données
04:52et du coup renseigner l'Iran sur la portée de ses frappes.
04:56Et donc, ils argumentent ça.
04:57L'idée, c'est le calcul de la force de frappe et l'évaluation des dommages.
05:03C'est cela.
05:04Et aussi pour protéger les personnes et les personnels de l'OTAN
05:09ou qui assistent aux des pays alliés qui sont sur place et les protéger.
05:13Ça nous ramène à la question de la souveraineté des données,
05:16cette situation et ce conflit au Moyen-Orient
05:18et l'utilisation de la donnée spatiale en Europe aujourd'hui.
05:22C'est une question cruciale.
05:25À quel point elle est challengée peut-être, cette question de la souveraineté ?
05:28Elle est challengée depuis un certain entretien dont on se souvient
05:32entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump et Gidevins
05:34au sein de la Maison-Blanche
05:35où l'année dernière, la Maison-Blanche avait menacé
05:40de suspendre l'accès au renseignement américain
05:43aux alliés, à l'Ukraine et à ses alliés.
05:46À ce moment-là, il y a eu un certain réveil.
05:48Déjà, ça nous a rappelé que nous, nous avons déjà une capacité propre,
05:51que ce soit en France, que ce soit en Europe.
05:53Nous avons nos propres satellites militaires aussi en France,
05:56la gamme CSO pour le composant optique,
05:57les Allemands ont une composante radar,
05:59les Italiens assistent aussi.
06:01Nous avons Copernicus,
06:02nous avons des données européennes assez riches aussi là-dessus.
06:05Est-ce que c'est suffisant comparé à ce que peut proposer
06:09à la fois le renseignement américain
06:11et aussi toutes les entreprises américaines
06:13qui orbitent autour ?
06:14Non.
06:16Donc, ça pose effectivement une question de souveraineté
06:18dans le sens où il faudrait peut-être que nous aussi,
06:20on encourage un peu plus notre propre écosystème
06:22à enrichir le flux d'images.
06:25Et alors, ce flux d'images, justement,
06:27il nous rappelle aussi que l'IA peut avoir un rôle important
06:30dans la gestion de ces données spatiales.
06:32Ça, on s'en rend compte aujourd'hui avec ce moment fort ?
06:35Absolument.
06:36Pour deux raisons.
06:37La première, c'est déjà,
06:39plus on multiplie les capteurs,
06:41plus il y a de données à descendre.
06:42Ce sont des paquets assez lourds.
06:44Et donc, il y a un problème de descente d'informations.
06:48C'est un problème de flux.
06:49En radiofréquence, au bout d'un moment,
06:50on va commencer à saturer.
06:52Il y a la communication optique
06:53qui peut nous aider à améliorer le flux.
06:54Mais dans tous les cas,
06:55l'idéal serait qu'on discrimine dans un premier temps
06:58les images intéressantes et celles qui ne le sont pas en orbite.
07:01Donc là-dessus, l'IA embarqué dans le satellite peut aider.
07:04C'est encore dans le domaine de la démonstration.
07:06Oui, et de la prospection.
07:07Et l'autre plan, c'est du côté du commandement,
07:11du côté des centres de commandement.
07:12C'est plutôt des algorithmes, là, pour l'instant,
07:15qui sont testés ou qui sont requis
07:19pour aider les opérateurs humains
07:21à identifier les zones à intérêt
07:22ou à étudier ces zones à intérêt.
07:24C'est là que l'exemple de Palantir aux Etats-Unis
07:27est assez probant.
07:28On passe de, je crois,
07:29de 200, enfin, 2000 observateurs à 200.
07:34Enfin, les équipes sont réduites
07:35et l'efficacité est prononcée.
07:36C'est là qu'on voit l'importance, encore une fois,
07:39de mêler le secteur de l'IA et du spatial en Europe aussi,
07:41d'avoir des solutions souveraines.
07:42Exactement.
07:43Et là-dessus, on cherche, nous aussi,
07:45à développer nos propres intelligences artificielles.
07:47Le ministère des Armées a sollicité l'écosystème,
07:50l'industrie à développer ces solutions.
07:53Et c'est assez frais, encore, pour l'instant.
07:56Et on est encore plutôt en train de définir
07:57exactement le besoin de nos opérateurs.
08:00Mais ça avance plutôt bien.
08:02Peut-être un mot en conclusion
08:03sur le rôle à venir du secteur spatial
08:07dans ce conflit,
08:08s'il continue dans les prochains jours,
08:11les prochaines semaines ou les prochains mois.
08:12Alors, le segment observation de la Terre
08:14sera toujours aussi important.
08:16Le segment communication également.
08:17En particulier pour les pays
08:19qui se trouvent tout autour de cette zone à conflit.
08:21Je pense à Chypre, par exemple.
08:23Oui, qui a été touchée.
08:24Qui a été touchée.
08:25Et qui, du coup, est devenu le premier État européen
08:29de l'Union à bénéficier du dispositif GovSatCom.
08:33Un dispositif qui rassemble
08:35nos capacités de télécommunication sécurisées nationales.
08:39Que ce soit Syracuse en France,
08:40SatCom BW en Allemagne,
08:42SpainSat en Espagne et j'en passe.
08:45Et qui mettent un peu à disposition
08:46une partie des disponibilités de leurs satellites
08:49au service de ce dispositif GovSatCom.
08:52Et donc, il a été officialisé que Chypre
08:57en sera le premier utilisateur,
08:59étant donné que Chypre est vraiment
09:00aux premières loges de ce conflit.
09:01Merci beaucoup, Daniel Chrétien,
09:04d'avoir pris le temps de venir nous éclairer
09:06sur ce rôle crucial du secteur spatial
09:08en temps trouble de guerre au Moyen-Orient.
09:12On enchaîne, quant à nous,
09:12avec notre talk sur Bismarck.
09:18C'est l'épopée du 21e siècle.
09:21On va tenter, avec nos invités,
09:23de comprendre les enjeux politiques, économiques et éthiques
09:26du programme Artemis,
09:27programme de retour des hommes et des femmes vers la Lune.
09:30Avec nous, en plateau, Maxime Putot,
09:32conseiller industrie chez Nova Space.
09:33Bonjour.
09:33Bonjour.
09:34Bienvenue sur le plateau de Smart Space.
09:36En face de vous, Xavier Pasco,
09:37directeur de la Fondation pour la Recherche Stratégique.
09:40Bonjour.
09:40Bonjour.
09:41Bienvenue sur le plateau de Smart Space.
09:42Et puis, avec nous, à distance,
09:44Jean-François Clairvaux,
09:45astronaute européen de l'ESA
09:47et ambassadeur Venturi Space.
09:48Bonjour, Jean-François.
09:50Bonjour à tous.
09:52Bienvenue sur ce talk.
09:54Alors, on parle du programme Artemis
09:56et du retour des hommes et des femmes vers la Lune.
09:59Retour un petit peu retardé pour l'instant.
10:02Le programme accumule un peu de retard.
10:04C'est parti en février, finalement,
10:06en tout cas pour la mission Artemis 2.
10:08Finalement, peut-être mars, peut-être avril,
10:10on n'est pas sûr.
10:11À date, il n'y aura pas de lancement
10:14avant le 1er avril.
10:15Ce n'est pas une blague de la NASA.
10:16Mais ça peut probablement encore glisser un peu plus.
10:21La NASA est aussi un peu contrainte
10:23par la fiabilité et la sécurité de son lanceur.
10:25Donc, ils prendront toutes les mesures qui s'imposent
10:27pour s'assurer que le lancement ait lieu.
10:29Le premier décollage du SLS avait connu
10:31quelques mois de retard,
10:33après des années aussi de développement.
10:36Rien d'anormal, finalement, dans ce retard-là.
10:39Jean-François, est-ce que ce programme Artemis,
10:41il est comparable à Apollo ?
10:43Parce qu'on fait beaucoup la comparaison.
10:44Évidemment, c'est normal.
10:46Est-ce que, déjà, dans sa mise en marche,
10:47il est comparable ?
10:50Il est comparable dans les grandes lignes.
10:52Mais en fait, dès qu'on rentre un peu dans le détail,
10:55c'est très différent.
10:56On ne va pas au même endroit.
10:57Donc, on va vers le pôle sud.
10:59On n'y reste pas pour la même durée.
11:02C'est-à-dire qu'on y va sur des durées
11:05qui vont dépasser la nuit lunaire.
11:08Jusqu'à présent, l'émission Apollo,
11:10c'était sur la face visible
11:13et éclairée par le Soleil pendant trois jours maximum.
11:16Alors que là, on va rester, à la fin,
11:18on voudra rester plus que deux semaines.
11:21Donc, il faudra tenir pendant deux semaines dans la nuit.
11:24Les températures sont beaucoup plus extrêmes
11:27lorsque vous passez du jour à la nuit lunaire
11:29de moins de 140 degrés à plus de 140 degrés.
11:32Donc, ce n'est pas la même durée,
11:34ce n'est pas le même lieu d'atterrissage,
11:36ce n'est pas les mêmes extrêmes de température.
11:38Et le but, au départ, du programme Artemis,
11:41c'est apprendre avec la Lune,
11:42autour de la Lune et sur la Lune,
11:45ce qu'on a besoin d'acquérir
11:46en connaissances scientifiques, technologiques,
11:50opérationnelles, humaines,
11:51pour être prêts à faire la même chose un jour
11:53autour de Mars et sur Mars.
11:55C'est la raison d'être du programme Artemis.
11:57Ce n'est pas juste s'arrêter
11:59à la Lune.
11:59C'est la Lune comme un lieu d'apprentissage.
12:01Et pour ça, on se donne des objectifs
12:03beaucoup plus extrêmes qu'à l'époque d'Apollo,
12:06et en particulier le pôle sud.
12:08Xavier Pasco, motivation totalement différente d'Apollo ?
12:11Oui, on est dans un contexte différent.
12:14Déjà, Apollo, c'était très marqué
12:15par le contexte historique.
12:17On apprenait la guerre froide à l'époque,
12:19et donc il y avait cet affrontement
12:20avec l'Union soviétique.
12:21Alors aujourd'hui, on pourrait dire,
12:23il y a la Chine aussi qui est là,
12:24et qui sert d'aiguillon pour les États-Unis,
12:26ce qui est vrai.
12:27Il y a une vraie pression qui est mise,
12:29puisque la Chine dispose de son propre programme.
12:31À son objectif, 2030.
12:32À son objectif, 2030, peut-être 2029,
12:34il pousse un petit peu les choses.
12:37Bon, les Américains qui s'étaient dit,
12:39je crois qu'au premier mandat Trump,
12:40il y avait l'idée d'atterrir sur la Lune en 2024.
12:42C'est ça, bien sûr.
12:43On n'y est pas, il faut être clair.
12:45On n'y était pas en tout cas en 2024.
12:47On n'y était pas en 2024,
12:48on n'y est pas encore aujourd'hui en 2026.
12:50On verra comment tout ça se passe.
12:52Il y a plein de raisons pour lesquelles
12:54les États-Unis reviennent sur la Lune.
12:56Il y a des raisons que Jean-François Clairvoy
12:59vient d'expliquer, bien sûr.
13:00Et puis, il y a des raisons aussi politiques,
13:02industrielles.
13:02Enfin, voilà.
13:03Il y a un ensemble de raisons qui fait que
13:04les Américains ont besoin de retrouver
13:07cet objectif-là pour la NASA,
13:09pour l'exécutif politique.
13:11Mais économiquement, encore une fois,
13:12pour finir cette comparaison avec Apollo,
13:15ce n'est pas la même chose.
13:16On n'engage pas les mêmes moyens aujourd'hui
13:17pour retourner sur la Lune
13:18par rapport au programme Apollo à l'époque.
13:20Ce qui est intéressant avec Artemis,
13:22c'est qu'en fait, les moyens précèdent la fin.
13:25Aujourd'hui, la plupart des briques,
13:27des éléments qui sont utilisés pour Artemis,
13:28ce sont des programmes qui étaient créés
13:32avant Artemis.
13:33En fait, Artemis, ça vient du constat
13:34de l'administration Trump 1,
13:36qui a énormément de développements
13:37qui ont été engagés.
13:38Bush-Fix avait initié le retour sur la Lune.
13:40Obama l'a annulé.
13:41C'est un peu la semplication.
13:45Entre un républicain, Reagan l'avait fait,
13:47un républicain qui relance un programme spatial
13:49et le démocrate qui l'annule.
13:51Donc, Obama avait annulé l'objectif,
13:53mais n'a pas forcément annulé les moyens,
13:55ce qui fait que le SLS, finalement,
13:56c'est l'héritier de ces programmes de développement.
13:58Et Trump, en 2018-19,
14:01il a un peu capitalisé là-dessus en disant
14:03on va consolider tous ces éléments de développement
14:05et on va donner une finalité.
14:07Et comme l'a expliqué Jean-François,
14:08à l'époque, la finalité n'était pas hyper claire.
14:09C'était l'orbite lunaire et la surface.
14:11Et ce qui est nouveau aujourd'hui,
14:12c'est qu'on a à la fois du matériel
14:14qui vient d'un héritage presque ancien.
14:16Il y a des éléments de la navette.
14:17Il y a des moteurs réutilisables de la navette
14:18qu'on va jeter à chaque lancement maintenant sur le SLS.
14:22Alors ça, c'est important de le dire.
14:24Un SLS, ce n'est pas un lanceur réutilisable.
14:26C'est un lanceur qui coûte très cher.
14:27On est à peu près sur 2 milliards de pièces.
14:292 milliards de pièces.
14:30Donc, une mission Artemis,
14:31le SLS de 2 milliards, 2 milliards et demi,
14:33une capsule Orion,
14:34dont une partie fabriquée par les Européens,
14:36plus l'aspect service opérationnel,
14:37c'est à peu près 4 milliards la mission.
14:41Le budget du CNES, c'est 3 milliards.
14:42Le budget spatial français,
14:44dont le CNES et le militaire,
14:46donc ça donne une idée de l'ordre de grandeur.
14:49Artemis, ça cumule à la fois un héritage technologique
14:52qui, objectivement, aujourd'hui,
14:53peut être un peu considéré comme obsolète
14:54parce que consommable,
14:55et en même temps, on va peut-être en parler
14:57sur les allunisseurs,
14:58le choix de faire,
14:59le pari de faire appel au privé
15:00avec des approches et des architectures
15:01radicalement différentes.
15:03Il n'y a qu'à voir la différence d'échelle
15:04entre cette petite capsule Orion
15:05qui est un petit peu,
15:06elle est un Renault-espace
15:09qui va amener les astronautes
15:10en orbite autour de la Lune
15:11et le Starship lunaire
15:13qui est plus gros qu'un 33 tonnes
15:15qui va les déposer à la surface.
15:17Donc on est vraiment sur la confrontation
15:19entre deux mondes,
15:20deux visions techniques
15:20qui doivent cohabiter.
15:22C'est tout l'enjeu de la réorganisation
15:23du calendrier Artemis.
15:25Est-ce que stratégiquement,
15:27il y a un intérêt à être sur la Lune
15:30pour un pays comme les États-Unis ?
15:33C'est d'abord,
15:34il y a un intérêt politique global
15:35à y être comme il y avait
15:37un intérêt politique à y être
15:38dans la course avec l'Union soviétique.
15:41Comme l'a dit Maxime,
15:43Obama avait dit
15:44non mais très peu pour moi,
15:45on a coché la case de la Lune.
15:47Donc ce que George W. Bush
15:48a fait relancer avant moi,
15:50donc le programme Constellation,
15:51ça s'appelait comme ça à l'époque,
15:52le programme de retour vers la Lune,
15:54on ne va pas le faire
15:54parce que nous,
15:55on y est déjà allé.
15:56Et puis finalement,
15:56Trump, dans ce genre de jeu
15:58de ping-pong politique,
15:59a dit non, non, on va y aller.
16:00Et en plus, sous-entendu,
16:01on va y aller avant les Chinois.
16:02Donc politiquement, oui.
16:03Après, stratégiquement,
16:04alors,
16:05d'aucuns font valoir
16:06qu'il peut y avoir
16:07dans les zones
16:08où ils vont atterrir
16:09des ressources à exploiter.
16:11Alors ça peut être de l'hydrogène,
16:12ça peut être d'autres choses, etc.
16:14On sent bien
16:15que c'est quand même
16:15un peu un discours
16:16qui habille
16:17l'ensemble
16:17de la décision,
16:19on va dire,
16:20d'y retourner.
16:21Après,
16:21il y a effectivement
16:22un intérêt pour le coup
16:24de développer des systèmes aussi
16:26qui vont permettre
16:26d'aller sur la Lune.
16:27C'est-à-dire,
16:27il y a ce qu'on va faire
16:28à la surface
16:29et puis il y a tout
16:29ce qu'on va faire
16:30entre la Terre et la Lune
16:31où là,
16:31on va voir beaucoup
16:32de technologie
16:33au fil des missions
16:34parce que là,
16:35on est dans les premières missions
16:36mais tout ça,
16:36ça va se consolider.
16:37Il va falloir faire
16:38beaucoup de manœuvres,
16:39de ravitaillements,
16:40des choses comme ça.
16:40Et là,
16:40on voit bien
16:41que les industriels,
16:41eux,
16:42ils voient tout à fait
16:42leur intérêt
16:43en termes de manes financières
16:44pour faire des développements
16:45technologiques majeurs.
16:47Et on voit bien
16:47que là,
16:48il y a un enjeu stratégique
16:50aussi d'occupation
16:51de l'espace quelque part.
16:52C'est une aubaine
16:54pour les acteurs
16:55spatials aujourd'hui
16:56de tout continent,
16:58j'allais dire finalement.
16:59Alors oui,
17:00d'abord américains quand même,
17:02mais effectivement
17:02de tout continent,
17:03y compris pour les Européens.
17:04On développe,
17:05les Européens développent
17:06un module,
17:06un module de service
17:07qui permet de donner
17:09la vie à Orion,
17:10cette capsule
17:10qui va aller vers la Lune.
17:13Pour l'Europe,
17:14c'est important de faire ça,
17:15c'est une contribution importante,
17:17mais c'est vrai
17:17que les industriels américains
17:18et parmi les premiers
17:19SpaceX,
17:20donc la société d'Elon Musk
17:22mais aussi Blue Origins,
17:23celle de Jeff Bezos,
17:24ils sont un peu en compétition,
17:26ils se mettent
17:27sous la fontaine
17:28budgétaire américaine
17:30parce que là,
17:30il y a beaucoup d'argent
17:31d'investis dans ce domaine
17:33et donc ils en profitent
17:34avec eux-mêmes
17:34leurs propres projets par ailleurs.
17:36Mais voilà.
17:36Mais il y a des retombées
17:37même ici en Europe.
17:38Jean-François Clairvaux,
17:39on peut en dire un mot peut-être,
17:40mais vous êtes ambassadeur
17:41notamment de Venturi Space
17:42qui fait partie des entreprises
17:44qui mettent au point
17:44des technologies nouvelles
17:45pour aller renvoyer
17:48des hommes sur la Lune
17:49et puis pour exploiter
17:50les ressources sur la Lune.
17:54Quand vous cherchez
17:55à résoudre des problèmes
17:56très difficiles,
17:57comme le disait Kennedy,
17:58on ne fait pas parce que c'est facile
17:59mais parce que c'est difficile,
18:01eh bien vous poussez
18:03les scientifiques,
18:04les ingénieurs,
18:05les gestionnaires de projets,
18:06je vous rappelle qu'à l'époque
18:07d'Apollo,
18:07il fallait gérer 30 000 sous-traitants.
18:09La NASA a dû inventer
18:10les techniques de gestion
18:11de grands projets complexes
18:14dont aujourd'hui on hérite
18:17dans les projets complexes
18:19du bâtiment,
18:20du pont Millau
18:21et bien sûr du Concorde,
18:23de Réane, etc.
18:24et donc le fait que ce soit
18:27très difficile,
18:28ça pousse en fait
18:30les économies
18:32et puis les industriels
18:33et puis les agences
18:34à pousser des limites
18:36du savoir,
18:36du savoir-faire,
18:37du savoir-faire-faire,
18:39c'est-à-dire savoir-faire,
18:41faire par l'industrie,
18:43ce que décident
18:44les agences spatiales
18:45avec l'argent du gouvernement.
18:46C'est très difficile
18:48et quand vous arrivez
18:49à démontrer
18:50que vous maîtrisez
18:51quelque chose
18:51de très difficile,
18:52vous êtes fiers,
18:53vous faites réveiller
18:54les jeunes générations.
18:55Je vous rappelle
18:55qu'en fait,
18:56il y a eu un pic
18:58de jeunes lycéens
19:00et d'étudiants
19:01qui ont poussé
19:01jusqu'au doctorat
19:02dans les sciences mathématiques
19:04de l'ingénieur
19:05des sciences physiques
19:06parce qu'ils voulaient
19:07participer au programme Apollo
19:08de façon directe ou indirecte.
19:09Le programme Apollo
19:10a engendré
19:13en masse
19:15un nombre de scientifiques
19:17et qui ont fait
19:17la puissance industrielle
19:18aérospatiale des États-Unis.
19:20Donc tout ça,
19:20c'est des retombées
19:21qui ne sont pas
19:23directement palpables
19:24mais qui sont en fait
19:26à long terme
19:27très importantes
19:28pour une nation
19:30et ce qui est important
19:31aussi dans le cadre
19:32du programme Artemis,
19:32c'est l'aspect international
19:33qui n'existait pas
19:34à l'époque d'Apollo.
19:35Mais alors,
19:36est-ce que c'est nécessaire
19:38et je vous pose
19:39la question à vous
19:40en premier Jean-François,
19:41d'envoyer des hommes,
19:42des humains
19:42dans l'espace
19:43sur la Lune
19:44à ce moment-là ?
19:45Parce que vous parlez
19:45du développement technologique,
19:47on parle de la présence
19:48là-bas,
19:49mais est-ce que c'est nécessaire
19:50d'envoyer des humains ?
19:52Alors,
19:52le mot nécessaire,
19:54ce n'est pas un bon objectif
19:55pour moi.
19:57Parfois,
19:57quelque chose est nécessaire
19:58pour résoudre un problème.
20:00Dans le cadre
20:00de l'exploration,
20:01on n'a pas de problème
20:02à résoudre.
20:03Ce n'est pas comme
20:04la recherche en médecine
20:05contre le cancer
20:06ou le sida
20:06où il y a un problème,
20:07on cherche les solutions.
20:09Comme le disait
20:10le capitaine Kirk,
20:11donc je suis un grand fan
20:11de ceux qui me connaissent
20:12comme Xavier.
20:14On y va
20:15parce qu'on peut y aller
20:17à un moment donné
20:17et on pense
20:18qu'il y a quelque chose
20:18à apprendre.
20:20Comme disait
20:21le capitaine Kirk,
20:22notre mission
20:22est d'explorer
20:23de nouveaux mondes étranges,
20:24rechercher de nouvelles
20:24formes de vie.
20:25Les missions martiennes
20:26aujourd'hui automatiques
20:27ont pour objectif scientifique
20:28numéro un,
20:29rechercher des traces
20:30de vie passées
20:30ou présentes.
20:31Mais à un moment donné,
20:33l'humain,
20:36il apporte
20:37d'abord,
20:38c'est philosophique
20:39cette question
20:39que vous posez.
20:41Il apporte en fait
20:44cette responsabilité
20:45d'envoyer l'humanité
20:46comme on le dit.
20:47Vous savez,
20:47la question qu'on pose
20:48le plus souvent aux astrologues,
20:49ça fait quoi d'être dans l'espace ?
20:50Les gens veulent savoir
20:51si j'étais à votre place,
20:52qu'est-ce que je ressens,
20:53qu'est-ce que je vois ?
20:54Et vous ne verrez jamais
20:55un robot dire
20:55« Oh, regarde,
20:56un autre robot ! »
20:57Et l'humain,
20:58quand il est là,
20:59en fait,
21:00il accélère
21:01d'abord le travail
21:03sur place
21:03par rapport à ce que fait
21:04un robot
21:05qui ne fait que ce
21:06pour quoi il est programmé
21:07et puis il apporte
21:09une intuition,
21:10une connaissance,
21:11une capacité à décider
21:12dans l'immédiat
21:13qui est importante.
21:14Donc l'exploration,
21:16elle est associée
21:17à la quête du savoir
21:18qui est une quête très noble
21:19chez l'humain
21:20depuis toujours,
21:21l'infiniment petit,
21:22l'infiniment grand,
21:23l'univers,
21:24le fond des océans,
21:25mais c'est profondément
21:28ancré dans l'être humain
21:29d'explorer
21:30et les machines
21:31ne sont que des prédécesseurs
21:33ou des accompagnateurs
21:34quand les tâches
21:35sont trop risquées,
21:36trop difficiles
21:37ou impossibles
21:39avec des humains.
21:40Donc l'humain,
21:41il n'est là pas
21:42parce que c'est la nature
21:44d'explorer,
21:44mais c'est une question
21:45philosophique.
21:46Donc ce n'est pas
21:46une nécessité,
21:47mais c'est le destin
21:49à un moment donné
21:50d'être là
21:50parce qu'on peut y aller,
21:52on a les moyens,
21:53on a l'argent,
21:54on a le temps,
21:55on a résolu
21:56les problèmes de sécurité
21:57et puis à un moment donné,
21:58je vous donne juste
21:59un exemple,
22:00mais c'est un peu
22:01anecdotique.
22:02Les astronautes
22:03d'Apollo sur la Lune
22:03ont mis trois jours
22:04pour parcourir
22:0530 kilomètres
22:06avec leur rover.
22:07Mais sur Mars,
22:08il a fallu
22:09dix ans
22:10aspirer
22:10des opportunités,
22:11dix ans
22:11pour parcourir
22:12la distance équivalente
22:13d'une trentaine
22:14de kilomètres.
22:15Donc à un moment donné,
22:15les humains,
22:17ils sont
22:18très performants.
22:19C'est ça que vous dites.
22:20Les humains sont
22:21irremplaçables ?
22:22Vous êtes d'accord
22:22avec ça,
22:23Maxime Putot ?
22:24Oui,
22:24moi ce qui me fait réagir
22:25par rapport à ce que
22:26Jean-François dit,
22:26c'est qu'Artemis
22:27d'une certaine manière
22:28essaie de corriger
22:29les défauts
22:30qu'on a pu trouver
22:30à Apollo.
22:31Il y a même un documentaire
22:32très intéressant
22:33qui s'appelle
22:33Les orphelins d'Apollo,
22:34des gens qui ont été déçus
22:35par les promesses de la NASA
22:36et qui pensaient
22:37qu'en l'an 2000,
22:37on vivrait tous sur la Lune.
22:38Et du coup,
22:39ce qui est intéressant
22:39à Artemis,
22:40c'est que là où Apollo
22:41était une course,
22:42comme l'a dit Xavier,
22:43et donc du coup,
22:44un planté de drapeau
22:45et ensuite un repart,
22:48Artemis entend être
22:49une présence permanente.
22:50Et donc du coup,
22:50c'est pour ça,
22:51comme l'a dit Xavier,
22:52on a des industriels
22:53qui développent
22:54des technologies
22:55qui doivent permettre
22:56de rendre l'exploration
22:57lunaire plus durable.
22:59Ce qui est un petit peu
23:00contradictoire
23:00avec les objectifs
23:01très court terme
23:01d'Artemis,
23:02d'être le premier,
23:03donc on va faire très vite
23:04et après peut-être
23:04qu'on extraira des ressources,
23:05on s'appuiera.
23:06Et il y a un autre objet
23:07à défaut que Artemis
23:08cherche à corriger
23:09par rapport à Apollo,
23:10c'est de réconcilier
23:12la science et l'exploration
23:12avec le vol habité.
23:14Il a fallu attendre
23:14la dernière mission Apollo,
23:16Apollo 17,
23:17pour avoir un géologue
23:18à la surface de l'une.
23:19Les restes des premiers astronautes
23:21étaient des militaires,
23:22des pilotes de formation
23:22qui ont parfaitement
23:24réussi leur mission
23:24mais la science
23:24était un petit peu délaissée.
23:26Là, avec Artemis,
23:26on nous promet
23:27le meilleur des deux mondes,
23:28on nous promet aussi
23:28parfois une présence augmentée
23:31des humains sur la surface
23:32à travers des robots
23:33pour non seulement
23:35accomplir cet objectif politique
23:36qui est le retour sur la Lune
23:37mais aussi des objectifs scientifiques.
23:38Oui, mais alors
23:39vous soulevez une question intéressante
23:40et peut-être que vous pouvez
23:41réagir là-dessus, Xavier.
23:42À l'époque d'Apollo,
23:43si ça s'est arrêté
23:44et qu'on a arrêté de le financer aussi,
23:46c'est parce qu'une fois
23:46qu'on était allé sur la Lune,
23:48l'intérêt pour le public
23:49n'était plus aussi conséquent
23:51pour les missions d'après.
23:52On ne s'en rappelle pas beaucoup.
23:54En tout cas,
23:54dans l'imaginaire collectif
23:56des missions d'après-esco,
23:57on a le même risque ici.
23:58On y retourne, c'est super.
23:59Est-ce qu'on va vraiment
24:00s'y installer ?
24:01Alors, Apollo,
24:02l'intérêt du public, oui,
24:04et l'intérêt politique surtout.
24:06Pour Apollo,
24:07là, c'était vraiment...
24:08La NASA, c'était...
24:09Le président successif disait à l'époque,
24:11c'était une agence de mission.
24:12Et Lyndon Johnson, en 1966,
24:14dit à James Webb,
24:15qui était le directeur de la NASA à l'époque,
24:17donc en 1966,
24:17trois ans avant le premier pas
24:19d'Armstrong sur la Lune,
24:20en fait,
24:21je vais vous diminuer votre budget
24:22parce que maintenant,
24:22je sais que vous allez pouvoir faire ça.
24:24Et en fait,
24:25vous n'êtes plus l'agence fédérale numéro un.
24:27Vous avez rempli la mission.
24:28Vous avez...
24:29Voilà.
24:29On va y arriver.
24:30Avant les soviétiques,
24:31on savait qu'en plus,
24:32les soviétiques avaient du mal
24:33à se mettre dans la course à la Lune.
24:34Là,
24:35on est dans un contexte un peu différent.
24:37Et pour le coup,
24:39il y a un grand gap
24:40entre le dernier homme sur la Lune
24:43et le premier pas prochain.
24:46Et pour les États-Unis,
24:47ça, c'est compliqué à gérer quand même.
24:49C'est-à-dire qu'aux États-Unis,
24:50il y a une chose particulière
24:52qui est que le pays se vit
24:55dans sa fondation même
24:56et dans son existence même
24:58comme un pays de frontières
24:59et un pays qui a une destinée manifeste.
25:02D'ailleurs,
25:02ils utilisent cette expression pour dire
25:04qu'on est les leaders,
25:06on est la pointe de la lance de l'humanité.
25:09Et aller sur la Lune,
25:10quelque part,
25:11ça fait partie de cet imaginaire-là.
25:12Et ça,
25:13c'est une identité
25:14qui parle aux Américains.
25:15Les petits Américains,
25:15à l'époque,
25:16connaissent très bien
25:17tous ces textes
25:17qui concernent la frontière,
25:18qui concernent la destinée manifeste.
25:20Donc,
25:20c'est aussi une image collective.
25:21Et pour le coup,
25:22l'espace coche vraiment très,
25:24très bien
25:24cette manière
25:25de se percevoir aux États-Unis.
25:26Donc,
25:26je dirais que
25:27le vol habité aux États-Unis,
25:28il a peut-être une valeur
25:29un petit peu différente,
25:31alors qu'il vient s'ajouter
25:33aux choses qui ont été dites auparavant,
25:35mais un petit peu différente,
25:36très symbolique,
25:37presque mythologique un peu
25:38pour les États-Unis.
25:39Ça,
25:39il faut le prendre en compte.
25:40Et pour le reste du monde,
25:42Jean-François Clavoie
25:43a parlé de cette collaboration
25:44internationale,
25:45de cette nouvelle dimension
25:46qu'on retrouve
25:46dans le programme Artemis.
25:48Est-ce qu'en Europe,
25:49par exemple,
25:50on a,
25:50d'une certaine façon,
25:51une obligation de participer
25:53pour faire régner
25:55cette espèce d'équilibre,
25:56en fait,
25:56des puissances,
25:57pour maintenir son avenir
25:59dans le secteur spatial ?
26:00Alors là encore,
26:02je dirais
26:02ce qu'un ancien directeur
26:03de la NASA disait.
26:05Un ancien directeur
26:06de la NASA disait,
26:06vous savez,
26:07le vol habité,
26:09pour un président,
26:11chef d'État,
26:12c'est le pire.
26:13C'est le pire,
26:13parce que vous pouvez
26:15prendre que des coups.
26:16Si ça ne marche pas,
26:17c'est dramatique.
26:18Ça coûte énormément.
26:19Il faut tout quadrupler,
26:21redonder, etc.
26:21Et pour un directeur
26:22de la NASA,
26:23c'est la même chose.
26:24C'est le cauchemar
26:25d'un directeur de la NASA,
26:26c'est le vol habité.
26:27Et il disait pourtant,
26:28on n'abandonnera pas
26:29le vol habité.
26:30Parce qu'on ne peut pas
26:30être celui qui prend
26:31la décision de dire,
26:32je ne participerai pas
26:33à l'écriture de ce chapitre
26:34de l'histoire de l'humanité,
26:35quelque part.
26:36Pour l'Europe,
26:36c'est un peu pareil.
26:37L'Europe se retirer
26:38du vol habité,
26:39ça n'a jamais été une priorité
26:40le vol habité pour l'Europe.
26:41On n'a pas de système
26:42qui nous permet
26:43de manière autonome
26:44d'emmener des astronautes
26:44dans la station.
26:45On passe soit par
26:46le truchement des Américains
26:48ou on faisait ça
26:48par le biais des Russes.
26:50Mais on a des astronautes
26:52quand même,
26:52parce qu'on a des représentants
26:54de l'Europe en orbite.
26:55Et ça fait partie
26:57de la collectivité humaine
26:59en orbite,
26:59si j'ose dire.
27:00Et donc,
27:01dans le cadre du programme
27:02Artemis,
27:02on retrouve un petit peu
27:04la même posture,
27:06j'allais dire,
27:06avec une Europe
27:08qui globalement
27:09va coopérer,
27:10qui se cherche encore
27:11pour savoir
27:11à quel niveau d'autonomie
27:12elle veut arriver.
27:13Est-ce que c'est
27:14la première pierre,
27:15ce programme Artemis,
27:16d'une nouvelle situation
27:18géopolitique
27:19sur un nouveau territoire
27:20qui sera dans l'espace,
27:22c'est-à-dire la Lune,
27:23qui est un satellite
27:24de la Terre,
27:24mais enfin,
27:25les lignes sont redessinées,
27:26la question des frontières.
27:27Est-ce que cette question
27:28de collaboration internationale
27:29aujourd'hui,
27:30elle ne va pas
27:31complètement différer
27:31une fois qu'on aura
27:32des populations
27:33et donc des nationalités
27:35représentées sur la Lune ?
27:36Ce qui est intéressant,
27:37c'est qu'on parle
27:38du programme Artemis,
27:39mais il y a aussi
27:39en négatif
27:41les accords Artemis.
27:43C'est un peu
27:43la contrepartie des Américains,
27:44c'est vous montez
27:45à bord de notre programme
27:45et vous acceptez
27:46notre vision des règles
27:47sur la Lune.
27:48Et en face,
27:49il y a dans une logique
27:50qu'on pourrait assimiler
27:51à du bloc,
27:52il y a la Chine
27:53et son programme
27:54ILRS,
27:55de station internationale
27:56de recherche sur la Lune.
27:57Pour répondre à la question,
27:58ça dépendra beaucoup
27:59de qui est le premier.
28:00Et ce qu'on constate,
28:02c'est que la notion
28:03d'urgence, de course,
28:04elle est beaucoup entretenue
28:04par les Américains,
28:05là où, honnêtement,
28:07la roadmap chinoise,
28:09elle est assez claire
28:09depuis au moins 20 ans.
28:12Et en plus,
28:13la tendance même
28:14à s'accélérer,
28:14à se simplifier.
28:15Les Américains,
28:16avec Artemis,
28:18refont un genre d'Apollo,
28:19un peu plus compliqué
28:20puisque la partie
28:21à l'unissage,
28:21c'est là où ça bloque.
28:22C'est d'où
28:24le remaniement du programme.
28:25C'est que,
28:26pour poser un Starship lunaire
28:28à la surface de la Lune,
28:29on imagine
28:30jusqu'à une dizaine
28:31de ravitaillements
28:31de Starships en orbite.
28:32Donc, extrêmement compliqué.
28:33Là où, jusqu'à présent,
28:34sur Apollo,
28:36tout était fait
28:36en un seul lancement.
28:37Et on voit que les Chinois
28:38avaient une architecture
28:39qui était similaire
28:40aux Américains,
28:41façon Apollo.
28:42Et ils sont même
28:42en train d'aller encore plus vite
28:43en utilisant des fusées existantes
28:46pour faire de l'assemblage
28:48en orbite
28:48et finalement,
28:49ne pas être dépendant
28:50du lanceur
28:50qui, pour l'instant,
28:51n'existe pas.
28:51Ce qui fait que
28:52la réponse dépendra
28:53beaucoup des gagnants.
28:54Et les Chinois
28:55sont en train
28:55de prendre une longueur d'avance.
28:56A noter qu'aussi,
28:57dans le temps politique,
28:57le 1er octobre 2029,
28:59c'est le 80e anniversaire
29:01de la République populaire de Chine.
29:03Un allunissage sur la Lune,
29:05ça pourrait être parfait
29:06pour compléter le tabac.
29:07Et là, les enjeux politiques
29:08vont revenir
29:09et se déplacer.
29:09Et là, les lignes
29:11pourraient bouger
29:11d'autant plus.
29:12Jean-François Clairvoy,
29:13il y a cette notion
29:15d'envoyer de l'humanité
29:16dans le traité de l'espace
29:18et qui dit du coup
29:20que, en tout cas,
29:21pour les signataires
29:22de ce traité-là
29:23de l'espace en 67,
29:25que les États
29:26qui sont dans l'espace
29:27doivent porter secours
29:28à n'importe quel astronaute.
29:29Est-ce que demain,
29:30on est sur une Lune colonisée
29:31avec ces enjeux politiques nouveaux ?
29:33Ça peut changer ce regard
29:34sur ces envoyés de l'humanité ?
29:38En tant qu'astronaute,
29:39bien sûr,
29:39j'espère que non.
29:41Mais à ce jour,
29:43les astronautes
29:43sont vus comme des navigateurs
29:45de l'océan du cosmos,
29:46à l'image des navigateurs
29:48dans les eaux internationales
29:51des océans de la planète Terre.
29:53Et tous les astronautes
29:56qui sont allés dans l'espace
29:58et qui ont regardé
29:59la Terre de loin
29:59se sont tous sentis
30:03appartenant à l'humanité
30:04avant d'appartenir
30:05à leur agence,
30:06à leur pays,
30:06à leur continent.
30:07Et c'est très, très fort.
30:09Ce sentiment est très, très fort
30:10quand vous le vivez
30:11avec vos propres sens,
30:13avec votre vue,
30:14avec vos collègues,
30:17vous en parlez.
30:18Et d'ailleurs,
30:19dans l'espace aujourd'hui,
30:20dans l'ISS,
30:21on a des Russes,
30:21des Américains,
30:22Européens,
30:23Canadiens,
30:23Japonais
30:23qui travaillent
30:24de concert ensemble,
30:25qui se portent
30:27services mutuellement,
30:28se courent si besoin.
30:31Et donc,
30:32on oublie les frontières.
30:33C'est assez classique.
30:35Tous les astronautes le disent,
30:35on ne les voit pas.
30:36C'était les mots
30:37de Sophie Anneau
30:38quand elle est arrivée
30:39dans l'ISS
30:39il y a quelques jours.
30:41On ne voit plus les frontières,
30:42on est juste citoyen
30:43de l'humanité.
30:44Mais demain,
30:45ça peut changer, ça ?
30:46Vous êtes optimiste,
30:48Jean-François Clareway,
30:48vous dites,
30:48j'espère que non.
30:50Xavier Pascou,
30:50est-ce que ça peut redessiner
30:51aussi la vision
30:52de la collaboration là-bas ?
30:54Oui.
30:55Je ne pense pas
30:55que ça changera vite
30:56parce que c'est trop...
30:58dans les décennies qui viennent,
31:01c'est une activité
31:02qui reste très risquée
31:04et les astronautes,
31:05ils ne pensent
31:06qu'à s'entraider.
31:07Donc, ça peut arriver,
31:08je ne peux pas prédire
31:09l'avenir à long terme,
31:10mais pas dans les premières missions.
31:13Oui, je pense que les astronautes,
31:15comme dit Jean-François,
31:16on est dans un milieu
31:17très hostile.
31:17Et donc,
31:18on est d'abord un être humain
31:19avant d'être un Français,
31:20un Américain,
31:21etc.
31:21Après,
31:22le regard politique
31:22sur ce qui va se faire
31:23peut, lui, évoluer.
31:25Ce qu'on voit avec la Lune,
31:27c'est qu'effectivement,
31:27si on va s'y installer,
31:30eh bien,
31:30on va s'approprier l'espace.
31:32S'approprier l'espace,
31:34ça veut dire
31:35coexister avec les autres
31:36qui seront là,
31:37ça veut dire
31:37ipso facto
31:39créer des petites frontières,
31:40même des frontières
31:41non matérielles,
31:43virtuelles.
31:43Et on le voit
31:44dans les accords artémistes
31:45qu'a cité d'ailleurs
31:46Maxime tout à l'heure.
31:47Ces accords
31:48qui sont un ensemble,
31:49c'est une sorte de règlement
31:50de copropriété,
31:51en quelque sorte,
31:52qui sont signés
31:52de manière bilatérale
31:53avec plus d'une soixantaine
31:54de pays aujourd'hui.
31:56Mais on n'a pas beaucoup
31:57de recul et puis il y a des zones
31:58où chacun est chez soi
31:59un petit peu.
32:00Alors,
32:00on ne se l'approprie pas,
32:01on dit non,
32:01non,
32:01ça ne m'appartient pas.
32:02Mais si on veut faire
32:03un truc un peu pragmatique
32:04et si on veut coexister,
32:05le mieux,
32:06c'est qu'on se signale
32:06un petit peu ce qu'on fait,
32:07etc.
32:07Et on voit bien
32:08qu'on emmène avec nous
32:10une manière un peu
32:10d'être sur Terre finalement.
32:12Donc c'est un regard
32:13peut-être qui peut changer.
32:14Un mot avant de conclure.
32:16Mais je peux signifier juste une chose ?
32:17Oui, allez-y Jean-François.
32:18Je peux rappeler
32:19qu'on a une association mondiale
32:20des astronautes
32:22qui ont réalisé
32:23au moins une orbite.
32:24Et dans cette association,
32:25il y a tous les astronautes,
32:26les Chinois,
32:26les Coréens,
32:28les Russes.
32:28Et il y a une très,
32:29très grande fraternité,
32:30un grand respect mutuel,
32:31une grande envie
32:32de continuer à explorer
32:33l'espace ensemble.
32:34Je voulais juste mentionner
32:35cette association
32:37des explorateurs de l'espace.
32:38C'est vrai qu'Infiné,
32:39c'est vous,
32:40les astronautes,
32:40qui êtes dans l'espace
32:41et vous êtes en mission
32:44et vous avez à la fin
32:46le choix.
32:47On a toujours le choix,
32:48même quand on est en mission
32:49sur la Lune peut-être.
32:50C'est une question éthique
32:52pour un autre jour.
32:53Avant de conclure,
32:54est-ce qu'on peut encore
32:54dépenser 2 milliards
32:56pour une fusée
32:57quand la nation
32:59entre en guerre
33:00avec un autre État ?
33:01Est-ce que le programme Artemis
33:03peut être ébranlé
33:04par la situation géopolitique ?
33:06Juste rapidement,
33:07enfin peut-être Maxime
33:08un peu plus d'éléments chiffres.
33:10Ok, 2 milliards.
33:12Le budget du Pentagone
33:14aujourd'hui par an,
33:14c'est entre 800 et 850 milliards.
33:16On va aller vers les 1000 milliards.
33:19Donald Trump avait annoncé
33:20même 1500 milliards.
33:22Les budgets sont là
33:23de toute façon.
33:24Ce qu'on a vu,
33:25c'est qu'aux États-Unis,
33:26il y a un soutien très fort
33:27du Congrès
33:27pour le programme spatial
33:28dans son ensemble,
33:29pour le programme spatial
33:30habité en particulier,
33:32mais ils ont aussi
33:32ressoutenu la science,
33:33qui avait été retirée
33:35un petit peu du budget
33:36par les équipes de Donald Trump.
33:37Donc, ce ne sera pas un sujet.
33:39Le sujet, ce sera plutôt
33:41est-ce qu'on utilise bien
33:42le dollar
33:42et est-ce qu'on l'utilise
33:43pour le mieux ?
33:44C'est-à-dire qu'on a toujours
33:45la présence un petit peu
33:46spectrale de Musk
33:48qui est derrière
33:48avec son propre vaisseau,
33:50alors qu'il connaît
33:50des problèmes aussi par ailleurs.
33:51Donc, ça a un petit peu limité.
33:52Mais on voit bien
33:53qu'il y avait une petite concurrence
33:54quand même ces dernières années
33:55entre la NASA
33:56pour dire, voilà,
33:57il faut tirer le meilleur
33:58du dollar investi
33:59du contribuable américain.
34:01Bon, ça, ça reste un débat
34:02aux Etats-Unis
34:02qui ne s'arrête pas.
34:03Bien sûr, et d'ailleurs,
34:04Bezos revient dans la course
34:05avec New Shepard aujourd'hui
34:06à cause des retards
34:07côté SpaceX
34:08et donc ça rebât
34:10un petit peu les cartes.
34:10On voit que ce n'est pas fini
34:11cette cartes-là
34:12et cette compétition
34:13avec ses propres opostataires.
34:16Finalement, Maxime Putot ?
34:17Il y a une vraie émulation.
34:19La Cour des comptes américaines
34:20a sorti, le GAO
34:21a sorti cette semaine
34:22un rapport
34:22sur le sujet des atterrisseurs
34:23qu'on s'attend
34:24que finalement, la NASA
34:25avait fait des choix
34:25assez intelligents,
34:27judicieux
34:28de travailler avec les industriels,
34:29notamment sur des contrats fixes
34:30et non pas cost-plus
34:31où les dépassements
34:32sont infinis
34:32et les marges garanties.
34:34Pour autant,
34:34le rapport constate aussi
34:35quand même
34:36des conflits culturels,
34:38différentes approches.
34:38Par exemple, SpaceX,
34:40et c'était vrai
34:40dans la capsule Dragon,
34:41au départ,
34:41ne voulait pas donner
34:42le contrôle aux astronautes,
34:43le contrôle manuel,
34:43alors que pour la NASA,
34:45c'était indispensable.
34:46Et donc, il y a encore
34:47quelques zones de friction
34:48qui doivent être résolues
34:49assez rapidement
34:49puisque les échéances approchent.
34:51Mais pour autant,
34:52il y a sur l'optimisation,
34:53la bonne optimisation
34:54du dollar du contribueur américain,
34:56c'est en bonne voie.
34:58Artemis, jusqu'à présent,
34:59c'est à peu près
35:0095 milliards de dollars
35:01dépensés.
35:02Donc, il s'agit de montrer
35:03qu'en effet,
35:03qu'on est efficace
35:04si on veut perdurer.
35:06Et l'enjeu,
35:06ça va être de démontrer
35:07que parfois,
35:08ces solutions de rupture
35:09telles que le Starship lunaire
35:10pourraient peut-être
35:11un jour remplacer
35:12des solutions comme le SLS
35:13si à un jour,
35:14ils feront leur preuve.
35:16Une date,
35:17est-ce que vous avez une date ?
35:18Chacun,
35:19vous pouvez parier là-dessus
35:21sur le premier pied
35:22de nouveau
35:23d'un Américain
35:24sur la Lune
35:25ou d'une Américaine ?
35:26D'une Américaine,
35:27oui, oui, absolument.
35:30Non, ce serait vraiment
35:31ambitieux de donner une date.
35:32Juste un point,
35:34aujourd'hui,
35:35quand même,
35:35moi, ce qui me semble,
35:36c'est que dans le programme
35:36américain,
35:37il y a encore beaucoup
35:37de choses à régler,
35:38sans doute,
35:38notamment par rapport
35:39à Starship
35:40et à la mission
35:41Artemis IV désormais.
35:43Bien sûr.
35:43On a le sentiment
35:44qu'il y a beaucoup
35:45d'angles morts quand même.
35:46Après,
35:46on a été habitués
35:47à voir aussi
35:49SpaceX,
35:49faire des poesses.
35:50Moi, je pense quand même
35:512030...
35:51Ce côté naviguer à vue,
35:53ce n'est pas forcément
35:53une réussite pour la NASA,
35:54contrairement à des acteurs...
35:55C'est peu compatible
35:55avec le vol habité.
35:56C'est compliqué.
35:57Et ce qui m'interpelle,
35:58c'est qu'on a un nouvel
36:00administrateur à la tête
36:00de la NASA,
36:01Jared Isaacman,
36:02milliardaire,
36:02deux fois passager
36:03privé chez SpaceX.
36:05Et s'il n'est pas encore
36:06en train de transformer
36:06l'eau en vin,
36:07il fait quand même
36:07largement consensus
36:08à la Maison Blanche,
36:10au Congrès,
36:11et il a réorganisé
36:12le programme spatial.
36:13Et finalement,
36:14là où dans la version
36:15précédente d'Artemis,
36:16on avait des objectifs
36:17extrêmement ambitieux
36:18à chaque mission,
36:19avec des sauts
36:19technologiques
36:20extrêmement importants,
36:21là, Isaacman a annoncé
36:22avec cette réorganisation
36:24une approche assez incrémentale,
36:26un peu comme sur Apollo,
36:28qui peut s'enchaîner très vite,
36:29parce que ce qu'il dit,
36:30c'est que le SLS
36:30ne peut pas voler
36:31tous les trois ans et demi.
36:32Là, il nous promet
36:33un vol tous les ans
36:33avec des développements rapides.
36:35Il est de valider
36:36très rapidement la techno,
36:37d'entretenir la compétition
36:39entre les deux fournisseurs
36:39pour être idéalement
36:41le premier.
36:41À voir.
36:42Prochain état par Artemis 2,
36:43donc dans le cadre
36:44de ce programme Artemis
36:45de retour des hommes
36:45et des femmes vers la lune.
36:47Merci à vous,
36:48Maxime Putot,
36:49Xavier Pasco et Jean-François,
36:50clair,
36:50vous avez participé à ce talk.
36:52On enchaîne, quant à nous,
36:54avec notre dernière séquence
36:55sur Bsmart.
37:01Espaces Durables,
37:02c'est votre séquence
37:03en partenariat avec le SCO,
37:04le Space for Climate Observatory,
37:06une alliance internationale
37:07qui concentre des solutions concrètes
37:09d'adaptation au changement climatique.
37:11Aujourd'hui,
37:12on sort un petit peu des clous ensemble,
37:13puisqu'on va parler gaming
37:15avec Olivier Mocco,
37:17président de Gaming Society.
37:19Bonjour.
37:19Bonjour.
37:20Bienvenue sur le plateau
37:21de Smart Space.
37:21Alors, qu'est-ce que vous avez
37:22à voir avec le spatial ?
37:24Le spatial,
37:26ça devient maintenant
37:27une longue histoire,
37:28en fait,
37:28qui a débuté justement
37:29avec le Space Climate Observatory.
37:31On a fait un jeu
37:32avec eux,
37:33un jeu vidéo sur Fortnite,
37:35qui s'appelle Amazonia,
37:36l'espace à la rescousse.
37:38Et donc,
37:38on a eu le plaisir
37:40de créer cette expérience
37:41sur la protection de la nature,
37:44plus particulièrement
37:44de l'Amazonie,
37:45grâce aux données satellitaires.
37:47Alors,
37:47c'est quoi la jeunesse
37:48de ce projet ?
37:49Comment ça naît, ça ?
37:50Alors, comment ça naît ?
37:51Ça naît déjà d'une rencontre,
37:53évidemment,
37:53entre les équipes du SCO,
37:56Laurence,
37:56Monet,
37:57Herr Smith,
37:57ensuite Frédéric Bretard.
37:58Nous, on avait un projet
37:59un peu étrange
38:00où on accompagnait,
38:02en fait,
38:02les indires d'Amazonie
38:03sur la protection
38:04de leurs droits,
38:05sur la défense
38:06de leur écosystème,
38:08parce que c'est
38:09les premiers gardiens
38:09de la forêt,
38:10quelque part.
38:10et on avait pensé déjà
38:12à travailler avec eux
38:14pour communiquer autrement.
38:15C'était avec le chef Raoni
38:17qui était connu,
38:18qui est toujours connu,
38:18qui a fait des documentaires
38:19avec Steam,
38:20qui a tourné,
38:21qui est toujours
38:21à l'affût
38:22de nouvelles solutions
38:24pour médiatiser
38:25leur situation.
38:27Ils se sont dit,
38:27on va faire un jeu vidéo,
38:28on a échangé avec eux,
38:29on s'est avancé sur Fortnite.
38:30Et connaissant
38:31ce que faisait aussi
38:32le SCO,
38:32on s'est dit,
38:33on va essayer de voir
38:33avec eux
38:34si ça ne les intéresserait pas.
38:35Et en plus,
38:36chose magique,
38:37l'Amazonie,
38:38c'est aussi en France,
38:39où la France a aussi
38:40une part en Amazonie.
38:41Donc tout ça,
38:42c'est aligné
38:43et on a commencé
38:44finalement plusieurs chapitres.
38:46C'est le premier chapitre
38:47amazonien
38:47pour justement
38:49voir comment
38:49le spatial peut aider
38:51à la protection
38:52du vivant.
38:53Et alors,
38:53comment le spatial aide
38:55en tout cas
38:55dans ce jeu vidéo ?
38:56Dans ce jeu,
38:57déjà,
38:57l'idée d'une part,
38:59c'est de mettre en avant
39:02le lieu Kourou.
39:04Il y a quand même un parc,
39:05il y a tout un travail
39:06sur la protection
39:07de la nature
39:07qui est mis en place.
39:08C'est une zone protégée
39:09autour de l'espace de lancement,
39:11c'est une zone protégée.
39:11Tout à fait.
39:12Donc c'est une zone protégée.
39:13On a vu
39:13toutes les différentes espèces,
39:14animales,
39:16toute la flore aussi.
39:17Donc on a fait
39:17tout un travail
39:18de reproduction
39:18à l'intérieur du jeu
39:20en 3D.
39:20Donc vous débutez
39:21dans le parc
39:23après l'approche
39:24du lancement.
39:24Ensuite,
39:25vous commencez
39:25à vous aventurer
39:26au sein
39:26de la flore amazaine
39:28parce qu'il y a une mission.
39:29En fait,
39:29vous devez calibrer
39:30les satellites
39:31parce que justement,
39:33il y a des problématiques
39:34d'incendie,
39:35de départ de feu
39:35et donc vous faites
39:36cette mission de reconnaissance.
39:38Donc il y a plusieurs types
39:39de données satellitaires.
39:40Ça peut être sur les niveaux d'eau,
39:41ça peut être sur les stress hydriques
39:43évidemment,
39:43sur la sécheresse,
39:45les départs de feu,
39:45des zones déboisées,
39:47déforestées, etc.
39:48Et donc au fur et à mesure,
39:50on s'avance
39:50dans la forêt,
39:52on découvre en fait
39:53des choses
39:54qui ne vont pas forcément,
39:55des nouvelles données
39:56qui apparaissent
39:57et donc on recalibre
39:58et à la fin,
39:59il y a un feu
39:59qui se déclenche
40:00et il va falloir l'éteindre.
40:02Voilà.
40:02Et grâce aux données satellitaires
40:04justement,
40:04on arrive à avoir
40:06toutes les infos nécessaires
40:07et on va ensuite
40:09aller survoler la forêt
40:10et l'éteindre
40:11et comme ça,
40:12essayer de sauver,
40:12en tout cas participer
40:13à la formation de la forêt.
40:14Et ce sont des vraies données
40:15que les joueurs peuvent utiliser ?
40:17Alors non,
40:18ce n'est pas des vraies données
40:19parce que c'est une expérience
40:20de jeu d'une demi-heure
40:21donc on n'a pas pu modéliser
40:23la totalité du territoire
40:24sinon il se fera encore...
40:26Non voilà,
40:26donc c'est relativement court.
40:28Par contre,
40:28oui,
40:28les vraies données,
40:29c'est des données
40:29avec des vrais programmes,
40:31je pense par exemple
40:32programmes Office
40:32qui sont des programmes
40:33soutenus par le CNES
40:35et le SCO
40:35et qui sont des données
40:37opérationnelles.
40:38Là,
40:38comme c'est éducatif,
40:39il y a une dimension
40:39quand même éducative
40:40très grand public,
40:41on a juste dit
40:42à quoi elles servaient,
40:43quel type de données,
40:44quel type de visuel
40:45ça peut donner
40:46avec les surcouches,
40:47les laveux un petit peu
40:48satellitaires,
40:49etc.
40:49On les utilise
40:51mais ce ne sont pas
40:52forcément des vraies données,
40:53c'est des données
40:53pour le jeu
40:54qui sont inspirées
40:54et directement inspirées
40:55du travail qui est fait.
40:57C'est difficile
40:57quand on ne vient
40:58pas du tout
40:58du secteur du spatial
41:00de travailler
41:01sur cette matière-là ?
41:04En fait,
41:05ce n'est pas tant
41:05le spatial
41:06que l'interconnexion
41:07entre le spatial,
41:08le vivant,
41:09de la data,
41:11de la haute technologie,
41:12une dimension artistique,
41:13c'est tout ça en fait.
41:14Cette synergie-là
41:14est extrêmement riche.
41:16C'est une synergie
41:16extrêmement riche
41:17avec quand même
41:18la chance
41:19d'avoir des équipes
41:20qui savent discuter,
41:22travailler,
41:23échanger.
41:24À côté SCO,
41:26ils gèrent très bien
41:27tout ça,
41:27donc c'est assez facile
41:28de comprendre
41:29les enjeux,
41:30de voir sur place
41:31aussi l'avantage.
41:32C'est quand même
41:32tout bien d'avoir
41:33le contact avec Co
41:35pour savoir
41:35comment ça fonctionne,
41:36etc.
41:37Non, finalement,
41:38ce n'est pas si difficile
41:39que ça.
41:40Même,
41:41ça s'est plutôt
41:42très bien passé,
41:43très fluide,
41:43en fait.
41:44L'avantage,
41:45c'est par rapport
41:46à d'autres industries,
41:47parce que nous,
41:47on travaille aussi
41:47avec d'autres industries
41:48ou même d'autres secteurs,
41:50etc.
41:50Là, on est sur quelque chose
41:51de très carré,
41:52fonctionnel,
41:53décrit,
41:53cahier des charges,
41:54donc ça aide en fait.
41:55D'accord.
41:55En fait,
41:56la méthode spatiale
41:57n'est pas si loin
41:58de la méthode de conception
41:59d'un logiciel
42:00ou d'un jeu vidéo.
42:01C'est de la donnée
42:01qu'il faut valoriser,
42:02quoi, finalement.
42:03C'est de la donnée,
42:04c'est de la data,
42:04en fait.
42:04Un jeu vidéo en 3D,
42:06c'est de la data,
42:06des assets,
42:13donc il y a quand même
42:14un lien techno.
42:15Alors nous,
42:15c'est immatériel
42:16par rapport à tout le travail
42:18d'ingénierie
42:19pour tout ce qui se fait
42:21avec le spatial,
42:21mais il y a quand même
42:22cette idée de,
42:23on conçoit,
42:24on modélise,
42:25on essaie de comprendre
42:26et de penser aussi
42:26l'humain dans le dispositif
42:27parce qu'il faut jouer,
42:28il faut comprendre
42:29ce qu'on fait,
42:30qu'est-ce qu'on aime,
42:30C'est votre spécialité
42:31d'arriver à créer
42:33ce parcours-là humain
42:34pour intéresser
42:35sur ce volet
42:36qui est peu connu.
42:37Est-ce que,
42:38dans votre vision
42:39plus long terme,
42:40on peut aller plus loin
42:41dans l'utilisation
42:42des données spatiales
42:43pour ce genre de...
42:44Oui,
42:45alors il y a quelque chose
42:46qui est assez intéressant
42:47justement avec les données spatiales,
42:49c'est qu'aujourd'hui,
42:50on en a beaucoup.
42:51Ce que apporte le jeu vidéo
42:53et de manière plus large
42:54la gamification,
42:55c'est ordonner tout ça.
42:56C'est-à-dire,
42:56par du design,
42:58par la reconstruction
42:59de progression,
43:00de l'esthétisme,
43:01mais aussi des choses à faire,
43:02on peut aider le spatial
43:04justement à mettre en forme
43:05d'une part,
43:06à aller aussi chercher
43:07des données terrestres,
43:09concrètes,
43:09sur le terrain
43:10pour compléter.
43:10Il y a des problématiques
43:12pas du dernier kilomètre,
43:14mais parfois du dernier mètre
43:15à savoir quelle est l'espèce
43:16qui est vivante, etc.
43:17Si on faisait des jeux
43:18à la Pokémon Go,
43:19par exemple,
43:20ça pourrait aider
43:20à compléter
43:21les données satellitaires.
43:22Et puis,
43:23il y a tout le travail,
43:23évidemment,
43:23en amont de simulation,
43:25de projection,
43:26de gestion du stress,
43:27du relationnel,
43:28de l'interpersonnel.
43:28C'est-à-dire que le spatial,
43:30la 3D,
43:30a une histoire historiquement forte
43:32entre la modélisation
43:34des espaces en 3D,
43:36des vaisseaux,
43:37et puis les choses
43:37à y faire dedans.
43:38Et puis,
43:39les technos du gaming,
43:40ça converge progressivement.
43:41C'est ça qui est intéressant.
43:42Vous pouvez vous tirer
43:42vers le haut.
43:44Tous ces secteurs-là
43:45peuvent se tirer vers le haut
43:46avec chacun sa spécialité.
43:48Merci beaucoup,
43:49Olivier Mocco,
43:49d'avoir pris le temps
43:50de venir sur ce plateau,
43:51président de Gaming Society.
43:53Merci à tous
43:54de nous avoir suivis
43:54dans cette émission.
43:55On se retrouve
43:56dès le mois prochain
43:57sur Bsmart.
44:12sur Bsmart.
44:13Sous-titrage Société Radio-Canada
44:13Sous-titrage Société Radio-Canada
44:14Sous-titrage Société Radio-Canada
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