- il y a 6 semaines
Samedi 13 décembre 2025, retrouvez André Loesekrug-Pietri (Président, JEDI), François Buffenoir (Directeur Technique, Way4Space), Numa Isnard (Avocat spécialisé en droit spatial, Space Avocat) et François Alter (Conseiller du Président, CNES) dans SMART SPACE, une émission présentée par Cécilia Severi Gay.
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00:00Bonjour à tous et bienvenue dans Smart Space, votre rendez-vous consacré à 100% au secteur spatial.
00:18Aujourd'hui, vous allez découvrir une toute nouvelle séquence avec Numa Isner, avocat à la Cour,
00:24qui va venir apporter un regard juridique sur les dernières actualités du secteur.
00:28Et puis dans votre Spacetop, un peu de prospective, on va parler ensemble des projets de data center en orbite.
00:36Et puis en conclusion, espace durable, votre séquence dans laquelle on découvrira une nouvelle solution dédiée à la Terre
00:42et rendue possible grâce à l'espace. Voilà pour le programme, on démarre tout de suite sur Bsmart.
00:52Numa Isner, avocat à la Cour et fondateur de Space Avocat, est en plateau avec nous. Bonjour Numa.
00:57Bonjour Cécilia. Bienvenue sur le plateau de Smart Space, bienvenue pour cette première séquence.
01:02Alors l'idée ensemble, c'est de faire le tour de l'actualité de ces dernières semaines,
01:06et on fera ça plusieurs fois dans l'année, pour avoir un peu votre regard avisé d'avocat sur ce qui se passe dans le secteur spatial.
01:13Et là, la première grosse nouvelle, évidemment, c'est SpaceX qui veut entrer en bourse.
01:18Effectivement, c'est une très grosse nouvelle, parce qu'il y a quelques années, Elon Musk avait tout simplement balayé cette option sur X.
01:26Il avait fait à l'époque Twitter, il avait considéré que ce n'était pas forcément opportun.
01:30Et puis, récemment, très récemment, il a considéré que les conditions ont changé.
01:35Donc, il a décidé, en tout cas, de lancer potentiellement cette IPO.
01:39Alors, pour vous donner quelques idées, l'idée, ce n'est pas de, bien sûr, vous le voyez sous les chiffres,
01:42ça viendrait battre le record d'Aramco, donc on serait sur une levée de fonds de quasiment plus de 25 milliards de dollars.
01:50C'est énorme.
01:51Pour une valorisation de plus de 1500 milliards de dollars.
01:54C'est quelque chose qui est absolument stratosphérique, ça tombe bien, on fait du spatial.
01:58Alors, bien sûr, l'idée, ce n'est pas de faire un cours de droit.
02:00Qu'est-ce que c'est qu'une IPO ?
02:02Une IPO, c'est une opération qui est immensément exigeante et complexe.
02:06Pourquoi ? Parce que simplement, une fraction à tout le moins de votre entreprise est mise à disposition d'un marché.
02:12Et pour être mise à disposition d'un marché, il faut que vous ayez la confiance.
02:16Et pour ça, il y a tout un système de disclosure, de divulgation d'informations qui doit être fait de manière périodique, avec un reporting.
02:25C'est quelque chose qui est très exigeant, qui demande une grosse habitude.
02:29Et donc ça, c'est vrai que SpaceX, qui a plutôt tendance à fonctionner en vase clos, va passer à une nouvelle étape de son histoire,
02:36là où il était plutôt sur un système assez fermé.
02:38Alors, dernière fois qu'on a parlé sur ce plateau bourse, et puis dans le secteur spatial,
02:43c'était pour suivre les fluctuations du marché.
02:45Après les premières signatures, la première signature qui concerne le projet Bromo,
02:50on en a parlé le mois dernier dans cette émission,
02:52c'est l'alliance des activités spatiales de Thales Leonardo et Airbus.
02:56Ah oui, Bromo, alors ça, c'est un peu l'inverse.
02:59C'est des acteurs qui connaissent bien la bourse.
03:02Alors, bien sûr, petit disclaimer, entre guillemets, du point de vue de l'avocat,
03:05on est toujours très prudent, il y a une opération qui est en cours,
03:08donc il vaut mieux s'en tenir aux communiqués de presse désintéressés.
03:12Une fusion, quelle que soit sa taille, c'est toujours un moment crucial pour les entreprises,
03:16c'est un peu la manifestation d'une volonté industrielle,
03:19et finalement d'un plan de déploiement et de développement industriel.
03:22On imagine bien notamment ce qu'on vient de dire par rapport à SpaceX,
03:25que le projet Bromo fait un peu écho à ce renforcement très significatif
03:29de ce qu'on voit notamment aux États-Unis, mais aussi en Chine.
03:32Alors, qu'est-ce qu'on sait à l'heure actuelle au niveau purement juridique ?
03:35On sait qu'il y a un MOU, Memorandum of Understanding, qui a été signé.
03:38Alors, c'est un peu ces espèces de documents plus ou moins contraignants
03:41dans lesquels finalement on vient dresser un chemin,
03:44et puis on continue les négociations jusqu'à arriver à un projet.
03:48Tout ça pour dire que ça va prendre du temps,
03:50ça demande beaucoup de négociations, beaucoup d'ajustements.
03:53On dit également que la Commission européenne va forcément devoir donner un aval.
03:57Il y a tous des enjeux de concurrence, parce qu'on vient naturellement diminuer,
04:02en tout cas, le nombre d'acteurs.
04:04Et donc, c'est tous ces enjeux qui vont finalement présider au destin
04:08de ces trois entreprises pendant les années à venir.
04:09On parle vraiment en années en termes d'accomplissement de ce Bromo.
04:13Il y a évidemment beaucoup de discussions sur la forme que ça va prendre,
04:16parce que ça va définir aussi l'avenir des salariés.
04:19Et pour l'instant, si on s'en réfère aux communiqués des syndicats
04:25et à la communication interne aussi, à laquelle j'ai pu avoir accès,
04:28on parlait d'une John Venture.
04:30Qu'est-ce que ça voudrait dire concrètement ?
04:33Alors, une John Venture, c'est finalement un modèle d'entreprise
04:37fondé par plusieurs autres entreprises.
04:40C'est ce qu'on appelle en France tout simplement la co-entreprise.
04:42Vous avez plusieurs entreprises qui ont un projet précis.
04:44On en a beaucoup vu ça, notamment dans les télécoms,
04:46qui demandent beaucoup d'investissements.
04:48Alors, plutôt que de faire une fusion-absorption,
04:50dans laquelle finalement il y a certains acteurs qui disparaissent
04:53ou qui sont rachetés par d'autres, la fameuse fusion-acquisition,
04:56bien simplement, on va se mettre autour d'une table.
04:58Chacun va apporter des actifs à une nouvelle société,
05:01une nouvelle entité qui va non pas remplacer les autres,
05:04mais simplement émerger de l'effort collectif de ces trois autres entités.
05:09Donc, on en saura plus a priori,
05:10une fois que ce sera peut-être passé par la Commission européenne.
05:15Autre sujet, la société d'Arc.
05:17Alors, cette société, elle a cessé son activité.
05:20On va voir les détails ensemble.
05:21Et pourtant, la rumeur court que l'Allemagne tenterait
05:25de s'approprier son savoir-faire technologique.
05:28Alors, je rappelle quand même que le projet de cette société d'Arc,
05:31c'était un lancement de fusée aéroportée,
05:34un petit peu comme ce qu'on avait pu voir avec la société Virgin Norbit,
05:37qui, elle, a fait faillite d'ailleurs,
05:39après plusieurs démonstrations qui n'ont pas vraiment abouti.
05:43Là, il ne s'agit pas vraiment d'une faillite, en l'occurrence, pour la société d'Arc.
05:49Alors oui, c'est vrai que le modus operandi a pu surprendre,
05:52notamment qu'il est arrivé sur le réseau social LinkedIn,
05:55où on est plutôt habitué à mettre des bonnes nouvelles.
05:58Là, il y a un choix de communication, un choix de stratégie, finalement,
06:01qui a été fait le 8 octobre dernier.
06:02Qui est assez fort, effectivement.
06:04Surtout dans un secteur où on sait qu'il y a des grands risques,
06:07on sait qu'il y a aussi toute une vague de nouvelles entreprises
06:09qui ont été créées du fait du New Space.
06:11Bien évidemment, dans tout ce grand marché,
06:14il y a forcément des gagnants, il y a forcément des perdants,
06:16il y a des restructurations qui peuvent se faire.
06:18On le voit d'ailleurs, à ce qu'on a dit tout à l'heure,
06:20même au plus haut niveau, il y a des restructurations qui peuvent se faire.
06:23Et donc, c'est vrai que ce message a jeté un peu une espèce de saut d'eau froide
06:26sur le secteur.
06:28Mais ce qui est intéressant de voir, et vous l'avez très bien dit,
06:30il n'y a pas une faillite.
06:30Moi, en bon avocat, je suis allé voir le registre du commerce,
06:33je suis allé voir l'infogreffe, et l'entreprise est toujours active.
06:37Simplement, elle a fait le choix de cesser ses activités.
06:40Donc là, on est plutôt sur un acte de gestion,
06:42on est sur un acte aussi de communication,
06:44dans lequel, finalement, on vous a dit qu'on ne laissait pas de dette
06:47et qu'on gardait, en tout cas, la propriété intellectuelle,
06:50à tout le moins si on en croit le communiqué de presse, en France.
06:53Donc, a priori, pas de raison de s'inquiéter spécifiquement
06:56sur ce droit intellectuel.
07:00Alors, cette propriété intellectuelle, le savoir-faire français,
07:02entre guillemets, ne s'échappera pas en Allemagne.
07:05Concrètement, c'est quoi la propriété intellectuelle, dans ce cas-là ?
07:09La propriété intellectuelle, vous faites bien de dire,
07:10parce que c'est un peu un sujet crucial,
07:13et d'autant plus crucial dans notre pays et en Europe,
07:15où il faudrait peut-être un peu tirer la sonnette d'alarme,
07:18on est en retard.
07:18Parce qu'il y a une compétition, bien sûr, internationale sur la connaissance,
07:22on est dans une économie de la connaissance,
07:23c'est un peu une porte ouverte de dire ça,
07:24mais c'est important de le rappeler.
07:26Et le spatial, plus que d'autres secteurs,
07:29est absolument, se nourrit, finalement,
07:32de tout ce savoir-faire, de toute cette propriété intellectuelle.
07:34Alors, une propriété intellectuelle, c'est quoi ?
07:36C'est tout simplement un titre de propriété,
07:37c'est un droit que vous pouvez actionner,
07:40que vous avez dans votre actif, dans votre patrimoine.
07:42Ça peut être une marque, Smart Space, par exemple,
07:45ça peut être une marque commerciale,
07:46mais ça peut être un brevet,
07:47un brevet typiquement qui peut être déposé
07:50par une société comme Dark ou par d'autres,
07:51qui est finalement une solution technique à un problème technique.
07:54C'est vraiment une innovation
07:55que vous déclarez, entre guillemets, au monde,
07:59et dont une juridiction ou plusieurs juridictions
08:01reconnaît que c'est votre propriété.
08:03Donc, vous avez la possibilité de la monnayer,
08:05d'abord, bien sûr, de la protéger,
08:07et puis vous avez aussi la possibilité d'interdire
08:08à vos concurrents de l'utiliser.
08:10Donc, c'est vraiment une arme à double tranchant,
08:12à la fois défensive, à la fois offensive,
08:14ça permet aussi de lever des fonds,
08:16et pas pour vous assommer, bien sûr, sous des chiffres,
08:17mais pour rappeler la situation qui est un peu d'urgence,
08:20notamment par rapport au secteur spatial français.
08:23Rien qu'en 2024, la Chine déposait en un an
08:26plus d'un million de brevets,
08:28les États-Unis, 600 000,
08:29et la France, tenez-vous bien, moins de 10 000.
08:33C'est peu, ça paraît très peu.
08:35Et je crois que par rapport à l'Allemagne, c'est aussi...
08:37L'Allemagne, c'est plus du double.
08:38Oui.
08:38Donc, la France est un grand laboratoire d'innovation.
08:41Pourtant, on a le savoir-faire, on a les connaissances,
08:43on a les chercheurs qui sont brillants en France.
08:46On a un centre scientifique, ne serait-ce que dans le spatial,
08:48avec par exemple Toulouse, Bordeaux, Paris aussi.
08:52Donc, il faut effectivement oser aller un petit peu plus loin
08:54et peut-être incorporer dans sa stratégie d'entreprise
08:57cette valorisation de la propriété intellectuelle
08:59et voir que c'est plus qu'un poids.
09:02C'est un véritable avantage compétitif.
09:04Et une protection pour la souveraineté française.
09:06Dernier sujet de cette revue d'actualité juridique dans le spatial,
09:10les ministériels, bien sûr, on en a parlé.
09:12Elles ont eu lieu il y a quelques semaines.
09:14Elles réunissaient le ministre en charge du spatial
09:16de chaque pays membre de l'Agence spatiale européenne
09:20pour voter le budget commun.
09:21Et puis, ils lançaient aussi un certain nombre de projets,
09:24notamment le fameux U-Space Act.
09:27De quoi il s'agit ?
09:28Alors, le U-Space Act, c'est intéressant
09:31parce qu'en fait, on est sur deux plans différents.
09:33L'ESA, ce n'est pas l'Agence spatiale de l'Union européenne,
09:36c'est le SPA.
09:37Et en fait, si vous voulez,
09:39et la coïncidence est intéressante,
09:41en parallèle de cette sémine,
09:45de conférence ministérielle,
09:46il y a des débats à l'heure actuelle
09:47sur cette fameuse U-Space Act
09:49qui serait là le cadre vraiment de l'Union européenne
09:51relatif aux activités spatiales.
09:52Alors, bien sûr, l'idée, ce n'est pas de vous faire
09:54un cours de droit spatial,
09:56mais traditionnellement, le droit spatial,
09:59c'est le chasse-garder des États
10:00parce que c'est lié à cette notion
10:02bien connue de souveraineté.
10:04Et puis, les États ont décidé
10:05de faire des traités entre eux
10:07pour réglementer l'accès
10:08et puis les activités que l'on peut faire dans l'espace.
10:11Et forcément, puisqu'il y a des acteurs privés,
10:14ont décidé, chacun un peu dans leur juridiction,
10:17de mettre en place des lois nationales,
10:18notamment la France, la fameuse LOS,
10:20la loi sur les opérations spatiales.
10:22Il y a une loi aussi équivalente aux États-Unis.
10:24Et puis, il y a d'autres pays européens
10:25plus surprenants qui n'en ont pas.
10:27Par exemple, l'Allemagne.
10:29Et donc, l'objectif de...
10:30L'Allemagne n'a pas de législation.
10:31L'Allemagne a une législation,
10:33mais qui est éparse et qui est très technique,
10:35mais n'a pas véritablement de loi
10:36comme on a formalisé, par exemple, en France,
10:39comme l'Italie est en train aussi de mettre en place,
10:41comme plus récemment aussi, je crois,
10:42l'Espagne a mis en place.
10:44Là, vraiment, c'est une autre stratégie, finalement,
10:46aussi une autre politique qui a été décidée.
10:48Et l'idée de cet EU Space Act,
10:50c'est finalement de venir harmoniser cela.
10:53C'est un peu ce qu'on a vu dans les télécoms,
10:54notamment, il y a quelques années,
10:55avec ces fameux paquets télécoms,
10:56mais de manière un petit peu plus directe,
10:58puisque là, on n'est pas sous la forme de directive,
11:01on est sous une forme de règlement
11:03qui va s'imposer directement,
11:04si c'est, bien sûr, voté.
11:06Alors, trois piliers.
11:07Trois piliers, exactement.
11:08Safety, resilient, sustainability,
11:10un peu des grands mots.
11:11La sécurité des opérations spatiales,
11:14naturellement,
11:14qui dit spatiale, dit risque,
11:16dit donc nécessaire sécurité.
11:18La résilience,
11:19là, c'est un peu tout ce qui est sujet de cybersécurité.
11:21On s'est rendu compte, quand même, assez récemment,
11:22il y a même des champions français
11:23qui avaient démontré qu'un satellite,
11:25ça peut se hacker.
11:26On a d'ailleurs des champions européens
11:27de la cybersécurité spatiale.
11:29Donc, ça, c'est vraiment un deuxième pilier très important.
11:30Et puis, la sustainability,
11:32c'est un peu le savoir-faire de l'Europe là-dessus.
11:34On sait que les orbites sont des ressources rares
11:37parce qu'il n'y a pas une place illimitée là-haut,
11:40même s'il y a beaucoup d'espace.
11:42Donc, l'idée derrière, c'est de pouvoir,
11:43notamment par ce qu'on appelle le SSA,
11:45réglementer l'accès pour que tout le monde
11:47puisse avoir ces satellites en toute sécurité.
11:49Donc là, on va parler d'encadrer,
11:51d'accompagner les activités spatiales
11:53plutôt que de les réglementer de manière permissive.
11:59L'idée, ce n'est pas forcément d'aller donner son accord
12:01ou de sanctionner, d'ailleurs.
12:03Alors, c'est là, c'est tout l'enjeu de ces débats à l'heure actuelle.
12:07Alors, il y a des tractations.
12:07Il faut savoir que c'est un projet qui a été déjà annoncé à l'été 2024
12:12puis qui avait été repoussé à de multiples reprises,
12:14qui est sorti un peu dans sa version 1
12:16et soumis aux commentaires des industriels
12:21au niveau de la fin du printemps, début été 2025.
12:23Donc, on est encore sur quelque chose qui est en cours de maturation.
12:27Première étape, en tout cas, de l'EU Space Act.
12:30Exactement.
12:31Merci, Numa Isnaar, d'avoir pris le temps de venir débriefer
12:33l'actualité spatiale avec nous.
12:35On enchaîne, quant à nous, avec le Space Talk sur Bsmart.
12:42Bienvenue dans le Space Talk.
12:44Demain, Lean Space Computing s'installe en orbite.
12:47Pour en parler, en plateau, autour de la table,
12:49François Buffenoir, directeur technique de WayForSpace.
12:52Bonjour.
12:52Bonjour.
12:52Bienvenue sur le plateau de Smart Space.
12:55En face de vous, François Alter, conseiller du président
12:58et du directeur général du CNES.
12:59Bonjour.
13:00Bonjour, Cécilia.
13:01Bienvenue sur le plateau.
13:02Et puis, à distance avec nous, André Lezecrug,
13:04piétrie président de Jedi.
13:06Bonjour, André.
13:08Bonjour, Cécilia.
13:09Bonjour à tous.
13:10Bienvenue dans ce talk.
13:11Alors, la startup StarCloud,
13:13c'est l'actualité qui nous mène à ce sujet aujourd'hui,
13:16vient d'envoyer un premier prototype dans l'espace avec SpaceX.
13:19en premier pas vers une technologie de cloud computing en orbite terrestre.
13:25François Buffenoir.
13:26C'est même la grosse actualité.
13:30Il y a aussi la Three-Body Consolation,
13:33les Chinois qui ont envoyé aussi quelques exemplaires en mois de mai
13:36de premiers prototypes data centers en orbite.
13:41Et pas plus tard qu'hier ou ce matin,
13:44avec le décalage des Etats-Unis,
13:46mesquere personne qui a annoncé qu'il allait se lancer
13:48dans les data centers orbitaux avec SpaceX.
13:51Donc, c'est le sujet chaud.
13:52Oui.
13:52Je rajouterais aussi une chose,
13:54c'est qu'il y a déjà énormément, finalement, de puces,
13:59notamment on parle de GPU,
14:01qui font de l'IA.
14:03C'est vraiment les puces qui sont à la base de l'IA,
14:05qui tournent déjà.
14:06Et bien entendu, c'est déjà SpaceX
14:09qui a le plus, finalement,
14:13ce type d'infrastructure de computing.
14:15Pour l'instant, ils les utilisent uniquement pour Starlink,
14:18pour faire des télécoms.
14:19Mais du coup, effectivement,
14:21il ne faut pas imaginer que les choses démarrent maintenant.
14:24En fait, ça a démarré il y a une dizaine d'années.
14:26Ce n'est pas un sujet nouveau, André Lezecruc-Pietry.
14:28C'est déjà des sujets que vous abordiez au cœur de Jedi,
14:32j'imagine, dans ce genre de technologie.
14:33On dit prospective, mais bon, si je comprends bien,
14:35elle est déjà là.
14:37Oui, alors nous, on finance des programmes de recherche technologique.
14:40Mais effectivement, il y a à peu près deux ans,
14:42on avait déjà identifié ce sujet
14:44pour deux raisons principales.
14:46C'est ça qui drive.
14:47D'abord, le sujet de la consommation énergétique des data centers
14:52qui devient un vrai enjeu quasiment politique,
14:55puisqu'on va de plus en plus avoir à faire de choix
14:57entre mettre des data centers
14:59ou bien fournir l'électricité aux industries,
15:02aux populations, etc.
15:03On voit que ces choix commencent à se poser.
15:04Et la deuxième chose, c'est l'utilisation
15:07de plus en plus importante des constellations.
15:11Juste pour rappel, on parle beaucoup de Starlink.
15:13Starlink a pour ambition de passer de 8 000 satellites,
15:16comme aujourd'hui, enfin, un peu moins de...
15:18Entre 7 et 8 000, à près de 30 000
15:21s'ils vont jusqu'au bout de leur plan.
15:22Et il y a Kuiper, la constellation de Bezos,
15:26et beaucoup d'autres qui sont en train de OneWeb,
15:27qu'il ne faut pas oublier chez nous,
15:30E-Telsat OneWeb, chez nous en Europe.
15:32Et tout ça va en fait mettre de plus en plus
15:37de données captées de l'espace,
15:40d'observation, de communication, etc.
15:43Et comme en plus les orbites ont plutôt tendance à baisser,
15:47on va vers le Very Low Earth Orbit,
15:49c'est-à-dire que le temps de repassage
15:51devant une station de base
15:52où on renvoie tous ces éléments
15:53va être de plus en plus court.
15:55Donc, au lieu de balancer des masses de données,
15:58vient l'idée de traiter une partie de ces données dans l'espace.
16:05Et alors, de quel techno on parle précisément, François ?
16:07Effectivement, c'est extrêmement confortable.
16:09Je rebondis parce que souvent, on a l'impression
16:10que ce qui limite dans l'espace,
16:12c'est la place physique disponible.
16:14En fait, ce qui limite plutôt,
16:15c'est la bande passante,
16:16c'est effectivement les communications
16:17entre le sol et l'espace.
16:19Et comme vient de le dire André,
16:20de faire du traitement in situ,
16:22ce qu'on appelle le Edge Computing,
16:23d'avoir des capacités de calcul dans l'espace.
16:25Et peut-être qu'on en discutera,
16:26parce que le premier avantage du data center,
16:29de l'intelligence artificielle en orbite,
16:31c'est de faire du space-to-space.
16:33Le fait de pré-traiter d'avoir du traitement en orbite
16:35permet aussi de limiter, d'optimiser finalement
16:38les bandes passantes qui sont bien précieux.
16:40Alors, de quel techno on parle ?
16:42J'en pose ma question,
16:43mais parce que c'est bien aussi d'éclaircir
16:45le sujet pour les gens qui nous regardent,
16:49quand on dit data center dans l'espace.
16:50Oui, en fait, c'est un terme effectivement générique,
16:53c'est du computing en orbite,
16:55globalement.
16:57On a en fait différents types,
16:59comme dans les data centers,
17:02même d'ailleurs comme dans un téléphone portable maintenant,
17:04on a des CPU, des GPU, des TPU, des NPU,
17:09en fait des puces qui vont être spécialisées
17:12pour certains domaines d'activité.
17:16Alors, ce qui est le hot topic actuel,
17:18c'est effectivement le mouvement vers l'IA
17:20qui augmente de façon phénoménale, en fait,
17:22les besoins de calcul.
17:24À chaque fois qu'on utilise un chat GPT, par exemple,
17:27par rapport à une recherche Google,
17:28on va consommer 10, 20, 100 fois plus,
17:32finalement, de puissance de calcul brut
17:34pour arriver à une réponse.
17:36Donc, c'est vrai que ça, c'est la rupture.
17:38Derrière, il y a toute une course technologique
17:40pour inventer des nouvelles puces,
17:42à chaque fois qu'ils sont, en fait,
17:44de plus en plus spécialisées,
17:46parce qu'il y a un marché,
17:47il y a des besoins,
17:48et qu'ils sont de plus en plus spécialisées
17:50pour certaines tâches.
17:50Donc, par exemple, les NPU,
17:52Neural Processor Unit,
17:54elles vont être vraiment dédiées
17:56à faire de l'inférence,
17:59ce qu'on appelle l'inférence de l'IA,
18:01pour pouvoir répondre rapidement
18:02avec peu de consommation énergétique
18:04aux questions qu'on peut se poser,
18:07aux traitements qu'on peut avoir
18:08pour fabriquer une nouvelle image
18:10à partir de textes,
18:12un nouveau texte à partir de textes, etc.
18:14Alors, pour concentrer cette technologie
18:15en orbiterrestre,
18:17ça demande aussi de répondre
18:18à quelques contraintes.
18:19et elles ne sont pas négligeables.
18:21Oui, précisé, parce que ce qu'on appelle
18:22data center,
18:23quand on parle de l'IA en général,
18:25ce sont des bâtiments énormes,
18:26c'est beaucoup, beaucoup de GPU
18:27en parallèle,
18:28qui fonctionnent en parallèle.
18:29Effectivement,
18:30alors, si on est à court terme,
18:325-10 ans,
18:33on ne peut pas imaginer avoir
18:34un bâtiment entier en orbite aujourd'hui,
18:37ce qui est plutôt envisagé
18:38dans un premier temps.
18:40C'est plutôt un cluster d'IA,
18:41effectivement, d'avoir des GPU
18:43qui sont sur chacun des satellites.
18:45Effectivement, aujourd'hui,
18:46si on veut mettre à poste
18:47une constellation de plusieurs satellites
18:50équipés de GPU,
18:53André l'a dit,
18:55en 2025,
18:56ils ont mis 3 000 satellites
18:57en une seule année.
18:58Donc, vous voyez,
18:59ça peut être très vite.
19:00Mais on va plutôt avoir
19:01ce qu'on appelle un cluster
19:02plutôt que des gros,
19:03gros centres de calcul,
19:04ce qui fait qu'aujourd'hui,
19:05pour un premier temps,
19:06on voit plutôt une utilisation
19:07complémentaire
19:08de l'entraînement des modèles
19:10qui demande à ce que
19:10beaucoup de mesures massives
19:13sera plutôt sur Terre,
19:15j'imagine.
19:16Et ce sera une utilisation
19:18un peu différente
19:18dans un premier temps.
19:21Donc, ce n'est pas la peine
19:22de régler le problème technique
19:23tout de suite ?
19:24Pour plus tard,
19:24les problèmes techniques en orbite,
19:26ils sont connus.
19:27C'est la thermique,
19:27on a l'impression
19:28qu'il fait froid dans l'espace.
19:29En fait, comme il n'y a rien,
19:30il n'y a pas de convection,
19:33il y a de la réactualité,
19:35mais à l'inverse,
19:35il n'y a pas d'humidité.
19:36L'humidité qui est un problème
19:38pour l'informatique,
19:39n'existe pas dans l'espace.
19:40Et il y a surtout le thermique.
19:46Si on parle de data center en orbite,
19:48le plus gros problème,
19:48c'est ça,
19:49un GPU,
19:50c'est 700 watts,
19:51enfin un mètre carré
19:52de panneau solaire.
19:53Si on en met 10 000,
19:54ça fait un peu de rien.
19:55André expliquait
19:56que la problématique,
19:59c'était une problématique énergétique
20:00et que la question,
20:03c'était qu'on n'avait pas
20:04assez d'énergie sur Terre
20:04pour aller s'occuper
20:06et qu'on était obligé
20:07d'aller dans l'espace pour ça.
20:08Moi, j'ai un avis un peu inverse,
20:09entre guillemets,
20:10dans le sens où,
20:11si on regarde globalement
20:13le besoin énergétique
20:16pour mettre des choses en orbite
20:17à l'heure actuelle,
20:19on est,
20:19en fait,
20:20on dépasse assez largement
20:22finalement la consommation énergétique
20:25d'un data center sur Terre
20:27puisqu'il faut envoyer,
20:28etc.
20:29pour le moment
20:30avec les technologies actuelles.
20:32C'est-à-dire qu'il faudra
20:33attendre encore
20:34deux versions de Starship
20:36globalement
20:37pour arriver
20:37à quelque chose
20:39qui soit efficace
20:40puisque finalement,
20:43pour envoyer en orbite
20:44une masse,
20:47il faut beaucoup d'ergol,
20:48il faut beaucoup de...
20:49finalement,
20:50et donc,
20:51c'est finalement des choses
20:53qu'on aurait pu consommer
20:53sur place pour...
20:55On aurait brûlé...
20:56Si on avait brûlé ça sur Terre,
20:57on aurait pu faire de l'électricité.
20:58Donc l'enjeu environnemental,
20:59ce n'est pas forcément...
21:01Il n'est pas court terme.
21:02...le plus présent
21:03dans ce choix
21:04de se tourner vers...
21:05Alors,
21:05il est donné
21:07comme...
21:08un peu comme justification
21:09mais à mon avis,
21:10il n'est pas court terme.
21:11Sur du long terme, oui.
21:13Probablement.
21:13Mais sur du court terme,
21:15je veux dire,
21:15entre 5 et 10 ans,
21:17à mon avis,
21:17c'est pas...
21:18On a du travail.
21:19Le deuxième argument
21:20qui est donné aussi,
21:21c'est la thermique
21:23en disant
21:23les data centers terrestres,
21:26il faut absolument...
21:28Enfin,
21:29il faut les refroidir,
21:29c'est compliqué, etc.
21:31Et finalement,
21:32dans l'espace,
21:33on a du froid à volonté,
21:35on a 3 degrés Kelvin,
21:37donc très, très, très froid.
21:38Enfin, c'est le projet
21:39du zéro absolu,
21:39donc c'est...
21:40Voilà.
21:41Donc,
21:42mais en fait,
21:42on ne se rend pas compte
21:43que la difficulté,
21:44c'est que dans l'espace,
21:46on a du mal
21:47à finalement
21:49évacuer la chaleur
21:50parce que tout se fait
21:50par rayonnement,
21:52pas par convection,
21:53c'est-à-dire
21:54on ne peut pas souffler,
21:55il n'y a pas d'air
21:56et on voit,
21:57voilà,
21:58tous ces systèmes-là
21:59ne fonctionnent pas,
21:59donc du coup,
22:00on a un vrai problème
22:02qui est un problème
22:03aussi technologique
22:04derrière
22:05et il faut développer
22:07des systèmes
22:09qui sont nouveaux
22:09et qui,
22:11pour le moment,
22:12ne sont pas matures.
22:13Donc...
22:13Je vais regarder,
22:14pour préparer un peu,
22:14effectivement,
22:15le H100 de Nvidia,
22:16il lui faudrait
22:17un mètre carré de radiateur,
22:18donc si vous en mettez
22:19plusieurs,
22:19voilà,
22:20pour quelles explications,
22:21mais après,
22:22il y a du travail
22:22sur des puces
22:23qui consomment moins,
22:24il y a du travail
22:25sur des...
22:25Bon,
22:26après,
22:26les lois de ce qu'on appelle
22:27le Stéphane Boltzmann,
22:28elles existent,
22:29on ne pourra pas dépasser
22:30la physique,
22:31mais on peut améliorer
22:32la consommation
22:33des GPU
22:35ou NPU,
22:36je ne sais pas,
22:36et puis faire des panos solaires
22:38plus efficaces,
22:38mais il y a quand même,
22:39voilà,
22:39c'est effectivement,
22:40je suis d'accord,
22:40c'est bien la thermique
22:41qui...
22:43Mais alors,
22:44on parle de quels services,
22:45de quels usages
22:46et de quels marchés,
22:47André Lezecruc-Pietry ?
22:48Oui,
22:49alors si je peux juste revenir
22:50sur les sujets technologiques,
22:52Cécilie a vous demandé,
22:54tout à fait d'accord
22:55avec ce qui vient d'être dit,
22:56en fait,
22:57en entendant la discussion,
22:58on voit bien
22:58à quel point
22:59ce sujet des data centers
23:01dans l'espace
23:01peut être une fabuleuse
23:03plateforme
23:04d'expérimentation
23:05du coup d'après,
23:06et pourquoi nous,
23:07on s'y intéresse,
23:07parce que je pense
23:08qu'aujourd'hui,
23:09concourir en frontal
23:11avec les technologies existantes,
23:13notamment des Américains,
23:14c'est compliqué,
23:15mais il nous faut en permanence,
23:16surtout vu de la France
23:17ou vu de l'Europe,
23:18penser au coup d'après,
23:19et effectivement,
23:20à un moment,
23:21les courbes vont se croiser,
23:22c'est-à-dire qu'aujourd'hui,
23:23le sujet de la dissipation
23:24de la chaleur
23:25est un énorme problème
23:26technologique,
23:28le sujet
23:29qui n'a pas été abordé
23:30des radiations,
23:31on en a un peu
23:32entendu parler
23:32avec les Airbus A320,
23:34qui ont été,
23:35les similaires bus
23:36qui ont été
23:36quelques heures
23:37pour certains,
23:38quelques jours
23:38pour d'autres,
23:39cloués au sol,
23:40puisqu'on est dans
23:41un environnement hostile
23:42où les cartes électroniques
23:44sont soumises
23:45aux radiations
23:47du vent solaire
23:50qui est extrêmement
23:51nuisible,
23:52donc il faut aussi
23:53trouver des manières
23:54soit de durcir
23:55physiquement,
23:56soit de durcir
23:57par des algorithmes
23:58en mettant du contrôle
24:00d'erreur.
24:01Il y a le sujet
24:02des communications,
24:04c'est-à-dire soit
24:04on fait un énorme
24:05data center,
24:06soit on utilise
24:06en grappe
24:07les satellites existants
24:08et on fait,
24:09et en fait,
24:10on utilise,
24:11on poule
24:11de la ressource
24:13déjà existante,
24:14mais ça,
24:15ça veut dire
24:15qu'il va falloir
24:15des communications
24:16lasers ou autres
24:18entre les différents
24:19satellites.
24:20Il va falloir
24:20probablement également
24:21des nouveaux algorithmes
24:22pour comprimer,
24:25même si on arrive
24:26à traiter dans l'espace.
24:27Enfin bon,
24:27en tout cas,
24:28c'est une flacote
24:28d'expérimentation
24:29absolument énorme.
24:31Oui,
24:31c'est typiquement
24:32un projet moonshot,
24:34un peu à l'image
24:35du programme Apollo,
24:36qui avait quand même,
24:37qui a permis quand même
24:38aux Etats-Unis,
24:38dans beaucoup de domaines
24:39technologiques,
24:40de reprendre la main
24:41parce qu'en fait,
24:42il y avait une plateforme
24:43qui concentrait
24:44des dizaines et des dizaines
24:46de défis techniques.
24:48Mais alors,
24:48vous voulez dire peut-être
24:49que c'est typiquement
24:50un sujet sur lequel
24:52les Européens
24:52doivent être engagés.
24:54C'est ce que j'allais dire.
24:55Alors,
24:55si on en croit votre casquette,
24:56ce que vous êtes en train
24:57de dire finalement,
24:58le discours sous-jeu
24:58que vous avez,
24:59c'est que c'est l'opportunité
25:00pour l'Europe
25:01d'arriver en concurrent
25:03sur le marché ?
25:05Oui,
25:05alors c'est à nouveau,
25:06il faut viser,
25:07il faut se diviser
25:09cinq à dix ans.
25:10Donc la vraie question,
25:10c'est est-ce que nos démocraties
25:11sont capables
25:12de se projeter
25:13à cette distance-là ?
25:15Mais on voit bien aujourd'hui
25:17que quand le principal
25:18acteur du cloud européen
25:21a moins de 1%
25:21de part de marché mondial,
25:23ça va être très difficile
25:24de concourir en frontal
25:25par rapport aux AWS,
25:27au Google Cloud.
25:28Donc c'est peut-être
25:29une opportunité
25:30de faire un grand pari
25:32qui puisse à la fois
25:34accélérer
25:35certaines ruptures technologiques
25:36et nous permettent
25:37de reprendre l'avantage.
25:39Je compare ça
25:40avec un autre sujet
25:41sur lequel
25:42beaucoup d'acteurs
25:43ont été très dubitatifs
25:44pendant longtemps
25:45qui est le sujet
25:46des télécommunications spatiales.
25:49Aujourd'hui,
25:49on se rend compte
25:50qu'à long terme,
25:52la courbe
25:53de la latence
25:56et surtout du débit
25:57venant de l'espace
25:58va augmenter,
26:00donc va devenir
26:01compétitif
26:02avec la fibre.
26:02Par contre,
26:03le coût
26:03à un moment
26:04va diminuer
26:04parce que la fibre
26:05aura toujours
26:06le coût
26:06de la collection,
26:08du dernier kilomètre,
26:09etc.
26:09Et quand vous aurez
26:1030 000 satellites,
26:12on peut se poser...
26:12Donc à nouveau,
26:13c'est le sujet
26:14où effectivement,
26:15si on pense
26:155 ou 10 ans,
26:17il y a des points
26:17de bascule.
26:19Et peut-être,
26:19dernier point,
26:20François le disait
26:21et je le confirme
26:24et je l'accentue,
26:26c'est que quand Starship
26:27sera capable
26:29tous les 3 mois
26:30et à un moment
26:32toutes les 2 semaines,
26:32c'est ça l'objectif
26:33de Musk,
26:34d'envoyer 100 tonnes
26:35dans l'espace,
26:36je pense qu'on n'a pas
26:38aujourd'hui pris conscience
26:39que ce qui était
26:40l'alpha et l'oméga
26:41de l'espace,
26:42c'est-à-dire un espace
26:44confiné sous la coiffe
26:45d'une fusée Ariane
26:46et un poids optimisé
26:48parce que chaque kilo
26:49coûtait des dizaines
26:51voire des centaines
26:51de milliers d'euros
26:52à mettre dans l'orbite,
26:53en fait,
26:54tout ce paradigme
26:54va complètement basculer
26:56et le poids
26:57jouera beaucoup moins
26:58un rôle
26:59qui le jouait aujourd'hui
27:01et dernière chose,
27:02on va avoir de plus en plus
27:02des data centers
27:03qui seront les éoliennes
27:04d'aujourd'hui,
27:05c'est-à-dire que tout le monde
27:06voudra utiliser son cloud
27:08mais personne ne voudrait
27:09avoir des data centers
27:10dans sa proximité immédiate.
27:13François Béfe-Noir.
27:14Très rapidement,
27:15je suis bien d'accord
27:15que ça va à court terme
27:17être des sources de financement
27:18pour la R&T
27:19en matériaux,
27:20en optique,
27:21en liaison sol-espace
27:22et choses comme ça
27:23mais par contre,
27:25au niveau du marché,
27:26il y a aussi quelque chose
27:26à prendre en compte,
27:27c'est que sur tout côté américain
27:28et dans la tête
27:29d'un Jeff Bezos,
27:30c'est une vision
27:31plutôt de enableur.
27:33Bezos,
27:33il le dit souvent,
27:34ce n'est pas Amazon
27:35qui l'a rendu riche,
27:35c'est parce que quand il y avait Amazon,
27:36il y avait Internet
27:37pour que les gens
27:37commandent de chez eux
27:38et il y avait la poste,
27:39la poste américaine
27:40qui amène les colis
27:40dans les boîtes aux lettres.
27:42Donc lui,
27:42et donc cette vision de dire
27:43je vais équiper l'espace
27:44de data centers,
27:47c'est une infrastructure
27:48et c'est un enableur
27:50et le marché va naître,
27:51ça va être utilisé.
27:53Oui,
27:53en fait,
27:53si on regarde un petit peu
27:55le marché,
27:55il y a des choses
27:55qui sont avérées,
27:57d'autres qui le sont moins,
27:57etc.
27:58Mais bon,
27:59le principal marché finalement,
28:02je dirais un peu court terme
28:03sur ces sujets-là,
28:04va être du space to space
28:05parce qu'on a un besoin,
28:07notamment en matière
28:07d'observation de la Terre,
28:10on a déjà des centaines
28:12de satellites
28:12qui vont devenir
28:13des milliers de satellites
28:14et on va en plus
28:16augmenter les débits
28:19nécessaires en fait
28:20pour collecter
28:20toutes ces données,
28:21les traités,
28:22etc.
28:22et donc le choix
28:24en fait pour quelqu'un
28:26qui fait de l'observation
28:26de la Terre,
28:27qui veut faire un satellite,
28:28c'est soit d'avoir
28:29un satellite qui fait tout,
28:31c'est-à-dire qui va
28:33prendre la photo,
28:34qui va la traiter,
28:35qui va faire les télécoms,
28:36etc.
28:37Soit de passer un mode
28:38qu'on voit sur Terre
28:40qui est un mode
28:41plus désagrégé
28:42où on a le fournisseur
28:44d'électricité,
28:45le fournisseur
28:46de télécommunications
28:47et celui qui fait le cloud.
28:50Et donc la question
28:51qui va se poser
28:53et moi à mon avis
28:53qui est très structurant
28:54pour le spatial,
28:55c'est est-ce qu'on va
28:56vers ce modèle
28:57effectivement que tu décrivais
28:59et qui est un peu
28:59la vision de Bezos
29:01mais aussi
29:01qui est en train
29:03d'être mise en place
29:03côté SpaceX
29:06puisqu'il propose
29:07à des opérateurs
29:09satellitaires
29:11de se connecter
29:12directement
29:12à Starlink
29:14comme un backbone
29:15finalement télécom
29:16avec des liens optiques,
29:18etc.
29:18et donc la question
29:20qui va se poser
29:20c'est celle-ci
29:21et donc si on est
29:22dans ce mode-là
29:23Space to Space
29:24c'est prometteur
29:25C'est prometteur
29:26Or de là, non
29:26Non mais c'est prometteur
29:27mais c'est un marché
29:28qui est relativement
29:29je dirais un peu
29:31je ne vais pas dire certain
29:32mais avec
29:32après il y a un deuxième marché
29:34qui est effectivement
29:35le Earth to Space
29:37et Space to Earth
29:37où là
29:39on va être un peu
29:40comme je dirais
29:41le spatial en général
29:42c'est-à-dire un marché
29:43qui reste niche
29:44pour un certain nombre
29:45d'usages
29:45et le premier marché
29:47il va être assez simple aussi
29:48on peut se dire
29:49c'est-à-dire voilà
29:50ceux qui sont déjà connectés
29:51au travers par exemple
29:53de Starlink
29:53ou d'autres opérateurs télécoms
29:57satellitaires
29:58ils demanderont
29:59d'avoir du compute
30:00en plus
30:00pour leurs activités
30:01parce que ça peut avoir
30:03un intérêt
30:03de faire
30:03ce qu'on appelle
30:04du edge computing
30:05plutôt que
30:06la donnée
30:07monte
30:08redescende sur Terre
30:10un data center
30:11revienne
30:12et on a
30:13on a l'information
30:14donc on voit
30:15tout le trajet
30:16bah en fait
30:16on monte
30:17on a le compute
30:19qui est fait
30:19et puis on redescend
30:20et ça
30:21c'est quand même
30:22quelque chose
30:22d'extrêmement
30:24qui peut être
30:25extrêmement intéressant
30:25ça peut faire gagner
30:26du temps
30:26et de l'argent
30:27ça peut faire gagner
30:27du temps
30:28et de l'argent
30:28on imagine
30:29et ce qu'on appelle
30:30les connexions simultanées
30:32quand j'appelle
30:32en clusters
30:32effectivement
30:33comme ils sont éloignés
30:34aujourd'hui même
30:35dans les gros data centers
30:36sur Terre
30:37la distance entre deux
30:38est importante
30:40dans l'espace
30:41d'ailleurs il y a un projet
30:42de Google
30:42où j'ai vu
30:43où ils veulent faire voler
30:43les data centers
30:44à 200 mètres
30:45oui c'est ça
30:45il y a un projet
30:46de Google
30:46effectivement
30:47alors il y a
30:47les géants de la tech
30:48voler à 200 mètres
30:49de l'autre en espace
30:50c'est ambitieux
30:52ça paraît très ambitieux
30:53ça c'est clair
30:54mais alors
30:54vous l'avez dit
30:56il y a Google
30:56donc c'est projet
30:57des géants de la tech
30:58Nvidia
30:59qui est déjà dans le sujet
31:00Google c'est ARD
31:01c'est Google Research
31:02c'est des papiers
31:03mais c'est un signe d'intérêt
31:04on parle de recherche
31:06et développement
31:06pour l'instant
31:07on parle de financer
31:08de la technologie
31:08en cluster
31:11effectivement
31:11ça peut faire
31:12plein de requêtes
31:13en simultané
31:13de gens qui utiliseront
31:15en plus de leur abonnement
31:16Starlink
31:17ou Amazon Leo
31:18ces capacités
31:19on a ces deux marchés là
31:20et puis il y a un troisième marché
31:22qui est
31:22je dirais
31:23deux marchés
31:24où c'est des gens
31:25qui vont se dire
31:25j'ai un intérêt
31:26un intérêt
31:27à faire du compute
31:28en orbite
31:29ou du stockage
31:31de données
31:32par exemple
31:33ne serait-ce que pour
31:35s'assurer
31:36ça peut être
31:37assez commode
31:38pour quelqu'un
31:38de se dire
31:39bon ben voilà
31:39moi j'ai mon stockage
31:40de données sur place
31:41et j'ai un truc
31:42en orbite
31:43qui va être
31:45justement contrôlé
31:46ou pas contrôlé
31:47par les états
31:48ou autre etc
31:48donc il y a des questions
31:49juridiques derrière ça
31:50extrêmement importantes
31:51qui ne sont pas encore
31:53je dirais
31:53c'est souvent
31:55l'état d'après
31:56oui mais voilà
31:58et donc là
31:58on a tous les gens
31:59qui font des bitcoins
32:00on a tout cet écosystème
32:03qui peut être intéressé
32:04est-ce que ça va être
32:05une question
32:06on parle d'aller
32:07oui ça fait partie
32:07du sujet
32:08on parle déjà
32:10d'espionnage
32:11des satellites
32:11alors si on peut
32:12aller saisir
32:13des millions de données
32:14des connexions
32:14oui bien sûr
32:15oui mais il y a
32:16un gros avantage
32:16c'est qu'il ne peut pas
32:17y avoir d'accès physique
32:18typiquement
32:19donc ce serait un avantage
32:20donc c'est un avantage
32:21et un désavantage aussi
32:22puisque
32:23pas de maintenance
32:24la maintenance
32:24est plus difficile
32:26bien sûr
32:26et des nouveaux entrants
32:27c'est possible
32:28est-ce que ça peut représenter
32:29André Lezecruc
32:31piétri
32:31peut-être vous avez
32:32un avis là-dessus
32:32un marché pour des nouveaux entrants
32:34qui se diraient
32:35tiens LeanSpace
32:36ça pourrait ouvrir
32:37la voie du computing
32:38pour les acteurs du digital
32:39ou des startups
32:40oui alors
32:42nous on a très vite
32:43il y a quelques années
32:44considéré l'espace
32:45comme en fait
32:46une prolongation
32:47de l'infrastructure
32:48digitale sur Terre
32:49et de plus en plus
32:50on voit avec ce sujet-là
32:52que c'est le cas
32:53sur le
32:55donc il y a à la fois
32:55des acteurs
32:56on parle à l'instant
32:57de la sécurité
32:59il y a effectivement
33:00l'aspect intrusion
33:01il ne faut aussi
33:02pas oublier
33:02que les parties
33:03aujourd'hui
33:04les plus fragiles
33:04dans un système spatial
33:06c'est souvent
33:06pas toujours
33:08mais les stations au sol
33:09la liaison
33:11qui récupère
33:12la liaison
33:13de la donnée
33:13c'est souvent celle
33:14qui est parfois
33:15visée par des actions
33:17malveillantes
33:18alors c'est pas
33:19plus médiatique
33:19en général
33:20on parle d'espionnage
33:21dans l'espace
33:21André Lezecruc
33:22exactement
33:23et c'est un peu
33:25comme
33:25vous savez
33:26c'est un peu
33:26comme les câbles sous-marins
33:27on parle souvent
33:28du sous-marin
33:29qui va se pluguer
33:31au fond des océans
33:32mais en fait
33:33le sujet le plus sensible
33:34c'est là où les câbles
33:35arrivent sur Terre
33:36qui sont souvent
33:37des espèces de
33:38voilà
33:39de bâtiments
33:41un petit peu anonymes
33:41où les câbles
33:42ensuite se connectent
33:43au réseau
33:44au réseau physique
33:46bon
33:46donc il y a des entrants
33:47évidemment dans le domaine
33:48de la sécurité
33:49j'entendais sur Google
33:51alors il y a eu
33:52une nouvelle
33:52qui est assez peu
33:53qui est passée
33:54un petit peu inaperçue
33:55mais Planète
33:56qui est une grande
33:57une assez grande
33:58constellation
33:59d'observation
34:02de la Terre
34:03qui est très active
34:04notamment en Ukraine
34:04vient de s'associer
34:07avec Google
34:08justement sur ce sujet
34:09des data centers
34:10dans l'espace
34:10donc c'est peut-être
34:11également
34:12une nouvelle activité
34:13pour tous ceux
34:14qui opèrent
34:16des satellites
34:17puisqu'ils ont déjà
34:18une partie
34:18de l'infrastructure
34:19sur place
34:20mais vous avez tout dit
34:20c'est une question d'échelle
34:21on parle d'acteurs
34:22déjà implantés
34:23on ne peut pas
34:23parler de nouveaux acteurs
34:25qui bénéficiaient
34:26avec la démocratisation
34:27donc c'est un nouvel acteur
34:28du spatial
34:29mais c'est quelqu'un
34:30qui est inconnu
34:30il y a juste un truc
34:32qu'il faut avoir en tête
34:32sur les data centers
34:34en orbite
34:34c'est qu'on ne peut pas
34:36être économiquement viable
34:37sur ces sujets-là
34:38sans en fait
34:39quelque chose de massif
34:40massif
34:41pourquoi ?
34:42parce que
34:44si on veut
34:47attaquer
34:48le marché terrestre
34:49entre guillemets
34:50parce que
34:51le coût
34:51le coût global
34:53pour spatialiser
34:54des solutions
34:55etc
34:55ça coûte assez cher
34:57et donc
34:58il faut avoir
34:58des solutions
34:59low cost
35:00pour y arriver
35:01et pour avoir
35:01des solutions
35:02low cost
35:02il faut industrialiser
35:03donc industrialiser
35:04ça veut dire
35:05envoyer plusieurs
35:06milliers de satellites
35:07etc
35:08et ça
35:09en plus
35:10si on veut
35:11se comparer
35:12au terrestre
35:13la réalité
35:15c'est qu'il faut
35:16des tonnes
35:17en orbite
35:18ne serait-ce que
35:18pour faire
35:19des panneaux solaires
35:19parce qu'on a l'impression
35:22que c'est beaucoup
35:23effectivement
35:24que 100 tonnes
35:25c'est beaucoup
35:25mais en fait
35:25avec ça
35:27on fait
35:28voilà
35:28on ne va pas faire
35:29un gigawatt
35:30on va faire
35:30quelques mégawatts
35:31c'est
35:33ce qui n'est pas
35:34la notion d'échelle
35:35est très importante
35:35la notion d'échelle
35:36est extrêmement importante
35:37de cette nouvelle technologie
35:38et c'est pour ça
35:38qu'effectivement
35:39des nouveaux entrants
35:40oui
35:40mais très vite
35:42il faut des financements
35:43qui sont très importants
35:45et donc là
35:45on a un sujet
35:46pour l'Europe
35:46on pourra avoir
35:48on sait que ce n'est pas
35:48le point fort de l'Europe
35:49c'est pas le point fort de l'Europe
35:50alors sujet à débattre
35:52peut-être dans une prochaine émission
35:53messieurs
35:54on est obligé de conclure
35:54pour ce Space Talk
35:56merci à tous les trois
35:57d'avoir pris le temps
35:58de participer
35:59à cet échange
36:00on enchaîne
36:01quant à nous
36:01avec notre dernière séquence
36:02sur Bsmart
36:03c'est l'heure de votre séquence
36:09espace durable
36:11sur Bsmart
36:12une séquence dédiée
36:13aux acteurs
36:13qui fournissent
36:14des solutions innovantes
36:15au service de la Terre
36:17grâce aux données satellites
36:19alors ces projets
36:20ils sont amorcés
36:20par le Space for Climate Observatory
36:22une alliance internationale
36:23qui catalyse
36:24des solutions concrètes
36:26d'adaptation
36:27au changement climatique
36:28et aujourd'hui
36:28on va découvrir ensemble
36:30comment vérifier efficacement
36:33à grande échelle
36:34la séquestration réelle
36:37du carbone
36:37dans des écosystèmes dynamiques
36:39c'est-à-dire concrètement
36:40des forêts
36:40ou encore des savannes
36:42alors c'est la question
36:43qu'on va poser
36:44à notre invité
36:46qui est à distance aujourd'hui
36:48Antoine Lefebvre
36:49CEO de Kermap
36:50bonjour Antoine
36:51bonjour Cécilia
36:53bienvenue dans l'émission
36:55Smart Space
36:55on va découvrir le projet
36:57Carbospace ensemble
36:58c'est le projet
36:58qui vous lie au SCO
37:00et qui doit démarrer
37:01dans quelques mois
37:02mais d'abord
37:02peut-être que vous pouvez
37:03nous parler de votre techno
37:05Nimbo
37:05qui en fait est au cœur
37:07de ce projet
37:08avec le SCO
37:09oui bien sûr
37:11donc Nimbo
37:12qu'est-ce que c'est
37:13Nimbo
37:13c'est avant tout
37:14une plateforme
37:14qui transforme
37:15les données satellites
37:16ont un produit immédiatement
37:17exploitable par les entreprises
37:19les institutions publiques
37:20mais aussi les ONG
37:21on produit chaque mois
37:23une image nette
37:24et homogène
37:25de toute la planète
37:26issue de satellites Copernicus
37:28et enterrement nettoyé
37:29des nuages
37:30et ça c'est toujours à jour
37:32avec Nimbo
37:33en fait nous on a une ambition
37:34qui est simple
37:35c'est rendre l'information
37:36géospatiale
37:37aussi accessible
37:38qu'un fond de carte
37:39Google Maps
37:40mais en fait
37:41avec la fraîcheur
37:43la transparence
37:44nécessaire
37:44pour pouvoir suivre
37:46l'évolution des territoires
37:47sur des thématiques
37:49allant de l'agriculture
37:50à la forêt
37:51et tout ça
37:51dans un cadre professionnel
37:53ok alors
37:54le projet
37:55il s'appelle Carbospace
37:56dans lequel on retrouve
37:57l'outil dont vous avez parlé
37:58concrètement
37:59Carbospace c'est quoi
38:01quel est son objectif
38:02et comment ça se présente
38:03oui alors
38:05Carbospace
38:06comme vous l'avez dit
38:07c'est un projet
38:08qui est soutenu
38:09par le CNES
38:10dans le cadre du SCO
38:11le Space Climate Observatory
38:13l'objectif
38:14c'est d'utiliser
38:15des données satellites
38:16combinées à notre technologie
38:17NIMBO
38:18pour suivre
38:19et auditer
38:19de manière indépendante
38:21les projets
38:21de compensation carbone
38:23alors en fait
38:24aujourd'hui
38:24il faut savoir
38:24que sur les marchés
38:25des crédits carbone
38:26il y a encore
38:27un manque d'outils
38:28de vérification fiable
38:29qui sont capables
38:30de passer en fait
38:31à l'échelle
38:32et nous on apporte
38:33une solution
38:33qui est simple
38:34c'est un système
38:35qui montre
38:35mois après mois
38:36ce qui se passe
38:37réellement sur le terrain
38:38mais aussi de revenir
38:39dans le temps
38:40et d'avoir
38:41en fait pour but
38:42d'aider les auditeurs
38:43mais aussi les financeurs
38:45à prendre des décisions
38:46sur des bases
38:47robustes
38:48et transparentes
38:49qui est du coup
38:49soutenue
38:50par l'imagerie satellite
38:51alors moi j'ai besoin
38:52de comprendre
38:52à qui ça s'adresse
38:53ce projet Carbospace
38:54précisément
38:55alors aujourd'hui
38:58le projet Carbospace
38:59ça s'intéresse
39:01principalement en fait
39:02aux auditeurs
39:03et aux financeurs
39:04de projets carbone
39:05aujourd'hui
39:06il y a des auditeurs
39:08qui ont directement
39:09toutes les compétences
39:10pour suivre
39:10dans le temps
39:11les projets
39:13de régénération végétale
39:15mais il faut savoir
39:16que l'ensemble
39:18de ces projets
39:19se situe des fois
39:21dans des zones
39:22très isolées
39:22sur de très vastes territoires
39:24et ils ont besoin
39:25d'outils type satellite
39:27pour pouvoir
39:28les suivre à distance
39:29et en fait
39:30ce travail
39:30de suivi à distance
39:33par l'imagerie satellite
39:34est simplifié
39:35par notre intervention
39:36grâce à la brique NIMBO
39:38Et alors
39:39votre terrain
39:40d'expertise
39:41pour l'instant
39:42c'est l'Australie
39:43c'est ça ?
39:43En tout cas
39:44c'est ce qui est prévu
39:44dans le cadre
39:45de ce projet
39:45qui doit démarrer
39:46dans quelques semaines
39:47qui n'a pas encore démarré
39:48Oui tout à fait
39:50alors pourquoi
39:51en fait du coup
39:51l'Australie ?
39:52Nous on a
39:53trois raisons principales
39:54pour lesquelles
39:55on s'est intéressé
39:56à cela
39:56déjà c'est le marché
39:58le marché australien
39:59du carbone
40:00est un des plus avancés
40:00du monde
40:01deuxièmement
40:02la taille du territoire
40:04et le caractère
40:04en fait isolé
40:05de certaines zones
40:06qui rendent l'usage spatial
40:08vraiment compliqué
40:09pour suivre
40:10des enjeux environnementaux
40:11sur ce pays là
40:12et on a vraiment
40:14besoin de vraies capacités
40:15pour passer à l'échelle
40:17et aussi
40:18dernier point
40:20c'est qu'on a
40:20un partenaire sur place
40:21c'est la société
40:22Carbon Intel
40:23c'est un auditeur
40:25qui est reconnu
40:25et avec qui
40:26on développe
40:27en fait cet outil
40:28cela nous permet
40:29d'ancrer directement
40:30Carbospace
40:31dans des besoins
40:32qui sont réels
40:33directement opérationnels
40:35avec le terrain
40:36et alors
40:37vous travaillez
40:38avec deux universités
40:39vous allez en tout cas
40:40travailler
40:41démarrer ce projet
40:42avec deux universités
40:43pourquoi
40:43et quels sont leurs rôles
40:45je crois qu'il y en a une
40:45en France
40:46et une en Angleterre
40:48tout à fait
40:49on travaille notamment
40:50avec l'université
40:52de Rennes
40:53sur la partie
40:53en fait
40:54technique
40:55puisque
40:55ce que l'on va faire
40:57dans Carbospace
40:58c'est à la fois
40:59d'ajouter
41:01d'utiliser Nimbo
41:03mais d'ajouter aussi
41:04des briques technologiques
41:05qui vont proculer
41:06des indicateurs
41:07liés en fait
41:07au suivi de la compensation
41:08carbone
41:09donc il va falloir
41:10ajouter des indicateurs
41:12de suivi de végétation
41:13de suivi en fait
41:14de zones brûlées
41:15et c'est vraiment en fait
41:16ce que va apporter
41:18l'université de Rennes
41:19ça va être de valider
41:20ces indicateurs
41:21avec nous
41:21et sur l'université
41:23qui est située du coup
41:24en Australie
41:25elle, elle va vraiment
41:26nous apporter
41:27de la validation
41:28sur les données de terrain
41:29puisque
41:30ben voilà
41:31l'Australie
41:31ce n'est pas à côté
41:32on a besoin en fait
41:33aussi de relevés de terrain
41:33on l'a via aussi
41:35Carbon Intel
41:36mais en fait
41:38l'ensemble de ces données
41:39de validation
41:39vont pouvoir en fait
41:40prouver que en fait
41:42l'ensemble des données
41:43fournies sont fiables
41:44Alors vous
41:45ça fait déjà
41:46un petit moment
41:46que vous travaillez
41:47avec les données satellitaires
41:48puisque vous avez
41:49déjà une solution
41:51un service commercialisé
41:53est-ce que
41:54vous pensez aujourd'hui
41:55qu'on mesure
41:55à leur juste valeur
41:56ces données satellites ?
42:00Est-ce qu'on les utilise
42:01à leur juste valeur
42:02les données satellites ?
42:03En fait
42:04aujourd'hui
42:04la donnée spatiale
42:05elle existe
42:06elle est de plus en plus riche
42:07et en fait
42:08aujourd'hui
42:08elle est même
42:09souvent gratuite
42:10ce que je pense
42:12c'est que
42:13ce qui manque
42:13ce n'est pas la donnée
42:14mais c'est la capacité
42:15à l'exploiter
42:16facilement
42:17régulièrement
42:18et de manière
42:18fiable
42:19dans des processus métiers
42:22comme ici
42:22dans la compensation carbone
42:23moi je vois vraiment
42:25trois choses
42:25c'est donc
42:26l'accessibilité
42:26à la donnée
42:27il faut rendre
42:28ces données simples
42:29et différentement
42:30facile à intégrer
42:32dans des domaines
42:34où il n'y a pas
42:34cette expertise
42:35c'est le cas
42:36en fait
42:37dans le cadre
42:37de Carbospace
42:38il y a aussi
42:40la continuité temporelle
42:42parce que
42:43en fait
42:44souvent
42:44l'imagerie satellite
42:45se limite
42:46à l'analyse
42:46de l'image ponctuelle
42:47nous ce qu'on apporte
42:48avec NIMO
42:49c'est vraiment
42:49le suivi mensuel
42:50et aussi
42:52la traçabilité
42:53c'est en fait
42:53vraiment de savoir
42:54qu'est-ce qu'on a
42:54sur une image
42:55quand est-ce qu'elle a été prise
42:56et de savoir
42:57ce qu'elle montre réellement
42:58et quel niveau de confiance
42:59on peut lui accorder
43:00Merci beaucoup
43:02Antoine Lefebvre
43:02CIO de CareMap
43:04d'avoir pris le temps
43:05de répondre
43:06à nos questions
43:07dans cette séquence
43:08espace durable
43:09c'est la fin
43:10de cette émission
43:10on se retrouve
43:12sur Bismarck
43:12le mois prochain
43:13pour votre rendez-vous
43:14dédié au secteur spatial
43:16merci beaucoup
43:17Sous-titrage Société Radio-Canada
43:30Sous-titrage FR ?
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