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  • il y a 2 jours
Ce mardi 24 février, Laure Pallez, directrice associée chez Mascaret, était l'invitée d'Annalisa Cappellini dans Le monde qui bouge - L'Interview, de l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier. Elles sont revenues sur la décision de la Cour suprême américaine concernant une partie des droits de douane annoncés par Donald Trump, qui semble avantager la Chine. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Il y a encore beaucoup de flou ce matin sur les contours des droits de douane américains.
00:03On apprend donc que sur le décret publié c'est 10% pour l'instant, on n'est pas sur
00:07les 15% annoncés par Donald Trump.
00:10Reste la question de savoir si ça va se cumuler avec les accords commerciaux ou si ça va se remplacer.
00:16Il y a plusieurs théories selon Bloomberg, l'Europe serait plutôt sur la théorie du cumul.
00:20On va essayer d'y voir un tout petit peu plus clair avec notre invité ce matin.
00:25Laure Palace, bonjour. Vous êtes directrice associée chez Mascare.
00:27Vous avez vécu aux Etats-Unis, vous avez vécu en Chine, vous conseillez les entreprises dans leur stratégie internationale.
00:33Donald Trump, il considère que la décision de la Cour suprême, elle va directement vers les Chinois avec une décision
00:41positive
00:41car ça fait baisser leur droit de douane à eux. Est-ce que vous partagez cet avis ?
00:45Alors je suis allée en Chine si je puis dire ce matin voir un petit peu comment ces nouvelles sont
00:50reçues dans le pays.
00:54Effectivement, ce qui est dit c'est que ce sera un boost pour l'économie chinoise.
00:58Qu'est-ce qu'on voit ? On voit l'action de BYD qui a pris 10%.
01:01On voit que l'or qui est lié au dollar, le dollar a baissé avec ses incertitudes liées aux droits
01:06de douane.
01:07Eh bien l'or a été acheté massivement par les Chinois.
01:10Et globalement, sur le narratif en Chine, on dit finalement fort avec les faibles, faible avec les forts.
01:16Donald Trump n'a que des intérêts, il n'a ni amis ni ennemis.
01:20Et regardez Taïwan, la Corée, le Japon, vous avez négocié comme de bons élèves.
01:25Et finalement, c'est nous qui sommes gagnants dans cette histoire.
01:28Oui, on a bien fait au final de ne pas négocier.
01:32Parce qu'effectivement, il y a eu une suspension d'une sorte de guerre commerciale qui a eu lieu à
01:36la fin de l'année dernière.
01:37Et pour l'instant, on en est resté là.
01:38Pour l'instant, on en est resté là. On avait une trêve temporaire sur les tarifs douaniers.
01:43Et effectivement, les deux présidents vont se revoir.
01:46Mais pour le moment, c'est une trêve qui est la bienvenue en Chine.
01:51Annalisa ?
01:51On a l'impression d'une certaine fragilité de Donald Trump pour l'instant.
01:54On sait qu'il a prévu d'aller en Chine à la fin du mois de mars.
01:58Et pour l'instant, on sait aussi qu'il se désengage un petit peu de Taïwan.
02:01Il temporise sur la livraison d'un contrat d'armes avec Taïwan.
02:04Est-ce qu'il est prêt à se désengager de Taïwan pour garder un couloir ouvert avec Pékin ?
02:09Un couloir de discussion ?
02:09Le sujet taïwanais, il est au cœur du discours de vendredi de la conférence de presse de Donald Trump.
02:15Qu'est-ce que dit Donald Trump ?
02:17Il dit que pour la première fois en décembre 2025, les exportations de Taïwan vers les États-Unis
02:22ont supplanté les exportations de la Chine vers les États-Unis.
02:25Donc ça, c'est un petit peu un coup de bambou pour l'administration Trump et une nouvelle dépendance.
02:30Et donc, il cible ce pays qui était un pays ami, donc toujours dans cette modalité,
02:35ce mode opératoire un petit peu brutal qui sidère et qui après crée l'ambivalence.
02:39Et vous avez raison, il utilise ce canal commercial pour effectivement faire un levier sur Taïwan
02:45qui est une pièce majeure dans la négociation entre les deux puissances.
02:49Mais est-ce que cette augmentation des échanges avec Taïwan, elle n'a pas été voulue et orchestrée ?
02:53C'est que l'objectif, c'était quand même de faire monter un peu les exportations de semi-conducteurs,
02:58de faire du transfert de technologie pour à un moment dire,
03:00bon, quand on aura fini, Taïwan, on laissera tomber.
03:02Mais moi, je pensais que c'était volontaire, stratégique.
03:05Oui, alors effectivement, c'est le boom de l'IA qui a créé cette nouvelle dépendance
03:09avec des investissements massifs qui avaient été annoncés par TSMC,
03:13le grand champion taïwanais du semi,
03:15dont sont dépendants les Apple et Microsoft et d'autres GAFAM.
03:24Et quelque part, Donald Trump, il se place à nouveau dans une négociation,
03:27peut-être même vis-à-vis du business américain quand il dit ça,
03:30en disant, attention, vous êtes dépendants et c'est moi qui tiens encore la corde.
03:34Mais oui, c'est ce boom de l'IA qui effectivement explique cette dépendance à Taïwan
03:41qui, en fait, embête le président.
03:43Mais qu'est-ce qu'il veut faire, selon vous, avec Taïwan ?
03:45C'est-à-dire qu'il veut, à un moment donné,
03:47permettre aux États-Unis d'être plus indépendants sur les semi-conducteurs
03:50et puis ensuite lâcher complètement le dossier ?
03:54Parce que la Chine est quand même assez claire sur ce qu'elle veut faire avec Taïwan.
03:59À un moment donné, Taïwan fera à nouveau partie de la Chine, c'est clair.
04:02C'est annoncé. Alors, à quelle échéance ? Comment ? Par quels moyens ?
04:05Tout cela n'est pas clair.
04:08En revanche, ce qui est clair, c'est que Donald Trump,
04:10il refuse toute dépendance, en tout cas dans son discours, dans son narratif,
04:13à une puissance étrangère.
04:15Et derrière ces incertitudes qu'on voit liées aux droits de douane,
04:19il y a bel et bien un agenda protectionniste,
04:21des prises de participation qu'on a vues même en août dernier
04:25dans le pays de la libre entreprise,
04:26où Donald Trump annonce 10% de participation de l'État américain
04:29dans Intel, le grand concurrent de TSMC.
04:33Donc, en fait, c'est le dossier taïwanais,
04:35il crée cette dépendance économique que refuse Donald Trump
04:38et une fois de plus, c'est un levier.
04:41Annalisa ?
04:41Justement, ces décisions servent à la stratégie protectionniste de Donald Trump.
04:45Ce qui est sûr, c'est qu'on manque de visibilité, de lisibilité.
04:48Pour les entreprises, c'est peut-être compliqué de s'adapter ?
04:51Alors, on est obligé de vivre dans cette incertitude.
04:54Je faisais le calcul hier qu'on a eu 60 changements de taux de régulation de règles
04:59depuis la prise de mandat de Donald Trump sur les droits de douane.
05:04Donc, c'est absolument considérable.
05:07Ça n'a pas commencé dans son deuxième mandat.
05:09Je vous rappelle que son premier mandat avait déjà placé des droits de douane
05:11sur l'aluminium, l'acier, etc.
05:13En galant d'essai, on va dire.
05:16D'ailleurs, qui n'ont pas été décousus par l'administration Biden.
05:19Donc, on voit bien qu'il y a une continuité de doctrine dans l'administration américaine.
05:25Mais effectivement, il faut apprendre à vivre avec cette incertitude.
05:28Et c'est très compliqué.
05:29D'autant plus que c'est l'arbre qui cache la forêt
05:32de nombreuses politiques interventionnistes
05:35au nom de la sacro-sainte sécurité économique.
05:38Oui, avec un État américain qui guide de plus en plus la stratégie des entreprises.
05:42Vous parliez d'Intel, où il y a carrément une entrée au capital.
05:45Mais ça peut être des décisions sur les dividendes.
05:47Ça peut être les entreprises immobilières
05:49qui n'ont plus le droit d'acheter des maisons individuelles.
05:51C'est assez large.
05:52Ou les transferts de microprocesseurs dans le Golfe.
05:54Enfin, il y a eu des tas de choses qui ont été négociées
05:56pendant qu'on parlait beaucoup des droits de douane.
05:58Et c'est normal.
05:59On est directement impactés.
06:00Nos exportateurs ont bien raison de s'en inquiéter.
06:04Mais derrière ces annonces,
06:07il y a beaucoup d'opérations,
06:09d'opérations, de prises de participation
06:10et d'activités économiques
06:12qu'il faut suivre de près également.
06:14Mais à aucun moment,
06:16tous les chefs d'entreprise qu'on reçoit ici,
06:18c'est encore le cas hier avec Rexel,
06:20ne se disent « je ne vais pas aux Etats-Unis ».
06:22C'est-à-dire que ça reste un marché tellement dynamique
06:24que de toute manière,
06:25on accepte cette incertitude,
06:27mais on y va quand même.
06:29Les chiffres le prouvent.
06:30Le nombre de start-up françaises
06:32qui s'implantent depuis 10 ans aux Etats-Unis
06:36est considérable.
06:37On fait partie des premiers pourvoyeurs
06:39de start-up qui vont s'installer aux Etats-Unis.
06:42Et ça ne peut pas s'arrêter
06:45vu la profondeur du marché
06:46et des financements, on le sait.
06:48Merci beaucoup,
06:49L'Orpalès est venu ce matin
06:50dans la matinale de l'économie.
06:51Et ça ne peut pas s'arrêter.
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