00:00Il y a encore beaucoup de flou ce matin sur les contours des droits de douane américains.
00:03On apprend donc que sur le décret publié c'est 10% pour l'instant, on n'est pas sur
00:07les 15% annoncés par Donald Trump.
00:10Reste la question de savoir si ça va se cumuler avec les accords commerciaux ou si ça va se remplacer.
00:16Il y a plusieurs théories selon Bloomberg, l'Europe serait plutôt sur la théorie du cumul.
00:20On va essayer d'y voir un tout petit peu plus clair avec notre invité ce matin.
00:25Laure Palace, bonjour. Vous êtes directrice associée chez Mascare.
00:27Vous avez vécu aux Etats-Unis, vous avez vécu en Chine, vous conseillez les entreprises dans leur stratégie internationale.
00:33Donald Trump, il considère que la décision de la Cour suprême, elle va directement vers les Chinois avec une décision
00:41positive
00:41car ça fait baisser leur droit de douane à eux. Est-ce que vous partagez cet avis ?
00:45Alors je suis allée en Chine si je puis dire ce matin voir un petit peu comment ces nouvelles sont
00:50reçues dans le pays.
00:54Effectivement, ce qui est dit c'est que ce sera un boost pour l'économie chinoise.
00:58Qu'est-ce qu'on voit ? On voit l'action de BYD qui a pris 10%.
01:01On voit que l'or qui est lié au dollar, le dollar a baissé avec ses incertitudes liées aux droits
01:06de douane.
01:07Eh bien l'or a été acheté massivement par les Chinois.
01:10Et globalement, sur le narratif en Chine, on dit finalement fort avec les faibles, faible avec les forts.
01:16Donald Trump n'a que des intérêts, il n'a ni amis ni ennemis.
01:20Et regardez Taïwan, la Corée, le Japon, vous avez négocié comme de bons élèves.
01:25Et finalement, c'est nous qui sommes gagnants dans cette histoire.
01:28Oui, on a bien fait au final de ne pas négocier.
01:32Parce qu'effectivement, il y a eu une suspension d'une sorte de guerre commerciale qui a eu lieu à
01:36la fin de l'année dernière.
01:37Et pour l'instant, on en est resté là.
01:38Pour l'instant, on en est resté là. On avait une trêve temporaire sur les tarifs douaniers.
01:43Et effectivement, les deux présidents vont se revoir.
01:46Mais pour le moment, c'est une trêve qui est la bienvenue en Chine.
01:51Annalisa ?
01:51On a l'impression d'une certaine fragilité de Donald Trump pour l'instant.
01:54On sait qu'il a prévu d'aller en Chine à la fin du mois de mars.
01:58Et pour l'instant, on sait aussi qu'il se désengage un petit peu de Taïwan.
02:01Il temporise sur la livraison d'un contrat d'armes avec Taïwan.
02:04Est-ce qu'il est prêt à se désengager de Taïwan pour garder un couloir ouvert avec Pékin ?
02:09Un couloir de discussion ?
02:09Le sujet taïwanais, il est au cœur du discours de vendredi de la conférence de presse de Donald Trump.
02:15Qu'est-ce que dit Donald Trump ?
02:17Il dit que pour la première fois en décembre 2025, les exportations de Taïwan vers les États-Unis
02:22ont supplanté les exportations de la Chine vers les États-Unis.
02:25Donc ça, c'est un petit peu un coup de bambou pour l'administration Trump et une nouvelle dépendance.
02:30Et donc, il cible ce pays qui était un pays ami, donc toujours dans cette modalité,
02:35ce mode opératoire un petit peu brutal qui sidère et qui après crée l'ambivalence.
02:39Et vous avez raison, il utilise ce canal commercial pour effectivement faire un levier sur Taïwan
02:45qui est une pièce majeure dans la négociation entre les deux puissances.
02:49Mais est-ce que cette augmentation des échanges avec Taïwan, elle n'a pas été voulue et orchestrée ?
02:53C'est que l'objectif, c'était quand même de faire monter un peu les exportations de semi-conducteurs,
02:58de faire du transfert de technologie pour à un moment dire,
03:00bon, quand on aura fini, Taïwan, on laissera tomber.
03:02Mais moi, je pensais que c'était volontaire, stratégique.
03:05Oui, alors effectivement, c'est le boom de l'IA qui a créé cette nouvelle dépendance
03:09avec des investissements massifs qui avaient été annoncés par TSMC,
03:13le grand champion taïwanais du semi,
03:15dont sont dépendants les Apple et Microsoft et d'autres GAFAM.
03:24Et quelque part, Donald Trump, il se place à nouveau dans une négociation,
03:27peut-être même vis-à-vis du business américain quand il dit ça,
03:30en disant, attention, vous êtes dépendants et c'est moi qui tiens encore la corde.
03:34Mais oui, c'est ce boom de l'IA qui effectivement explique cette dépendance à Taïwan
03:41qui, en fait, embête le président.
03:43Mais qu'est-ce qu'il veut faire, selon vous, avec Taïwan ?
03:45C'est-à-dire qu'il veut, à un moment donné,
03:47permettre aux États-Unis d'être plus indépendants sur les semi-conducteurs
03:50et puis ensuite lâcher complètement le dossier ?
03:54Parce que la Chine est quand même assez claire sur ce qu'elle veut faire avec Taïwan.
03:59À un moment donné, Taïwan fera à nouveau partie de la Chine, c'est clair.
04:02C'est annoncé. Alors, à quelle échéance ? Comment ? Par quels moyens ?
04:05Tout cela n'est pas clair.
04:08En revanche, ce qui est clair, c'est que Donald Trump,
04:10il refuse toute dépendance, en tout cas dans son discours, dans son narratif,
04:13à une puissance étrangère.
04:15Et derrière ces incertitudes qu'on voit liées aux droits de douane,
04:19il y a bel et bien un agenda protectionniste,
04:21des prises de participation qu'on a vues même en août dernier
04:25dans le pays de la libre entreprise,
04:26où Donald Trump annonce 10% de participation de l'État américain
04:29dans Intel, le grand concurrent de TSMC.
04:33Donc, en fait, c'est le dossier taïwanais,
04:35il crée cette dépendance économique que refuse Donald Trump
04:38et une fois de plus, c'est un levier.
04:41Annalisa ?
04:41Justement, ces décisions servent à la stratégie protectionniste de Donald Trump.
04:45Ce qui est sûr, c'est qu'on manque de visibilité, de lisibilité.
04:48Pour les entreprises, c'est peut-être compliqué de s'adapter ?
04:51Alors, on est obligé de vivre dans cette incertitude.
04:54Je faisais le calcul hier qu'on a eu 60 changements de taux de régulation de règles
04:59depuis la prise de mandat de Donald Trump sur les droits de douane.
05:04Donc, c'est absolument considérable.
05:07Ça n'a pas commencé dans son deuxième mandat.
05:09Je vous rappelle que son premier mandat avait déjà placé des droits de douane
05:11sur l'aluminium, l'acier, etc.
05:13En galant d'essai, on va dire.
05:16D'ailleurs, qui n'ont pas été décousus par l'administration Biden.
05:19Donc, on voit bien qu'il y a une continuité de doctrine dans l'administration américaine.
05:25Mais effectivement, il faut apprendre à vivre avec cette incertitude.
05:28Et c'est très compliqué.
05:29D'autant plus que c'est l'arbre qui cache la forêt
05:32de nombreuses politiques interventionnistes
05:35au nom de la sacro-sainte sécurité économique.
05:38Oui, avec un État américain qui guide de plus en plus la stratégie des entreprises.
05:42Vous parliez d'Intel, où il y a carrément une entrée au capital.
05:45Mais ça peut être des décisions sur les dividendes.
05:47Ça peut être les entreprises immobilières
05:49qui n'ont plus le droit d'acheter des maisons individuelles.
05:51C'est assez large.
05:52Ou les transferts de microprocesseurs dans le Golfe.
05:54Enfin, il y a eu des tas de choses qui ont été négociées
05:56pendant qu'on parlait beaucoup des droits de douane.
05:58Et c'est normal.
05:59On est directement impactés.
06:00Nos exportateurs ont bien raison de s'en inquiéter.
06:04Mais derrière ces annonces,
06:07il y a beaucoup d'opérations,
06:09d'opérations, de prises de participation
06:10et d'activités économiques
06:12qu'il faut suivre de près également.
06:14Mais à aucun moment,
06:16tous les chefs d'entreprise qu'on reçoit ici,
06:18c'est encore le cas hier avec Rexel,
06:20ne se disent « je ne vais pas aux Etats-Unis ».
06:22C'est-à-dire que ça reste un marché tellement dynamique
06:24que de toute manière,
06:25on accepte cette incertitude,
06:27mais on y va quand même.
06:29Les chiffres le prouvent.
06:30Le nombre de start-up françaises
06:32qui s'implantent depuis 10 ans aux Etats-Unis
06:36est considérable.
06:37On fait partie des premiers pourvoyeurs
06:39de start-up qui vont s'installer aux Etats-Unis.
06:42Et ça ne peut pas s'arrêter
06:45vu la profondeur du marché
06:46et des financements, on le sait.
06:48Merci beaucoup,
06:49L'Orpalès est venu ce matin
06:50dans la matinale de l'économie.
06:51Et ça ne peut pas s'arrêter.
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