Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 11 heures
Ce mercredi 11 mars, François Sorel a reçu Isabelle Bordry, fondatrice de Retency, Philippe Dewost, fondateur de Phileos et cofondateur de Wanadoo, et Tristan Nitot, directeur associé Communs Numériques et Anthropocène chez OCTO Technology, dans l'émission Tech & Co, la quotidienne. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez-la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:01Tech & Co, la quotidienne, le débrief de la tech.
00:06Le débrief de l'AQ Tech avec ce soir Isabelle Bordrig qui nous fait de l'amitié d'être là.
00:10Salut Isabelle.
00:11Bonsoir François.
00:12Isabelle Bordrig, alors que vous connaissez si vous êtes un fidèle de Tech & Co qui vient
00:15nous voir régulièrement, qui est fondatrice de Rétancy, qui était il y a quelques années
00:20encore la patronne de Yahoo.
00:22Absolument.
00:23Et oui, à tes côtés c'est Philippe de Vost qui est là.
00:27Salut Philippe.
00:28Bonsoir François.
00:28Fondateur de Phileos et co-fondateur de Wanadou, fin connaisseur aussi de toute l'AQ Tech.
00:34Merci d'être là et Tristan Nitto est avec nous aussi ce soir, mon cher Tristan, ravi
00:40de te retrouver.
00:41Soir.
00:42Directeur associé commun numérique et anthropocène chez OctoTechnologie et rappelons que tu as
00:47été l'un des porte-parole de la fondation Mozilla, plus que ça même.
00:52Président de Mozilla Europe.
00:53Président de Mozilla Europe il y a quelques années, autant vous dire que voilà quand on
00:57commence à ouvrir le livre Tristan Nitto.
01:00Il y a pas mal de choses à raconter, c'est toujours intéressant d'avoir ton point de vue
01:03sur tous ces sujets qu'on évoque le soir.
01:06Et bien on va commencer par évidemment l'épisode anthropique.
01:10L'épisode anthropique qui intègre à l'intérieur OpenAI, qui intègre le Pentagone et qui intègre
01:15aussi Microsoft qui a décidé de soutenir en fait anthropique après avoir lancé un procès
01:21contre le Pentagone.
01:23l'administration américaine avait placé rappelez-vous la start-up sur liste noire après qu'elle
01:29ait refusé un accès total à son IA cloud à des fins militaires.
01:33Voilà, une belle idée bien évidemment mais qui a coûté cher à Anthropique.
01:38C'est la première fois qu'un géant de la Silicon Valley, enfin qui n'est même pas
01:41d'ailleurs de la Silicon Valley puisque Microsoft est de Seattle rappelons-le, prend partie
01:45dans ce conflit.
01:46On écoute les explications de Paul Waller et on revient juste après évidemment pour
01:51vous raconter toute cette histoire.
01:53De vastes répercussions négatives sur l'industrie de la tech.
01:57Microsoft qui a investi jusqu'à 5 milliards de dollars dans Anthropique n'a pas mâché
02:01ses mots en soutenant la start-up de l'IA cloud dans son procès intenté contre le
02:04gouvernement américain.
02:06Une action en justice qui permet à Anthropique de réaffirmer ses lignes rouges, l'utilisation
02:10de l'IA pour des armes autonomes létales et la surveillance de masse de citoyens américains.
02:14Ce n'est pas le moment de mettre en péril l'écosystème de l'IA que l'administration
02:18a contribué à promouvoir, lâche Microsoft, soutien aussi apporté par un groupe de plus
02:23de 30 chercheurs de Google et d'OpenAI.
02:25L'entreprise de Sam Altman avait d'ailleurs signé un accord avec le Pentagone quelques
02:29heures seulement après le refus d'Anthropique, ce qui a suscité un tollé chez certains employés
02:33et utilisateurs de ChatGPT.
02:35Le bras de fer éthique qui s'engage entre les géants de la tech américaine et le Pentagone
02:39fait déjà réagir au-delà du pays.
02:41La Chine avertit que l'usage immodéré de l'IA à des fins militaires risque de plonger
02:46le monde dans une dystopie semblable à Terminator.
02:49Ouh là ! Écoutez, franchement, n'ayons pas peur, tout va bien se passer, vous allez
02:54voir.
02:55Alors, qui veut nous raconter cette histoire qui dure depuis plusieurs jours ? Alors, je
02:59vous dis ça parce que je l'ai tellement raconté de fois que j'aimerais que quelqu'un
03:01me la raconte.
03:02Je me lance ?
03:04Allez Tristan, ça fait plaisir.
03:05Vas-y, raconte-nous l'histoire du Pentagone, de l'IA, d'Enthropique qui se désolidarise,
03:10d'Open AI qui arrive et de Microsoft et Google qui rentrent dans la danse.
03:14Bon, alors les principaux acteurs de l'IA ont des contrats avec le Pentagone et en particulier
03:20pour utiliser de l'IA dans un cadre guerrier.
03:23Néanmoins, Enthropique avait mis deux clauses spéciales qui étaient, en particulier, on
03:30ne veut pas que Claude soit utilisé pour faire de la surveillance de masse d'Américains
03:39parce que c'est mal et que ce n'est pas bon pour notre pays et que ce serait mauvais
03:43pour la démocratie, etc.
03:44D'une part.
03:45Et la deuxième clause, c'était on ne veut pas que notre IA soit utilisée pour
03:52décider de tuer des gens sur un théâtre de guerre ou dans quelques autres circonstances
03:57sans supervision humaine.
03:58C'est-à-dire qu'on n'a pas suffisamment confiance, on pense qu'il faut vraiment une
04:02barrière pour que, non, une IA ne peut pas décider de tuer un humain comme ça.
04:07Il faut qu'éventuellement, si on lui demande qu'elle suggère des noms les plus efficaces
04:11dans un contexte, mais c'est un humain qui prendra la décision finale.
04:16Et les deux me paraissent particulièrement raisonnables.
04:19Voilà, ne pas espionner les citoyens de leur propre pays et de ne pas tuer des humains.
04:25Raisonnables, voire même prudentes.
04:26Oui, voilà.
04:29Et seulement, l'administration Trump n'a pas aimé.
04:33Anthropique a dit, non, nous, on ne franchira pas cette ligne jaune, on va dire, ou rouge.
04:39Et alors là, ça a été la foudre du Pentagone, notamment de Donald Trump, qui a lui-même
04:45communiqué là-dessus en disant, Anthropique, c'est vraiment les veines d'un petit canard,
04:49ils sont méchants, ils vont le regretter.
04:52Alors là, c'est la foudre.
04:53Et en particulier, ils ont dit, on va dire, il a utilisé en fait un dispositif légal
04:59qui avait été, je crois, fait pour Huawei en disant, c'est une société dangereuse,
05:02il faut la retirer des fournisseurs, de l'armée, parce que ces gens-là, on ne sait pas quoi.
05:07Alors, autant sur Huawei, il y avait des soupçons qui étaient raisonnables, autant sur Anthropique,
05:12qui était le système le plus utilisé, ça n'avait aucun sens, c'était juste une sanction
05:16à la Trump.
05:18Oui, punitive, sans raison sérieuse.
05:21Autre que punitive.
05:23Il me semble que l'argument invoqué par la présidence Trump crée un précédent,
05:29au sens où, en tout cas, c'est la première fois qu'une société américaine se retrouvait
05:32sur une telle liste.
05:33Ah oui, oui, c'était pas du tout prévu, c'était pas un dispositif qui était prévu
05:36pour ce genre de choses.
05:37C'était, non, non, il y a un risque que cette entreprise soit, enfin, ne mérite pas
05:42la confiance.
05:43Et c'est pour ça.
05:44On se demande d'ailleurs si cette...
05:45Et c'était totalement disproportionné.
05:47Bien sûr, et on se demande d'ailleurs si cette décision va être approuvée après
05:49par les juges, etc.
05:51Parce que je pense qu'il va y avoir forcément un arbitre, concernant, comme souvent avec
05:57les décisions de Trump, on revient des droits de douane, etc.
06:00Donc on ne sait même pas si elle va être validée.
06:02Absolument, il a juste...
06:03Pardon, le juste, le problème de l'arbitre, c'est qu'il arrive au rythme auquel va l'arbitre,
06:07parce qu'un pouvoir judiciaire, ça doit prendre le temps d'examiner l'ensemble des éléments
06:12du cas.
06:13Et donc le mal, entre guillemets, d'ailleurs qu'on l'écrit avec un E à la fin ou pas,
06:18est fait.
06:19C'est vrai.
06:19Et ce qui est intéressant, c'est ce qui explique pourquoi Microsoft est monté au créneau.
06:23Parce que Microsoft est quand même, même s'ils ont mis 5 milliards dans Anthropik, ce qui est
06:27une petite somme pour Microsoft, est quand même concurrent d'Anthropik par le biais de
06:32OpenAI.
06:33Et par ailleurs, le Pentagone est son premier client.
06:35Donc Microsoft s'associe à Anthropik dans ce fait de justice contre son premier client.
06:43Une solidarité, on va dire, assez téméraire, je dirais.
06:46Et comment est-ce qu'elle est justifiée ?
06:49En fait, elle s'explique par deux choses.
06:51La première, c'est qu'aujourd'hui, Microsoft propose à ses clients, notamment sur Azure,
06:56d'utiliser Anthropik, qu'ils peuvent déployer effectivement sur Azure.
06:59Et donc ils ne veulent pas eux-mêmes se retrouver dans une situation difficile.
07:02Et oui, parce que si ça vient sur liste noire, plus d'Anthropik.
07:05Voilà, et ils n'ont plus possibilité de l'utiliser alors que Pentagone est effectivement
07:10leur premier client.
07:10Et puis la deuxième chose, c'est si c'est aussi facile pour l'administration Trump
07:15de mettre une entreprise sur une liste noire, c'est un vrai sujet pour l'ensemble des géants
07:20de la tech.
07:21Donc ces deux sujets ont fait en sorte que Microsoft, effectivement, soit monté au créneau,
07:26ce qui est totalement inédit.
07:27Tout le monde, en fait, si jamais ça, ça passe, tout le monde risquerait de se retrouver
07:32sur la liste noire.
07:33C'est ça.
07:34Et ça serait une horreur pour le business de toute la tech, dont l'armée est un énorme
07:41client et le gouvernement fédéral est un énorme client.
07:43Donc en fait, à la limite, pour Microsoft, c'est risqué aujourd'hui.
07:49Mais par rapport au risque que ça leur ferait prendre si jamais ils arrivaient sur cette
07:54liste noire, il vaut mieux bloquer le mécanisme de liste noire que de risquer de finir dessus
07:58parce que là, c'est la fin des haricots.
07:59Et puis après, il y a un autre sujet que j'ai trouvé intéressant, c'est cette notion
08:03de contre-pouvoir entre l'administration et les géants de la tech de la Silicon Valley.
08:07Et ça me rappelle une, Tristan, tu dois sûrement le savoir, une polémique qui s'était
08:12passée dans les années 70 en France.
08:15Ça fait plaisir ou pas qu'on dise que tu dois le savoir ?
08:18J'étais né, mais enfin, j'avais moins de 14 ans.
08:22Mais tu vas voir pourquoi.
08:23En fait, dans les années 70, le ministère de l'Intérieur avait, avec l'INSEE, imaginé
08:28en France, reconstituer et en fait aligner l'ensemble des fichiers administratifs pour
08:35tracer, pour surveiller, en tous les cas pour s'assurer que l'ensemble des Français
08:39étaient en ordre vis-à-vis de l'administration.
08:42Ils avaient appelé ce projet Safari, ce qui est quand même assez étonnant.
08:46Et un jour, un article du Monde avait mis en avant ce projet en disant Safari ou la
08:51chasse aux Français.
08:52Parce qu'effectivement, c'était un moyen de reconstituer l'ensemble des fichiers
08:56et donc d'écouter de manière massive l'ensemble des Français.
08:58Et c'est à la suite de ça qu'est née la CNIL ?
09:00Et voilà.
09:01À la suite de cette polémique qui a été absolument énorme en France, l'État, donc
09:07à l'époque Valéry Giscard d'Estaing, a fait en sorte qu'il y ait une loi qui soit
09:10votée en janvier 78 pour protéger le citoyen contre une possibilité qu'avait l'État
09:18de faire une surveillance de masse.
09:19De fliquer en fait.
09:20Et donc c'est ainsi que la CNIL est apparue.
09:23Et aujourd'hui, effectivement, la CNIL continue sa mission de s'assurer que l'ensemble des
09:27fichiers, qu'ils soient gérés par une marque ou par un État, ne permettent pas une surveillance
09:32massive de ce qui se passe en France.
09:35Mais on a eu ce réflexe en France et aux US, beaucoup moins quand même.
09:40Voilà.
09:40Et donc ce qui est intéressant, c'est que dans le premier cas, c'est l'opinion publique
09:43qui a été très ému par la situation, aujourd'hui aux États-Unis, en fait, c'est
09:48les géants de la tech qui, eux-mêmes, font contre-pouvoir.
09:52Donc ce n'est pas un journaliste du monde, en l'occurrence en France, ou du Wall Street
09:56aux États-Unis, qui en fait prend la parole et renverse l'opinion, mais c'est les géants
10:01de la tech qui, en fait, négocient directement avec l'administration.
10:04Non pas pour des raisons éthiques, je pense, mais pour des raisons business et économiques.
10:09Et puis là, les masques tombent quand même, parce qu'on voit qu'avec ce jeu-là,
10:14Anthropique qui, donc, ne veut pas franchir cette ligne rouge.
10:18OpenAI qui dit « Moi, je veux bien la franchir ! »
10:20« Je veux bien prendre l'argent ! »
10:21« Je veux bien 200 millions ! »
10:23Ça fait toujours plaisir.
10:24Alors même si, après, Samatman est un peu revenu en disant « Il y a malgré
10:28tout, quand même, quelques garde-fous, etc. »
10:30Mais bon, c'était trop tard.
10:31D'ailleurs, ça a joué en la défaveur d'OpenAI.
10:34Ah mais j'ai lu qu'en fait, ChatGPT est devenue l'application la plus désinstallée
10:37de l'App Store à la suite de ça.
10:39Ah oui, c'est ça !
10:40Le paradoxe, c'est que Claude est devenue l'installation la plus désinstallée.
10:43Moi, j'ai plein de gens qui…
10:45En fait, c'est le double effet.
10:46Il y a un enjeu d'image pour ces sociétés vis-à-vis du peuple américain
10:50qui est absolument colossal.
10:51Et la directrice du programme robotique d'OpenAI a démissionné en disant « Écoutez,
11:00moi, je ne peux pas cautionner cette approche ».
11:06Et NVIDIA vient d'annoncer qu'ils investissaient une somme d'argent assez conséquente dans
11:11The Thinking Machine Lab, qui est en fait menée par l'ancienne CTO d'OpenAI.
11:15On en parlera tout à l'heure.
11:16Voilà.
11:16Et qui, justement, prend le contrepoids d'OpenAI sur ces types d'IA.
11:20C'est ça.
11:20Et alors, Philippe, oui, mais ce n'est pas terminé en plus cette histoire, parce qu'il y a Google
11:25qui rentre dans la danse aussi.
11:26Oui, en fait, cette histoire, elle a commencé aussi.
11:30Moi, j'ai regardé les chiffres avant de préparer l'émission.
11:34Microsoft avait déjà un contrat d'à peu près 170 millions de dollars avec l'US Air Force
11:41pour Azure.
11:44Anthropic avait un contrat prototype à 200 millions.
11:47OpenAI n'était pas encore dans la danse, donc ils sont rentrés.
11:50Ça, c'est le premier point.
11:51Le deuxième point, oui, il y a du business.
11:53Et il ne faut jamais oublier que l'éthique, parfois, est un argument marketing pour le business.
11:57Donc, je pense qu'Anthropic se singularise et se distingue de ce point de vue-là, sachant
12:03que, manifestement, il y a des sujets de performance aussi, puisque quand on regarde la part d'usage
12:08dans les entreprises de cloud par rapport à ChatGPT sur un an, la glissade de ChatGPT
12:14est assez frappante.
12:16Mais surtout, moi, je trouve que le débat se cristallise sur un truc qu'on avait tous oublié,
12:20parce qu'on y consent à chaque fois qu'on clique pour accepter une application,
12:24qui sont les conditions générales d'utilisation.
12:26Et là, c'est comme si subitement, le gouvernement américain disait, hop, hop, hop, hop, hop,
12:29moi, je veux avoir un droit de regard sur les conditions générales d'utilisation
12:33et je vais vous tordre le bras si les CGU ne me conviennent pas.
12:36Et donc, on est dans une question qui est à la limite entre le droit, la pression par la société
12:41et la capacité de résistance, entre guillemets, soit du corps social, comme tu le disais, Isabelle,
12:46soit des quelques géants de la tech qui veulent garder leur autonomie.
12:50En fait, la question, c'est est-ce que c'est les conditions générales qui ont force de loi
12:53ou est-ce que c'est la loi ? Le Patagone dit, je respecte la loi.
12:56Donc, vous devez, en fait, si vous travaillez avec moi, vous conformer à la loi.
13:00Alors, ce qui choque aujourd'hui Microsoft, je crois, et c'est pour ça qu'ils sont rentrés dans la
13:04danse,
13:05c'est qu'en réalité, le simple fait de mettre Anthropik sur une liste noire,
13:10donc vraiment au banc de toutes les entreprises américaines, est un vrai sujet, en fait.
13:15Oui, c'est la sanction qui fait peur.
13:18Voilà, c'est ça. C'est pas tant. Vous ne respectez pas...
13:20C'est une sanction d'un pays autoritaire, finalement.
13:23Voilà, et Anthropik dit, si vous ne voulez pas respecter mes conditions générales,
13:26vous pouvez travailler avec Google ou Microsoft.
13:28Oui, il n'y a pas de problème. Mais de là à être puni exagérément suite à cette décision...
13:33C'est ça le sujet de Microsoft.
13:34Oui, mais Trump dit beaucoup dans l'humiliation, c'est systématique,
13:37donc ce n'est pas complètement surprenant de ça.
13:38Alors maintenant, ça pose des questions éthiques sur lesquelles les Américains se positionnent aujourd'hui,
13:43en boycottant, entre guillemets, OpenAI, et en se positionnant plus sur cloud.
13:48Effectivement, il y a des questions d'image et d'éthique.
13:50Et effectivement, est-ce qu'on peut laisser, et on en parlera tout à l'heure avec la nouvelle société
13:56qui a racheté Meta, un agent IA ou une IA prendre une entière décision sur la vie ou la mort
14:02d'un homme ?
14:03C'est assez compliqué.
14:04Alors, vous pensez que cette histoire est terminée ?
14:07Ben non, les amis, il manquait Google.
14:09Mais non, là, oui, on tire notre feuilleton.
14:12Alors, quelle est la position de Google sur ce sujet ?
14:14Ben écoutez, ça y est, là encore, je disais, les masques tombent,
14:17puisque Google n'a pas envie de se désolidariser du Pentagone, bien au contraire,
14:23puisqu'il faut le savoir, en fait, Jiminy est intégré dans les outils
14:28de près de 3 millions d'employés du Pentagone.
14:31Donc, les 3 millions savent quand même, ça doit faire une grosse majorité.
14:33Alors, c'est pour des, on va dire, des actions civiles.
14:36C'est du non classifié, oui, c'est ça.
14:38Mais, pour commencer, pour commencer, on ne sait pas jusqu'où ça va aller, cette histoire-là.
14:44On commence toujours par gérer les agendas.
14:46On gère les agendas.
14:47Oui, après, tu mets un bouton IA dedans, et ça y est.
14:51Et puis, on va de plus en plus loin.
14:54Et ces agents IA, donc, ont été choisis par le Pentagone.
14:58Alors, que ce soit le personnel civil, mais aussi les militaires,
15:01il y aura 8 agents préconfigurés.
15:04Ça va donc synthèse de réunions, tâches administratives,
15:07création de budget quand même, vérification de conformité,
15:11des actions envisagées avec la stratégie défense nationale, etc.
15:14On voit que Google, là, qui était plutôt silencieux,
15:18plutôt spectateur de cette guéguerre, là, voilà, s'engage.
15:21Avec une promesse vachement intéressante quand même,
15:24qui est de réduire de 6 mois à 6 semaines,
15:27je crois que c'est ce que Google avance,
15:29notamment toutes les opérations de planification.
15:31Et on voit très très bien que, dans la situation actuelle,
15:35que ce soit au Moyen-Orient ou que ce soit sur le front ukrainien,
15:39l'agilité est probablement la première exigence
15:43de toute force qui s'engage sur le terrain.
15:47Donc, accélérer la planification, c'est une force énorme.
15:49C'est un élément clé.
15:50Et on ne peut pas empêcher le Pentagone d'utiliser des sociétés souveraines
15:55et des services extrêmement performants.
15:57Donc, c'est vrai que la limite est extrêmement compliquée
16:00et l'administration et le Pentagone sont, en dernier ressort,
16:06les garants d'une bonne utilisation, d'une utilisation raisonnable.
16:10Il semblerait qu'Azur soit le cloud des Israéliens.
16:13Et il est aujourd'hui quasiment prouvé
16:15que l'ensemble des conversations collectées des Palestiniens
16:20a été massivement traité sur le cloud Azure
16:23et a permis aux Israéliens, sûrement, ça contribue à leur supériorité.
16:29C'est très compliqué.
16:30On ne peut pas empêcher un pays et ses alliés d'utiliser ses propres outils,
16:36sachant qu'il faut que le pays soit raisonnable.
16:39Il y a un quatrième acteur ou une classe d'acteurs qui entre en jeu.
16:45On a dit qu'il y avait l'État, on a dit qu'il y avait les citoyens.
16:47Il y a les géants de la tech.
16:49Et maintenant, il y a aussi les salariés des géants de la tech
16:52parce que chez Google, je crois que c'était en 2018,
16:57je ne sais plus, où il y avait eu un mouvement social en disant
17:00écoutez, non, on ne peut pas accepter que notre technologie
17:04de Google soit utilisée pour tuer des gens.
17:07Alors, c'était une autre époque.
17:08Rappelez-vous de Boston Robotics ?
17:10Alphabet avait été le propriétaire de Boston Dynamics.
17:16Tous ces robots qui, après, ont été conçus à des fins militaires,
17:20en tout cas le Pentagone et toute la défense américaine,
17:22s'étaient intéressés à ça.
17:23Et Google avait été obligé de se désengager de cette boîte-là
17:27parce que ça commençait vraiment à sentir le roussi.
17:29Voilà, exactement.
17:29Et là, c'est en train de repartir puisqu'en fait,
17:32il y a des collaborateurs de Microsoft, de Google et d'OpenAI
17:37qui ont commencé à faire une pétition en disant qu'ils n'acceptaient pas
17:41que leurs employeurs se soumettent à l'armée américaine sans condition.
17:49Et là, c'est super important parce qu'en fait,
17:51le marché est en extrême tension au niveau de l'emploi,
17:54au niveau des data scientists.
17:57Et t'imagines, ils sont tous en train de s'affiler des dizaines de millions
18:01pour acheter les uns les autres.
18:02et là, il se trouve que t'en aurais eu des gros morceaux d'équipe
18:06qui partiraient, par exemple, chez Anthropique.
18:09Mais on va voir.
18:10Il faudra voir s'ils atteindront le nombre.
18:13Il y avait plusieurs milliers à l'époque contre le projet Maven en 2018.
18:16Ils étaient plus de 5 ou 6 000 à avoir.
18:19On va voir si ça remonte.
18:22Et donc, on se retrouve dans une situation où...
18:24Qui est le contre-pouvoir ?
18:25Qui est le contre-pouvoir pour faire en sorte que l'État
18:28ait un positionnement raisonnable dans l'utilisation de ces outils ?
18:31C'est très compliqué.
18:31Ce n'est plus la presse.
18:33C'est en partie des patrons des géants de la tech.
18:37Mais c'est aussi, comme tu le disais, les salariés.
18:39En tous les cas, il faudra peut-être qu'un jour,
18:41les citoyens américains aussi émettent leur point de vue.
18:44Mais je ne sais pas très bien par quel billet.
18:46Et si ce n'est plus la presse ?
18:47La presse, si tu veux, tu as Jeff Bezos
18:52qui contrôle malheureusement de plus en plus le web.
18:56Et qui est en train de cramer le journal.
18:58Oui, exactement.
18:59Les gens sont des abonnés, etc.
19:02Donc, en fait, c'est assez préoccupant que la presse ne soit pas indépendante.
19:07Quel contre-pouvoir ?
19:08Ce que j'aurais préféré de la part du gouvernement américain,
19:11c'est qu'ils réquisitionnent les IA.
19:13On est dans un temps de guerre, une situation d'urgence.
19:17Vous ne voulez pas nous donner vos informations ?
19:20Nous, on réquisitionne tout ça.
19:22Vous n'avez pas le choix de ne pas nous les donner.
19:25J'aurais préféré ça, en fait, que de dire,
19:28écoutez, ok, c'est non, je vous mets sur liste noire, en fait.
19:31Je trouve que c'est contre-productif.
19:32On peut comprendre que des moments clés de l'histoire...
19:36Ça, ça serait de la réelle politique, tu vois, ce que tu dis.
19:38Parce qu'en fait, quelque part, personne n'aura été vraiment dupe.
19:41Du genre, tu ne veux pas me la donner ?
19:42Je vais te tordre le bras.
19:43Tu vas faire « Ah ! » et je vais te la prendre quand même.
19:45Et tout le monde sauve la face, en quelque sorte.
19:49Exactement.
19:49Et là, non, là, mais c'est treuve.
19:51Je vais t'humilier.
19:53Et c'est d'ailleurs ce qui s'est passé le 11 septembre.
19:55Le 11 septembre, alors pardon, je fais un peu vieille mamie,
19:57mais le 11 septembre...
19:58Mais non, tu es la plus jeune d'entre nous.
19:59Tu es la plus jeune d'entre nous, et de loin.
20:01Le 11 septembre...
20:02Philippe n'est pas loin, je pense.
20:03Le 11 septembre, effectivement, il y a eu une discussion directe
20:07entre les géants de la tech de l'époque
20:08et les services de sécurité au moment des détruits de loi.
20:12C'était l'époque de Yahoo.
20:13Absolument.
20:14Et donc, on nous demandait, de manière très régulière,
20:16de donner des adresses IP.
20:18C'est-à-dire, il n'y avait plus de réquisitions judiciaires,
20:20on était sur des systèmes beaucoup plus directs
20:22où il était question de sécurité de la population.
20:25Et donc, on ouvrait nos livres pour fournir les adresses IP
20:28sur demande de la politique.
20:29Oui, on était dans une situation aussi...
20:31De guerre.
20:32Exactement.
20:32Mais je crois qu'il faut...
20:33Juste pour conclure, quand même, se remettre dans un contexte...
20:36Parce qu'on peut se demander si ça pourrait se produire en Europe.
20:40Je pense que là, on est dans un moment où on se souvient
20:44ou en tout cas les États-Unis nous rappellent
20:47qu'ils sont un complexe militaro-industriel abrité par une constitution,
20:51mais qu'ils sont d'abord un complexe militaro-industriel.
20:53Et je dis ça dans les deux sens.
20:55Sans le Pentagone et les investissements massifs de l'armée,
21:00il y a tout un tas de projets de recherche
21:02qui n'auraient jamais été financés,
21:04qui n'auraient jamais donné des technologies civiles.
21:05Et de start-up aussi, en fait.
21:06De start-up, parce qu'ils accompagnent à...
21:09C'est clair.
21:11Et combien d'innovations militaires sont arrivées après dans le grand public ?
21:14Tout à fait.
21:14Le GPS...
21:16Et après, toute la question, c'est ce que tu évoquais tout à l'heure,
21:19c'est quand est-ce que l'État de guerre commence ?
21:20Parce que les règles rouges, en fait,
21:23et les conditions générales d'entropique,
21:25c'était ne pas écouter de manière massive les Américains
21:29et s'assurer qu'il n'y ait pas...
21:30qu'il y ait effectivement un homme
21:32avant que quelqu'un soit tué par une IA.
21:34Donc, c'est des choses qui paraissent très raisonnables, en fait.
21:38J'aimerais qu'on enchaîne avec un autre sujet.
21:39On n'a pas parlé encore de Mark Zuckerberg.
21:41C'est dommage.
21:42Il faut qu'en se faire plaisir.
21:44Marco, qui, vous le savez, aime bien racheter plein de trucs.
21:47Il a racheté des talents de l'IA,
21:50avec plus ou moins de la case, d'ailleurs.
21:52Parce que quand on voit ce qui s'est passé avec M. Wong,
21:56qui était le pape de l'IA,
21:58et visiblement, ça ne se passe pas très très bien
21:59au niveau de méta et AI.
22:02Enfin, bref.
22:03Voilà que Mark Zuckerberg vient de s'offrir Maltbook.
22:07Maltbook, si vous êtes un fidèle de Tech & Co,
22:08on en a déjà parlé.
22:09Un truc assez rigolo.
22:11C'est, en fait, un réseau social géré par des IA, en fait.
22:14Et c'est des IA, en fait...
22:16– Réservés à des IA.
22:17– Réservés à des IA, voilà.
22:18Et, en fait, l'être humain est spectateur, en fait,
22:21de ce que des IA peuvent échanger sur cette espèce de réseau social.
22:26C'est un peu un Facebook pour les IA, quoi.
22:28Si je dois résumer cette chose.
22:32Et donc, Mark Zuckerberg vient de s'offrir cette boîte
22:34qui appartenait à Matt Schlich et Ben Parr,
22:39qui sont les deux fondateurs de ce réseau social.
22:42Pourquoi faire ?
22:42Ça, c'est la question.
22:43Qu'est-ce qu'il va bien pouvoir en faire ?
22:45Est-ce que vous avez une petite idée, tiens ?
22:47– Moi, je pense que c'est stratégique.
22:50– C'est stratégique ?
22:51– Je pense que c'est stratégique.
22:52Parce qu'aujourd'hui, tout le monde parle beaucoup des agents IA.
22:55Alors, qu'est-ce qu'un agent IA ?
22:56Si on ne fera plus nous-mêmes directement une tâche,
22:59mais on la déléguera à son agent IA.
23:02Et, en fait, ce réseau social,
23:04sur lequel il n'y a plus d'humains qui discutent,
23:06mais simplement des IA,
23:08peut devenir, en fait, une source d'informations absolument phénoménale
23:12pour faire fonctionner les agents IA, en fait.
23:15Donc, peut-être qu'un jour, vous aurez un problème avec votre voiture
23:18et vous demanderez à votre agent IA
23:20de discuter avec l'agent IA des garagistes.
23:23Et c'est peut-être sur le réseau social des agents IA
23:25que ces rencontres pourront se faire
23:27et que, donc, vous aurez un service de votre agent d'autant plus pertinent.
23:31On a l'impression que c'est un film de science-fiction,
23:34mais c'est la réalité de la Silicon Valley.
23:37Et, alors, moi, j'ai testé, là, tout à l'heure,
23:40Mollbook, j'y suis allée,
23:41et j'ai tapé le mot-clé « justice ».
23:43Et, donc, j'ai lu ce qu'expriment les agents IA sur la justice.
23:49Et, alors, ils expliquent comment les agents IA
23:51vont aider les humains à rendre une justice plus équitable
23:55puisque les agents IA n'ont pas d'émotion
23:58et donc ils n'ont pas de biais lorsqu'ils prennent une décision.
24:02Et la conclusion de l'article que je posterai sur LinkedIn demain
24:05parce que j'ai trouvé ça absolument fascinant,
24:07la conclusion de l'article de cet agent IA
24:10est de dire, ben voilà, il faudrait aujourd'hui une justice
24:14pour non seulement les humains, mais aussi les agents IA
24:17pour que, d'une manière générale, le monde vive plus en paix.
24:21Donc, c'est absolument un film de science-fiction
24:24et pourtant, c'est la réalité.
24:27Mark Zuckerberg voulait écouter massivement le monde entier,
24:30ce qu'il a réussi.
24:32Maintenant, il va mettre en sorte une infrastructure
24:34pour écouter et aider l'ensemble des agents IA.
24:38– Vous vous rendez compte, quand un jour on condamnera un agent IA,
24:40on le punit comment, en fait ?
24:42On lui donne une vieille carte graphique Nvidia
24:44qui sera d'embranée, qui va passer avec une carte graphique.
24:48– Tu veux, ce qu'il y a, doucement.
24:51– Derrière les agents IA, il y a des hommes, hein ?
24:53– Oui, bien sûr.
24:54– Il y a des hommes, mais un homme peut avoir 88 bots,
24:57paraît-il, enfin voilà, en moyenne sur Mollbook.
25:01– C'est un petit peu préoccupant, ce que tu nous racontes,
25:03parce que j'ai eu cette information qui est sortie,
25:05c'est qu'en fait, si tu mets des IA dans la situation
25:09où ils doivent décider s'ils lancent ou non
25:13la bombe nucléaire en cas de conflit,
25:17et bien dans 95% des cas,
25:19les IA décident de lancer la bombe nucléaire.
25:21– Forcément, ils n'ont pas beaucoup de skin in the game, quoi.
25:26Ils ne sont pas impliqués, vraiment, si tout pète.
25:30Alors, c'est une simulation,
25:33évidemment, elles ne sont pas connectées
25:34au système de prise de décision,
25:36mais tu vois qu'un humain, quand même,
25:40qui a peut-être des enfants,
25:41ou en tout cas de la famille,
25:43ou des gens au loin, etc.,
25:45avant d'appuyer sur le gros bouton rouge,
25:48il ne répond pas « oui, j'appuie » dans 95% des cas.
25:52Alors que l'IA, complètement distante
25:55de ces problèmes humains,
25:57décomplexée, appuie dans 95% des cas.
26:01T'imagines, en fait, si tu transposes ça à la justice,
26:05il dit « ah oui, il faut les abattre à tous,
26:07parce qu'ils ont volé des pommes ».
26:09– Philippe ?
26:10– Je voulais vraiment dire ce que c'était Tristan,
26:12je pense que l'analogie du bouton,
26:15elle a pas mal de limites,
26:17parce qu'il faut se souvenir qu'elle s'inscrit,
26:21en tout cas dans les scénarios qu'on a connus concrètement,
26:23dans les deux événements majeurs qu'on a connus,
26:27il y avait une chaîne de commandement,
26:29et il y a toute une réflexion dans un tout petit bouquin
26:31que je vous recommande de lire ou de relire,
26:32de Günther Anders, écrit dans les années 60,
26:35qui s'appelle « Le temps de la fin »,
26:36sur les conséquences anthropologiques
26:38de l'entrée dans l'ère atomique,
26:39et sur le fait que celui qui appuie sur le bouton
26:42ne se pose pas la question,
26:43puisqu'il est dans une chaîne d'exécution.
26:46La question se transpose d'ailleurs à l'agent IA,
26:49qui appuiera sur un bouton,
26:51que ce soit le bouton « pay » ou le bouton « destroy ».
26:55Mais là, on est au-delà de l'éthique,
26:57on est presque dans l'anthropologie.
26:59Pour revenir à Moldbouck,
27:01ce que j'avoue, c'est que, comme d'habitude,
27:04Zuckerberg achète des trucs dont la peinture
27:06n'est pas encore très fraîche.
27:07– Sèche.
27:08– Pas sèche, oui, pas sèche, pardon.
27:10– Elle est très fraîche, mais elle est très fraîche.
27:12– Non, non, mais en revanche,
27:13ce qui est frais, c'est les fuites de sécurité,
27:15les fuites d'email, enfin, voilà.
27:16– Ah oui, oui.
27:17– En revanche, je pense, là où je rejoins Isabelle,
27:20c'est que c'est un bac à sable,
27:22c'est un bac à sable d'entraînement
27:24remarquable pour observer des comportements,
27:26y compris des comportements qui partent en live,
27:28puisque j'avais compris que moi, ces agents IA
27:30avaient discuté de la perspective d'inventer un langage à eux
27:32que les hommes ne puissent pas comprendre,
27:33histoire d'être tranquilles.
27:35– Allez les amis, on va faire une petite pause,
27:37il est déjà 20h, mon dieu que ça passe vite.
27:39Tristan Nitto, Isabelle Bordry, Philippe Devost,
27:42on revient dans un instant pour la suite
27:44de ce débrief de l'actu-tech,
27:45on a encore plein de bons sujets.
27:48Apple qui est en train de, voilà,
27:50de décentraliser la production de ses iPhones,
27:53la Chine n'est plus au centre de tout cela.
27:56On va vers l'Inde, on va en parler dans un instant,
27:58on parlera de Nvidia et de Zouks aussi.
28:00A tout de suite après cette petite pause, merci d'être là.
28:04– Tech & Co, la quotidienne, le débrief de la tech.
28:08– 20h03, bonne soirée, merci d'être là,
28:11fidèle à Tech & Co, la quotidienne,
28:13merci d'être fidèle à votre rendez-vous du lundi au jeudi,
28:1619h30, 21h.
28:17On débriefe l'actu-tech encore pendant 30 minutes
28:19avec ce soir Isabelle Bordry.
28:21Nous avons aussi Philippe Devost et Tristan Nitto.
28:24Je vous propose maintenant de nous intéresser
28:28à la stratégie très intéressante de fabrication des iPhones
28:32par Apple, bien sûr.
28:34Il faut savoir que depuis 2001, Apple est en Chine
28:37parce que tous les produits Apple étaient fabriqués
28:41pour l'immense majorité en Chine.
28:43Tout allait bien jusqu'à ce que, on va dire,
28:47les tensions géopolitiques, l'arrivée de Donald Trump au pouvoir,
28:51les frais de douane fassent réfléchir Apple
28:55pour qu'il y ait, on va dire, des solutions alternatives.
28:58Alors, les solutions alternatives, c'est le Vietnam, par exemple,
29:01mais c'est aussi et surtout l'Inde,
29:03l'Inde qui, depuis quelques années, est devenue, on va dire,
29:07l'outsider de l'usine d'Apple.
29:10C'est-à-dire qu'il faut savoir qu'en 2025,
29:1325% des iPhones ont été fabriqués en Inde.
29:16Et il y a encore quelques années, c'était vraiment des chiffres ridicules.
29:20Il faut savoir qu'Apple produit à peu près 220 à 230 millions d'iPhone par an.
29:25Et donc, l'Inde, aujourd'hui, c'est 55 millions d'iPhone.
29:28Et Apple souhaiterait que la production des iPhones en Inde
29:33soit réservée à la vente, à la commercialisation des iPhones aux Etats-Unis.
29:38Donc, c'est quand même un symbole assez fort.
29:40Ils visent 100% fin 2026, pour les US.
29:42Voilà, pour les US, ils visent 100% fin 2026.
29:46Et je voulais avoir votre avis là-dessus,
29:47parce que 25%, ça commence à être important.
29:51Est-ce qu'Apple peut se passer un jour de l'industrie chinoise
29:58pour fabriquer ses produits high-tech ?
30:00En tous les cas, ils sont bien partis pour.
30:01C'est l'industrie chinoise ce qui se passe d'Apple aujourd'hui.
30:04C'est l'inverse.
30:05C'est-à-dire que, je ne sais pas si vous avez lu le bouquin Apple in China.
30:09Apple a fait un transfert de technologies, de savoir-faire,
30:12qui permet aujourd'hui aux Chinois d'assembler des centaines de millions d'objets
30:17de très très haute précision dans tous les domaines.
30:20Donc, tous les sorts industriels chinois aujourd'hui,
30:22il est en partie dû à ces transferts de savoir-faire,
30:25de production massive d'Apple.
30:27Tu as raison de le signe.
30:28Il faut savoir qu'Apple a formé en Chine des millions d'ingénieurs
30:33qui, pour certains, sont partis d'Apple très vite
30:35et sont allés chez Huawei, Oppo, Xiaomi, etc.
30:39et qui ont inculqué cette notion d'excellence dans la production des produits.
30:46Et dans le tooling, dans la conception des machines outils,
30:49des machines à découpe à jet d'eau très haute pression, etc.
30:53C'est passionnant.
30:56C'est passionnant.
30:57Et en fait, Apple peut parfaitement se permettre de le refaire à un autre endroit.
31:02À une petite différence près, c'est que même si cette activité est en train de devenir,
31:07pour l'Inde, le premier poste d'exportation devant même les hydrocarbures,
31:12l'Inde n'a pas l'outillage encore pour le faire.
31:14Donc, dans une phase transitoire qui va durer, je ne sais pas combien de temps,
31:17il va y avoir de la machine outil design by Apple fabriquée par des Chinois
31:23qui va être importée en Inde pour l'assemblage.
31:25Et c'est une formidable opportunité pour les Indiens de sortir du piège
31:28dans lequel ils ont failli tomber grâce, ou à cause,
31:33du développement très très rapide de l'IA en matière de développement logiciel.
31:37C'est que les Indiens, qui étaient les sous-traitants logiciels,
31:39les grandes ESN du monde,
31:41les grandes ESN du monde commençant à être un peu menacées par l'IA,
31:46l'opportunité pour les Indiens de monter en valeur
31:49et de commencer à manipuler des atomes plutôt uniquement que des octets
31:53est à mon avis, et comme c'est, il ne faut jamais oublier
31:56qu'il y a une tradition scientifique, mathématique extrêmement forte,
32:02extrêmement poussée en Inde, ce sont de très très très bons ingénieurs.
32:06Et puis, rappelons que, regardez un petit peu les grosses boîtes tech américaines,
32:11elles sont, pas pour la plupart, mais pour certaines,
32:15dirigées par des Indiens.
32:17Google en est un parfait équipe.
32:19Microsoft, Tatiana Della.
32:22Tristan, sur ce sujet ?
32:25Non, rien à ajouter, si ce n'est que c'est une belle opportunité pour l'Inde,
32:29et c'est aussi assez smart de la part d'Apple
32:31de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier,
32:34parce qu'en fait, on a bien vu que la mondialisation
32:37avait été brusquée cette dernière année,
32:41avec les droits de douane, etc.
32:44Et ça doit être extrêmement inconfortable
32:46de savoir qu'il y a quelqu'un à Washington ou à Mar-al-Lago
32:49qui peut décider de faire plus de 25% sur un coup de tête.
32:56Donc, il faut négocier avec l'administration Trump
32:59pour dire, regardez, on va en mettre, je ne sais pas ce qui se passe entre eux,
33:03mais en tout cas, visiblement, il y avait une demande de Trump
33:06de produire aux États-Unis, c'est compliqué,
33:08ils essayent, mais c'est compliqué.
33:10Et l'Inde est un peu un pisalet,
33:13et ça permet de prendre de la distance avec les Chinois.
33:17On ne parle pas beaucoup d'Europe dans tout ça.
33:19Je crois qu'il n'y a aucun des sujets qu'on couvre ce soir
33:21dans lequel l'Europe n'est présente.
33:23Voilà, ça c'était le petit moment blues de la soirée.
33:27Non, c'est vrai.
33:28Cela dit, les Indiens, là, ils ne font que de l'assemblage.
33:32Les pièces techniques...
33:34Mais on aurait pu bien avoir aussi une usine d'assemblage en Europe
33:38pour la partie Occident, quoi.
33:40Tu vois, ce n'était pas complètement éconnant.
33:43Je crois que tu payes un Européen beaucoup plus cher qu'un Indien.
33:47Et déjà, l'Indien est plus cher que les Chinois.
33:49Là, aujourd'hui, c'est l'un qui subventionne...
33:51Oui, parce qu'il y a ce transfert de technologie en ce moment
33:53où il faut faire monter tout le monde.
33:56Et c'est sûr que ça doit coûter très, très, très cher à Apple
33:59de faire ce move vers l'Inde.
34:02Parce qu'il n'y a pas l'écosystème qu'il y a déjà en Inde depuis 25 ans.
34:08Mais parce qu'est-ce qu'il y a tous les fournisseurs autour ?
34:11Aujourd'hui, vous allez dans les usines Pégatron
34:13qui fabriquent les iPhones par millions.
34:16Vous avez tout l'écosystème, en fait.
34:19La petite loupiote, la petite vis, les emballages, tous les accessoires.
34:25Ils vont prendre leur temps. Encore une fois, Shenzhen, au lancement de l'iPhone,
34:30n'a rien à voir avec ce qui est devenu Shenzhen aujourd'hui.
34:33Donc, moi, j'attends dans 5, 6, 7 ans, un bouquin Apple in India
34:38qui viendra nous expliquer ce qu'il y a eu de différent.
34:41Et Apple in Europe, non ?
34:43On aimerait.
34:44Maintenant, la vraie valeur ajoutée, elle est à Taïwan.
34:47Donc, elle n'est plus ou pas complètement en Chine.
34:51Elle n'est pas du tout en Inde.
34:53Et elle est un peu en Europe avec TSMC.
34:56Et elle est à Taïwan.
34:58Oui, alors, j'ai plus en tête la baume et le découpage précis
35:03de tous les composants qui rentrent dans un iPhone.
35:05Mais je pense, oui, le verrou est à Taïwan.
35:08Tu as raison.
35:09Absolument.
35:10Mais en revanche, sur les différents éléments composants
35:14qui permettent d'atteindre la valeur d'un iPhone,
35:19je pense que ce n'est plus réparti.
35:21Et aujourd'hui, les Américains n'arrivent pas à monter en puissance
35:24sur la fabrication de ces puces extrêmement compliquées que fait Taïwan.
35:28Donc, c'est un vrai sujet, d'ailleurs, pour Trump.
35:3120h10, je vous propose maintenant de nous focaliser sur une personnalité,
35:36une femme qui compte de plus en plus dans le monde de l'IA.
35:40Tu en parlais tout à l'heure.
35:41C'est Nina Murati.
35:4337 ans, d'origine albanaise,
35:47qui était à l'origine, en fait, d'Open&Eye,
35:49qui a été l'une des, on va dire, des personnalités d'Open&Eye
35:54il y a quelques années.
35:55Elle a travaillé dans énormément de boîtes de tech.
35:59Elle est vraiment très reconnue et très respectée dans ce domaine.
36:02En gros, pour vous la faire courte,
36:03à l'époque du délire de Sam Altman,
36:07Nina Murati a pris ses jambes à son cou
36:09et est partie d'Open&Eye,
36:11alors que c'était l'une des personnes clés du succès de Chagipiti.
36:15Elle est partie pour monter sa propre boîte
36:18qui s'appelle Thinking Machines.
36:21Elle a levé beaucoup d'argent.
36:22Je crois qu'elle a levé 2 milliards en quelques semaines,
36:25en fait, parce qu'elle est très influente.
36:28Et on se disait, un petit peu comme Yann Lequin aujourd'hui,
36:31on n'en a pas parlé, mais on l'a évoqué ce sujet hier,
36:33qui, sur sa seule compétence et son nom,
36:37arrive à lever de l'argent.
36:38Elle, elle a réussi, avec son équipe, à lever 2 milliards.
36:41Ce qui fait qu'aujourd'hui, je crois que Thinking Machines
36:43est valorisé 12 milliards.
36:45Et ce qui est intéressant, c'est que
36:48Nvidia suit de très près, en fait,
36:50le développement de Thinking Machines
36:51et a annoncé, en fait,
36:54passer, on va dire, un partenariat,
36:56enfin, même plus qu'un partenariat,
36:58mais de l'argent dans cette boîte Thinking Machines.
37:01Isabelle ?
37:02Absolument.
37:02Alors, effectivement, Nvidia a l'habitude,
37:04et l'a prouvé ces derniers mois,
37:06d'investir chez ses propres clients.
37:09D'ailleurs, ça lui avait été reproché.
37:10On disait qu'il investissait chez ses clients
37:12pour que ses clients achètent,
37:13que ça faisait un peu une espèce d'économie circulaire
37:16qui n'était pas très saine.
37:17Mais ça veut dire qu'en tous les cas,
37:19cette société...
37:19Tu peux même parler de consanguinité.
37:20Oui, de consanguinité.
37:22Mais ça montre que cette société
37:23a un vrai rôle à jouer à l'avenir,
37:25puisque c'est quand même des sommes importantes
37:27qui sont en jeu.
37:28Et ce qui est intéressant,
37:29pour reboucler avec les premières parties
37:31de l'émission,
37:32c'est qu'elle a pris un angle très différent
37:35dans la conception même de l'IA.
37:38Open AI est partie du principe
37:40qu'il fallait construire une IA
37:41qui pourrait très rapidement remplacer
37:43le cerveau humain.
37:45Elle allait dans une démarche
37:46qui est assez différente,
37:47qui est une IA plus collective,
37:49qui a pour objectif d'augmenter,
37:52d'être un peu un copilote de l'humanité
37:55et non pas remplacer l'humanité.
37:57Et c'est sur ces sujets-là
37:58qu'il y a eu des fortes dissensions
38:00dans les équipes,
38:01et tu l'évoquais tout à l'heure, François,
38:03et qui a fait en sorte qu'elle est partie
38:05pour pouvoir créer elle-même
38:07sa propre structure.
38:08Alors c'est intéressant, je te coupe,
38:10parce que je ne sais pas si vous aviez suivi l'histoire,
38:12parce qu'évidemment,
38:12il y a plein de rebondissements.
38:14Elle était partie avec ses collaborateurs
38:16d'Open AI,
38:17qui après sont repartis
38:19chez Open AI,
38:19je ne sais pas si vous avez suivi,
38:21mais Thinking Machines
38:22a été un petit peu,
38:23on va dire,
38:24vidé de sa substance.
38:27On ne sait pas pourquoi,
38:29mais en fait,
38:29Samatman a récupéré
38:30ses collaborateurs,
38:32parce que visiblement,
38:32ils n'étaient plus trop en phase
38:34avec la vision
38:35de Nina Murati.
38:36Alors je ne sais pas
38:37s'ils étaient plus trop en phase,
38:39ou s'ils se sont rendus compte
38:40qu'il n'y avait pas suffisamment
38:42d'investissement
38:43dans cette structure
38:44pour pouvoir opérer
38:45comme ils le souhaitaient.
38:47Ces talents sont à la recherche
38:48d'investissements absolument colossaux
38:51pour travailler
38:52et produire de la valeur
38:54et créer des nouveaux agents,
38:55des nouveaux produits.
38:57Oui, parce que quand tu es salarié
38:59dans une de ces boîtes-là,
39:00en fait,
39:00il y a deux choses
39:01que tu regardes,
39:02c'est ta rémunération,
39:05est-ce que je vais être payé correctement,
39:07est-ce que j'ai un welcome package,
39:08etc.,
39:09et on sait que les enchères
39:10montent vite,
39:11etc.,
39:12mais c'est aussi
39:12combien de budget j'ai
39:14et combien de liberté j'ai
39:16pour...
39:16Combien de GPU j'ai accès ?
39:18Combien de GPU j'ai accès ?
39:19Combien de milliards de tokens
39:21ou quelle liberté j'ai
39:23pour travailler les sujets
39:26qui m'intéressent ?
39:26Est-ce que je vais exécuter
39:27ce qu'on va me dire ?
39:28Ou bien est-ce que je vais pouvoir
39:29chercher des trucs incroyables ?
39:32Et force de constater
39:33qu'aujourd'hui,
39:34c'est Google avec Gemini 3
39:36qui a investi un budget énorme
39:39et qui a fait des progrès
39:40absolument colossaux
39:41sur sa propre IA
39:42et qui l'intègre aujourd'hui
39:44dans l'intégralité
39:44de ses services grand public.
39:46Il y a toujours OpenAI,
39:48mais sur lequel il y avait des sujets
39:50sur son financement,
39:52sa directrice financière a expliqué
39:54qu'il y avait une caution de l'État.
39:56Enfin, ce n'était pas très clair
39:57et ça a un peu inquiété les marchés.
39:59Et puis, il y a Anthropique
40:00qui, finalement,
40:01va rentrer sur le marché
40:02pour lever de l'argent.
40:03Donc, le financement
40:04est absolument...
40:05Un besoin de financement
40:06absolument colossal.
40:08Et ce qui explique aussi,
40:09je pense,
40:10le fait qu'en Europe,
40:11on n'ait pas les structures,
40:13malheureusement,
40:14et l'écosystème financier
40:16pour pouvoir faire en sorte
40:18de construire des sociétés
40:19de ce type-là.
40:20Tu vois qu'ils arrivent
40:21à lever 2 milliards, quoi.
40:23Ouais, ouais, c'est ça.
40:25T'en connais combien
40:26des start-up européennes
40:28qui ont levé 2 milliards ?
40:29Alors là, il y a Yann Lequin
40:30qui a levé un petit peu moins
40:32mais dans l'IA.
40:32Mais c'est dans l'IA
40:33et c'était il y a quelques semaines, quoi.
40:36Ouais, non, mais je crois
40:37qu'en plus, en Europe,
40:38c'est un record.
40:39Et c'est un vrai sujet.
40:40Voilà, c'est un record
40:41et c'est un vrai sujet.
40:42Philippe ?
40:43Moi, ce qui m'a intéressé
40:44dans ce deal,
40:46au-delà de la compétition de talent,
40:48puisque moi, j'ai cru comprendre
40:49qu'OpenEA et même
40:50pendant la négociation du deal
40:53entre Thinking Machines
40:54et NVIDIA
40:55continuaient à essayer
40:57de débaucher des personnes,
40:59des collaborateurs
41:01de Minamurati.
41:02Moi, ce qui m'intéresse surtout,
41:04en tout cas, ce qui me frappe,
41:05c'est un des chiffres
41:06qui a été cité
41:07pour qualifier le deal
41:08qui est 1 gigawatt.
41:09Donc, revoilà l'énergie.
41:12Revoilà la démonstration
41:14que, en tout cas,
41:15les modèles frontières en IA,
41:17c'est de l'infrastructure
41:19et de l'énergie.
41:231 gigawatt,
41:24c'est 750 000 foyers américains
41:26en alimentation.
41:28Donc, voilà les ordres
41:29de grandeur dont on parle.
41:30Et je trouve intéressant
41:31qu'on ne parle même plus,
41:32d'ailleurs, du nombre
41:32de puces Vera Rubin
41:33ou de non...
41:34Ce n'est plus la quantité de GPU
41:35qui est le proxy
41:36permettant de mesurer
41:37ou de qualifier.
41:38L'unité de mesure,
41:39c'est le gigawatt.
41:41C'est le mégawatt, quoi.
41:42C'est le mégawatt
41:43et là, c'est le gigawatt.
41:44Et en faisant ça,
41:46elle a beau n'avoir levé
41:47que 2 milliards,
41:48elle a beau n'en valoir que 12,
41:50elle rentre dans la cour des grands
41:52parce que la promesse
41:53du gigawatt,
41:54c'est la promesse
41:55des engagements
41:56de data centers,
41:57compris des très très grands
41:59et des beaucoup plus grands
41:59qu'elle.
42:01Alors, après,
42:01on peut se demander
42:02à quoi joue
42:04Jensen Wang
42:05en étant l'arbitre
42:06et en plaçant ses oeufs
42:07un peu partout.
42:07Mais pour moi,
42:09c'est ça le symbole
42:10le plus important,
42:10c'est qu'elle accède
42:12à une capacité,
42:13à une puissance
42:14de calcul
42:16qui, jusque-là,
42:17était réservée
42:18à ses très très très grands
42:19compétiteurs.
42:20Après, je trouve que
42:20de la part de Jensenian,
42:22c'est plutôt malin
42:22parce qu'en fait,
42:23il mise sur toutes
42:24les boîtes
42:25qui potentiellement
42:26peuvent exploser un jour.
42:27Au pire,
42:28qu'est-ce qu'il va perdre ?
42:29Parce que c'est pas du cash,
42:30là,
42:31c'est simplement
42:31de la ressource processeur.
42:33Alors, c'est du cash aussi
42:34d'une manière générale,
42:35mais finalement,
42:36il va louer
42:36ses infrastructures
42:38gratis
42:39et il échange ça
42:40contre une valorisation.
42:42Si ça marche pas,
42:43bon, c'est pas bien grave,
42:45finalement.
42:45C'est un peu le rôle
42:46d'un fonds d'investissement.
42:47Je trouve ça plutôt malin.
42:49Il joue un peu le rôle
42:50d'un fonds d'investissement
42:51où il positionne
42:52ses investissements
42:53dans des boîtes différentes
42:54pour s'assurer
42:55qu'il y en ait au moins une.
42:56Et si demain,
42:57Sinky Machine explose,
42:59ça sera un super client
42:59parce que là,
43:00ils commenceront à payer vraiment.
43:01Absolument.
43:02Donc, c'est plutôt smart.
43:04Il reste quand même une question,
43:05c'est qui va fournir
43:05l'électricité ?
43:06Oui.
43:07Alors, je ne sais pas
43:08si vous avez suivi.
43:08Il y a une actu
43:09très intéressante là-dessus.
43:11C'est le fait
43:12de rajouter des batteries
43:14pour faire tampon
43:16lorsque, en fait,
43:18les data centers
43:19ont besoin d'énergie.
43:21Je ne sais pas
43:21si vous avez suivi
43:22cette actu.
43:22Ce sont tous les géants
43:24de la tech
43:24qui sont en train
43:25de réfléchir
43:25à renforcer
43:26le réseau américain
43:27électrique existant.
43:29Il faut savoir
43:30que le réseau américain
43:31électrique existant
43:35subvient à 70%.
43:37de ses besoins,
43:38c'est-à-dire qu'il y a
43:38encore 30% de marge
43:40avant que ça explose,
43:41finalement.
43:42Et si,
43:43c'est ce qu'expliquaient
43:43en fait les Google,
43:45les Microsoft, etc.,
43:46ils arrivaient à avoir
43:47des tampons,
43:47du buffering
43:48en batterie,
43:50finalement,
43:51ils arriveraient
43:51à faire baisser
43:53cette production électrique
43:54qui serait mieux lissée,
43:56finalement,
43:56parce que,
43:57en fait,
43:57quand l'électricité
43:59est moins consommée,
44:00elle rechargerait
44:01les batteries,
44:01et les batteries
44:03donneraient cette électricité
44:04quand les data centers
44:05en ont vraiment besoin.
44:06Et donc,
44:07il y a toute une réflexion
44:08là-dessus
44:08avant de créer
44:09de nouvelles centrales nucléaires,
44:11etc.,
44:12etc.
44:12– Tu as raison,
44:14c'est un vrai,
44:14vrai problème.
44:15C'est qu'en fait,
44:16alors un data center,
44:17la consommation
44:18est relativement régulière.
44:21Bon,
44:21éventuellement,
44:22entre la température du jour
44:23et de la nuit,
44:24– La consommation électrique humaine,
44:24elle n'est pas régulière,
44:26c'est pas un problème.
44:26– Mais l'humain,
44:27lui,
44:27a des gros pics.
44:28donc le matin,
44:29tu fais tourner ton grille-pain,
44:31le soir,
44:31tu fais le dîner,
44:33la nuit,
44:34on consomme très peu.
44:35– Il fait chaud,
44:36tu consommes,
44:36il fait froid,
44:37tu consommes.
44:38– Et en fait,
44:39du coup,
44:39on est obligé
44:40de dimensionner
44:41la ressource électrique
44:43pour les pointes.
44:45Et sinon,
44:46parce que là,
44:46si tu n'es pas à la hauteur
44:47pour les pointes,
44:49à ce moment-là,
44:50tu as des coupures,
44:51les gens ne sont pas contents,
44:51etc.
44:52Alors déjà,
44:54en France,
44:56tous les opérateurs
44:57de data center,
44:58ils négocient
45:00avec Enedis
45:01de pouvoir couper,
45:04par exemple,
45:05l'hiver,
45:05quand il y a un pic de froid,
45:08et bien à ce moment-là,
45:09ils sont obligés
45:11d'arrêter,
45:12d'alimenter
45:13leur data center
45:14au moment où ça va
45:15vraiment très mal
45:16parce qu'ils ont
45:16ce chauvet électrique.
45:17– Priorité aux humains.
45:18– Voilà,
45:19et du coup,
45:19ils font tourner
45:19des centrales diesel
45:24localement,
45:24en fait,
45:24les groupes électrogènes
45:26diesel tournent
45:27parce qu'ils ont un contrat
45:28où ils disent
45:29tant d'heures par an,
45:30c'est quelques heures seulement,
45:31mais c'est des moments critiques
45:33pour éviter que ça flanche,
45:35et bien les data centers
45:36effacent leur consommation.
45:38Mais ça,
45:39c'est exceptionnel,
45:40c'est du diesel,
45:41c'est polluant,
45:42ça coûte cher,
45:42il faut faire venir
45:43des camions,
45:44c'est compliqué.
45:46Donc,
45:46si on avait localement
45:48des batteries
45:48qu'on peut recharger
45:49la nuit
45:49et qui peuvent servir
45:51à effacer la consommation
45:53lors des moments de pointe,
45:54et bien à ce moment-là,
45:55on n'arrive plus à lisser
45:56et donc on n'a plus
45:57ces problèmes de pointe
45:58qui obligent
45:59à dimensionner les centrales
46:01pour des pointes
46:01qui sont exceptionnelles
46:02dans l'année.
46:02– Le stockage de l'énergie
46:03est un enjeu absolument colossal
46:05et aujourd'hui,
46:06on ne l'a pas encore résolu
46:07en réalité.
46:08Les équipes de Tesla
46:09qui travaillent énormément
46:10sur les batteries
46:11sont vraiment sur ce sujet-là.
46:14– Bien sûr,
46:14il faut savoir qu'en Californie,
46:15vous pouvez acheter
46:16des powerwalls,
46:18les foyers américains
46:19peuvent s'équiper
46:19de powerwalls,
46:20ça récupère l'électricité
46:22quand elle est peu chère
46:24ou quand elle est abondante,
46:26on va dire,
46:26ça remplit ces powerwalls
46:28et après,
46:28vous vous en servez
46:29quand vous en avez besoin
46:30véritablement
46:31pour faire baisser la facture.
46:32– Et l'idée de départ,
46:33c'était de prendre
46:34des batteries de voitures
46:36en fin de vie
46:36– Voilà, les Tesla.
46:38– Et les mettre
46:39dans ces powerwalls
46:40parce qu'elles peuvent fonctionner
46:42avec une seule…
46:42– Voire même d'utiliser
46:43l'énergie de ta propre voiture
46:45lorsque tu as besoin d'énergie.
46:46– Ça s'appelle le grid,
46:47je ne sais plus quoi,
46:48mais effectivement,
46:49c'est le véhicule collective.
46:50– Renault travaille
46:51sur cette batterie.
46:52– Vehicle to grid.
46:53– Oui, c'est ça.
46:54– Oui, et puis,
46:56sachant que le sujet
46:56de moyen terme,
46:58c'est l'obtention
47:01de sources d'énergie
47:03de moyenne puissance
47:05pilotable
47:06qui puissent être déployées
47:07de manière décentralisée
47:08directement pour alimenter
47:09ces infrastructures
47:11qui ont besoin d'énergie.
47:13C'est toutes les recherches
47:15et les projets
47:15qui sont conduits
47:16sur les small and medium reactors,
47:18donc les petites installations nucléaires.
47:21C'était intéressant
47:22d'entendre aujourd'hui
47:22notre président de la République
47:24qui rappelait l'intérêt
47:26des centrales nucléaires
47:27pour alimenter
47:27les data centers IA.
47:28Bon, encore faut-il
47:29qu'on soit capable
47:30de les construire
47:31dans les délais
47:32et dans les coûts.
47:33– Oui, ce qui…
47:34On n'a pas fait preuve
47:37véritablement de régularité
47:39dans ce domaine-là.
47:41Cela dit, bon…
47:41– Et pourtant,
47:42il y a des acteurs français
47:43qui sont très très bons
47:44dans ce domaine.
47:45– Et qui exportent d'ailleurs
47:46leur savoir-faire
47:47un peu partout dans le monde.
47:48– Ou qui vont bientôt
47:48s'exporter d'ailleurs
47:49parce qu'ils n'arrivent pas
47:50en France
47:51à avancer suffisamment vite.
47:53– Il nous reste trois minutes,
47:53j'aimerais qu'on évoque
47:54un dernier petit sujet,
47:56c'est la montée en puissance
47:57des robots-taxis.
47:58Si vous êtes allé
47:59aux États-Unis
48:00ou notamment à San Francisco
48:01ou dans plusieurs grandes villes
48:03des US,
48:03c'est quand même assez flagrant
48:05de voir qu'il y a
48:06une transformation évidente,
48:09marquante,
48:10de la manière
48:10dont les gens se déplacent.
48:14Aujourd'hui,
48:15il est tout à fait commun
48:16de prendre un Waymo
48:18à San Francisco
48:20dans certaines grandes villes
48:21des États-Unis.
48:22Et ce qui est intéressant,
48:24c'est qu'il y a de plus en plus
48:25d'acteurs.
48:26Et je voulais vous parler
48:28en fait de Zouks,
48:29qui est une filiale d'Amazon.
48:30On a pu tester un Zouks,
48:32c'était amusant.
48:32À Las Vegas,
48:33c'est des petites voitures
48:34qui ne sont pas très belles.
48:35Ça ressemble à des Fiat Multipla.
48:36Alors pour tous ceux qui...
48:37Oh la vache !
48:37Voilà, c'est assez violent.
48:40Elles sont nommées grippes là-bas.
48:42Voilà, c'est ça.
48:43Parce que c'est assez cubique.
48:44C'est assez cubique.
48:45Il n'y a pas de...
48:45En fait, il y a juste
48:47un habitacle pour 4 personnes.
48:49Il n'y a pas de chauffeur,
48:50évidemment,
48:51pas de volant.
48:52Donc tout est vraiment concentré.
48:53Et hop là,
48:54vous partez,
48:54vous allez d'un point A
48:55à un point B
48:56de manière très sûre,
48:58bien évidemment.
48:59Et ce qui est intéressant,
48:59c'est que Uber
49:00a décidé de passer un accord
49:01avec Zouks.
49:03Très intéressant,
49:04là aussi,
49:04de voir que tout est en train
49:05de se préparer là.
49:07En fait,
49:07ce qui est absolument passionnant,
49:08c'est qu'aujourd'hui,
49:09une voiture est utilisée,
49:10une voiture classique,
49:11est utilisée par son propriétaire
49:13à peu près 4% du temps.
49:15Donc il y a 96%
49:17du temps
49:18qui n'est pas utilisé.
49:19Ce qui fait qu'on achète
49:20nos voitures
49:21beaucoup trop cher
49:21puisqu'on les utilise
49:22que 4%.
49:23Et on les revend
49:23beaucoup moins cher
49:24quelques années plus tard.
49:25C'est ça qui est...
49:26Et donc,
49:26toute la subtilité
49:27et la réflexion aujourd'hui
49:29mais qui anime
49:29les équipes de Tesla
49:31depuis maintenant très longtemps,
49:32c'est comment faire
49:32pour avoir une voiture
49:33collective en fait,
49:34qu'on puisse se partager
49:36et qu'elle puisse être utilisée
49:37100% du temps
49:38et non plus uniquement 4%,
49:39ce qui va avoir
49:40un impact énorme
49:41sur nos finances personnelles.
49:43Tout à fait.
49:43Avec l'affectibilité
49:44malgré tout
49:45d'une vraie voiture.
49:46C'est-à-dire qu'on commande,
49:46on a ce produit tout de suite.
49:47Voilà.
49:48L'enjeu,
49:48c'est de l'avoir immédiatement.
49:49C'est donc d'avoir
49:50une flotte très proche
49:51de chez soi
49:52ou du lieu où on est
49:53pour pouvoir y accéder.
49:55Et donc,
49:55le fait d'avoir
49:56cette collaboration
49:56avec Uber
49:57est extrêmement intéressante
49:58puisque aujourd'hui
49:59vous cliquez sur l'application Uber
50:01et on vous dit
50:02dans 3 minutes
50:03ou 4 minutes
50:03vous avez une voiture qui arrive.
50:05Donc là,
50:05tout l'enjeu,
50:06c'est effectivement
50:07d'avoir accès
50:08de manière extrêmement simple
50:10à une flotte de véhicules
50:12qui va vous permettre
50:14d'utiliser
50:15de manière simple
50:16sur des parcours
50:17le plus large possible
50:19cette voiture.
50:20Les chauffeurs Uber,
50:21ils n'en pensent quoi
50:22de cette histoire ?
50:23De baisser le prix
50:24d'une voiture pour tous.
50:24Ils se font Uberiser
50:25chaque fois autour.
50:27Ça repère en cause
50:28des modèles écoles.
50:29Comme nous tous,
50:29moi je prends souvent
50:30des Uber ou des taxis
50:31et je sais qu'il y en a
50:33beaucoup qui nous écoutent
50:33ce soir,
50:34que ce soit en direct
50:35à la radio,
50:36sur BFM Business
50:36ou à la télé
50:38et franchement,
50:40ça va être un sujet
50:41pas tout de suite
50:42mais à l'horizon 2030,
50:45on se posera vraiment
50:46la question.
50:47Il y aura de plus en plus
50:48de véhicules autonomes
50:50qui vont remplacer
50:51les chauffeurs de taxi,
50:53les chauffeurs Uber.
50:54Et quand on va
50:55aux Etats-Unis,
50:55c'est évident
50:56c'est évident en plus.
50:59Et il y aura forcément
51:00d'autres types de missions
51:02que l'on pourra proposer
51:03à ces gens.
51:03Déjà quand Uber est arrivé,
51:05on avait crié au loup
51:07parce qu'effectivement
51:08ça mettait en péril
51:09les taxis
51:09et ça transformait
51:10le modèle économique.
51:11Les modèles se transforment
51:13et moi qui suis une optimiste
51:15par rapport à toutes
51:16les innovations,
51:17j'espère
51:18et j'espère que l'avenir
51:19nous donnera raison.
51:20Tu as raison,
51:21mais je pense qu'il faut
51:22informer.
51:24Il faut informer
51:25toutes ces personnes
51:27qui aujourd'hui
51:28n'ont peut-être pas
51:31le retour que nous on a
51:33de tout ça.
51:34Parce que c'est vrai
51:34qu'aujourd'hui
51:34quand on est à Paris,
51:35il n'y a pas de véhicule autonome.
51:37Ça n'existe pas,
51:38la législation n'est pas prête,
51:40il n'y a aucune réglementation.
51:41La ville n'est absolument
51:43pas adaptée.
51:44Oui mais ça va venir Philippe,
51:45on le sait très bien.
51:46Ça viendra un jour ou l'autre.
51:48Oui à condition
51:49que les véhicules
51:49s'améliorent en termes
51:50de perception.
51:50Oui mais tu prends
51:51une Zouks par exemple,
51:52c'est un petit véhicule.
51:53Ça prend beaucoup moins
51:54de place qu'une Toyota Prius.
51:57Tu vois ce que je veux dire ?
51:58Donc demain,
51:58ça peut très bien
51:59se faufiler dans les rues parisiennes
52:00ce petit véhicule.
52:01Mais il faut résoudre
52:02les problèmes d'assurance,
52:04les problèmes d'accès
52:05à la propriété.
52:05Il y a quand même
52:06de sécurité routière,
52:07il y a quand même
52:08de gros sujets.
52:09On les a résolus aux Etats-Unis,
52:10je ne vois pas pourquoi
52:10on ne les résoudrait pas.
52:11Ça va arriver
52:12mais je pense que
52:12ça ne sera pas demain.
52:14Non, c'est pour ça
52:14que je dis 2030, 2030.
52:16C'est pour les enfants
52:16du chauffeur Uber
52:17peut-être qu'il y aura
52:18des sujets.
52:19Ou pour les plus jeunes
52:20d'entre eux.
52:22Quand même,
52:23petite histoire optimiste,
52:25j'ai découvert
52:25qu'en fait,
52:27certains véhicules,
52:28je crois que c'est
52:28les Waymo,
52:29ils refusent de démarrer
52:30si la portière est mal fermée.
52:31Donc en fait,
52:31quand un client sort du Waymo,
52:34il claque mal la porte,
52:35la porte est légèrement
52:36entreouverte
52:36et donc le véhicule le détecte
52:38et refuse pour des raisons
52:39de sécurité
52:41de démarrer.
52:42Et donc,
52:42la voiture est immobilisée,
52:43le client est parti
52:44parce qu'il a fini sa course.
52:45Mais tu ne vas pas me dire
52:46qu'il n'y a pas un capteur
52:47qui dit fermez bien votre porte.
52:48Non, non, non.
52:49Le type,
52:49il a mal claqué la porte
52:51ou la ceinture sécurisée.
52:52Il est parti.
52:54Et bien maintenant,
52:55tu as des missions d'ordage,
52:57tu sais,
52:57les trucs de proximité
52:58sur une plateforme
52:59où on te dit,
53:00c'est des gens
53:01qui livrent normalement
53:02de la nourriture
53:03un peu genre Uber Eats
53:04et ils ont maintenant
53:06un nouveau type de mission,
53:07c'est aller fermer
53:08les portes de Waymo.
53:09Donc,
53:10tu touches genre 6 dollars
53:11et pour 6 dollars,
53:13tu vas aller au coin de la rue,
53:14claquer une porte
53:15et hop,
53:15t'es crédité de 6 dollars.
53:17On a besoin de l'humain.
53:18Tu sais comment est la porte
53:19du Zouks ?
53:21Électrique,
53:21automatique,
53:22machin.
53:22C'est une porte qui s'ouvre,
53:23tu sais,
53:24comme dans les vannes.
53:24C'est coulissante.
53:25C'est coulissante.
53:27Mais ils ont tout pensé,
53:29tout a été pensé chez Zouks.
53:30Ce qui est intéressant
53:31avec Zouks,
53:32c'est qu'ils n'ont pas...
53:32Qui appartient à Amazon,
53:33rappelons-le.
53:34Zouks est parti
53:35de la feuille blanche
53:36alors que Waymo
53:37est parti
53:38d'une voiture classique
53:39qu'elle a bourré
53:40en fait de capteurs
53:41alors que Zouks
53:42a réimaginé
53:44un moyen de transport
53:44et c'est effectivement
53:45très important.
53:46J'ai juste de remarquer...
53:4710 secondes.
53:4810 secondes.
53:48La première,
53:49c'est qu'Amazon
53:49avait son projet
53:50de bagnole
53:51et qu'ils l'ont arrêté.
53:52Donc,
53:52ils savent s'allier
53:54et être agile.
53:57Et la deuxième,
53:59c'est...
53:59Tu parles d'Uber,
53:59pas d'Amazon.
54:01Tu as dit Amazon.
54:02Oui, Uber, pardon.
54:03Uber, Uber.
54:03Autant pour moi.
54:04Et la deuxième,
54:04c'est que pour moi,
54:05il y a un énorme éléphant
54:06dans la pièce,
54:06c'est Tesla.
54:08Tesla est nulle part
54:09sur le sujet
54:09alors qu'ils étaient
54:10dès 2016 en train de dire
54:12on va faire de la conduite autonome
54:13et ils étaient les premiers
54:14à annoncer
54:15que les propriétaires de Tesla
54:16pourraient réduire leurs factures
54:18en prêtant leur bagnole
54:19quand ça les arrange
54:20pour les rendre autonomes
54:21et en faire des robots-taxis.
54:22Où est-ce qu'ils sont ?
54:23Mais Tesla sera sur Mars.
54:24Elon Musk nous aurait menti
54:25encore une fois.
54:26Impossible.
54:27C'est pour les chauffeurs
54:28qui iront sur Mars.
54:29Allez, on va s'arrêter là-dessus
54:30et puis si vous êtes avec nous
54:31à la télé,
54:31on voit les images
54:32de ces petits véhicules zoos.
54:33C'est vrai que c'est vraiment...
54:34On dirait des Citroën Ami
54:35en plus grand.
54:36Ouais, c'est ça.
54:37Ou des boîtes à chaussures
54:38avec des...
54:39Avec des capteurs au coin.
54:40C'est très bizarre.
54:41Mais peut-être qu'on s'y fera,
54:43finalement.
54:44Merci beaucoup à tous les trois.
54:45Merci beaucoup.
54:45Merci François.
54:46Très bon moment à votre compagnie.
54:47Merci Tristan.
54:48Merci.
54:48Tristan Nitto,
54:49directeur associé
54:50commun numérique
54:51et entreprocène
54:51chez Autotechnologie.
54:53Merci à Isabelle Bordry,
54:54fondatrice de Retency.
54:55Et merci à Philippe De Vost,
54:56fondateur de Phileos
54:57et co-fondateur de OneAdoo.
55:00Merci à toi.
55:00De Vost avec nous.
55:01On a encore une petite
55:01demi-heure à passer ensemble
55:02avec au sommaire
55:03pour cette dernière partie
55:04de Tech & Co.
55:05On va parler IA et cancer.
55:07Comment justement
55:08la tech arrive
55:09à détecter les cancers plus tôt
55:11et comment aussi
55:11peut-être les soigner.
55:13On va en parler
55:13avec Sophia Genetics
55:15dans un instant.
55:16Et puis un invité
55:17que vous connaissez peut-être
55:18dans quelques minutes.
55:19C'est Jean-Michel Caram
55:21qui est le président
55:21et fondateur
55:22de Yeva Group
55:23et Memscap.
55:24Il fait partie
55:25d'une grande émission
55:25sur M6
55:26qui s'appelle
55:26Qui veut être mon associé ?
55:28C'est lui qui est l'un
55:29des investisseurs.
55:30Il nous racontera
55:31plein de choses
55:32parce que sa boîte
55:34vient d'arriver,
55:35vient d'être
55:36un produit en bourse
55:37et il nous expliquera
55:38comment il est passé
55:39de la tech
55:40à la médecine.
55:41C'est très intéressant tout ça
55:43et à la beauté notamment.
55:44On revient juste après
55:45cette petite pause.
55:46c'est Tech & Co la quotidienne.
55:47A tout de suite.
55:50Tech & Co la quotidienne
55:52sur BFM Business.
Commentaires

Recommandations