- il y a 5 heures
Ce mardi 10 mars, Sandra Gandoin a reçu Stéphanie Sorhouet, co-dirigeante de Somocap, Clémentine Gallet, CEO de Coriolis Composites et membre du Board de JEC, Erick Rousseau, PDG du groupe PINETTE PEI et conseiller du Commerce Extérieur de la France, et Pierre-Jean Leduc, président de Polyvia et CEO du groupe DEMGY, dans l'émission La France a tout pour réussir sur BFM Business. Retrouvez l'émission le vendredi et le samedi et réécoutez la en podcast.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:03BFM Business, la France a tout pour réussir, émission spéciale composite, Sandra Gandouin.
00:11Bonjour à tous, je suis ravie, bonjour à tous, je suis ravie de vous retrouver pour cette émission, la France
00:17a tout pour réussir.
00:18Nous sommes au GEC World en direct de Villepeinte pour cette émission, spécifiquement aujourd'hui,
00:238400 exposants, 46 000 visiteurs attendus en deux jours pour ce salon mondial, des matériaux composites, des robots, des pièces
00:32grandes, petites,
00:33parfois si petites qu'elles sont malgré tout utilisées dans des industries très importantes, l'automobile, l'aéronautique, la défense,
00:40autant vous dire qu'en ce moment, la défense, on a besoin de ces pièces, on a besoin de ces
00:45composites, ce sont des pièces essentielles pour l'industrie française.
00:48Dans le contexte actuel, on va découvrir quelques entreprises qui sont présentes à ce GEC World pendant ces deux jours,
00:54on va aussi parler évidemment du contexte international et des enjeux du secteur pour 2026.
01:01Avec mes invités, je commence par Clémentine Gallet, CEO de Coriolis, groupe également membre du board du GEC.
01:08Vous êtes également au comité aéropéme du GIFAS, vous le présidez, le groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales.
01:16Merci d'être sur ce plateau de la France à tout pour réussir.
01:20Et face à vous, Pierre-Jean Leduc, vous êtes CEO de Demj Group, vous êtes président de Polivia, vous êtes
01:27membre du comité exécutif du MEDEF.
01:29Merci beaucoup d'être dans cette émission.
01:32On va commencer un petit peu par découvrir vos entreprises à chacun.
01:35Que fait Coriolis Composite, Clémentine ?
01:38Alors Coriolis a été créé il y a 25 ans avec une idée originale qui était d'automatiser la fabrication
01:43des coques de voilier à l'époque.
01:45Mais donc start-up, sortie d'école d'ingénieur, avec mon mari et un copain d'école, on a décidé
01:50de développer une machine, donc un grand robot qui permet de déposer les matériaux composites de façon automatique.
01:56Et du bateau, dans les années 2005, les avions sont passés de l'aluminium à la fibre de carbone et
02:01on a été aspirés par le marché aéronautique.
02:02Et aujourd'hui, Coriolis fait 150 personnes, 30 millions de chiffre d'affaires en Bretagne et à Lorient.
02:08Vos clients, c'est quoi ? C'est Airbus ?
02:10Vos clients 100% aéronautiques.
02:11100% aéronautiques, par exemple ?
02:13On a Airbus, Boeing, les Chinois également de Comac.
02:17Et puis après, toute la myriade de sous-traitants à travers le monde.
02:21On a pratiquement 200 machines à travers le monde qui tournent dans les usines.
02:25Et on a également toutes les solutions digitales qui vont avec les robots, puisqu'un robot, c'est bien, mais
02:29s'il n'y a pas toute la data qui va avec, il ne fera rien.
02:32Donc on développe le digital et la robotique.
02:35Et dans quelles industries, justement, le potentiel est le plus fort ? Sur quoi vous vous concentrez le plus dans
02:39vos différentes activités ?
02:40Alors là, clairement, il y a des vagues.
02:42Et on a eu une vague d'avions commerciaux, on va dire, des activités aéronautiques civiles.
02:47Et depuis trois ans, on voit monter vraiment en flèche l'activité de défense, notamment avec des activités sur les
02:53drones.
02:54Mais les fighters également, les avions de chasse, enfin, tous ces produits qui sont en train d'être développés et
03:01dont les volumes sont en train d'exploser.
03:02On a également les air taxis américains qui font appel à notre technologie et qui sont eux-mêmes en train
03:08d'exploser en termes de volume.
03:09Vous parliez de clients Airbus, Boeing, Comac. C'est quoi la répartition de vos marchés en business ?
03:16Ah ben forcément, on est quand même plus proche d'Airbus.
03:18Donc en business, on est surtout sur le programme A350 d'Airbus.
03:22Mais encore une fois, on est aussi partenaire stratégique des deux gros piliers à l'international.
03:28Et les nouveaux clients, finalement, c'est des nouveaux entrants sur le marché qui se proposent de développer des produits
03:35aéronautiques défense et qui sont issus de nulle part.
03:39C'est plutôt des startups très, très, très capitalisées et qui déboulent sur le marché en mettant tout de suite
03:45le paquet sur les technologies.
03:46Vous dites que vous avez cette activité depuis 20 ans maintenant.
03:51Quels principaux changements vous voyez ces dernières années qui vous alertent et qui vont décider finalement de l'avenir de
03:59votre entreprise ?
04:00Les volumes.
04:01Donc les volumes égale la compétitivité des coûts.
04:05Parce que plus on a de volume, plus les clients s'attendent à réduire les coûts.
04:07Donc on doit travailler en permanence la compétitivité de nos produits.
04:11La digitalisation, puisqu'on est sur des machines, encore une fois, il faut imaginer qu'on part du dessin d
04:15'un avion pour arriver ensuite à sa fabrication.
04:17Donc on doit assurer toute la chaîne digitale qui permet toute la certification, mais dans des temps records.
04:22Donc l'intelligence artificielle, pour nous, c'est le bonheur absolu.
04:24Parce que ça va nous permettre de chanter tout plein d'étapes qui prennent beaucoup trop de temps aujourd'hui.
04:29Et donc faire face à ces volumes tout en restant compétitif et en fournissant des solutions qui sont toujours au
04:34top de toutes les technologies qu'on voit arriver dans l'industrie.
04:37Évidemment, on va parler du contexte dans un instant.
04:39Mais avant ça, je me tourne vers vous, Pierre-Jean Leduc.
04:41Vous êtes donc avant tout CEO de Demj Group.
04:44Que fait Demj Group ?
04:45Donc contrairement à Clémentine qui fabrique des machines, nous, on fait les pièces.
04:49Donc en fait, on va être directement des fabricants.
04:52Donc on est vraiment un groupe de fabrication avec une dizaine d'usines, 4 en France, 2 en Allemagne, 2
04:58en Roumanie et 2 aux Etats-Unis.
05:00Et pour 950 personnes, et cette année, on aura fait 125 millions d'euros et on va faire à peu
05:05près 140 l'année prochaine.
05:06Quel type de pièces vous produisez ?
05:08Donc en fait, nous, on est vraiment les spécialistes.
05:10On est devenus les leaders mondiaux de toutes les pièces d'intérieur cabine d'avion.
05:14Donc dès que vous êtes dans un avion, autour de vous, vous avez beaucoup de pièces en plastique et en
05:18composite.
05:19Que ce soit sur les sièges, que ce soit dans la partie au-dessus de vous.
05:24Et toutes ces pièces-là, c'est nous qui les faisons.
05:26Uniquement les avions, uniquement l'aéronautique ?
05:28Non, non, non. L'aéronautique, c'est 70% de notre chiffre d'affaires.
05:31Alors quand je dis aéronautique, il y a aussi toute la partie défense.
05:34On va y revenir, bien sûr.
05:36Qui est importante chez nous.
05:38Et globalement, on est aussi dans le médical, on est aussi dans le domaine du luxe.
05:43On fait des éléments dans la bagagerie de luxe, par exemple.
05:47Donc des pièces en composite ultra-légère.
05:50Mais le principal booster actuellement, c'est l'aéronautique et la défense.
05:54L'aéronautique et la défense, ça ne va pas changer.
05:56Comme Clémentine, rang 1 pour Airbus, rang 1 pour Boeing.
06:00Et à peu près, à parité, l'Europe, c'est plus Airbus.
06:04Les Etats-Unis, c'est plus Boeing.
06:06La répartition de vos marchés sur les continents, justement, sur le business ?
06:10Les Etats-Unis, aujourd'hui, c'est à peu près 35% de notre chiffre d'affaires.
06:14On produit 35% de notre chiffre d'affaires aux Etats-Unis.
06:17Et puis le reste, 65% en Europe.
06:20Ce qui est intéressant, c'est que j'ai lu que vous disiez qu'il y avait des secteurs qui
06:23flanchent.
06:23C'est vrai que, par exemple, en ce moment, l'automobile n'est pas au plus haut de sa forme.
06:26Il a été un de nos secteurs qui était très porteur.
06:29Et aujourd'hui, c'est en train de complètement...
06:32Je ne vais pas dire que ça va disparaître, mais ça baisse énormément en termes de volume.
06:36Pourquoi votre partie, à vous, elle ne va pas disparaître ?
06:38La partie physique ?
06:39La partie physique ne va pas disparaître.
06:41Mais la compétition fait que les véhicules sont de moins en moins produits en Europe.
06:44Et s'ils sont de plus en plus produits en Asie, par exemple, et envoyés en Europe,
06:49c'est des parts de marché pour nous qui vont disparaître.
06:51L'autre part de marché qui va disparaître, c'est que les Chinois vont implanter des usines en Europe
06:57avec des sous-traitants chinois et pas des sous-traitants européens.
07:01Il y a de grandes chances que ça soit le cas.
07:03Je ne suis pas en train de dire que ça sera forcément le cas,
07:05mais il y a de grandes chances que ça soit le cas.
07:06Comment on se prépare à ça ?
07:07On se prépare à l'extinction d'une industrie telle qu'elle a existé
07:10et telle qu'elle vous a finalement nourri ?
07:12Et on se concentre justement sur les autres secteurs qui fonctionnent ?
07:15Alors nous, l'aéronautique a toujours été un secteur porteur chez nous.
07:19Mais là aussi, il y a des cycles.
07:20Et là, le cycle, il est très, très positif.
07:22Donc il faut être, on va dire, plein de vapeur pour pouvoir profiter de cette dynamique.
07:26Et c'est ce qui se passe.
07:28Et donc nous, aujourd'hui, on concentre toute notre activité
07:31à développer cette activité, ces marchés aéronautiques.
07:36Et c'est pour ça d'ailleurs qu'on a fait une acquisition l'année dernière aux États-Unis
07:39pour pouvoir être encore plus proche de Boeing.
07:43Votre message là-dedans, c'est que quel que soit finalement l'état des industries,
07:47vous vous adaptez, mais qu'en Europe, on a vraiment une carte à jouer sur ce secteur des composites ?
07:54On a quelle carte à jouer en Europe, Clémentine ?
07:56Alors nous, il faut imaginer qu'en 1999, on était étudiants,
08:00on était au GEC qui se trouvait à la Défense, au CNIT.
08:02On devait être 40 exposants, mais 40, voilà.
08:06Dont nous, on était déjà là.
08:07Dont Viergein.
08:08Et qu'aujourd'hui, on est 1 400.
08:10Donc avoir à expliquer la tendance, je pense qu'elle s'explique par elle-même.
08:15Pour autant, comment faire perdurer, comment les composites vont évoluer ?
08:20On est devant des challenges qui sont quand même majeurs,
08:22que ce soit l'impact sur l'environnement,
08:24les plastiques et autres sont quand même sérieusement attaqués.
08:26Donc il faut se réinventer perpétuellement.
08:29Et je trouve que le socle de connaissances qu'il y a en Europe est vraiment unique pour ça.
08:35C'est-à-dire qu'on a tout.
08:36On a les labos, on a les fournisseurs, on a les chimistes,
08:38qui n'est plus le cas dans beaucoup de domaines industriels.
08:41Et aujourd'hui, les matériaux composites ont quelque part tous les maillons de la chaîne sur le sol européen.
08:46Moi, mes machines, c'est 80% de composants qui viennent d'Allemagne.
08:49Donc j'achète des robots aux Allemands, j'achète des moteurs en Suisse,
08:52j'achète des rails en Suisse et ainsi de suite.
08:54Donc tout ça, je n'irai pas le sourcer ailleurs dans le monde.
08:57Et on a les performances technologiques qu'on a grâce à ce socle européen.
09:02Il n'y a pas long à ce que ça disparaisse.
09:04Donc il faut être extrêmement vigilant.
09:05Et il faut être extrêmement vigilant, notamment par le contact du client,
09:09par être sûr qu'on adresse correctement le marché et qu'on arrive avec le bon produit,
09:13que ce ne soit pas non plus hors sol, c'est-à-dire que ce ne soit pas une idée
09:16saugrenue.
09:17Tiens, si on lançait, on en a vu passer des idées géniales depuis 25 ans sur les composites.
09:21Bon, là, il faut se coller aux besoins des clients, il faut adhérer vraiment au marché qui n'est pas
09:26forcément en Europe.
09:27Là, il faut faire attention aussi.
09:28C'est pour ça qu'il faut quand même pas mal passer de temps dans les alliants.
09:30L'international est vraiment important.
09:33Ne pas se fermer de porte.
09:34Exactement.
09:34Parce que les idées viennent aussi d'aller voir ce que font les petits copains.
09:37Il y en a qui sont plus avancés sur certains domaines maintenant.
09:39Donc il faut aller chez eux, il faut leur proposer des solutions.
09:42C'est quoi la principale menace justement qui menace l'Europe dans ce secteur-là ?
09:47Vous parliez tout à l'heure de l'intelligence artificielle, du fait que ça va très vite,
09:50du fait que les idées et la technologie remplacent ce qu'on a connu dans les dernières années,
09:54qui a mis du temps à s'installer.
09:55C'est quoi la plus grande menace et ce à quoi il faut faire le plus attention
09:59pour qu'on garde justement une Europe forte dans ce secteur ?
10:02Pour moi, la plus grande menace, c'est les compétences.
10:05C'est-à-dire qu'en fait, aujourd'hui, nous, dans le domaine de la production,
10:08on commence à avoir beaucoup de mal à recruter.
10:11Parce qu'en fait, l'industrie n'attire pas forcément,
10:14alors qu'il y a un potentiel à la fois incroyable de développement,
10:17plus aussi des salaires qui sont bien meilleurs que dans la plupart des industries,
10:21enfin dans le service.
10:22Donc c'est un élément à avoir en tête, mais il faut vraiment...
10:26C'est pour ça qu'on a le coq bleu, la French Fab,
10:30de montrer que c'est des industries qui sont hyper attractives.
10:33Et si vous faites le tour du salon, d'ailleurs, vous allez voir quand même pas mal de jeunes,
10:36mais ces jeunes-là, il faut qu'on les attire.
10:38C'est surtout qu'ils aillent en production.
10:40C'est-à-dire que le monde, aujourd'hui, il y a le monde des études
10:43et il y a le monde de la production.
10:45Et pour nous, entreprises de production, si on veut continuer à produire en Europe,
10:49il faut qu'on ait ces gens qui veulent travailler en production.
10:53Donc ça veut dire aussi qu'il faut que nos usines soient attractives,
10:56nos conditions de travail soient attractives,
10:58nos salaires soient attractifs.
10:59Mais ils le sont. Les salaires sont attractifs.
11:01Vous l'avez dit, on fait carrière aussi.
11:03Comment on fait la publicité auprès des jeunes ?
11:05On va les voir dans les collèges.
11:06Il y a des entreprises qui commencent à faire ça,
11:08c'est-à-dire à faire un lien entre l'industrie pure,
11:11les usines et ces gamins qui pourraient peut-être avoir l'idée à ce moment-là
11:15de bosser dans ce secteur.
11:16Clémentine ?
11:17Nous, la politique chez Coriolis, c'est de ne refuser aucun enfant de 3e
11:21qui veut faire son stage chez nous.
11:23On les accepte tous.
11:24Parce que c'est en 3e que ça se passe, avec tout le système maintenant
11:27au lycée de choix des spécificités, des spécialités.
11:32On a vite fait de se retrouver en terminale avec pas du tout les bonnes spécialités
11:36pour aller là où finalement, en 3e, on aurait pu s'ouvrir les yeux sur des domaines.
11:40J'attire aussi les filles, parce qu'en 3e, les filles, il faut leur dire,
11:43écoute, si tu pars dans une filière technique, moi en seconde,
11:46je faisais de la technologie et du dessin industriel.
11:48Et ça ne m'a jamais posé de problème et c'était super.
11:50Donc, il faut leur ouvrir les yeux.
11:51Moi, je prends toutes les filles de 3e qui viennent chez moi,
11:53je leur fais une demi-heure d'interview pour leur dire,
11:57vous allez faire une carrière scientifique.
11:59Déjà, vous êtes rentré chez moi, donc ça veut dire que vous avez poussé la porte.
12:02Donc, il faut vraiment accompagner le mouvement.
12:05Et nous, en fait, là, je vais prendre ma casquette Polivia.
12:09En fait, chez Polivia, on a toute la partie, le syndicat de la place sur J des composites.
12:13Donc, en fait, on forme des apprentis, niveau technicien,
12:16niveau ingénieur.
12:17Et donc là, il faut que nos entreprises les accueillent.
12:19Donc, c'est là aussi un des challenges,
12:21c'est que les entreprises acceptent d'accueillir des apprentis
12:24parce qu'en fait, la plupart du temps, ce sont des super collaborateurs.
12:28Leur donner le goût et leur montrer qu'une carrière est possible,
12:31notamment pour les filles.
12:31Et quand on est en rôle modèle, c'est aussi très important.
12:34J'ai une toute dernière question.
12:35Il y a un contexte.
12:36Évidemment, ce salon, il se joue 10 jours après le début de la guerre au Moyen-Orient.
12:41Pour vos industries, à vous, c'est important.
12:44Qu'est-ce qu'on met en place dans ces cas-là ?
12:46Qu'est-ce qu'on commence à décider sur une stratégie pour 2026 ?
12:49Clémentine.
12:50Autant vous dire que des crises depuis 2019, le crash de Boeing,
12:54je crois qu'il n'y a pas une année où on n'a pas subi un truc.
12:57Donc, celle-là, autre chose, on a une résilience.
13:01Je ne vous cache pas qu'on doit changer nos parcours en avion
13:04pour aller en Inde servir nos clients.
13:06OK, donc tact.
13:07On passe notre temps à s'adapter.
13:09La guerre, elle va faire un bazar pas possible.
13:11Niveau politique, essentiellement géopolitique.
13:13Attendons de voir et soyons hyper prudents.
13:16Mais vous avez déjà orienté tous les deux vos business
13:19vers de toute façon l'aéronautique et la défense.
13:21Et ça, c'était déjà prévisible.
13:25Alors, c'était prévisible.
13:27Pas forcément ce qui se passe actuellement.
13:28Mais comme le dit Clémentine, on ne va pas pleurer avant d'avoir mal.
13:31On s'adapte.
13:32On a une grande, grande résilience.
13:35Et pour l'instant, il y a pas mal de, je dirais, de flègues
13:38de la part de nos industries.
13:40Même si on sait que ça va avoir un impact
13:42parce qu'il va forcément y avoir des hausses de matières plastiques,
13:45des composites, parce que le transport va être plus long,
13:49parce qu'il va y avoir certaines raretés sur certaines matières.
13:51Mais on a tellement l'habitude de s'adapter
13:54que pour l'instant, il n'y a pas vraiment de crise.
13:57On attend, on s'adapte et on réagit.
13:59Merci à tous les deux.
14:00Ça va beaucoup trop vite.
14:02Clémentine Gallet, CEO de Coriolis Group,
14:04également membre du board de GEC,
14:06et Pierre-Jean Leduc, CEO de Demj Group
14:09et président du syndicat Polivia.
14:11Merci beaucoup d'être venu sur ce plateau.
14:14Je vais accueillir mes deux invités suivants.
14:16Stéphanie Sorouet, co-dirigeante de Somocap,
14:20qui va me rejoindre,
14:21et Éric Rousseau, PDG de Pinet,
14:24également conseiller du commerce extérieur de la France.
14:26Merci beaucoup à tous les deux d'être sur ce plateau.
14:29Je suis ravie de vous retrouver.
14:31On commence par Somocap.
14:33Stéphanie, c'est quoi cette entreprise familiale ?
14:36Bonjour.
14:38Effectivement, Somocap, c'est une entreprise familiale.
14:42L'histoire de Somocap est née en 1990,
14:45il y a maintenant presque 35 ans.
14:48Elle a été créée suite à la liquidation
14:50d'une première entreprise
14:51qui faisait du moulage de caoutchouc
14:53par deux frères
14:55qui ont racheté des machines
14:56et créé cette entreprise
14:58et intégré très vite également l'injection plastique
15:03par l'appel des clients.
15:05Aujourd'hui, Somocap est dirigée
15:08par la deuxième génération.
15:09Donc vous ?
15:10Donc moi.
15:11Nous sommes cinq co-dirigeants,
15:13co-actionnaires de l'entreprise
15:15à se répartir les fonctions.
15:17Nous sommes aujourd'hui une PME de 50 personnes
15:20basée au Pays Basque
15:21et notre cœur de métier,
15:22c'est la transformation de pièces
15:24en composites, plastiques et caoutchouc
15:28pour différents secteurs d'activité.
15:30On va aller voir ces secteurs d'activité
15:31et on va parler aussi de l'ouverture de cette usine.
15:34Concrètement, vous travaillez là aussi
15:36pour l'industrie, l'aéronautique,
15:38la défense, le ferroviaire, le spatial.
15:41C'est toute l'industrie qui passe par vous en fait.
15:43Donc nous faisons des pièces très techniques
15:44pour tous ces marchés que vous avez cités.
15:46Pour les principaux, c'est effectivement
15:47l'aéronautique, la défense,
15:50la connectique, le bâtiment, l'industrie,
15:52les énergies renouvelables.
15:53Donc nous sommes très diversifiés
15:54en termes de secteurs d'activité,
15:56ce qui nous apporte une résilience
15:58et notre stratégie est de conserver cette diversité.
16:02Vos clients, c'est Ariane, c'est Safran,
16:04c'est Thalès par exemple ?
16:05Voilà, tout cela.
16:06On travaille avec Safran, on travaille avec Ariane,
16:08on travaille avec Airbus.
16:09Principalement en France.
16:10Alors par contre, nous sommes une entreprise
16:13qui travaille à 95% avec des clients français,
16:16mais nos clients, eux, exportent dans le monde entier.
16:18Oui, c'est ça.
16:18Mais c'est intéressant parce que,
16:19contrairement aux deux invités précédents,
16:22ils ont des marchés un peu partout en direct.
16:24Et là, vous, vous fabriquez donc au Pays Basque
16:27et vous alimentez principalement la France.
16:29On parle de ces usines
16:31et de cette ouverture du nouveau site ?
16:33Oui.
16:33Aujourd'hui, nous sommes très fiers.
16:35Du coup, nous aurons ouvert en 2025
16:37une nouvelle usine
16:38pour doubler notre capacité de production.
16:40L'histoire de Somo Cap, du coup,
16:42c'est un peu une histoire industrielle à contre-courant
16:44puisqu'en 90, quand la France se déindustrialisait,
16:48on ouvrait une première usine.
16:49Et en 2025, quand il y a plus de fermeture
16:52que d'ouverture d'usines,
16:53on fait partie des 89 sites
16:55qui ont ouvert en France en 2025.
16:57Alors justement, comment vous avez fait
16:58dans un contexte plutôt difficile
17:00pour ouvrir ce nouveau site ?
17:02Vous avez eu des aides, des aides locales ?
17:03Oui.
17:04Alors du coup, on a bénéficié effectivement d'aides,
17:06que ce soit de l'Europe, de la région, du département.
17:08Donc je rappelle, on est dans le 64.
17:10Donc nous avons fait un investissement
17:12de 6 millions d'euros
17:13et nous sommes soutenus à hauteur de 1 million d'euros.
17:15Mais nos principales aides,
17:17c'est nos collaborateurs
17:18et notre ambition pour assouvir notre croissance.
17:22En fonction des sites, vous ne produisez pas la même chose.
17:25Cette nouvelle usine, vous l'avez voulue plus sobre aussi.
17:29Et c'est intéressant,
17:29dans ce secteur du matériau composite,
17:33où on parle beaucoup de plastique,
17:34ce change de choses,
17:35comment elle se dessine, cette sobriété ?
17:38Donc du coup, comme vous l'avez précisé,
17:40aujourd'hui, on a deux sites de production.
17:42On a séparé les matériaux.
17:43Dans le site historique,
17:45nous faisons le composite et le caoutchouc.
17:47Dans le nouveau site, on transforme le plastique.
17:51Et cette nouvelle usine, nous l'avons voulu performante,
17:55mais nous l'avons voulu aussi sobre et agréable à vivre.
17:57Donc effectivement, pour répondre directement à la question,
17:59nous avons fait une usine
18:01avec une sobriété environnementale importante,
18:04puisque nous avons recouvert le toit
18:06de panneaux photovoltaïques,
18:08ce qui nous permet une autonomie à 40%.
18:10Nous sommes partis sur une structure bois-béton décarbonée.
18:14Et ensuite, nous avons aussi pas mal mis d'équipements
18:17pour accroître le bien-être au travail de nos collaborateurs.
18:20On va voir un petit peu ce que vous pensez du contexte
18:22et évidemment de l'industrialisation en France.
18:25Mais avant cela, je me tourne vers Éric Rousseau,
18:27qui est PDG du groupe Pinet PEI.
18:29Vous êtes également conseiller du commerce extérieur de la France.
18:32D'abord, que fait Pinet ?
18:34Alors Pinet, déjà, c'est une longue histoire.
18:35On a fêté nos 160 ans il y a deux ans.
18:38Entreprise du 19e siècle.
18:40Exactement, 1863 à Chalons-sur-Saône.
18:42Avant qu'on se lance dans la presse
18:44et qu'on fasse des biens de transformation
18:46pour les matériaux composites,
18:47il y a eu plusieurs étapes.
18:50La première machine pour la transformation du composite
18:54remonte à 1989.
18:55C'était pour un fabricant français d'avions de chasse.
18:59Et depuis, on s'est développé dans toutes ces lignes automatiques
19:02pour la transformation de matériaux thermodurs, thermoplastiques.
19:05Et on est également allé dans d'autres secteurs,
19:07comme la personne qui est sur le plateau avec nous,
19:11sur le ferroviaire, sur le médical, sur l'automobile,
19:14et notamment l'automobile électrique.
19:16Tout ça pour essayer d'alléger le plus possible
19:18et de réduire les émissions de carbone.
19:21Où est-ce que vous fabriquez vos pièces ?
19:22On fabrique tout à Chalons-sur-Saône, en Bourgogne.
19:25La preuve, c'est qu'on n'a pas que du vin en Bourgogne.
19:27On a également des industries et on en est fiers.
19:29Et je suis très fier également de porter le coq bleu du French Fab,
19:32cher à Nicolas Dufour et à toutes les équipes de BPI.
19:36Parce qu'en fait, c'est très très important de faire rayonner l'industrie
19:39et le savoir-faire français à l'international.
19:41De votre côté, Pinet Fabrique en France, on l'a dit.
19:44Vos clients, en termes de parts, ils sont en France et ils sont à l'étranger aussi.
19:48Depuis les années 80, vous allez à l'étranger ?
19:50Oui, tout à fait.
19:51Alors l'international, on va dire l'export pour Pinet, c'est à peu près 50%.
19:55Il faut savoir qu'avant le Covid, on était monté jusqu'à 70% de parts d'exportation.
20:01Alors naturellement, on a rencontré quelques difficultés et petit à petit, on remonte la pente.
20:06Il y a eu des années un petit peu plus difficiles que d'autres après Covid, avec des événements géopolitiques.
20:10Et aujourd'hui, chaque fois qu'on ouvre notre téléphone, on a un nouvel événement.
20:14Donc il faut qu'on s'adapte, il faut qu'on soit flexible, qu'on soit résilient pour pouvoir continuer
20:18de développer et d'exporter.
20:19Mais c'est aussi pour ça que vous êtes dans l'aéronautique, le spatial, l'automobile, la défense, l'énergie,
20:25le ferroviaire, le médical.
20:26Vous l'avez dit, c'est-à-dire qu'au gré finalement des crises, on s'adapte, on se concentre
20:31sur un autre secteur.
20:32C'est ça qui se passe ?
20:33Oui, tout à fait.
20:34Quand vous êtes flexible et résilient, vous pouvez passer d'un secteur qui se porte bien.
20:38Comme en ce moment, on va parler de l'aéronautique, de la défense et je dirais même le nucléaire.
20:42Et puis d'autres qui sont un petit peu plus en sommeil.
20:44Donc c'est ce qui nous a permis de passer à travers les années et d'être aussi forts aujourd
20:50'hui.
20:50Il y a les secteurs et puis il y a aussi la géopolitique, ce qui se passe aux Etats-Unis.
20:55Ça ralentit parfois le marché comme ça a pu le faire ces derniers temps.
20:58Est-ce que ça va mieux maintenant ?
20:59Quel rapport vous avez avec ce business qui est aux Etats-Unis en ce moment ?
21:03En fait, vous avez besoin de vous réinventer.
21:04Vous avez besoin d'avoir un nouveau modèle, un nouveau scénario industriel.
21:08Vous êtes obligé de faire des alliances, vous êtes obligé de faire des partenariats.
21:11On a toujours tendance à dire que tout seul, on va plus vite.
21:13Mais quand on est plusieurs, on va plus loin.
21:15Donc aujourd'hui, c'est vraiment mon leitmotiv.
21:17C'est de s'associer, de s'associer avec des entreprises françaises ou des entreprises européennes
21:21pour apporter une chaîne technologique complète à nos clients pour qu'ils soient eux-mêmes plus forts demain.
21:26La totalité de la chaîne, vous l'avez dit, c'est important.
21:29Clémentine le disait aussi tout à l'heure.
21:30J'aimerais bien savoir pour les cinq minutes qui nous restent,
21:32quels sont les grands enjeux pour vous de l'industrie ?
21:35On est dans un contexte international très difficile qui touche vos domaines d'activité,
21:39c'est-à-dire l'aéronautique, la défense.
21:41Comment on choisit sa stratégie dans ces conditions-là ?
21:45Est-ce que c'est votre principal, finalement, axe de stratégie pour les mois qui viennent ?
21:48Ou alors vous avez d'autres problèmes, type ce qu'on a parlé tout à l'heure,
21:51par exemple des problèmes de recrutement, de trouver des talents ?
21:53Vous vous concentrez sur quoi, vous, Stéphanie ?
21:57Donc du coup, au niveau français, on a un enjeu global.
22:00C'est notre souveraineté industrielle.
22:02Donc nous, on se concentre en fait sur offrir de la compétitivité à nos clients
22:06pour développer notre entreprise et répondre à cet enjeu de souveraineté industrielle.
22:11Donc ça passe effectivement par poursuivre la croissance de notre entreprise,
22:15d'où le doublement de nos capacités.
22:16Et nos enjeux, du coup, c'est d'accompagner cette croissance
22:20en continuant à structurer notre entreprise.
22:22Donc pour ça, on a parlé de bâtiments performants,
22:25d'amélioration des flux industriels pour l'agilité, la compétitivité.
22:29Ça, c'est un premier enjeu.
22:31Le deuxième enjeu, c'est effectivement recruter des nouveaux talents.
22:34Est-ce qu'on a du mal à les trouver ?
22:36Donc nous, on est sur un territoire, on est dans le 64 au Pays Basque.
22:40Donc pour ça, comment on fait ?
22:42Déjà, c'est avoir une entreprise agréable à vivre,
22:45ce qu'on a fait pour pouvoir attirer ses talents.
22:49Vous allez à la rencontre des talents.
22:51Je disais tout à l'heure qu'on a des entreprises, parfois sur BFM Business,
22:54qui font ce lien entre l'industrie et les élèves.
22:56Très tôt dans la scolarité, presque dès le collège,
22:58quand on est justement dans un territoire comme le vôtre.
23:01Est-ce que c'est un effort qu'on fait pour aller les chercher et les tenir ?
23:05Bien sûr. Du coup, nous, on est en relation avec les écoles locales,
23:09sur notre bassin de l'emploi.
23:11On reçoit beaucoup de stagiaires, beaucoup d'alternants.
23:14Il est important pour nous, industriels, de mettre en avant les métiers de l'industrie
23:17qui ne sont pas toujours connus dans certaines filières.
23:20Et donc ça, ça fait partie de nos enjeux.
23:22De votre côté, Eric Rousseau, sur quoi vous vous concentrez ?
23:25C'est quoi qui vous fait, je ne dirais pas peur ?
23:28Parce que quand on est patron, on n'a pas réellement peur.
23:29On est dans l'action.
23:31Mais sur quoi vous vous concentrez ?
23:33En fait, les enjeux de demain sont multiples.
23:35Le premier, c'est d'innover.
23:37Si vous voulez toujours avoir un temps d'avance
23:38ou apporter un temps d'avance en vos clients,
23:40vous êtes obligé d'innover.
23:41Pour ça, quand vous êtes une PME, vous avez besoin de soutien.
23:45Soutien financier.
23:46Mais vous avez besoin de talents,
23:47de personnes qui vont pouvoir vous apporter, en fait,
23:49cette technologie, ce savoir-faire.
23:51Donc oui, bien sûr, comme tous mes collaborateurs
23:53ou mes collègues,
23:55les ressources sont vraiment un enjeu de taille.
23:57On a besoin de les apporter, de les attirer,
24:01mais on a besoin aussi de les former.
24:03Donc c'est pour ça qu'on a créé Pinet Academy en interne
24:06pour pouvoir leur apporter ce savoir-faire,
24:08un 160 ans de savoir-faire qu'on doit transmettre.
24:11Et puis aussi, le dernier enjeu, c'est l'international.
24:14Aujourd'hui, on ne peut pas rester franco-français.
24:16Il faut qu'on aille se développer, peut-être sur d'autres territoires,
24:19sur le territoire de l'Asie, sur le territoire américain,
24:23sur d'autres secteurs d'activité.
24:25Donc voilà, on a trois enjeux, l'innovation, les talents et l'international.
24:29Clémentine Gallet parlait tout à l'heure de l'intelligence artificielle
24:31et du fait que ça allait être une réelle opportunité
24:34pour développer le business dans les années qui viennent.
24:36Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ?
24:37Ou pour vous, c'est un petit peu moins évident ?
24:41Non, non, elle a tout à fait raison.
24:42Mais l'intelligence artificielle sera importante sur deux vecteurs.
24:46internes pour pouvoir apporter ce savoir,
24:49pour pouvoir collecter ce savoir qui sont chez mes collaborateurs
24:52qui ont pour certains plus de 40 ans d'ancienneté dans l'entreprise.
24:55Ça ne s'invente pas, c'est quelque chose où ils ont cette passion,
24:58cet amour de l'entreprise.
24:59Donc pour ça, il faut arriver à prendre ce savoir,
25:02le mettre dans une intelligence artificielle pour pouvoir s'en servir.
25:05Et le deuxième, c'est de rendre nos machines plus intelligentes,
25:08plus productives, pour que demain, on puisse répondre aux besoins,
25:12notamment de l'aéronautique,
25:13qui va avoir des attentes très, très, très fortes sur la productivité.
25:17L'intelligence artificielle, de votre côté, vous en pensez quoi, Stéphanie Sorouet ?
25:21Ça prend quelle place chez Somocap ?
25:23Oui, l'intelligence artificielle, donc nous, c'est quelque chose qu'on commence à intégrer.
25:27On a fait un premier niveau de formation l'année dernière aux copies de notre entreprise.
25:33On est obligés d'y aller, on est obligés d'y aller parce que, voilà, on est dans un contexte
25:38mondialisé.
25:38Toutes les entreprises multiplient les usages de l'intelligence artificielle.
25:43Et il en va aussi de notre efficacité, de notre réponse pour aller plus vite par rapport à nos confrères.
25:48Si on veut continuer à être compétitif, agile, on est obligés d'y aller également.
25:52Toujours s'adapter.
25:53Toujours s'adapter, effectivement.
25:55Merci beaucoup Stéphanie Sorouet, co-dirigeante de Somocap.
25:58Éric Rousseau, PDG de Pinette, conseiller du commerce extérieur de la France.
26:03Merci beaucoup d'être venue sur ce plateau de la France.
26:06Merci beaucoup.
26:07A tout pour réussir en direct de Villepeinte aujourd'hui pour ce GEC World, le salon des matériaux composites.
26:14Passez une très bonne journée sur BFM Business.
26:16Bon salon.
26:18La France a tout pour réussir sur BFM Business.
Commentaires