00:00BFM Bourse, l'écho du monde.
00:03Il n'y a pas de la hausse du pétrole aujourd'hui, bien qu'elle soit marquante, on en reparlera
00:06dans un instant.
00:06Il y a aussi le rapport sur l'emploi qui marque les esprits et qui entraîne Wall Street clairement à
00:10la baisse.
00:10Michel Ruymi est avec nous, Lévy Capital Partners. Bonjour Michel.
00:13Ravi de vous retrouver. Il n'est pas bon du tout ce rapport sur l'emploi aujourd'hui.
00:18Non, non, il n'est pas... Il a été... Il est même alarmiste, je trouve, dans un certain côté,
00:23parce qu'il est révélateur, les chiffres, le chômage à 4x4, révélateur d'un marché qui se fissure
00:30après plusieurs, on va dire, années d'euphorie statistique.
00:36Et ce qui, moi, m'intéresse, c'est que ces chiffres qui ont été publiés
00:40confirment vraiment une réalité que je caractérise de brutale,
00:44puisqu'en fait, l'économie américaine a détruit 92 000 emplois non agricoles,
00:50alors que tous les économistes prévoyaient une hausse.
00:53Mais le plus inquiétant, c'est qu'il y a 86 000 postes qui touchent le secteur privé
00:59et même l'industrie manufacturière, qui est quand même le cœur historique
01:03de la puissance économique des États-Unis.
01:05Et même en même temps, ce qu'il faut voir, c'est que les chiffres annuels ont été révisés
01:09puisqu'on a baissé un peu plus de 850 000 emplois.
01:14Et donc, ce qui veut dire qu'à mon sens, c'est que la solidité du marché du travail américain
01:19était en partie une illusion statistique.
01:21En fait, pour bien comprendre l'importance de ces chiffres,
01:25c'est qu'il y a trois indicateurs qui structurent l'analyse macroéconomique américaine.
01:31C'est la création d'emplois, c'est le taux de chômage et la progression des salaires horaires.
01:36Et jusqu'à présent, l'économie américaine se trouvait dans une situation paradoxale.
01:40La croissance était relativement solide, le chômage était faible
01:44et la consommation était résiliente.
01:48Et en fait, ça voulait dire en grosso modo que l'économie ne voulait pas ralentir.
01:53Et la Fed, c'était un problème parce que, selon les théories économiques,
01:59notamment la Coupe de Phyllis, un marché du travail trop tendu
02:02entretenait l'inflation via les salaires.
02:06Et résultat, on avait des taux d'intérêt relativement élevés.
02:08Or, aujourd'hui, en fait, on vient en même temps que ces statistiques de l'emploi,
02:13les salaires continuent d'augmenter plus que prévu, puisqu'on est un peu moins de 4%,
02:18et ce qui veut dire que ça alimente une inflation persistante.
02:20Et c'est là où il y a un dilemme pour la Fédérale Réserve,
02:23c'est comment ralentir l'économie pour maîtriser cette inflation
02:27sans provoquer une crise de l'emploi.
02:30Et c'est d'autant plus stressant parce que la consommation montre aussi des signes de fatigue.
02:37Et donc, ce qui veut dire que l'économie américaine,
02:41aussi entre deux situations, on va dire, contradictoires,
02:44une croissance qui est relativement résistante,
02:47mais en même temps, des premiers signes d'essoufflement structurel.
02:51Et donc, derrière la bataille des statistiques,
02:54se joue une question, à mon sens, qui va être centrale,
02:56c'est est-ce que l'économie américaine est encore solide
02:59ou assiste-t-on à un début d'un retournement
03:02que les chiffres officiels ont trop longtemps masqué ?
03:06Oui, et cette question, le rapport sur l'emploi américain
03:08qui a été publié aujourd'hui, la pose, clairement,
03:10avec des destructions de postes, ce n'était pas attendu.
03:11On attendait 58 000 créations de postes en février.
03:14Finalement, on a eu 92 000 destructions
03:16et parallèlement, un salaire au moyen qui lui progresse,
03:19donc un peu d'inflation.
03:20Et Berenberg, tout à l'heure dans une note, a expliqué
03:22si la croissance américaine reste à peu près ce qu'elle est,
03:24mais que l'inflation accélère, pourquoi pas à 4% ?
03:27Il y aura un vrai problème, un vrai souci, un vrai inconfort
03:29pour la réserve fédérale américaine.
03:30On a les taux américains qui remontent un petit peu aujourd'hui.
03:32Le diseur américain est à 4,2%.
03:35Voilà l'explication, votre analyse, Michel,
03:37sur ce rapport sur l'emploi aujourd'hui,
03:38qui participe à faire pression sur les marchés.
03:40Michel Rumi pour Lévy Capital Partners.
03:42Merci.
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