- il y a 1 jour
Aujourd'hui, c'est au tour du Général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire française auprès de l'ONU, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.
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00:01R.M.C. Face aux grandes gueules
00:05C'est le général Dominique Trinquant qui est avec nous, bonjour.
00:08Bonjour.
00:08Général Dominique Trinquant, ancien chef de la mission militaire française auprès de l'ONU.
00:12Le président de la République, dans un poste sur les réseaux sociaux,
00:16le président Emmanuel Macron, a dit, il ne faut pas s'inquiéter,
00:20la France n'est pas au combat, la France ne fait pas la guerre,
00:23elle ne va pas s'y engager, on est sur du défensif.
00:26Alors, on a en tête qu'on envoie le Charles de Gaulle,
00:29le porteurium, ça veut dire quoi précisément, la stratégie française, général Trinquant ?
00:32Alors, il y a trois objectifs.
00:34Il y a l'objectif de protéger nos bases et nos citoyens,
00:37on voit qu'il y a un certain nombre de citoyens qui sont rentrés en France déjà,
00:40et qui vont rentrer.
00:42Nos bases, on a essentiellement une base à Abu Dhabi, dans le Golfe,
00:45sur lequel il y avait six rafales, il y en a maintenant douze,
00:49ça a été renforcé, plus de l'armement anti-aérien,
00:52donc c'est vraiment la défense de l'espace aérien.
00:54Ensuite, il y a la défense de nos alliés.
00:56Alors, dans le Golfe, en plus d'Abu Dhabi,
00:59on a Koweït et Qatar qui ont des accords avec la France,
01:03qu'on doit défendre, pardon, dans les bases, j'ai oublié celle de Jordanie,
01:07où on a des avions également qui sont déployés.
01:09Et puis, on a le sud de l'Europe,
01:11puisque Chypre a été touchée par un drone,
01:13et donc c'est l'objet du déplacement du porte-avions,
01:16après le déplacement d'une frégate,
01:18qui a été envoyée immédiatement au large de Chypre.
01:21Maintenant, c'est le porte-avions qui vient de rentrer en mer Méditerranée,
01:26avec son groupe aéronaval,
01:27donc pas seulement le groupe, le porte-avions,
01:30mais également les frégates qui l'accompagnent.
01:32Un sous-marin aussi ?
01:33Oui, alors le sous-marin, on ne le voit pas,
01:34donc on suppose qu'il est là,
01:36mais c'est la défense sud de l'Europe,
01:41puisqu'on voit que, d'abord, il y a une frappe à Chypre,
01:46un missile qui n'est passé pas loin de la Turquie.
01:48On a vu que l'Azerbaïdjan, alors c'est plus loin, a été touchée,
01:51mais aujourd'hui, on voit qu'il y a des missiles iraniens
01:55qui peuvent aller jusqu'à 2000 à 3000 kilomètres,
01:58donc Grèce, Chypre, peuvent être touchés.
02:01Est-ce qu'il faut qu'on intègre que, dans un scénario,
02:06la France pourrait engager le combat, ou pas ?
02:09Est-ce que c'est quelque chose qu'on a en tête,
02:11qui est à l'état-major, qu'on étudie, ou pas du tout,
02:14ou c'est l'affaire uniquement des Américains et des Israéliens ?
02:17Alors, d'abord, à l'état-major, on étudie toutes les options.
02:20Par définition, les militaires étudient toutes les options.
02:23Les bonnes, les mauvaises, et celles de l'école de guerre, comme on dit.
02:26Il y a toujours une bonne, une mauvaise, et celles de l'école de guerre.
02:28Donc, on étudie toutes les options, ça ne veut pas dire qu'on va le faire,
02:32et surtout, on ne veut pas le faire, on veut rester en défensive.
02:36Il n'y a qu'un domaine très particulier aujourd'hui,
02:38c'est le sud-Liban, dont on pourra peut-être parler,
02:41dans lequel la France est beaucoup plus engagée qu'elle ne l'est ailleurs,
02:44à cause des liens historiques que nous avons avec le Liban, bien sûr,
02:47et de l'offensive israélienne qui commence au sud-Liban.
02:50Alors, justement, encore une question, avant que nos Gégés prennent la parole.
02:54Le chef d'état-major des armées, le général Mandon, était hier au Liban,
02:59il s'est entretenu avec le président libéral, le président Aoun,
03:02qui lui-même est l'ancien chef d'état-major des forces armées libanaises.
03:07Qu'est-ce que le général Mandon est venu faire ?
03:09Qu'est-ce qu'il est venu dire ?
03:10Alors, bien sûr, vous n'êtes pas dans le secret de l'état-major des armées,
03:14mais quel est l'intérêt de cette visite, alors ?
03:16Non, mais alors, d'abord, j'ai commandé un bataillon au Liban,
03:19et en 2006, au moment de la résolution 1701,
03:22qui est toujours la résolution active actuellement,
03:24j'étais à New York pour accompagner le déploiement des forces françaises.
03:29Donc, qu'est-ce qu'il vient se dire ?
03:31On sait que cette résolution 1701, qui date d'il y a 20 ans maintenant,
03:36mais qui est surtout appliquée depuis deux ans,
03:38son but, c'est l'armée libanaise, le gouvernement libanais,
03:42doit désarmer le Hezbollah.
03:44C'est ça le but.
03:45La finule est là pour l'accompagner.
03:47Et la France et les États-Unis sont là pour aider l'armée libanaise.
03:52Pourquoi ? Parce que cette pauvre armée libanaise,
03:54elle n'est pas payée, pas nourrie, rien du tout.
03:56Ce sont les Américains et les Français qui le font.
03:58Et donc, le général Mandon est allé là-bas
04:01pour voir dans quelle mesure on pouvait soutenir l'armée libanaise.
04:04Des déclarations ont déjà été faites,
04:06des véhicules blindés sont en passe d'être transférés au Liban
04:10pour les aider, et puis les soutenir logistiquement.
04:13Et puis, bien sûr, sur le plan politique,
04:16agir auprès des Israéliens
04:17pour qu'ils n'envahissent pas le Sud-Liban.
04:20Je n'y crois pas trop.
04:21Les Israéliens sont dans une logique de guerre,
04:24ils n'ont pas confiance d'armée libanaise,
04:25ils disent que le Hezbollah n'est toujours pas désarmée,
04:28donc c'est nous qui allons le faire.
04:30Alors, question de nos Gégés,
04:31qui veut se lancer, qui veut commencer ?
04:33On y va.
04:33Barbara.
04:34La question, effectivement, de l'armée libanaise,
04:37elle se pose quand même,
04:38et vous êtes très bien placé pour nous en parler,
04:41mais enfin, l'incurie des gouvernements libanais successifs
04:45à agir contre le Hezbollah d'un point de vue militaire,
04:48mais surtout aussi d'un point de vue politique,
04:49c'est quand même les leaders libanais
04:51qui ont laissé le Hezbollah d'un point de vue politique
04:54prendre et continuer à prendre de l'importance,
04:57à constituer un État dans l'État,
04:58et lorsque tous les accords ont été faits
05:01pour empêcher le Hezbollah de continuer à se militariser,
05:04se surmilitariser grâce à l'appui de l'Iran,
05:06rien n'a été véritablement fait.
05:08Et depuis 2024, comme vous le dites,
05:10depuis deux ans,
05:11il y a plus de pression, on va dire,
05:12un petit peu plus de pression sur le Hezbollah
05:14qu'elle a été le résultat en deux ans.
05:16On le voit très bien,
05:17et les Israéliens eux-mêmes le disent,
05:18et les Américains aussi,
05:20rien du tout, quasiment rien,
05:21aucune faction réellement importante du Hezbollah
05:24n'a été démilitarisée,
05:26alors même que tout l'État-major
05:27a été complètement décapité.
05:29On pense qu'à peu près 80% des chefs du Hezbollah
05:32ont été couiques par les Israéliens
05:34il y a quelques temps.
05:36Donc comment vous expliquez
05:37cette incurie permanente
05:39des leaders libanais,
05:40des gouvernants libanais,
05:41parce que moi, comme vous le dites,
05:42c'est nous, les Français,
05:44par nos impôts et les Américains
05:45qui les aidons,
05:46mais ça va durer encore longtemps,
05:48cette affaire-là,
05:48parce que ça finit par...
05:49ça va faire 20 ans,
05:50et le Hezbollah s'est créé en 82
05:52pour ça, pour déstabiliser le Liban.
05:54Alors je crois qu'il y a deux sujets,
05:55j'ai le sujet politique
05:56et le sujet armé.
05:57Le sujet politique,
05:59le Hezbollah,
05:59comme vous le savez,
06:00représente une grande partie des chiites.
06:02C'est une partie importante du Liban.
06:05C'est pour ça d'ailleurs
06:06que le gouvernement français
06:08a continué à dialoguer,
06:10Jean-Yves Le Drian,
06:11qui est le représentant spécial du président,
06:12à dialoguer avec le Hezbollah politique.
06:14Le Hezbollah militaire,
06:16c'est un autre sujet.
06:16Vous avez raison de dire
06:17que depuis deux ans,
06:18enfin,
06:19il y a une pression
06:19qui a été mise sur un gouvernement
06:21qui est,
06:22quand je dis malade,
06:23qui est inexistant au Liban.
06:25Et cette pression,
06:28je m'oppose un peu à ce que vous faites.
06:30Moi, j'ai vu ce qui s'est passé au sud de Liban.
06:33Depuis deux ans,
06:34ils ont beaucoup désarmé au Liban.
06:36Pas suffisamment,
06:37mais ils ont beaucoup désarmé.
06:38Et j'allais dire,
06:40les Israéliens mettent la pression,
06:42bien sûr,
06:42tout le monde met de la pression,
06:43mais même l'ONU,
06:44puisque vous savez que la finule
06:47se termine,
06:48qui existe depuis 1978,
06:50se termine en 2026,
06:52et c'est une façon
06:53de mettre la pression
06:53sur le Libanais,
06:55en disant,
06:55écoutez,
06:56vous aviez l'excuse
06:57que c'est la finule
06:58qui vous accompagne,
06:59si vous n'avez pas terminé
07:00le 31 décembre 2026,
07:03walou,
07:03il n'y a plus rien.
07:04Donc,
07:04il y a une pression
07:05qui est mise,
07:06mais c'est vrai
07:07que l'armée libanaise,
07:08il y a aussi des chiites dedans,
07:10donc c'est très particulier.
07:12C'est pour ça que,
07:13à la fois,
07:14je comprends
07:14la position israélienne,
07:16ils ne vont pas assez vite,
07:16donc on va le faire
07:17à leur place,
07:18mais en même temps,
07:20si vous voulez,
07:21j'ai vu les allers et retours
07:22de l'armée israélienne
07:23au sud Liban.
07:25Moi,
07:25quand je commandais mon bataillon
07:26au sud Liban,
07:27il était occupé
07:28par l'armée israélienne
07:29jusqu'au Litanie.
07:30Bon,
07:30à chaque fois,
07:30ils ont dû s'en retirer
07:31parce qu'ils n'arrivaient pas
07:33à régler le problème eux-mêmes.
07:34Donc,
07:35si vous voulez...
07:35Vous pensez que là,
07:36ils vont y arriver ?
07:38Écoutez,
07:39il n'y a qu'à voir
07:40les villages
07:40sur la frontière
07:42avec Israël,
07:43ils sont rasés,
07:44ils n'existent plus.
07:45Ils ont fait exploser
07:46toutes les maisons.
07:47Donc,
07:47maintenant,
07:48ils le portent
07:48jusqu'au Litanie.
07:50Ils ont demandé
07:50à 110 villages
07:51d'évacuer complètement.
07:53Ils annoncent
07:54que le sud de Beyrouth,
07:56qui est la zone connue
07:57pour avoir
07:58beaucoup de gens
08:00du Hezbollah,
08:01mais des chiites,
08:02énormément,
08:03va être rasé
08:04comme à Gaza.
08:05Donc,
08:06si vous voulez,
08:07c'est les mesures extrêmes
08:08qui sont prises
08:09par Israël
08:10qui,
08:10honnêtement,
08:11alors,
08:12quand je parle d'Israël,
08:13je parle bien sûr
08:13du gouvernement
08:14de M. Netanyahou,
08:15est dans une logique
08:16de guerre complète.
08:17La défense d'Israël,
08:19c'est la guerre.
08:20Et c'est la guerre
08:21tout le temps.
08:22Parce qu'il y a,
08:24bien sûr,
08:24l'arc de feu
08:25dont on parle
08:25et l'Iran,
08:27et il est dans cette logique-là.
08:29Donc,
08:29est-ce qu'ils vont réussir
08:30à diminuer
08:32l'outil militaire
08:34très certainement ?
08:35Maintenant,
08:35c'est une idéologie.
08:37Et là,
08:37ça va être plus compliqué.
08:38Quand vous évoquez
08:39la façon dont Israël
08:40avait du mal,
08:40effectivement,
08:41à se débarrasser
08:42de la menace du Hezbollah,
08:43parce que c'est le Hezbollah
08:43qui tire à chaque fois
08:44les roquettes,
08:45c'est le Hezbollah
08:45qui attaque.
08:46Après,
08:47le 7 octobre,
08:47ce n'est pas Israël
08:48qui a lancé une opération
08:49sur le Liban,
08:50c'est le Hezbollah.
08:50Et là,
08:51pareil,
08:51Israël avait déjà
08:52fort à faire avec l'Iran,
08:53ils n'étaient pas prêts
08:54à ouvrir un nouveau front.
08:55Quand ils le faisaient
08:56il y a quelques années,
08:58ils n'avaient pas décapité
08:59Nasrallah
08:59et toute la clique.
09:00Donc là,
09:01maintenant,
09:01peut-être qu'avec
09:02l'effondrement de l'Iran,
09:03qu'on espère tous,
09:04et l'effondrement du Hezbollah
09:06et le fait que la Syrie
09:07d'Assad n'existe plus
09:08non plus pour soutenir
09:09quand même en backup
09:10le Hezbollah,
09:11on peut espérer quand même
09:12que cette fois,
09:12les opérations israéliennes,
09:13vous parlez de guerre totale,
09:15Israël fait aussi le travail
09:16qui permet à sa population,
09:18notamment les Druzes
09:18du nord d'Israël,
09:20de vivre en paix.
09:20Parce qu'on se rappellera
09:21comment le Hezbollah
09:22a tiré sur un village Druze
09:23et a tué des enfants Druzes.
09:24Et c'est les Israéliens,
09:25notamment les Druzes du Syri
09:27qui ont été protégés.
09:28Est-ce que les gens du Hezbollah
09:30ne se sont pas déplacés
09:31avec la population ?
09:33Parce qu'Israël a un vert
09:34pour venir ensuite.
09:36Parce qu'après,
09:36ils sont armés par d'autres pays,
09:38ils seront encore armés
09:39par d'autres pays.
09:40Encore une fois,
09:41il y a un problème politique
09:42et il y a un problème militaire.
09:43Sur la menace militaire,
09:44vous avez raison de souligner
09:45qu'après le 7 octobre,
09:47c'est le Hezbollah
09:48qui a frappé le nord d'Israël.
09:50C'est la stratégie habituelle.
09:52Et il avait frappé durement.
09:53Là, honnêtement,
09:55les frappes,
09:55il n'y a pas eu grand-chose.
09:56Il y a eu 4-5 roquettes
09:58qui ont été envoyées sur Israël.
10:00Donc, c'est une provocation
10:01et le Hezbollah a eu tort
10:03de provoquer Israël.
10:04Antoine Diers.
10:04Pour entrer dans le sujet
10:06qui agite beaucoup les Américains,
10:10c'est la question
10:10de l'envoi des troupes au sol.
10:12Tout ce qu'on s'est dit là,
10:13je comprends une chose,
10:14c'est que oui,
10:15c'est bien les bombardements,
10:18on affaiblit des pouvoirs,
10:20on affaiblit des factions,
10:21mais vous l'avez un peu dit,
10:22on ne règle jamais définitivement
10:23le problème,
10:24ils se déplacent, etc.
10:25Et donc,
10:26est-ce que,
10:26vu la nature de l'embrasement,
10:28vu le vatou que joue l'Iran,
10:31est-ce qu'aujourd'hui,
10:32d'après vous,
10:33se posera rapidement
10:34la question de l'envoi
10:35de troupes au sol
10:36pour finir le travail
10:38ou en tout cas s'assurer
10:39que l'ensemble des têtes
10:41de ces factions,
10:42du gouvernement iranien,
10:43soit définitivement détruits
10:45pour que tout ça
10:45n'ait pas servi à rien ?
10:46Alors, je pense que d'abord,
10:48il faut bien regarder
10:48quelles sont les stratégies,
10:49ce qu'on appelle
10:50l'effet final recherché
10:51en termes militaires.
10:52Pour les Israéliens,
10:53c'est clair,
10:54c'est changer le régime
10:54depuis le début.
10:56Et du coup,
10:56l'opération a commencé
10:57par décapiter
10:59le guide suprême
11:00et son environnement.
11:01C'était la suite
11:02des premières destructions
11:03des bases nucléaires,
11:06etc.
11:06C'est une suite directe.
11:07Non.
11:08Non ?
11:09Ça, c'est l'opération
11:10du mois de juin.
11:11L'opération du mois de juin,
11:14démarrée par les Israéliens,
11:16suivie par les Américains.
11:17Les Américains ont dit
11:18non,
11:19on ne décapite pas
11:20le pouvoir iranien.
11:22Cette fois-ci,
11:23les Israéliens ont obtenu
11:25qu'ils puissent le faire.
11:26Donc,
11:26ils l'ont fait.
11:27Les Américains suivent.
11:28Avec des informations
11:29qui indiquaient
11:30que suite aux opérations
11:31de juin,
11:32les Iraniens étaient
11:34prêts à aller
11:35beaucoup plus loin
11:35et qu'ils devenaient
11:36urgents d'intervenir.
11:37Pour les Israéliens,
11:38la guerre,
11:39c'est décapiter
11:42complètement
11:42le pouvoir
11:43à Téhéran.
11:44Pourquoi ?
11:45Parce que,
11:45je parlais de l'arc de feu de terre,
11:47Hamas,
11:47Hezbollah,
11:48etc.
11:48c'est animé par Téhéran.
11:50Et donc,
11:50il fallait le décapiter.
11:50Il fallait aller sur place.
11:52Et ensuite,
11:53le problème des Américains,
11:54c'est que c'est assez fluctuant
11:56pour le moins.
11:57Parce que le président Trump,
11:58au départ,
11:59a dit oui.
12:00Et puis,
12:01le peuple iranien
12:02descendait dans la rue
12:03quand on a terminé
12:04les frappes
12:04pour renverser.
12:05Or,
12:06ça évolue en permanence.
12:07Ça évolue
12:07pour les Américains,
12:08j'entends.
12:09Pour les Américains,
12:10ça évolue pourquoi ?
12:11Parce que
12:11boots on the ground,
12:12comme disent les Américains,
12:14no starter,
12:15disent les Américains.
12:15Ce n'est même pas la peine
12:16d'y penser.
12:18Pas de soldats au sol.
12:19Voilà.
12:19Et donc,
12:20en fait,
12:20ce qu'ils cherchent,
12:21c'est un palliatif.
12:23Le palliatif,
12:24alors on parlait des Kurdes hier,
12:26les Kurdes irakiens ont dit
12:27vous êtes gentils,
12:27mais quand on voit
12:28ce que vous avez fait
12:29aux Kurdes en Syrie,
12:30il n'est pas question
12:31qu'on s'allie aux Américains.
12:32Donc,
12:33ils cherchent un palliatif.
12:34Ça ne veut pas dire
12:35qu'il n'y a pas
12:36force Delta,
12:37Mossad,
12:38évidemment,
12:39sur le terrain,
12:40qu'ils ne vont pas
12:40essayer d'accompagner.
12:41Mais aujourd'hui,
12:42la grosse inconnue,
12:43c'est qu'il n'y aura pas
12:44de changement de régime
12:45s'il n'y a pas une action
12:48sur le terrain.
12:49Ou alors qu'ils arrivent
12:51à retourner quelqu'un
12:53au sein du régime.
12:54L'armée iranienne,
12:55pas les Pazdaran,
12:56ni les Basidji,
12:57ni tout ça,
12:57mais l'armée iranienne,
12:59aujourd'hui,
12:59il y a une partie
13:00de l'armée iranienne
13:01dont on sait
13:01qu'elle travaille
13:02pour le Mossad
13:03et la CIA.
13:04C'est la version optimiste.
13:05Oui, la version optimiste.
13:06Parce que l'armée iranienne,
13:08aujourd'hui,
13:09a été aussi
13:10très liée
13:11au Pazdaran
13:12et donc on n'est pas
13:13très sûr.
13:14En revanche,
13:14les retournés,
13:15vous avez raison,
13:16les Émirats viennent de dire
13:17on va prendre
13:18des mesures financières
13:19contre le gouvernement.
13:21Alors ça,
13:21c'est important
13:22parce que Dubaï,
13:23il y a une fortune
13:24iranienne qui est là-bas
13:26et je pense que
13:27beaucoup des Pazdaran,
13:28à certains noms,
13:29au moins,
13:30ne sont pas des idéologues.
13:32C'est mettre plein d'argent
13:34dans les poches.
13:35Et donc,
13:36si on leur dit
13:36écoute,
13:37tigas,
13:37si tu veux continuer,
13:38tu viens avec nous
13:39et on va changer,
13:40c'est un petit peu
13:41ce qui s'est passé
13:41au Venezuela.
13:42Exactement,
13:43on a retourné
13:43la vice-présidente.
13:44Donc ça peut continuer.
13:45Pour en revenir,
13:47Jérôme,
13:47on va te donner la parole.
13:49Dans un instant,
13:49vous restez avec nous,
13:50général Trinquant,
13:51pour comprendre,
13:52bien évidemment,
13:52ce conflit,
13:53ce qui est en train
13:54de se jouer,
13:54la stratégie américaine,
13:56la stratégie israélienne.
13:58Et puis,
13:59quand on dit conflit,
14:00c'est vrai que maintenant,
14:00il y a le temps médiatique
14:01qui est un temps ultra court.
14:03la guerre,
14:04c'est du temps long,
14:06elle n'a pas une semaine.
14:07Alors,
14:07un coup,
14:07on nous dit,
14:08c'est quatre semaines,
14:10maintenant,
14:10on nous dit,
14:10c'est 100 jours.
14:11On va essayer de comprendre
14:12quel est le calendrier du conflit.
14:14Le général Trinquant est avec nous.
14:15Question dans un instant.
14:16Jérôme Marti,
14:17à tout de suite avec les Grandes Gueues.
14:31Les Gégeux,
14:32les Grandes Gueues,
14:32il est 11h20,
14:33nous sommes avec le général Trinquant
14:35qui est avec nous,
14:36l'ancien chef de la mission militaire française
14:38auprès de l'ONU,
14:39qui connaît bien le Liban,
14:40il a été déployé,
14:42il a commandé un bataillon sur place
14:43et donc,
14:44c'est la personne idoine
14:45pour évoquer ce qui se passe,
14:47cette guerre,
14:47cette stratégie aussi
14:49que l'on essaie de comprendre.
14:51Jérôme Marti,
14:51question, docteur.
14:52Pour en revenir à la position de la France,
14:54on a bien compris
14:55que la décision
14:56était une logique défensive,
14:58on a bien compris
14:58qu'on envoyait le Charles de Gaulle
15:00avec toute son armada
15:00autour de protection,
15:02on a vu qu'il y avait
15:02plusieurs bases françaises
15:03avec des rafales un peu partout,
15:06mais est-ce que
15:08ce déplacement de la force du pays
15:10qui est le leader de la défense en Europe,
15:12est-ce que justement,
15:13ce n'est pas pour préparer
15:15le renversement de défensif
15:17en offensif,
15:18parce que si,
15:19et la logique de l'Iran
15:20étant l'engagement
15:22un peu de tous,
15:25vient le temps
15:26d'un missile
15:26sur l'Europe,
15:27vous parliez de la Grèce,
15:28par exemple,
15:29est-ce que la France,
15:31qui est leader
15:31de la défense de l'Europe,
15:33ne va pas être obligée
15:34d'engager le combat
15:35puisque l'Europe est attaquée ?
15:36– Alors,
15:37on engage le combat
15:38quand on est en défensive,
15:39je le rappelle,
15:40c'est-à-dire que
15:41s'il y a des missiles
15:42qui venaient à venir
15:44vers l'Europe,
15:45la première mission,
15:45c'est bien sûr
15:46de les arrêter
15:46et de les détruire.
15:48Donc,
15:49c'est la position
15:49de la France aujourd'hui,
15:50elle est en position défensive
15:51et comme vous le dites,
15:52c'est la seule à pouvoir
15:54déployer un groupe aéronaval
15:55en Méditerranée,
15:57donc c'est quand même
15:57un signe important
15:58vis-à-vis de nos alliés
16:00qui sont soit européens,
16:02soit comme Chypre,
16:03avec des accords particuliers.
16:05Donc,
16:05c'est montré
16:06que la France
16:07est prête effectivement
16:08à s'engager
16:08pour la défense de l'Europe.
16:09– Mais il peut y avoir
16:09un embrasement régional
16:11ou pas ?
16:12Est-ce qu'il y a un risque réel ?
16:13– Alors,
16:14je pense que stratégiquement,
16:15c'est dans l'intérêt
16:16de l'Iran.
16:17L'Iran est très isolée,
16:18elle n'a plus aucun allié.
16:20Les pays du Golfe
16:21ont clairement dit
16:22qu'ils étaient contre elle.
16:23La Russie ne peut pas
16:24faire grand-chose,
16:25elle est suffisamment occupée
16:27en Ukraine
16:27où elle ne progresse pas
16:28pour ne pas avoir
16:30des moyens
16:30pour aider l'Iran.
16:33La Chine regarde ça,
16:35elle a un bateau espion
16:36dans le coin
16:37parce qu'elle compte les coûts.
16:38Plus il y a de coûts
16:39qui sont dépensés
16:40sur le Golfe,
16:41moins il y a de coûts
16:41pour Taïwan,
16:42vous voyez,
16:42de la part des Américains.
16:44Donc,
16:44elle regarde ça
16:45avec intérêt.
16:46Donc,
16:46l'Iran est isolé.
16:48Donc,
16:48il a intérêt
16:48à nous faire peur,
16:50bloquer le détroit d'Hormuz.
16:51Comme ça,
16:52on va voir,
16:52vous savez,
16:53sur les télévisions américaines,
16:55vous avez toujours en bas
16:55la bande
16:57avec la bourse,
16:59le prix du pétrole,
17:00etc.
17:00Et ça,
17:01M. Trump,
17:01il regarde ça tous les jours.
17:02Mais on ne peut pas le libérer,
17:02le détroit d'Hormuz, là ?
17:04Tant qu'il y a la guerre,
17:05d'abord,
17:06je vais vous dire une bonne chose,
17:07aucun armateur
17:08n'enverra un bateau
17:09dans le coin
17:09tant qu'il y aura la guerre.
17:11Donc,
17:11ce n'est même pas la peine
17:12de dire qu'il y a des mines.
17:13Oui, bien sûr,
17:13mais on ne peut pas envoyer,
17:14général,
17:15je ne sais pas,
17:15des frégates,
17:17faire une coalition
17:18pour dire,
17:18allez,
17:18on liquide les passes d'Arabes
17:20mais vous aurez des drones
17:22qui viendront
17:23des zones montagneuses
17:24qui seront extrêmement dangereuses.
17:26Moi, je crois que,
17:26si vous voulez,
17:27le détroit d'Hormuz,
17:28qui est un centre stratégique,
17:29bien sûr,
17:30ne sera disponible
17:32pour la navigation maritime
17:33que quand il n'y aura
17:34plus de guerre là-bas.
17:35Tant qu'il y a la guerre,
17:37autour,
17:37il y aura la guerre
17:38dans le détroit d'Hormuz.
17:39Et encore une fois,
17:41ce n'est pas parce qu'il y aura
17:42un drone tous les mois,
17:43mais même s'il y a
17:44un drone tous les mois,
17:45les assurances
17:47assureront à 500%,
17:48et donc les armateurs
17:49n'enverront pas
17:50les bateaux dans la région.
17:51Donc, je reviens, pardon,
17:53à votre question
17:53sur l'embrasement.
17:55L'Iran a intérêt
17:56à l'embrasement
17:57pour que les cours
17:59s'écroulent
18:00ou montent
18:00suivant
18:01si c'est le pétrole
18:02ou autre chose.
18:03Et puis,
18:03pour faire peur,
18:04parce que tout le monde va dire,
18:06ah, on ne veut pas
18:06cet embrasement,
18:08donc les Iraniens vont dire,
18:09ok, vous ne voulez pas
18:10d'embrasement,
18:10arrêtez la guerre
18:11et commençons à négocier.
18:13Et là,
18:13on recommence
18:14avec ces négociations
18:15qui ne servent à rien,
18:16mais au moins,
18:17ils ont arrêté la guerre
18:18dans les zones.
18:19Juste une question,
18:19parce que vous avez évoqué
18:20le fait que la France
18:21pourrait être dans une position
18:22défensive en cas d'attaque
18:23en Europe, etc.
18:25Alors, justement,
18:25ça rejoint le discours
18:26du président de la République.
18:27On a 290, à peu près,
18:29ogives nucléaires
18:30aujourd'hui en France.
18:30M. Macron a annoncé
18:31qu'on allait augmenter
18:32le nombre d'ogives.
18:33Bon, il n'a pas dit combien,
18:34mais est-ce que l'actualité
18:36de la guerre,
18:36telle qu'on la voit d'ailleurs
18:37s'être déployée en Ukraine
18:38et comme on la voit aujourd'hui,
18:40ce n'est pas plutôt
18:40la guerre conventionnelle ?
18:42Et donc,
18:42nos armes conventionnelles,
18:43d'après ce que disent
18:44quand même certains militaires,
18:45c'est qu'on n'est quand même
18:46pas non plus au top du top
18:48et une crise,
18:50enfin, une guerre
18:51d'intensité forte,
18:52on ne pourrait pas la conduire
18:53pendant très longtemps.
18:54Donc, au lieu peut-être
18:54d'annoncer plus d'ogives,
18:56parce que je ne sais pas
18:56si on en avait 350,
18:57ça ne changerait pas grand-chose
18:58à mon avis,
18:59à notre dissuasion,
19:00si on mettait plutôt le paquet
19:02sur les armes conventionnelles
19:03pour permettre à l'armée française
19:04d'être plus forte
19:05en cas d'attaque.
19:06Mais on le met.
19:07Alors, quand,
19:08aux commentaires des militaires
19:09qui disent
19:09on n'est pas au top du top,
19:10on n'est jamais au top du top.
19:12Il faut toujours en faire plus,
19:13il faut toujours en faire mieux.
19:14Et on n'arrête pas.
19:15On a actuellement
19:16dans l'armée de terre
19:17ce qu'on appelle
19:18le commandement du combat futur
19:19qui met en place
19:21les drones,
19:21la guerre électronique,
19:22tous ces moyens-là.
19:23On tirerait combien de temps ?
19:24On le fait ?
19:25Sur une guerre de haute intensité.
19:27Non mais, attendez,
19:27qu'est-ce que ça veut dire ?
19:28Non mais alors ça,
19:30pardonnez-moi,
19:30j'arrête tout de suite.
19:32Une vraie guerre à la russe,
19:32à la russe-ukraine.
19:33Mais, attendez,
19:34j'arrête tout de suite ça.
19:35Est-ce qu'on a su jamais
19:38pouvoir combattre
19:39seul contre la Russie ?
19:40Jamais.
19:41On a toujours été en coalition.
19:43Combien de temps on tiendra ?
19:45Il faut augmenter les stocks.
19:47C'est l'effort qui est fait actuellement.
19:48C'est l'effort qui est fait sur les stocks.
19:50Je rappelle que
19:51les canons César,
19:52on a multiplié par 4 la production.
19:56Les rafales, pareil.
19:57Les munitions,
19:58on a multiplié par 10 la production.
20:00300 milliards soit 10 ans.
20:01Voilà.
20:03Il y a 450 milliards.
20:05Donc on pourrait être efficace ?
20:05Sur la prochaine loi de programmation.
20:07Et au printemps,
20:08bien sûr.
20:10Durablement.
20:11La France est la seule
20:12à pouvoir proposer,
20:14c'est l'exercice Orion en ce moment,
20:16de pouvoir projeter
20:17un PC de corps d'armée
20:18avec des brigades
20:20et une division.
20:22Elle est la seule aujourd'hui en Europe.
20:23Donc arrêtons de pleurnicher
20:25en disant qu'on n'est pas à la hauteur.
20:26On a un appel qui vient du 30 de 16
20:28d'un ancien militaire,
20:29justement,
20:30et qui a été de 99 à 2006
20:33déployé au Liban.
20:34Bonjour Fred.
20:36Oui, bonjour.
20:36Alors je corrige,
20:37je n'ai pas été déployé
20:38de 99 à 2006.
20:39Pardon.
20:39Vous avez été militaire.
20:41D'accord, en 2000.
20:42J'ai été militaire de 99 à 2006.
20:43D'ailleurs,
20:43mes devoirs, mon général.
20:45Bonjour.
20:46Bonjour.
20:47Et du coup,
20:47j'étais au Liban,
20:48moi, en 2001,
20:49l'année du 11 septembre.
20:50Alors, oui,
20:51effectivement,
20:52au Liban,
20:52au sud,
20:52surtout au sud-Liban,
20:53on était à Nakoura.
20:54Sud-Liban,
20:55clairement parlant,
20:57la présence du Hezbollah
20:58est omniprésente.
20:59On ne voit que ça,
21:00on ne voit que ça partout.
21:02Ça fait peur,
21:03en termes de visibilité,
21:04quand on est un étranger
21:05et qu'on arrive là-bas.
21:06Maintenant,
21:07ce qui fait peur aussi,
21:08c'est l'armée israélienne.
21:09Il faut se dire les choses
21:09comme elles le sont.
21:10Nous,
21:10on le voyait très bien
21:11quand on était dans nos miradors.
21:12On les voyait au loin,
21:13on les voyait régulièrement
21:15avec leurs bateaux
21:16faire des incursions
21:18dans les eaux libanaises.
21:19Donc,
21:19ils ont toujours été présents.
21:21Ils ont toujours été présents.
21:22Maintenant,
21:22ce qui fait peur,
21:24c'est que,
21:24comme je le disais
21:26aux standardistes,
21:27je disais,
21:28moi,
21:28ce qui me fait peur,
21:28c'est que l'armée israélienne
21:29rentre encore plus
21:31dans les terres.
21:32Pourquoi ça vous fait peur ?
21:34Parce que,
21:34quand on voit
21:35ce qu'ils ont fait à Gaza,
21:36moi,
21:36ce qui me fait peur,
21:37c'est que le Liban,
21:39ils ont des...
21:39Ils rase le Liban,
21:40c'est ça ?
21:41C'est ça.
21:42Et le Liban,
21:42on ne mérite pas ça.
21:43Il ne mérite pas ça.
21:44Il ne mérite pas ça
21:44pour un...
21:45Comment dire ça ?
21:46Pour un...
21:47Entre guillemets...
21:48Une faction politique.
21:50Une faction politique.
21:51Voilà,
21:51exactement.
21:52Le Liban ne mérite pas ça.
21:53Le Liban,
21:53c'est un pays magnifique.
21:54Et on ne peut pas dire...
21:56Mais Israël a droit
21:57à sa sécurité aussi.
21:58Alors justement...
21:58Oui, Israël a droit
21:59à sa sécurité.
22:00Alors attendez,
22:01attendez,
22:01attendez,
22:01Fred,
22:02attendez une seconde.
22:04Juste,
22:04voilà,
22:04parce que Fred a posé
22:06un scénario précis.
22:07La puissance de l'armée israélienne,
22:09est-ce qu'elle pourrait
22:10transformer une partie du Liban
22:12en Gaza,
22:12Général Trinquan ?
22:14Elle peut le faire.
22:16Elle en a la volonté,
22:17elle en a les moyens,
22:18sans aucun doute.
22:19D'abord,
22:20je voudrais saluer
22:20un ancien militaire.
22:21J'ai commandé le bataillon
22:22au Anakoura,
22:23là où il était.
22:24Et tous les militaires français
22:25ont eu la même impression.
22:26Ils arrivent là-bas,
22:27d'abord on a...
22:28Vous savez,
22:29quand vous êtes au Liban,
22:30on vous voit avec le drapeau français
22:31et les Libanais vous disent
22:33la France,
22:34notre mère.
22:35C'est le terme qu'ils emploient.
22:36Et on a une armée israélienne
22:38extrêmement dure.
22:40Dure !
22:40Je disais,
22:41quand moi j'envoyais mes patrouilles,
22:42les Israéliens bloquaient mes patrouilles.
22:44Alors que mes patrouilles,
22:45c'était fait pour aider aussi
22:47à la connaissance du territoire.
22:48Donc,
22:49il y a cet antagonisme permanent.
22:52Maintenant,
22:52aujourd'hui,
22:53c'est vrai que la peur,
22:55c'est qu'il rase tout
22:56jusqu'à hauteur du Litanie.
22:58Et dans la banlieue sud du Liban.
23:00Donc,
23:01d'où la démarche française aujourd'hui,
23:04disons,
23:05aidons le Liban
23:06à remplir cette mission
23:08qu'il a à remplir,
23:09le Hezbollah.
23:10Ensuite,
23:10je voudrais souligner
23:11que par rapport à 2001,
23:12parce que moi j'y suis retourné depuis,
23:14le Hezbollah a été quand même
23:16beaucoup diminué.
23:16les villages libanais du sud,
23:19qui étaient très chiites,
23:20étaient payés.
23:21Vous savez,
23:22les femmes étaient payées
23:22pour porter le voile,
23:24etc.
23:25Ça,
23:26ça a quand même
23:26pas mal disparu
23:28parce que
23:29le gouvernement libanais
23:30fait des efforts
23:31dans ce sens-là.
23:32Mais c'est vrai
23:33que le gouvernement libanais,
23:34depuis,
23:35on le sait,
23:35depuis
23:37l'explosion
23:38à Beyrouth
23:39et est complètement
23:42désorganisé,
23:43n'a pas les moyens.
23:44Le pays est ruiné.
23:46Le pays est ruiné.
23:46Donc,
23:47à la fois,
23:48il faut impérativement
23:50que le Hezbollah
23:51soit désarmé.
23:52Deux,
23:53les méthodes israéliennes
23:54font peur
23:55pour le sud du Liban.
23:56C'est quoi le calendrier ?
23:57Je remercie.
23:57Notamment,
23:58Hamas n'est pas rentré
23:59dans la danse
23:59parce que justement,
24:00il n'est plus en état
24:01de bouger.
24:02Avec les coups portés
24:03par Israël.
24:04Oui,
24:05tout a commencé
24:05avec le 7 octobre,
24:06je suis désolée.
24:07Et les attaques
24:08du Hezbollah,
24:09etc.
24:10Donc,
24:10Israël est en position
24:11de se défendre
24:12et le fait effectivement
24:13avec une certaine dureté
24:14compte tenu de son isolement
24:16et Israël n'a parfois
24:18pas le choix.
24:18Quel est le calendrier ?
24:19Parce que Donald Trump
24:21lui-même,
24:22alors les déclarations
24:23sont parfois un peu erratiques,
24:24on a du mal à suivre
24:25parce qu'un coup,
24:25il dit tout est détruit.
24:27Après,
24:27il dit on est en avance
24:28sur le calendrier.
24:29Il dit 4 semaines.
24:30Du côté du commandement,
24:31on dit plutôt 100 jours.
24:33Quel est à votre avis
24:34le calendrier,
24:35Général Trinquan ?
24:36Très honnêtement,
24:37je n'en sais rien.
24:38Comme vous dites,
24:39les Américains
24:39avancent plusieurs calendriers
24:41qui fluctuent,
24:42qui varient, etc.
24:43Ce qu'on peut dire aujourd'hui,
24:44c'est qu'ils ont gagné
24:46l'espace aérien,
24:48ils contrôlent
24:49l'espace aérien,
24:50donc ils peuvent
24:51employer d'autres munitions
24:52parce qu'il y avait
24:53un problème logistique là-dedans.
24:54C'est combien de munitions,
24:56combien de temps
24:56ça va durer.
24:57Et là,
24:58ils peuvent employer,
24:59on voit les B-52,
25:00c'est l'énorme bombardier
25:01qui lance des bombes
25:03à 2000 livres,
25:05comme dit le secrétaire
25:06d'État américain,
25:07donc des grosses bombes,
25:10ce qui fait peur aussi
25:11parce que c'est ce qui a été
25:12employé à Mossoul,
25:13qui a rasé Mossoul.
25:14Donc,
25:15c'est cette phase-là.
25:17Moi,
25:18la question que je pose,
25:20moi,
25:20c'est le renversement
25:21du gouvernement
25:23iranien.
25:24Comment est-ce qu'il arrivera ?
25:25S'il n'y a pas au sol,
25:27alors,
25:27je ne dis pas des bouts
25:28de sang de blanc,
25:28on n'a pas des soldats américains.
25:29le président américain
25:30dit qu'il voulait être impliqué
25:31dans la désignation
25:32du prochain leader iranien.
25:33bon,
25:34il peut dire ce qu'il veut,
25:35ça n'a aucun impact.
25:38Il faudrait un peu de constance.
25:40Bon,
25:40le problème,
25:41c'est que le président Trump
25:43n'est pas constant.
25:43Pourquoi ?
25:44Parce qu'il a l'opposition,
25:45il a l'opinion américaine
25:47qui est contre cette guerre.
25:48Et donc,
25:49si vous voulez,
25:50le facteur,
25:51c'est des trois dormoses.
25:52Est-ce que l'économie
25:54va en pâtir ?
25:54C'est surtout l'économie asiatique,
25:56au passage,
25:56ce n'est pas nous.
25:57Et puis,
25:57deuxième point,
25:58le nombre de morts américains.
25:59Il y a eu six morts,
26:00depuis il n'y en a plus,
26:01tant mieux,
26:02parce que six morts,
26:03c'est à la fois pas beaucoup,
26:04mais c'est à la fois beaucoup.
26:05Parce que,
26:05lui,
26:06c'est la guerre sans morts,
26:07comme au Venezuela.
26:08Sauf qu'en Iran,
26:09on ne peut pas faire
26:10comme au Venezuela.
26:11Et en même temps,
26:11ne pas aller jusqu'au bout
26:13de l'objectif de guerre
26:16mettrait en danger
26:17encore plus Israël,
26:18les Américains
26:19et l'Occident.
26:20Israël veut aller jusqu'au bout.
26:21Complètement d'accord.
26:23Israël, oui.
26:24Les Américains,
26:25c'est un autre sujet.
26:26Une dernière question,
26:27Général Trinquant.
26:29On a entendu l'Iran,
26:30c'est sa rhétorique habituelle,
26:32ouvrir les portes de l'enfer,
26:35frapper partout,
26:36tout le temps.
26:36Il y a quand même
26:37le risque terroriste.
26:38Ils ont des groupes,
26:39il y a les réseaux sociaux,
26:41aujourd'hui,
26:42on est en opération sentinelle
26:44en France,
26:44on est en alerte maximale.
26:47Ce risque,
26:47il faut l'avoir en tête.
26:48Il est là,
26:48il est réel,
26:49il est bien présent.
26:49On peut être de nouveau
26:50frappé en France.
26:51Bien sûr,
26:51et on a des informations
26:52sur des cellules dormantes
26:54qui seraient réactivées.
26:55Il faut se rappeler
26:56que la France a déjà été frappée
26:57plusieurs fois
26:58par des attaques
27:01fomentées par des,
27:03j'allais dire,
27:03des proxys des Iraniens.
27:05Les cellules dormantes
27:06sont vraiment des groupes commandos
27:07qui peuvent de nouveau
27:07faire une attaque en pleurs ?
27:08C'est des gens
27:08qui sont infiltrés,
27:10qui vivent normalement
27:12pendant,
27:12le Mossad fait la même chose
27:14en Iran,
27:14c'est-à-dire les gens
27:15restent très longtemps
27:16et puis d'un seul coup
27:17on leur dit action.
27:18Et là,
27:18ils ont préparé des actions.
27:20La DGSI a arrêté
27:21un Iranien
27:21il y a quelque temps
27:22qui était arrivé
27:22par regroupement familial
27:23dans notre pays.
27:25Oui,
27:25c'est une vraie menace,
27:26il faut y faire attention.
27:28On oublie trop
27:29quand on voit
27:29les guerres partout
27:30que le terrorisme
27:31est un danger
27:32direct
27:33sur notre territoire
27:34sous différentes formes.
27:36Merci Général Trinquant
27:37d'être passé par les GG
27:39par les grandes gueules.
27:40Merci à vous.
27:40Merci.
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