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  • il y a 20 heures
Aujourd'hui, c'est au tour d'Édouard Bergeon, réalisateur du film "Rural", et Jérôme Bayle, agriculteur, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.

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Transcription
00:05On accueille Édouard Bergeon, le réalisateur qui raconte le quotidien de Jérôme Baye,
00:10l'éleveur qui avait pris la tête de la contestation en Haute-Garonne lors de la première manifestation des agriculteurs.
00:17C'était il y a deux ans maintenant.
00:20Bonjour Édouard, bonjour Jérôme.
00:22Bonjour.
00:22Merci d'être avec nous.
00:24D'autant plus content de vous accueillir parce que Jérôme, on le sait, est un auditeur des Grandes-Gueules de
00:28longue date.
00:30Édouard est venu souvent nous voir aussi, que vous avez filmé Jérôme dans son quotidien.
00:35Ça c'est le scénario du film, c'est un paysan au cœur de ce documentaire qui s'appelle Rural.
00:42C'est à la fois un film et un documentaire, un film parce que c'est le film d'une
00:46vie que l'on voit
00:47et un documentaire parce qu'il est ancré dans l'actualité, celle de la colère des paysans.
00:52Donc on va en parler, mais d'abord on va vous faire écouter et regarder un extrait de la bande
00:56-annonce.
00:56Je suis ravi de vous retrouver après mon premier film au nom de la Terre avec un documentaire cette fois.
01:02Un agriculteur est devenu le visage de la contestation.
01:06Je réponds parce que je crois que ça sonne souvent.
01:09Jérôme Baille.
01:10C'est un agriculteur que les journalistes ont beaucoup aimé.
01:12C'est quoi la question ?
01:13Des revendications.
01:15Je l'ai fait 8, 6, 6, 2 fois.
01:17D'importe chose.
01:18Change.
01:19Et sa maman Lulu qui a 75 ans, c'est un personnage.
01:22Allez !
01:23Pourquoi tu me fais parler ?
01:24Bon, écoute-moi.
01:25Ils partent d'où Jérôme, alors ?
01:29Si le monde rural n'existe plus, s'il n'y a plus d'agriculture, il n'y a plus
01:32de monde rural.
01:33Et c'est l'histoire de la France qui s'en va.
01:35Il me tenait à me, j'ai brouillé la main.
01:36Je me garantis qu'il est coupé.
01:38Bien, vraiment.
01:39Il veut être libre, c'est normal.
01:42Au moins tu peux t'exprimer quand tu es libre.
01:46Voilà, c'est l'histoire d'un paysan.
01:49Il était une fois Jérôme Bayle, un paysan du Sud-Ouest, sa maman qu'on vient de voir.
01:53Mais pourquoi avoir raconté Jérôme ?
01:55Parce que je voulais faire une photographie de l'agriculture française, de l'agriculture du Sud-Ouest,
01:59pourquoi les colères étaient parties de là-bas, région très particulière, et Jérôme en parlera.
02:02Et puis, je pense que c'est important de cultiver les imaginaires, de raconter le destin d'une voix forte
02:08de l'agriculture
02:09et qui était peut-être assez méconnue ou qu'on ne connaissait pas assez bien, en tout cas malgré ses
02:15actualités sur les plateaux télé.
02:17Et moi, je voulais suivre l'homme, sa sensibilité, sa fragilité, sa sincérité.
02:23Et c'est par l'humain, l'émotion, qu'on arrive à faire passer des messages justement pour représenter ce
02:28monde agricole qu'on a bien besoin pour le coup.
02:30– Justement Jérôme, parce qu'on vous a souvent eu au téléphone, ici dans les GG, dans les Grandes Gueules,
02:35vous avez toujours dit, moi je veux porter un combat, mais je ne suis personne sauf un paysan, je ne
02:39veux pas devenir une vedette.
02:40Pourquoi avoir accepté d'un coup d'être au cœur de ce documentaire alors ?
02:44– Je ne suis pas une vedette quand même, je suis tout simplement un acteur.
02:48Il y a eu avec Edouard une rencontre qui au début…
02:51– C'est un acteur du film, c'est l'acteur du film, mais c'est pas…
02:53– Bien sûr, bien sûr.
02:54– En fait, la vedette du documentaire, c'est la ruralité et l'agriculture, c'est pas Jérôme Bayle.
03:00– Et pourquoi avoir accepté ce projet avec Edouard ?
03:02– Tout simplement, j'en avais refusé plus d'une quinzaine de projets comme ça.
03:07Et Edouard, la première fois qu'on s'est eu, quand François Purseig, qui est co-réalisateur du Doc,
03:12nous a mis en relation, je lui ai dit que ça ne m'intéressait pas.
03:15Et il m'a dit, même si ça ne t'intéresse pas, est-ce que je vais venir chez toi
03:18?
03:18– Et on va se rencontrer parce qu'on a la même histoire, on a le même grand familial,
03:23on est issus, on a la même année, on a le même âge.
03:26Et donc, j'y ai été, il est venu et on a discuté.
03:32Moi, je lui ai dit que ça ne m'intéressait pas encore.
03:34Et après, on a échangé, on a échangé et on a eu un deal, tous les deux,
03:39c'est que moi, je suis totalement bénévole pour ce projet-là.
03:42Mais par contre, quand tous les deux, on essaye d'amener l'agriculture
03:44et ce monde rural dans la ville et casser des clichés, casser une idéologie
03:50et la porter fièrement et porter fièrement nos valeurs et les valeurs de sa agriculture familiale.
03:57– Pourquoi avoir choisi le titre rural ?
03:58– Parce que Jérôme est un rural, il défend sa ruralité, son histoire, ses valeurs.
04:03Moi, je viens du monde rural, c'est là d'où je parle.
04:06Et on voit dans le film qu'il y a…
04:07– Vous aviez fait deux millions d'entrées, un peu plus de deux millions d'entrées au cinéma
04:10avec Au Nom de la Terre, vous racontez l'histoire de votre frère.
04:13– Et je crois qu'il y a un public assez rural qui est venu voir Au Nom de la
04:15Terre.
04:15Et lors des 60 avant-premières qu'on a fait partout en France,
04:18plus de 12 000 spectateurs, j'ai retrouvé le public d'Au Nom de la Terre.
04:21Les gens se disaient, on vient se voir sur grand écran.
04:23Alors, je crois que le démarrage à Paris, là, ce matin, n'est pas du tout simple.
04:27– Il y a les vacances, en plus, à Paris, en ce moment.
04:28– Oui, il y a les vacances, mais en gros, est-ce que le film va marcher à Paris ?
04:31Je ne pense pas trop.
04:32Et j'en suis à peu près sûr.
04:34Mais peut-être que, justement, dans la ruralité, il y a besoin d'aller se voir sur grand écran.
04:40C'est la force du cinéma, aussi.
04:42– Mais comment vous avez filmé, Jérôme ?
04:43Comment vous avez choisi de le filmer et de faire parler ?
04:46Je tiens au mot paysan, parce qu'on voit du pays, en plus, avec Jérôme.
04:50– Du visage, du paysan.
04:51– Comment vous avez choisi de le filmer ?
04:53– Dès le début, quand on s'est rencontrés, on s'est reniflés, avant de ceux qui me disent oui.
04:56Et puis, ça l'a fait.
04:59Et puis, il fallait aussi que sa maman m'accepte, comme d'ailleurs un deuxième fils.
05:02Le cadre, c'était simple, c'était « je ne questionne pas, je te suis.
05:06Je te suis sur des moments importants de ta vie, et tu me fais confiance. »
05:10Jérôme, il n'aime pas qu'on lui explique son travail quand on n'y connaît rien.
05:13Il m'a dit « je ne vais pas t'expliquer ton travail ».
05:14C'était un contrat de confiance.
05:16Et puis, ça a duré un an et demi.
05:18Et puis, avec son association de copains, les Ultras de la 64,
05:20ils se sont groupés, ils se sont formés en association.
05:24Et cette association s'est présentée aux élections professionnelles de la Chambre d'agriculture,
05:27qu'ils ont gagné.
05:28C'est une première en France.
05:30Et puis, il y a une belle surprise de la vie qui arrive pendant le film,
05:33parce qu'il y a une petite famille qui débarque,
05:35qui n'y connaît rien à l'agriculture, comme voisin.
05:36Et un petit garçon, Evan, qui a 12 ans,
05:39qui joue à sa PlayStation plusieurs heures par jour.
05:41Et Jérôme leur propose de venir voir à la ferme.
05:43Et puis, Evan, devant la caméra, va découvrir l'agriculture,
05:45dans les pas de Jérôme.
05:47Et il va retourner sa casquette, comme j'ai le grand.
05:50Et puis, aujourd'hui...
05:51Et surtout, il laisse tomber la PlayStation.
05:52Il laisse tomber la PlayStation.
05:53Aujourd'hui, à 13 ans, il veut devenir quoi ?
05:54Il veut devenir éleveur.
05:55Donc voilà, j'ai filmé la vie, en fait.
05:57Et après, il fallait en faire un film de cinéma au montage.
05:59Je crois qu'on a réussi,
06:00puisque quand on rallume la lumière après les avant-premières,
06:04il y a les yeux très rouges,
06:04et beaucoup d'émotions,
06:05et beaucoup de messages qui nous disent merci de nous raconter.
06:08Alors, on a nos trois Gégés qui ont vu le film.
06:11On a bien évidemment Didier Giraud,
06:12qui connaît Jérôme, qui connaît Édouard,
06:14qui est notre paysan ici, dans les Gégés,
06:16depuis plus de 15 ans maintenant.
06:19Mais laissons parler d'abord les non-paysans,
06:23mais qui ne sont pas moins intéressés à ce film.
06:25Fatima.
06:26Et puis, quand même, rural,
06:27parce qu'Édouard et moi venons du même coin.
06:30Figurez-vous.
06:31De Poitiers.
06:32Poitiers en force, là, quand même.
06:34Poitiers, c'est pas très rural.
06:36Le centre-ville de Poitiers, c'est un peu rural.
06:38On dit Poitiers pour les gens,
06:39mais Poitiers, c'était déjà la ville.
06:41C'est vrai qu'autour de Poitiers, il n'y a pas de grand-chose.
06:43C'est héron.
06:44Il y a des champs et des vaches.
06:45La ruralité.
06:46Cirez mon treuil, je vous fais rêver.
06:48Je vous jette des noms.
06:51Donc non, ça fait plaisir.
06:52Et en regardant ce documentaire,
06:55je me suis dit, finalement,
06:56toutes les grandes causes
06:57devraient avoir leur Édouard et leur Jérôme.
07:00Dans le sens où, pour que ça touche au cœur,
07:03avant de toucher le cerveau,
07:04on a besoin comme ça d'incarnation.
07:06Et c'est vrai, c'est pas un documentaire sur Jérôme.
07:09Parce qu'on est attaché.
07:10Moi, j'ai beaucoup aimé la maman, la mamie Lulu.
07:12Elle a des punchlines.
07:13Toutes les minutes, elle nous sort une phrase.
07:15Et j'ai adoré quand elle a dit,
07:16nous, la France du fond.
07:18Au fond de la France.
07:19Au fond de la France.
07:20Et j'ai aimé ça.
07:20Il y avait le côté au fond de la classe un petit peu.
07:22Parce que Raffarin nous disait
07:24la France d'en bas, la France d'en haut.
07:25J'aimais pas trop le côté hiérarchie.
07:27Mais là, il y a le côté un peu gégé de l'ombre.
07:29Ça veut dire, nous, on est là.
07:31Personne nous entend, mais on existe.
07:33Et ça, c'est le côté...
07:35J'aime beaucoup le moment où on entend
07:37c'est Mélenchon qui dit,
07:39voilà, cette France-là n'existe plus.
07:41Et c'est ça, la ruralité n'existe plus.
07:44Mais il a le droit de dire des conneries aussi.
07:45Non, mais justement...
07:46Parce qu'elle existe encore, cette ruralité.
07:48C'est ça, elle veut vivre.
07:49Et le film, il est là en train de dire,
07:50eh oh, non, on existe, on est là.
07:52Et moi, ça m'a fait plaisir.
07:53Parce que c'est des visages...
07:54Moi, ça me rappelle mon enfance.
07:56Ça me rappelle plein de choses.
07:58Mais c'est un film de résistance ?
08:00C'est un film de combat, en fait ?
08:01Enfin, c'est un documentaire de combat ?
08:04Oui, parce qu'ils sont...
08:04Parce que le combat, on l'a vu sur les barrages.
08:07Justement, parce que j'avais justement sur ça.
08:09Mais ma question, parce qu'on vous voit avec les politiques,
08:11et ma question, c'est comment vous faites...
08:13Parce qu'on vous sent sincère.
08:14Comment vous faites, comment vous allez faire
08:16pour ne pas vous faire avoir et phagociter ?
08:19Alors ?
08:19Surtout par ceux qui semblent...
08:21Une espèce de compréhension de façade un peu...
08:23Comment ne pas se faire avoir et ensuite film de combat, Jérôme ?
08:26Comment se faire avoir en étant tout simplement sincère ?
08:30En ne changeant pas ?
08:32Moi, en fait, je n'ai aucune ambition.
08:34Je n'ai aucune ambition politique.
08:35Je n'ai aucune ambition, même si certains m'en prédisent.
08:39Moi, ça ne m'intéresse pas.
08:40Moi, ce que je veux, c'est être agriculteur.
08:42C'est pouvoir vivre tranquillement dans ma campagne.
08:45De pouvoir aller à la chasse quand j'ai envie d'aller à la chasse.
08:47Que je puisse profiter de mes amis.
08:49En fait, c'est ça, ma vie.
08:50La vie de Jérôme Ma, elle est là.
08:51Quand je suis à Paris, je suis malheureux.
08:53C'est vrai qu'il est là pour la fin de la promo.
08:55Il me dit, mais quand est-ce que je repars ?
08:56Il ne me tarde que ça.
08:58Rentrer, retrouver mes Pyrénées, retrouver mes vaches, retrouver mes amis.
09:01En fait, c'est ça.
09:03Et moi, briller, si j'avais voulu briller, j'aurais pu.
09:06Puisque j'ai refusé des propositions aux listes européennes.
09:09Comme j'ai refusé de me présenter tête de liste à la chambre d'agriculture.
09:14Puisque je n'ai pas voulu y aller non plus.
09:16Moi, la lumière, je ne la veux pas.
09:17En fait, elle est sur moi.
09:19J'essaye de porter un message, mais ce n'est pas le message de Jérôme Maïd.
09:21C'est le message de ce monde rural, de cette agriculture qui est poussée à disparaître.
09:26Et nous, j'ai un peu de caractère.
09:27Dans le sud-ouest, on est peut-être le Sancho.
09:30On essaye de combattre pour ça.
09:31Mais les politiques, on tourne autour.
09:34Mais en fait, je l'ai vu au salon.
09:36Je suis un aimant pour eux.
09:38Et en fait, on est deux aimants.
09:39Parce que quand on se rapproche avec les politiques,
09:42ils viennent, ils arrivent vite pour faire une photo.
09:44Mais ils n'osent pas rester à côté de moi.
09:46parce qu'ils savent que dès qu'ils vont ouvrir la bouche,
09:48ils vont prendre un tacle.
09:49Donc, ça va être compliqué.
09:51Et ça a été ça.
09:52Tout le salon, c'était un jeu.
09:53Ils venaient, il y a M. Maïd.
09:54Ils arrivaient.
09:55Bon, ils prenaient la photo.
09:56Mais c'était tout.
09:58Ils ne rentraient pas dans le sujet de l'agriculture.
10:00Parce qu'en fait, ils en auraient foutu de l'agriculture.
10:02Un placage plutôt.
10:03Mais ils n'y connaissent rien.
10:04Alors, c'est un film de combat.
10:05Un placage.
10:06C'est un capitaine de rugby, Jérôme Maïd.
10:08Donc, c'est un film militant.
10:08C'est un film de combat.
10:09Militant, je ne sais pas.
10:10Mais moi, je viens de cette ruralité.
10:12J'ai besoin.
10:12C'est important de la soutenir, de la montrer.
10:16Moi, c'est aujourd'hui mon travail.
10:18Parce que je m'y sens bien déjà dans cette ruralité.
10:21Et Jérôme, c'est un peu le miroir de moi-même.
10:24On a le même âge.
10:25Est-ce que c'est un film qui est dans la continuité des barrages ?
10:28Est-ce que c'est un film qui est dans la continuité des actions des agriculteurs ou pas ?
10:32Oui, bien sûr.
10:33Mais je suis passé vraiment dans l'intime.
10:35Pour montrer, justement, ce n'est pas angélique, mais il y a de l'enchantement.
10:39C'est important.
10:40Il y a une grosse histoire sur la transmission dans ce film.
10:42La vraie histoire, elle est là.
10:44La vraie histoire, elle est là.
10:45La maman de Jérôme, qui lui a transmis beaucoup de valeurs.
10:49Et ensuite, Jérôme qui transmet à ses petits-enfants qui débarquent.
10:53Et moi, en fait, il y a les maisons familiales rurales qui sont partenaires du film.
10:56C'est cette formation en alternance qui forme 100 000 élèves tous les ans.
10:59S'ils sont là, c'est parce qu'il y a besoin de créer des vocations, en fait.
11:03Ce n'est pas en racontant toujours le paysant triste qui va se suicider,
11:07qui ne gagne pas sa vie, qui fera venir des gens.
11:10Aujourd'hui, ces belles vaches derrière, elles ont une valeur qui n'a jamais été aussi forte.
11:13On a de moins en moins de vaches en France, mais on gagne plutôt bien sa vie aujourd'hui,
11:17malgré le travail.
11:18Depuis peu ?
11:18Depuis peu.
11:19Mais non, mais c'est important de le dire aux gamins.
11:21Il y a des belles valeurs de transmission.
11:23Et c'est ça, en fait, le combat.
11:24Parce que ce qu'on entendait souvent sur les barrages, c'est qu'on va crever.
11:27Donc ça ne donnait pas forcément.
11:29Ça ne donnait pas forcément envie, justement, de s'engager dans l'agriculture.
11:32Mais il faut ramener un discours positif.
11:33Et je pense que je l'ai déjà dit sur ce plateau.
11:36On parle que l'agriculture est négatif.
11:38Ramenons du positif.
11:40Tous les jeunes, nous, on l'a vu aux avant-premières,
11:42on a vu des milliers de gosses qui venaient,
11:45qui étaient ébahis de voir des tracteurs, de voir cette agriculture.
11:49Et leur rêve, c'est de devenir agriculteurs.
11:51Et si nous, les porte-parole des personnes qui ont peut-être une voix forte,
11:56on ne fait que dire qu'on va crever, on ne va pas y arriver,
11:58on ne va jamais les amener avec nous, ces gamins.
11:59Et puis eux, on va crever qu'ils disent, c'est plus jamais ça.
12:03C'est-à-dire, après le drame que vous avez vécu tous les deux,
12:05c'est qu'on ne veut que personne vive le même drame que nous
12:08et de perdre son père.
12:09Donc il y a vraiment ce côté-là, on veut changer les choses.
12:12On a fait de notre drame quelque chose de très beau,
12:15de l'art d'une part, et puis de la force de l'autre.
12:17Mais on a besoin, en fait, de ça.
12:20Mais nous, ce n'est pas que l'agriculture qu'on représente, c'est la ruralité.
12:23C'est 80% de ce territoire français qui est totalement oublié.
12:26On le voit avec les déserts médicaux, les déserts scolaires
12:30et les déserts des services publics, en fait.
12:32Et ça, c'est l'histoire de la France.
12:34C'est notre histoire, c'est nous.
12:35C'est notre ADN, ça.
12:37Ce qui coule dans notre sens, c'est cette agriculture,
12:40c'est ce monde rural, c'est notre histoire, nos traditions.
12:42Et c'est ça, le deal que j'ai avec Édouard,
12:44c'est ça qu'on va aller défendre.
12:45Et c'est ça qu'il faut défendre.
12:47Alors justement, on va continuer la discussion rurale.
12:49C'est le titre du film d'Édouard Bergeon,
12:50avec, au milieu de cette histoire,
12:53Jérôme Bayle, l'agriculteur que vous connaissez tous.
12:55Dans un instant, Barbara Lefebvre et Didier Giraud
12:58pour la discussion avec Édouard et avec Jérôme.
13:14Vous vous souvenez de ce film
13:16« Au nom de la terre » avec Guillaume Canet ?
13:18C'était Édouard Bergeon qui racontait son histoire personnelle.
13:21Le film avait fait plus de 2 millions d'entrées.
13:23Édouard Bergeon, il revient avec Rural.
13:25Et au cœur de Rural, c'est cet agriculteur
13:27que vous avez découvert sur les barrages.
13:28C'est lui qui est à côté de Gabriel Attal,
13:29vous savez, sur la botte de paille.
13:31Gabriel Attal, il a disparu.
13:32Mais Jérôme Bayle, il est toujours là.
13:35Et il est au cœur de ce film d'Édouard Bergeon
13:37qui s'appelle « Rural » que les grandes gueules ont vu.
13:39On a entendu Fatima.
13:41Barbara Lefebvre...
13:42Dans lequel il y a beaucoup de grandes gueules.
13:43D'ailleurs, tu es dans le film.
13:44Oui, parce que tu as filmé quand vous étiez venu nous voir
13:47ici en studio notamment.
13:50Barbara Lefebvre.
13:51Oui, dans le film, vous évoquez,
13:53vous faites que le survoler,
13:55ce sujet, pour moi, c'est le sujet fondamental.
13:58En réalité, il y a deux agricultures en France.
14:01Le titre de votre film, c'est « Rural ».
14:02Il y a deux agricultures.
14:03Il y a des agricultures.
14:04Il y a surtout deux.
14:06Il y en a une qui écrase l'autre.
14:07Il y a l'agriculture productiviste.
14:10Et il y a l'agriculture familiale.
14:11Vous, vous êtes l'agriculture familiale
14:14avec des hectares que vous devez exploiter.
14:17Et à côté, il y a une agriculture productiviste.
14:19D'ailleurs, à un moment, quand vous remontez à Paris,
14:20vous regardez avec votre collègue
14:23les champs des grands céréaliers.
14:25Ça ne lui interdit pas d'être familial.
14:27Oui, oui.
14:28La famille d'Avril.
14:30Alors justement, à un moment donné,
14:31vous rencontrez M. Rousseau.
14:33Et alors là, vous parlez de tacle.
14:34Moi, je ne vous ai pas trouvé très tacle
14:36avec madame Tondelier,
14:38ni avec Gabriel Attal dans son bureau,
14:39et pas non plus avec M. Rousseau,
14:41que vous accueillez gentiment chez vous.
14:42Donc moi, ce que je voudrais savoir, c'est...
14:44Alors peut-être que les tacles,
14:45ils n'ont pas été filmés,
14:47mais je pense que...
14:48Ils ont été filmés,
14:48mais ils n'ont peut-être été pas mis à le filmer.
14:50Ah voilà.
14:50Parce que moi, c'est ce qui m'aurait intéressée.
14:52C'est aussi, par exemple,
14:53par rapport à M. Rousseau,
14:54qui vient visiter votre ferme.
14:55D'ailleurs, je me suis demandé si...
14:57Effectivement, c'est intéressant
14:59de lui faire découvrir un univers
15:00peut-être qu'il ne connaît pas très bien.
15:02Sinon, j'aurais pu aussi lui présenter
15:03Philippe Grégoire,
15:04que j'imagine que vous connaissez,
15:06Samu Social Agricole,
15:07qui est éleveur de bovins aussi,
15:10et qui aurait permis aussi
15:12de mettre en lumière
15:13le fait que votre agriculture,
15:15elle est quand même la victime
15:17d'une autre agriculture
15:18qui est très complice
15:19des politiques que vous avez rencontrées.
15:22Donc aujourd'hui,
15:22qu'est-ce que vous avez vraiment obtenu
15:24de M. Rousseau,
15:25qui par ailleurs dirige
15:27la compagnie Avril,
15:29et des politiques que vous avez croisées.
15:31Qu'est-ce que vous avez obtenu
15:33concrètement,
15:34vous à titre personnel,
15:35rien, ça je sais,
15:36mais pour la cause que vous défendez.
15:37Je vais tout simplement dire un truc.
15:39Est-ce que j'attends quelque chose
15:40d'André Rousseau ?
15:41Moi non.
15:42Il est venu chez moi,
15:43il n'est pas venu chez moi,
15:44parce que j'avais des demandes
15:45à lui faire.
15:46Il est venu tout simplement chez moi,
15:48me rencontrer,
15:49pour discuter avec moi d'agriculture,
15:50et il a dit,
15:51dans un portrait,
15:53il a dit,
15:54je voulais savoir
15:55pourquoi il est parti
15:56de la FNSEA
15:57et comment je pourrais
15:57lui faire revenir.
15:58Il n'est pas venu chez moi
15:59pour que je lui demande
16:00quelque chose, en fait.
16:01Non, c'est une voie
16:01forme de l'agriculture.
16:03Alors, pourquoi vous êtes parti
16:04de la FNSEA ?
16:05Parce que je n'étais pas d'accord
16:06sur cette manifestation
16:07le 16 janvier à Toulouse,
16:09en 2024,
16:10où c'est que les leaders syndicaux
16:11nous ont demandé
16:13d'attendre,
16:14alors qu'on n'avait plus
16:14le temps d'attendre.
16:15C'est tout simplement ça.
16:16Après,
16:17il ne faut quand même pas
16:19généraliser un peu
16:21la FNSEA aussi,
16:22parce qu'il y a des gens
16:22très bien,
16:23il y a des gens très proches
16:24à des agriculteurs
16:24et de l'agriculture familiale
16:25à la FNSEA,
16:26comme il y en a
16:27à la Coréation Rurale,
16:28comme il y en a
16:28à la Confédération Paysanne,
16:29comme il y en a
16:30aux jeunes agriculteurs.
16:31Il y a des agricultures
16:32en France,
16:33et malheureusement,
16:33on ne veut en faire
16:34qu'une agriculture.
16:35Et c'est ça,
16:36le plus gros problème.
16:37C'est qu'on veut dire,
16:38eh bien,
16:38toute l'agriculture française
16:39doit être gérée pareil,
16:40gérée depuis Bruxelles
16:41depuis Paris.
16:41Mais en fait,
16:42ce n'est pas du tout ça.
16:43Il y a des agricultures,
16:44il y a Didier
16:45qui est en face de moi,
16:46il est éleveur comme moi,
16:47eh bien,
16:47on n'élève pas les vaches
16:48de la même façon,
16:49parce qu'on n'est pas
16:49sur les mêmes territoires.
16:50Et ça,
16:51il faut le comprendre,
16:51il faut le faire comprendre.
16:52Et pour revenir aux politiques...
16:53Et pour revenir aux politiques...
16:54Tondelier et Attal,
16:55ils l'ont compris, ça ?
16:56Parce que c'est les deux seules
16:57politiques qu'on voit
16:58dans le film.
16:58Donc, est-ce que c'est deux-là ?
16:59On voyait le Brune-Pivet,
17:00on voit François Rucard,
17:01on voit...
17:01Oui, mais je veux dire,
17:02dans ce petit...
17:02Enfin, on ne voit que des gens
17:04de centre-gauche
17:05et écologistes.
17:07Mais je veux dire,
17:08on n'a pas vu des LFI
17:09et on ne vous a pas vu
17:10avec des LR.
17:11Mais les LFI,
17:12je les ai rencontrés,
17:13les LR,
17:14je les ai rencontrés,
17:15j'ai rencontré tout le monde,
17:16je parle avec tout le monde, moi.
17:17D'accord.
17:17Et donc,
17:18est-ce que vous avez l'impression
17:18qu'ils ont compris ça ?
17:20Mais ils peuvent me dire
17:21qu'ils ont compris.
17:22Oui, c'est ça.
17:22Mais entre le dire et le faire,
17:25il y a une différence.
17:25Et aujourd'hui,
17:26qui a le pouvoir
17:27de changer l'agriculture française ?
17:28Qui a le pouvoir
17:29de dire aux consommateurs français
17:31arrêter d'acheter de la merde
17:32et d'acheter français
17:32à 2 euros de plus de kilos ?
17:34Il n'y a personne.
17:35A priori,
17:35c'est leur boulot normalement
17:36en tant que politique.
17:39Comment aujourd'hui
17:40un politique,
17:40je ne veux pas défendre la politique,
17:41mais comment un politique
17:42aujourd'hui,
17:43il peut arriver
17:44et aller dans les magasins
17:45et dire aux clients
17:46mais il faut acheter ça
17:47parce que c'est français.
17:49Déjà,
17:49on n'est même pas capable
17:49d'étiqueter nos produits correctement.
17:52On appose sur nos produits
17:55des drapeaux
17:57identitaires régionaux,
17:58nationaux.
17:58C'est tout juste
17:59se transformer en presse
18:00et pas produire en presse.
18:00Donc on est d'accord,
18:01les responsables de cette situation,
18:03c'est les grands groupes
18:04de transformation
18:04et de distribution.
18:05Mais c'est tout le monde.
18:06C'est le législateur.
18:08C'est aussi le consommateur.
18:10C'est tout le monde.
18:10Bien sûr,
18:10mais le consommateur...
18:11Le Pékin moyen
18:12avec son caddie,
18:14il vote à chaque fois
18:14qu'il pousse son caddie.
18:15Mais merci,
18:16ce n'est pas à moi
18:17que tu vas le dire
18:17vu que je ne cesse
18:18de le répéter ici
18:19et notamment
18:20qu'il faut arrêter
18:20de nous faire croire
18:21que parce qu'on n'a pas
18:22beaucoup d'argent,
18:23on est obligé d'acheter
18:23du steak haché de merde
18:25surgelé
18:26avec de l'eau dedans
18:27et du n'importe quoi.
18:29Donc ça,
18:29on est bien d'accord là-dessus.
18:30Mais aujourd'hui,
18:31les vrais acteurs,
18:32c'est ces grands groupes-là,
18:34dont M. Rousseau fait partie,
18:35quoi que vous disiez,
18:36et l'Union européenne.
18:37Oui, je sais,
18:38je sais,
18:38ça t'embête,
18:39mais je le dis quand même.
18:40Je ne suis pas en vous,
18:41je suis en vous sur le réel,
18:41excuse-moi.
18:42Mais allez,
18:42on va être constructif,
18:43vous allez voir.
18:44On va essayer de proposer
18:45des solutions.
18:46Alors ?
18:46Aujourd'hui,
18:47et là,
18:48c'est la responsabilité
18:49des politiques,
18:49et je l'aurais dit l'autre jour,
18:51comment on doit être
18:52le seul pays au monde
18:53à avoir des politiques
18:55assez cons,
18:55et je le dis clairement,
18:58pour qu'avec l'argent
18:59des impôts des Français,
19:00on ne consomme pas français,
19:01dans les services publics.
19:03Voilà.
19:03Ça, c'est des volontés politiques.
19:04C'est ce que vous évoquez.
19:05C'est les premières des choses.
19:06Il y en a plein
19:07des choses qui peuvent arriver
19:08et amener à cette agriculture.
19:10C'est d'abord un travail local.
19:11Mais c'est du travail local
19:12et à petite échelle.
19:13Ce n'est pas que du travail local
19:14parce que tu peux décider
19:15que les marchés publics,
19:17que dans les collectivités territoriales,
19:19que dans les cantines,
19:19il n'y ait que des produits français locaux.
19:21Tu peux le décider
19:22d'un point de vue législatif.
19:23qui l'ont décidé.
19:24Et quand ils vont
19:24à l'Assemblée nationale,
19:25ils font quoi ?
19:26Ils ne proposent jamais
19:27ce genre de loi-là
19:28et les lobbies
19:29qui agissent d'un côté
19:30ou de l'autre
19:31empêchent que ce genre d'action...
19:32Parce que c'est ça
19:33que vous proposez dans le film.
19:34C'était à ça
19:34que je voulais arriver.
19:35C'est parce que vous proposez
19:36des choses concrètes
19:37comme cela.
19:37C'est-à-dire notamment
19:38tous les marchés publics
19:39de la restauration,
19:41ça devrait être que du français
19:42et du local,
19:43voire même,
19:44vous évoquez,
19:44du départemental.
19:45Mais au bout d'un moment,
19:46il faut mettre du protectionnisme.
19:47Dans tous les pays,
19:48il y en a.
19:49Nous, on n'en a pas.
19:49Mais il y en a qui le font.
19:50Il y a plein de territoires
19:51en France qui le font.
19:51Ne vous en gueulez pas,
19:52ça sert à rien.
19:52C'est toujours lui qui gueule.
19:53On ne sait pas pourquoi
19:54il s'énerve.
20:03Je vais répondre à Barbara
20:03parce que du coup,
20:04ça ne vaut pas le coup.
20:06D'abord, Édouard,
20:07merci.
20:08Merci pour ce que tu fais pour nous.
20:10Merci, Lise.
20:10Je fais partie de ceux
20:12qui ont vu 5 suicides
20:15en 18 mois
20:15dans un rayon
20:16de 6 kilomètres
20:17autour de chez moi
20:18et au nom de la terre
20:21m'avait marqué.
20:22Et c'est vrai que moi,
20:23je me demandais
20:24à quoi servait ce film
20:26sur Jérôme
20:26pour le grand public.
20:28Et finalement,
20:29j'ai compris
20:29qu'il est d'abord pour nous.
20:31Pour nous faire du bien
20:32à nous, les ruraux.
20:33Ce qu'il y a dans ce film,
20:35c'est mon quotidien.
20:36Voilà.
20:37C'est médias, vaches,
20:39médias, vaches.
20:40En essayant de porter
20:42au mieux la bonne parole,
20:44on n'est pas toujours entendu,
20:46on n'est pas toujours compris.
20:48Il y a quand même une urgence.
20:50On est passé en 1988
20:51de 1 million de paysans
20:53à à peine 400 000 aujourd'hui.
20:55Et je pense que le vrai message
20:57de ce film,
20:57c'est ce gamin
20:58qui arrive de l'Est
21:00et qui se passionne pour les vaches
21:01en peu de temps finalement.
21:03Parce que cette crise
21:06démographique en France
21:07de l'agriculture
21:08qui nous conduit quand même
21:10à ne plus être autosuffisant
21:12dans quasiment toutes les productions,
21:14elle a comme origine
21:17des crises de vocation.
21:18Et le métier d'éleveur
21:19est particulièrement mal traité là-dessus
21:21parce que ça a toujours été
21:22le métier le moins rentable
21:24des métiers de l'agriculture.
21:25Et aujourd'hui,
21:26il y a quelque chose
21:26qui s'est inversé.
21:27à nous de capitaliser là-dessus
21:30pour pouvoir recréer des vocations.
21:34Moi, je suis dans ce cas-là.
21:36Quand tu bosses avec tes vaches
21:38sur une ferme
21:38et que tu n'as pas de succession,
21:40il y a des matins,
21:41tu te demandes quand même
21:42pourquoi tu vas bosser.
21:43Et je trouve que cet espoir
21:46qu'il y a dans le film
21:46où il y a un gamin
21:47qui s'intéresse peut-être
21:48à une reprise,
21:49à la transmission,
21:50à tout ça,
21:51ça change complètement
21:52notre métier d'éleveur.
21:54Et merci pour ça.
21:55Vous penserez quand même
21:56à mes petites royalties
21:58parce que je ne le savais pas
22:00mais j'ai découvert
22:00que j'étais dans le film
22:01un matin où le radio du 4x4
22:04est sur les grandes gueules
22:05donc vous penserez quand même
22:06à mes petites royalties.
22:07Et moi, c'est la différence
22:09entre toi et moi,
22:09c'est que moi je suis bénévole
22:10et t'en n'es pas.
22:12Ah non, moi je ne suis pas bénévole.
22:14Je suis bénévole
22:15pour porter les causes
22:16et ça fait 17 ans
22:17que je viens ici,
22:18ça fait 17 ans
22:18que je délivre.
22:20Et moi, j'ai toujours dit
22:22j'ai besoin qu'il y ait
22:23d'autres courroies de transmission
22:24que la mienne.
22:25Il y en a d'autres.
22:27J'ai parlé de Philippe Grégoire.
22:28Je sais que ça t'agace.
22:29Non, mais Philippe Grégoire,
22:31il porte un message.
22:32Il n'a pas micro-ouvert
22:34dans les médias par contre.
22:35Écoute, tant pis pour lui.
22:36Il a qu'à se débrouiller.
22:38Il essaye,
22:39mais apparemment,
22:40on ne le rappelle pas.
22:40On vit quand même
22:41dans un pays
22:42qui marche à l'envers
22:43où nous, on a toujours
22:45quand même
22:45de plus en plus
22:46de contraintes
22:47pour produire.
22:48On n'arrive plus
22:49à produire assez
22:50et derrière ça,
22:51on n'importe pas.
22:52Mais j'ai deux exemples
22:53en tête quand même
22:54pour les auditeurs.
22:55Les poules en cage.
22:56Moi, j'étais à ce micro
22:57le jour où la vidéo
22:58de L214
22:59sur les poules en cage tombe.
23:01Olivier,
23:01je me rappelle d'Olivier,
23:02outré
23:03sur ces poules en cage
23:04qui vivent un truc terrible.
23:06Moralité,
23:07qu'est-ce qui se passe ?
23:07Des groupes de pression écolo
23:09parce qu'il n'y a rien d'autre
23:09là-dessous
23:11interdisent
23:11les poules en cage
23:12en France.
23:13Aujourd'hui,
23:13on n'a plus
23:14assez d'œufs
23:16en France.
23:16Donc,
23:17on importe des œufs polonais
23:18ou qui sont produits
23:19dans des poules en cage.
23:20Et un deuxième exemple,
23:22parce que ça,
23:22c'est aussi quand même
23:23les écolos
23:24complètement fous.
23:25Est-ce que vous avez vu
23:26cette image
23:27de la bassine
23:27de Sainte-Soligne
23:28vide
23:29avec les champs
23:30autour inondés ?
23:31Voilà.
23:32On en est là
23:33en France aujourd'hui.
23:33la bassine de Sainte-Soligne
23:35parce qu'il y a
23:36un truc suspensif,
23:38parce qu'il y a
23:39un recours suspensif.
23:40La bassine de Sainte-Soligne
23:41aujourd'hui est vide
23:42et les champs
23:43autour étaient
23:43la semaine dernière
23:44inondés.
23:45Mais on verra
23:46là-dessus
23:46les écologistes
23:47et j'ai débattu,
23:50j'ai rencontré
23:51le maire de Grenoble
23:52avec qui
23:53on n'était pas
23:54trop d'accord
23:55sur la gestion
23:56de l'eau.
23:57Mais je y ai dit,
23:59j'ai dit,
23:59mais maintenant
23:59on va voir ta gestion
24:00de l'écologie
24:01et ta vision de l'écologie.
24:02Il y a 70 data centers
24:03qui vont être faits
24:04en France.
24:05Il va falloir de l'eau.
24:06Il va falloir faire
24:06des méga-bassines
24:07pour refroidir
24:08les ordinateurs.
24:08L'électricité.
24:09Et on va voir
24:10s'ils vont être opposés
24:11à ça.
24:12Parce que là,
24:13c'est une vraie cause
24:14de se battre.
24:14Parce qu'on va
24:16retenir de l'eau
24:18pour empêcher les gens
24:20de réfléchir
24:21au final,
24:21si tu ne vas plus loin.
24:22Donc au bout d'un moment,
24:23là c'est une cause.
24:25Ça va consommer
24:26plus d'eau
24:27que pour l'alimentation
24:28et la consommation.
24:29Tout comme la méthanisation aussi.
24:30Donc au bout d'un moment,
24:31ça ne peut plus marcher.
24:33Et c'est là.
24:34Et en fait,
24:34on oppose tout le temps
24:36l'agriculture à l'écologie.
24:37Mais l'un ne va pas
24:37sans l'autre.
24:38Mais par contre,
24:40peut-être qu'il faudrait
24:40une fois,
24:40il faudrait opposer
24:41l'agriculture aux écologistes.
24:43Parce que la différence
24:43entre un écologiste
24:44et un agriculteur,
24:45c'est que l'écologiste,
24:46il pense l'écologie,
24:48l'agriculteur,
24:49il l'a fait sur le terrain.
24:50Et moi,
24:50je n'ai pas besoin
24:51de quelqu'un.
24:51Voir il l'a subi.
24:52Oui,
24:52et on l'a subi.
24:53On l'a subi avec les normes.
24:55Avec tout ce qui est
24:55complètement débile aujourd'hui,
24:57on ne peut plus curer un fossé,
24:58on ne peut plus rien faire.
24:59Et il y a des inondations partout
25:01qui coûtent des millions
25:02ou des milliards d'euros
25:03à l'État.
25:04Et on peut parler
25:04de l'environnement.
25:05Tout simplement,
25:06quand on t'explique
25:07qu'il ne faut pas broyer
25:08parce que là,
25:09il y a une plante
25:09qui malheureusement
25:11est en voie de disparition.
25:13On l'a vu l'an dernier.
25:14Et l'exemple le plus fracas,
25:15c'est les incendies dans l'Aude.
25:1716 000 hectares
25:17qui sont partis en fumée.
25:19On en parle de l'écologie.
25:20On en parle des conséquences
25:22sur la biodiversité.
25:23Et tout ça,
25:23là,
25:23il n'y avait plus personne.
25:25On en parle aussi
25:26de la désertification.
25:27Parce que la cause,
25:28elle est là.
25:28Mais là,
25:28il va là.
25:29Quand les campagnes
25:30ne vivent plus,
25:32c'est une autre.
25:33C'est un désert.
25:34Vous voyez,
25:35rural,
25:35ça pose le débat sur la table
25:37parce que c'est notre assiette,
25:38c'est notre environnement,
25:39c'est notre pays,
25:39nos paysages,
25:40la France.
25:40On en est fiers de tout ça.
25:41Mais il faut le préserver.
25:43Je suis d'accord avec vous.
25:44Tout ce que vous dites
25:45sur la question des normes
25:46et de la question des fossés,
25:47la question de l'entretien
25:48des haies,
25:48etc.
25:49Il ne faut pas non plus
25:50mettre de côté complètement
25:51l'évolution des mentalités
25:53sur la question du bien-être animal.
25:54Et moi,
25:54ce qui me dérange...
25:55Mais viens chez moi.
25:56Viens à ma ferme
25:57voir les bêtes.
25:59Regarde comme elles sont.
26:01Non,
26:01mais ça,
26:01l'élevage bovin,
26:02on le sait très bien,
26:03il échappe heureusement
26:04en France...
26:05Mais pas que l'élevage en France
26:07en même temps,
26:08ils ont fini.
26:08Je n'ai pas le temps de finir.
26:09Il échappe en France
26:11au productivisme dégueulasse
26:12qu'on peut voir
26:12en Amérique du Sud.
26:13En revanche,
26:13les poules,
26:15ce n'est pas la même chose
26:15et les porcs,
26:16ce n'est pas la même chose.
26:17Donc,
26:17que tu mettes tout d'un coup
26:18au milieu
26:19l'idée qu'il faille
26:20remettre les poules en cage,
26:21je trouve ça scandaleux.
26:22Ah non,
26:23je ne dis pas ça.
26:23Je dis que les gens,
26:24aujourd'hui,
26:25ils bouffent des oeufs
26:26à porter de poules en cage.
26:28Eh bien,
26:28ils consomment moins d'oeufs,
26:29c'est tout.
26:29C'est comme ils consomment...
26:31On a envie de manger.
26:33Moins,
26:33mais mieux.
26:34C'est la protéine,
26:34la moitié de l'oeuf.
26:35Ils consomment moins,
26:36mais mieux.
26:36Le Véral,
26:37t'auras faim,
26:37toi aussi.
26:38Mais non,
26:39je n'aurai pas faim.
26:39Le contexte géopolitique,
26:42le contexte géopolitique actuel,
26:44et on a les images en bar
26:45et les bombardements,
26:46ça va remettre tout le monde
26:47dans le droit chemin.
26:48Moi,
26:49je vous le dis,
26:49quand le gasoil,
26:50il a augmenté,
26:51l'essence a augmenté
26:51de 10 centimes en un jour
26:53et ce n'est pas fini,
26:55dites-vous un truc,
26:56c'est que si les mecs,
26:57ils veulent prendre la mer,
26:58il va manquer de la nourriture
26:59en Europe.
27:00Et vous allez être surpris.
27:01Allez voir le film rural.
27:03Merci Edouard Bergeon.
27:04Merci Jérôme Bayle
27:05d'être passé par les GG.
27:07Jérôme qui n'a qu'une hâte,
27:08maintenant c'est de redescendre
27:09chez lui du côté du Sud-Ouest
27:11à Montesquieu-Volvestre.
27:12Parce qu'il faut rappeler
27:13d'où il est.
27:14Merci.
27:14Montesquieu-Volvestre.
27:15C'est ce que j'ai dit,
27:16Montesquieu-Volvestre.
27:17Allez,
27:17merci messieurs.
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