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  • il y a 6 minutes
Ce mercredi 4 mars, Nadia Fettah Alaoui, ministre de l’Économie et des Finances du Maroc, était l'invitée dans Le monde qui bouge - L'Interview, de l'émission Good Morning Business, présentée par Sandra Gandoin. Elles sont revenues sur les conséquences économiques pour le Maroc des frappes contre l'Iran et de ses ripostes dans la région, ainsi que sur l'attrait des industriels français pour le Maroc. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Avec Annalisa Capellini qui me rejoint sur ce plateau, nous recevons Nadia Feta-Alaoui,
00:05ministre de l'économie et des finances du Maroc.
00:08Merci beaucoup d'être sur ce plateau ce matin dans la matinale de l'économie.
00:12Merci pour l'invitation.
00:13Je voulais évidemment, on va parler de l'économie du Maroc,
00:16on va parler des investissements étrangers,
00:19mais évidemment je ne peux pas commencer cette interview sans parler de ce contexte,
00:22de cette situation qui a été déclenchée ce week-end.
00:26J'aimerais savoir quelles sont les conséquences sur l'économie du Maroc,
00:31de ses frappes sur l'Iran, de ses ripostes dans la région.
00:36Est-ce qu'il y a des conséquences sur votre économie, par exemple sur l'énergie,
00:39sur les approvisionnements ? Quelle est la situation pour le Royaume ?
00:42Encore une fois, merci pour l'invitation.
00:44Nous déplorons évidemment cette crise dans le Moyen-Orient.
00:49Le Maroc s'est exprimé pour une solidarité avec les pays frères.
00:54Et puis une pensée pour les populations civiles qui payent toujours le tribut.
00:59Clairement, nous sommes dans les chaînes globales, on va dire, de l'économie.
01:03Nous importons nos hydrocarbures.
01:06Donc nous sommes prêts à d'éventuels impacts sur notre économie.
01:12Nous avons hélas ces dernières années à expérimenter, on va dire,
01:15nos boucliers en faveur des populations les plus vulnérables
01:18et pour protéger l'économie.
01:19Nous avons des réserves de change, un mix énergétique qui est de plus en plus vert.
01:24Et puis une économie qui a prouvé sa résilience.
01:28Donc nous espérons que la crise sera courte, mais en responsabilité,
01:31nous avons le plan d'action qu'il faut.
01:33Oui, c'est vrai que le mix énergétique est très important.
01:36C'est là qu'on va voir son efficacité dans les semaines qui viennent.
01:38Annalisa.
01:39Donc aujourd'hui, vous craignez un impact sur le gaz, sur le pétrole.
01:42Quel pourrait être l'impact très concret si le conflit devait durer
01:45entre 4 ou 5 semaines, comme le dit Donald Trump, par exemple ?
01:48Sur le pétrole, nous l'avons budgété à 65 dollars dans notre loi de finances.
01:54Vous savez qu'il est déjà à 85 dollars.
01:57Le gaz, c'est vraiment une consommation plutôt domestique.
01:59Ça a un impact, mais qui est complètement contenu
02:02et que nous pouvons, on va dire, avec nos finances publiques, confronter.
02:06Mais on espère vraiment qu'on n'aura pas à le faire durablement.
02:09Est-ce que ça a un impact sur, justement, les investissements étrangers ?
02:14Très largement.
02:15On sait qu'il y a beaucoup d'investissements étrangers au Maroc,
02:18de la part des entreprises françaises notamment.
02:20Est-ce que l'attractivité peut être éventuellement touchée à un peu plus long terme ?
02:27Je crois vraiment que non.
02:29Le Maroc a un actif considérable, qui est sa stabilité dans la durée,
02:35sa stabilité politique, sa stabilité économique.
02:37Nous étions dans une phase, on va dire, d'attraction des investisseurs.
02:41Aujourd'hui, je pense que ceux qui sont installés sont convaincus et se projettent.
02:45Et que nos atouts, en dehors de la stabilité,
02:49beaucoup d'énergie verte, de talent, de connectivité au marché mondiaux,
02:55sont vraiment des forces.
02:58Et vraiment, le Maroc est une vraie base d'investissement dans un monde turbulent.
03:03Je pense que l'opportunité est là, même dans un moment douloureux comme celui-ci.
03:08Annalisa.
03:09C'est intéressant parce que vous avez une double stratégie au Maroc.
03:11Donc vous avez d'un côté cette volonté d'attirer les investissements étrangers,
03:15et vous y arrivez, c'est le cas avec Safran, par exemple, pour parler de la France.
03:18Et de l'autre, vous voulez quand même faire émerger vos propres champions.
03:22Comment vous articulez ces deux stratégies qui peuvent paraître opposées ?
03:26Écoutez, c'est la même.
03:27Je pense que notre volonté, c'est de devenir vraiment un pays émergent.
03:32Le souverain a, depuis 25 ans, dessiné une stratégie que nous déployons
03:38pour avoir les métiers mondiaux du Maroc.
03:40Alors, métiers mondiaux, ça veut dire que nous voulons attirer des savoir-faire internationaux,
03:46mais il faut que ça profite à notre économie et à nos populations.
03:50Et je pense que nous avons démontré dans plusieurs secteurs
03:53qu'avec des investisseurs internationaux,
03:56nous avons aussi créé un écosystème local avec des PME.
04:01Et plus que ça, je pense que ça ne s'oppose pas.
04:03Ces investisseurs dont vous parlez, internationaux, recherchent ça
04:06et savent qu'ils peuvent compter sur les Marocains,
04:09les ingénieurs femmes et hommes au Maroc, sur notre écosystème,
04:13comme un élément de leur flexibilité, leur agilité, leur compétitivité.
04:17Annalisa parlait de Safran tout à l'heure.
04:19Il y a eu deux annonces en l'espace de six mois, effectivement.
04:21L'ouverture d'une chaîne d'assemblage de moteurs LIP pour Airbus
04:26et puis une nouvelle usine de fabrication de trains d'atterrissage.
04:30Vous avez des atouts dans l'automobile, dans l'aéronautique, on l'a vu.
04:34Sur quel autre secteur vous misez pour les années qui viennent ?
04:39Peut-être s'arrêter sur Safran qui est vraiment...
04:41Ce sont deux belles annonces.
04:43On parle de 500 millions d'euros d'investissement, quasiment 800 emplois.
04:46Mais plus que ça, c'est vraiment confirmer une confiance
04:49dans la trajectoire industrielle du Maroc.
04:52Donc dans l'automobile également, vous l'avez rappelé.
04:55Donc ce que nous voulons, c'est dupliquer cette réussite d'écosystèmes
04:59dans l'aéronautique et l'automobile vers d'autres industries.
05:04La mobilité est un beau sujet autour de la batterie électrique.
05:10Toutes les énergies renouvelables, le textile
05:12et beaucoup d'autres industries à haute valeur ajoutée
05:15parce que ce qui compte, c'est les taux d'intégration
05:18que nous avons réussis dans l'automobile.
05:19On est à plus de 60%.
05:20Dans l'aéronautique, à 42%.
05:23Et nous voulons, on va dire, dupliquer ces stratégies.
05:26Nous ne sommes pas que dans l'industrie.
05:27Nous avons d'autres secteurs d'activité forts
05:30que sont l'agriculture, le tourisme.
05:34Donc vraiment, massifier, monter en gamme dans les industries
05:39et diversifier l'économie, c'est la clé de l'émergence et de la résilience.
05:43Si on dézoome un peu, on voit que vous êtes un partenaire stratégique pour l'Europe.
05:47C'est normal, il y a des questions géographiques, historiques, de proximité.
05:50Mais on voit aussi que vous arrivez à parler avec les États du Golfe.
05:53Vous le mentionnez tout à l'heure.
05:55Vous parlez avec les États-Unis, avec la Chine.
05:57Vous arrivez à faire du commerce avec beaucoup d'États, finalement.
06:01Avec beaucoup de pôles différents.
06:02Aujourd'hui, ce n'est pas si simple.
06:05Aujourd'hui, ce n'est peut-être pas si simple.
06:07Mais ce qui est important, c'est que notre souverain a fait ses choix depuis toujours.
06:12Nous sommes un pays ouvert qui dialogue avec l'ensemble.
06:15Nous sommes crédibles et fiables.
06:16Donc, ce n'est pas du tout des stratégies opportunistes pour s'adapter.
06:20Nous avons les partenaires de toujours.
06:22Mais le monde s'est globalisé.
06:24Aujourd'hui, il est fragmenté, mais il est global quand même.
06:27Et donc, nous avons des atouts à faire valoir.
06:30Et cette fiabilité, cette stabilité rassure.
06:32Parce que nous sommes dans le temps long.
06:35Et nous avons des preuves aujourd'hui dans l'ensemble de notre économie,
06:39de nos relations, on va dire, géopolitiques,
06:42qui démontrent que nous ne devions pas, que nous sommes restés fidèles à nos partenaires d'hier
06:47et nos partenaires d'aujourd'hui et de demain.
06:49Toute dernière question, parce que le temps file à une vitesse folle.
06:52La Coupe du Monde de foot 2030, organisée conjointement par le Maroc, le Portugal et l'Espagne.
06:58Qu'est-ce que ça va apporter au pays ?
07:00C'est une célébration, on est très très fiers.
07:04C'est, en fait, dans la trajectoire de développement,
07:08c'est une date qui permet de, on va dire, de mieux cadencer nos investissements.
07:14Ce qu'on veut, ce n'est pas un grand événement en 2030.
07:18C'est vraiment des investissements pour les Marocains,
07:21pas par les Marocains, pour un meilleur futur.
07:24Donc nous sommes sous les feux du projecteur.
07:26Les bénéfices arrivent dès aujourd'hui.
07:28J'en veux pour preuve le secteur du tourisme.
07:29On est déjà à 20 millions de touristes.
07:31Mais ce qui compte, c'est cet héritage qui doit appartenir à l'ensemble des populations
07:36et à tous les territoires.
07:37Ils sont nombreux et multiples.
07:39Merci beaucoup Nadia Fettal,
07:41ministre de l'Économie et des Finances du Maroc,
07:43d'avoir été ce matin dans la matinale de l'économie.
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