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En touchant plus de 80 millions de consommateurs et avec une présence dans 43 pays, Sodexo peut devenir un levier essentiel pour développer l’alimentation durable dans la restauration collective. Le groupe vient de mettre à jour sa feuille de route RSE qui doit permettre une meilleure mesurabilité de ses actions. Mouna Fassi Daoudi, directrice durabilité de l’entreprise, explique comment répondre à ces nouveaux objectifs d’ici 2028.
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00:00– Prêt pour l'impact, c'est la question que je pose chaque jour à une personnalité qui compte dans
00:08notre économie.
00:09J'ai le plaisir d'accueillir Mouna Fassi Daoudi, bonjour.
00:11– Bonjour Thomas.
00:12– Bienvenue, vous êtes la directrice de durabilité du groupe Sodexo,
00:15vous êtes également présidente de Stop Hunger, cause philanthropique mondiale du groupe dédiée à la lutte contre la faim.
00:20On en parlera évidemment.
00:22Sodexo qui fête ses 60 ans cette année, entreprise créée par Pierre Bellon à Marseille en 1966.
00:28Très très balaine les 1966, je ne vous dis pas pourquoi.
00:31C'est un leader mondial aujourd'hui. Dans quel secteur ?
00:34Tiens, on va commencer par ça, par présenter un peu le groupe.
00:37– Oui, alors Sodexo, comme vous venez de l'indiquer, est un leader mondial dans la restauration et des services.
00:44Donc au niveau à la fois des entreprises, mais au niveau du scolaire, les cantines scolaires.
00:51Je pense que tout le monde associe Sodexo aux cantines scolaires,
00:54mais pas que, on est présent aussi dans d'autres segments de marché,
00:57y compris les hôpitaux cliniques et également les campus, par exemple, les campus scolaires
01:04et les campus, par exemple, aux Etats-Unis.
01:07– Quelques chiffres pour prendre conscience de ce que représente le groupe Sodexo.
01:12On a 43 pays, 426 000 collaborateurs au 31 août 2025, ça a dû évoluer depuis.
01:17Je suis deuxième employeur privé français en France et dans le monde,
01:2280 millions de consommateurs quotidiens et un chiffre d'affaires 2025 de plus de 24 milliards d'euros.
01:29Est-ce qu'il y a des activités étonnantes du groupe auxquelles on ne penserait pas ?
01:35Vous voyez ce que je veux dire ?
01:35Ou est-ce que vous êtes vraiment centrée sur ces métiers de la restauration collective ?
01:38– Alors, on est centrée sur les métiers de la restauration collective,
01:41mais nous avons aussi Sodexo Live, qui est une marque dédiée à tout ce qui est événementiel.
01:46Et d'ailleurs, les bateaux parisiens ou le nôtre font partie aussi du giron de Sodexo.
01:52– Le groupe va bien ? J'ai vu que la hausse du chiffre d'affaires,
01:55bon, elle était relativement faible en 2025 par rapport à 2024,
01:58il y a des activités qu'il a fallu abandonner, c'est quoi la stratégie du groupe ?
02:03Après, on va rentrer vraiment dans la stratégie RSE.
02:06– Alors, la stratégie du groupe, c'est ce que vous venez de dire,
02:08c'est une stratégie de croissance sur nos métiers,
02:11et vous l'avez vu par rapport à la courbe de croissance de Sodexo,
02:15où on a cette volonté de continuer à servir nos clients,
02:21à nous servir les 80 millions de consommateurs.
02:23C'est un chiffre qui est très très important,
02:26avoir cette responsabilité de servir, d'avoir 426 000 collaborateurs dans le monde
02:31au service de 80 millions de consommateurs,
02:34ce qui nous donne effectivement plus qu'un rôle au niveau de l'alimentation,
02:39c'est un rôle et une responsabilité importantes auprès de nos consommateurs.
02:46– Avec aussi ce chiffre deuxième employeur privé français dans le monde,
02:50là aussi ça donne des responsabilités, on est dans le S de RSE,
02:55c'est 43 pays, donc c'est combien de nationalités différentes ?
03:00Vous voyez ce que je veux dire ?
03:01– Oui, alors surtout pour une entreprise telle que la nôtre,
03:05dont le métier est l'alimentation, dont le métier est la restauration,
03:09et on sait que la restauration et l'alimentation sont liées aux cultures,
03:14donc la dimension culturelle de notre métier est extrêmement importante,
03:18de par notre empreinte globale,
03:20et de par notre présence dans 43 pays différents,
03:24donc ça peut être les Etats-Unis, en Asie, en Europe, etc.
03:27– Mais comment on bâtit, alors évidemment c'est le propre des groupes mondiaux,
03:31mais une politique RH, et même RSE, mais RH cohérente,
03:36quand on est justement confronté en tant de cultures, de religions, de langues ?
03:40– Alors, au niveau du social, et d'ailleurs on va en parler par rapport à notre feuille de route,
03:45puisque notre feuille de route qui s'appelle Better Tomorrow,
03:49là on lui a donné une échéance à 2028,
03:52nous avons justement placé les collaborateurs,
03:56puisqu'ils sont acteurs du changement comme point de départ de cette feuille de route,
04:00et on a cette responsabilité sociale vis-à-vis de nos collaborateurs,
04:04ne serait-ce que sur des sujets qui sont des sujets de la formation,
04:07qui sont quand même des sujets universels,
04:09que ce soit un collaborateur qui travaille à Singapour ou un collaborateur à Paris,
04:14la volonté de former, d'accompagner et de prendre soin de ces collaborateurs,
04:19elle est pour nous universelle.
04:22Donc, effectivement, il y a des différences réglementaires d'un pays à l'autre,
04:26mais nous, en tant qu'employeurs responsables,
04:29nous avons la responsabilité des conditions de travail,
04:32de la sûreté, de la sécurité de nos salariés,
04:36mais aussi des engagements vis-à-vis de la formation,
04:43et de les faire grandir au sein de Sodexo.
04:46J'entends bien l'objectif global, mais si on parle de la place des femmes,
04:51si on parle de la place des minorités d'entreprise,
04:54c'est plus difficile, je vais parler d'un pays musulman rigoriste d'un côté,
05:00ou des États-Unis de Donald Trump de l'autre, quoi.
05:03Vous voyez ce que je veux dire ?
05:04À quel point vous êtes obligés quand même de vous adapter ?
05:08On fait un métier qui est très très simple,
05:10et on fait un métier qu'on a appelé métier aussi de frontliner,
05:14ce sont ces métiers essentiels.
05:16Dans nos cuisines, la diversité, elle est assez commune,
05:22que ce soit en France, ou que ce soit aux États-Unis,
05:25ou que ce soit dans un pays en Asie.
05:28Donc, indépendamment des réglementations,
05:34on se focalise sur ce que nous pouvons apporter à nos collaborateurs,
05:38sur cette employabilité, ces conditions de travail,
05:42et évidemment, on a ce socle commun qui s'affranchit,
05:46qui met de côté les réglementations qui sont évidemment à respecter,
05:50mais on va au-delà du socle réglementaire
05:52pour nous donner un socle commun,
05:57pour prendre en compte aussi les envies,
06:01les attentes de promotion, d'employabilité,
06:05et d'ascenseur social pour nos salariés.
06:07Oui, mais on va parler beaucoup d'objectifs environnementaux,
06:10quand on a beaucoup de business aux États-Unis,
06:13avec un président américain qui dit
06:15« le changement climatique, c'est l'arnaque du siècle »,
06:19on gomme un peu ces objectifs-là dans sa communication,
06:23comment vous réussissez à tenir compte de ce climat un peu particulier ?
06:27Oui, on est évidemment très très conscient de ce climat.
06:32Je dirais qu'il y a aussi un changement de narratif sur la durabilité.
06:36Aujourd'hui, quand on parle d'optimisation des ressources,
06:42l'eau, l'alimentation, l'énergie,
06:45on parle aussi d'optimisation de coûts.
06:48Donc on a aussi installé ce narratif sur la business sustainability,
06:53sur une durabilité qui soit business compatible.
06:56Et effectivement, aux États-Unis,
06:59on n'est pas insensible aux arguments économiques
07:03et aux arguments d'optimisation des coûts.
07:05Donc la finalité est la même,
07:07mais l'angle d'attaque et le prisme est différent.
07:10Donc je pense que la durabilité peut aussi avoir un prisme
07:17qui soit un prisme...
07:20Vous insistez sur le côté business,
07:22et ça permet de faire passer les enjeux environnementaux.
07:24Cette feuille de route,
07:25quels objectifs, les principaux objectifs
07:28vous vous êtes donnés pour 2028
07:30avec ce cadre stratégique Better Tomorrow ?
07:34Alors d'abord, notre feuille de route,
07:36elle n'est pas récente.
07:37C'est une feuille de route,
07:38on a été précurseur et assez pionnier
07:40sur le sujet de la durabilité
07:42puisque notre première feuille de route
07:44a été créée en 2009.
07:45Oui, c'est assez tôt.
07:47C'est assez tôt.
07:48Il y avait eu le Grenelle d'un environnement à cette époque-là.
07:52Absolument.
07:52Et il y a également des revues.
07:56Il ne suffit pas de développer une feuille de route,
08:00de prendre des engagements
08:01et de dire, voilà, on a tiqué la case,
08:04on a fini le travail sur la durabilité.
08:06Ce n'est pas une feuille de route d'intention
08:08ou de grandes intentions,
08:09mais c'est une feuille de route d'engagement.
08:12Et aujourd'hui, on rentre dans une nouvelle phase.
08:14Donc, on a eu cette feuille de route en 2009.
08:16On a fait une revue en 2015 profonde de cette feuille de route.
08:20Alors, de 2009 à 2015,
08:22on a créé les premiers engagements.
08:24On a posé les fondations du sujet de durabilité
08:27chez Sodexo.
08:28En 2015, nous avons pris des engagements globaux,
08:32le Net Zero 2040,
08:34des engagements sur la réduction du gaspillage alimentaire,
08:37mais ça a été des engagements descendants.
08:39C'est-à-dire, c'est Sodexo, le groupe Sodexo,
08:42qui a pris des engagements externes
08:43et qui a cascadé ces engagements
08:47au niveau de l'ensemble des filiales du groupe.
08:50En 2025, nous avons créé cette nouvelle feuille de route
08:54qui s'appelle Better Tomorrow 2028.
08:57Et cette feuille de route,
08:58ce n'est pas une révolution,
08:59c'est une évolution.
09:00Avec un angle assez particulier,
09:03c'est un angle d'accélération,
09:05de simplification des messages
09:07et un angle où nous mettons le consommateur
09:10et les clients au centre.
09:12Donc, on passe d'une durabilité institutionnelle,
09:15une durabilité d'engagement,
09:17à une durabilité plus opérationnelle,
09:21plus business sustainability,
09:23plus activable et mesurable au quotidien.
09:26Il y a d'ailleurs, dans une tribune publiée
09:27en décembre dernier,
09:29consacrée justement à cette durabilité opérationnelle,
09:32vous disiez qu'il ne s'agit plus seulement
09:34de dire durable, mais de faire durable.
09:38On a trop dit et pas assez fait ?
09:40Oui, il faut être honnête.
09:42Je pense que beaucoup d'entreprises
09:46se sont engagées sur le sujet de durabilité
09:49avec des bonnes intentions, avec des ambitions.
09:51et c'est très important, ça a catalysé le reste.
09:55Mais aujourd'hui, c'est l'heure de vérité,
09:57c'est l'heure des comptes.
09:58Même chez Sodexo, en 2009,
10:00on est plutôt dans l'engagement
10:02et pas encore suffisamment dans l'action
10:05ou dans l'opérationnel, ce dont vous parlez.
10:07Oui, alors, on est obligé de passer par l'engagement.
10:12L'engagement, c'est le quoi, ce n'est pas le comment.
10:15Avant d'attaquer le comment, qui est la partie opérationnelle,
10:18il faut bien définir le quoi.
10:20Il faut bien définir ses engagements
10:22et ses engagements, souvent, ils sont pris
10:23parce qu'il y a aussi une base scientifique.
10:25Donc, il faut d'abord traduire la base scientifique en engagement
10:29et ses engagements, il faut évidemment qu'ils soient réalistes,
10:33ambitieux, mais réalistes.
10:34Et on doit passer à la partie d'heure de vérité,
10:39du comment, c'est-à-dire comment ça se traduit
10:41au niveau des sites,
10:42comment ça se mesure au niveau des sites
10:44et de tracer le progrès que nous avons
10:47sur la poursuite de ses engagements.
10:50Vous avez parlé de la science.
10:51Votre trajectoire, elle est validée par la France ?
10:54Oui, oui, par la science.
10:55Par la science, oui, absolument.
10:58Nous avons une trajectoire,
11:00une ambition d'une trajectoire nette zéro en 2040
11:03et évidemment, ça a été validé par le SBTI
11:06et sur ces sujets-là, nous avons, scientifiques,
11:09nous travaillons avec WWF depuis une quinzaine d'années,
11:12qui est un partenaire privilégié
11:15par rapport à nos engagements environnementaux
11:17et qui nous guide et qui nous éclaire
11:18sur nos choix et nos engagements.
11:20On va rentrer un peu dans le détail.
11:21Évidemment, on va commencer par parler d'alimentation,
11:24une alimentation durable, déjà.
11:26Ça veut dire quoi ?
11:28Alors, déjà, avant de répondre
11:30à la question d'alimentation durable,
11:34je pense qu'il faut se rappeler
11:37que l'alimentation génère un tiers des émissions carbone.
11:41C'est un levier absolument important dans les transitions.
11:44C'est vrai qu'on parle souvent de l'énergie,
11:47qu'on parle de ces sujets
11:51qui ont une très grande visibilité,
11:52mais l'alimentation, de par son rôle,
11:56l'alimentation, c'est le quotidien,
11:57nous sommes tous concernés par l'alimentation,
12:00l'alimentation génère un tiers des émissions carbone
12:03au niveau global.
12:05Alors, une alimentation durable, qu'est-ce que c'est ?
12:07C'est d'abord une alimentation savoureuse,
12:10parce que ça ne peut pas être durable et pas bon.
12:12Donc, c'est d'abord une alimentation savoureuse,
12:14c'est une alimentation saine,
12:16bonne pour la santé et bonne pour la planète.
12:18Moins de viande ? Forcément moins de viande ?
12:20Ou ce n'est pas obligatoire ?
12:22Alors, je ne parlerai pas de moins,
12:23je parlerai plutôt d'un rééquilibrage.
12:26Aujourd'hui, on est plutôt en surconsommation
12:29de certains produits, dont la viande.
12:31Il y a un chiffre qui est un peu révélateur.
12:34Entre 1960 et aujourd'hui,
12:36la population mondiale a été multipliée par 2,5,
12:39alors que la consommation de la viande a été multipliée par 5.
12:41Donc, on est plutôt sur gommer les surconsommations
12:46et rééquilibrer l'assiette.
12:48Donc, ce n'est pas moins, mais c'est mieux
12:51et c'est plus, plus de variétés, plus de saveurs,
12:54plus donner, faire la place aussi dans l'assiette,
12:58aux légumes et aux protéines végétales,
13:00par exemple les lentilles.
13:02Oui, parce que quand on sert 80 millions de consommateurs
13:05chaque jour, une petite décision a un impact énorme, c'est ça ?
13:09Absolument. Ce sont les gestes du quotidien.
13:12Aujourd'hui, notre impact, il est fait d'une multitude
13:15et de millions de petits gestes au quotidien.
13:18Quand on est en train de déployer et de travailler
13:21sur ces éco-gestes au niveau de nos restaurants,
13:25au niveau de nos cuisines, on se rend compte,
13:27par exemple, en remettant en place des petits gestes
13:31aussi, je dirais, simples et des réflexes aussi basiques
13:34que s'assurer qu'on met un couvercle sur une casserole
13:41pour éviter la déperdition d'énergie.
13:44Quand on, au lieu de lancer une plonge à moitié vide,
13:49il faut s'assurer que la plonge est complètement remplie
13:51avant de la lancer ou de mettre le mode éco.
13:54Ce sont des petits gestes qui peuvent, aujourd'hui,
13:57économiser sur un site ou un restaurant
14:0110 à 15 % d'énergie.
14:03Donc, ce sont des gestes basiques
14:05dont l'impact peut être amplifié
14:08de par l'échelle de Sodexo.
14:10Question de Marc Wormser, qui était à votre place
14:13la semaine dernière, le DG de la banque Frère Wormser,
14:16sur cette question de transition alimentaire
14:18et peut-être, justement, des nouveaux récits.
14:20On y reviendra. On l'écoute.
14:21Bonjour Mouna.
14:22La transition alimentaire est l'un des éléments clés
14:24pour une transition environnementale réussie.
14:28Cela passe par un changement d'habitude
14:30et si on utilise la contrainte,
14:32cela peut parfois provoquer des rejets.
14:34Est-ce que vous avez mis en place des initiatives
14:36qui s'appuient sur des nouveaux récits,
14:38des nouvelles histoires,
14:40qui permettent, au lieu d'essayer de convaincre,
14:43de donner envie aux gens d'entrer
14:45dans cette transition alimentaire ?
14:48Alors, votre réponse,
14:49les nouveaux récits pour convaincre ?
14:50Parce qu'effectivement, si on arrive en disant
14:52qu'on vous retire la viande du plat principal,
14:55ça ne va pas fonctionner.
14:56Ça ne peut pas fonctionner.
14:58Le sujet des récits est un sujet fondamental
15:00et je pense que pour l'alimentation,
15:02c'est un sujet clé.
15:04Aujourd'hui, pour convaincre le consommateur,
15:08on ne peut pas être sur un récit
15:09ni moralisateur, ni culpabilisant.
15:11Ça, je pense qu'on le sait tous.
15:14Et puis, il faut se rendre compte aussi
15:16que sur le sujet de l'alimentation
15:18et sur le sujet de la durabilité,
15:20les bénéfices personnels
15:22priment sur le bénéfice collectif.
15:23Quand il s'agit d'activer le changement.
15:26Donc, aujourd'hui, on est plutôt sur des récits
15:29qui se focalisent et qui s'orientent
15:31sur la santé, la nutrition,
15:34puisque une alimentation durable,
15:36c'est d'abord une alimentation saine
15:38et une alimentation savoureuse
15:40et une alimentation saine
15:41avec effectivement un effet positif sur la planète.
15:45Donc, le changement de récit
15:46et je dirais le changement d'angle,
15:48plutôt que d'arriver et de se focaliser
15:51sur l'impact planète,
15:53on se focalise davantage
15:54sur l'impact personnel
15:55et l'impact sur la santé.
15:57Et la question de la rémunération
15:59des producteurs,
15:59est-ce que,
16:00parce que vous êtes un acteur majeur,
16:02finalement, du secteur agroalimentaire,
16:05est-ce que ça fait partie
16:07de vos préoccupations ?
16:08Et si oui,
16:09qu'est-ce que vous avez mis en place,
16:10justement, pour garantir
16:11une plus juste rémunération
16:12des exploitants ?
16:14Aujourd'hui, sur le sujet,
16:16effectivement,
16:17on a des initiatives
16:17d'achats responsables
16:19qui ne datent pas de,
16:20je dirais,
16:21qui ne sont pas récents.
16:22Ils datent déjà
16:23des premières feuilles de route.
16:27Si je prends le cas de la France,
16:29aujourd'hui,
16:29on a neuf responsables achats
16:32au niveau des régions
16:33pour travailler avec
16:34des fournisseurs plutôt locaux
16:37et des acteurs agricoles locaux.
16:40et sur, je dirais,
16:44ces petits acteurs agricoles,
16:48les contrats ou les partenariats
16:50que nous avons avec eux
16:51sont des partenariats longs,
16:52par exemple,
16:52d'une quinzaine d'années.
16:54Donc, nous favorisons aussi
16:55cette relation durable
16:57avec des acteurs agricoles locaux.
17:00Ça permet de glisser,
17:01de les rendre moins vulnérables
17:05au yo-yo des états agricoles.
17:07Exactement.
17:08Effectivement,
17:09et c'est très rassurant aussi pour eux,
17:12très rassurant pour nous,
17:13d'avoir des partenariats longs
17:16sur des sujets.
17:17On parle de durabilité,
17:18mais ça doit se traduire aussi
17:20dans la façon avec laquelle
17:22nous agissons
17:24auprès de nos partenaires
17:25et nos partenaires fournisseurs.
17:27Sur la communication,
17:29on voit qu'il y a plein d'axes possibles,
17:31de façons de parler,
17:32finalement, d'environnement
17:33sans forcément mettre tout de suite
17:36le bilan carbone en avant.
17:38Mais, par exemple, la biodiversité.
17:40Moi, je suis frappé du fait
17:41que c'est une thématique
17:42dont on parlait assez peu,
17:44même dans notre émission,
17:45on doit être à la sixième saison,
17:47six ou septième saison
17:48de Smart Impact,
17:50et qui prend de plus en plus de place.
17:52Est-ce que c'est le cas aussi
17:53pour Sodexo ?
17:54Oui, alors, effectivement,
17:56c'est un sujet émergent.
17:57Nous étions très obsédés
17:59par l'empreinte carbone.
18:01Et je dirais,
18:02depuis assez récemment,
18:06et notamment avec la directive européenne,
18:09la CSRD,
18:09qui impose cet exercice
18:11de double matérialité,
18:12de trouver,
18:13de voir par rapport
18:14à notre chaîne de valeur
18:15quels sont les sujets matériels,
18:17et, effectivement,
18:18des sujets qui étaient,
18:21je dirais, un peu cachés
18:22par le sujet très important
18:24et dominant
18:25qui était le sujet
18:26de l'empreinte carbone,
18:27on voit apparaître
18:28des sujets émergents
18:30tels que l'eau,
18:31la pollution
18:32et, effectivement,
18:33la biodiversité.
18:34Et donc...
18:35Mais est-ce que c'est plus compliqué
18:36à calculer d'une certaine façon ?
18:38Oui, et c'est pour ça
18:39que nous travaillons aussi
18:40avec nos partenaires WWF
18:42pour explorer aussi ces sujets-là
18:44et voir leur impact
18:45au niveau de notre chaîne de valeur.
18:46Alors, je continue
18:48de dérouler, en quelque sorte,
18:50la feuille de route.
18:51Sur les déchets, par exemple,
18:54j'ai du mal à imaginer
18:55ce que ça peut représenter
18:56en quantité de déchets
18:58qui peuvent, éventuellement,
18:59devenir une ressource
19:00parce que c'est ça, l'objectif.
19:01Alors, d'abord,
19:02le sujet le plus évident pour nous
19:04et le plus naturel,
19:05c'est le sujet du gaspillage alimentaire.
19:07Évidemment.
19:08Alors, le gaspillage alimentaire,
19:11pour donner une indication,
19:13le gaspillage alimentaire
19:14provoque 10%
19:16et génère 10%
19:17de l'empreinte carbone
19:19au niveau de l'alimentation.
19:21Et le gaspillage alimentaire,
19:23c'est un sujet, certes, environnemental,
19:26mais c'est aussi un sujet
19:27d'optimisation de coûts.
19:29On en a parlé tout à l'heure.
19:30Et c'est aussi un sujet éthique
19:33parce que quand on gaspille
19:35un tiers de la production globale
19:36du mondial
19:38et est une production
19:39qui est gaspillée,
19:40alors qu'il y a 800 millions
19:41de personnes
19:43qui sont confrontées
19:44à la faim
19:46et à l'insécurité alimentaire,
19:47c'est absolument pas acceptable.
19:49Donc, je dirais,
19:51le triptyque pour le sujet
19:52du gaspillage alimentaire,
19:54il y a le sujet éthique,
19:57il y a le sujet environnemental
19:58et le sujet de l'optimisation des coûts.
20:01Donc, on a pris un engagement
20:03chez Sodexo
20:06de réduire le gaspillage alimentaire
20:08de 50%
20:10à échéance 2028.
20:12Et donc...
20:12Alors, ça passe par quel geste ?
20:14Alors, ça passe par de la formation,
20:16ça passe par fiabilisation,
20:19fiabiliser les prévisionnels de commande
20:21pour un responsable de site
20:23et avoir cette agilité
20:25de fiabilisation de la commande,
20:27mais ça passe également
20:29par des gestes au quotidien
20:30parce que là,
20:31le gaspillage alimentaire,
20:32ce n'est pas uniquement
20:34ce que laisse le consommateur
20:35sur son plateau repas,
20:37c'est tout au long du circuit
20:39de l'alimentation en cuisine.
20:41Donc, le gaspillage alimentaire,
20:43c'est aussi dans les phases de préparation,
20:45il y a également du gaspillage alimentaire.
20:47Donc, on a déployé une initiative
20:50qui s'appelle Waste Watch
20:51qui permet de mesurer
20:53le gaspillage alimentaire
20:55au niveau de chaque étape en cuisine,
20:58de se donner des objectifs,
21:00de remesurer les progrès
21:02par rapport à ces objectifs
21:03et là encore,
21:04le narratif y change
21:05puisque sur le gaspillage alimentaire,
21:07très longtemps,
21:08on a eu un narratif
21:10sur le côté éthique
21:12du gaspillage alimentaire
21:14et aujourd'hui,
21:14par rapport à nos gérants
21:15et nos responsables de sites,
21:17nous mettons l'accent sur
21:19quand on gaspille
21:21au niveau de la cuisine,
21:23c'est notre marge
21:24que nous gaspillons.
21:24On en revient à cette durabilité opérationnelle
21:27dont on parlait,
21:29intégrée à des objectifs économiques.
21:31Alors, on reviendra aux déchets,
21:32je vous poserai quand même
21:33la question des déchets,
21:34mais cette notion de gaspillage alimentaire,
21:37évidemment, ça rejoint
21:39ce programme philanthropique Stop Hunger.
21:41Vous présidez aussi ce programme.
21:45Qu'est-ce que ça représente ?
21:46Vous êtes présente dans combien de pays
21:48et avec quelle philosophie,
21:50quel levier ?
21:51Alors, Stop Hunger a été une initiative
21:53absolument incroyable
21:54puisque ça a été une initiative
21:56qui a été créée en 1996,
22:00elle n'est pas récente,
22:01à Boston, aux Etats-Unis,
22:03au sein d'une cantine scolaire.
22:05Le constat de nos responsables,
22:08du responsable de site
22:09et du personnel de service
22:13était absolument clair.
22:16C'est que pendant les vacances scolaires,
22:17dans une petite cantine scolaire
22:19en banlieue de Boston,
22:21pendant les vacances scolaires,
22:22les enfants n'avaient plus accès
22:25au seul repas équilibré de la journée.
22:27Et donc, ils avaient décidé
22:29de créer, en tout cas avec le partenariat
22:32du directeur de l'établissement,
22:33un partenariat aussi de leurs fournisseurs
22:35qui leur ont donné des denrées gratuites
22:36et ils ont été les premiers volontaires
22:38puisqu'ils ont donné leur temps
22:39et ils ont créé,
22:41ils ont ouvert la cantine scolaire
22:43pendant les vacances scolaires
22:44pour permettre à des enfants
22:45qui viennent de milieux modestes
22:48avoir accès à ce repas
22:49équilibré dans la journée.
22:50Donc, d'une petite étincelle,
22:52d'une petite initiative
22:53dans une ville très locale,
22:55s'est créé ce réseau philanthropique
22:57qui aujourd'hui,
22:59on a un impact
23:01à travers nos partenaires,
23:03au niveau d'une soixantaine de pays.
23:05On a 400 ONG partenaires
23:08animés par la même passion
23:09qui est lutter contre l'insécurité alimentaire
23:11et lutter contre la faim.
23:12Et on a plus de 20 000 volontaires,
23:16majoritairement de Sodexo,
23:17qui viennent nous aider.
23:19Sur trois activités,
23:20nous avons trois activités majeures.
23:22Une première activité
23:23qui est l'assistance alimentaire.
23:25Alors, c'est une activité
23:27que nous faisons, par exemple,
23:28avec les restos du cœur
23:31ou avec des ONG tels que Caire.
23:34Et une activité
23:35qui est l'aide d'urgence
23:36avec le programme alimentaire mondial.
23:38C'est de l'aide d'urgence,
23:40par exemple,
23:40dans des pays
23:41qui sont confrontés
23:42à des désastres climatiques.
23:44Et enfin,
23:45au cœur de Stop Hunger
23:47se trouvent des projets
23:48d'autonomisation des femmes
23:49et des jeunes générations
23:51pour sortir de l'assistance alimentaire
23:53et de s'inscrire
23:53dans la lutte
23:54contre l'insécurité alimentaire
23:55de manière durable.
23:56Oui, vous dites
23:56dans la lutte
23:57contre l'insécurité alimentaire.
23:58Les jeunes font partie
23:59de la solution,
24:00conscients de l'urgence,
24:00ils prennent le relais courageusement.
24:02C'est pour ça
24:03que les jeunes sont
24:04à levier majeur ?
24:05Les jeunes et les femmes
24:06sont à levier majeur.
24:07Alors, les femmes
24:08sont les premières victimes
24:09de l'insécurité alimentaire
24:10mais elles font partie
24:11de la solution également.
24:12Donc, c'est pour ça
24:13que nous travaillons
24:14sur des projets
24:14d'autonomisation des femmes.
24:16Allez, je reviens aux déchets.
24:17Ça représente
24:20et puis surtout,
24:21qu'est-ce que vous en faites ?
24:22Moi, j'ai beaucoup
24:23d'interlocuteurs
24:24qui me disent
24:24on a changé notre état d'esprit
24:26pour en faire une ressource.
24:27Alors, aujourd'hui,
24:31on a un premier axe
24:32qui est le surplus alimentaire.
24:34Alors, je ne parle pas de déchets,
24:36on a parlé du gaspillage alimentaire
24:37mais on peut être confronté
24:39à avoir du surplus.
24:40Tout simplement,
24:42si je prends un exemple
24:43d'un jour
24:46où il y a dans une entreprise
24:49moins de personnes
24:51parce que c'est une journée
24:53télétravail ou autre
24:54et que nous avons prévu
24:55plus de repas
24:57que ce qui va être demandé
24:59et ce qui va être consommé
25:00le jour J,
25:01ça, c'est du surplus alimentaire.
25:03Et le surplus alimentaire,
25:04justement,
25:04avec Stop Hunger,
25:07nous faisons des dons
25:08de surplus alimentaire
25:10à nos ONG partenaires.
25:12Donc, il y a des collectes
25:13de surplus alimentaire
25:15pour qu'ils soient donnés
25:18à des associations.
25:20Donc, ça, c'est le premier volet.
25:23Ensuite, il y a le sujet du compost.
25:25Alors, ça, c'est vraiment
25:26à l'initiative de nos clients
25:28pour le moment
25:29puisque, voilà,
25:30nous avons la particularité
25:32d'être dans un métier
25:34absolument fabuleux
25:35mais qui a aussi ses contraintes.
25:37Donc, nous avons,
25:40en partenariat avec des clients
25:41qui peuvent être plus,
25:44on va dire, sensibles
25:45aux sujets environnementaux,
25:47créer des solutions spécifiques
25:51sur du compost, par exemple.
25:53En fonction de chaque client,
25:55merci beaucoup
25:56d'avoir participé
25:57à notre émission Mouna Fassi Daoudi.
26:00A bientôt sur
26:01Smart for Change,
26:04le groupe Sodexo
26:05qui a obtenu la note A quand même,
26:06je vais terminer par ça,
26:08du CDP,
26:09c'est cette organisation mondiale
26:10à l'abînement lucratif
26:11qui surveille les entreprises
26:13dans la lutte contre
26:13le changement climatique.
26:14C'est quand même
26:15une belle reconnaissance.
26:16Merci beaucoup.
26:16Absolument, merci à vous.
26:17A bientôt sur notre chaîne.
26:18On passe tout de suite
26:19à notre rubrique Startup.
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