00:00Le zoom de ce Smart Impact, on va décortiquer les attentes des consommateurs, des entreprises en matière de politique RSE, responsabilité sociale, sociétale et environnementale.
00:16Des entreprises, mon invité c'est Xavier Houot, bonjour.
00:20Bonjour Thomas.
00:21Bienvenue, vous êtes associé au cabinet Bain et compagnie Experts Durabilité et Responsabilité.
00:26On va dévoiler les résultats d'une étude que vous avez menée auprès de 19 000 personnes dans 10 pays différents.
00:33Un mot quand même de Bain et compagnie, quels sont vos métiers, c'est quoi l'activité de Bain et compagnie ?
00:38Bain et compagnie est un cabinet de conseil en stratégie, qui est un cabinet international présent dans un grand nombre de pays, y compris ici bien sûr en France.
00:46Et nos métiers c'est d'accompagner les entreprises de tous les secteurs dans leur transition, en pluriel, élaboration stratégique et transformation de leurs opérations, y compris le digital.
00:56Dans leur transition, c'est l'ADN de l'entreprise depuis sa création il y a quoi, une cinquantaine d'années ?
01:03Ou alors c'est quand même un objectif, notamment sur la partie environnementale et sociétale, un nouvel objectif ? Et si oui, depuis quand ?
01:09Alors ça fait une quinzaine d'années que Bain et compagnie a ajouté à son portefeuille d'offres des spécialités autour de l'accompagnement de la transformation écologique, sociétale, durabilité.
01:21En revanche, ça fait une cinquantaine d'années que le cabinet existe pour accompagner les transitions stratégiques de ses clients.
01:27C'est un principe de base, la transformation d'une entreprise, ça fait partie de sa pérennité, on va dire ça comme ça.
01:34J'ai vu en préparant l'émission, vous avez créé un outil qui s'appelle le Net Zero Navigator, de quoi il s'agit ?
01:42Alors c'est un outil qui sert à aider nos clients à naviguer les questions du carbone.
01:48Donc cet outil permet à nos clients et nous avec nos clients de travailler à l'objectivation, à la quantification de leur emprunte carbone,
01:55et d'accélérer l'identification des gisements de réduction de ce carbone, et de trouver la façon de réaliser leur décarbonation de leurs empruntes, de leurs périmètres à eux-mêmes,
02:06et aussi de leurs achats et de leurs clients, en accélérant leur prise de décision.
02:12En fait c'est un outil sur base d'intelligence artificielle, qui permet sur la base de données techniques.
02:17Donc on entre les données de l'entreprise ?
02:19Alors même en connaissant des données même parfois assez limitées sur l'entreprise, son secteur, sa taille,
02:24l'outil permet déjà d'avoir une première estimation de l'empreinte carbone de l'entreprise, pour accélérer l'échange et identifier les gisements principaux pour décarboner,
02:31et ensuite d'en comprendre le coût, le coût-bénéfice.
02:34Et ça permet de faire de la circularité un pidier stratégique ?
02:40Alors souvent dans beaucoup de secteurs, la circularité, l'électrification, la décarbonation, des usages,
02:47le recours aux énergies à bas carbone, comme le renouvelable, apparaissent comme des leviers importants,
02:52mais la circularité est un sujet essentiel.
02:54Quand Ben anime par exemple au sein du Forum économique mondial à Davos, des tables rondes sur la circularité, on est le partenaire,
03:00on était il y a quelques semaines à New York pour la Climate Week, le sujet de la circularité est essentiel.
03:05Pourquoi ? Parce qu'il permet de décarboner, et en même temps il permet de contribuer à servir les clients d'une manière absolument performante pour eux.
03:13Donc on voit que la circularité émerge comme un sujet stratégique, décarbonant et à la fois permettant de garder l'intimité client,
03:20de permettre des économies financières, et donc c'est un beau sujet.
03:23Et puis parfois de transformer des déchets en ressources, ce qui est quand même un élément gagnant-gagnant.
03:29Alors je viens à cette étude menée donc auprès de 19 000 personnes dans 10 pays,
03:35États-Unis, Royaume-Uni, Pays-Bas, Brésil, Allemagne, France, Italie, Japon et Indonésie.
03:40Déjà l'objectif, pourquoi une telle étude ?
03:43Alors pourquoi ? En fait Bain est une entreprise qui aime apporter de la donnée, des chiffres,
03:48donc on aime apporter des éléments tangibles, d'ailleurs nos clients apprécient beaucoup ces études,
03:52et donc on aime avoir donné de la réalité derrière les tendances que nous observons.
03:58Donc on mène ce genre d'études plusieurs fois chaque année sur différentes thématiques.
04:02Pourquoi cette étude tous les ans auprès d'une vingtaine de milliers de citoyens du monde ?
04:08Parce qu'on a envie de prendre la température année après année,
04:11de la manière dont les citoyens du monde choisissent leurs fournisseurs,
04:16adoptent des modes de vie plus ou moins responsables,
04:19quels sont les freins qu'ils ont, quelles sont les thématiques qui émergent,
04:22et donc grâce à cette étude, on peut prendre comme une forme de température,
04:25et comme vous l'avez cité, on cherche à avoir une variété de pays, de types d'économies,
04:30et les leçons sont assez intéressantes.
04:33Mais aussi de cadres qui peuvent être évidemment dans des centrales d'achat
04:38ou au cœur de ces enjeux de circularité et de durabilité.
04:42Je donne un premier résultat de cette étude sur les préoccupations des citoyens.
04:4860% d'entre eux, donc on est dans dix pays,
04:51plus préoccupés par le changement climatique qu'ils ne l'étaient il y a deux ans.
04:55Et alors ce que je trouve intéressant, si on rentre un peu dans le détail,
04:59souvent c'est lié à des expériences personnelles.
05:03Ils ont vécu un épisode météorologique extrême.
05:07Absolument. L'étude 2024 est très intéressante à ce sujet.
05:11Ça fait vraiment deux ans qu'on voit une accélération de cette prise de conscience,
05:15notamment intellectuelle et mentale, mais y compris sa traduction dans les actes d'achat.
05:20C'est la question que j'allais vous poser. Est-ce qu'on vote avec notre carte bancaire ?
05:23Alors pour l'instant, les gens expriment dans l'étude qu'ils achètent,
05:26avec les émotions qu'ils ont ressenties en voyant ces sécheresses,
05:30ces manifestations climatiques extrêmes, et dans l'ensemble des pays du monde.
05:34C'est le sujet numéro un, la thématique numéro un qui fait que les personnes confessent
05:38ou expriment avoir modifié leur comportement d'achat.
05:41C'est le fait d'avoir touché de manière très personnelle le changement,
05:45beaucoup plus que les informations qu'ils peuvent recevoir par les médias.
05:48Je vous avoue que ça m'a surpris, cette tendance, parce qu'on sort de deux années d'inflation.
05:53Et on l'a vu notamment sur le marché du bio.
05:56On a vu que l'un des effets collatéraux de cette inflation, c'est une rétraction du marché du bio.
06:04Est-ce que ce n'est pas un peu contradictoire ?
06:05Alors l'étude regarde aussi sur l'appétence à payer.
06:09Dans les pays économie émergente, on voit dans l'étude que plus de 50% des consommateurs
06:17ou des citoyens sondés reconnaissent qu'ils perçoivent encore un mode de vie durable comme plus cher.
06:22C'est 36% dans les économies plus développées.
06:25Donc le facteur de prix est important.
06:27Il est aussi vu comme un facteur d'économie, c'est-à-dire quand on change ses modes de transport,
06:31son alimentation, la façon dont on chauffe et où on refroidit sa domicile,
06:35ce sont aussi des manières d'économiser de l'argent.
06:38Donc c'est en train d'évoluer.
06:39Il y a quelques années, la caricature a été beaucoup plus forte où on associait plus simplement,
06:44plus facilement des modes de comportement d'achat durable avec un mode de vie plus onéreux.
06:49C'est en train d'évoluer, mais ça reste un élément très important.
06:51Oui. Dans cette étude, je le disais, vous avez également interrogé des cadres d'entreprises,
06:56notamment sur la relation entre fournisseurs et clients.
07:00Quelle leçon principale en ressort ?
07:02Il y a deux ou trois leçons très importantes qui en ressort.
07:04On a étudié 500 cadres, à la fois des acheteurs et des vendeurs dans le monde business to business.
07:10Ce qui est intéressant, c'est que 85% des entreprises qui sont des vendeurs, des fournisseurs de solutions,
07:16expriment qu'elles considèrent que leur entreprise est capable de rencontrer les attentes de leurs clients en matière de durabilité,
07:22donc assez satisfaites de leur offre et de leur capacité à l'exprimer.
07:25En revanche, seulement 53% des clients, eux, expriment que leurs attentes sont satisfaites.
07:29On sent qu'il y a à un certain niveau un besoin d'écoute minima.
07:33Ou alors on se voit un peu plus beau qu'on est.
07:35Certainement. Par ailleurs, on voit aussi que les entreprises, les fournisseurs,
07:39les équipes commerciales de ces entreprises ne sont pas assez équipées, elles le reconnaissent,
07:44pour articuler la valeur ajoutée environnementale ou sociale, pour la démontrer.
07:48Et les clients, pour une bonne partie d'entre eux, considèrent que les attentes qu'elles ont en matière de décarbonation,
07:54qui sont principales pour 70% d'entre eux, ne sont pas suffisamment rencontrées.
07:57Donc ce que l'étude montre, c'est qu'il y a un besoin de réajustement, en tout cas pour que les fournisseurs écoutent mieux leurs clients
08:03et soient plus en capacité d'objectiver, de quantifier l'impact de leurs solutions pour rencontrer les attentes de leurs clients.
08:09Un autre résultat de l'étude qui rejoint ce que vous nous dites, 36% pour les acheteurs justement B2B,
08:1636% qui déclarent qu'ils quitteraient un fournisseur qui ne répond pas à leurs attentes en matière de développement durable.
08:22Est-ce qu'il y a des différences selon les pays ? Est-ce que dans votre étude vous avez cette finesse d'analyse ?
08:28Alors sur cette étude, si B2B, l'approche était plus sectorielle que géographique,
08:33c'est quelque chose qu'on a reconnu dans l'ensemble des secteurs qu'on a pu sonder.
08:37Le sujet devient sérieux, c'est-à-dire qu'il ne s'agit plus uniquement de faire appel à des fournisseurs qui soient responsables,
08:44dont les pratiques sont reconnues comme respectueuses, c'est très bien, c'est nécessaire.
08:50Maintenant, ce qui est acheté, c'est de la performance.
08:52Donc les clients cherchent vraiment à acheter de la part de leurs fournisseurs des offres, des technologies, des produits, des services,
08:59qui sont capables de mesurer l'impact sur leur propre stratégie RSE.
09:03Donc le niveau de jeu s'élève dans l'ensemble des secteurs.
09:06Je reviens sur ce que vous nous disiez sur le fait qu'il y a beaucoup de cadres commerciaux qui se disent
09:14qu'on n'est pas suffisamment armé ou pas capable d'articuler ces impacts positifs.
09:21Est-ce qu'il y a la crainte d'être attaqué sur autre chose ?
09:25Vous voyez ce que je veux dire, c'est-à-dire qu'on ne peut pas être parfait sur tout, l'entreprise parfaite n'existe pas.
09:29On dit très souvent ici que l'important c'est la trajectoire qu'une entreprise a décidé de prendre.
09:34Est-ce que le frein, vous l'identifiez comme tel ?
09:37La crainte d'être critiqué sur un aspect de son activité fait qu'on ne communique pas sur le reste.
09:43Nous, ce qu'on a plutôt vu dans l'étude et ce qu'on observe en travaillant avec nos clients sur ces sujets,
09:48c'est que c'est plutôt un manque de données quantitatives.
09:51C'est-à-dire que les entreprises qui vendent leurs solutions,
09:54peut-être n'ont pas toujours la capacité à objectiver l'empreinte carbone qu'ils vont permettre d'améliorer auprès de leurs clients
10:01ou la circularité qu'ils vont permettre de rencontrer, d'améliorer, plus qu'une appréhension.
10:07Par exemple, j'étais juste avant de rejoindre chez Bain pendant 10 ans chez Schneider Electric, groupe industriel français,
10:15et je faisais partie des équipes qui cherchaient à objectiver justement la façon dont les offres de Schneider Electric apportent de la valeur à leurs clients.
10:22C'est un travail qui requiert un travail d'écoute, de compréhension dans les bâtiments, dans les industries, les data centers,
10:28comment ces offres apportent de la valeur à leurs clients.
10:31Et donc, quand le travail de quantification se fait, l'élaboration d'une valeur ajoutée durable pour les entreprises est plus facilement réalisable.
10:41Merci beaucoup, Xavier Huot, et à bientôt sur BeSmart for Change.
10:45On passe à notre rubrique Startup tout de suite. C'est parti.
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