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  • il y a 13 minutes
Christophe Périllat, directeur général de Valeo, était l'invité de Laure Closier dans Good Morning Business, ce vendredi 27 février. Ils sont revenus sur l’amélioration de la rentabilité de Valeo, malgré la conjoncture difficile du marché automobile, ainsi que sur ses investissements en Inde visant à développer son activité, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Le Grand Entretien ce matin, c'est avec Christophe Péria.
00:02Bonjour, vous êtes le directeur général de Valeo.
00:04Vous avez publié vos résultats annuels hier soir après Bourse.
00:08Un chiffre d'affaires en baisse, oui, mais une marge opérationnelle qui est en hausse de 6%.
00:12Vous poursuivez l'amélioration de la rentabilité.
00:15Pourtant, le marché, il est compliqué.
00:16Le marché est compliqué, il y a des vents contraires, ça c'est sûr.
00:20Mais on y est habitué, ça fait un certain nombre d'années que ça dure.
00:24Nos résultats sont bons, ils sont solides, ils sont encore loin de notre potentiel,
00:27j'en suis convaincu, mais ils progressent d'année en année.
00:31Et quand on regarde ceux de 2025, parler des ventes,
00:34à périmètre échange constant, ça progresse un petit peu de 0,5%.
00:38La marge opérationnelle progresse, le résultat annuel progresse,
00:41la génération de cash progresse.
00:43Et pour certains indicateurs, comme la marge brute ou bien la génération de cash,
00:49ils sont même à des niveaux historiques.
00:50Donc il y a vraiment un redressement assez spectaculaire,
00:53mais on est encore loin de notre potentiel.
00:55Mais comment vous faites ?
00:56Parce qu'on a les résultats de Célantis et Renault,
00:58vous êtes équipementier automobile,
00:59on a l'automobile qui est quand même dans une situation difficile.
01:02Alors je ne sais pas s'il y a des négociations commerciales
01:04comme dans la grande distribution,
01:05mais j'imagine que c'est compliqué quand on fournit ce type d'entreprise aujourd'hui.
01:09Comment vous faites pour réussir justement à améliorer la rentabilité dans ce contexte ?
01:14C'est finalement assez simple.
01:15D'abord, avoir une certaine discipline sur les prix.
01:18On a des technologies.
01:20Valeo, comme vous le savez, est un groupe technologique.
01:22On est le premier dépositaire de brevets dans le monde.
01:27Donc il y a beaucoup de technologies chez Valeo.
01:29On les vend.
01:30On les vend au prix que méritent ces technologies.
01:34Et puis on a beaucoup travaillé sur nos coûts,
01:36ce qui est absolument nécessaire,
01:38parce qu'il y a cette offensive chinoise qui est importante dans l'industrie automobile.
01:42Donc il est essentiel de travailler sur nos coûts.
01:44Et on l'a fait beaucoup depuis 2024.
01:46Mais comment vous voyez aujourd'hui le marché automobile ?
01:49Vous dites, là on arrive à un creux,
01:50on va repartir grâce à nouveau à la voiture électrique.
01:54Comment vous regardez le marché ?
01:56Alors il y a le marché et puis il y a Valeo.
01:58Le marché en voie stable.
02:00Il n'aura pas d'élan.
02:01C'est comme ça.
02:02On ne peut rien y faire.
02:04Le marché sera stable.
02:05Par contre, Valeo, on a annoncé le retour de la croissance en 2027.
02:08Et c'est vraiment une annonce d'ailleurs qu'on a faite.
02:12Avec une prise de commande en hausse quand même.
02:13Avec des prises de commande qui sont à un très bon niveau.
02:16En hausse de 38% quand même.
02:17Absolument.
02:18Et ça, pas seulement en 2025.
02:19Quand vous regardez toute la période 2022-2025,
02:21on a pris beaucoup de commandes.
02:23Une fois et demie nos ventes.
02:25Alors dans le secteur automobile, il y a des cycles.
02:28C'est trois ans entre le moment où vous prenez une commande
02:30et le moment où vous en bénéficiez en termes de chiffre d'affaires.
02:33Donc il faut attendre un petit peu.
02:34Mais ça y est, ça vient.
02:35Et à partir de 2027, j'ai annoncé le retour de la croissance.
02:38Et ça, c'est quand même un événement assez spectaculaire.
02:41Parce que dans un marché que je qualifiais de sans élan...
02:44C'est-à-dire que vous battez la concurrence.
02:45On va réussir à augmenter nos ventes.
02:49On va réussir à recroître.
02:50Et c'est aussi important pour la génération de cash et pour la profitabilité.
02:53Parce que ça vous donne évidemment un boost pour augmenter votre profitabilité.
02:57Mais c'est quoi le best-seller, par exemple, chez vous ?
02:59Parce que vous me dites que c'est la techno qui compte.
03:01C'est quoi ce que vous demandent les équipementiers chez vous
03:03et qu'on n'a pas chez les autres ?
03:04Alors, c'est assez simple.
03:06La voiture, elle suit une transformation spectaculaire.
03:10Elle devient électrifiée.
03:12Et elle devient aussi, on va dire, plus sûre, autonome.
03:16Vous utilisez l'adjectif que vous voulez.
03:18Et ça, ce sont les technologies de vélo.
03:20Ce sont les technologies sur lesquelles nous avons vraiment fait des efforts
03:22super importants pour nous positionner.
03:25Et pour avoir des technologies, oui, je crois, qui sont différenciantes.
03:28C'est vous qui avez les caméras où on peut filmer la voiture et envoyer au secours ?
03:32Comme ça, on sait exactement ce qui s'est passé.
03:34On est numéro un mondial de beaucoup de capteurs dans la voiture, en particulier les caméras.
03:38Vous faisiez partie de la délégation des chefs d'entreprise
03:40qui accompagnaient Emmanuel Macron en Inde.
03:43L'Inde qui devient un sujet majeur quand on cherche de la croissance.
03:47Vous êtes revenu avec, d'une part, un contrat et de l'autre part, des investissements sur place.
03:51Oui, on a annoncé un investissement majeur de 200 millions d'euros en Inde.
03:55Donc, moi, je dis, c'est le moment de l'Inde.
03:59Et je dis aussi, c'est le moment de Valeo en Inde.
04:01Donc, il y a les deux choses.
04:02C'est le moment de l'Inde.
04:02Et je crois que tous ceux qui ont visité l'Inde récemment voient un changement profond dans le pays.
04:09C'est un pays qui a longtemps été un sous-traitant informatique du reste du monde.
04:14Aujourd'hui, il y a une génération d'entrepreneurs.
04:16Il y a une génération de nouvelles entreprises qui se créent.
04:20C'est très technologique.
04:21La pauvreté diminue.
04:23Il y a une émergence d'une classe moyenne qui est évidente.
04:26Ça se voit.
04:26Ça se voit dans la rue.
04:28Donc, c'est le moment de l'Inde.
04:30Et je pense que c'est un moment qui va durer.
04:32Et c'est aussi le moment de Valeo en Inde.
04:33Parce que finalement, même si on y est, nous, présents depuis presque 30 ans,
04:38on a assez peu de chiffre d'affaires là-bas.
04:40C'est 1% du chiffre d'affaires du groupe.
04:41Alors que l'Inde représente 6% des immatriculations mondiales.
04:45Pourquoi ?
04:45Parce que les voitures étaient assez basiques jusqu'à maintenant.
04:48Mais l'émergence d'une classe moyenne...
04:50On se souvient de la fameuse Tata, la voiture la moins chère du monde.
04:53Maintenant, ce n'est plus ça.
04:54D'ailleurs, ça n'a pas marché.
04:55La Tata, ça n'a pas trouvé son consommateur.
04:58Ce n'est plus ça.
04:59Eux aussi, ils ont une évolution technologique dans le véhicule important.
05:02C'est spectaculaire.
05:03Il suffit de se promener dans la rue.
05:05C'est absolument spectaculaire.
05:06Pour deux raisons.
05:07D'abord, parce qu'il y a une émergence, je le disais, d'une classe moyenne
05:09qui a soif d'une mobilité qui est plus électrifiée, qui est plus sûre, qui est plus confortable.
05:15Et puis aussi, la réglementation évolue.
05:17L'un et l'autre évoluent en même temps.
05:19En 2028, par exemple, le freinage d'urgence va devenir obligatoire.
05:23Et ça, pour nous, c'est super important.
05:25Parce qu'on est leader mondial de l'aide à la conduite.
05:27Parce qu'on développe tous les capteurs, tous les logiciels, tous les calculateurs
05:31qui permettent de réaliser ce type de fonction.
05:34Donc, c'est pour ça que je dis que c'est notre moment.
05:36Et en Inde, votre client, il est indien ?
05:38Nos clients, ce sont les clients du pays.
05:40C'est-à-dire, bien sûr, indien, oui.
05:42Absolument.
05:43Vous allez produire pour le marché local, comme vous faites à peu près partout.
05:47Oui, ça a toujours été notre stratégie.
05:48Et c'est une stratégie qui nous sert aujourd'hui, qui est très utile dans un monde où les droits
05:52de douane changent un peu partout, tous les jours.
05:55On a vraiment une stratégie d'être local.
05:57Et on est indien en Inde.
05:59D'ailleurs, l'Inde demande 80% de contenu local sur ses voitures à l'horizon 2030.
06:05Donc, il faut être local en Inde.
06:08Et on est local en Inde.
06:09Donc, l'Inde veut 80%.
06:11Le contenu local, ça existe en Inde, en Chine, aux États-Unis.
06:13Il y a ce débat, enfin ce débat, cette attente d'un projet pour l'Union européenne,
06:19qui est repoussée, repoussée, avec une proposition de contenu qui devrait être autour de 70% pour les véhicules électriques.
06:24Vous, vous étiez pour. On attend ce texte. Qu'est-ce que vous dites ? On ne va pas réussir
06:29à se mettre d'accord ?
06:30C'est quoi votre sentiment, là ?
06:32Je dis que c'est le moment du politique. Voilà. Maintenant, il faut décider.
06:35Maintenant, il faut trancher. Est-ce qu'on veut des emplois en Europe ou est-ce qu'on n'en
06:38veut pas ?
06:39Est-ce qu'on préfère une voiture pas chère avec tous les composants qui viennent de Chine ?
06:42Ou bien est-ce qu'on veut que les emplois industriels, automobiles, restent en Europe ?
06:48Je rappelle que l'industrie automobile est la première industrie européenne. Elle pèse pour 7 à 8% du PIB.
06:57C'est énorme. C'est absolument considérable.
06:59Donc il faut... Je rappelle aussi que l'industrie automobile européenne, elle ne s'est pas délocalisée.
07:0475% de la valeur d'une voiture européenne aujourd'hui, elle est faite en Europe. Voilà.
07:09Donc il faut absolument défendre ça. Il faut défendre les emplois qui sont en Europe. Il faut défendre l'industrie
07:17automobile européenne.
07:18Face aux consommateurs, parce que ça va renchérir le prix des véhicules.
07:21C'est un changement de logiciel. C'est un changement de logiciel de la Commission européenne.
07:24Vous savez que j'ai beaucoup milité sur ce sujet depuis maintenant un an et demi. Un an et demi,
07:28quand même.
07:29C'est long. C'est long pour obtenir de premières décisions, en tout cas de premières propositions.
07:34Mais là, vous y croyez ? Ces reports, ce n'est pas de mauvaise augure ?
07:38Ça veut dire qu'il y a des tensions. Mais quand la Commission européenne change de logiciel,
07:42quand un certain nombre de pays européens changent de logiciel, on peut aussi accepter l'idée que ça ne se
07:48passe pas en une nuit,
07:49qu'il faille beaucoup de réflexions, beaucoup de dialogues pour parvenir à créer un consensus.
07:56Les fuites qui sont sorties, je ne sais pas si elles sont justes ou pas, laissent entendre que oui, ce
08:02changement de logiciel, il arrive.
08:04Il arrive. Alors, est-ce que ce sera 70%, 75%, 65% ? Je n'en sais rien.
08:09Il faut que ça soit important comme chiffre pour que ça soit significatif, sinon ça n'a pas d'intérêt.
08:13Les choses sont simples. Aujourd'hui, la voiture européenne est produite à 75% en Europe.
08:18Donc, si vous avez un chiffre inférieur à 75%, ça veut dire plus de délocalisation.
08:22Si vous avez un chiffre supérieur à 75%, ça veut dire plus de relocalisation, de réindustrialisation.
08:28Et ça, ce n'est plus une décision de la filière automobile, c'est une décision politique.
08:33Mais est-ce que ça ne va pas ?
08:33C'est le moment du politique.
08:35La voiture électrique, quand même, ça commence à prendre, on voit des chiffres, on en voit dans la rue, c
08:39'est le changement quand même.
08:40Vous n'avez pas peur justement qu'on mette un petit coup si le prix remonte et qu'on n
08:44'arrive pas à avoir des véhicules accessibles ?
08:47Alors, c'est toujours le débat entre, voilà, est-ce qu'il faut donner priorité aux consommateurs ?
08:52Nous, on dit qu'il faut faire les deux au sens où nous, notre travail d'équipementier, le travail de
08:56Valeo,
08:57ça a toujours été de prendre une technologie et puis d'y travailler, d'y travailler, d'y travailler encore
09:01pour en faire baisser le coût.
09:02Et pour en faire baisser le coût, vous n'avez pas nécessairement besoin d'aller acheter loin de nos frontières.
09:07Merci beaucoup Christophe Péria d'être venu ce matin dans la matinale de l'économie.
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