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  • il y a 11 minutes
Retrouvez Le 18/19 de Guillaume Paul en replay et en podcast.

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Transcription
00:00BFM Business et la Tribune présente le 18-19, Guillaume Paul.
00:09Allez 18h08, on est de retour dans le 18-19 sur BFM Business.
00:12On va parler, on voulait parler un petit peu de la situation en Iran parce que vous savez qu'il
00:15y aura donc demain jeudi à Genève
00:17de nouvelles discussions entre des délégations iraniennes et américaines, évidemment, pour parler encore et toujours du nucléaire.
00:23Chacun dit espérer un accord alors que dans le même temps on voit les Américains, ça y est,
00:27qui sont en train de déployer peut-être le plus gros arsenal militaire qu'on ait vu dans le Golfe
00:31depuis la guerre en Irak en 2003.
00:33On va en parler quelques minutes avec notre invité Djilali Benchaban qui est avec nous.
00:37Bonsoir M. Benchaban, merci beaucoup. Merci d'être en visio quelques minutes ce soir avec nous.
00:42On s'interroge un petit peu plus sur les intentions de Trump.
00:45D'un côté il l'a dit et il l'a redit cette nuit devant les congressistes.
00:49Il veut un deal de l'autre, il déploie cet imposant dispositif dans le Golfe.
00:53Et il émet quelques critiques sur les ambitions encore de l'Iran en matière nucléaire.
00:57Qu'est-ce que ça nous dit, qu'est-ce que ça vous dit sur le calendrier, sur toutes les
01:01intentions de Donald Trump finalement ?
01:04Pour moi ça comporte surtout l'idée qu'on est dans cette volonté de créer les conditions d'une pression
01:10qui peuvent amener justement à faire aboutir un accord.
01:14Parce qu'au-delà du déploiement de la force, effectivement on a un groupe aéronaval conséquent avec deux porte-avions
01:20déployés.
01:20Mais là encore il faut raison garder.
01:23Si on compare par rapport aux événements qui avaient vu les États-Unis intervenir en Irak,
01:28on est bien loin de la force qui avait été déployée.
01:30On n'a pas des centaines de milliers d'hommes.
01:31Et je rappellerai qu'un groupe aéronaval, ça signifie qu'on va aller sur des frappes ciblées.
01:36Et qu'en aucun cas on va pour le moment, en tout cas ce n'est pas l'intention des
01:39États-Unis,
01:40vers le déploiement d'une force terrestre qui irait pour prendre contrôle du territoire iranien.
01:46Donc on est vraiment dans le cadre d'objectifs limités avec cette idée de mettre la pression maximale
01:51sur le programme nucléaire mais aussi de pouvoir exercer cette pression à défunt d'aboutir à un accord diplomatique.
01:56Mais quand on parle d'accord monsieur Ben Chaban, parce que Trump lui-même a encore parlé d'accord,
02:01même la diplomatie iranienne a parlé d'accord, mais accord sur quoi au juste,
02:06s'il s'agit de trouver un terrain d'entente sur le nucléaire.
02:09Quel peut être ce terrain d'entente pour vous finalement ?
02:13Pour moi aujourd'hui, il va falloir distinguer deux aspects.
02:16Il y a la dimension nucléaire qui est l'aspect prégnant,
02:19c'est-à-dire faire en sorte que le programme nucléaire iranien reste strictement sous contrôle,
02:23que la dimension civile soit pérenne.
02:25Cela signifie un niveau d'enrichissement qui soit nul ou alors limité,
02:28un peu comme à l'époque du GTPOE, c'est-à-dire à 3,67% d'uranium enrichi,
02:34bien loin des seuils actuels.
02:36Pour ce qui est de la dimension de l'uranium enrichi,
02:40c'est soit le stockage au niveau d'un pays tiers, soit la diminution.
02:45Ensuite, il y a un autre aspect qui est celui du programme balistique,
02:49mais là, je pense que les Iraniens mettront un certain nombre de veto,
02:54puisque pour eux, cette dimension balistique est une dimension défensive essentielle.
02:58Pour les Américains, il y a la question de savoir quel deal ils veulent obtenir,
03:02et si la victoire symbolique fait avant tout à celle du nucléaire,
03:05où il faut inclure impérativement la dimension balistique également à cet accord.
03:09Alors justement, est-ce que vous pensez qu'on peut trouver un terrain d'entente entre les deux parties,
03:12ou alors est-ce qu'il y a pour vous des points parmi ceux que vous avez évoqués
03:15qui vous paraissent totalement rédhibitoires finalement ?
03:18Pour moi, il y a des points qui peuvent être des points négociés,
03:21c'est-à-dire celui de l'enrichissement qui reviendrait à un seuil acceptable,
03:25c'est-à-dire 3,67%, ça peut être négocié.
03:28La question des inspections extrêmement strictes de la part de l'Agence internationale atomique,
03:34oui, mais sur la question du balistique, je pense que l'Iran mettra clairement une réserve,
03:41parce que pour l'Iran, la dimension balistique reste une dimension essentielle
03:45pour la protection de son territoire.
03:47Donc là, je pense qu'on aura une ligne rouge qui va être difficile à négocier.
03:50Est-ce que vous avez le sentiment que ce dispositif,
03:53cet imposant dispositif militaire qui est actuellement installé dans le Golfe,
03:56est là pour durer ? Est-ce que cette intimidation peut durer ?
03:59Est-ce qu'on peut être dans une situation semblable dans quelques mois finalement ?
04:04On en garde en tête bien sûr qu'on est à quelques mois des élections de mi-mandat aux États
04:07-Unis.
04:09Cette dimension du maintien d'une force aéronavale qui serait là simplement en stand-by,
04:13c'est-à-dire pour mettre une pression, n'a pas de sens, parce que vous avez un coup.
04:17Et la force navale déployée n'a pas vocation à rester de manière pérenne,
04:21elle est là avec des objectifs.
04:23Donc aujourd'hui, c'est la dimension mettre la pression pour pouvoir accentuer la capacité de négociation,
04:28mais il peut y avoir aussi cet usage de la force en cas d'échec des négociations
04:34avec des objectifs limités ou étendus en fonction de l'appréciation des autorités américaines et du président.
04:42Mais clairement, cette force n'a pas vocation à rester là simplement en mode surveillance.
04:46On a un coup militaire, vous avez aussi un coup symbolique et politique,
04:50et le président Trump ne peut pas s'amuser à laisser sa flotte juste en attente.
04:56Ça n'aurait aucun sens.
04:56De ce point de vue-là, qu'est-ce que vous dit votre intuition profonde ?
05:00Est-ce que vous avez l'impression que l'administration américaine,
05:02c'est elle-même où elle veut aller à l'heure actuelle ?
05:05On sent qu'il y a des tiraillements.
05:07C'est-à-dire que d'un côté, vous avez une partie des faucons qui appellent à saisir une fenêtre
05:12d'opportunité,
05:13avec un Iran qui est affaibli sur le plan économique,
05:16qui a subi des secousses intérieures importantes.
05:19Et de l'autre, vous avez même l'appareil militaire.
05:22On voit les réserves du chef d'état-major, Cain, qui lui-même a rappelé qu'entrer dans une lutte
05:27de conflit avec l'Iran
05:30pourrait avoir des conséquences importantes, à la fois en termes d'attrition du matériel,
05:36mais aussi en termes de conséquences pour les alliés régionaux.
05:39Donc à partir de là, on a quand même une balance qui pèse et pour laquelle les États-Unis et
05:44le président Trump vont devoir trancher,
05:46tout en sachant qu'on a toujours la certitude de pouvoir débuter une guerre,
05:51mais jamais de savoir de quelle façon elle va se terminer, surtout les conséquences qu'elles peuvent engendrer.
05:55On sent effectivement des tiraillements au sein de la diplomatie, de l'administration américaine.
05:58Voilà donc pour ces dossiers iraniens et donc ces négociations qui vont reprendre demain du côté de Genève.
06:03Merci beaucoup Djilali Benchaban, merci beaucoup d'avoir été avec nous ce soir sur BFM Business.
06:07Je rappelle que vous êtes consultant en stratégie et géopolitique.
06:09Merci infiniment d'avoir été avec nous ce soir sur BFM Business.
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