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  • il y a 2 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00On va continuer notre discussion autour du cas de la France insoumise.
00:03Il y a besoin de clarification avec différents responsables politiques.
00:07On va détailler votre sondage Bernard Sananès, mais priorité juste au direct,
00:11parce que nous sommes en direct de l'Assemblée nationale.
00:14Ah, on fait le sondage, d'accord, d'accord, pardon, j'avais pas compris.
00:16C'est comme ça que notre invité va réagir.
00:18D'accord, alors Bernard, justement, la dégradation de l'image de la France insoumise.
00:21Oui, elle est très nette dans la série d'adjectifs que nous avons testés pour la France insoumise.
00:25Nous proposions au sondage un certain nombre de phrases.
00:27Pour faire simple, sur tous ces items, on voit des jugements très sévères.
00:32La France insoumise attise les tensions plutôt qu'elle ne les apaise pour trois quarts des Français.
00:36Elle entretient des liens trop étroits avec les mouvements qui recourent à la violence pour 7 Français sur 10.
00:42Elle ne condamne pas clairement toutes les formes de violence,
00:45quelle qu'en soit l'origine, dans les mêmes proportions.
00:47Et on voit bien que cette image s'est dégradée, y compris dans l'électorat du Parti socialiste.
00:52C'est le premier point.
00:53Le deuxième point, c'est que cette image, elle a été impactée par ce qui s'est passé à Lyon
00:59avec le drame de Quentin.
01:01Et ça, c'est une question qu'on se posait.
01:02Est-ce que les électeurs qui ont une bonne image de la France insoumise, finalement, se disent
01:06que ce sont des incidents qui n'ont rien à voir avec ce parti ?
01:08Non, ce n'est pas le cas.
01:10On a pour plus de 4 Français sur 10 et pour près d'un électeur de gauche sur 4
01:16qui nous déclare que cela a dégradé l'image qu'ils ont de la France insoumise.
01:20Même chez les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, il y a une part, qui n'est pas majoritaire évidemment,
01:24mais près d'un sur cinq, qui dit que ça a changé en mal l'image que l'on avait
01:28de ce mouvement.
01:28Donc on ne peut pas dire, comme je l'ai entendu des fois, que il ne se passait rien.
01:31Peut-être que ça ne se traduira pas dans les votes.
01:33Peut-être qu'un électeur de la France insoumise, dans 15 jours, dans un mois, il sera passé à autre
01:38chose.
01:38Mais en tout cas, ça altère l'image de la France insoumise.
01:40Et puis le dernier point de cette enquête, c'est sans doute un des chiffres les plus frappants,
01:44vous allez le voir tout de suite.
01:45Nous avons interrogé les personnes pour BFMTV sur le barrage républicain.
01:50Ce barrage dont on parle depuis le début de l'émission, barrage anti-RN, barrage anti-France insoumise.
01:54Eh bien aujourd'hui, le premier réflexe chez près de deux Français sur trois,
01:58il est de faire barrage à la France insoumise au second tour d'une élection,
02:03qu'elle soit présidentielle, législative ou municipale,
02:05alors que moins d'un Français sur deux déclarent qu'eux, ils feraient barrage au Rassemblement national.
02:10Alors évidemment, les électeurs de gauche sont plus nombreux à dire qu'ils feraient,
02:14enfin unanimes quasiment à dire qu'ils feraient barrage au RN,
02:16les électeurs de droite à la France insoumise.
02:18Ce qui est intéressant de voir, c'est que chez les électeurs de la majorité ex-présidentielle,
02:22notamment chez les électeurs d'ensemble,
02:24il y a moins d'électeurs qui disent faire barrage au Rassemblement national
02:29qu'à l'endroit de la France insoumise.
02:31Donc le RN s'est dédiabolisé, alors qu'au même moment la France insoumise s'est diabolisée ?
02:36La France insoumise s'est diabolisée et elle a perdu surtout,
02:39et là ça peut avoir un effet dans les dynamiques électorales,
02:41elle est en train de perdre sa capacité à rassembler le vote utile.
02:45Pourquoi Jean-Luc Mélenchon fait un score aussi canon en fin de campagne électorale
02:49par deux fois en 2017 et 2022 ?
02:50Parce qu'un grand nombre d'électeurs de gauche qui ne sont pas France insoumise se disent
02:53« c'est le seul à pouvoir nous porter au second tour ».
02:56Là, quand on voit les enquêtes, quand on voit les chiffres,
02:58cette ostracisation de la France insoumise peut effectivement affaiblir
03:02ce réflexe de mobilisation autour du vote utile.
03:04– Est-ce que les Français sont d'accord avec ce que prône François Hollande aujourd'hui ?
03:09– Oui, assez largement, mais par contre, quand on regarde à gauche,
03:12parce que c'est quand même chez les électeurs de gauche qu'il faut poser cette question.
03:15– Pas d'alliance PSLF, dit François Hollande, oui à 70.
03:17– 7 Français sur 10, oui, alors on ne voit pas là,
03:19quand on regarde chez les électeurs de gauche, on est à 50-50.
03:22Donc on voit bien, je vous disais tout à l'heure,
03:23que cette idée de l'union de la gauche, ça reste quand même fondamentale.
03:26Alors là, on voit, c'est effrité par la dynamique de ces événements tragiques,
03:31on verra ce qu'il en est dans 15 jours, dans deux semaines et demie,
03:34au premier tour des municipales.
03:35– Donc nous sommes à l'Assemblée nationale avec le porte-parole
03:37du groupe socialiste Romain Esquenazi, qui est avec nous.
03:40Bonsoir, M. le député, on vous prend quelques instants
03:43avant le vote solennel sur la fin de vie, je sais que vous allez voter.
03:46– J'aurais quelques minutes à vous accorder seulement, effectivement.
03:49– Vous êtes dans ce « tout sauf LFI », vous aussi, OPS ?
03:52– Je n'ai pas entendu François Hollande dire « tout sauf LFI »,
03:54j'ai entendu François Hollande confirmer que le risque majeur aujourd'hui
03:58pour notre démocratie, on se fait peur avec LFI aujourd'hui,
04:01LFI n'est pas aux portes du pouvoir.
04:02Dans tous les sondages, LFI se fait plier à 25-75 par Jean-Luc Mélenchon.
04:07Il n'y aura pas de deuxième tour RNLFI, je ne connais pas une commune
04:10en France où ça arrivera, donc je veux bien qu'on continue à se faire peur,
04:13mais aujourd'hui, le parti qui n'est selon moi pas républicain,
04:16qui est aux portes du pouvoir, c'est bien le Rassemblement national.
04:19Moi je suis dans un courant, et là je ne parle pas au nom du groupe,
04:21je ne suis pas en parle du groupe, mais là je parle en tant que simplement
04:24député et militant socialiste.
04:25Moi je plaide depuis longtemps pour une clarification d'alliance,
04:28effectivement pour acter les désaccords qu'on peut avoir
04:31avec la France insoumise, de ne plus faire d'alliance au premier tour,
04:33de ne plus faire d'alliance au deuxième tour.
04:35Mais le parti socialiste, qui est un parti d'abord républicain
04:38avant d'être parti de gauche, dira toujours tout sauf le Rassemblement national.
04:42Je signale que dans le monde entier, vous avez des démocraties
04:44qui tombent face à des présidents autoritaires.
04:47Je pense évidemment à Trump, je pense à l'extrême droite
04:49qu'il y a eu en Argentine, je pense à l'exemple italien.
04:52Donc le risque aujourd'hui mondial, c'est bien la montée
04:54de l'extrême droite, ce n'est pas la révolution bolchevique internationale.
04:57Il n'y a plus démocratie en Italie ?
04:58– Ni aux Etats-Unis ?
04:59– Non, honnêtement aux Etats-Unis, l'état de droit est remis en question.
05:03La preuve, la Cour suprême a renvoyé un stand de décret
05:05que Donald Trump avait signé, qui était parfaitement illégaux.
05:09Et oui, on sombre avec Donald Trump dans une preuve de populisme
05:12et on remet en question l'état de droit.
05:15Non monsieur, la démocratie, ça n'est pas la tyrannie de la majorité.
05:18La démocratie, c'est le règne du droit.
05:19– Si on retoque les droits de douane, ça veut dire que les contre-pouvoirs
05:22fonctionnent aux Etats-Unis ?
05:23– Non, non, je suis parfaitement d'accord avec vous.
05:25C'est une très bonne remarque, je suis d'accord avec vous.
05:27– Voilà, mais simplement, est-ce qu'aujourd'hui,
05:29vous avez peur de la France insoumise ?
05:31– Non, je n'ai jamais eu peur de la France insoumise, à aucun moment.
05:35Moi, je suis au Parti socialiste, et plus je siège dans ce groupe socialiste
05:38à l'Assemblée, plus je suis bien à ma place, considérant qu'il y avait
05:42trop de dogmatisme libéral d'un côté et trop de dogmatisme de l'autre côté aussi.
05:46Donc je trouve qu'on incarne à la fois l'affirmation des valeurs de la République,
05:50le pragmatisme sur le plan économique, mais également une ambition
05:52de progrès social et écologique pour améliorer la vie de nos concitoyens.
05:55Donc moi, je me sens très bien au Parti socialiste,
05:57et je n'ai jamais eu peur de la France insoumise.
05:59– Juste une question un peu basique, qu'est-ce que vous redoutez,
06:03une ville qui tombe aux mains du RN ou une ville qui tombe aux mains
06:05de la France insoumise ?
06:07– Eh bien, écoutez, il faut prendre en compte un petit peu
06:10le facteur réel de risque. Est-ce que vous avez plus peur d'une tempête de grêle
06:15ou qu'une météorite vous tombe sur la voiture ?
06:17À un moment donné, il faut être aussi conscient de la réalité du risque.
06:19Il n'y a aucun risque que la France bascule à la France insoumise,
06:22il n'y a aucun risque qu'une grande ville bascule à la France insoumise.
06:25– Ah ben si, Roubaix ?
06:25– Oui, alors Roubaix, si vous considérez comme une des très grandes villes de France,
06:30moi effectivement, je pensais à Paris, Lille, Marseille, Toulouse, Reims, Strasbourg,
06:33je pensais aux grandes mégalopoles françaises.
06:36Il peut y avoir effectivement quelques villes sur le territoire.
06:38– Je pose la question différemment, je pose la question différemment.
06:40– Non, non, non, non, non, non, non, mais j'ai bien compris, il n'y avait pas de menace,
06:43mais il y a des villes de droite qui peuvent être récupérées par la gauche,
06:46mais pour que le Parti socialiste le récupère, et je pense notamment à Toulouse,
06:49il faudra passer un accord avec la France insoumise.
06:53Dans ce scénario-là, est-ce que l'accord sera passé, par exemple, je pense à Toulouse ?
06:57– Eh bien, moi, je ne vous répondrai pas au nom du Parti socialiste, encore une fois,
07:01je n'en suis pas le porte-parole, je suis le porte-parole de mon groupe,
07:03je vous répondrai à titre personnel, je suis dans un courant qui a fait un score
07:07non négligeable au dernier congrès, qui plaide effectivement pour plutôt
07:10un désistement républicain, comme on aurait fait avec les Républicains,
07:14donc pas de fusion, mais effectivement, on ne laisse pas l'ERN accéder au pouvoir,
07:17mais à ce moment-là, on se désiste.
07:18– Mais à Toulouse, ce n'est pas l'ERN, c'est la droite, c'est M. Moudin, c'est
07:21pas l'ERN.
07:21– Oui, mais en l'occurrence, moi, effectivement, je plaide pour qu'il n'y ait pas
07:23de liste commune ou de fusion, je sais qu'il y en a quelques-unes
07:25sur les 35 000 villes françaises, pardon, je sais qu'il y en a quelques-unes.
07:29– Vous demanderez à la France Insoumise de se désister si la gauche
07:33peut l'emporter face à la droite ?
07:35– Oui, tout à fait, et s'il y a un risque d'ERN.
07:37Moi, dans mon département, le Val-d'Oise, tous les maires socialistes
07:40dans le Val-d'Oise ont une liste à l'FI en face d'eux pour les faire tomber,
07:43et il n'y a aucune ville de droite où il y a un accord dès le premier tour
07:45entre l'FI et l'EPS, tout le monde part séparément,
07:47avec des projets qui sont différents, des postures qui sont différentes,
07:50des discours qui sont différents.
07:51– Très bien, merci M. le député Eskenazi.
07:53– Merci à vous.
07:54– Même pour le Parti Socialiste, ce n'est pas si simple.
07:57C'est-à-dire qu'il y a les grands principes qui sont énoncés,
08:00et puis ensuite, on va le voir municipales,
08:02dans des villes qui peuvent être gagnables par le Parti Socialiste,
08:06les socialistes auront besoin quand même d'un désistement.
08:09La France Insoumise, ce ne sera peut-être pas une fusion,
08:11peut-être pas une alliance, mais quand on se désiste,
08:13c'est qu'il y a quand même eu un accord à un moment donné.
08:15– Oui, parce que vous avez une sociologie de ce Parti Socialiste
08:19qui n'est pas homogène, et vous avez en son sein des élus
08:23qui sont menacés sur leur territoire par le Rassemblement National,
08:27et pour qui toute voix de gauche, y compris venue de la France Insoumise,
08:32et y compris, on voit la photo de ce groupe Insoumis derrière vous,
08:37qui n'est pas totalement homogène non plus,
08:39mais pour le PS, y compris de la part d'insoumis radicaux,
08:42si j'ose dire, une voix sera une voix bienvenue
08:45pour ne pas perdre, par exemple, aux prochaines législatives
08:49qui auront lieu l'année prochaine, on peut imaginer une dissolution
08:52dans la foulée de la présidentielle,
08:53et puis vous avez des socialistes qui sont sur des bastions électoraux
08:57où ils sont un peu moins menacés, et où la concurrence se fait à gauche,
09:00mais où au fond…
09:00– Par exemple, un Olivier Faure, prenons un exemple concret,
09:03Olivier Faure, il ne serait pas député sans les voix des Insoumis.
09:08– Oui, mais ce que je veux dire par là,
09:10et juste précision sur ce que je disais sur le groupe homogène,
09:12je vous dis ça parce que Philippe Juvin, par exemple, de chez LR,
09:15refusait le barrage contre les Insoumis il y a quelques jours,
09:17il était invité d'Apolline, en disant « je ne mets pas dans le même sac
09:22un Raphaël Arnaud et un Éric Coquerel, par exemple »,
09:24appelant lui aussi à distinguer entre les différentes sociologies insoumises,
09:28et en disant « tous ne sont pas radicaux » et alignés pleinement sur Jean-Luc Mélenchon.
09:31– Deux points, l'offre au second tour des municipales
09:33est toujours beaucoup plus fragmentée qu'au second tour des législatives.
09:36Pour se maintenir au second tour des municipales,
09:37il faut passer la barre des 10% des exprimés aux législatives,
09:40c'est 12 ennemis inscrits, donc vous avez moins de monde, moins de candidats.
09:43Et puis, on parle d'Avignon, c'est très intéressant, Avignon.
09:45Avignon est une ville que le Parti Socialiste a gagnée.
09:48La maire sortante, madame, elle, ne se représente pas.
09:51C'est l'endroit où Raphaël Arnaud a été élu député.
09:54Si le PS veut conserver la ville,
09:55quand on regarde les enquêtes qui ont été publiées,
09:57il doit s'allier avec la France Insoumise.
10:00Est-ce que dans cette ville, les sympathisants socialistes diront
10:02que c'est un peu compliqué, vu ce qui s'est passé
10:04et l'entourage de Raphaël Arnaud ou pas ?
10:07Ce sera un bon test de la force de cette union de la gauche.
10:10Alors, la France Insoumise se targue en ce moment
10:13de recruter des électeurs, des adhérents plutôt.
10:17Justement, on va voir où on en est dans l'ensemble des formations politiques
10:21avec Nargis Hadji maintenant.
10:23Où en est-on justement précisément des adhérents aujourd'hui ?
10:26Pour chaque partie, je me suis appuyée sur le nombre d'adhérents
10:29à jour de cotisation, donc l'adhérent qui a payé la dernière cotisation annuelle
10:32du parti.
10:3430 euros, par exemple, pour les Républicains.
10:36Eh bien, dans le cas des Républicains, vous le voyez, c'est très intéressant,
10:39117 000 adhérents en 2025, c'est le dernier chiffre officiel.
10:43Mais ce que l'on remarque, eh bien, c'est que le parti a perdu
10:45la moitié de ses adhérents en 10 ans.
10:48En 2015, ils étaient 238 000.
10:50C'est beaucoup plus, en revanche, que le Parti Socialiste.
10:53Mais vous allez le voir, le nombre d'adhérents au parti à la rose,
10:55lui, reste stable.
10:56Il est passé de 42 300 en 2016 à près de 41 000 en 2024.
11:02Une adhésion au Parti Socialiste coûte 20 euros.
11:05Le Rassemblement National, aujourd'hui, eh bien, il n'y a aucun chiffre
11:08officiel d'adhérents à jour de cotisation.
11:10Sur son site, le parti affiche 110 000 adhérents et sympathisants
11:15en ce moment.
11:16Ce total mélange donc cotisants et simple soutien.
11:19Mais il y a 10 ans, quand le Rassemblement National s'appelait
11:22et le Front National, il y avait un nombre d'adhérents à jour de cotisation.
11:27En 2016, il était de 57 000.
11:29L'adhésion au Rassemblement National, elle est de 30 euros.
11:32Elle est en promotion en ce moment.
11:34Et regardez, eh bien, le parti veut avoir plus d'adhérents avec cette offre.
11:38Si vous adhérez au parti avant le 1er mars, eh bien, vous aurez une photo
11:41de Jordan Bardella et de Marine Le Pen, dédicacée.
11:44La France insoumise, enfin, elle ne fonctionne pas avec une cotisation
11:48obligatoire annuelle.
11:49Donc, pas de chiffre officiel d'adhésion à jour sur ces réseaux sociaux.
11:53Le mouvement évoque 450 000 insoumises et insoumis.
11:57Mais attention, sur son site, on peut s'inscrire en ligne gratuitement.
12:00Il ne s'agit pas donc d'une adhésion payante comme les Républicains,
12:04le Parti Socialiste ou encore le Rassemblement National.
12:06Alors, les insoumis se targuent, et c'est ce que disait Alma Dufour,
12:11d'avoir de nouveaux adhérents, de recevoir des soutiens.
12:14Est-ce que, finalement, cette histoire ne va pas renforcer leur socle de base ?
12:21C'est-à-dire, voilà, attaqués de toutes parts, les insoumis peuvent aussi
12:25être défendus par leurs militants ?
12:27Je ne crois pas. Je ne crois pas que sur ce sujet précis, il y ait vraiment
12:31beaucoup de...
12:32Y compris le militant de la France insoumise qui trouve que Jean-Luc Mélenchon
12:35a une position extrêmement digne ou intéressante.
12:38Oui, mais quand ils s'attaquent, par exemple, aux médias, au système,
12:41c'est des arguments qu'ils portent.
12:44Ils sont habitués à ça, et c'est pour ça aussi qu'ils votent pour Jean-Luc Mélenchon.
12:47C'est pour sa radicalité.
12:50Après, cette histoire est extrêmement particulière.
12:52Jean-Luc Mélenchon est allé très loin, y compris, je pense,
12:55pour beaucoup de cadres de la France insoumise
12:56qui ne sont peut-être pas forcément ravis d'être embarqués
13:00dans cette histoire avec lui.
13:01Mais enfin, Jean-Luc Mélenchon est le chef et on sait comment ça fonctionne
13:04dans ce parti, donc ils suivent.
13:07On l'a vu de toute façon dans le sondage de Bernard
13:10qui disait à l'instant qu'il y a un quart à peu près des électeurs
13:13de la France insoumise pour lesquels l'image aujourd'hui de ce parti s'est détériorée.
13:18Donc, dans les faits, ceux qui étaient déjà convaincus le sont certainement encore.
13:22Jean-Luc Mélenchon n'a pas dû choquer grand monde.
13:24Je ne crois pas que ça lui permette d'étendre sa base aujourd'hui
13:29de séduction auprès des Français dans leur ensemble.
13:32Mais Jadzade, avec un rassemblement national qui est très haut dans les intentions de vote,
13:36une France insoumise qui avance sans que déroge de sa ligne,
13:41ça ne laisse pas beaucoup de place pour les héritiers du macronisme
13:46de dix ans de pouvoir, en fait.
13:48Vous êtes mis sur le côté, vous regardez passer les deux autres ?
13:51Non, pas du tout. On travaille. Et si vous voulez, nous, justement,
13:53on n'a pas pour seule ambition d'être des remparts à la FI, au RN.
13:56On a pour ambition de proposer un projet.
13:58Mais ça ne fait pas un programme.
13:59Exactement. Donc, nous, on travaille autour de Gabriel Attal sur un projet.
14:02Vous avez dit quelque chose de très juste tout à l'heure.
14:04Le rassemblement national s'est dédiabolisé.
14:06Je crois que la France insoumise a beaucoup contribué
14:09à dédiaboliser le rassemblement national.
14:11Et c'est pour ça que je dis que LFI et le RN sont les deux revers de la même
14:14médaille.
14:14En réalité, ils se nourrissent l'un l'autre.
14:16La France insoumise, par son comportement violent à l'égard des institutions,
14:19à l'égard de l'État de droit, à l'égard de la légitimité
14:22de tout ce qui fait que nous sommes dans une démocratie.
14:24Et le rassemblement national, qui, c'est vrai, a sans doute fait un ravalement de façade.
14:28Mais le ravalement de façade, pardonnez-moi de dire,
14:30qu'il ne fait que cacher très mal le Front national qu'il remplace.
14:36L'année dernière, pendant la campagne des législatives,
14:38la question des binationaux, exclure des...
14:40Moi, je suis binationale.
14:41Si le RN arrive demain au pouvoir, en tant que citoyen français,
14:43je suis exclu par le RN d'un certain nombre de droits
14:46parce que j'ai deux nationalités.
14:47En même temps, sur leur programme, ils se sont, on va dire, adoucis.
14:51Ils ne veulent plus sortir de l'Europe.
14:53Maintenant, ils sont pour l'euro.
14:54Tout n'est pas très clair.
14:55Et par ailleurs, la dernière fois que, très souvent, ça arrive,
14:58LFI et le RN votent ensemble.
15:00Sur le budget, ils ont voté ensemble 34 milliards d'euros de dépenses.
15:02Donc, si vous voulez, par rapport à ça,
15:04oui, le Rassemblement national s'est dédiabolisé
15:06parce que la France insoumise y a beaucoup contribué par son comportement.
15:09Mais ne soyez pas dupes.
15:10Pourtant, c'est la raison pour laquelle nous, on combat les deux.
15:12La France insoumise et le RN sont les meilleurs ennemis.
15:15Oui, mais la force de ces deux mouvements,
15:18c'est qu'ils n'ont pas été au pouvoir.
15:20Et donc, vous allez arriver, après 10 ans de macronisme,
15:25quand même assez usé.
15:26Ça va être difficile de dire, on va faire mieux
15:28parce que vous allez être jugé sur le bilan.
15:29Et vous allez être face à vous, un Jean-Luc Mélenchon
15:31et une Marie Le Pen ou une Jordan Mardella
15:33qui n'ont jamais exercé le pouvoir.
15:35C'est une force considérable.
15:39Je complète la question d'Olivier.
15:40Dans vos propos, vous dites, nous, on combat le Rassemblement national
15:42et la France insoumise.
15:43C'est-à-dire que, de fait, vous placez dans une forme de défensive
15:46où, en réalité, eux, ils proposeraient des choses
15:47et vous, vous seriez en réponse à combattre l'un et l'autre.
15:51Votre difficulté, ce sera le bilan.
15:53Et ce sera, par ailleurs, de proposer,
15:54de ne pas être que dans la position de commentateur,
15:57précisément de deux forces politiques
15:58qui, quoi qu'on en dise moralement
16:00et quels que soient les avis des uns et des autres,
16:02sont des forces de proposition aujourd'hui
16:04et de proposition de changement de paradigme.
16:05Alors, vous avez sans doute vu passer la proposition
16:08qui a fait débat.
16:08Je crois qu'on était les seuls
16:09pendant l'examen du projet de loi de financement
16:10de la Sécurité sociale
16:11sur le système que nous proposons pour les retraites
16:13avec cette part de capitalisation,
16:15avec le système universel.
16:16Vous n'avez pas proposé en dix ans
16:17alors qu'il y a eu deux réformes des retraites
16:18proposées par Emmanuel Macron
16:20et aucune ne proposait ce que vous proposez aujourd'hui.
16:21Et vous avez échappé que moi,
16:22je ne suis pas le porte-parole du président de la République.
16:24Je représente un mouvement
16:24avec un chef, entre guillemets,
16:27qui est Gabriel Attal.
16:28Et donc, si vous voulez,
16:29est-ce que je peux vous dire là
16:30que tout a été bien fait pendant dix ans ?
16:32Est-ce qu'on a été parfait ?
16:33Non.
16:33Je crois qu'il faut qu'on soit modeste
16:34et je pense que tous les politiques doivent l'être.
16:36En revanche, pour 2027
16:38et pour les prochaines échéances,
16:40nous, on ne souhaite pas être qu'un rempart,
16:42on souhaite proposer.
16:42On l'a fait sur les retraites
16:43avec notre nouveau système.
16:45On a des propositions nouvelles.
16:46Mais encore une fois,
16:47je redis pour terminer
16:48que je considère que LFI et le RN
16:49sont les meilleurs ennemis,
16:50qu'ils se nourrissent l'un l'autre.
16:51Et c'est ce que nous disait
16:53Bernard Sanonès dans son sondage.
16:54Merci à tous, Marine Le Pen.
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