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  • il y a 4 semaines
Ce vendredi 20 février, Christopher Dembik a reçu Olivier Lévy, président de Levy Capital Partners, dans l'émission Tout pour investir, la masterclass, sur BFM Business. . Retrouvez l'émission tous les vendredis à 11h.

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Transcription
00:00Tout pour investir, la masterclass, l'entretien.
00:04Avec mon invité Olivier Lévy, vous êtes président de Lévy Capital Partners, ravi.
00:08Comme je le disais, aujourd'hui on le voit, on a quand même des marchés qui se tiennent très bien.
00:12Si on regarde ce vendredi le 4,40 et sur une très bonne orientation,
00:15malgré tout on a eu des mauvaises nouvelles.
00:17On a eu des mauvaises nouvelles il y a quelques semaines de cela,
00:19notamment sur le domaine des logiciels.
00:21On l'a vu, ce phénomène de contagion, notamment aux grandes valeurs technologiques américaines,
00:25alors qu'elles ont eu des bons résultats.
00:26Donc on va essayer de voir s'il faut s'inquiéter.
00:28Donc une perspective un peu court terme et un peu plus sur du long terme.
00:32Sur du court terme, quand on place le panorama, on peut bien sûr débattre,
00:36peut-être qu'on ira dans le détail sur le secteur des logiciels,
00:38mais grosso modo les résultats aujourd'hui du côté américain qui sont quasiment finis,
00:42la saison des résultats sont plutôt très bons.
00:44C'est supérieur à ce qui était attendu.
00:46On est sur une croissance des bénéfices qui était attendue à 7%,
00:49elle est finalement à 12%, donc ça se passe plutôt bien.
00:52Effectivement tous les compartiments de marché s'en sortent assez bien,
00:55il n'y a pas que la tech américaine indéniablement.
00:57Mais malgré tout, quand on regarde dans le détail, il y a toujours ce phénomène de panique.
01:01Est-ce que le premier point, est-ce qu'on doit s'inquiéter sur les valeurs technologiques,
01:05les grandes valeurs technologiques américaines qui sont liées à l'IA ?
01:08Est-ce qu'elles dépensent justement trop dans l'IA ?
01:09Parce que c'est souvent un sujet qui revient sur la table.
01:12Je crois qu'il y a effectivement un dézoom qui s'opère aujourd'hui.
01:15Et en bonne gestion, il y a pas mal d'intervenants qui prennent leur plus-value.
01:19Après, effectivement, un run exceptionnel sur plusieurs années,
01:23avec des valorisations qui étaient peut-être déraisonnables.
01:26Et on revient un peu plus avec des, je pense à Alphabet, Microsoft,
01:30qui reviennent sur des 24, 26 fois les résultats.
01:33Donc pour des sociétés qui restent en croissance,
01:36mais qui vont devoir investir des montants importants,
01:38avec des projections de cash flow qui sont plus complexes à faire
01:41pour tous les analystes financiers de la planète.
01:43Donc je pense qu'il y a une prise de conscience
01:45des quatre grands chocs que l'on vit actuellement,
01:49qui sont évidemment cette grande révolution autour de l'IA, évidemment.
01:53La fin du multilatéralisme.
01:56Très clairement, la guerre commerciale en est l'illustration la plus extrême
02:01et elle n'en est peut-être qu'à ses débuts,
02:03parce qu'entre la posture et les faits,
02:06il va falloir quand même reprendre Donald Trump dans le texte.
02:10Évidemment, plus que jamais, les pays, notamment les gros,
02:13je pense aux Etats-Unis, je pense à l'Angleterre,
02:15je pense au Japon, je pense à la France,
02:17sont très endettés, très très endettés.
02:20Donc il y a une peut-être perte de confiance dans un monde,
02:24et vous l'avez mentionné avec votre invité précédent,
02:26qui se dédollarise quand même,
02:28avec des anxiolytiques comme l'or ou le franc suisse
02:31qui reviennent sur le premier plan.
02:33Et enfin, évidemment, un réarmement géopolitique,
02:38c'est-à-dire qu'il y a encore le feu dans un certain nombre de pays,
02:43de zones géographiques, pour lesquelles, effectivement,
02:45on voit des zones qui étaient plutôt passives jusqu'à présent,
02:49je pense à l'Asie, la Chine,
02:51qui vient intervenir et montrer les muscles dans certains conflits.
02:56Donc tout ça met beaucoup de tensions, je trouve.
03:00Donc le VIX réagit, et c'est pour ça qu'en bonne gestion,
03:04ceux qui ont fait déjà l'année,
03:06le début de l'année a été excellent sur les actions,
03:08il faut le reconnaître,
03:09donc ça a été peut-être même trop rapide.
03:11Donc en bonne gestion, il n'est pas innocent
03:13de prendre une partie de ses bénéfices.
03:15Sur les obligations, on a le même sujet,
03:17c'est-à-dire, vous l'avez mentionné tout à l'heure,
03:19les taux, bon, il y a l'inflation qui baisse,
03:21les taux courts sont à certains niveaux,
03:23mais les taux longs réagissent peu.
03:25C'est-à-dire qu'évidemment,
03:26le 10 ans français était à 3,40, on est à 3,30,
03:29mais au final, il bouge peu.
03:31Le 10 ans US est à 4.
03:34Donc, vous parliez de signaux faibles au début,
03:37je vous ai écouté en préambule de votre émotion,
03:39c'est très intéressant,
03:40et je pense qu'il faut aujourd'hui dire qu'effectivement,
03:42il y a un problème de myopie dans le marché,
03:44c'est-à-dire qu'il y a des actifs qui sont fortement valorisés,
03:48qui ne méritent pas de continuer à l'être.
03:50Et on voit d'autres signaux faibles arriver en masse,
03:53et je pense à ce qui se passe dans la dette privée aux Etats-Unis.
03:57Voilà, ça a été distribué à bon nombre d'investisseurs,
04:02et beaucoup de particuliers ces dernières années,
04:04notamment depuis le Covid.
04:05Et tiens, il y en a certains qui,
04:07avec évidemment la baisse des valorisations dans le logiciel,
04:11qui voudraient sortir.
04:12Manque de pot, certains ne pourront plus.
04:14On l'a vu effectivement jeudi,
04:16il y a eu des annonces dans des grands acteurs,
04:17ce ne sont pas uniquement des petits acteurs aux Etats-Unis sur la dette privée,
04:20et ce sera certainement une émission qu'on fera à ce niveau,
04:23pour aller un peu dans le détail,
04:24mais on voit qu'il y a des points de fragilité.
04:26Il y a des gros points de fragilité,
04:27et je crois que vous avez raison de faire toute une émission sur le sujet.
04:31Donc vous avez un fonds américain, Blue Hole,
04:33qui pèse quand même 450 milliards de dollars,
04:35qui a annoncé effectivement geler un certain nombre de fonds.
04:38Donc même si ça reste des petites poches,
04:40à ce stade-là, ça rappelle de mauvais souvenirs
04:42pour ceux qui, comme vous et moi,
04:43sommes sur les marchés depuis 25 ans.
04:45puisqu'il faut dire aussi que quand on regarde dans le détail du détail,
04:50ils ont pu sortir au pair certaines positions,
04:54mais quand on regarde qui était acheteur,
04:56c'est une de leurs filiales, compagnie d'assurance.
05:00Donc en fait, ils se revendent à soi-même un certain nombre de positions.
05:03C'est pour ça que quand je dis qu'il faut effectivement aller chez son opticien,
05:08nous sommes les grands opticiens des marchés financiers,
05:10en plus d'être des architectes,
05:12et ceux qui encadrent les risques de nos clients.
05:14Donc on leur rappelle en bonne gestion qu'effectivement,
05:17pour chaque rendement ou chaque illiquidité,
05:20il y a effectivement un risque qui doit être mis en adéquation.
05:23Les marchés nous semblent là aussi exagérément valorisés
05:28sur certaines classes d'actifs,
05:30mais l'inverse est vrai aussi.
05:32Il y a des classes d'actifs qui sont totalement survendues,
05:34qui ont été ignorées,
05:37je pense aux foncières cotées depuis quelques semaines,
05:40qui reviennent un peu sur le devant de la scène.
05:42Je pense effectivement à la santé,
05:44à des secteurs dits stratégiques comme l'agroalimentaire.
05:48Et puis bon, pour ceux qui sont plus audacieux,
05:50une fois que vous avez un certain nombre de sociétés type SS2I
05:53qui pourraient, on ne sait pas, se faire disrupter,
05:56mais qui ont déjà perdu 60% de leur valeur en un mois,
05:59se repositionner, ce n'est pas inintéressant.
06:02Et sur les logiciels, est-ce que vous auriez la même approche ?
06:04Ou vous êtes plus prudent sur les logiciels ?
06:06On reste prudent parce que là aussi,
06:09on est nous-mêmes utilisateurs d'un certain nombre d'outils IA.
06:12Oui, type Salesforce, etc., qui sont assez classiques.
06:14Oui, mais donc il y a ceux qui sont vraiment dans l'IA natif,
06:18et il y a ceux qui sont utilisateurs ou transformateurs.
06:21Donc évidemment, il faut en être,
06:23mais il faut faire la part des choses
06:24dans toute cette nouvelle chaîne de valeur
06:26qui va se créer autour de l'IA.
06:29Et quand on voit en termes de flux,
06:31vous le rappelez, on est sur des marchés très volatiles,
06:33on a des données de Bloomberg qui nous montrent notamment
06:35que la volatilité, en tout cas sur le mois de janvier,
06:37sur les actions américaines,
06:38est très nettement supérieure à ce qui existait par le passé.
06:41On est autour de 10% de volatilité,
06:43alors que le S&P 500 d'ailleurs évolue dans un range plutôt étroit.
06:46Ça montre bien qu'il y a quand même beaucoup de paradoxes
06:48sur le marché en ce moment.
06:50On regarde les flux.
06:51Quand on voit que finalement,
06:52il y a effectivement des flux plutôt vendeurs aux États-Unis,
06:54mais les flux acheteurs, notamment des fonds spéculatifs,
06:57je le rappelle, ça reste des initiateurs tendance,
06:59c'est 20-25% des volumes sur le marché des actions.
07:02On voit qu'ils vont essentiellement en Asie.
07:05Alors aussi bien de la bourse développée
07:06ou de la bourse émergente,
07:07on pensera à la Chine.
07:10Selon vous, est-ce que c'est toujours intéressant
07:12de revenir sur l'Asie ?
07:12Parce que par exemple, la Corée du Sud
07:14a eu un très très beau rallye haussier.
07:16Alors le Japon, ça a bien performé aussi en 2025.
07:19Donc on peut se dire,
07:19est-ce que ce n'est pas déjà un peu joué
07:21tous ces mouvements haussiers sur l'Asie ?
07:24L'Asie bénéficie d'une tendance structurelle extrêmement forte.
07:27Donc c'est un des moteurs de la croissance de demain
07:30qui reste par rapport à cette,
07:33je dirais, paralysie européenne d'une part,
07:36et par rapport à...
07:36Vous n'achetez pas la Renaissance européenne,
07:38vous êtes sceptique à l'égard de la Renaissance européenne ?
07:40J'attends de voir.
07:41En fait, je ne peux pas faire un chèque en blanc,
07:44justement, puisqu'il y a un...
07:47Et là aussi, je m'extrais de la séquence
07:50court-termiste politique et du bruit,
07:52là aussi, et de la posture des Italiens,
07:53des Français, des Polonais, des Allemands, etc.
07:55Donc je demande à voir.
07:57Et puis le peuple est souverain, il votera.
07:59Donc une nouvelle gouvernance sera amenée
08:00à édifier une nouvelle feuille de route.
08:03Donc oui, pour revenir à votre question,
08:06les pays émergents, cette zone-là,
08:08recèle en interne, là aussi, dans un monde
08:10qui se dédollarise, des relais de croissance
08:12et une décorrélation par rapport à des classes d'actifs
08:16classiques Europe-US, actions ou techs.
08:19Qui étaient un peu de 2025, les thématiques essentielles.
08:22Ça a été effectivement surjoué, en fait.
08:25Très, très bien joué.
08:26Je vous propose d'écouter un son de David Cook,
08:29qui est Head of Trading Dex chez la financière L'Échiquier.
08:31C'est pour savoir, et j'aimerais avoir votre avis,
08:33pour savoir justement si c'est le bon moment,
08:35après cette forte baisse, de revenir sur les valeurs technologiques.
08:37Parce que bon, beaucoup d'épargnants, effectivement,
08:39sont très présents sur cette thématique-là.
08:43On a eu vraiment un engouement, une rotation,
08:45mais qui a été trop loin.
08:46Et pour moi, aujourd'hui, il n'y a plus aucun vendeur marginal
08:49sur ces valeurs de grande tech américaine.
08:52D'ailleurs, on s'aperçoit que le S&P surperforme
08:55les Max 7 de 14% depuis novembre.
08:57Et généralement, quand on a ces genres de surperformance,
09:00dans 98% des cas, il y a une re-surperformance
09:03des Max 7 de près de 18%.
09:05Est-ce qu'on n'est pas un peu dans le schéma 2025 ?
09:07C'est-à-dire janvier, février, c'était un peu l'hécatombe
09:10pour les valeurs technologiques américaines.
09:12Et finalement, en termes de contributions au S&P 500
09:14sur l'année 2025, elles ont été les principaux contributeurs.
09:17Est-ce qu'on n'est pas un peu sur le même schéma ?
09:19Et on a le sentiment, notamment lorsqu'on écoute David Kroos,
09:22qu'on était sur des mouvements spéculatifs,
09:24un peu de panique qui est raisonnée.
09:26Est-ce qu'on se profile vers ce schéma-là ?
09:28Ou vous, vous vous dites, finalement,
09:30les valeurs technologiques américaines,
09:31il y a des vrais problèmes intrinsèques,
09:33on peut trouver de la valeur ailleurs ?
09:36On peut trouver de la valeur ailleurs, ça c'est indéniable.
09:39Et il faut ne pas être surpondéré sur la tech US,
09:42comme beaucoup d'Américains le sont, par défaut.
09:46Il ne faut jamais oublier qu'effectivement,
09:48les Américains sont des gros actionnaires de toutes ces...
09:52Ils n'ont pas de fonds euro.
09:53Oui, c'est des ETF Nasdaq et...
09:55Ils n'ont pas de fonds euro.
09:57Ce que je veux dire, c'est qu'ils ont leur immobilier
09:58et ils sont sur les Max 7.
10:00Si d'aventure, il y a un bruit qui contrarie ces stratégies-là,
10:04ou parce qu'effectivement, on met cet oligopole à risque,
10:10ou au contraire, on essaie de le vendre à toute la planète,
10:12je pense que là aussi, les Américains se doivent
10:14de réduire leur exposition,
10:17et c'est ce qu'ils ont fait en bonne gestion.
10:20Parce qu'ils ne peuvent pas être surexposés
10:22sans avoir véritablement le retour sur investissement
10:25de tous ces CAPEX, de tous ces investissements à venir.
10:29Regardez la tension qui a régné autour des CDS d'Oracle.
10:33Oui, les Credit Swap Default,
10:35qui sont un peu des contrats d'assurance,
10:36pour savoir si l'entreprise a un risque de faillite,
10:38et Oracle est un bon exemple.
10:40Donc c'est un bon exemple,
10:41c'est révélateur effectivement
10:42de tout ce qui peut se passer autour de ces data centers,
10:48de cette révolution en marche,
10:51dont il y aura beaucoup de perdants.
10:53C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
10:54on parle toujours de ces grands oligopoles,
10:56méta, alphabète, sauf Apple,
10:58parce qu'Apple n'a pas encore investi dans ce gisement-là.
11:01Mais cet oligopole pourrait être contrarié.
11:06Selon moi, on est quand même dans une année
11:08où les mid-termes américaines
11:09vont possiblement contrarier aussi Donald Trump,
11:12qui a les pleins pouvoirs.
11:14Donc on a eu cette séquence de deux ans
11:15où il était seul aux commandes,
11:18et on va voir.
11:20Voilà, la feuille de route pourrait être remaniée.
11:23On a un nouveau banquier central aux États-Unis.
11:27En Europe, il y a des rumeurs,
11:29on attend de voir.
11:31Tout ça va jalonner l'année
11:33qui démarre sur les chapeaux de roue.
11:35Et où on nous laisse entendre aussi
11:38que la géopolitique pourrait à nouveau s'émisser.
11:41Revenir sur l'agenda.
11:42Très clairement.
11:42Regardez le pétrole, 65 dollars le baril,
11:45on était à 60 dollars,
11:46pas plus tard que la semaine dernière.
11:47On reviendra d'ici la fin de l'émission
11:49très rapidement sur cette situation
11:50aux Moyennes et au Proche-Orient,
11:52où le Groenland, on avait un invité la semaine dernière
11:54qui nous disait que le sujet pourrait revenir
11:56au mois d'avril ou au mois de mai
11:57avec la fonte des glaces.
11:58Merci beaucoup Olivier Lévy.
12:01Vous êtes président de Lévy Capital Partners.
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