- il y a 12 heures
Mercredi 18 février 2026, retrouvez Marie Fournier (Directrice Générale France, Lupus Alpha) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.
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00:02Générique
00:10Le dernier quart d'heure de Smartbourg chaque soir, c'est le quart d'heure thématique.
00:13Le thème ce soir, c'est celui de la relance allemande.
00:15Oui, nous continuons de suivre le déploiement de ces efforts d'investissement et de relance en Allemagne à travers deux
00:21volets, la défense et les infrastructures.
00:23Nous faisons un point d'étape avec Marie Fournier, directrice générale France de Lupus Alpha, société de gestion allemande.
00:28Je le précise, Marie, bonsoir.
00:30Bonsoir, merci beaucoup d'être avec nous.
00:32On s'était vu il y a quelques mois au démarrage, effectivement, de cette histoire allemande,
00:36qui a pris naissance avec Friedrich Merz en mars 2025, précisément l'annonce du déverrouillage du frein à l'endettement
00:45en Allemagne,
00:46qui a été évidemment un moment clé, historique.
00:49Où est-ce qu'on en est aujourd'hui ?
00:51Et si on regarde peut-être avant tout le volet de défense, où est-ce qu'on en est du
00:55déploiement ?
00:56Est-ce qu'on est en ligne avec les attentes, si je puis m'exprimer ainsi, Marie ?
01:00Oui, tout à fait.
01:01Alors, sur le volet défense, on est totalement en ligne avec les attentes.
01:07Le plan consiste à déployer un peu plus de 500 milliards en addition du budget de défense de 3,5
01:15% du PIB allemand jusqu'en 2029.
01:19On est sur un rythme aujourd'hui de 86 milliards en 2025, et l'idée est de continuer ce rythme
01:26avec une croissance d'environ 20% par an jusqu'en 2029.
01:30Et de ce point de vue-là, les délais sont plutôt bien respectés.
01:35L'argent, clairement, circule dans l'écosystème, tout à fait.
01:43Je dirais que cet argent a plutôt tendance à apporter beaucoup de visibilité au secteur.
01:49Oui, on parle de 2029 comme la date de fin de ce déploiement,
01:55mais je pense qu'en fait, le monde et cette nouvelle ordre mondiale qui se met en place
01:59et la volonté de l'Allemagne de prendre un vrai leadership en Europe pour naviguer dans ce nouveau monde
02:07fait que, probablement, ces investissements continueront même au-delà de 2029.
02:12C'est pour ça qu'aujourd'hui...
02:13On est déjà en train de penser à la fin du programme qui vient à peine de commencer.
02:16Mais effectivement, c'est une question importante.
02:18C'est une question importante, mais c'est surtout pour dire que,
02:21quand vous voyez aujourd'hui des boîtes du secteur de la défense,
02:24comme Rheinmetall, on a 45 fois les bénéfices en 2026,
02:30comme Ensold, qui est une société aussi d'armement qui travaille au secteur de la défense,
02:35là, on est carrément à 43 fois les bénéfices.
02:37Donc, on est sur des valos qui sont extrêmement élevés.
02:40Maintenant, je mets toujours en perspective ces valos élevés
02:42avec le fait qu'on a cette visibilité qui est probablement une visibilité
02:46qui ira au-delà de la décennie.
02:48On parle de ce système industriel.
02:50Voilà, sur des tendances de très long terme.
02:52Vous avez cité Rheinmetall.
02:53Alors, je crois que maintenant, tout le monde connaît Rheinmetall.
02:56Effectivement, à un moment, je disais, c'est notre NVIDIA.
02:58C'était la comparaison boursière,
03:00parce qu'il y a un parcours boursier tellement spectaculaire.
03:03Moi, je veux comprendre le rôle opérationnel de Rheinmetall,
03:06justement, dans ce plan de développement et de réarmement de l'Allemagne,
03:10pour dire les choses, Marie.
03:11Ça devient un groupe pivot dans le déploiement de ce volet défense.
03:16C'est une très bonne remarque.
03:19Rheinmetall, en fait, le gouvernement allemand souffre un peu des mêmes problèmes
03:23que nous en France, c'est-à-dire trop de bureaucratie,
03:27une lenteur administrative qui bloque tous les projets,
03:30toutes les dépenses, qui bloque tous les grands cycles, en fait,
03:33de mise en place industrielle et innovation.
03:36Et en même temps, on a un gouvernement qui est prêt à mettre son passif,
03:41son bilan sur la table pour investir.
03:43Et donc, ils ont externalisé l'implémentation de ces dépenses.
03:49Et Rheinmetall devient vraiment un peu comme une plateforme d'intégration.
03:55Oui, désolé pour le terme, mais c'est le bras armé du gouvernement allemand
03:59dans cette affaire de réarmement.
04:01Il avait quand même été annoncé 36 milliards d'euros de dépenses dans le spatial.
04:05Alors, on a appris en décembre que Rheinmetall allait faire du spatial.
04:08C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on voit qu'il y a des déploiements massifs
04:11qui se font d'argent, avec des volontés vraiment d'aller gagner en technologie,
04:15en savoir-faire sur beaucoup de segments.
04:17Et on voit que, clairement, Rheinmetall va être l'incubateur,
04:21si on peut le dire comme ça, de ses dépenses militaires
04:24et de ses avancées technologiques.
04:26Ce n'est pas juste un enjeu de produire des munitions et des chars.
04:29Pardonnez-moi là aussi pour le raccourci un peu rapide.
04:32Il y a une vraie composante technologique dans ses efforts de défense.
04:36Rheinmetall se paye, vous le disiez, plus de 40 fois,
04:38mais parce que c'est en train de devenir une entreprise technologique.
04:41Tout à fait. Rheinmetall sort du scope de l'entreprise traditionnelle.
04:44Ça devient vraiment une plateforme d'intégration.
04:46et en parallèle, c'est quand même à surveiller
04:49parce que Rheinmetall, alors pas sur tous les segments,
04:52mais a des concurrents.
04:53Et en fait, ça crée une distorsion de concurrence qui est très forte.
04:56J'ai vu que les voix se faisaient entendre en Allemagne
05:00pour certains dénoncer l'idée que Rheinmetall captait tout
05:05et que le reste de l'écosystème, des start-up notamment,
05:08en profitait peut-être beaucoup moins que ce qu'elles pouvaient espérer.
05:11Tout à fait. Et je pense que cette situation, elle peut tenir,
05:14elle peut s'installer dans le temps à partir du moment, je pense,
05:18où tout le monde est capable de, on va dire, de gagner avec cette intégration,
05:22c'est-à-dire de continuer à bénéficier, d'avoir des perspectives.
05:25Je crois que c'est assez Rheinmetall, je pense, de ne pas être trop...
05:28Oui, oui, donc ils ont une vraie responsabilité aujourd'hui, Rheinmetall,
05:31que l'ensemble de l'écosystème puisse en profiter.
05:34Qu'est-ce qui vous intéresse ? On va parler du volet infrastructure.
05:37On a compris cette histoire de visibilité,
05:39et même visibilité au-delà du sujet du conflit ukrainien,
05:45du conflit russo-ukrainien, j'imagine,
05:47quand vous parlez de visibilité sur le réarmement
05:50et les dépenses de défense de l'Allemagne.
05:54Que le conflit se gèle demain ou s'arrête, souhaitons-le,
05:58ça ne remettrait pas en cause ces efforts et cette feuille de route.
06:02Pas du tout, et ce serait même une très bonne nouvelle
06:04pour les Européens et pour les Allemands.
06:07Un conflit aux portes de l'Europe,
06:09c'est toujours beaucoup de stress pour les consommateurs.
06:11On voit que le sentiment du consommateur aujourd'hui est très négatif en Allemagne,
06:15avec des niveaux d'épargne extrêmement élevés, historiquement.
06:18En France, c'est pareil.
06:20On peut lier ça à des problèmes plus politiques,
06:23mais on est dans la même situation.
06:25Donc clairement, la fin, ou en tout cas un cessez-le-feu qui semble solide,
06:30pourrait être un vrai signal positif pour la consommation.
06:33Et si ça vient en même temps d'un redémarrage de la croissance,
06:36donc des premiers effets de ce plan,
06:38qui sont là pour relancer la croissance allemande,
06:41on peut avoir des signes très positifs sur des secteurs comme la consommation, par exemple.
06:45Qui a toujours été structurellement un peu faible en Allemagne,
06:48si je puis le dire.
06:50Ainsi, une histoire, au-delà de Red Metal,
06:53là, une histoire qui vous intéresse chez Lupus Alpha dans la Défense,
06:55rapidement, et puis on parle des infrastructures après.
06:57Tout à fait.
06:58Moi, une histoire que j'adore, c'est la boîte Alschem.
07:01Alors, c'est une boîte de chimie.
07:03Habituellement, on n'aime pas trop le secteur de la chimie.
07:05Vous le savez, il y a des surcapacités.
07:07En ce moment, il y a des surcapacités chinoises qui sont déversées
07:09sans aucune honte, on va dire, sur le marché européen.
07:14Et d'ailleurs, l'Union européenne, j'espère, travaille à quelque chose
07:17pour protéger un peu nos industries de la chimie.
07:20On l'a vu sur la chimie, on l'aura sur la chimie.
07:21Exactement.
07:23Alschem, c'est une boîte de chimie,
07:24mais par contre, qui ne travaille pas à partir de dérivés chimiques du pétrole,
07:27mais à partir du nitrate, de dérivés chimiques du nitrate.
07:31Ils ont une grosse activité Alschem qui produit du nitrate
07:34pour l'industrie agroalimentaire.
07:37Donc, ça, c'est la base de leur activité.
07:39Mais ils ont une plus petite activité qui est en très forte croissance
07:41qui produit de la nitroguanidine,
07:43qui est un composant chimique nécessaire dans la fabrication des poudres
07:48pour tout ce qui est obus, enfin, tout ce qui est munitions à propulsion.
07:54C'est une petite small cap, c'est 1,5 milliard de capi.
07:5724 fois les bénéfices.
07:59Maintenant, des perspectives de croissance hallucinantes.
08:02Pourquoi ? Parce que les États-Unis, aujourd'hui,
08:04deux producteurs de nitroguanidine dans le monde,
08:06la Chine et les Allemands avec Alschem.
08:09Et les États-Unis, aujourd'hui, cherchent à sécuriser
08:12leurs approvisionnements de nitroguanidine hors Asie, en Occident.
08:16Et donc, il y a des partenariats qui ont été créés avec les Américains.
08:18Alschem double ses capacités sur le sol européen en 2026
08:23et double ses capacités sur le sol américain en 2028.
08:27Donc, des perspectives de croissance excellentes.
08:30Alors, c'est les histoires qu'on ne peut pas acheter si facilement.
08:32Il y a peu de flottants disponibles.
08:34C'est un titre qui est, je pense, assez recherché aujourd'hui.
08:38Mais très belle performance l'année dernière.
08:39On est à plus de 120% l'année dernière.
08:41Pour une valorisation qui reste encore raisonnable.
08:43Et au regard des perspectives qui est plutôt raisonnable.
08:46Un mot du volet infrastructure, Marie, pour expliquer déjà la complexité peut-être du déploiement,
08:52justement, des enveloppes prévues pour la relance des infrastructures en Allemagne.
08:57On n'est pas sur la même vitesse de déploiement que ce qu'on observe sur la défense.
09:00Non.
09:01L'Allemagne est un pays qui a sous-investi massivement dans son appareil public pendant des années.
09:09On sort de 20 années de sous-investissement.
09:11Donc, avec des infrastructures extrêmement vieillissantes.
09:14D'accord ?
09:14Il y a un vrai besoin de modernisation à tous les étages.
09:20On a annoncé l'année dernière un plan de 500 milliards pour, justement, aller déployer et moderniser l'infrastructure allemande.
09:28Que ce soit sur la partie énergétique, sur la partie voie ferrée.
09:32Ils ont des gros sujets sur cette partie-là.
09:34Et sur tout ce qui est bâtiment public, une modernisation globale.
09:38Alors, c'était un volet qui est très attendu.
09:39Pourquoi ?
09:40Parce que l'infrastructure, c'est un cinquième.
09:42L'infrastructure, c'est une valeur small mid-cap.
09:44D'accord ?
09:45Dans l'univers small mid-cap.
09:46Donc, c'est tout petit.
09:46Par contre, le rayonnement de l'infrastructure via les sous-traitants et les fournisseurs.
09:50Là, ça va rayonner sur un cinquième de la cote des petites et moyennes valeurs allemandes.
09:54C'est énorme, l'impact.
09:55Et donc, du coup, l'argent est très attendu.
09:58L'impact est très attendu.
10:00Et malheureusement, vous ne déployez pas en infrastructure comme vous pouvez déployer dans la défense.
10:05On ne passe pas des commandes comme ça.
10:06Pourquoi ?
10:06Parce que vous devez passer par la case appel d'offres, la case sélection de projets.
10:10Et donc, toute cette bureaucratie...
10:12On revient au red tape.
10:13À la bureaucratie...
10:14La bureaucratie...
10:15On n'est pas seul.
10:16C'est bien, enfin, en France, en tout cas, par rapport à ça.
10:18La bureaucratie a beaucoup empêché ce déploiement.
10:21Et aujourd'hui, on est dans un scénario où on voit l'argent arriver.
10:25Donc, on sent que l'argent commence à ruisseler.
10:28On a eu plus de 6%.
10:29C'est un nom de dépenser 126 milliards.
10:31Donc, c'est les 40 milliards qu'on n'a pas dépensés l'année dernière.
10:33Puis, c'est 85 milliards qui étaient prévus.
10:36On a déjà dépensé 6%.
10:37On estime, nous, que 35% seront dépensés au premier semestre.
10:41Normal.
10:42Toujours un peu cette lenteur, cette mise en route.
10:44Mais par contre, on devrait voir une forte accélération de ces dépenses pour le deuxième semestre.
10:49Et donc, beaucoup de conséquences économiques pour le deuxième semestre.
10:52C'est ça.
10:52Avec un impact macro assez global.
10:56Vous évoquez aussi la possibilité de la fin du conflit qui pourrait ramener du moral de consommation, etc.
11:02Tout ça, c'est important pour la dynamique de croissance en Allemagne.
11:06Il nous reste 45 secondes.
11:08C'est quoi une manière ou une valeur qui permet de s'exposer à ce thème des infrastructures pour vous
11:13en Allemagne ?
11:14Alors, nous, on adore Orubis, qui est une société qui est le plus gros opérateur de cuivre en Europe.
11:22Et alors, ils ont une activité extraordinaire.
11:24C'est que jusqu'à présent, le cuivre n'était pas recyclé.
11:29Les déchets de cuivre sont envoyés à la Chine.
11:31La Chine les rachète.
11:32Et les États-Unis envoient des tonnes de déchets de cuivre aux États-Unis.
11:38Orubis a une solution de retraitement du cuivre.
11:41Et donc, aujourd'hui, ils sont en train...
11:42Ils ont des capacités massives aux US.
11:44Les US ont interdit toute exportation du cuivre aujourd'hui vers la Chine.
11:47C'est Orubis qui traite ça aux US.
11:49Les capacités de croissance, c'est énorme.
11:50On est sur une société, pour les chiffres, 7 milliards de capis.
11:53On se fois les bénéfices.
11:57Spécialiste sur un segment extrêmement recherché.
12:00Je pense que c'est une belle conviction.
12:02Retraitement des métaux, oui, c'est sûr que c'est un sujet stratégique, critique aujourd'hui.
12:07Merci beaucoup, Marie.
12:08Marie Fournier, directrice générale France de Loupous Alpha,
12:11invitée de ce dernier quart d'heure de Smart Bourse ce soir.
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