00:00– Christopher Demby qui est conseiller en stratégie d'investissement chez Piquet Asset Management.
00:05Bonjour Christopher, merci de nous accorder quelques minutes ce matin.
00:09Dans un instant, nous reviendrons sur la BCE qui a laissé ses taux inchangés,
00:13sur la nette dégradation du marché de l'emploi aux Etats-Unis,
00:15mais oui quand même un mot sur la tech américaine,
00:18le marché qui est un petit peu perdu, notamment en ce qui concerne le segment des softwares.
00:22Le Nasdaq perd désormais 4,5% en l'espace de trois séances.
00:26– On est vraiment effectivement sur un excès pessimiste concernant les softwares.
00:33La réalité c'est effectivement, comme chaque début d'année,
00:36vous avez des interrogations sur qui vont être les gagnants et les perdants en termes de secteur de l'IA.
00:41Cette année, c'est très clairement le secteur logiciel qui en fait les frais.
00:44Et ce qui montre qu'on est sur une phase d'excès, c'est que tout le monde est dans le même bateau.
00:48C'est-à-dire si on regarde par exemple une valeur comme Oracle,
00:51qui a très clairement quand même des difficultés financières,
00:53et on voit que les banques américaines ne veulent pas lui prêter,
00:55où c'est assez légitime effectivement que cette valeur baisse.
00:58Une autre comme Adobe, en revanche, ils ont annoncé récemment des bons résultats,
01:02ils ont une croissance attendue des ventes de 9% cette année,
01:05un ratio cours sur bénéfice prévisionnel qui est quand même extrêmement attrayant,
01:09on est juste à 12.
01:10Donc là en revanche, c'est un peu incompréhensible d'avoir un cours
01:13qui a quasiment chuté de plus de 20% depuis le début de l'année.
01:16À mon avis, le problème qu'on a aujourd'hui au niveau de la judiciaire,
01:19c'est qu'une grande partie du marché n'a pas complètement compris,
01:23en tout cas il y a une vraie méconnaissance de ce qui est l'IA gentil.
01:26Concrètement, c'est quoi ? C'est des systèmes d'IA,
01:29ils sont capables d'agir de manière autonome et proactive,
01:31et surtout lorsqu'on leur a fixé des objectifs déjà très clairs.
01:36Et évidemment, le marché considère que les logiciels sont voués à disparaître dans ce cadre-là.
01:41Si on regarde dans le détail, il y aura bien sûr une recomposition de la chaîne de valeur,
01:44et c'est complètement normal, mais ça concerne tous les secteurs d'activité.
01:48En revanche, des grands noms comme SAP ou encore Salesforce,
01:52ça reste des systèmes de logiciels centraux qui stockent des données critiques.
01:56A priori, en tout cas, ils ne vont pas être amenés à être remplacés par l'IA,
02:00mais plutôt avoir une brique IA qui est intégrée, qui fera que ça performe mieux.
02:04Moi, je pense que le vrai sujet pour les logiciels, en termes de remplacement concret par l'IA,
02:08c'est plus tout ce qui concerne les interfaces de travail,
02:11Zoom qui est très popularisé avec la Covid,
02:13typiquement, ça peut être complètement disrupté par l'IA.
02:15Donc, il faut faire le pour et le contre.
02:17Alors, bien sûr, on peut avoir raison sur le papier.
02:20Après, le marché peut rester irrationnel très longtemps.
02:22Donc, ça ne veut pas dire aujourd'hui que ça constitue notamment des points d'entrée.
02:25Mais à mon avis, on est vraiment sur un excès.
02:27Et comme je vous le disais, le meilleur exemple,
02:29c'est de voir qu'on a dans le même bateau une belle société comme Adobe et Oracle
02:33qui indéniablement a de vrais soucis financiers.
02:35Dans un instant, nous parlerons avec Julien Léguenouk de Amazon,
02:39qui était en baisse de plus de 10% hier soir après la publication de ses résultats.
02:44Mais ce qui est intéressant aujourd'hui, Christopher Dembic,
02:47c'est le marché de l'emploi qui se dégrade aux États-Unis
02:50et un lien justement entre les résultats de ces méga techs et le marché de l'emploi.
02:55Encore hier, Amazon a annoncé finaliser la suppression de 10% de ses effectifs dans les bureaux.
03:00Très clairement, l'intelligence artificielle, etc.,
03:03ça commence à avoir un impact sur le marché de l'emploi aux États-Unis.
03:07Alors, l'étude Challenger qui est intéressante
03:09parce qu'elle donne les principales raisons qui sont évoquées pour les licenciements,
03:14qui portaient en tout cas jusqu'à octobre l'année dernière,
03:18montraient que l'IA avait un impact encore assez marginal.
03:21En revanche, effectivement, sur l'intégralité, j'insiste, de l'économie américaine.
03:25Quand on rentrait dans le détail, effectivement, en revanche,
03:27on voyait que sur les entreprises qui étaient le plus tournées vers la technologie,
03:31évidemment, l'IA remplaçait beaucoup plus rapidement et justifiait des licenciements.
03:35On est sur un marché du travail aux États-Unis, dans tous les cas, qui est en fin de cycle.
03:38C'est très clair, même si la Fed va continuer de baisser les taux.
03:41Vous allez avoir bien évidemment, et on commence à deux plans,
03:44plus le mesurer, l'enquête Challenger va être le bon indicateur,
03:47l'effet très clair de l'influence de l'IA.
03:49Mais on n'est pas non plus à des niveaux qui sont inquiétants.
03:52Pour moi, finalement, ce ralentissement du marché du travail aux États-Unis,
03:55c'est une bonne nouvelle parce que ça veut dire qu'au mois de mars,
03:57sans surprise, on va avoir une baisse des taux de 25 points de base.
04:01Ça pourrait calmer un tout petit peu le marché qui va être très fébrile.
04:04Ça va accroître la liquidité.
04:06Je pense qu'on est dans une période où il y a bien sûr un peu d'incertitude,
04:09et comme en début d'année.
04:10Mais je reste convaincu que l'économie américaine va bien s'en sortir.
04:13Si vous regardez le consensus Bloomberg des économistes
04:16entre fin 2025 et quasiment aujourd'hui,
04:21vous aviez toujours à peu près le même schéma des dernières années,
04:23c'est-à-dire le consensus est quand même très optimiste pour la zone euro,
04:27moins pour les États-Unis.
04:28Et finalement, dès le mois de janvier, on révise à l'inverse.
04:31On renverse la situation.
04:32Finalement, c'est les États-Unis qui vont mieux s'en sortir.
04:34Donc pour moi, je reste convaincu que ce serait une bonne année
04:36pour l'économie américaine
04:38et qu'il ne faut pas encore s'inquiéter sur le marché du travail.
04:41C'est une opportunité pour avoir une baisse des taux.
04:44Nous, chez PICT, on tape sur deux points de base,
04:47deux, pardon, baisses de taux de 25 points de base chacune,
04:50donc 50 points de base sur ce semestre.
04:53On ne pense pas justement que le nouveau président de la Fed
04:55va fondamentalement changer la donne en termes de dynamique.
04:58Et la dégradation du marché de l'emploi profite à court terme
05:01au marché obligataire avec une nette détente hier,
05:05que ce soit sur les taux courts et également sur les taux longs,
05:07à l'image du disant américain qui est ce matin à 4,19 contre 4,27 mercredi.
05:13Un dernier mot sur la situation en Europe.
05:16Hier, la BCE a laissé ses taux inchangés.
05:18Alors, si un consensus tente de se former autour de baisses de taux aux États-Unis,
05:22c'est beaucoup moins clair en Europe en ce qui concerne la BCE, Christopher ?
05:26Oui, il y a quand même un débat, est-ce qu'il faut aller un tout petit peu plus loin ?
05:30Ma conviction, c'est que même si la BCE va plus loin
05:34et qu'on n'est pas un taux terminal de 2%, disons 1,75%,
05:38est-ce que ça changera la donne en termes de dynamique macroéconomique ?
05:41Et je ne vois surtout pas aussi la BCE surréagir.
05:45C'est quand même une banque centrale qui n'a pas tendance à le faire.
05:47On commence à voir notamment des bons indicateurs allemands
05:50qui sont liés au plan de relance qui avait été annoncé il y a un an de cela.
05:53Bon, il faut être très clair, l'Allemagne avait commencé à dépenser en fin d'année 2025.
05:58Donc, c'est normal qu'il y ait ce décalage temporel.
06:00Donc, je ne vois pas particulièrement la BCE surréagir.
06:03Moi, je reste convaincu, sur toute l'année, on devrait être sur un taux terminal à 2%.
06:06Bien sûr, le marché s'inquiète, de la hausse de l'euro,
06:09même si ça s'est un peu téné ces derniers jours,
06:11de tous ces sujets-là qui pourraient inciter la BCE.
06:13Mais elle a toute fin, elle a quand même une vision très longue, thermiste,
06:17comparée à d'autres banques centrales.
06:18Donc, je doute que ça change complètement la donne.
06:20Merci beaucoup, Christopher.
06:22Christopher Demby, qui est conseiller en stratégie d'investissement
06:24chez PICT Asset Management et qu'on retrouve également tout à l'heure à 11h,
06:27pour tout pour investir.
06:29Quel sera le programme, Christopher, tout à l'heure ?
06:31Deux thèmes centraux.
06:32On va parler des fonds spéculatifs.
06:34Ils ont un rôle extrêmement majeur sur les marchés financiers.
06:37Je le rappelle, sur les actions.
06:38Notamment, c'est quasiment 20-25% des volumes qui sont liés juste à des fonds spéculatifs.
06:42Donc, ça peut créer des mouvements erratiques, comme on le connaît à l'heure actuelle.
06:45Et on aura aussi un focus sur les grands risques géopolitiques
06:48qui vont avoir un impact sur le marché cette année.
06:52Voilà la masterclass, tout pour investir, avec Christopher Demby,
06:55tout à l'heure au programme, 11h midi.
06:57Et puis, bien sûr, à 10h, vous retrouvez les experts avec Raphaël Lejean.
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