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  • il y a 1 semaine
Ce vendredi 6 février, le marché technologique américain en perte de vitesse, la dégradation du marché de l'emploi aux États-Unis, et la BCE qui a laissé ses taux inchangés, ont été abordés par Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00– Christopher Demby qui est conseiller en stratégie d'investissement chez Piquet Asset Management.
00:05Bonjour Christopher, merci de nous accorder quelques minutes ce matin.
00:09Dans un instant, nous reviendrons sur la BCE qui a laissé ses taux inchangés,
00:13sur la nette dégradation du marché de l'emploi aux Etats-Unis,
00:15mais oui quand même un mot sur la tech américaine,
00:18le marché qui est un petit peu perdu, notamment en ce qui concerne le segment des softwares.
00:22Le Nasdaq perd désormais 4,5% en l'espace de trois séances.
00:26– On est vraiment effectivement sur un excès pessimiste concernant les softwares.
00:33La réalité c'est effectivement, comme chaque début d'année,
00:36vous avez des interrogations sur qui vont être les gagnants et les perdants en termes de secteur de l'IA.
00:41Cette année, c'est très clairement le secteur logiciel qui en fait les frais.
00:44Et ce qui montre qu'on est sur une phase d'excès, c'est que tout le monde est dans le même bateau.
00:48C'est-à-dire si on regarde par exemple une valeur comme Oracle,
00:51qui a très clairement quand même des difficultés financières,
00:53et on voit que les banques américaines ne veulent pas lui prêter,
00:55où c'est assez légitime effectivement que cette valeur baisse.
00:58Une autre comme Adobe, en revanche, ils ont annoncé récemment des bons résultats,
01:02ils ont une croissance attendue des ventes de 9% cette année,
01:05un ratio cours sur bénéfice prévisionnel qui est quand même extrêmement attrayant,
01:09on est juste à 12.
01:10Donc là en revanche, c'est un peu incompréhensible d'avoir un cours
01:13qui a quasiment chuté de plus de 20% depuis le début de l'année.
01:16À mon avis, le problème qu'on a aujourd'hui au niveau de la judiciaire,
01:19c'est qu'une grande partie du marché n'a pas complètement compris,
01:23en tout cas il y a une vraie méconnaissance de ce qui est l'IA gentil.
01:26Concrètement, c'est quoi ? C'est des systèmes d'IA,
01:29ils sont capables d'agir de manière autonome et proactive,
01:31et surtout lorsqu'on leur a fixé des objectifs déjà très clairs.
01:36Et évidemment, le marché considère que les logiciels sont voués à disparaître dans ce cadre-là.
01:41Si on regarde dans le détail, il y aura bien sûr une recomposition de la chaîne de valeur,
01:44et c'est complètement normal, mais ça concerne tous les secteurs d'activité.
01:48En revanche, des grands noms comme SAP ou encore Salesforce,
01:52ça reste des systèmes de logiciels centraux qui stockent des données critiques.
01:56A priori, en tout cas, ils ne vont pas être amenés à être remplacés par l'IA,
02:00mais plutôt avoir une brique IA qui est intégrée, qui fera que ça performe mieux.
02:04Moi, je pense que le vrai sujet pour les logiciels, en termes de remplacement concret par l'IA,
02:08c'est plus tout ce qui concerne les interfaces de travail,
02:11Zoom qui est très popularisé avec la Covid,
02:13typiquement, ça peut être complètement disrupté par l'IA.
02:15Donc, il faut faire le pour et le contre.
02:17Alors, bien sûr, on peut avoir raison sur le papier.
02:20Après, le marché peut rester irrationnel très longtemps.
02:22Donc, ça ne veut pas dire aujourd'hui que ça constitue notamment des points d'entrée.
02:25Mais à mon avis, on est vraiment sur un excès.
02:27Et comme je vous le disais, le meilleur exemple,
02:29c'est de voir qu'on a dans le même bateau une belle société comme Adobe et Oracle
02:33qui indéniablement a de vrais soucis financiers.
02:35Dans un instant, nous parlerons avec Julien Léguenouk de Amazon,
02:39qui était en baisse de plus de 10% hier soir après la publication de ses résultats.
02:44Mais ce qui est intéressant aujourd'hui, Christopher Dembic,
02:47c'est le marché de l'emploi qui se dégrade aux États-Unis
02:50et un lien justement entre les résultats de ces méga techs et le marché de l'emploi.
02:55Encore hier, Amazon a annoncé finaliser la suppression de 10% de ses effectifs dans les bureaux.
03:00Très clairement, l'intelligence artificielle, etc.,
03:03ça commence à avoir un impact sur le marché de l'emploi aux États-Unis.
03:07Alors, l'étude Challenger qui est intéressante
03:09parce qu'elle donne les principales raisons qui sont évoquées pour les licenciements,
03:14qui portaient en tout cas jusqu'à octobre l'année dernière,
03:18montraient que l'IA avait un impact encore assez marginal.
03:21En revanche, effectivement, sur l'intégralité, j'insiste, de l'économie américaine.
03:25Quand on rentrait dans le détail, effectivement, en revanche,
03:27on voyait que sur les entreprises qui étaient le plus tournées vers la technologie,
03:31évidemment, l'IA remplaçait beaucoup plus rapidement et justifiait des licenciements.
03:35On est sur un marché du travail aux États-Unis, dans tous les cas, qui est en fin de cycle.
03:38C'est très clair, même si la Fed va continuer de baisser les taux.
03:41Vous allez avoir bien évidemment, et on commence à deux plans,
03:44plus le mesurer, l'enquête Challenger va être le bon indicateur,
03:47l'effet très clair de l'influence de l'IA.
03:49Mais on n'est pas non plus à des niveaux qui sont inquiétants.
03:52Pour moi, finalement, ce ralentissement du marché du travail aux États-Unis,
03:55c'est une bonne nouvelle parce que ça veut dire qu'au mois de mars,
03:57sans surprise, on va avoir une baisse des taux de 25 points de base.
04:01Ça pourrait calmer un tout petit peu le marché qui va être très fébrile.
04:04Ça va accroître la liquidité.
04:06Je pense qu'on est dans une période où il y a bien sûr un peu d'incertitude,
04:09et comme en début d'année.
04:10Mais je reste convaincu que l'économie américaine va bien s'en sortir.
04:13Si vous regardez le consensus Bloomberg des économistes
04:16entre fin 2025 et quasiment aujourd'hui,
04:21vous aviez toujours à peu près le même schéma des dernières années,
04:23c'est-à-dire le consensus est quand même très optimiste pour la zone euro,
04:27moins pour les États-Unis.
04:28Et finalement, dès le mois de janvier, on révise à l'inverse.
04:31On renverse la situation.
04:32Finalement, c'est les États-Unis qui vont mieux s'en sortir.
04:34Donc pour moi, je reste convaincu que ce serait une bonne année
04:36pour l'économie américaine
04:38et qu'il ne faut pas encore s'inquiéter sur le marché du travail.
04:41C'est une opportunité pour avoir une baisse des taux.
04:44Nous, chez PICT, on tape sur deux points de base,
04:47deux, pardon, baisses de taux de 25 points de base chacune,
04:50donc 50 points de base sur ce semestre.
04:53On ne pense pas justement que le nouveau président de la Fed
04:55va fondamentalement changer la donne en termes de dynamique.
04:58Et la dégradation du marché de l'emploi profite à court terme
05:01au marché obligataire avec une nette détente hier,
05:05que ce soit sur les taux courts et également sur les taux longs,
05:07à l'image du disant américain qui est ce matin à 4,19 contre 4,27 mercredi.
05:13Un dernier mot sur la situation en Europe.
05:16Hier, la BCE a laissé ses taux inchangés.
05:18Alors, si un consensus tente de se former autour de baisses de taux aux États-Unis,
05:22c'est beaucoup moins clair en Europe en ce qui concerne la BCE, Christopher ?
05:26Oui, il y a quand même un débat, est-ce qu'il faut aller un tout petit peu plus loin ?
05:30Ma conviction, c'est que même si la BCE va plus loin
05:34et qu'on n'est pas un taux terminal de 2%, disons 1,75%,
05:38est-ce que ça changera la donne en termes de dynamique macroéconomique ?
05:41Et je ne vois surtout pas aussi la BCE surréagir.
05:45C'est quand même une banque centrale qui n'a pas tendance à le faire.
05:47On commence à voir notamment des bons indicateurs allemands
05:50qui sont liés au plan de relance qui avait été annoncé il y a un an de cela.
05:53Bon, il faut être très clair, l'Allemagne avait commencé à dépenser en fin d'année 2025.
05:58Donc, c'est normal qu'il y ait ce décalage temporel.
06:00Donc, je ne vois pas particulièrement la BCE surréagir.
06:03Moi, je reste convaincu, sur toute l'année, on devrait être sur un taux terminal à 2%.
06:06Bien sûr, le marché s'inquiète, de la hausse de l'euro,
06:09même si ça s'est un peu téné ces derniers jours,
06:11de tous ces sujets-là qui pourraient inciter la BCE.
06:13Mais elle a toute fin, elle a quand même une vision très longue, thermiste,
06:17comparée à d'autres banques centrales.
06:18Donc, je doute que ça change complètement la donne.
06:20Merci beaucoup, Christopher.
06:22Christopher Demby, qui est conseiller en stratégie d'investissement
06:24chez PICT Asset Management et qu'on retrouve également tout à l'heure à 11h,
06:27pour tout pour investir.
06:29Quel sera le programme, Christopher, tout à l'heure ?
06:31Deux thèmes centraux.
06:32On va parler des fonds spéculatifs.
06:34Ils ont un rôle extrêmement majeur sur les marchés financiers.
06:37Je le rappelle, sur les actions.
06:38Notamment, c'est quasiment 20-25% des volumes qui sont liés juste à des fonds spéculatifs.
06:42Donc, ça peut créer des mouvements erratiques, comme on le connaît à l'heure actuelle.
06:45Et on aura aussi un focus sur les grands risques géopolitiques
06:48qui vont avoir un impact sur le marché cette année.
06:52Voilà la masterclass, tout pour investir, avec Christopher Demby,
06:55tout à l'heure au programme, 11h midi.
06:57Et puis, bien sûr, à 10h, vous retrouvez les experts avec Raphaël Lejean.
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