- il y a 2 jours
Ce vendredi 6 février, Charles-Henry Monchau, Chief Investment Officer de la Bank Syz, et Sylvain Goyon, gérant actions de Montpensier-Arbevel, ont échangé leurs points de vue sur la rentabilisation de l'IA vers les valeurs de l'économie traditionnelle, et le gain de 1% du CAC40 sur la semaine, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00Vous avez l'habitude de ce rendez-vous, chaque matin deux acteurs de marché nous accompagnent,
00:06avec à distance aujourd'hui Charles-Henri Monchaud qui est le chef des investissements de la banque CISE depuis Genève.
00:11Bonjour Charles-Henri Monchaud, merci d'être avec nous ce matin.
00:14En plateau, Sylvain Goyon qui est gérant actions chez Montpensier Arbevel.
00:18Bonjour Sylvain, merci également d'être là.
00:21Beaucoup d'actualités à traiter ce matin.
00:24Bon là on voit quand même que le CAC 40 fait une petite pause,
00:26néanmoins on gagne plus de 1% depuis le début de la semaine, ou presque 8188 points.
00:32Assez intéressant de voir qu'on a souvent reproché au CAC 40 d'être pauvre en valeur technologique.
00:38Bon pour une fois c'est favorable pour les indices européens.
00:40Oui, là très clairement, je pense que là...
00:43Vous n'avez pas vraiment posé la question Etienne, mais la réponse est dans cette question qui n'a pas été posée.
00:48Effectivement la pauvreté relative en valeur technologique du CAC 40 nous défend,
00:54et on voit qu'on peut en profiter sur un plan relatif avec la vague de retour que l'on a avec tous les doutes
00:59sur la rentabilisation de l'IA vers les valeurs de l'économie traditionnelle.
01:04Rotation sectorielle qui est très forte, ça profite à l'Europe, ça profite également aux valeurs défensives,
01:10ça profite à la vieille économie.
01:11Alors quand vous regardez le Dow Jones, certes hier on était sur une baisse de 1%,
01:15mais en début de semaine c'était le retour des matières premières,
01:19c'était le retour de la santé, des biens de consommation,
01:22avec des gros doutes, Charles-Henri Monchot, sur l'intelligence artificielle.
01:27On en parlait il y a une quinzaine de minutes avec l'un de vos confrères
01:29qui est également installé à Genève, Julien Léguenouk.
01:32C'est vrai que cette mise à jour de Claude, le logiciel développé par Anthropix,
01:38jette un petit peu un pavé dans la mare.
01:40Oui, alors ça peut paraître même contradictoire parce que d'un côté,
01:46ce nouveau Claude Opus 4.6 qui est en mesure d'être complètement disruptif
01:53pour des segments comme par exemple le légal ou bien même l'analyse financière
01:58prouve que l'IA ça marche bien.
02:01Et alors même qu'il y a cette preuve comme quoi l'IA ça peut très bien marcher
02:05avec toutes les conséquences négatives pour le secteur des logiciels par exemple
02:08qui est en train de complètement s'écrouler.
02:10Vous avez les hyperscalers, donc les Amazon, Alphabet, etc.
02:16qui viennent avec de très bons résultats mais qui annoncent également
02:19des dépenses d'investissement colossales et c'est ce qui ne plaît pas au marché.
02:23Alors ça peut paraître un peu contradictoire parce que quelque part,
02:25si l'IA marche si bien et est capable de remplacer certains segments,
02:30c'est assez logique que des hyperscalers dépensent autant.
02:33Mais je pense que les doutes du marché sont relativement bien fondés.
02:37C'est d'ailleurs une vue qu'on a développée depuis plusieurs mois en disant
02:39attention, on est passé d'un stade où les 7 magnifiques qui étaient auparavant
02:46faibles en termes d'intensité capitalistique, c'est-à-dire qu'elles ne dépensaient pas
02:51énormément par rapport à leur cash flow, dépensent de plus en plus.
02:54Ça veut dire aussi moins de rachats d'actions, plus de risques sur le futur
02:58et ça, ça comprime les multiples évaluations.
03:02Donc c'est assez logique ce qui est en train de se passer.
03:04Et effectivement, c'est un rebalancement sectoriel, rebalancement de style qui profite
03:09à ce qu'on appelle l'économie ancienne.
03:12Pour l'instant, il y a encore beaucoup de questions sans réponse.
03:15Sylvain Goyon, est-ce que le marché a tort ou a raison de jeter un petit peu
03:18par la fenêtre certaines valeurs ?
03:20C'est peut-être un petit peu trop tôt pour le dire.
03:22Vous qui suivez notamment le secteur de la santé, c'est vrai qu'il y a beaucoup
03:26d'attentes, beaucoup de modélisations d'intelligence artificielle qui risquent là
03:30aussi de changer la donne ? Comment en tant que gérant, on s'adapte un petit peu
03:33à ce contexte de marché qui est très volatile, avec des réactions qui sont très fortes ?
03:38On a certaines valeurs qui font plus 10, moins 10 en l'espace d'une journée.
03:42Non, non, tout à fait, c'est un vrai point.
03:46En fait, j'ai envie de dire que ce n'est pas un comportement qui est inédit sur les marchés.
03:50Quelque part, en fait, on se rend compte que lorsqu'il y a des thématiques très puissantes,
03:53très transversales qui émergent, on est pratiquement dans un scénario hollywoodien.
03:57C'est-à-dire qu'en fait, les choses démarrent assez calmement, puis il y a une accélération.
04:01Et à un moment donné, il y a presque une croyance sur le fait que la tendance qui émerge
04:05va remplacer énormément de choses qui existent.
04:07Ça, c'est l'euphorie maximale.
04:08Et on se rend compte qu'en fait, le monde est plus complexe que ça.
04:11Regardez ce qui s'est passé sur les GLP dans l'obésité.
04:13À un moment donné, on pensait que ça pouvait remplacer plein de catégories de médicaments.
04:17Nouveau Nord, ce qui était à 1070 couronnes, aujourd'hui, on est à peine à 300.
04:20Donc, ce n'est pas exactement la même chose.
04:22Sur l'IA, c'est la même chose.
04:23Je crois qu'en fait, il n'y a pas de débat sur le fait que l'IA, ça fonctionne et que ça fonctionne bien.
04:28La question du marché, à l'heure actuelle, selon nous, c'est beaucoup plus où sont les gains de l'IA ?
04:34En fait, tout le monde nous dit, l'IA, on n'a pas attendu, on a mis en place des choses, on fait des choses, et ainsi de suite.
04:39Mais pour le moment, en fait, on n'en voit pas la traduction véritable dans les chiffres de cash flow ou dans la rentabilité.
04:45Et toutes les sociétés qui mettent en place des solutions de ce type, mais sans montrer encore, sur le plan des résultats, qu'il y a une traduction concrète et financière,
04:55eh bien, en fait, ils sont punis.
04:57Peut-être trop sévèrement.
04:58La question, aujourd'hui, c'est très difficile, effectivement, de le déterminer.
05:01Mais ça, on le voit assez bien.
05:03Et d'ailleurs, c'est assez marrant parce que, par exemple, Apple, qui n'a pas investi massivement, Apple est en hausse.
05:08Tous ceux qui investissent massivement sont plutôt, effectivement, en baisse.
05:11Et donc, quand on regarde, on parlait du secteur du logiciel, du SaaS, ou ainsi de suite, on adorait le SaaS.
05:16C'était reproductibilité, effet de levier, et ainsi de suite.
05:20Mais qu'est-ce qu'on voit, là ? Qu'est-ce qui se passe dans les chiffres ?
05:23On parlait de Claude et Anthropique.
05:25Quand on regarde les chiffres de Gartner, quand on regarde, en fait, ce que la croissance, je dirais, du SaaS,
05:30une année sur l'autre, en 2025, c'est à peu près 55 milliards de plus.
05:33Sur ces 55 milliards de plus, un acteur neuf comme Anthropique, en fait, a réalisé 9 milliards de ventes.
05:39Ils étaient à 1 milliard l'année d'avant.
05:41Donc, en fait, un seul acteur, aujourd'hui, arrive à capter à lui tout seul 15% de la croissance du SaaS.
05:47Donc, ça fait quand même très peur.
05:48Alors, si on prolonge la ligne droite, effectivement, on peut se dire peut-être que les acteurs en place sont assez mal partis.
05:55L'exemple aujourd'hui à la Bourse de Paris, c'est Dassault Systèmes, qui perd encore plus de 3% sous les 22 euros désormais, 21,96 euros.
06:03C'est vrai qu'à ce stade, Charles-Henri Manchot, dans cette course à l'intelligence artificielle, alors bon, il y a peut-être quelques exceptions,
06:09mais ce sont les semi-conducteurs qui, pour l'instant, profitent de cette méga-tendance, dans le sens où on le voit bien avec Amazon hier soir.
06:15Les méga-investissements font peur.
06:17Le secteur des softwares, comme l'a souligné à l'instant Sylvain Goyon, il y a pas mal de doutes sur une éventuelle disruption.
06:23Comment on vaut chez SIS, qui est une banque suisse, vous jouez cette thématique de l'IA, puisqu'aujourd'hui, on ne peut pas faire sans ?
06:31Oui, exactement, et ça a été très bien mentionné avant, il y a effectivement les gagnants et les perdants.
06:36Donc, dans les perdants, pour l'instant, très clairement, tout ce qui est SaaS semble être un des secteurs qui souffre le plus de l'émergence de l'IA.
06:47On a parlé avant de Claude, Opus 4.6, avec toutes les possibilités que ça amène sur le secteur financier.
06:54Regardez un titre comme Faxet hier, qui a perdu plus de 7%.
06:58Mais vous avez aussi des gagnants, je pense, on le voit déjà dans certains secteurs, où des gains de productivité sont déjà visibles.
07:05Je pense, par exemple, au secteur financier, notamment les grandes banques d'investissement.
07:10On profite déjà, c'est le cas, par exemple, d'un titre comme JP Morgan, qu'on aime bien.
07:14Vous avez aussi le secteur du transport, avec une société comme Uber.
07:18Vous avez le secteur médical, avec notamment des Medtech, qui intègrent déjà des outils IA.
07:24Et puis même Apple, c'est un très bon exemple.
07:25Oui, eux n'ont pas beaucoup dépensé, mais quelque part profitent déjà de l'IA.
07:29Et donc, je pense que c'est ça le challenge, mais ce qui est aussi très intéressant dans cette phase de marché haussier,
07:35parce qu'on a eu une phase de marché haussier aux États-Unis qui était uniquement tirée par quelques titres.
07:40Or que là, effectivement, le vrai travail de sélection de titres est à nouveau très important,
07:46parce que oui, il va y avoir des sociétés, des secteurs qui vont perdre beaucoup,
07:50mais il y en a d'autres qui vont en profiter.
07:51Et je pense que là où j'ai peut-être une lecture un peu différente,
07:55c'est qu'en termes des gains déjà de productivité affichés par l'IA,
07:59c'est qu'on le voit avec certaines sociétés qui en profitent,
08:02mais on le voit aussi au niveau, on va dire, top-down.
08:04Il y a eu les chiffres de productivité aux États-Unis au troisième trimestre,
08:07qu'on n'a pas encore complètement digérés,
08:08mais on a vu cette hausse très importante de 4,9%,
08:12qui est une des plus fortes hausses qu'on a vues depuis des années,
08:15et qui semble indiquer que l'économie est déjà en train, quelque part,
08:19de profiter de ces gains de productivité.
08:21C'est aussi pour ça, d'ailleurs, qu'on a une croissance
08:22sans création d'emplois majeurs aux États-Unis,
08:26ce qui est quand même quelque chose d'assez nouveau.
08:29Donc, on voit qu'il y a des conséquences au niveau micro,
08:33mais aussi au niveau macro.
08:35Du côté de Montpensier, Arbevel, comment vous regardez ce sujet ?
08:38Comment vous allouez un petit peu les portefeuilles ?
08:40Au milieu, en plus, on aura l'occasion d'en reparler dans un instant,
08:43d'une saison de résultats annuels qui est quand même assez contrastée.
08:48Alors, Étienne, on avait déjà eu l'occasion d'en parler.
08:52Nous, on pense qu'une des thématiques majeures sur l'année,
08:55c'est une thématique qui est assez récurrente,
08:57mais cette année plus particulièrement,
08:59c'est de favoriser les sociétés qui vont proposer
09:03la moindre variance associée à leurs résultats futurs,
09:07c'est-à-dire là où on peut avoir le moins de doutes.
09:09Et effectivement, il faut reconnaître qu'on est plutôt sur des secteurs
09:12qui ont jusqu'à présent bien performé.
09:14Ça peut être effectivement le secteur financier
09:16qui a été mentionné juste à l'instant.
09:18Dans la santé, effectivement, aux États-Unis,
09:20on en a parlé, tout azimut, quand on regarde les publications,
09:23c'est un des secteurs, en fait, sur les publications
09:24qui ont été faites jusqu'à présent.
09:28Je crois qu'on a 27 sociétés qui ont battu les attentes
09:30contre deux seulement qui n'ont pas réussi, en fait,
09:32à battre les attentes des chiffres.
09:34Et puis, vous savez, nous, on a une affection particulière
09:37pour les small and mid-cap,
09:38mais il y a une réflexion que je voudrais faire ici.
09:42En fait, pendant longtemps, ce segment de la cote a été délaissé
09:44parce qu'il servait, je dirais, quelque part de funding
09:48pour l'achat des grandes entreprises
09:51qui caracolaient en tête des indices
09:52et qui bénéficiaient du momentum.
09:54Bon, qu'est-ce qu'on constate, là ?
09:56C'est-à-dire que la saison des résultats,
09:56vous l'avez mentionné vous-même,
09:58sur des noms importants, des très grosses capitalisations,
10:01on a des variations de moins 15, moins 17, moins 18.
10:04En fait, précisément, ce que les investisseurs ne voulaient pas avoir
10:07en termes de volatilité en étant sur des petits titres peu liquides.
10:10Or, qu'est-ce qu'on a ?
10:11On a, on sait, une prime en termes de croissance d'earnings
10:14sur ce segment de la cote.
10:16Finalement, on voit que la volatilité,
10:18elle existe aussi sur les grands noms.
10:19Et je me demande si ce n'est pas non plus, finalement,
10:21un argument pour revenir avec intérêt
10:24sur des capitalisations qui peuvent être plus petites,
10:26peut-être plus domestiques et peut-être plus agiles
10:29dans l'adoption, effectivement, aussi de ces nouvelles technologies.
10:31Le segment des small and mid-cap,
10:33qui est notamment très volatile aux États-Unis,
10:35on le voit notamment avec le Russell 2000.
10:37Alors bon, pour nous, en Europe, c'est vrai que le Russell 2000,
10:39ça reste quand même des belles et grosses,
10:42petites et moyennes valeurs.
10:43Cher Henri Monchot, comment vous regardez ce sujet,
10:45vous, des small and mid-cap ?
10:48Oui, ça fait partie des thématiques de rotation
10:50qu'on a mentionnées avant.
10:53Donc, on voit une rotation sectorielle, de style,
10:55mais aussi en termes de taille.
10:57Je pense que l'argument sur l'IA est un très bon argument.
10:59Il y a aussi un argument macro,
11:01c'est qu'on est dans une année d'élections mid-terme aux États-Unis
11:05et donc l'administration Trump fait en sorte
11:08qu'il y a un maximum de stimulus qui aide l'économie domestique,
11:12que ce soit le stimulus fiscal,
11:14également la politique monétaire,
11:16des réglementations financières.
11:18Et tout ça, ça devrait permettre à l'économie domestique
11:22de plutôt bien se comporter.
11:23Donc là, il y a deux effets,
11:25deux vents favorables
11:27pour les petites et moyennes capitalisations boursières
11:29avec aussi une accélération des bénéfices
11:32qui est attendue cette année,
11:33une évaluation qui est plus intéressante
11:35que les grandes capitalisations.
11:36Donc, c'est un segment qu'on a joué
11:38maintenant depuis plusieurs mois
11:40et qui a commencé à payer.
11:43Donc, ça fait partie de nos préférences tactiques,
11:46on va dire, pour l'instant.
11:48À noter qu'il n'y aura pas de rapport
11:49sur l'emploi aujourd'hui.
11:51On est certes le premier vendredi du mois,
11:53mais en raison du shutdown partiel,
11:54la publication est reportée à mercredi prochain.
11:57En attendant ces chiffres officiels,
11:59cher Henri Monchot,
12:00il faut se contenter de différentes statistiques,
12:03que ce soit le nombre d'emplois vacants,
12:05les inscriptions à MADR au chômage
12:07ou encore le rapport de l'entreprise Challenger
12:09qui est spécialisé notamment
12:11dans le reclassement professionnel.
12:13En tout cas, à ce stade,
12:14quand vous recoupez ces données
12:15et les données des entreprises
12:16qui sont en train de publier leurs résultats,
12:18il y a très clairement un marché de l'emploi
12:20qui cale aux États-Unis.
12:21Oui, et il y a une raison évidemment
12:25qui est conjoncturelle,
12:26c'est qu'il y a un marché de l'emploi
12:28qui est en train de ralentir
12:29depuis plusieurs mois,
12:31également structurel,
12:32avec l'arrivée de l'IA
12:34qui fait que beaucoup d'entreprises,
12:36pour l'instant,
12:37ne remplacent pas forcément
12:38des gens qui partent
12:39ou en tout cas ne créent pas
12:40de nouveaux emplois.
12:42Cela étant,
12:43on aime bien regarder le côté positif,
12:45c'est que c'est un marché de l'emploi
12:46qui ralentit,
12:47mais qui n'est pas en train
12:47de s'effondrer.
12:49Regardez par exemple
12:49les jobless claims,
12:50les continuing claims
12:51sont restés relativement,
12:55sont à des niveaux
12:56qui sont plutôt bas.
12:57Et puis,
12:58le corollaire positif de tout ça,
12:59ça veut dire qu'il y a moins
13:00de pression à la hausse
13:02sur les salaires,
13:03et donc ça,
13:04ça devrait aider
13:05la réserve fédérale américaine
13:06à potentiellement
13:07continuer à baisser
13:08les taux d'intérêt
13:08cette année.
13:09Donc c'est un peu
13:10ce qu'on appelle
13:11le Goldilocks,
13:12c'est-à-dire que oui,
13:13le marché de l'emploi ralentit
13:15et c'était nécessaire,
13:16mais de l'autre côté,
13:16il ne s'effondre pas
13:17et donc ce n'est pas
13:18trop pénalisant
13:19pour la croissance,
13:20mais ça permet
13:21à la réserve fédérale américaine
13:22de baisser les taux.
13:23Et le marché obligataire
13:24qui anticipe très clairement
13:25ces baisses de taux
13:26avec notamment une détente hier,
13:28que ce soit du 2 ans
13:29mais également du 10 ans américain.
13:30Nous étions à 99 hier soir
13:32sur ce fameux 10 ans américain.
13:35Sylvain Goyon,
13:37c'est vrai qu'on va revenir
13:38à ce sujet
13:38dans les prochaines semaines
13:39une fois que les résultats
13:40d'entreprise seront passés
13:41sur le prix de l'argent,
13:44quelles seront les baisses
13:44de taux à venir,
13:45d'autant plus que Kevin Ward
13:46doit arriver normalement
13:48à la Fed en milieu d'année.
13:49Oui, absolument.
13:51Alors en fait,
13:51je vois qu'on a à l'écran
13:53le rendement du 10 ans
13:55aux Etats-Unis
13:56et c'est intéressant
13:58parce que c'est plutôt
13:59quelque chose que nous,
13:59on a tendance à défendre
14:00sur le court terme.
14:02Voilà une façon
14:02de se protéger aussi
14:03dans ce marché
14:04qui est assez incertain.
14:06Pour quelles raisons ?
14:07Vous avez mentionné
14:08Kevin Warsh.
14:09On sait en fait
14:10qu'il a probablement
14:11eu le job
14:12parce qu'il a plutôt
14:13une vision assez positive
14:14quant à la baisse
14:15des taux courts de la courbe.
14:16La Fed ne contrôle
14:17que cette partie-là
14:18de la courbe
14:18mais on peut imaginer
14:19que par des effets
14:20de translation,
14:21la partie longue
14:22également bénéficie
14:23de cette baisse de taux
14:23et donc ça veut dire
14:24une appréciation
14:25du 10 ans US.
14:26Donc à court terme,
14:27je dirais que cette fébrilité
14:28que l'on a
14:28qui vient des chiffres
14:30macro et qui vient
14:31également effectivement
14:32de tous les effets
14:33qu'on a mentionnés
14:34de bord de l'IA
14:36peut éventuellement
14:37se trouver
14:38edgé
14:39via une exposition
14:40du côté
14:41du 10 ans US.
14:43Quant à l'Europe,
14:44le débat est ouvert.
14:45On a vu que
14:45le Conseil des Gouverneurs
14:49unanimement
14:50a voté
14:50en fait
14:51pour le maintien des taux.
14:52On voit qu'on a
14:52des situations
14:53extrêmement différentes
14:54et disparates
14:54au niveau des différents
14:55pays européens.
14:56On a bien vu
14:56qu'en France,
14:57on a une inflation
14:58la plus faible
14:58avec tout ce qui est
14:59Grèce et Chypre.
15:00C'est sûr que les taux
15:01réels chez nous
15:01sont très élevés.
15:02On mériterait peut-être
15:03bien effectivement
15:04d'avoir une baisse de taux.
15:05Pour le moment,
15:06ça n'a pas l'air d'être
15:07dans l'air du temps
15:08mais j'ai le sentiment
15:09quand même que le sentiment
15:09de marché a l'air
15:10de laisser une petite place
15:11maintenant à une baisse de taux
15:12peut-être dans l'année.
15:14C'est trop tôt encore
15:15pour le dire.
15:16Et aux États-Unis,
15:17on voit que ce que price
15:18les futurs,
15:19c'est plutôt deux baisses
15:19de taux pour l'ensemble
15:21de l'année.
15:21La BCE,
15:22Christine Lagarde,
15:28le mot de la fin,
15:29Charles-Henri Manchot,
15:31vos attentes,
15:32vos perspectives
15:32pour la BCE,
15:34vous anticipez quoi ?
15:35Un statut quo
15:35des baisses de taux
15:36pour cette année
15:37voire même une hausse de taux ?
15:38Aujourd'hui,
15:38il n'y a pas vraiment
15:39de consensus qui se forme.
15:42Ça me semble compliqué
15:42d'anticiper une hausse de taux
15:44avec une inflation
15:45qui est plutôt en train
15:46de baisser.
15:47Les effets,
15:48on va dire,
15:49pervers d'un euro
15:50qui a été peut-être
15:52trop fort.
15:54Donc,
15:54je pense que pour l'instant,
15:55on est aligné
15:55avec le consensus,
15:56c'est-à-dire potentiellement
15:57pas de baisse de taux
15:58cette année,
15:58pas de hausse.
15:59Mais j'ai envie de dire
16:00que le risque
16:01est plutôt à la baisse de taux
16:02qu'à la hausse de taux,
16:04surtout si on a un dollar
16:06qui reste trop fort
16:07trop longtemps.
16:08Avec un euro-dollar
16:09qui est toujours proche
16:10des 1,18,
16:111,17,
16:111,90 ce matin.
16:12Merci beaucoup,
16:13Charles-Henri Manchot,
16:14en direct depuis Genève,
16:15chef des investissements
16:16de la Banque Cise
16:17et en plateau,
16:17Sylvain Goyon,
16:18gérant action
16:19chez Montpensier Arbevel.
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