- il y a 22 heures
Retrouvez le débrief de l'actu du vendredi 6 février, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00On commence avec quoi ? Avec les cryptos quand même ?
00:02On a touché les 60 000 dollars cette nuit, est-ce que ça vous fait peur ?
00:06Est-ce qu'il y a un krach ? Est-ce que c'est juste une petite chute et que c'est normal ?
00:09C'est un actif risqué ?
00:10Non, c'est un krach, un krach 50% de baisse.
00:12C'est quand même un krach incroyable.
00:14Non, ce que je trouve passionnant dans ce qui est en train de se passer sur les cryptos,
00:17mais ce qui s'est passé aussi sur l'or, ce qui se passe sur l'argent,
00:20c'est qu'on voit la formation et l'explosion des bulles.
00:24Et on a toutes les conditions à chaque fois,
00:25c'est-à-dire qu'au début, on a une institutionnalisation de l'actif.
00:30Alors on dit « ça y est, c'est génial, Wall Street a adopté les cryptos. »
00:34Actif refuge même.
00:35Oui, alors actif refuge, ça a été éliminé complètement,
00:39puisqu'on a bien vu qu'au moment où on était dans la plus grande agitation,
00:43le bitcoin n'a pas joué son rôle, alors que l'or a joué son rôle à un moment.
00:46Ce qui est surtout intéressant, c'est de voir qu'on a toujours le même phénomène de formation des bulles,
00:51c'est-à-dire tous les particuliers qui se ruent dessus.
00:53C'est devenu un peu, alors c'est amusant, parce que le bitcoin était censé remplacer l'or,
01:00et puis l'or est devenu le bitcoin du bitcoin,
01:02c'est-à-dire que les particuliers se sont rués sur l'or,
01:05comme ils se sont rués avant sur le bitcoin,
01:07en disant finalement « le bitcoin ça ne marche pas, ça perd au 35 ou 40% »
01:11et ils ont découvert qu'il y avait un actif dont le stock était fini,
01:16c'était la définition du bitcoin, le stock fini,
01:19qui était extrêmement volatile.
01:20Et puis Wall Street a fait son job, c'est-à-dire que Wall Street a créé des produits à effet de levier.
01:26Et ça, c'est le début de la fin.
01:28Pourquoi ? Parce que les produits à effet de levier, ça permet, comme vous le savez,
01:31en mettant 5, de jouer sur 100.
01:33Le problème, c'est que quand vous perdez, vous ne perdez pas sur 5, vous perdez sur 100.
01:36Et donc on a eu le phénomène que les Américains commandent ce matin,
01:40en disant le « deleveraging », c'est-à-dire l'évolution de l'effet de levier,
01:45l'effet de levier à l'envers, vous avez des bitcoins, vous avez acheté, vous avez mis 5,
01:50vous avez des bitcoins à 100, ça perd 5%, on liquide votre position,
01:54et puis ainsi de suite, et il y a un effet d'entraînement.
01:57Alors il y avait un commentaire que j'ai vu ce matin, que j'ai trouvé passionnant,
02:01qui disait en fait le bitcoin, l'or, se sont vendus sur l'idée que les stocks étaient extrêmement limités,
02:07et donc que le prix devait augmenter.
02:08C'est vrai, non ?
02:09Alors c'est vrai, sauf qu'à partir du moment où on crée des instruments à effet de levier,
02:13le stock, il est démultiplié, il devient illimité,
02:18et puis surtout à partir du moment où vous créez les instruments institutionnels sur le bitcoin,
02:23vous pouvez l'acheter, mais vous pouvez aussi le vendre.
02:26Et à partir de là, ça devient un actif qu'on peut acheter ou vendre de façon très spéculative,
02:31et à partir du moment où vous pouvez le vendre,
02:33et que le stock qui était limité, en théorie, devient illimité,
02:38et vous avez ce qu'on a aujourd'hui.
02:40Donc c'est vraiment assez fascinant.
02:41Et pas d'impact de gens qui vont être obligés de vendre leurs obligations américaines
02:44pour pouvoir rembourser leurs leviers ?
02:48Non, pas du tout, parce qu'en fait, c'est deux marchés qui sont complètement différents.
02:51Vous avez d'un côté les acteurs qui ont de l'investissement traditionnel,
02:56eux ont des obligations d'État,
02:58et puis vous avez des acteurs qui jouent sur des produits spéculatifs,
03:02sur le marché spéculatif.
03:04Au contraire, en fait, ça va favoriser les emprunts d'État.
03:07D'ailleurs, on voit les taux américains qui commencent à baisser,
03:10les taux à long terme.
03:11Par contre, ce qu'on voit, c'est que tous les actifs spéculatifs,
03:16qui sont devenus spéculatifs ?
03:17C'est quoi les actifs spéculatifs ?
03:19C'est Amazon, c'est Microsoft, c'est Nvidia,
03:23parce que tous les particuliers en ont maintenant,
03:26c'est l'or, c'est l'argent, c'est le bitcoin,
03:29et en fait, tout ça, on s'aperçoit que tout ça est extrêmement corrélé.
03:31Dès que les particuliers arrivent, la bulle explose.
03:33Oui, sauf, alors c'est intéressant, petit élément,
03:37le seul domaine sur lequel les particuliers sont arrivés
03:40sans que ça ait créé de bulles, c'est le CAC,
03:42parce qu'ils sont rentrés au moment du Covid,
03:44et donc ils ont commencé à gagner de l'argent.
03:46D'habitude, ils arrivent toujours au plus haut,
03:47là, ils sont arrivés au plus bas.
03:49La Banque Centrale Européenne n'a pas touché à ces taux d'intérêt.
03:53Nous étions avec François-Laure de Gallo, il y a quelques instants,
03:56le gouvernement de la Banque de France,
03:58il commence à dire que le change devient un sujet,
04:01même si ça n'est pas dans le mandat,
04:03le fait que le dollar baisse devient un sujet pour la compétitivité européenne.
04:07Mais tout est un sujet, c'est-à-dire que ce que je ne comprends pas,
04:09c'est comme d'habitude,
04:10comme d'habitude, la Banque Centrale n'a pas pécé ces taux,
04:13comme d'habitude, Christine Lagarde nous explique globalement,
04:18elle est très contente, je ne sais pas si vous avez vu,
04:20elle est très contente de ce qu'elle fait,
04:21elle dit c'est fantastique, la politique monétaire est géniale,
04:23la croissance c'est super,
04:25sauf qu'elle ne se rend pas compte qu'on est complètement décalé,
04:28l'emploi est en train de se dégrader,
04:30que la croissance n'est créée que par les déficits budgétaires,
04:35et donc il faut un boost de la politique monétaire.
04:37Il n'y a plus d'inflation, c'est vrai ?
04:39Mais c'est ce qu'on vous dit, c'est ce qu'on dit ici,
04:42Jean-Marc Daniel le dit, je le dis depuis des mois,
04:44il n'y a pas d'inflation, 0,3% d'inflation en France,
04:481,7% d'inflation en zone euro,
04:51alors certes il y a eu l'effet de la baisse des prix énergétiques et du pétrole,
04:55mais ça va continuer,
04:56ça va continuer parce qu'une fois passée la crise iranienne,
04:59et elle va être résolue d'une façon ou d'une autre,
05:01il va y avoir un afflux de pétrole iranien qui va être monstrueux sur les marchés,
05:05et donc le pétrole va perdre encore 10 à 20 dollars,
05:08je vous rappelle que quand on perd 10 dollars sur le pétrole,
05:11on perd 0,4% à peu près sur l'inflation,
05:15c'est juste gigantesque.
05:16Alors j'ai décidé de ne plus m'énerver,
05:18je me suis référé à la chanson de...
05:21Vous attendez une baisse des taux calmement ?
05:23Ouais, calmement, j'ai envie de ne plus m'énerver,
05:26parce que je pense que, bon, voilà,
05:27on s'aperçoit, et Christine Lagarde s'aperçoit,
05:29que le métier d'économiste c'est un métier,
05:32et donc,
05:34pour elle et moi,
05:35j'avais envie de citer, si vous me permettez,
05:37Claude-François.
05:39Oui, parce que je me dis, comme d'habitude,
05:41c'est-à-dire que je me lève,
05:42je la bouscule,
05:44elle ne se réveille pas,
05:45comme d'habitude.
05:47Très bien, l'heure est grave.
05:48J'aurais pu vous le chanter, d'ailleurs.
05:50Non, c'est bon, c'est bon, c'est bon.
05:51On passe à la Banque Centrale Américaine,
05:53avec Kevin Warsh,
05:55qui va arriver,
05:56et c'est clair, son mandat à lui,
05:57c'est de baisser les taux,
05:58Donald Trump l'a redit,
05:59on a des chiffres de l'emploi américain,
06:00on n'a pas les officiels aujourd'hui,
06:01mais on a des données privées
06:02qui ne sont pas bonnes,
06:03a priori, ça serait pour avril,
06:05donc on va avoir une Banque Centrale Américaine,
06:07je vais vous chauffer sur le sujet,
06:09qui va baisser ses taux,
06:10et une Banque Centrale Européenne
06:12qui va garder ses taux.
06:12On l'a dit ici,
06:13on ne va pas répéter,
06:14Jumbo Cuts à partir de mai,
06:16les marchés n'attendent plus
06:18de baisse des taux
06:19sur la Banque Centrale Européenne,
06:21il y en aura au moins deux,
06:23on attendait des petites baisses de taux
06:25sur les Etats-Unis,
06:26il y aura au moins 1 à 1,5%
06:28de baisse des taux cette année,
06:29ce qu'il faut savoir,
06:30c'est que ce qui se passe,
06:32et on va rejoindre le sujet de la bourse,
06:35ce qui se passe,
06:36alors j'arrive plus à trouver les mots,
06:37si c'est historique,
06:38on répète toujours la même chose,
06:40ce qui se passe sur le marché de l'emploi
06:41est juste phénoménal,
06:42c'est-à-dire que je pense
06:43qu'il faut qu'on se réveille tous
06:44en se disant,
06:45l'IA ce n'est pas simplement un gadget
06:47avec lequel on joue au quotidien.
06:49Création d'emploi au plus bas depuis 2020,
06:51destruction au plus haut depuis 2009,
06:53c'est ce que nous disent les données privées.
06:54Il n'y a plus d'oeuvres d'emploi,
06:56il y a des licenciements,
06:59le mot d'ordre dans les entreprises américaines,
07:01c'est no hiring,
07:02c'est-à-dire de faire tout
07:03pour utiliser l'IA
07:04pour ne pas avoir affaire d'embauche,
07:06je vous rappelle un autre chiffre
07:07qui est très préoccupant
07:08et qui montre l'impact de l'IA,
07:10c'est que l'embauche des jeunes diplômés
07:14en premier emploi
07:16est au plus bas historique,
07:18c'est-à-dire qu'aujourd'hui,
07:19on est vraiment dans le cœur du sujet,
07:22alors pour l'instant,
07:23c'est plutôt la digitalisation,
07:25l'automatisation, la robotisation,
07:27mais on commence à avoir l'impact de l'IA
07:30qui commence à produire ses effets
07:32et qui commence à produire ses effets
07:34sur l'emploi.
07:35L'emploi va se dégrader partout dans le monde,
07:39ça c'est une donnée qui est incontournable,
07:41qu'il faut intégrer.
07:42C'est pour ça que ça m'énerve encore plus
07:44sur la Banque Centrale Européenne,
07:45parce que de toute façon,
07:46on n'a pas de poche
07:48pour avoir plus d'emplois dans l'avenir.
07:51Tout à l'heure, vous avez dit
07:52les valeurs spéculatives,
07:53maintenant c'est Amazon
07:54et l'ensemble des...
07:56Quand on voit les montants d'investissement de l'IA,
07:58c'est vraiment spéculatif
07:59ou c'est l'avenir ?
08:03Non, alors, un, est-ce que c'est l'avenir ?
08:05Oui.
08:06Donc il n'y a pas de question,
08:07je suis en train de le dire,
08:08l'IA sur l'emploi, c'est massif.
08:09On a des montants d'investissement
08:10de l'ordre du PIB du Maroc ?
08:12Voilà, alors, un, est-ce que c'est l'avenir ?
08:14La question ne se pose pas.
08:15Est-ce que c'est une révolution industrielle majeure ?
08:18La question ne se pose pas.
08:19Est-ce que ça va toucher l'emploi ?
08:20La question ne se pose pas.
08:21Maintenant, la question qui se pose,
08:23c'est de se dire
08:24quel est le montant qu'il faut investir
08:26et quelle est la rentabilité
08:29du montant qu'on va investir.
08:31Or, ce qu'on sait pertinemment,
08:33c'est que tous ces groupes
08:35sont obligés d'investir.
08:37Google n'a pas le choix,
08:38doit investir 250 milliards de dollars par an.
08:41Amazon doit investir 200 milliards.
08:43Ils n'ont pas le choix.
08:44Malheureusement, on n'a pas besoin
08:46de ces 660 milliards d'investissements
08:50dans l'IA que sont en train de faire
08:51les grands groupes de la tech,
08:52c'est le FT qui donnait le chiffre ce matin.
08:54On n'en a pas besoin parce qu'on sait
08:56que ça ne sera pas rentable pour tous.
08:59Mais ils n'ont pas d'autre choix.
08:59Donc là, c'est l'investissement non rentable.
09:01Ça veut dire qu'en fait,
09:02c'est la différence entre un investissement
09:04et une dépense.
09:05Une dépense, c'est
09:06je suis obligé de le faire,
09:07mais je ne sais pas si ça sera rentable.
09:09Et un investissement,
09:10c'est la partie de la dépense
09:13que je vais faire qui sera rentable.
09:15Sur les 250 milliards
09:16que va dépenser Google,
09:18on sait très bien
09:18qu'il y aura probablement
09:1950 ou 100 milliards seulement
09:20qui seront rentables.
09:22Et donc, on a exactement
09:24ce qui est en train de se passer
09:25dans l'IA.
09:25Moi, je trouve que c'est phénomène
09:26ce qui se passe dans l'IA.
09:27C'est-à-dire que l'IA
09:28qui a tiré la bourse
09:30est en train de la détruire.
09:31Elle la détruit d'une part
09:33parce qu'on fait les calculs
09:34et on se dit qu'ils sont obligés
09:35d'investir de plus en plus.
09:36Ça ne sera pas rentable.
09:37Et surtout, on l'a vu
09:38avec les éditeurs de logiciels.
09:39C'est quand même phénoménal.
09:4050% de baisse
09:42sur le secteur
09:43qui était vraiment
09:44le secteur favori
09:46des groupes
09:47de private equity.
09:48Je rappelle que tous les groupes
09:49de private equity
09:50ont investi massivement
09:52dans les éditeurs de logiciels
09:54et aussi des investisseurs boursiers
09:56sauf que, patatras,
09:58l'IA est en train de détruire
09:59tout le business
10:00des éditeurs de logiciels.
10:02En termes de bourse,
10:02vous misez sur quoi ?
10:03À nous, on est toujours
10:04sur la même idée.
10:05C'est-à-dire qu'il y a
10:06une correction de 10 à 15%
10:08qui est dans les cartes
10:09et qui va se produire
10:10et qui est en train
10:11de se produire.
10:12Si vous aimez Marc Fiorentino,
10:14si vous voulez l'entendre chanter...
10:14Même si vous le détestez.
10:16Oui, si vous le détestez,
10:16mais si vous voulez l'entendre chanter
10:17Claude-François,
10:18c'est ce soir.
10:19Et c'est sûr, je le chante.
10:24En replay, je reviendrai demain.
10:25Je vérifierai si vous tenez vos promesses.
10:27C'est ce soir à 20h sur BFM Business
10:29et bien sûr, en replay et en podcast
10:30n'importe quand vous voulez.
10:32On se retrouve...
10:33Même la nuit ?
10:33Oui, même quand vous voulez.
10:35Même quand vous courrez.
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