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Décarboner son activité est une ambition pour beaucoup d’entreprises, mais le financement reste souvent un frein. Sofiac leur propose une solution innovante : financer les travaux nécessaires et se faire payer grâce aux économies réalisées par le client. Stéphane Le Gentil, directeur général de la société, revient sur ce qui bloque la transition pour différents secteurs d’activité.
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00:00BISMART
00:03Êtes-vous prêt pour l'impact ?
00:05C'est la question que je pose chaque jour
00:07à une personnalité qui compte dans notre économie.
00:10Je reçois aujourd'hui Stéphane Le Gentil.
00:11Bonjour. Bonjour Thomas.
00:13Bienvenue, vous êtes le directeur général de Sofiac France.
00:16C'est quoi Sofiac France ?
00:17Son rôle, ses métiers, ses missions ?
00:19C'est une société qui est là pour aider les entreprises
00:21à décarboner. D'accord.
00:23Si je résume... Par de l'investissement, c'est ça ?
00:25En particulier en prenant en charge l'investissement
00:26qu'elles ne prendront pas en charge
00:29ou qu'elles ne peuvent pas prendre en charge.
00:31L'idée, l'entreprise est née au Québec, c'est ça ?
00:33Oui, l'idée d'origine, c'est née au Québec
00:36il y a à peu près 5-6 ans.
00:38Ça a bien bien marché au Québec.
00:40Et puis, on a décidé de répliquer
00:42la même chose en France.
00:43Nous, on s'est créé et relancé
00:46en 2024, début 2024 en France.
00:48D'accord. Avec quel type d'outil ?
00:49Qu'est-ce que vous proposez ? Si on rentre un petit peu dans le détail.
00:51Nous, ce qu'on va faire, c'est qu'on va aider l'entreprise
00:54à déjà déterminer quel projet
00:56elle peut faire pour décarboner,
00:58pour réduire ses consommations d'énergie.
01:00On va aller voir combien ça coûte
01:01et on lui propose de prendre en charge
01:04l'investissement et aussi
01:05toute la gestion du projet.
01:08Parce que beaucoup d'entreprises,
01:10ce n'est pas leur cœur de métier
01:12de faire de la décarbonation
01:14et donc,
01:15elles n'ont pas forcément le temps, les ressources
01:17et donc, on va prendre ça en charge.
01:19Ok. Et comment vous vous remboursez,
01:21en quelque sorte ? C'est quoi le modèle ?
01:23C'est là où c'est intéressant pour les entreprises
01:25parce que nous, on va payer 100% de l'investissement nécessaire.
01:29Et ensuite, l'entreprise nous rembourse,
01:30une fois que les travaux sont faits,
01:32sur les économies que le projet génère
01:35et sur des durées qui peuvent être très longues
01:37puisqu'on peut aller jusqu'à 15 ans.
01:38D'accord.
01:39Donc, ça ne coûte rien à l'entreprise.
01:40Et en plus, elle ne rembourse qu'en fonction
01:43de la performance et des économies réalisées.
01:46Alors, il y a évidemment des enjeux
01:47qui sont majeurs,
01:49les enjeux de décarbonation
01:50parce qu'on était dans une bonne période
01:53où la France réussissait à faire baisser
01:55très régulièrement ses émissions de CO2.
01:57Bon, c'est un peu moins bien en 2025
01:59par rapport à 2024.
02:01On est à moins 1,6 en 2025
02:02au lieu des 5% qui étaient supposés
02:04par la stratégie nationale bas carbone.
02:06Peut-être une question très générale.
02:08Comment vous l'expliquez ?
02:11Comment vous percevez la période ?
02:14C'est l'instabilité politique
02:15qui a une part d'explication ?
02:18Oui, l'instabilité politique a pas mal joué
02:20parce que les entreprises ont été un peu figées.
02:23C'est-à-dire qu'elles ont arrêté
02:24un peu tous les investissements
02:25et puis surtout les investissements
02:28absolument pas nécessaires
02:29pour le fonctionnement de l'entreprise.
02:32Et donc, la décarbonation,
02:33ce n'est pas forcément nécessaire
02:34pour le fonctionnement de l'entreprise.
02:35Donc, on attend.
02:36On va voir comment ça se passe.
02:38Et donc, il y a eu un peu un trou, je dirais.
02:42Là, aujourd'hui, c'est un peu plus...
02:44C'est reparti.
02:44On voit que de toute façon, il faut...
02:46Il va bien falloir le faire.
02:47Voilà.
02:48Avec une question évidemment centrale
02:50qui est une question des moyens de l'État.
02:52Après un rapport de la Cour des comptes
02:55qui date du mois de septembre dernier,
02:56septembre 2025,
02:58il faut 200 milliards d'euros par an à la France
03:02pour atteindre l'objectif de neutralité carbone en 2050.
03:04On est à plus de 3 500 milliards de dettes
03:09et on a du mal à boucler le budget.
03:10Donc, il y a un principe de base,
03:12c'est que l'État n'y arrivera pas tout seul.
03:13Ah, c'est clair.
03:14Oui.
03:14C'est clair.
03:15Et tout ce qui est subvention aujourd'hui,
03:17ça devient de plus en plus compliqué.
03:19Il y a beaucoup de pression, on l'a vu, sur le budget.
03:22Et donc, il y a des solutions alternatives.
03:24Ce que nous, on propose, c'est justement des alternatives.
03:26C'est du financement privé, si vous voulez,
03:29à la place de tout ce qui pourrait être subvention
03:31ou autre source de financement.
03:33Comment est-ce que ce que vous proposez chez SOFIA,
03:36ça s'articule avec l'action de l'État,
03:39les aides de l'État,
03:40éventuellement parfois les subventions dont vous parliez tout à l'heure ?
03:43En fait, on est un complément.
03:44C'est-à-dire qu'on va aller regarder, évidemment,
03:46quelles subventions on peut avoir.
03:48C'est dommage de ne pas aller les chercher.
03:50Et une fois qu'on a vu quelles subventions on peut obtenir,
03:53nous, on va financer ce qu'on appelle le reste à charge,
03:55c'est-à-dire ce qui reste à payer après les subventions.
03:58Donc, on regarde d'abord toutes les subventions possibles
04:01et nous, on finance le reste.
04:02Est-ce qu'il y a beaucoup d'entreprises
04:03qui ne soupçonnent pas les subventions auxquelles elles vont avoir ?
04:06Oui, oui, oui.
04:07Il y a beaucoup qui sont surprises.
04:09Là, j'ai eu récemment le cas d'une entreprise
04:11qui ne savait pas qu'elle pouvait avoir une subvention significative.
04:14C'était dans le cadre d'une connexion à un réseau de chaleur.
04:18Elle n'était pas du tout au courant.
04:18Et quand on leur a dit, d'un seul coup,
04:20ça a changé radicalement les choses.
04:23Parce que c'est quand même, ça peut être assez compliqué.
04:25Des subventions, il y a pas mal de sources.
04:27On peut aller les chercher sur pas mal de choses.
04:30Et pour une entreprise, ce n'est pas forcément évident à trouver.
04:33Bien sûr.
04:33Ça fait partie de votre expertise aussi ?
04:35Ah oui, oui, tout à fait.
04:36On va s'appuyer sur des partenaires spécialisés
04:39qui sont vraiment spécialisés dans le domaine.
04:42Sur les subventions, vous allez trouver des entreprises spécialisées
04:45sur les subventions publiques, par exemple.
04:47Et puis d'autres sur les subventions, ce qu'on appelle les subventions privées,
04:49les certificats d'économie d'énergie.
04:51Et eux sont vraiment des spécialistes.
04:53Et nous, on les fait jouer.
04:55Vous les intégrer dans votre proposition, d'accord ?
04:57Voilà.
04:57Pour que le client bénéficie complètement.
05:00Ça peut aller jusqu'à quel montant ?
05:02Et puis ensuite, on va vraiment revenir sur le détail de ce que vous proposez.
05:04Mais ça peut arriver à aller jusqu'à quel pourcentage de l'enveloppe globale ?
05:08Alors, ça peut être très important.
05:11Mais en général, quand c'est très important,
05:13ce ne sont pas des très grosses choses.
05:17Donc, on est, je dirais, de l'ordre de 30%, de manière générale,
05:21entre 15 et 30% de l'investissement.
05:23Ce qui est significatif.
05:24Ce qui est déjà significatif.
05:25Mais donc, ça veut dire qu'il reste entre 85 et 70% à financer.
05:32Quel type d'entreprise vous ciblez ?
05:35Et d'ailleurs, est-ce qu'il y a un type d'entreprise que vous ciblez ?
05:38Alors, on cible les entreprises du secteur privé,
05:43grosses PME, ETI, et puis filiales de grands groupes, si vous voulez.
05:49En fait, nous, on a besoin que l'entreprise consomme quand même pas mal d'énergie
05:53pour que notre investissement ait de l'impact, en fait.
05:58Donc, on ne va pas aller chercher les toutes petites entreprises.
06:01On va aller chercher les entreprises qui consomment
06:02au moins un million d'euros d'énergie par an, tout confondu.
06:07Vous avez commencé à répondre tout à l'heure.
06:09Mais sur quelle durée ?
06:10Ça peut aller jusqu'à quelle durée la récupération,
06:14le remboursement par des économies d'énergie ?
06:17C'est entre 10 et 15 ans, de manière générale.
06:20Donc, plus on peut étendre loin, plus le projet peut être ambitieux
06:23pour le client.
06:25Parce que quand on rembourse sur 15 ans,
06:28on peut faire un plus gros projet au départ.
06:30Il faut taper gros dès le départ ?
06:32Vous voyez ce que je veux dire ?
06:32Parce qu'en vous écoutant, je réfléchis à un autre domaine
06:35qui est le domaine des particuliers, ma prime rénov',
06:38est-ce qu'on fait des petits gestes ou une rénovation d'ensemble ?
06:42Est-ce que, alors ce n'est pas la même chose,
06:44mais est-ce que quand vous engagez comme ça une discussion avec une entreprise,
06:48vous leur dites, écoutez, il faut y aller à fond tout de suite
06:51parce que ça vous permettra d'avoir des gains en économie d'énergie plus rapide ?
06:57Exactement.
06:58C'est le but.
06:59Souvent, l'entreprise a une idée d'un projet qu'elle voudrait faire,
07:02mais on en trouve plein autour.
07:04Par exemple ?
07:05Ça peut être, je ne sais pas, une entreprise qui va changer sa chaudière pour des pompes à chaleur,
07:12puis en regardant, on s'aperçoit qu'on peut faire de la récupération de chaleur,
07:15qu'on peut changer les éclairages pour mettre des lettres,
07:17et donc on va essayer de grossir le projet au maximum
07:20pour que l'impact soit le plus important possible.
07:23Et souvent, les entreprises n'ont pas forcément identifié toutes ces possibilités,
07:28et ce que nous on fait, c'est ça,
07:29c'est vraiment de voir qu'est-ce qu'on peut faire pour maximiser le projet.
07:34On peut prendre un exemple, je crois qu'il y a eu une décarbonation assez importante
07:37auprès d'une coopérative agricole près de Pau.
07:39Oui, c'est ça.
07:41Racontez-moi, c'était quoi le défi d'origine ?
07:44En fait, c'est une grosse coopérative agricole qui s'appelle Euralis,
07:47qui est basée à l'Escar, juste à côté de Pau,
07:49et eux avaient pour objectif de se décarboner.
07:52Et leur grosse consommation carbonée venait du séchage.
07:57En fait, c'est une coopérative, il y a 9000 agriculteurs derrière,
08:00qui amènent leur récolte de maïs.
08:02Et la grosse consommation était liée au séchage des grains de maïs.
08:08Parce que pour pouvoir les stocker, il faut les sécher après la récolte.
08:12Et le séchage se faisait avec des séchoirs au gaz.
08:15Donc il y avait des consommations de gaz absolument phénoménales.
08:18Et en fait, ils se sont rendus compte que quand ils récupèrent les grains de maïs,
08:23il reste ce qu'on appelle les rafles, c'est-à-dire l'épi de maïs,
08:27qui est un déchet.
08:28Et donc, pourquoi on ne brûlerait pas ces déchets
08:32pour faire de la chaleur et sécher les grains de maïs ?
08:35Et donc le projet est autour d'une chaudière biomasse
08:38qui va brûler les rafles de maïs,
08:42et pour sécher maïs, et on va se passer du gaz.
08:44Et donc là, on obtient une décarbonation de l'ordre de 66%,
08:47C'est énorme, 66%.
08:50C'est énorme, oui.
08:51Et puis avec en plus une logique de souveraineté,
08:55d'économie circulaire, de valorisation de ces déchets ou de ces coproduits.
08:58Exactement.
08:59Qui a l'idée dans ces cas-là ?
09:01Parce qu'eux, ils viennent vers vous en se disant
09:04« Ah, quand même, il y a peut-être quelque chose à faire là avec nos déchets »
09:07ou est-ce que c'est vous qui avez le découvert ?
09:09Là, l'idée était déjà dans les cartons depuis un moment.
09:12Le problème était le financement.
09:14C'est-à-dire qu'il faut payer, c'est un investissement de plus de 10 millions d'euros,
09:18donc il fallait pouvoir investir sur ça avec un retour qui est relativement long
09:23et ils n'étaient pas prêts à le faire.
09:26Et quand on s'est rencontrés, ils ont dit « Voilà, c'est la solution,
09:29on va pouvoir faire ce projet ».
09:31Et donc c'est là où les discussions ont démarré.
09:34Alors, il y a plusieurs actualités autour de Sofiac, de Sofiac France.
09:40Juillet 2024, une levée de 150 millions d'euros,
09:43quand même une belle levée de fonds,
09:45auprès de trois établissements bancaires.
09:49Pourquoi vous en aviez besoin ?
09:50Qu'est-ce que ça a apporté ?
09:51Quelle stratégie autour de cette levée de fonds ?
09:53En fait, souvent, ce qui se passe, c'est que les gens vont aller trouver des projets
09:57et puis après chercher des fonds.
10:00Nous, on a décidé de faire l'inverse.
10:02On a dit « Bon, on va d'abord réunir les fonds
10:04et puis une fois qu'on a les fonds, on va pouvoir investir.
10:05Ça ira plus vite. »
10:06Parce que souvent, on a un projet, mais le temps de chercher de l'argent,
10:10ça prend beaucoup de temps.
10:11Nous, on a fait l'inverse.
10:12On a passé beaucoup de temps à trouver de l'argent, lever des fonds.
10:15Et aujourd'hui, on est capable d'investir très rapidement
10:17dans des projets de clients, en fait.
10:20Et donc, c'est pour ça qu'on s'est fixé.
10:22C'est l'expérience qu'on a eue au Canada.
10:24On a vu que, voilà, c'était une méthode qui était plutôt efficace, pas simple.
10:30Ça veut dire que vous avez déjà, à partir de ces 150 millions d'euros,
10:35financé combien de projets ?
10:36Alors là, on est sur un certain nombre de projets.
10:38Malheureusement, c'est en cours.
10:40Mais je ne peux pas encore en parler.
10:42Le rallye, c'est celui que le client nous a autorisé d'en parler.
10:46Mais on a pas mal d'autres.
10:47On peut dire quel montant ça va faire.
10:49On est dans les 70 millions d'euros qui ont été identifiés
10:53et en cours de développement.
10:55C'est un très… ce sont des gros investissements.
10:57Ça veut dire que cette logique-là, il va falloir la répéter.
11:00C'est-à-dire que quand vous aurez, entre guillemets,
11:03consommé ces 150 millions d'euros, vous…
11:06Et donc, les banques, les partenaires bancaires que vous allez voir,
11:11est-ce que c'est nouveau pour eux comme logique ?
11:13Vous voyez ce que je veux dire ?
11:14Est-ce que c'est un modèle dont ils n'ont pas l'habitude
11:17et donc, comme d'habitude, enfin, comme toujours, un peu de réticence au départ ?
11:21Notre modèle était nouveau pour elles.
11:23En particulier, le fait d'aller les voir en disant
11:25on a besoin d'argent, mais on ne sait pas encore qui sont les clients
11:27et quels sont les projets.
11:29Alors là, c'était un petit peu compliqué.
11:31Mais il y a un clair intérêt des banques
11:34pour tout ce domaine de la décarbonation, de l'efficacité énergétique.
11:39Donc, elles étaient intéressées.
11:40Donc, on peut citer, il y a la Banque Postale, notamment ?
11:42La Banque Postale, BNP Paribas,
11:44et puis MUFG, qui est une banque japonaise,
11:47donc qui est Mitsubishi Bank, en fait.
11:49Autre actualité avec Sobre Énergie.
11:51Alors, c'est quoi Sobre Énergie ?
11:52Et puis, pourquoi vous êtes, je crois que c'est un bureau d'études,
11:54c'est ça ? Pourquoi vous vous êtes associé avec...
11:56Alors, oui, nous, on s'associe aussi avec,
12:00pour développer nos activités,
12:01avec des partenaires qui sont sur des segments bien précis.
12:05Sobre Énergie, ils sont sur l'immobilier,
12:06de manière générale.
12:09Donc, typiquement, de l'immobilier de bureau.
12:10En fait, c'est une filiale de la banque...
12:12Pardon, du groupe La Poste.
12:14La Poste ayant plus de 10 000 bâtiments en France.
12:17Ils s'occupent des bâtiments de La Poste.
12:19Et donc, ils ont développé des solutions
12:23pour pouvoir identifier dans les bâtiments
12:26les consommations d'énergie d'abord,
12:28et ensuite, tout ce qui est moyen de réduire ces consommations.
12:34Et ensuite, arrive le problème du financement.
12:38C'est là où nous, on arrive.
12:38C'est là que vous êtes la brique supplémentaire, quoi, en quelque sorte.
12:42Exactement, oui.
12:42C'est venu d'eux ou c'est venu de vous ?
12:44Oh, bon, on s'est rencontrés,
12:45et puis on a vu qu'on en était assez complémentaires.
12:48C'est souvent le cas.
12:49Eux avaient des projets qu'ils avaient déterminés chez des clients,
12:52où le client leur a dit,
12:53c'est intéressant, mais on n'a pas l'argent.
12:55Et puis, donc, voilà, c'est là où on a vu
12:58que c'était assez complémentaire, nos activités.
12:59Il y a un exemple de projet commun, là, sur lequel vous êtes,
13:02et dont vous pouvez parler ?
13:03C'est trop tôt, mais malheureusement.
13:04C'est trop tôt ?
13:04Oui, c'est trop tôt.
13:06Bon, OK.
13:07Alors, vous savez, il y a un principe dans cette émission,
13:09c'est que l'invité du Grand Entretien pose une question
13:11à celui ou celle qui lui succède la semaine suivante.
13:14À votre place, la semaine dernière,
13:15il y avait Sébastien Fresse, le président d'Indigo Group.
13:19On l'écoute.
13:20Bonjour Stéphane.
13:20Une question, puisque vous proposez d'assister les entreprises
13:25dans la réduction de leurs émissions carbone dans leurs bâtiments.
13:28Il y a beaucoup d'entreprises qui réalisent leurs activités
13:30dans des bâtiments qui ne leur appartiennent pas.
13:31Et donc, il y a un propriétaire, il y a un locataire, acteur économique.
13:35Comment vous arrivez à réconcilier des approches et des intérêts
13:38qui peuvent quand même, à certains moments, diverger ?
13:41Est-ce que ça vous arrive souvent, ça ?
13:43C'est une très bonne question.
13:44Avoir un propriétaire, un locataire actif ?
13:46Surtout dans le domaine immobilier, typiquement des bureaux.
13:51Aujourd'hui, tout le monde loue des bureaux,
13:53mais rares sont les propriétaires qui occupent leurs bureaux.
13:56Et donc, on se retrouve en beaucoup de cas avec cette dualité
14:01entre le bailleur et le locataire.
14:04Mais il y a quand même quelque chose, c'est que le propriétaire du bâtiment
14:08a un intérêt à faire monter la valeur verte de son bâtiment,
14:12de faire que son bâtiment, et surtout aujourd'hui,
14:14où louer des bâtiments de bureaux est devenu compliqué,
14:18si le bâtiment est plus vert, il consomme moins, etc.,
14:22il va attirer des locataires.
14:24Et de l'autre côté, le locataire, lui, a un intérêt à payer moins cher,
14:27son électricité, son gaz, etc.,
14:29donc il a un intérêt à avoir un bâtiment qui est plutôt efficace.
14:34Et donc, on arrive à faire discuter les deux
14:36pour avancer sur ces choses,
14:40mais c'est plus compliqué que si c'est juste un seul acteur qui a...
14:44Parce que c'est d'avoir le propriétaire qui mène ses investissements,
14:48ou alors il peut...
14:49Nous, on va investir pour le propriétaire.
14:51Oui, c'est ça.
14:51Et après, la discussion, c'est entre lui et son locataire,
14:54de voir est-ce que le locataire ne peut pas lui reverser une partie,
14:57parce que le locataire va faire des économies significatives
14:59sur les consommations.
15:02Et donc, après, c'est une discussion.
15:03Oui, effectivement.
15:05Si on parle un peu du contexte général,
15:10qui est un contexte plutôt de coup de frein sur les enjeux,
15:15et peut-être aussi, vous allez me répondre oui ou non,
15:17sur les investissements environnementaux
15:19et les investissements de décarbonation.
15:21Déjà, est-ce que vous, vous ressentez,
15:24ce climat général a la prudence ?
15:28Alors, on l'a beaucoup ressenti en 2024,
15:32au moment des changements gouvernementaux,
15:34l'instabilité, etc.,
15:36où toutes les entreprises se sont un peu arrêtées.
15:39C'est reparti.
15:40Aujourd'hui, les gens se rendent compte qu'il faut faire.
15:44Bon, il y a de la prudence, quand même.
15:46Et par contre, l'intérêt d'une solution comme la nôtre,
15:48c'est que, justement, ce n'est pas l'entreprise qui investit.
15:51Oui. La crise énergétique née de l'invasion de l'Ukraine par la Russie,
15:57ça a été, j'imagine, pour vous, un élément déclencheur majeur chez vos clients.
16:01Oui. Alors, à l'époque, les gens nous appelaient en disant
16:03« Est-ce que le mois prochain, je peux faire des économies ? »
16:06Ah, ça va prendre un peu plus de temps.
16:08Par contre, ça a eu un intérêt,
16:10c'est que les entreprises se sont rendues compte
16:11qu'elles sont extrêmement vulnérables au prix de l'énergie.
16:14Et donc, ça a quand même déclenché quelque chose
16:17où elles se disent « Il faut qu'on planifie de réduire notre dépendance,
16:22en particulier la dépendance sur le gaz. »
16:26Voilà. Et donc, il y a beaucoup de projets autour de
16:28« Je vais réduire ma consommation de gaz,
16:31j'électrifie mes process,
16:32je remplace des chaudières par des pompes à chaleur. »
16:35Voilà. Pour, en se disant
16:36« Si le marché devient instable au niveau du gaz,
16:41je suis un peu plus protégé en faisant ces projets-là. »
16:43Le meilleur argument,
16:44quand vous cherchez à convaincre une entreprise, un client,
16:48c'est d'abord l'argument économique, j'imagine.
16:51Oui, principalement…
16:52On peut parler d'engagement environnemental,
16:55de marque entre employeurs,
16:56de marque entreprise,
16:58de feuilles de route RSE,
17:00mais c'est d'abord « Combien ça va me coûter ? »
17:02« Combien je vais économiser ? »
17:03Oui, alors, il y a quand même les entreprises
17:04qui ont décidé de décarboner,
17:07qui vont à la marge forcée.
17:08Par contre, il faut que le projet soit rentable.
17:10C'est-à-dire qu'elles ne vont pas le faire comme ça,
17:11mais on trouve des solutions.
17:14Et le cas de Rallis est très parlant,
17:17c'est que ça leur coûte moins cher de faire comme ça,
17:20parce que les rafes de maïs,
17:22elles ne leur coûtent rien,
17:24alors que le gaz, elles le payaient.
17:26Donc, il y a des projets qui sont évidents
17:27et qui vont coûter moins cher à faire aux entreprises.
17:31Est-ce qu'il y a une garantie ?
17:33C'est-à-dire que pour les entreprises,
17:35pour vos clients,
17:37vous garantissez un certain nombre d'économies,
17:40d'énergie, post-travaux ?
17:42Comment vous les rassurez, en quelque sorte ?
17:46Le principe est effectivement ça.
17:47C'est qu'on va faire un projet
17:49où on garantit le niveau d'économie,
17:52ce qui fait qu'on garantit finalement
17:53ce qu'elles vont avoir à payer.
17:54On garantit qu'elles ne paieront pas plus
17:56que ce qui est prévu.
17:57Il y a des bonnes ou des mauvaises surprises
17:59par rapport à la feuille de route initiale ?
18:01Non, il n'y a pas de mauvaise surprise.
18:04C'est-à-dire que nous,
18:04on passe beaucoup de temps
18:05à vraiment s'assurer que ça va fonctionner.
18:09Après, c'est pas, si vous voulez,
18:11vous remplacez une ampoule
18:12qui consomme un certain wattage
18:15par une autre,
18:16l'économie sera là, quoi qu'il arrive.
18:18Donc, en fait, c'est assez logique.
18:21L'aspect fluctuant,
18:23ça peut être sur le prix de l'énergie,
18:25de certaines sources d'énergie
18:27par rapport à l'électricité,
18:29par rapport au gaz, etc.
18:31Ça, par contre,
18:33ça reste une responsabilité du client.
18:35C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
18:35le client, c'est lui qui achète son énergie,
18:38c'est lui qui porte ce risque.
18:39Là, on ne change pas la répartition des risques.
18:41Ça reste un risque client.
18:43Nous, ce qu'on lui garantit,
18:45c'est la réduction en volume d'électricité
18:48ou en kilowattheure d'électricité,
18:51en mètres cubes de gaz.
18:51Par contre, le prix de l'énergie
18:54reste son risque
18:56comme ça l'est aujourd'hui.
18:59Je vais vous citer.
19:00Décarboner, ce n'est pas renoncer à la croissance,
19:03c'est choisir une croissance
19:04compatible avec le climat.
19:08Pour moi, c'est une évidence,
19:10mais pourquoi il faut encore le répéter ?
19:12Il faut encore convaincre là-dessus ?
19:14Oui, parce que ça peut être mal compris.
19:18Il y a beaucoup de gens
19:19qui ne comprennent pas forcément
19:20ce que le terme décarbonation veut dire.
19:23Ça peut avoir une connotation un peu négative.
19:26Ah bah oui, mais si on décarbone,
19:27ça veut dire réduire notre production.
19:29Non, non, ce n'est pas réduire notre production,
19:30c'est faire autrement.
19:32Il y a besoin de l'expliquer quelques fois.
19:34De plus en plus, les gens le comprennent,
19:36mais ce n'est pas toujours le cas.
19:38Oui, avec une forme de combat
19:39qui est aussi un combat politique.
19:41Quand on a un président américain
19:42qui fait sa campagne
19:43avec le drill, baby, drill,
19:46fort, bébé, fort,
19:47donc il est dans le contre-discours,
19:49finalement, par rapport au vôtre.
19:51Oui, mais on n'est pas...
19:52Encore une fois,
19:53les entreprises se sont rendues compte
19:54de leur dépendance
19:55aux gaz, aux énergies fossiles.
19:59Et donc, il y a quand même
20:01des plans qui se mettent en place.
20:04Il y a pas mal de choses
20:05et pour ça,
20:08ce qui s'est passé les dernières années,
20:10on vraiment fait comprendre aux gens
20:12attention, attention.
20:13Oui, je suis d'accord avec vous,
20:17mais j'ai quand même un bémol
20:19ou un doute
20:20sur l'engagement européen d'aujourd'hui.
20:23C'est-à-dire que,
20:24est-ce que vous vous sentez
20:25moins soutenu, finalement,
20:27par une législation européenne ?
20:30Avec le retour en arrière
20:34sur la GSRD ?
20:35Parce que, finalement,
20:36une entreprise qui décarbone,
20:37elle va pouvoir rentrer
20:39dans son bilan financier,
20:41extra-financier,
20:42cette décarbonation.
20:43C'était aussi un argument,
20:44j'imagine,
20:45pour décarboner,
20:46notamment avec des clients
20:48qui peuvent être
20:48des grands groupes
20:50ou des ETI.
20:52Aujourd'hui,
20:53il y a moins d'obligations.
20:54Oui, ça a un petit peu
20:55relâché les choses.
20:57Les objectifs sont un peu
20:58moins stricts,
20:59mais nous,
21:01on voit quand même,
21:01elles savent
21:02qu'elles vont devoir y passer.
21:03Et la plupart du temps,
21:04elles se rendent compte
21:05que c'est financièrement intéressant.
21:06c'est peut-être moins rapide,
21:11mais ça y va quand même.
21:13Mais quand je parle
21:14de combat politique
21:15ou de combat culturel,
21:16est-ce que vous avez
21:17ce sentiment-là ?
21:19D'être dans...
21:20Et finalement,
21:20de porter un...
21:21Ça devrait être consensuel,
21:24vous voyez ce que je veux dire ?
21:24Oui.
21:25Sauf que quand on a
21:26en face de nous
21:26des politiques
21:28qui presque diabolisent
21:31ceux qui engagent
21:33la décarbonation
21:33ou qui font
21:35de la préservation
21:37de l'environnement
21:38à un combat,
21:39qu'on soit une entreprise
21:40ou un État,
21:41on est...
21:41De fait,
21:42vous rentrez dans un combat
21:43politique ou culturel.
21:45Non, vous n'avez pas
21:46ce sentiment-là ?
21:46Non, pas du tout.
21:47Non, c'est vrai ?
21:48Non, non, non.
21:49Non, on est sur vraiment...
21:51Parce que souvent,
21:52les anglais se rendent compte
21:53que si demain,
21:54elles veulent continuer
21:55d'être là,
21:55elles veulent pouvoir
21:56continuer à produire,
21:58il faut faire des choses.
22:00Et même si,
22:01OK, oui,
22:02politiquement,
22:03Je vous pose la question
22:05parce que vous êtes
22:06actionnaire de
22:07Team for the Planet,
22:08qui est un mouvement
22:10collectif, justement,
22:11en faveur du combat
22:12contre le changement
22:13climatique.
22:14Déjà, pourquoi vous avez
22:15engagé cette démarche ?
22:16Team for the Planet,
22:17c'est quand même...
22:18C'est la force d'un groupe
22:20avec de multiples
22:22contributeurs.
22:24C'est...
22:25Si on se met tous ensemble
22:26à faire des petites choses,
22:27on arrive à faire
22:28des grandes choses,
22:28en fait.
22:29Et moi,
22:30j'ai trouvé leur combat
22:31plutôt intéressant,
22:33ils investissent dans des
22:34sociétés hyper innovantes,
22:36ont des solutions
22:37extrêmement intéressantes,
22:39et personnellement,
22:40ça m'intéresse.
22:41Moi, je suis aussi
22:42un petit peu
22:42toutes les nouvelles
22:43technos qui sortent,
22:44etc.,
22:44et ils sont vraiment
22:45sur tous ces créneaux
22:46extrêmement intéressants.
22:49Est-ce que vous pensez...
22:50Alors,
22:51c'est des questions
22:51assez générales,
22:52mais en fait,
22:53quand on choisit
22:54une activité comme la vôtre,
22:56je trouve que c'est logique
22:56de se les poser.
22:57Là,
22:58vous parlez
22:58d'innovation,
23:00de technologie.
23:02Là aussi,
23:02il y a un débat
23:03entre ceux qui disent
23:04c'est la technologie
23:05qui va nous sauver
23:05et puis ceux qui disent
23:06au contraire,
23:07il faut très clairement
23:08appuyer sur le frein
23:09en termes de consommation,
23:10etc.,
23:11etc.
23:11On peut concilier les deux ?
23:13Aujourd'hui,
23:13la technologie est là
23:14pour faire tout ce
23:15qu'on devrait faire
23:16en termes de réduction
23:17de consommation,
23:18etc.,
23:19et ça,
23:19depuis des années.
23:20Il y a les outils.
23:21Tout est là.
23:22Par contre,
23:23il y a effectivement,
23:23ça continue de se développer
23:25et régulièrement.
23:26Il y a des nouveaux produits
23:28qui sortent,
23:28encore plus efficaces,
23:30ça continue.
23:31Mais voilà,
23:32si on se dit toujours
23:32je vais attendre
23:33que ça arrive,
23:35il ne se passe plus rien.
23:37On peut faire aujourd'hui
23:38et demain,
23:39ça en fera même encore mieux.
23:40Mais il ne faut pas attendre,
23:41en fait.
23:42Et alors,
23:42autre question,
23:43et vous êtes vraiment
23:44au cœur
23:44de cet enjeu-là,
23:46sur l'efficacité
23:47publique
23:48ou privée
23:49pour accélérer
23:52cette décarbonation
23:54et cette lutte
23:55contre le réchauffement.
23:56Vous pensez
23:57qu'un euro privé
23:58est plus efficace
23:58qu'un euro public ?
24:01Nous,
24:01alors,
24:02chez Sofiac,
24:02on a de l'argent public
24:03et privé.
24:04Donc,
24:04on a déjà
24:05un mix des deux.
24:08Difficile de dire.
24:10L'argent public,
24:11par les subventions,
24:13est très efficace
24:14parce que nous,
24:16on s'en sert
24:16et c'est des subventions
24:18qui sont extrêmement,
24:20pour les obtenir,
24:21c'est parfois
24:22très compliqué.
24:23Il faut vraiment
24:24montrer pas de blanche,
24:25il faut montrer
24:25que le projet
24:26va beaucoup décarboner.
24:28Voilà,
24:29donc c'est efficace.
24:30Ce qui est plutôt bon signe.
24:31Ce qui est plutôt bon signe.
24:32Mais ça ne couvre pas tout.
24:35C'est ce qu'on disait
24:35tout à l'heure.
24:37Après,
24:37il reste tout le reste
24:38à financer.
24:39C'est une petite partie
24:40qui permet
24:41de subventionner,
24:44mais après,
24:45il reste le reste.
24:46Les deux sont nécessaires.
24:49Il est difficile de dire
24:50que l'un est plus efficace
24:51que l'autre.
24:52Mais avec quand même
24:53un argent public
24:55qui se raréfie.
24:56Oui.
24:57Notamment sur les enjeux
25:00environnementaux.
25:01Oui.
25:02Ça, c'est clair
25:03que les subventions
25:04qu'on a aujourd'hui,
25:05peut-être que dans
25:06quelques années,
25:07il n'y en aura plus.
25:09Votre modèle,
25:09il tient sans ces subventions ?
25:12Ah oui, tout à fait.
25:13Ça vous arrive
25:13de financer 100%
25:14d'un projet ?
25:15Oui, oui.
25:15Il y a plein de projets
25:16où il n'y a pas
25:17de subvention.
25:19Typiquement,
25:21les projets,
25:23par exemple,
25:24aujourd'hui,
25:24autour de solarisation,
25:26de mettre des panneaux
25:27solaires pour éviter
25:28d'acheter de l'électricité
25:29sur le réseau,
25:30il n'y a plus de subvention
25:30sur ça.
25:32Mais les projets,
25:33aujourd'hui,
25:33on les faits
25:34sans besoin de subvention.
25:35Est-ce que ces projets-là,
25:36ils ne sont pas,
25:37d'une certaine façon,
25:38plus solides
25:39que ceux qui dépendent
25:40de l'argent public ?
25:40En partie de l'argent public ?
25:42Non,
25:43parce qu'en fait,
25:44les subventions,
25:44on sait combien
25:45on peut toucher aujourd'hui
25:46et puis on demande,
25:49on obtient la subvention
25:50puis on y va.
25:51Par contre,
25:51si demain,
25:52effectivement,
25:52la subvention,
25:53en fait,
25:54elles ne vont pas disparaître
25:57du jour au lendemain,
25:57par contre,
25:58elles vont diminuer progressivement.
25:59C'est ce qu'on voit beaucoup.
26:00Il faut l'intégrer
26:03au projet suivant.
26:05Merci beaucoup,
26:05Stéphane Le Gentil.
26:06A bientôt sur Be Smart for Change.
26:08On passe tout de suite
26:08à notre rubrique consacrée
26:10aux startups éco-responsables.
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