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  • il y a 1 jour
"Maire bâtisseur, maire battu" : face à cet adage, comment construire une année d'élections comme en 2026? Que va changer le nouveau statut du bailleur privé ? Réponses avec David Chouraqui, directeur général adjoint de Crédit Agricole Immobilier

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Transcription
00:00Dans ce partiment, on s'intéresse à la construction, toujours à la peine, en 2025.
00:09Alors que va-t-il se produire en 2026 avec des nouvelles réglementations du côté du bailleur privé notamment ?
00:16C'est la question qu'on va poser à notre invité, David Chouraki. Bonjour.
00:19Bonjour.
00:20David, vous êtes directeur général adjoint de Crédit Récolte Immobilier.
00:23Et on se pose cette question en préambule.
00:26C'est vrai qu'on a eu cette année, 2025, encore très difficile pour la promotion immobilière.
00:31Comment vous, sur le terrain, vous professionnels, vous vous adaptez à cette nouvelle donne ?
00:36On s'adapte avec trois leviers importants.
00:40Le premier, c'est qu'on est beaucoup plus en amont sur les projets avec les acteurs du territoire.
00:47Donc on renforce les liens qu'on peut avoir avec les collectivités, avec les aménageurs.
00:53On a des précommercialisations en bloc qui sont plus importantes, comme traditionnellement dans les moments où c'est plus difficile.
01:02Et puis on est dans une logique de co-construction locale.
01:05On est vraiment façonneur des territoires avec des projets qui vont aller plus dans la mixité,
01:11qui vont être de la rénovation, de la réhabilitation.
01:12Donc on va rééquilibrer également notre offre.
01:16On va travailler beaucoup plus sur la dimension service, résidence gérée.
01:23Et puis avec le redémarrage de la primo-accession, on travaille des programmes plus adaptés.
01:29Voilà, donc on a une sélectivité accrue.
01:32J'allais dire, dans les moments de crise, c'est toujours la même chose.
01:35On resserre les projets.
01:36Bien sûr. Alors justement, vous avez parlé des collectivités.
01:39C'est une année d'élection, 2026.
01:42Les municipales, dans quelques semaines, et on dit souvent, ça bloque un petit peu les décisions.
01:48Maire bâtisseur, maire battu.
01:50Voilà le slogan en tout cas.
01:52Est-ce que c'est une réalité concrète ?
01:53Est-ce que c'est plus compliqué ces années préélectorales ou électorales ?
01:56Ce n'est pas la vision qu'on en a.
01:57Comme je le disais, on est vraiment bâtisseur des territoires.
02:00Et donc les relations sont fortes avec les élus.
02:03Les projets ont changé.
02:05C'est des projets, je le disais, de mixité.
02:08C'est des projets de réhabilitation qui transforment la ville.
02:12Et là-dessus, on a des relations en profondeur sur la réflexion de ce que doit être la ville de demain.
02:22J'allais dire qu'on est finalement dans un temps différent.
02:25On n'a pas le sentiment que les élections changent beaucoup les choses sur ce dialogue qu'on a avec les élus.
02:31Très bien.
02:32En tout cas, on nous dit, les promoteurs, qu'on construisait différemment aujourd'hui.
02:37Alors, il y a eu l'impact du télétravail qui a modifié un peu le bâti, les constructions.
02:44On habite aussi un petit peu différemment aujourd'hui.
02:46Vous avez parlé de services également.
02:48De plus en plus de nouvelles résidences sont équipées.
02:51Services, garage, vélo, etc.
02:53Est-ce que là aussi, il y a une nouvelle façon de construire ?
02:57On construit mieux ?
02:58On construit plus intelligemment ?
03:00Et de manière plus frugale aussi peut-être ?
03:02Alors, on construit de façon différente.
03:05En effet, d'abord, on prend en compte les dynamiques sociologiques.
03:09Et vous l'avez dit, le télétravail est un marqueur très fort.
03:12Donc, on va apporter énormément de modularité dans les logements.
03:17Et puis, on intègre évidemment dans les résidences des services nouveaux.
03:26Ça, c'est une transformation, j'allais dire, sociologique.
03:28Après, on répond évidemment aux impacts de la crise climatique.
03:34Et on doit travailler différemment.
03:37On est, chez Crédit Agricole Immobilier, extrêmement impliqués.
03:40On veut être extrêmement vertueux.
03:43On s'est donné un objectif important.
03:45C'est de réduire de 10% notre empreinte carbone tous les ans.
03:50Donc, vous voyez que chaque année.
03:51Chaque année.
03:51Donc, on s'est fixé un plan de marche extrêmement ambitieux.
03:54100% de nos projets sont NF, Habitat, HQE.
03:59Et puis, on a un écologue sur chacun de nos programmes.
04:03Parce qu'on travaille non seulement l'empreinte carbone,
04:06mais on veut désormais travailler l'empreinte en termes de biodiversité.
04:10Donc, vous voyez, la façon de travailler nos résidences, nos immeubles, nos bureaux,
04:17sont extrêmement différents.
04:19Et c'est quelque chose qui est parti pour longtemps.
04:22Écologue, c'est vrai que c'est un métier qu'on découvre, qui n'existait pas.
04:25Alors, vous avez quelques années d'expérience.
04:26C'est vrai qu'ils n'étaient pas forcément intégrés en échanté.
04:28Aujourd'hui, il faut détecter s'il n'y a pas un insecte,
04:31s'il n'y a pas une petite grenouille qui pourrait bloquer carrément des projets entiers parfois.
04:35Ou alors, il faut les remettre dans leur habitat naturel.
04:39Tout à fait.
04:40Donc, c'est à la fois cette prise en compte.
04:42Et puis, c'est aussi la prise en compte de comment on a envie de vivre aujourd'hui
04:46dans les espaces que l'on produit.
04:50Donc, c'est aussi travailler sur ce qu'on appelle la nature en ville,
04:53être capable d'inventer des lieux nouveaux.
04:56D'autant qu'on en a besoin avec des températures qu'on prévoit à plus de 50 degrés dans les villes d'ici 2050.
05:02Il faut absolument, effectivement, reconvrir ces territoires.
05:05Si on parle du marché, c'est vrai qu'on observe aussi une fragmentation du marché.
05:11On dit partout qu'il y a aussi une réalité.
05:14Les bailleurs qui ont de moins en moins d'argent, tout ce qui passe par l'État,
05:17c'est de plus en plus compliqué.
05:19Comment vous observez cette fragmentation du marché ?
05:22Oui, je ne sais pas s'il faut parler de fragmentation.
05:24C'est vrai que c'est plus difficile, c'est plus difficile pour les investisseurs publics.
05:33Aujourd'hui, on n'oppose plus du tout le public et le privé.
05:37On fait véritablement les projets ensemble.
05:41Ils ont besoin de l'investissement privé.
05:43L'investissement privé a besoin de l'investissement public.
05:46Je le disais, on est sur des programmes de rénovation, de transformation mixte.
05:51Les projets, on les fait vraiment ensemble.
05:55Il faut trouver des façons de faire des projets qui sont peut-être plus difficiles à monter aujourd'hui qu'avant.
06:03Mais j'allais dire, en étant innovant, en étant persévérant, je vais être optimiste.
06:08On arrive à construire la ville.
06:11Tant mieux.
06:11Alors, question d'actualité, David Chouaraki, on a un dispositif, peut-être dispositif Jean Brun, du nom du ministre du Lejeun.
06:19Le Jean Brun.
06:20Surtout le statut du bailleur privé qui serait en cours de rédaction.
06:26Qu'est-ce qu'on en attend exactement ?
06:28Est-ce que ça pourrait débloquer la situation d'avoir des choses peut-être plus protectrices pour le bailleur demain ?
06:34Le bailleur privé, est-ce qu'on pourrait redorer le lustre avec ce nouveau statut ?
06:38Oui, on en attend du positif, clairement, à plusieurs niveaux.
06:42D'abord, le fait d'avoir un statut du bailleur privé, puisque avant de dire le Jean Brun, c'était son nom de code.
06:49Eh bien, ça veut dire beaucoup, dans la dynamique que l'État veut donner à sa politique du logement,
06:56ça veut dire reposer en partie sur l'investissement privé.
07:00C'est important parce que pendant longtemps, on a associé l'immobilier à une rente.
07:05On a voulu finalement combattre l'investisseur privé.
07:10Et aujourd'hui, le gouvernement dit non, on veut bâtir notre politique du logement aussi sur l'investissement privé.
07:16C'est un message important qui est donné aux investisseurs.
07:20Et je retiens d'abord ce message symbolique.
07:23Alors, pourquoi je dis symbolique ?
07:24Parce que ce dispositif, on va attendre de voir comment on peut l'utiliser.
07:27Il va falloir qu'on s'en saisisse.
07:29Il va falloir qu'on soit à côté de nos clients, ménages particuliers, pour être capables de les conseiller au mieux.
07:36Leur proposer quand c'est vraiment nécessaire et utile.
07:41Je pense que ça va dans le bon sens.
07:43Ça remet la politique du logement clairement dans le sens de la marche.
07:46Donc, on ne peut que se satisfaire.
07:48En ce qui concerne l'ancien, je pense que le dispositif va devoir être un petit peu amélioré.
07:52Parce que 30% de travaux pour ramener les logements dans des étiquettes A ou B, c'est un peu ambitieux.
07:58Il faut être honnête.
07:59Mais je pense que ça va être amélioré.
08:02En tout cas, on est extrêmement positif de voir qu'un dispositif fait confiance à l'investissement privé
08:07pour être capable de redynamiser la politique du logement.
08:10Ça sera le relais du feu Pinel ?
08:13Ce n'est pas exactement pareil.
08:14Certains veulent dire que c'est simplement un dispositif fiscal.
08:19On s'est beaucoup battu la profession depuis plus de 10 ans pour pousser ce statut du bailleur privé.
08:26Pour nous, c'est plus qu'un dispositif fiscal.
08:29C'est non pas un dispositif de droit commun, en tout cas pas encore.
08:33Mais ça veut dire que l'investisseur a sa place dans le long terme, dans la politique du logement,
08:39dans la création du logement en France.
08:41Vous savez qu'aujourd'hui, 96% des logements qui sont loués par des investisseurs privés
08:48sont propriétés des ménages, des ménages français,
08:51des ménages qui achètent un logement pour préparer la retraite, deux logements.
08:55Donc ce ne sont pas des grandes fortunes, ce ne sont pas des rentiers,
08:59ce sont des gens qui sont dynamiques pour l'économie française
09:02et qui font vivre un secteur important qu'est le logement.
09:06Je rappelle que le logement, ce n'est pas un bien comme les autres.
09:09Donc c'est bien qu'on puisse aller dans le sens de ceux qui ont fait le choix,
09:14le choix de construire en France.
09:15Voilà, c'est de l'emploi non délocalisable, local,
09:18et ça aide évidemment notre économie.
09:20Voilà, vive ce nouveau statut.
09:22On en attend un petit peu plus très prochainement.
09:23Merci David Choraki.
09:25Je rappelle que vous êtes directeur général adjoint du Crédit Agricole Immobilier.
09:28Et à très bientôt sur Smartimo.
09:29Merci.
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