00:00Bonjour Maya, bonjour à tous, bonjour Manuel Valls, ministre d'État des missionnaires chargés des Outre-mer.
00:10Vous connaissez la chanson de Renaud, c'est quand qu'on va où ? Papa, c'est quand qu'on va où ?
00:13Alors moi je vous le demande, Manuel Valls, aujourd'hui, c'est quand qu'on va où ?
00:17Dans ce gouvernement, dans cette crise politique, on ne comprend pas grand-chose.
00:21J'imagine qu'en effet les Français sont dans le désarroi face au spectacle donné par les responsables politiques.
00:27Mais moi j'ai le sentiment où je sens qu'il y a une forme d'attraction morbide vers le vide.
00:34Comme si tous les jours, il fallait franchir une marche supplémentaire pour détruire les institutions de la Ve République et d'une certaine manière de la République et de la démocratie.
00:46Vous parlez d'Edouard Philippe qui réclame le départ du Président, vous parlez de Bruno Retailleau ?
00:50Je parle d'une manière générale, c'est le climat, j'en suis convaincu, que ressentent les Français.
00:56Moi je ne vais pas commencer à critiquer les uns et les autres et précisément participer de ce jeu morbide et de ce que j'ai déjà appelé une forme de suicide collectif.
01:05Donc face à cette situation qui est très difficile, dans un monde en ébullition avec une guerre en Ukraine, des tensions commerciales et économiques avec les États-Unis,
01:14une vague antisémite qui s'est abattue sur l'Europe et donc sur la France liée au conflit à Gaza.
01:21Sur tous ces sujets-là, il faut se reprendre, il faut un sursaut.
01:25Alors que faut-il faire ?
01:27Écoutez, il faut trouver un accord.
01:28Il faut trouver un accord.
01:29Entre qui et qui ?
01:30Entre les forces du socle commun, celles qui gouvernent déjà depuis deux ans ensemble, enfin un an ensemble pour être précis,
01:39et les socialistes qui sont disponibles, me semble-t-il, pour trouver un accord et qui rencontreront le Premier ministre, Sébastien Lecornu,
01:47dont je veux saluer la modestie, la volonté de trouver un accord.
01:52Et surtout parce qu'il a été ministre de la Défense, il sait précisément que dans ce moment-là, dans ce monde-là,
01:58avec cette guerre en Ukraine, il faut trouver un accord, il faut de la stabilité, dont nous avons besoin d'un budget, d'une loi de finances,
02:08et dans les prochains jours, et on sent bien que le monde économique, les entreprises, nous avons tous des témoignages,
02:14je l'entends aussi évidemment dans les Outre-mer, sont particulièrement, le monde économique, les entreprises, sont particulièrement inquiets de ce qui se passe.
02:21Donc il faut de la stabilité et une perspective.
02:24Elisabeth Borne, ministre d'État comme vous, dit, si les conditions de la stabilité passent par la suspension de la réforme des retraites,
02:31eh bien suspendons la réforme des retraites, est-ce que vous êtes d'accord ?
02:34Mais si nous discutons avec les socialistes, si le Premier ministre discute dans quelques minutes avec les socialistes,
02:41c'est précisément pour trouver un accord, donc je lui laisse le soin de trouver les voies de cet accord,
02:47et d'ailleurs depuis plusieurs semaines sur...
02:49Si l'accord doit passer les voies, si les voies de l'accord ne passent pas la suspension de la réforme des retraites,
02:53vous Manuel Valls, vous n'êtes pas opposé.
02:54Non, mais si l'accord doit passer...
02:56Non, vous n'êtes pas opposé, j'ai bien compris.
02:58Je ne suis pas opposé, si l'accord doit se faire.
03:01Bien sûr.
03:01Et il ne peut pas y avoir des lignes rouges.
03:03Après, il faut être réaliste, il faut regarder ce qui se passe autour de nous, dans le monde.
03:07Mais d'une manière générale, pourquoi nous avons besoin d'un budget ?
03:10Parce que nous sommes dans un monde ouvert, avec une compétition économique, avec des investissements.
03:16Donc nous savons qu'il faut produire davantage, qu'il faut sans aucun doute travailler davantage et mieux.
03:22Mais il faut trouver les voies d'un accord.
03:24Parce que le coût financier, budgétaire, économique, y compris en termes d'emploi, d'un non-accord et d'un non-budget,
03:32donc puisqu'on est à la limite constitutionnelle du dépôt, évidemment, est largement supérieur.
03:39Et puis, pardon, une dissolution, puisqu'il n'y a pas d'accord, une dissolution qui conduirait à un blocage supplémentaire de l'Assemblée nationale
03:47ou à une victoire du Rassemblement national, sur tous ces sujets-là, sur l'économie, sur la finance, sur le budget, sur les retraites,
03:55serait évidemment un désastre pour notre pays.
03:57Est-ce qu'il est temps d'essayer un Premier ministre de gauche ?
04:00Vous avez un Premier ministre aujourd'hui, certes des missionnaires, mais à qui le Président de la République a confié une mission.
04:06Il doit continuer ?
04:07Mais, moi, je pense qu'il a la capacité de continuer.
04:09S'il y a une autre solution pour mettre en place une solution qui permette de cette stabilité,
04:14le Président de la République le verra, sur la base de ce que lui dira Sébastien Lecornu dans les prochaines heures.
04:18Est-ce que je dois comprendre qu'à la question que je vous ai posée, est-il le temps d'essayer un Premier ministre de gauche ?
04:21Vous répondez non.
04:22Non, je ne les ai pas répondus.
04:24Il vous dit qu'il y en a un qui n'est pas de gauche, à ma connaissance.
04:26Nous nous connaissons.
04:27Mais, avant même de parler des personnes, parce que c'est à Sébastien Lecornu qu'il incombe de trouver une solution,
04:35trouvons les bases de la stabilité.
04:36Hier, les formations politiques du socle commun se sont mises d'accord sur deux grandes priorités.
04:42Deux urgences.
04:43Le budget et la Nouvelle-Calédonie.
04:47C'est-à-dire la nécessité d'une réforme constitutionnelle, du report des élections provinciales.
04:52Parce qu'il faut, c'est le travail que j'ai fait depuis plusieurs mois,
04:55il faut stabiliser aussi ce territoire qui va mal sur le plan économique et social,
04:59et qui était au bord de la guerre civile il y a quelques mois.
05:02Donc, nous avons besoin de cette stabilité.
05:04Parce que moi, j'ai eu cette mission des Outre-mer.
05:07Je sais aussi que l'instabilité, une dissolution, l'absence de budget, des crispations politiques,
05:13vont aggraver la situation à Mayotte, en Nouvelle-Calédonie,
05:16et ne vont pas permettre les réformes institutionnelles qui sont prévues pour la Guyane, la Martinique ou la Guadeloupe.
05:22Donc, nous avons besoin de cette stabilité.
05:24Et moi, je le crois de toutes mes forces.
05:26C'est-à-dire que, vraiment, nous sommes dans une crise démocratique
05:30que toutes les grandes démocraties occidentales connaissent.
05:33Une crise de l'action publique, de l'impuissance,
05:35un rejet des formations politiques et des responsables politiques,
05:38accentué encore avec le spectacle que nous décrivions il y a quelques instants.
05:42Donc, moi, ce que je demande, c'est de la responsabilité.
05:45C'est un sursaut.
05:46C'est une certaine idée de la République.
05:48Que chacun se sente un peu désintéressé et qu'on pense d'abord à nos compatriotes,
05:52qu'on pense d'abord aux Français.
05:54Alors, dans une législative partielle dans le Tarn-et-Garonne,
05:56Bruno Retailleau, votre collègue, enfin, ancien collègue du gouvernement,
05:59préfère un candidat soutenu par l'ERN à une socialiste.
06:02Sophie Prima, qui était porte-parole du gouvernement à côté de vous il n'y a pas longtemps,
06:06n'exclut pas de gouverner avec le Rassemblement national.
06:09Est-ce que, dans cette optique que vous souhaitez de responsabilité,
06:11est-ce que les Républicains vous inquiètent ?
06:14Ce type de déclaration et de décision, oui,
06:16face au Rassemblement national,
06:19quand il y a des candidats, et en l'occurrence socialistes ou républicains,
06:24vous n'êtes capables de faire un choix.
06:26J'appelle d'ailleurs, j'appelle modestement,
06:29mais j'appelle à voter pour cette candidate socialiste à Montauban,
06:33dans le Tarn-et-Garonne.
06:33Les Républicains vous inquiètent ?
06:35Certains d'entre eux, oui.
06:36Bruno Retailleau ?
06:37Je pense que quand on est chef d'un parti,
06:39quand on est gaulliste, on fait attention aux institutions
06:42et on fait attention aux valeurs.
06:43Merci infiniment.
06:45Manuel Valls, ministre des Tâches,
06:47démissionnaire chargé de l'Outre-mer,
06:48était l'invité des 4 vérités.
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