- il y a 5 mois
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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Jean-François Copé, maire du Meaux et ancien président de l'UMP.
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Jean-François Copé, maire du Meaux et ancien président de l'UMP.
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00:00Bonjour Maya, bonjour à tous, bonjour Jean-François Copé, merci d'être passé par les 4V.
00:08La France n'a ce matin ni gouvernement, ni budget, ni Premier ministre.
00:12François Bayrou a-t-il commis une faute lourde ?
00:15La journée d'hier restera comme celle d'une journée lamentable pour la classe politique nationale,
00:21je vous le dis avec un regard de maire, et puis d'autre part humiliante pour notre démocratie.
00:26J'ai parcouru un peu la presse européenne, c'est catastrophique, on passe vraiment pour ce qu'on est devenu,
00:34c'est-à-dire un pays dont les fondamentaux restent solides,
00:39et qui est poussé dans une descente aux enfers interminable par une classe politique qui a été lamentable.
00:46Lamentable ?
00:46Lamentable.
00:47Alors dans votre condamnation, il y a aussi celle du Président de la République,
00:50parce que votre solution, c'est le départ du Président de la République.
00:54Il dit qu'il a été élu pour cinq ans, vous ne connaissez ni poutchiste, ni mélenchoniste.
00:58Pourquoi vouloir vous en prendre au Président ?
01:00Non, non, mais vous savez très bien, j'ai pris le temps d'expliquer que mon propos n'a rien à voir
01:04avec celui de l'extrême gauche ou de l'extrême droite.
01:07J'ai simplement acté une situation, ça n'a rien de personnel.
01:10Changer de gouvernement nous amènera aux mêmes causes qui produiront les mêmes effets.
01:14Dissoudre à nouveau, ça veut dire un risque, soit de retrouver le même désordre,
01:19soit de faire arriver une majorité absolue pour le Rassemblement national.
01:23Ça se fait en quelques jours, il n'y a pas le temps de faire campagne.
01:26J'ai donc proposé cette idée qui me paraît être l'une des seules possibles,
01:30mais qui, je le vois bien, n'est pas arrivée du tout dans l'esprit du Président de la République,
01:34qui est de dire, finalement, quand on est à ce point désavoué,
01:37la question se pose de dire, je propose que dans six mois, au lendemain des municipales,
01:43moi, Emmanuel Macron, j'annonce ma démission, ce qui fait une présidentielle anticipée au mois de mai prochain,
01:49et ça donne le temps aux partis politiques, non seulement d'organiser le cas échéant des primaires
01:54pour avoir un candidat, et puis d'autre part, pour parler aux Français.
01:57Qu'est-ce qu'on veut pour l'avenir ?
01:58Ce qui a le plus manqué à François Bayrou, en réalité, c'est cette erreur considérable qu'il a faite
02:03de préférer dramatiser plutôt que d'expliquer.
02:07Parce que, de nos jours, il n'est pas bon d'expliquer, oh là là, ça ferait donneur de leçons.
02:10Alors, on n'explique pas les sujets.
02:12On a un problème médical, on est content que son médecin vous explique ce que vous avez.
02:16On ne demande pas aux professionnels de la politique, s'il en reste encore,
02:19d'expliquer les raisons pour lesquelles on doit baisser les dépenses publiques, par exemple.
02:22Donc, le résultat, c'est qu'il n'y a plus de débat, et donc c'est la prime à tous les simplismes,
02:27et dans ce domaine, les populistes se régalent.
02:29Mais, s'il ne veut pas partir, Emmanuel Macron, vous êtes d'accord qu'il n'y a aucun moyen de le forcer ?
02:33Aucun, c'est ce que, d'ailleurs, la Constitution était très claire, c'est-à-dire que quand je reçois des leçons de gaullisme
02:37de ceux qui le sont récemment ou pas du tout, en disant, ben non, on protège l'institution,
02:42je rappelle que le général de Gaulle...
02:43Vous pensez à qui ?
02:44Qui vous donne des leçons de gaullisme ?
02:45Ah ben, tout le monde. En dehors de Valérie Pécresse, ça, il faut le reconnaître,
02:49nous sommes deux à partager ce point de vue, mais sinon, tous les autres nous expliquent que...
02:52Donc, Bruno Rotaillot, Laurent Wauquiez, il vous donne des leçons de gaullisme.
02:54Non, mais enfin, c'est tout entendu.
02:56Donc, ce que je veux simplement vous dire, c'est que je rappelle que le général de Gaulle,
02:59lui, il a démissionné deux fois, et pas dans des petits moments,
03:03au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, parce que la classe politique était totalement désorganisée,
03:07ou en 1969, parce qu'il était...
03:09qu'il a lui-même organisée, parce qu'il est sorti par le haut, je le rappelle, après mes 68.
03:14Mais pourquoi je vous dis ça ?
03:15Parfois, ça peut être utile d'avoir un peu de profondeur historique.
03:18Voilà, ça permet d'éviter de vivre dans la dictature du quotidien,
03:21qui fait qu'on raconte n'importe quoi, et qu'on fait croire n'importe quoi
03:24à des Français qui sont parfaitement connaisseurs de la chose politique,
03:28et qui sont dégoûtés de ce qu'ils voient, et ils ont raison, malheureusement.
03:32Jean-François Copé, comme vous l'avez dit, l'idée de démissionner n'est manifestement pas arrivée
03:36aux oreilles du Président de la République, en tout cas dans la tête du Président de la République.
03:38Donc, il va devoir nommer un Premier ministre, il l'a dit qu'il le ferait dans les tout prochains jours,
03:43c'est l'expression de l'Élysée, qu'il faut une personnalité du Bloc central, selon vous ?
03:48On ne va pas nommer quelqu'un du Rassemblement national ou du Parti socialiste.
03:54Écoutez, de toute façon, quoi qu'il arrive, on est dans une situation bloquée,
03:59et on sait que les mêmes causes produisent les mêmes effets.
04:00Bon, la seule chose, c'est que si c'est un candidat du PS, je ne sais pas où il trouvera sa majorité.
04:05Parce que Mélenchon a clairement expliqué qu'il allait faire la peau à tout socialiste qui passe.
04:10Au passage, j'invite à méditer sur ce que c'est pour un parti de gouvernement de s'allier avec un parti extrémiste.
04:15Le PS, dans sa descente aux enfers, nous montre ce que ça donne d'être allié avec LFI.
04:21Franchement, Olivier Faure a prononcé les paroles de rupture avec Jean-Luc Mélenchon.
04:25Oui, face au moment des élections, où là, pour sauver son siège, il est tout de suite le premier à se jeter dans les bras de Mélenchon.
04:31Ça fait dix ans que c'est comme ça, et qu'on voit un PS qui a renoncé à la laïcité,
04:36qui a renoncé à toutes les valeurs de l'histoire de la gauche.
04:38Vous qui connaissez bien l'histoire de la gauche, ça doit quand même vous parler.
04:41Alors, ensuite, pour terminer là-dessus, ça ne peut pas être un socialiste.
04:44Ça veut dire qu'il faut à nouveau trouver quelqu'un, effectivement, de ce que vous appelez le bloc central.
04:49Même si moi, étant de droite, je pense que la notion de centre, il va bien falloir qu'un jour ou l'autre, elle s'arrête,
04:53parce qu'on voit bien que le, en même temps, paralyse le pays.
04:56Mais de toute façon, je vais vous dire une chose, Gilles Benchon, tout le monde fait semblant.
05:00Le gouvernement, il a fait semblant de faire des réformes considérables, il n'en a pas les moyens.
05:04M. Bayrou, il a fait semblant de dire des choses définitives, ça s'est terminé hier.
05:09Et quant au président de la République, il fait semblant d'avoir tous les pouvoirs alors qu'il n'en a plus.
05:12Sébastien Lecornu, dont on parle beaucoup, ce serait une bonne idée.
05:14Sébastien Lecornu, quelqu'un de remarquable, pour lequel j'ai la plus grande estime.
05:18Et si ça doit être lui, tant mieux.
05:20Mais ne nous trompons pas, je ne vois pas.
05:23Comment est-ce qu'on peut tenir durablement dans une situation où un gouvernement n'a pas la majorité ?
05:27On a lu et entendu des déclarations étonnantes ces derniers temps sur le Rassemblement national.
05:32On va en voir deux.
05:33D'abord celle de Laurent Wauquiez qui souhaite un candidat qui irait de Gérald Darmanin à l'eurodéputée Sarah Knaffo.
05:40Et alors plus étonnant encore, on va voir des déclarations de Nicolas Sarkozy dans Le Figaro.
05:45Le RN est un parti qui a le droit de se présenter aux élections.
05:48Il peut donc aussi les gagner si c'est le choix des Français.
05:51À mes yeux, il appartient à l'arc républicain.
05:53Est-ce qu'une digue parmi les responsables de la droite dite de gouvernement, est-ce qu'une digue est en train de tomber vis-à-vis du RN ?
05:59Alors d'abord je voudrais dire une chose.
06:01Le débat n'est pas de savoir si le RN est républicain ou pas républicain.
06:05C'est typiquement le faux débat.
06:07Le véritable sujet, c'est qu'il y a en réalité deux catégories de partis politiques.
06:12Il y a les partis politiques qui sont dits de gouvernement,
06:15c'est-à-dire qui savent et qui assument que les problèmes sont compliqués
06:18et que les réponses ne peuvent pas être simplement je renverse la table, je vire les boucs émissaires
06:22pour les uns les étrangers, pour les autres les capitalistes, etc.
06:26Je parle à ce moment-là de l'autre catégorie, c'est-à-dire les partis qu'on appelle populistes ou extrémistes
06:31qui eux considèrent qu'en réalité la brutalité, la radicalisation tient lieu de gouvernement.
06:37Je vous interromps, il reste...
06:37Non, non, non, non, allez-y si vous voulez, interrompez-moi.
06:40Quand Nicolas Sarkozy dit que le RN peut aussi gagner les élections si c'est le choix des Français,
06:47quand on gagne les élections, on gouverne.
06:49Un ancien président de la République dire que le RN peut gouverner la France aujourd'hui,
06:54est-ce que vous, ça vous surprend, ça vous choque, ça vous convient ?
06:58Non, ça ne me convient pas, je ne veux pas vous dire que ça me convient.
07:00En revanche, il y a en réalité quelque chose qui pour moi est majeur,
07:05c'est le choix des Français en connaissance de cause.
07:06Donc pas dans une précipitation d'une dissolution où là on a huit jours pour décider,
07:11mais pour une présidentielle, oui.
07:12Parce qu'à l'occasion d'une présidentielle, chaque candidat présente ses idées.
07:16Alors après, il y a un deuxième sujet qui est celui qui…
07:19Est-ce que Nicolas Sarkozy, en disant ça, prépare d'une certaine manière l'union des droites ?
07:22Alors j'y viens.
07:23L'union des droites comme en Italie.
07:24C'est le deuxième sujet.
07:25Venez vite parce que c'est terminé.
07:26Bon, c'est le deuxième sujet.
07:27Sur le deuxième sujet, pour ce qui me concerne, ce débat doit avoir lieu,
07:30et pour ce qui me concerne, je m'y oppose parce que ce n'est pas l'union des droites,
07:33c'est l'union d'un parti de gouvernement, le nôtre,
07:35avec un parti extrémiste ou populiste dont les propositions ne sont pas du tout les nôtres
07:39et ne correspondent pas à notre philosophie.
07:41Je vous ai dit tout à l'heure ce que j'en pensais pour le PS
07:43qui a tout perdu en s'alliant avec l'extrême gauche.
07:46Je n'ai pas besoin de vous faire un dessin sur ce que je pense
07:48des Républicains qui ne doivent pas tomber dans ce piège.
07:50Eh bien, le dessin était clair quand même.
07:52Merci beaucoup Jean-François Copé à vous, Maya.
07:53Merci beaucoup à tous les deux.
07:54Merci, Sophie.
07:55Merci à vous.
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