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  • il y a 4 mois
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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Jean-Philippe Tanguy, député de la Somme et président délégué du groupe RN à l'Assemblée.

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Transcription
00:00Bonjour à tous, bonjour Jean-Philippe Tanguy, merci d'être passé par les 4EV.
00:07Je voudrais qu'on aborde la question de la Palestine par le côté politique.
00:12Une dissolution n'est pas à exclure, votre arrivée au pouvoir non plus.
00:16Le Président de la République a reconnu l'État de Palestine au nom de la France,
00:20pas au son nom propre, au nom de la France.
00:22Vous, vous y êtes opposé.
00:24En cas de cohabitation, comment ça se passe ?
00:26Écoutez, ce sera forcément un sujet de tension, évidemment.
00:29Nous sommes tellement opposés à cette reconnaissance,
00:32non pas que nous soyons contre le fait que la Palestine soit reconnue un jour
00:35quand l'autorité palestinienne sera pacifique et capable de représenter ce peuple dignement.
00:40Mais aujourd'hui, malheureusement, M. Macron a reconnu la violence,
00:44le pire des terrorismes possibles, en reconnaissant la Palestine après 60 ans d'histoire
00:49et deux ans après le pogrom du 7 octobre.
00:54Et donc, c'est terrible que la pire des violences ait permis la reconnaissance de cet État
00:59et non un processus de paix, comme la France l'avait toujours dit.
01:02Mais donc, je dois comprendre que vous ne respecteriez pas vraiment le domaine réservé
01:07du Président de la République, que vous exigeriez au moins qu'il soit partagé.
01:12Mais absolument.
01:13D'ailleurs, Marine Le Pen avait été très claire dans la dernière législative.
01:17Le domaine réservé du Président de la République existe,
01:19mais il n'est pas de l'ampleur que revendiquaient M. Macron et d'autres.
01:22Certains nombres de constitutionnalistes et d'ailleurs de diplomates l'expliquent très bien.
01:27Encore hier, dans les colonnes du Figaro, l'ancien ambassadeur en Algérie, M. Driancourt, expliqué...
01:32Très proche de vous.
01:33Oui, mais très proche de nous.
01:35Historiquement, M. Driancourt a fait sa carrière.
01:37Je précise que Xavier Driancourt est désormais très proche du Rassemblement national.
01:40Oui, moi personnellement, je ne le connais pas.
01:43Et la tribune qu'il a fait dans le Figaro avec d'autres qui ont pris ses positions est très claire.
01:48Mais est-ce que c'est la priorité aujourd'hui des Français d'avoir des tensions entre le gouvernement,
01:53le Rassemblement national éventuel, et M. Macron ?
01:55Je ne pense pas.
01:56Je pense que la priorité, c'est le pouvoir d'achat, la sécurité, la justice, l'éducation.
01:59Non mais voilà.
02:00On va en parler.
02:01Évidemment, ce ne serait pas.
02:02On va en parler, mais c'est quand même important.
02:03Parce que là, comment dire, c'est dur à partager.
02:05La reconnaissance, c'est binaire.
02:06C'est tu veux ou tu ne veux pas.
02:07C'est vrai.
02:08Comment fait-on ?
02:09C'est vrai, mais M. Macron n'a pas non plus tenu compte de l'opinion très large des Françaises et des Français,
02:14au-delà du Rassemblement national, qui a été contre cette reconnaissance.
02:16Non, deux tiers.
02:17Enfin, c'est un tiers, un tiers, un tiers.
02:19Un tiers contre, un tiers pour reconnaissance sous condition, un tiers pour la reconnaissance telle qu'il a fait.
02:24Dans les opinions exprimées, c'était une large majorité, M.
02:26Dans les opinions exprimées, parce que les abstentions, on ne peut pas les prendre en compte que quand ça nous arrange.
02:32Et la réalité, c'est que M. Macron n'a tenu aucun compte.
02:34Dans une période de tension en France que l'on connaît, rajouter encore un sujet de division en France entre les Françaises et les Français,
02:42est-ce que c'était le moment ?
02:43Je ne crois pas, d'ailleurs, pour obtenir absolument rien du tout, d'ailleurs, de la part du Hamas, évidemment,
02:48qui se moque totalement des conditions posées par Emmanuel Macron.
02:51Par contre, aux compatriotes de confession juive qui connaissent une flambée et qui subissent une flambée d'antisémitisme depuis deux ans,
02:57eux se sentent trahis, ils ont raison de se sentir trahis.
03:00Deux petites questions encore de politique étrangère, si vous le voulez bien.
03:02Emmanuel Macron a dit hier que la France est prête à participer à une éventuelle mission internationale de stabilisation à Gaza.
03:11Vous, aux manettes, est-ce que vous autorisez des soldats français à participer ?
03:14Ou là aussi, ça sera un sujet de tension avec le président ?
03:18La doctrine, elle est très claire.
03:20C'est l'ONU qui peut permettre à la France d'intervenir avec d'autres forces pour assurer des missions de la paix.
03:26Un pays a le choix ou non de participer à des missions de l'ONU.
03:32Est-ce que l'ONU aujourd'hui est capable de donner un mandat à la France pour garantir cette force à Gaza ?
03:37Non, ça n'existe pas.
03:38Donc une fois plus, c'est comme l'Ukraine malheureusement.
03:40Aujourd'hui, il faut un processus de paix et aboutir à un processus de paix qui permette ce mandat de l'ONU.
03:45J'ai l'impression qu'il n'y a plus, et d'ailleurs, ce n'est pas qu'une impression,
03:47il n'y a plus que le Rassemblement National avec Marine Le Pen et Jordan Bardella
03:51qui respectent l'ONU, le droit international et les processus que notre pays a toujours respectés.
03:57Et nous intervenons sous le mandat de l'ONU, nous ne sommes jamais intervenus sans le mandat de l'ONU.
04:01En l'état, cette mission internationale de stabilisation, même décidée par l'ONU,
04:06a priori, une France dirigée par le Rassemblement National n'y participerait pas ?
04:10Mais s'il y avait des mandats de l'ONU, nous pourrions participer à n'importe quelle force d'intervention de la paix.
04:14Mais vous le savez très bien, monsieur, qu'aujourd'hui, un mandat de l'ONU à Gaza
04:18ou dans les autres territoires palestiniens, ça n'existe pas.
04:22Les Russes multiplient les tests, les provocations.
04:24Hier, des drones ont survolé l'aéroport de Copenhague.
04:26Ce n'est pas encore formellement attribué aux Russes, mais enfin, il y a de fort soupçons.
04:30Est-ce qu'il faut riposter ? Est-ce qu'il faut, par exemple, abattre des affions russes
04:34qui pénètreraient dans l'espace aérien européen, comme le président Trump l'a dit hier ?
04:40Mais ce qui est certain, c'est que l'espace des pays membres de l'OTAN est absolument souverain
04:46et qu'il est hors de question de laisser des avions y pénétrer.
04:49Une fois qu'on a dit ça, est-ce qu'on abat les avions qui pénètrent ?
04:52Mais c'est très simple, il faut que l'information soit vérifiée et vérifiable.
04:56Vous savez qu'au début du conflit avec l'Ukraine, toute la presse s'était agitée
04:59sur un missile qui était tombé en Pologne.
05:02Et dans la soirée même, certains réclamaient la guerre avec la Russie
05:06et il s'est avéré que ce n'était pas un missile russe.
05:08Donc il faut que les informations soient claires, il faut arrêter d'être dans la psychose permanente
05:11et s'ajouter sur des informations qui ne sont pas vérifiées.
05:14Donc si la souveraineté des États, évidemment, n'est pas respectée, il faut se faire respecter.
05:20C'est une évidence, sinon ça ne sert à rien, comment dire, d'avoir un droit international
05:24et d'avoir une alliance militaire.
05:25Mais aujourd'hui, cessons, au moindre événement, à la moindre rumeur, d'appeler à la guerre.
05:30Nos dirigeants n'ont que la guerre à la bouche sur tous les sujets
05:33et on a l'impression qu'ils n'ont absolument pas conscience de la gravité des mots qu'ils emploient.
05:39Le Premier ministre reçoit aujourd'hui les syndicats, demain les patrons, indépendamment du fonds.
05:44Est-ce que vous avez le sentiment qu'ils s'y prennent bien, Sébastien Lecornu ?
05:47Non, je ne pense pas qu'ils s'y prennent spécialement bien.
05:50Ils perdent beaucoup de temps.
05:51Les Français sont très inquiets de la situation budgétaire, des urgences du pays.
05:55La situation économique du pays est extrêmement grave.
05:57Il y a beaucoup d'usines qui sont en plan social ou qui connaissent des difficultés.
06:01On a l'ancien Peugeot, Stellantis, à Poissy, qui annonce la fermeture temporaire de ses activités.
06:082000 ouvriers qui n'auront plus de travail, avec des sous-traitants, avec des donneurs d'ordre.
06:14Ils ont besoin de réponses urgentes à la situation.
06:17Et M. Lecornu fait des accords d'appareil.
06:19Et les hommes et les femmes politiques se regardent le nombril au lieu de parler de la France et des Français.
06:23Donc, franchement, moi, je ne comprends pas comment des gens qui connaissent la situation du pays
06:28peuvent être aussi déconnectés des réalités et perdre un temps précieux.
06:31Tout M. Lecornu connaît très bien la situation du budget.
06:34Il sait très bien où on en est.
06:36On croule sous les rapports.
06:37On croule sous les notes sur la situation budgétaire.
06:40Il sait très bien les décisions qu'il faut prendre.
06:42Et il perd du temps, un temps qui est aujourd'hui précieux.
06:44– Si les socialistes obtiennent, ce qui ne paraît pas totalement exclu aujourd'hui,
06:48le retrait de l'année blanche, plus de pouvoir d'achat,
06:51voire la suspension de la réforme des retraites,
06:55est-ce que vous pourriez accepter ce budget ?
06:58– Ce sont des demandes formulées aussi par le Rassemblement national.
07:01– D'où ma question.
07:01– Très bonne question, mais la réponse, c'est comment on finance tout cela ?
07:05Car si la réponse est encore plus d'endettements ou des espèces de poules aux œufs d'or
07:09comme la taxe du Kman qui n'existe pas, il faut faire des économies structurelles.
07:12Et moi je vois aujourd'hui qu'à part le Rassemblement national
07:15qui veut s'attaquer au grand tabou, le coût de l'immigration,
07:18le coût de l'Union européenne, le coût des normes,
07:20le coût du millefaille administratif,
07:21bref, toutes ces politiques qui nous ont mis dans cette situation depuis 50 ans,
07:25eh bien le Parti socialiste ne propose rien.
07:26– Vous êtes prêt à laisser ce point ?
07:28Si le Parti socialiste obtient par exemple la suspension de la réforme des retraites
07:31contre laquelle vous avez vraiment protesté,
07:33vous êtes prêt à lui laisser le point ?
07:35– Ah mais moi je me moque totalement de laisser des points à des partis politiques.
07:38La réalité c'est ce que c'est l'intérêt national.
07:40Et l'intérêt national c'est oui protéger ces acquis sociaux
07:43qui sont totalement légitimes,
07:45mais il faut les financer par des économies.
07:47Sinon c'est les Français qui paieront par leurs impôts pour payer la dette,
07:50car la dette sera payée et malheureusement vous savez qu'elle coûte de plus en plus cher
07:53puisque les taux d'intérêt sont aujourd'hui très élevés
07:56et qu'on va payer plus de charges de la dette que le budget d'éducation nationale.
08:00Donc ça, il n'y a pas de formule magique.
08:02– Alors il n'y a pas de formule magique, on peut baisser les dépenses,
08:04on peut aussi augmenter les recettes.
08:05On ne vous a pas senti très à l'aise dans le débat sur la taxation des plus riches.
08:09Vous êtes contre la taxe Zuckman, on a compris,
08:11même si vous vous êtes abstenu à l'Assemblée nationale,
08:14ce qui a permis qu'elle passe, sans être appliqué pour l'instant.
08:18Vous, vous voulez un impôt sur la fortune financière, c'est quoi ?
08:22– Tout à fait, il s'agit d'imposer les revenus des plus aisés,
08:26c'est 1% de la population, sur leur patrimoine financier spéculatif,
08:31des patrimoines d'actions de plus d'un million d'euros par exemple.
08:34Bon, ça ne concerne pas les petits porteurs parce qu'il y a beaucoup d'intoxication aussi.
08:38– Mais c'est pareil que la taxe Zuckman d'une certaine manière,
08:39parce que si vous imposez les actions, c'est un outil professionnel.
08:43– Notre IFF protège l'outil industriel des PME, PMI, des industries,
08:49les biens professionnels des agriculteurs par exemple, tout ça est exclu du IFF.
08:52– Ça rapporte combien ?
08:53– Ça rapporterait entre 3 et 5 milliards.
08:55– Entre 3 et 5 milliards, à la place de l'impôt sur la fortune immobilière ?
08:59– Oui, à la place de l'impôt sur la fortune immobilière.
09:00– Donc vous n'avez rien comblé du tout ?
09:02– Non, c'est en aide de la suppression de l'IFI,
09:06donc en tout ça rapporterait beaucoup plus,
09:08et c'est en aide de la suppression de l'IFI, évidemment, je vous parle en aide.
09:11Mais la taxe Zuckman aujourd'hui, faire croire que la taxe Zuckman
09:14pourrait rapporter sur quelques familles 3 à 4 fois plus que ce que rapportait l'ancien ISF,
09:19c'est évidemment un mensonge,
09:20et si les socialistes avaient eu cette poule aux oeufs d'or
09:22quand François Hollande était au gouvernement, il l'aurait fait.
09:24Donc moi je suis très inquiet aussi, si vous voulez, de la tenue du débat,
09:28de cette caricature, faire croire que M. Arnaud va rester en France
09:30et payer chaque année 2 milliards d'impôts sur sa seule personne,
09:33je pense que c'est mentir aux gens, c'est pas très sérieux.
09:36Et il y a beaucoup d'économistes, y compris de gauche,
09:37qui pensent qu'une nouvelle, comment dire, qu'une forme de taxation
09:40sur la fortune financière entre 4 et 5 milliards d'euros net
09:44est beaucoup plus crédible.
09:46Jean-Philippe Tanguy, vice-président délégué du groupe Rassemblement National,
09:50était l'invité des 4 vérités.
09:51Bonne journée à tous.
09:52Merci à tous les deux.
09:53Sous-titrage Société Radio-Canada
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