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  • il y a 1 an
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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste.

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Transcription
00:00– Bonjour Maïa, bonjour à tous, bonjour Olivier Faure.
00:06– Bonjour Richard Brunstein.
00:07– Factuellement, lundi matin, 8h10, vous en êtes où avec Sébastien Lecornu ?
00:11Les négociations ont commencé, vous avez rendez-vous ?
00:14– On a rendez-vous mercredi matin et donc nous le verrons pour la première fois à ce moment-là,
00:19après qu'il ait reçu les syndicats.
00:21– Mais jusqu'à présent, aucune négociation ?
00:23– Aucune.
00:24– Tiens, ils y sont tous allés dans la majorité, disant ce week-end c'est avec la gauche,
00:28et le disant assez clairement, c'est avec la gauche et le PS qu'on doit dégocier.
00:32Est-ce que c'est un bon point ?
00:34– Ce sont des mots pour l'instant et donc on verra bien ce qu'il se passe.
00:38– Mais des mots aujourd'hui ?
00:39– Des mots qui sonnent à nos oreilles peut-être,
00:42mais enfin la réalité c'est que pour l'instant nous n'avons encore rien vu.
00:45Et donc j'attends de savoir, vous savez que MEDEF France disait,
00:49gouverner c'est choisir et donc demain il aura à choisir entre ce que lui disent les républicains,
00:55ce que lui dit le patronat avec le MEDEF,
00:58et j'ai lu avec attention ce que Patrick Martin lui a signifié hier,
01:02et ce que nous disons nous,
01:04c'est-à-dire qu'il faut de la justice sociale, de la justice fiscale,
01:07il faut engager la transition écologique,
01:09il faut faire en sorte que ceux qui vivent mal puissent vivre mieux,
01:12et pour l'instant nous en sommes loin.
01:14– Alors on va aborder quelques points,
01:15vous dites il faut, ce sont des mots mais il faut choisir,
01:18il y en a un sur la fiscalité sur les riches,
01:20il y en a un qui semble avoir choisi,
01:21faut-il taxer davantage les riches ?
01:24Écoutez la réponse du ministre de l'économie,
01:26c'était samedi soir à questions posées par Laurent Delahousse,
01:30écoutez surtout les premiers mots.
01:32– Bien sûr, puisque quelle est la situation ?
01:35Nous allons demander à tous les Français un effort,
01:39effort dont nous souhaitons qu'il soit bien réparti et soutenable,
01:43d'ailleurs les dépenses publiques vont continuer malgré tout à augmenter l'année prochaine,
01:46mais cet effort il doit être plus important pour les plus favorisés d'entre nous.
01:51C'est une évidence, simplement, nous voulons protéger le patrimoine professionnel,
01:57parce que c'est le patrimoine professionnel qui permet de créer des emplois,
02:00qui permet de créer de la croissance.
02:02– Alors vous avez entendu la réponse, faut-il taxer davantage les riches ?
02:05Bien sûr, donc ça semble acquis,
02:07mais en enlevant le patrimoine professionnel,
02:10est-ce que c'est un deal qui pourrait vous convenir ?
02:12– Non.
02:12– Non ?
02:13– Non, parce que quand vous parlez de patrimoine professionnel,
02:16pour vous, vous pensez à la machine outil,
02:18vous pensez au tracteur, vous pensez au métier à tisser, pas du tout.
02:22En fait, là, on parle d'action en réalité.
02:25Et donc la fortune des ultra-riches, elle est essentiellement en action.
02:30Et donc si vous dites que la base imposable,
02:33eh bien on retire ce qui est l'essentiel de leur richesse,
02:36en réalité vous n'avez rien à imposer.
02:38Et c'est d'ailleurs tout le problème.
02:39Jusqu'ici, nous avions l'impôt sur la fortune,
02:42sur les grandes fortunes.
02:44– Qui a été supprimé ?
02:45– Qui a été supprimé par le gouvernement Macron.
02:47Et qui rapportait très peu.
02:49Pourquoi ? Parce qu'il touchait…
02:50– 5 milliards d'euros en gros.
02:52– Trop peu.
02:53Et donc il touchait qui ?
02:54Il touchait, pardon de l'expression, mais les petits riches,
02:57et il épargnait les ultra-riches.
02:59Parce que les ultra-riches, ils placent leur argent dans des holdings,
03:02et donc en réalité, ils ne payent pas d'impôts sur ce qu'ils touchent.
03:05– Je ne suis pas d'accord, pas d'accord si le mécanisme sur la fiscalité des plus favorisés
03:10ne comprend pas les actions et l'outil professionnel.
03:14– C'est toute la vertu de la taxe Zuckmann dont on parle beaucoup.
03:17Parce qu'elle permet justement de dire,
03:19vous avez un patrimoine qui a plus de 100 millions d'euros,
03:22vous devez payer, et c'est une taxe différentielle.
03:24C'est-à-dire qu'en réalité, si vous avez déjà payé les impôts par ailleurs
03:27qui vous permettent d'arriver à 2% de votre patrimoine,
03:29vous ne payez rien de plus.
03:30Mais ça suppose quand même qu'effectivement,
03:33des gens qui ont d'immenses fortunes puissent contribuer.
03:36C'est ça aussi le patriotisme dans un pays qui se réclame
03:40donc de la solidarité, du patriotisme fiscal.
03:44– Parlons du montant de l'effort de réduction du déficit.
03:47Yael Brunpivet, la présidente de l'Assemblée nationale,
03:49appelle le Premier ministre à renoncer aux 44 milliards d'euros
03:53que voulait faire François Bayrou.
03:54Elle propose un plan à 35-36 milliards d'euros.
03:57C'est 10 milliards d'économies en moins,
04:00donc à la fin 10 milliards de plus,
04:02qui ne seront pas enlevés de la poche des Français.
04:05Est-ce que vous prenez 35 milliards d'euros ?
04:08– Mais là aussi, moi je ne sais pas ce que ça veut dire 35 milliards.
04:11Ça dépend sur qui on les prend.
04:13Si on les prend sur les services publics,
04:14sur l'hôpital, sur l'éducation,
04:16si on les prend sur les retraités, sur les malades,
04:18si on augmente les franchises,
04:19si on dérembourse les médicaments, ça ne me va pas.
04:22Mais en revanche, si on dit qu'il y a un moyen
04:24de les prendre sur les ultra-riches d'une part,
04:27sur les multinationales qui optimisent brutalement,
04:32sur les GAFAM, sur ces exonérations de cotisation
04:35qui ont coûté tant à l'État,
04:38oui, effectivement, il y a peut-être une possibilité d'y aller.
04:39– D'accord, donc Jean-Romar, vous vous dites clairement ce matin,
04:42vous vous étiez à 21 milliards d'euros,
04:44le gouvernement précédent à 44,
04:4735 milliards d'euros, ça vous paraît un montant de réduction du déficit
04:50qui, si on trouve les moyens, n'est pas forcément aberrant.
04:54– Mais moi je suis prêt à faire 100 milliards d'économies
04:56si vous les prenez sur des gens qui peuvent le supporter.
04:59Ce que je ne veux pas, c'est que les Français de la classe moyenne,
05:02des classes populaires, se retrouvent demain
05:03à payer une facture d'une dette dont ils ne sont pas responsables.
05:07Pourquoi est-ce qu'il y a une dette aujourd'hui ?
05:09Parce qu'on a privé l'État de recette.
05:10– Mais c'est les impôts, compris.
05:12Sébastien Lecornu a dit très clairement dans son interview
05:14à la Presse quotidienne régionale,
05:16le budget que je présenterai ne sera pas le budget que je veux moi,
05:18je devrais faire des concessions.
05:20Est-ce que vous, Olivier Faure, vous dites,
05:22le budget qui sera présenté ne sera pas celui que je veux moi,
05:25celui que vous avez présenté à Blois,
05:27mais qu'il va falloir discuter ?
05:30– Moi je suis favorable à l'idée qu'effectivement,
05:33chacun comprenne que dans ce Parlement,
05:36il n'y a pas de majorité absolue,
05:37ni pour la droite, ni pour la gauche.
05:39– Mais la conclusion de ça,
05:41est-elle de dire que ça ne sera pas mon budget ?
05:43– Ça suppose à un moment que chacun comprenne
05:44que ce ne sera le budget de personne,
05:46ce sera le budget qui sera discuté au Parlement
05:50et qui permettra à un moment de trouver
05:51ce qui peut permettre de faire accord entre nous,
05:54si accord il y a.
05:55– Samedi, vous étiez à la fête de l'UMA
05:58et ça s'est passé comme ça.
05:59– J'aimerais comprendre quelles sont les raisons
06:03qui vous poussent à me nuer,
06:05après je n'ai pas encore parlé.
06:07Qui est ici ?
06:10– Fête de la gauche,
06:13pendant laquelle vous avez été sifflé.
06:15Le groupe, comment dirais-je,
06:16le groupe vit bien, comme on dit au football ?
06:19– Oui, il vit bien, en fait…
06:20– Il ne vit pas très bien.
06:21– Mais il y a de la confrontation, c'est normal.
06:24– Vous avez été sifflé à la fête de l'UMA.
06:25– J'ai été applaudi à la fin,
06:27ce qui prouve qu'en fait, quand on se parle,
06:29quand on s'écoute deux secondes,
06:31à la fin ça se passe bien.
06:32Et donc je remarque que j'ai commencé en étant hué,
06:36j'ai fini par être applaudi.
06:38Pour ceux qui étaient d'autres camarades,
06:41ça s'est passé exactement à l'inverse.
06:42– Vous parlez des insoumis et d'Adrien Crouet.
06:44– Je parle des insoumis, voilà.
06:45Donc ce que je veux dire là,
06:46c'est que chacun évidemment,
06:48quand on se limite à des slogans,
06:50quand on se limite à des rumeurs,
06:51quand on laisse penser que j'aurais pu dire par exemple
06:54que je gouvernerais avec les macronistes,
06:57je comprends qu'il y ait des gens que ça soulève.
06:59Mais simplement quand on leur explique
07:00que ça n'a jamais été le cas
07:01et qu'y compris toutes les fake news
07:04qui sont en permanence répandues sur les réseaux sociaux
07:06ne correspondent à rien,
07:07effectivement ça se passe mieux.
07:09– Dernière question, réponse rapide s'il vous plaît.
07:11Jeudi, mouvement de grève interprofessionnel.
07:14Souhaitez-vous jeudi une France à l'arrêt ?
07:17– Oui, je souhaite que le mouvement de mobilisation
07:20à l'appel de l'intersyndical soit massif.
07:23Parce que c'est maintenant qu'il faut créer un rapport de force
07:26et montrer à la fois au gouvernement,
07:28montrer au patronat,
07:29montrer à toutes celles et ceux
07:30qui se refusent à plus de justice
07:33et bien que le moment est venu
07:34de rompre avec ce qui a été conduit pendant huit ans.
07:37Et donc jeudi,
07:38c'est le moment d'en faire la démonstration.
07:40– Olivier Faure qui a rendez-vous mercredi matin
07:42avec le Premier ministre.
07:44Vous êtes l'invité des quatre vérités.
07:45Bonne journée à tous.
07:46– Merci.
07:47– Sur France 2, tant qu'à faire.
07:48– Sous-titrage ST' 501
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