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  • il y a 4 mois
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier Ministre.

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Transcription
00:00Bonjour Maya, bonjour à tous. Bonjour Monsieur le Premier Ministre.
00:06Donald Trump lui-même a annoncé un cessez-le-feu à Gaza.
00:10Les otages et des centaines de présidents zoniers palestiniens vont être libérés.
00:14Israël va arrêter les tirs sur Gaza.
00:17Donald Trump est-il d'une certaine manière celui qui quand même a permis cet accord ?
00:22Il a très mal commencé sur ce dossier. Il a été très coupable.
00:26Je pense à la Riviera, Gaza, je pense à beaucoup de choses qui ont permis finalement une accélération des horreurs.
00:32Mais aujourd'hui on est obligé de saluer cette initiative parce qu'au fond la libération des otages c'était un élément clé.
00:39L'horreur c'est 7 octobre. La libération des otages était nécessaire pour toute perspective d'avenir.
00:44Et donc saluons cette initiative.
00:46On sait qu'il est obsédé par le prix Nobel de la paix. Il le mérite ?
00:49Absolument pas mais je ne pense pas du tout.
00:52Je pense que le prix Nobel de la paix impose quand même une vision humaniste qui n'est pas celle de la radicalité comme développe Trump.
01:00Trump n'est pas un homme de rassemblement. Trump est un homme de radicalité.
01:04Il parle au sien et rien qu'au sien.
01:06Vous avez entendu hier Sébastien Lecornu sur ce plateau, enfin plutôt sur le plateau d'à côté au 20h, dire qu'il y a eu une voie de passage.
01:14Alors vous êtes un homme politique expérimenté. Ancien Premier ministre, quel scénario de sortie de crise imaginez-vous ?
01:21Écoutez, je suis d'abord reconnaissant à Lecornu d'avoir mené un travail très difficile, très ingrat.
01:28Il l'a fait avec honnêteté, avec simplicité et je trouve que c'était un bon travail.
01:36Néanmoins, la situation me paraît impossible aujourd'hui, reste impossible, très difficile.
01:41Nous sommes dans une impasse.
01:42Pourquoi ? Parce que la Vème République est une République qui est fondée sur l'unité de la majorité, une majorité qui gouverne.
01:50La légitimité, c'est d'avoir une majorité de Français pour soi.
01:53C'est là où est la source du pouvoir de la Vème République.
01:56Or aujourd'hui, il n'y a pas de majorité à l'Élysée, il n'y a pas de majorité à Matignon, il n'y a pas de majorité au Parlement.
02:01Et donc, comme nous sommes à la recherche de quelque chose qui est inatteignable, on n'arrive pas et on est dans une paralysie.
02:08Il n'y a dans ce Parlement en fait que deux voies, soit la voie de la majorité, soit la voie de la coalition.
02:13Et pour le moment, le Parlement a montré qu'il refusait la coalition.
02:16Et le Parlement est dans une sorte de dérive suicidaire.
02:19Et comme il n'y a pas de majorité, il pourrait y avoir une coalition.
02:23S'il n'y a pas de majorité, d'autres pays fonctionnent avec les coalitions.
02:27Mais je crois que notre société est très idéologique.
02:29Vous êtes très pessimiste.
02:30Et je crois qu'aujourd'hui, le fait majoritaire, il vient d'où ?
02:34Il vient de l'élection présidentielle.
02:35Parce qu'au second tour d'une présidentielle, il n'y a que deux candidats.
02:38Donc celui qui gagne, il a forcément une majorité.
02:41Édouard Philippe a-t-il eu raison, dont vous n'avez jamais caché votre proximité avec lui,
02:46Édouard Philippe a-t-il eu raison de demander des élections présidentielles anticipées ?
02:51Je crois que, sur le fond, il a raison.
02:54Parce que c'est l'élection présidentielle qui produit la majorité.
02:57Si on court derrière l'idée d'une majorité, il faudra aller à une élection anticipée.
03:02Vous demandez aussi le départ, même différent du président de la République ?
03:04Non, non, non, je ne veux pas rentrer dans ce jeu-là.
03:08Parce que, de toute...
03:09Non, je veux dire, l'analyse.
03:11Il y a une autre solution.
03:13Vous êtes un analyste, vous êtes un homme politique.
03:14Oui, l'homme politique que je suis vous dit qu'il y a deux chemins.
03:17Vous avez celui de la majorité.
03:19Si l'on cherche la majorité, c'est l'élection présidentielle qui le produira.
03:23Mais aujourd'hui, nous sommes dans un cas de figure où nous cherchons la coalition.
03:26Nous cherchons un accord.
03:27Vous avez dit vous-même que ce n'était pas possible.
03:29Mais M. Lecornu dit qu'il y a un chemin.
03:31D'accord.
03:31Donc je ne suis pas quelqu'un qui veut casser la baraque.
03:33Je crois...
03:34Ça ne sert à rien d'accabler le président de la République.
03:37Ça ne sert à rien d'affaiblir la France.
03:38Ça ne sert à rien de se diviser.
03:40Il faut pouvoir se...
03:40S'il y a un chemin, il faut l'emprunter.
03:42Donc ce n'est pas moi qui vais mettre une barrière sur une hypothèse de chemin.
03:46Je suis pessimiste sur l'idée, par exemple, qu'on puisse reprendre le dossier des retraites aujourd'hui.
03:54Si...
03:54Reprendre, on veut dire suspendre.
03:56Vous ne souhaitez pas la suspension de la réforme.
03:59Je pense que ce serait un très mauvais signal donné au marché.
04:02Vous savez, il y a pour le moment cette dérive suicidaire du Parlement qui conduit à une paralysie.
04:06Mais il y a aussi...
04:07Ça, c'est le premier problème.
04:08Le deuxième problème, c'est le coût de la paralysie.
04:10Qu'est-ce qui est plus important, c'est de trouver une majorité ou de faire plaisir au marché ?
04:14Si suspendre la réforme permet de trouver la majorité...
04:18Le marché, ça veut dire que c'est des coûts du milliard.
04:20C'est que cette crise nous coûte des milliards et des milliards.
04:22Et donc, il va falloir sortir de cette crise.
04:25Si on peut en sortir par une coalition, je suis pour.
04:27Mais envoyer comme signal qu'on remet en cause les seules économies qu'on a été capables de faire dans la période précédente et qu'on les remet en cause et qu'on va lever un impôt pour payer une remise en cause d'efforts qui a déjà été faits, c'est vraiment, pour moi, absurde.
04:41Mais sans ça, il n'y a pas de coalition.
04:42Mais sans ça, il n'y a pas de coalition.
04:43C'est donc la question aujourd'hui qui est posée.
04:46Mais s'il trouve un accord, moi, je pense que ce sera difficile de faire voter la droite pour une réforme des retraites ou une subvention des retraites.
04:53Ça, je pense que ce sera difficile.
04:54Mais s'il y arrive, je dis chapeau à l'artiste.
04:57Et donc, moi, je souhaite que nous sortions de cette crise.
04:59Je pense à la France et je pense que cette crise nous coûte cher.
05:02Il y a la paralysie, cette course suicidaire du Parlement qui souhaite presque quasiment sa dissolution, ce qui est un paradoxe incroyable.
05:11Mais d'une certaine manière, et s'il peut y avoir coalition, jouons la carte de la coalition.
05:15Mais c'est pour ça que l'analyse d'Edouard Philippe, elle a ceci d'intéressant, qu'est le fait majoritaire dans la Ve République, il naît de l'élection de la présidentielle.
05:24Et si le président n'a pas de majorité au Parlement...
05:27Ce n'est pas Alain Duhamel, si je puis dire, qui fait des analyses politiques.
05:29C'est un ancien Premier ministre qui réclame le départ du président.
05:32Non, il ne dit pas ça.
05:34Il dit d'abord qu'une présidentielle anticipée, ça veut dire que c'est le président.
05:38Il a plus dans l'idée d'une sorte de pacte, du pacte de président entre le président et le Parlement
05:42pour qu'il y ait d'abord un accord sur les budgets, qu'il y ait un accord sur les municipales,
05:47qu'il y ait un ensemble de choses qui pourraient conduire à des élections anticipées.
05:52C'est quelque chose qui passe par la volonté du président.
05:55Il faut respecter le président, il faut respecter sa volonté, il faut discuter avec lui sur les sorties de crise.
06:00Pour le moment, on joue une sorte de coalition.
06:03Est-ce que ce sera possible ? Nous allons le voir.
06:05Si c'est possible, tant mieux.
06:07Le Parlement sortirait de sa dérive suicidaire.
06:09Mais si ce n'est pas possible, à un moment ou à un autre, il faudra penser à ce que c'est la majorité présidentielle
06:15qui viendra d'une élection présidentielle et non pas d'une élection législative.
06:19Eh bien, c'est clair.
06:20Si le président vous appelle et vous dit, mon cher Jean-Pierre, je cherche un Premier ministre,
06:24est-ce que vous n'avez pas une idée ?
06:25Vous lui dites quoi ? Ou plutôt, vous lui dites qui ?
06:28Non, je n'ai pas d'idée précise parce que je pense que c'est très compliqué et que je ne veux pas...
06:33Alors moi, j'en ai eu Jean-Louis Borloo, qui est abondamment cité.
06:36Il a été votre ministre pendant tous les mois que vous avez passé à Matignon.
06:40Jean-Louis Borloo à Matignon, est-ce que c'est une bonne idée ?
06:43C'est une bonne idée.
06:43C'est une idée, c'est quelqu'un de très habile, c'est quelqu'un qui connaît bien les complexités des choses
06:51et qui sait faire travailler les gens ensemble.
06:52C'est quelqu'un qui a mené des réformes importantes.
06:55Donc c'est quelqu'un qui peut avoir une bonne capacité.
06:58Disons qu'il a un atout formidable, c'est son expérience.
07:02Mais comme toujours avec les gens d'expérience, il n'est pas forcément au cœur de la jeunesse de la société.
07:07Donc il faut trouver cet équilibre-là.
07:10Mais ça peut se faire, c'est quelqu'un qui a du talent, qui est vraiment un grand expert de la complexité.
07:17Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre, était l'invité des 4 vérités.
07:22Merci infiniment d'être passé par le plateau de France 2 ce matin.
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