- il y a 7 semaines
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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l'Europe.
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l'Europe.
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00:00Bonjour Benjamin Haddad. Hier, pour la première fois, les États-Unis, l'Europe et l'Ukraine se sont mis d'accord pour surveiller et garantir un éventuel cessez-le-feu.
00:12À quoi les Américains se sont-ils réellement engagés ?
00:16C'est une avancée majeure. Il faut voir d'où on vient quand même. Il y a un an, on nous expliquait que cette guerre allait être négociée sans les Européens, arrêtée en 24 heures.
00:24On voit que la Russie continue sa guerre d'agression contre l'Ukraine et que nous avons réussi, sous l'impulsion de la France avec nos partenaires, à faire converger les Américains, les Européens, les Ukrainiens
00:34pour dire que si demain on a un cessez-le-feu à un accord de paix, alors à ce moment-là, on se mettra d'accord ensemble pour apporter des garanties de sécurité à l'Ukraine
00:42parce que c'est la condition pour faire en sorte que la guerre ne recommence pas et dissuader la menace de la Russie.
00:48Alors, ça veut dire d'abord, les Américains se sont mis d'accord pour participer à la surveillance, au monitoring du cessez-le-feu.
00:55Donc, pour dire les choses clairement, s'il y a un cessez-le-feu, il y a 1200 kilomètres à peu près de lignes de front, ce sont les Américains.
01:02Les Américains se sont engagés à surveiller cette ligne de front.
01:05À prendre le leadership sur la mission avec, par exemple...
01:07Leurs moyens satellitaires, leur enseignement, etc.
01:09Après, vous aurez un travail qui se fera pour renforcer et régénérer, comme on le dit, l'armée ukrainienne avec 800 000 hommes
01:16parce que l'armée ukrainienne, c'est évidemment la première garantie de sécurité, c'est la première ligne de front pour la sécurité des Ukrainiens et des Européens.
01:23C'est-à-dire que les Américains reprendraient des livraisons d'armes à l'Ukraine ?
01:25Américains, Européens, nous travaillerons avec les Britanniques, avec tous nos partenaires européens, dans ce travail de régénération de l'armée ukrainienne.
01:32Américains compris.
01:33Et c'est tout l'objet, justement, de la réunion qui a eu lieu hier, bien sûr.
01:36Non, mais si, c'est que les Américains travailleront avec les Européens à ce monitoring du cessez-le-feu.
01:43Monitoring, j'entends, mais réarmement de l'armée ukrainienne aussi.
01:45Et après, travailleront effectivement avec nous sur les garanties de sécurité et la régénération de l'armée ukrainienne.
01:51Là, sur ce sujet, notamment sur la question des garanties de sécurité, les Européens, les Français prendront aussi un rôle de leadership,
01:57parce qu'encore une fois, c'est notre sécurité.
01:59Donc ça passera, on l'a dit, par le soutien à l'armée ukrainienne et aussi par le déploiement de forces européennes.
02:05Non pas évidemment combattantes, non pas sur la ligne de front, mais dans des points stratégiques pour, comme on le dit,
02:11réassurer les Ukrainiens et dissuader la menace de la Russie.
02:14Donc là, vous parlez de ce qu'a dit le président Macron hier sur France 2 d'ailleurs, l'envoi de milliers de militaires français.
02:20Où seront-ils ? En Ukraine pour surveiller la ligne de front ou dans les pays limitrophes ?
02:24Alors, ils ne seront pas sur la ligne de front, ils ne seront évidemment pas combattants.
02:28Il s'agit d'avoir des troupes sur le sol ukrainien.
02:33Sur le sol ukrainien ?
02:34Pour dissuader, oui, pour dissuader une fois de plus la Russie, pour continuer à soutenir aussi l'armée ukrainienne.
02:40Parce que je veux expliquer de quoi on parle.
02:42Il ne faut pas que demain, un accord de paix ou un cessez-le-feu soit utilisé par la Russie comme une parenthèse,
02:49comme une trêve pour pouvoir se réarmer, se refaire et réattaquer l'Ukraine.
02:54Bien sûr, on connaît l'histoire, on a vu les années 90, on a vu les accords de ministre qui ont été violés, bafoués par la Russie à de nombreuses reprises.
03:02Donc l'objectif, encore une fois, c'est là, les Européens qui prennent en main leur propre sécurité...
03:07Les Français veulent savoir où iraient d'éventuels militaires.
03:09Donc on est d'accord, je vous fais répéter, il y a la ligne de front.
03:12Cette ligne de front est garantie par des Ukrainiens et juste derrière les Ukrainiens, il peut y avoir des militaires français.
03:18Mais encore une fois, pour le jour d'après, ce que je vous dis, c'est qu'aujourd'hui, d'abord,
03:23on doit continuer à mettre la pression sur la Russie pour pouvoir trouver la voie d'un cessez-le-feu
03:28et mettre fin à cette guerre, bien sûr, il faut continuer à faire monter la pression économique
03:32comme on le fait avec les sanctions et continuer à soutenir militairement l'Ukraine.
03:36Et après, on travaillera avec nos partenaires européens, effectivement,
03:38à apporter des garanties de sécurité aux Ukrainiens.
03:40C'est tout le but du travail qui a été fait avec les Ukrainiens, les Européens, les Américains, hier à Paris.
03:45Hier, la Maison-Blanche a fait savoir que Donald Trump n'excluait pas l'option militaire pour le Groen.
03:53On a vu au Venezuela qu'il faut prendre ce genre de propos au sérieux.
04:00Il bluffe ou pas le président américain ?
04:04Déjà, sur le Groenland, vous l'avez vu, c'est un sujet que la France prend très au sérieux.
04:09Le président de la République s'est rendu au Groenland, le ministre des Affaires étrangères,
04:12pour rappeler de façon très claire notre solidarité, notre soutien au Danemark,
04:15pour dire que le Groenland fait partie de la souveraineté européenne,
04:18fait partie de l'OTAN, donc il n'est pas à prendre, il n'est pas à vendre.
04:22Et puis, après, fondamentalement, ce qu'on voit à travers votre question,
04:26c'est que nous sommes dans un monde plus brutal et plus violent.
04:29Et c'est ce que la France porte depuis des années,
04:33c'est l'idée de dire que les Européens, maintenant, doivent réduire leur dépendance,
04:36doivent réveiller dans ce monde de puissance,
04:38pour ne pas laisser d'autres écrire leur destin à leur place,
04:41et donc réarmer.
04:42C'est ce que nous faisons au niveau national.
04:43On aura doublé le budget militaire de la France sur les demandes d'Emmanuel Macron.
04:47On le fait aussi au niveau européen, en investissant pour soutenir notre industrie de défense européenne
04:53et pour réduire nos dépendances aux États-Unis, à la Chine, sur le plan commercial, à la Russie, sur le plan énergétique.
04:58Si Donald Trump passe à l'acte, le président de la République a dit qu'il n'y croyait pas,
05:01mais enfin, on ne sait jamais, s'il passe à l'acte en envoyant des militaires au Groenland, que fait l'Europe ?
05:06Sur un sujet aussi grave, je ne vais pas spéculer, faire de la politique fiction sur un plateau télévision.
05:13Moi, ce que je vois, c'est qu'hier, les Européens, avec la France, avec nos partenaires comme l'Allemagne, la Polonie, l'Italie,
05:18ont rappelé de façon très claire leur solidarité avec le Danemark,
05:22leur solidarité avec le peuple du Groenland, qui seul est souverain avec le Danemark pour décider de son avenir,
05:29et rappeler que nous faisons partie d'une alliance, l'OTAN,
05:31C'est-à-dire qu'on ne peut pas remettre en question la souveraineté des États membres de l'OTAN.
05:37Oui, mais enfin, Donald Trump, il y a plein de choses que le droit international lui interdit de faire,
05:41et il l'a fait pour autant.
05:43Vendredi, le Mercosur devrait être validé par le Conseil européen, en dépit du désaccord de la France.
05:52Alors, rappelons déjà les étapes, puis après on parlera un petit peu du fond.
05:55Les étapes, c'est que vous avez plusieurs étapes de validation,
05:57et puis après, il y a encore des mois de débats au Parlement européen,
06:00avant de pouvoir envisager une éventuelle ratification.
06:04La France a toujours marqué son désaccord, en rappelant que nous avions des points très précis,
06:09sur lesquels nous avons obtenu des améliorations,
06:11grâce précisément à la mobilisation de la France avec nos partenaires,
06:15pour protéger nos agriculteurs.
06:16Parce que notre priorité, c'est de protéger nos agriculteurs.
06:18Pas plus tard qu'hier, la Commission européenne a annoncé 45 milliards d'euros de plus garantis
06:23pour le budget de la politique agricole commune.
06:27C'était un combat.
06:28Non, pour les huit prochaines années, puisque c'est le budget,
06:32ce qu'on appelle le cas de financier plus réunionnel,
06:33c'est-à-dire le budget à partir de 2028, sur sept ans, pardon,
06:36le budget de la politique agricole commune, le budget de l'Union européenne.
06:41On s'est battus précisément pour faire en sorte que nos agriculteurs
06:44aient de la visibilité sur leurs revenus à travers les paiements directs.
06:47On s'est battus, par exemple, dans le cadre du Mercosur,
06:49pour avoir une clause de sauvegarde robuste,
06:51c'est-à-dire un frein qui peut bloquer les importations
06:53si elles viennent déstabiliser nos filières.
06:55On l'a obtenu, maintenant, il faut encore que les pays du Mercosur l'acceptent.
06:58On se bat aussi avec Annie Gennevard, avec le Premier ministre,
07:02pour avoir de la réciprocité pour les normes, c'est-à-dire des mesures miroirs.
07:05Sur tous ces sujets, les lignes bougent.
07:07Le combat n'est pas terminé.
07:09Il reste encore des étapes.
07:11Moi, ce que je veux dire, c'est que grâce à la mobilisation
07:12de la diplomatie française du Président de la République,
07:15nous avons obtenu une amélioration de la PAC
07:17pour protéger les revenus des agriculteurs, des clauses de sauvegarde...
07:19La France va-t-elle voter pour le Mercosur vendredi ?
07:22Mais nous l'avons toujours dit, le compte n'y est pas.
07:24Le compte n'y est pas...
07:25Donc vous vous êtes peut-être battu, mais le compte n'y est pas.
07:27Mais on continuera à se battre, parce qu'il y a encore des combats
07:31comme la réciprocité sur les normes,
07:33comme le renforcement des contrôles,
07:34sur lesquels la Commission européenne doit s'engager
07:36à protéger nos agriculteurs.
07:37On mène ce combat, nous avons eu des victoires importantes,
07:40mais on continuera à se mobiliser tous les jours
07:42pour protéger ce qui fait la souveraineté alimentaire
07:44de notre continent européen.
07:45Merci beaucoup, bonne journée à tous.
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