00:00Bonjour Maya, bonjour à tous, bonjour Marine Tondelier, la situation est compliquée et plus c'est compliqué, plus il faut des responses simples, j'ai pas dit simplistes, donc je compte sur vous pour nous.
00:15Défi accepté.
00:16Très bien, hier le PS a dit nous ne demandons ni dissolution ni départ du Président, nous voulons gouverner avec les communistes, avec les écologistes, sans LFI, est-ce que c'est aussi le souhait de la chef des écologistes qui est devant moi ?
00:31Il est certain qu'Emmanuel Macron aujourd'hui a trois choix, la démission, la dissolution et la cohabitation, celle qu'on demandait les Français en votant massivement il y a maintenant un peu plus normalement,
00:43et évidemment que c'est le choix de la cohabitation, c'est-à-dire d'être appelé aux responsabilités et de pouvoir vraiment enfin changer la vie des Français qui a notre préférence
00:51et vous voyez bien que le PS n'a pas forcément envie de gouverner avec la France Insoumise, qui elle-même n'a pas forcément envie de gouverner avec le PS, voilà au moins un sujet sur lequel ils sont d'accord, donc tout va bien.
01:03Donc ce que vous souhaitez comme Olivier Faure, c'est, comment dirais-je, un gouvernement qui irait de Roussel, Fabien Roussel, de Roussel à Glucksmann avec du tondelier dedans, c'est ça ?
01:14Ça ne se passe pas exactement comme ça, mais l'idée c'est ça, c'est un gouvernement de gauche sans LFI.
01:18Il y a donc trois scénarios, dissolution, cohabitation, et nous devons préparer les trois scénarios pareils.
01:25Parlons de celui de la cohabitation, pour que les choses soient claires, ce que vous proposez, c'est un gouvernement d'écologistes, de communistes, de socialistes et de personnalités de gauche,
01:34sans membres de la France Insoumise, on est d'accord.
01:36En fait ça ne se passe pas exactement comme ça, le président de la République, dans la Constitution, a l'obligation de nommer une personne, normalement une du camp qui a gagné.
01:44Donc qu'ils choisissent l'un ou l'une d'entre nous pour être appelés à Matignon et pour préfigurer un gouvernement,
01:49et la personne s'y collera dans des discussions qui ne se passeront pas sur les plateaux télé et qui se passeront à la fois sur un périmètre gouvernemental,
01:56mais surtout sur des actions pour les Français.
01:57Non mais pardon, je vous reparle du périmètre gouvernemental.
01:59Oui, mais ce n'est pas à vous qui décidez, M. Bernstein, mais ce n'est pas comme ça que ça se passe.
02:03Ça se passe dans des discussions qui auront lieu d'ailleurs ce matin en partie, et c'est comme ça que ça va marcher.
02:08Alors ce matin justement, vous réunissez la gauche, il y aura qui ?
02:11Alors il y aura en fait deux réunions, il y aura une première réunion, celle que nous avons convoquée les écologistes.
02:17Ça sera deux salles, deux ambiances.
02:17Peut-être que ce sera la même ambiance, je vous raconterai ça en sortant,
02:20mais en tout cas les écologistes ont souhaité inviter tout le monde à 9h.
02:23Nous verrons bien qui est présent et qui n'est pas présent.
02:26Et ça c'est une réunion pour analyser la situation politique et travailler aux trois hypothèses que je vous ai citées,
02:32parce que nous devons être prêts à tout.
02:33Il est 8h14, bientôt 15, vous ne savez pas qui il y aura.
02:36Il y a encore quelques coups de fil à passer.
02:37Non mais le Parti Socialiste a dit qu'il ne voulait pas forcément être présent,
02:40mais je sais déjà qu'il y aura la France Insoumise, qu'il y aura Clémentine Autain,
02:43qu'il y aura des représentants de François Ruffin,
02:45du Parti créé par Benoît Hamon également.
02:48Il y aura, je pense, au moins un communiste.
02:51Génération.
02:51Et donc on va discuter là-dessus, voilà, génération S.
02:53Et donc on va discuter dans ce périmètre des trois hypothèses dont je vous ai parlé,
02:57démission, destitution, dissolution, cohabitation.
03:01Il faut se préparer à tout.
03:02Pas de réunion commune entre les socialistes et les insoumis.
03:05Et puis nous avons ensuite une réunion,
03:07dans le périmètre que j'avais aussi convoqué,
03:09vous vous rappelez, quand on a sorti notre plan de sortie de crise écolo,
03:11avant que le cornu soit nommé,
03:13on avait dit que ceux qui veulent gouverner ensemble doivent pouvoir se réunir,
03:15on les attend à notre local.
03:16Et on avait eu une réunion qui allait, là, pour le coup,
03:19des communistes au Parti socialiste.
03:22Et donc ce périmètre se réunira aussi dans un deuxième temps.
03:25Vous voyez, l'avantage des écologistes, c'est qu'on sera dans toutes ces réunions.
03:27Et pour l'instant, nous discutons avec tout le monde.
03:30Vous avez accepté le défi de la clarté,
03:32qui n'est pas tout à fait, pour le début d'une interview,
03:35je n'ai pas tout à fait compris.
03:36Vous souhaitez, d'abord, le meilleur candidat.
03:38Je fais aussi clair que je peux dans une situation qui est très complexe,
03:41et vous le savez.
03:41Moi, je fais mon métier comme je peux.
03:43Exactement.
03:43Le meilleur candidat pour gouverner, c'est Olivier Faure.
03:47Mais Olivier Faure, s'il était appelé, j'en serais très heureuse pour lui.
03:50On en a déjà discuté encore hier soir dans les loges de TF1.
03:54Si c'est quelqu'un d'autre, ça lui ira aussi, je le sais.
03:56Ce n'est pas nous qui décidons.
03:57On a compris que donner un nom à M. Macron ne servait à rien.
04:00Ça, ce n'est pas vous, mais pardonnez-moi d'inciter.
04:02Ça, vous avez raison.
04:03Moi, je suis écologiste.
04:04Je vais vous dire que les écologistes seraient un meilleur choix, évidemment.
04:06Vous avez raison, ce n'est pas vous qui décidez.
04:09En revanche, si l'un de vous est nommé,
04:10c'est vous qui décidez, qui vous appelez au gouvernement.
04:13Donc, par oui ou par nous, c'est assez simple.
04:15Exactement, mais ça se fait sur des lignes politiques.
04:17Est-ce que vous appelez des insoumis ou pas ?
04:19C'est quand même une question simple.
04:20Mais ils ont déjà répondu très clairement à la question,
04:24et les socialistes aussi.
04:25Donc, ne faisons pas semblant.
04:26On va perdre du temps.
04:26Si vous êtes appelé au gouvernement,
04:30avec quel programme ?
04:31C'est celui du NFP de l'année dernière
04:33ou c'est un autre programme ?
04:34Le programme du NFP,
04:36c'est celui sur lequel nous avons été élus.
04:37Donc, évidemment que c'est notre objectif.
04:39Après, il n'a échappé à personne
04:42que nous n'avions pas la majorité absolue
04:43de l'Assemblée nationale.
04:44Et donc, il faudrait aller se battre pour chaque mesure.
04:47Je prends par exemple l'exemple de la taxe Zuckman.
04:49Bon, cette taxe Zuckman,
04:50elle est voulue par 86% des Français
04:52qui veulent taxer les ultra-riches.
04:53Elle n'a pas de majorité au Parlement.
04:54Elle est voulue par 86% des chefs d'entreprise.
04:57Elle est voulue par 92% des électeurs macronistes.
04:59Tout ça ne fait pas une majorité au Parlement.
05:01Mais figurez-vous que cette taxe Zuckman
05:02a déjà été adoptée à l'Assemblée nationale
05:03à l'initiative d'ailleurs de Clémentine Autain
05:06et des Bassas.
05:07Vous savez très bien que le RN s'était abstenu
05:10et que là, il est contre.
05:11Aujourd'hui, il n'y a pas de majorité.
05:13Je vous trouve très défaitiste, M. Bernstein,
05:15parce que sur une mesure que souhaitent 86% des Français,
05:19je pense qu'il sera extrêmement difficile
05:21pour les députés d'y faire échec.
05:23Ce serait incompréhensible.
05:24Il y a 9,8 millions de pauvres aujourd'hui dans ce pays.
05:26C'est un record depuis 30 ans.
05:27Et pendant ce temps-là,
05:28les 500 plus riches de ce pays
05:29ont vu leur fortune multiplie par 14 en 30 ans.
05:31J'ai reçu ici même Jean-Philippe Tanguy
05:33qui a dit qu'il était contre.
05:35Si par hasard, il n'y a pas de majorité...
05:36Vous êtes nommé.
05:37Oui, comme il a changé la vie,
05:38j'imagine que tu pourras rechanger la vie
05:39sans trop de difficultés.
05:40Donc vous essayez de négocier une taxe
05:43sur les hauts patrimoines la meilleure possible,
05:46même si ce n'est pas la taxe Zuckman que vous vouliez.
05:48La position de départ, c'est la taxe Zuckman.
05:50Cette position n'a pas bougé.
05:52On a le mérite de la cohérence et de la constance.
05:53Et puis l'Assemblée nationale va travailler.
05:55Moi, je leur fais confiance.
05:58Hier soir, Sébastien Lecornu
06:00a accepté une mission de trois jours
06:02pour recoller les pots cassés avec les Républicains.
06:05S'il sera biboche et que Sébastien Lecornu
06:09reste vous censuré...
06:10Enfin, ma question, est-ce que vous censurez
06:12tout autre gouvernement que le vôtre ?
06:13Je pense qu'il faut arrêter le sketch à un moment.
06:15On a connu, là, déjà beaucoup de choses depuis un an.
06:18Mais alors là, en 24 heures,
06:19on a connu un ministre démissionnaire,
06:21M. Le Maire, qui démissionne
06:22de sa fonction de ministre démissionnaire.
06:24On a connu M. Retailleau
06:25qui invente après le soutien sans participation.
06:28Lui, il invente la participation au gouvernement
06:30sans soutien du gouvernement.
06:32Enfin, tout ça est ridicule.
06:33Et donc, vous censurez...
06:34Est-ce que vous censurez tout autre gouvernement que le vôtre ?
06:35Quand on continuera à nommer des personnes
06:37qui sont responsables de la situation
06:38dans laquelle nous sommes,
06:39les mêmes causes produiront les mêmes conséquences.
06:41Il faut arrêter maintenant
06:42de vouloir s'obstiner
06:45et faire de l'obstruction comme ça.
06:46Les macronistes nous font tourner en rond
06:47depuis maintenant plus d'un an.
06:48Tout le pays est bloqué.
06:50On va passer à autre chose, peut-être.
06:51Marine Tondelier, auteure de Demain, si tout va bien,
06:54chez Albin Michel, dont on n'a pas parlé.
06:57Enfin, qui est en gros...
06:57On vous réinvitera.
06:58Voilà, on vous réinvitera pour en parler.
07:00Mais la situation politique...
07:01C'est un fil-boost-book.
07:02Si vous êtes déprimé, lisez ce livre, ça va aller mieux.
07:04C'est tendu.
07:04C'est chez Albin Michel.
07:05Bonne journée à tous.
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