- il y a 2 heures
4GOOD du 24 janvier 2026
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00:00On a donc dit que la communication était devenue risquée, on a parlé de la dimension inspirationnelle.
00:10On va rentrer un peu dans le concret pour aider ceux qui nous regardent à s'outiller ou peut-être trouver des conseils.
00:15Bettina, chez Doctolib, vous avez fait le choix de miser d'abord sur la preuve par l'usage plutôt que sur la communication d'impact.
00:24Donc concrètement, qu'est-ce que ça change dans la façon dont vous concevez vos produits, vos indicateurs ?
00:30Alors concrètement, ça veut dire que tous les produits qu'on imagine sont co-construits avec nos utilisateurs.
00:37Nos utilisateurs, c'est qui ? C'est les professionnels de la santé et les patients.
00:41Donc il n'y a pas une idée, pas un proof of concept qui est imaginé chez Doctolib qui n'a pas été co-réalisée avec une de ces personnes.
00:50Donc au quotidien, on a un tas de communautés, je ne vais pas vous faire tout le détail des communautés qu'on a construites.
00:55Mais on se met vraiment à leur écoute, à leur chevet, on va sur le terrain pour comprendre ce qui dans leur quotidien leur fait perdre du temps,
01:02crée de la frustration, empêche les soignants de bien communiquer justement avec leurs soignants et de faire leur métier correctement.
01:09Et à l'écoute de cet usage, on imagine, on adapte, on améliore tous les produits qu'on fait.
01:15Et même vos arbitrages internes, pardon, entre ce qui mérite d'être amélioré, ce qui mérite d'être raconté ?
01:21Évidemment, il n'y a encore une fois aucune décision qui est prise seule et ce n'est pas du tout parce qu'on pense que c'est bien.
01:27C'est juste que c'est une évidence si on veut avoir un produit qui soit une preuve et donc un usage qui soit massif.
01:34Thomas, qu'est-ce que le système fiction ?
01:38Le design fiction.
01:40Le design fiction, c'est un exercice qu'on fait de plus en plus et qui nous permet d'inventer la vie en 2035 ou en 2050.
01:47Et en fait, de projeter comme ça l'entreprise dans le futur, ça l'aide à avancer, ça l'aide à aller plus vite.
01:54Un exercice de design fiction, c'est un peu comme de la prospective mais avec plus d'émotion.
02:01Donc, on va étudier qu'est-ce qui est possible, qu'est-ce qui est probable, possible donc ça peut arriver, probable ça va arriver mais on ne sait pas quand.
02:10Et donc, en fait, on a cette fenêtre et au milieu, on va mettre le désirable. Qu'est-ce qui est désirable pour l'entreprise ?
02:17Donc, on sait ce qui peut se passer, ce qui va se passer, on ne sait pas quand et ce que l'entreprise aimerait voir se réaliser et on raconte une histoire.
02:26On invente l'histoire de Thomas en 2050 qui a des petits-enfants et on raconte toute sa vie.
02:33de campagne ?
02:34Oui, on a présenté lors du salon Pro Durable un exemple qui était globalement sur la vie, qu'est-ce qui se passe, etc.
02:43avec un jeune garçon qui avait 36 ans en 2050 et qui disait qu'il avait fait un peu de ski pendant sa jeunesse et on racontait sa nouvelle vie, sa nouvelle ville aussi,
02:51qui était beaucoup plus hybride, ce n'était pas une ville, ce n'était pas la campagne.
02:54Il y avait aussi beaucoup de temps consacré à la communauté. Enfin, on a inventé toute une histoire comme ça.
03:00Et du coup, ça donne envie d'y aller. Et aujourd'hui, le problème, c'est que les entreprises n'apportent plus trop de rêves comme ça et de rêves positifs.
03:13Et quand on pose la question aux citoyens de à quoi va ressembler 2050, en fait, il y a beaucoup de dystopies qui sortent
03:19et beaucoup de gens qui nous disent, en fait, il y aura des robots qui sont pilotés par l'IA, qui vont nous tirer dessus, il y aura beaucoup d'écrans partout.
03:30Enfin, voilà. Et sincèrement, réfléchissez quelques minutes à quoi va ressembler 2050. Et en fait, il y a très peu de positifs.
03:37Donc, il faut que quelqu'un raconte du positif. Et si l'entreprise prend le sujet en main, raconte le positif sur le futur,
03:44elle va donner envie d'y aller. Et donc, ça va embarquer tout le monde. Et évidemment, si nous, en tant qu'experts sur les sujets de durabilité,
03:51on travaille là-dessus, évidemment, c'est pour essayer de se créer ce futur qui soit sobre, heureux, qui soit partagé,
03:59et qui soit pas dans l'hyper-consommation. Et quel est le rôle que doit jouer l'entreprise dans ce futur-là ?
04:06Et ça, c'est hyper intéressant parce que, donc, tout ça, derrière tout ça, c'est aussi la construction des imaginaires collectifs.
04:11Et c'est vrai que, notamment par rapport au sujet que vous expliquez bien, qui est, finalement, aujourd'hui,
04:17si on essaie de se projeter avec, en plus, une société qui n'est pas très positive en ce moment,
04:22on voit essentiellement des catastrophes. En tout cas, on est plutôt dans quelque chose de très noir.
04:27Et c'est notamment dû à, si, par exemple, je vous disais, est-ce que vous avez en tête un film qui parle de climat, mais en positif ?
04:37Demain, mais ça a dix ans.
04:39Dix ans, pile-point.
04:40Et du coup, demain, ça a généré des communautés locales, dans plein d'endroits, avec plein de gens qui ont fait des projets, en France.
04:47Ça met en action.
04:48Exactement. En fait, il n'y en a pas très, très peu. Ça ne vient pas à l'esprit spontanément. On pense à plein de catastrophes.
04:53C'est très beau.
04:54C'est le film.
04:55Le film, les promenduristes, il s'ensemble tous en animaux.
04:57Oui, ben voilà.
04:58Sauvage ou pas ?
04:59Sauvage, sauvage.
05:00Il y a quand même...
05:01Ben, c'est pas très...
05:02C'est violent, hein.
05:03Ça ne fait pas beaucoup, quoi.
05:04Non, mais souvent, les perspectives sont peu rassurantes.
05:07Voilà, exactement. Mais c'est là où je trouve ça intéressant.
05:09C'est que du coup, et en effet, il y a pas mal de choses qui existent sur ces sujets, que les entreprises qui ont quand même un pouvoir de transformation prennent ces sujets-là et se disent en positif, comment est-ce que j'imagine ?
05:19Quelles sont les solutions que je peux créer aussi pour aller vers ce monde-là en positif une fois de plus ? C'est quand même hyper intéressant parce qu'on a plutôt en imaginaire des choses négatives.
05:29Or, c'est demain.
05:30Donc, une com' responsable, ça veut pas dire forcément moins créative, quoi.
05:33Pas du tout, au contraire.
05:34Parce qu'on pourrait s'imaginer qu'il y avait toutes les contraintes des communicants.
05:37Ils sont souvent debout contre cette affirmation.
05:39Attention.
05:40Non, alors, pour temporiser, moi, j'ai tendance à dire qu'il y a 15 ans, c'était pas créatif.
05:46C'était très moralisateur, c'était très culpabilisant.
05:49C'était pour des populations d'initier éventuellement ce type de communication.
05:53Aujourd'hui, c'est exactement l'opposé.
05:56C'est vraiment, on s'adresse à tout le monde, c'est extrêmement facile.
05:58Même du fait de la réglementation, de vos engagements, de vos obligations ?
06:03En fait, nos métiers, on est obligé d'être contraint.
06:06Et c'est très bien, on a des règles comme dans tous les métiers.
06:08Et donc, on est contraint par des règles de la RPP, par des lois parfois sur certains sujets, etc.
06:14Et là, c'est entre guillemets une contrainte de plus, mais qui donne du coup un challenge encore plus intéressant
06:20pour les populations créatives dans les agences, pour trouver la bonne idée qui aura le bon impact
06:26et qui surtout donnera envie de changer les comportements parce qu'on est vraiment là-dessus pour le coup.
06:30Et justement là-dessus, parce qu'on parlait de création de nouveaux imaginaires,
06:34de se projeter, d'anticiper des futurs souhaitables, etc.
06:36Je pense que le rôle dans l'entreprise, effectivement, c'est de créer des normes sociales qui aillent dans le sens du mieux.
06:44On a parlé de Véja et c'est intéressant l'exemple que vous venez tout à l'heure de gens qui achètent Véja
06:48sans forcément savoir quel est leur positionnement social, mais ça coolifie un petit peu l'impact.
06:54C'est intéressant.
06:56Et donc...
06:58Ce que j'allais dire, c'est qu'en fait, aujourd'hui, un produit doit être compétitif sans être RSE,
07:05alors qu'il l'est et il n'est pas obligé de le dire.
07:08Et la preuve, c'est qu'il y a 10 ans, 20 ans, il y avait des crèmes dans les magasins bio,
07:12des crèmes pour la peau qui avaient des textures un peu dégueulasses, etc.
07:16qu'ils ne vendaient pas, alors qu'elles étaient bio.
07:18Et le jour où la texture est devenue au même niveau que des marques de grandes conso classiques, ça s'est vendu.
07:24Donc la RSE, ça ne fait pas vendre.
07:26Ça peut être un argument de plus.
07:28C'est un supplément d'âme, mais il faut que la valeur d'usage soit au niveau du marché.
07:31Sinon, il n'y a aucune chance.
07:32Et oui, d'ailleurs, est-ce qu'il n'y a pas un problème de sémantique aussi ?
07:34Quand on préparait cette émission, Thomas, vous m'avez dit que la RSE était devenue une expression fatigante et désuète.
07:39En fait...
07:40Personne connaît, je pense qu'on crée un micro-trottoir.
07:43Est-ce que c'est devenu galvaudé ? Est-ce qu'il n'y a même pas un rejet ?
07:46Les études disent qu'en entreprise, 70% des salariés connaissent la RSE.
07:50En entreprise.
07:51Après, pour connaître des gens qui travaillent pas en entreprise, mais qui font de la médecine ou qui travaillent dans l'éducation nationale,
07:58la RSE, maintenant, commence à être assez connue.
08:00Mais c'est vrai que, en fait, la RSE a poussé pas mal ces dernières années
08:05pour avoir le Green Deal au niveau européen avec la CSRD.
08:09Et la CSRD, qui était un truc un peu trop compliqué,
08:12l'effet coupé.
08:14Et donc, du coup, maintenant, la RSE, c'est la CSRD, c'est le réglementaire et c'est chiant.
08:18Donc oui, arrêtons de parler de RSE.
08:21D'ailleurs, moi, je vois bien que nos clientes...
08:24Il y a quelques hommes, mais il y a beaucoup plus de femmes, donc j'utilise le féminin.
08:27Si vous êtes d'accord, le féminin l'emporte.
08:29Il y a beaucoup de clientes qui nous disent qu'elles ont envie de changer de titre.
08:33Et alors, qu'est-ce que ça peut être ?
08:34Certaines deviennent des directrices de l'impact.
08:36Toutes les tentatives de l'impact, c'est tellement opaque que personne ne comprend rien.
08:42Directrice de la durabilité, directrice du futur, ça serait pas sympa ?
08:46Directrice du long terme.
08:50Directrice du quotidien.
08:52Quand j'ai annoncé à mes parents que j'étais directrice de l'impact,
08:54ils me regardaient en me disant, super, je comprends pas.
08:56C'est de la boxe.
08:58Franchement, c'est inexplicable.
09:00Impact veut dire les deux choses.
09:02On sait pas si c'est positif ou négatif.
09:04Exactement.
09:06Directrice du long terme.
09:08Tu voudrais pas être directrice du long terme ?
09:10Ça me fait penser au chief happiness officer de l'époque.
09:12Qui était bullshit.
09:14Là où je rejoins, c'est qu'il y a quand même un vrai sujet en effet de sémantique.
09:18Nous, on parle souvent de green fatigue,
09:20parce que du coup, on a énormément poussé
09:24et il y a eu une transformation incroyable qui a été faite en peu de temps
09:28si on regarde réellement, notamment en France,
09:30mais pas que sur tous ces engagements.
09:32Donc, il y a eu énormément de choses qui ont été dites
09:34et c'est vrai qu'aujourd'hui, pour certains,
09:36il y a quand même une fatigue de cette sémantique.
09:38Donc, les sujets sont là,
09:40mais peut-être en parler différemment
09:42ou surtout...
09:44Il faudrait parler d'engagement, peut-être ?
09:46D'engagement, ou même, en fait,
09:48rentrer par les sujets du quotidien de chacun
09:50qui, de toute façon,
09:52parlent derrière d'engagement RSE.
09:54Aujourd'hui, parler de santé,
09:56on parle forcément d'environnement.
09:58N'importe quel sujet, en fait,
10:00derrière, il y a des problèmes climatiques,
10:02il y a de l'environnement,
10:04il y a des problèmes de justice sociale, etc.
10:06Donc, en fait, on n'a même plus besoin...
10:08Moi, je crois vraiment au côté
10:10on peut switcher vraiment de vocabulaire
10:12en n'utilisant plus ce type de vocabulaire.
10:14Bon, après, on a un sujet de titre,
10:16mais ça, c'est un autre problème.
10:18On ferait une émission sur le sujet.
10:21Mais en tout cas, comme on parle de communication,
10:23moi, je crois vraiment au fait
10:24qu'on est en train, doucement,
10:26ça ne va jamais assez vite encore,
10:28mais doucement d'intégrer ces sujets
10:32au cœur de nos communications.
10:34Et nous, on croit vraiment au fait que...
10:35Tant et si bien qu'on a besoin de les qualifier, quoi.
10:37Exactement.
10:38Parce qu'ils sont partout.
10:39La communication responsable, en fait,
10:40c'est juste de la communication.
10:42Mais il n'y a sans doute d'ailleurs
10:43pas de communication responsable
10:44dans les entreprises irresponsables.
10:45Je m'explique, mais souvent dans cette émission,
10:47on a pu évoquer la façon dont, historiquement,
10:49le monde de l'entreprise s'est développé
10:51de façon très nombriliste.
10:52C'est-à-dire, l'entreprise détermine sa stratégie
10:54en ses murs, sans trop se soucier du monde extérieur,
10:56développe ses produits, développe son marketing,
10:58développe ses campagnes de communication
11:00au service du toujours plus.
11:02Et dans les exemples que Thomas ou Bettina, par exemple,
11:04prenaient au début du débat,
11:05dans des exemples qu'on a pu reprendre ici par le passé,
11:07on voit que souvent, ces démarches, elles évoluent
11:09pour être dans des dynamiques beaucoup plus collectives,
11:11où on implique des parties prenantes
11:12ou au co-construit.
11:13Une entreprise qui fait cela,
11:14notamment sur le développement produit,
11:16déjà, elle va développer des produits qui sont vraiment utiles.
11:18Donc, elle aura moins vocation à communiquer
11:19sur des choses qui peuvent être parfois futiles.
11:21Alors, c'est subjectif, mais on se comprend.
11:24Et puis, chemin faisant,
11:26en développant ces mécaniques-là,
11:27en étant beaucoup plus en collaboration,
11:28non seulement on développe des choses utiles,
11:30mais on communique forcément des messages
11:32qui eux-mêmes servent l'utilité,
11:34servent l'utilité au service des consommateurs,
11:36que ce soit pour leur santé, leur bien-être,
11:37leur épanouissement au sens plus large du terme.
11:39Et ça, c'est un point essentiel qu'on n'a pas évoqué.
11:41Pas de comme responsable dans des entreprises irresponsables.
11:43Elles doivent co-construire pour y parvenir.
11:45Et de toute façon,
11:46un produit qui ne répond pas à un vrai besoin,
11:48même s'il a la meilleure com' derrière,
11:51ça va aider à l'acheter une première fois,
11:53mais c'est finalement...
11:54Voilà, parce qu'il y a un désir.
11:55Et ça, c'est si du fait des réponses sociaux, notamment.
11:58Ça se discute ?
11:59Non, mais disons qu'aujourd'hui,
12:00il y a encore beaucoup, beaucoup de gens qui inventent des boîtes et des produits
12:03qui sont les seuls à avoir identifié comme étant nécessaires.
12:05Tout à fait.
12:06Red Bull, il n'existe pas.
12:07Red Bull, par exemple.
12:08Je ne citerai personne.
12:09Non, mais c'est un produit dangereux et qui n'est pas bon.
12:11Red Bull, qui est un produit dangereux et dégueulasse.
12:17En fait, ils ont eu une campagne de com' avec Félix,
12:20qui avait sauté de l'avion, enfin de la capsule.
12:23Voilà, la communication peut faire des choses fantastiques.
12:25Donc, maintenant, il faut qu'elle se mette au service de l'utilité.
12:28Donc, tu pourrais être directrice de l'innovation utile.
12:32Ça pourrait être pas mal, ça ?
12:33Ça serait pas mal.
12:34On va continuer le brainstorming.
12:38Non, mais en parlant d'utilité, nous...
12:40Oui, oui.
12:41Et c'est vraiment un nouveau récit.
12:43Il y a une banque.
12:44Je peux citer ou pas ?
12:46Oui, oui.
12:47Et puis, citez-en trois.
12:48On en a dit déjà.
12:49On en a dit une et il y a deux autres.
12:51C'est une banque qui sponsorise le Festival d'Avignon depuis 15-20 ans.
12:58Ils achetaient quelques goodies qu'ils offraient, etc.
13:02Et on leur a proposé de faire une pièce de théâtre pendant le Festival d'Avignon.
13:06Une pièce de théâtre qui posait la question de l'utilité du métier de banquier
13:11et du rôle que l'on voulait donner à l'argent.
13:14Donc, ils nous ont posé une question qui était une question d'un brief de communication.
13:18On aurait pu répondre avec un film, avec une affiche, avec une campagne sur les réseaux sociaux.
13:22Et on leur a dit, non, en fait, on va faire une pièce de théâtre à Avignon.
13:25Et on raconte toute une histoire où on pose la question de l'utilité de cette banque-là
13:30et du rôle qu'on veut donner à l'argent.
13:32Et alors, il s'avère que je suis évidemment allé la voir et on avait une centaine de personnes
13:37qui regardaient la pièce où c'était dans la rue, devant l'agence de cette banque-là,
13:41que vous n'avez toujours pas trouvée, je vois bien, main sur le buzzer.
13:45Et donc, on faisait un débat mouvant à la fin en disant, est-ce que pour vous,
13:50le plus important, c'est la rentabilité ou est-ce que c'est la transparence que vous allez avoir ?
13:55Et donc, les gens se déplaçaient sur la place.
13:57Donc, ça, c'est un nouveau récit.
13:58C'est quelque chose qui n'est pas du tout habituel pour une agence de communication,
14:02pour une marque, de monter quelque chose comme ça.
14:04Ça a eu un énorme succès.
14:06À chaque fois, on a eu plus de monde parce qu'on a joué neuf fois.
14:08Enfin, ils l'ont joué neuf mois, neuf mois, neuf fois.
14:11Et c'était...
14:13Mais ils vont la rejouer.
14:15Donc, c'est presque...
14:16Ça a dû à longtemps.
14:17Et donc, c'était intéressant de voir aussi que les spectateurs
14:21ensuite restaient, alors qu'ils ne se connaissaient pas au début de la pièce,
14:25cote à cote, à discuter sur quel est le rôle que tu veux donner toi à l'argent
14:29et c'est dans quelle banque, etc.
14:31Et plus de goodies.
14:32Et plus de goodies.
14:33Et alors, c'était quelle banque ?
14:35C'était le Crédit Coopératif qui est quand même peut-être...
14:37C'est le général d'NP.
14:38Qui est certainement la banque la plus...
14:40Qui a une certaine légitimité pour...
14:41Qui est totalement légitime, qui est...
14:43Coopérative, quelque chose de collectif qui implique ses clients,
14:46ses parties prenantes, etc.
14:47Et qui écoute beaucoup ses clients, évidemment.
14:50On ne peut pas terminer cette émission sans faire...
14:52Sans mentionner le contexte international qui pèse forcément,
14:56vous l'avez déjà évoqué, sur les budgets en communication,
14:59mais aussi sur l'état d'esprit des entreprises.
15:02Notamment, avec Donald Trump, forcément désolé, je l'ai dit,
15:05il y a un backlash assumé contre les enjeux climat,
15:08l'inclusion, la régulation.
15:10Est-ce qu'il faut s'en inquiéter fort fort ?
15:13Ou est-ce que vous, vous constatez au contraire
15:15qu'il y a de plus en plus d'entreprises qui se réaffirment encore plus fort ?
15:21Moi, c'est ce que je disais un petit peu tout à l'heure,
15:23mais nous, ce qu'on remarque, c'est qu'au niveau de nos entreprises clients,
15:27personne n'arrête.
15:30Mais personne.
15:31C'est-à-dire qu'ils continuent à investir à minima la même chose.
15:34Sydney continue un peu à augmenter.
15:36Mais en effet, ils ne communiquent plus dessus.
15:38D'où tout le sujet du greenwashing.
15:40Mais il n'y a aucune raison.
15:42En fait, pour être un peu triviale,
15:44le mur, on va le prendre.
15:46Donc les entreprises et les patrons d'entreprises
15:48et toutes les directions d'entreprises
15:50qui ont compris qu'en effet, le mur, on allait le prendre.
15:52Et qu'il faut s'adapter
15:54pour faire en sorte qu'on le prenne le moins difficilement possible.
15:58Et que du coup, il faut transformer son business en fonction de tout ça.
16:02C'est ceux qui continuent.
16:04Ils ne vont pas s'arrêter parce que Donald Trump
16:06et Donald Trump a décidé qu'il sortait du GIEC ou des accords de Paris.
16:10Donc de toute façon, voilà.
16:12Après, il y a vraiment ces entreprises qui continuent de façon massive.
16:18Il faut, en effet, on l'a déjà dit,
16:22mais il faut continuer à communiquer dessus
16:24parce que sinon, on a l'impression qu'il ne se passe plus rien.
16:26Et que du coup, c'est pas la peine, on abandonne, on plie.
16:30Et puis, le mur, on va se le prendre vraiment bien comme il faut.
16:34En fait, on vit un test grandeur nature,
16:36un crash test grandeur nature de notre union continentale.
16:38Déjà au niveau géopolitique, ça c'est clair.
16:40Mais au niveau des marques, un grand crash test aussi,
16:42de résistance à nos valeurs.
16:44Et moi, je pense qu'une des vertus que va avoir cette période,
16:46c'est que ça va nous obliger à faire corps, à être en union,
16:49que ce soit au niveau des pays des 27,
16:51ça peut être aussi vrai à l'échelle de coalitions de marques, etc.
16:54Et dans la communication, on a évoqué la diversité,
16:57mais il y aurait d'autres sujets, de réaffirmer des valeurs
16:59qui vont devenir d'autant plus audibles et désirées
17:01que se passent de l'autre côté de l'Atlantique
17:03et peut-être bientôt de notre côté de l'Atlantique aussi,
17:05des choses qu'on ne veut pas voir, qui ne correspondent pas à ces valeurs.
17:08Au respect de l'autre, au respect du genre, de l'âge.
17:12Il y a tellement de choses qui sont en train de vaciller là-bas
17:14qu'on espère pouvoir préserver ici,
17:16que les marques peuvent jouer un rôle, pas toutes seules,
17:18évidemment, surtout que ce n'est pas leur rôle en tant que tel,
17:20c'est plutôt le rôle des États,
17:21mais contribuer à ces récits-là à travers ce qu'elles veulent raconter
17:24des produits ou des services qu'elles développent.
17:26Et puis, il y a un sujet, pardon, sur…
17:28Il reste une minute.
17:29Très vite.
17:30Sur le fait que les gens, les citoyens,
17:33qui sont aussi des consommateurs, des collaborateurs, etc.,
17:35en fait, ils attendent qu'il y ait des actions plus fortes
17:39par rapport à la lutte contre le changement climatique.
17:42Ils le vivent. On le vit tous de plus en plus.
17:44Les entreprises le vivent dans leur business.
17:46Nous-mêmes, dans nos quotidiens, on y est confrontés de plus en plus.
17:49Ça devient réel et tangible.
17:51Donc, en fait, il y a une vraie attente.
17:53Donc, c'est une opportunité réelle.
17:55Par rapport à cette période, ceux qui se taisent
17:57vont sortir moins bien que ceux qui auront continué à parler.
18:00Parce que, c'est l'étude que mentionnait Caroline tout à l'heure,
18:0390% des citoyens, et c'est une étude sur 130 000 personnes, 125 pays.
18:0890% des gens disent, en fait, on n'en fait pas assez
18:11pour lutter contre le règlement climatique.
18:13C'est pas parce qu'on entend Washington qui parle très fort
18:16ou quelques plateaux télé un peu nauséabonds
18:19qu'il faut se dire que c'est une majorité.
18:22Ça, c'est un récit majoritaire qu'on nous sort en ce moment,
18:25qui est bien utile pour certains.
18:26Mais il faut absolument se dire que la grande majorité,
18:29elle est silencieuse et elle a très envie de changement.
18:32Et pour changer l'histoire, pour changer l'histoire du monde,
18:35il faut changer les histoires qu'on se raconte, justement.
18:37Il y a un besoin des médias, et j'arrête juste après, promis.
18:40Il y a un besoin des médias, et merci pour cette émission notamment,
18:43de, comme il y a un mouvement qui est aux États-Unis aussi,
18:46qui s'appelle Breaking the Climate Silence,
18:49d'aider justement à faire en sorte qu'on arrête
18:51d'avoir un silence imposé d'une certaine manière
18:54sur ces sujets climatiques et sur les solutions par rapport à ça.
18:58On passe au pari d'avenir.
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