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  • il y a 9 heures
Congés, flexibilité horaire, soutien scolaire… Les entreprises ne savent pas toutes comment accompagner les salariés parents dans leur carrière. On se penche sur les bonnes pratiques dans le CERCLE RH.

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Transcription
00:00Générique
00:00Le cercle RH pour débattre d'un sujet qui concerne des millions de françaises et de français, la parentalité,
00:18et qui concerne aussi beaucoup de DRH et de dirigeants d'entreprises.
00:21Qu'est-ce qu'une vraie et bonne politique de parentalité ?
00:24On va en débattre et en parler avec mes invités.
00:26Ils sont là autour de moi. Marine De Cendre, ravie de vous accueillir.
00:31Cofondatrice des Parents Zen, les Parents Zen, des crèches, et on en parlera parce qu'à vos côtés, il y a Jérémy Mailly, DRH du groupe Panzani.
00:39Ravie de vous accueillir. 850 collaborateurs avec une politique de parentalité dont vous allez nous parler.
00:45Et vous travaillez la main dans la main avec les Parents Zen.
00:48Merci en tout cas d'avoir répondu à notre invitation.
00:50Et puis Lucille Ouattrin, je l'ai bien dit, vous avez vu, experte conciliation des vies, parentalité d'entreprise,
00:56vous accompagnez des entreprises sur leur stratégie, la bonne politique en parentalité.
01:01Et puis vous préparez, je crois, mon petit doigt me dit, un grand événement qui aura lieu en mars prochain à Paris,
01:06justement sur ces sujets de parentalité.
01:09Et avec moi, Caroline de Seineville. Bonjour Caroline.
01:11Bonjour.
01:11Très heureux de vous retrouver, chère Caroline, journaliste, décideur RH,
01:15avec des chiffres, des analyses.
01:16Et on va commencer peut-être par un éclairage venu de l'APEC.
01:19Oui, l'APEC a sorti une étude en septembre dernier qui montre que 37% des cadres parents d'un ou plusieurs enfants mineurs
01:27déclarent rencontrer des difficultés, ce qui est 10 points de plus que les autres cadres,
01:31qu'ils soient non-parents ou parents d'enfants majeurs.
01:33Juste l'experte que vous êtes, vous accompagnez des entreprises.
01:36Quelles sont les difficultés quand on parle de parentalité ?
01:39Quand vous allez dans une entreprise et que j'imagine vous posez le sujet, vous faites un diagnostic,
01:43quels sont les sujets qui sont posés sur la table quand on parle de parentalité ?
01:47Il y a des gros enjeux de flexibilité, parce qu'avoir des enfants, c'est avoir des enfants qui peuvent être malades,
01:51qui peuvent avoir des besoins de soutien avec des médecins, etc.
01:55Donc avoir un agenda où on peut s'ajuster.
01:57Et en fonction des métiers, qu'on soit dans une usine ou dans une tour à la défense,
02:01on ne peut pas s'ajuster de la même façon.
02:03Et puis il y a plein d'enjeux autour du re-onboarding des mères, par exemple.
02:07Quand on revient au travail...
02:08Énorme sujet !
02:10Ce n'est pas une mince affaire, on ne revient pas comme quand on est parti.
02:13Et souvent, on nous attend exactement comme quand on est parti.
02:16Et puis, globalement, est-ce que l'entreprise accepte de nous faire venir avec nos enfants ?
02:21Parfois avec des nuits qui ont été compliquées ?
02:23Parfois avec des ados ?
02:25C'est pas bon, si on n'en parle pas, on a des sphères, on n'ose pas dire qu'on n'a pas...
02:28C'est vrai, on en a peur.
02:29Je trouve qu'on parle plus des problèmes de sommeil que des problèmes d'addiction d'un ado à son smartphone
02:34ou à d'autres substances.
02:35Je veux dire, c'est encore moins sympa d'en parler, et pourtant c'est un vrai sujet.
02:39C'est vrai, vous avez raison.
02:39On dit plus facilement que le bébé n'a pas dormi cette nuit que de dire que mon fils prend trop de cannabis.
02:43Ça, je suis d'accord avec vous.
02:44Je me tourne vers vous, DRH, monsieur le DRH Panzani.
02:48On parlait des cols blancs, c'est vrai qu'on parle parentalité, on pense aux cols blancs,
02:51on est flexibles, on peut s'organiser, on fait du télétravail.
02:53Enfin, globalement, ça peut se vivre.
02:55Mais c'est plus compliqué dans votre cas, par ailleurs, avec les salariés qui sont postés,
02:59qui fabriquent des pâtes, qui fabriquent de la semoule, c'est beaucoup plus compliqué.
03:02Comment on fait dans ce cas-là ?
03:04Oui, c'est tout à fait vrai.
03:05C'est pour ça qu'on a démarré en 2018 avec les parents zen au siège pour des propositions plutôt cadre.
03:11Et quand on a revu la politique parentalité il y a deux ans, on a souhaité l'élargir aux usines,
03:16puisqu'on a six usines en France, trois centres de R&D,
03:18et qu'effectivement, ces collaborateurs-là sont autant concernés par les sujets de parentalité et de flexibilité.
03:24Ils ont les mêmes stress, quoi.
03:25Exactement.
03:27Et c'est vrai que la parentalité ne s'arrête pas aux enfants de 0,3 ans, en fait.
03:31La parentalité continue bien longtemps.
03:32J'ai mis un papier jusqu'au biactol, quoi.
03:34Jusqu'au moment où nos enfants mettent du biactol pour retirer leur bouton.
03:37C'est un papier de...
03:39Tout sa vie, je pense.
03:39C'est ça.
03:40On est papa, maman, tout sa vie.
03:42Un pire jour, on devient proche aidant, et donc...
03:44Mais quand vous posez le sujet à vos équipes, quand vous le posez au COMEX, au CODIR, je ne sais pas comment...
03:49On vous dit quoi ? Parce que c'est un vrai sujet.
03:51C'est-à-dire quelqu'un qui est posté, qui doit avoir une productivité, ce n'est pas simple.
03:55Comment on l'organise, ça ?
03:56En proposant effectivement des services, donc des places en crèche pour faciliter le fait de trouver un mode de garde,
04:02mais aussi des systèmes de garde, des systèmes de soutien scolaire.
04:06Voilà, donc ça ne retire pas l'enjeu de postes postés,
04:09mais en tout cas, on facilite tout ce qu'il y a autour, les services qu'on peut apporter.
04:12Des services.
04:13Voilà, pour faciliter l'organisation personnelle.
04:16Marine, j'évoquais tout à l'heure que les parents zen étaient le partenaire de Panzani et de beaucoup d'autres entreprises,
04:22mais qu'est-ce que vous apportez comme service et qu'est-ce qu'on vous a demandé ?
04:26Qu'est-ce qu'on nous a demandé chez Panzani ?
04:28On nous a demandé de faire connaître aussi cette politique parentalité en interne et puis aussi en externe.
04:35C'est pour ça qu'on accompagne les entreprises.
04:37C'est vraiment un empagnement global pour mettre en place une politique parentalité efficace.
04:44Parce qu'on sait, chaque année, on organise un baromètre.
04:47Donc l'année dernière, c'était avec, je vais y arriver, Opinion Way.
04:51Et donc dans ces chiffres, on sait que 58% des parents qui ont un nouvel enfant sont impactés en leur charge mentale qui augmente au travail.
05:03Donc ça, c'est un vrai chiffre.
05:05Et parmi eux, 60% des entreprises n'ont rien fait pour leurs collaborateurs.
05:10Alors que c'est un vrai enjeu.
05:12Mais le retour de congé maternité, parce qu'on parle des enfants ados en mettant de l'autre côté,
05:17mais on rentre, on a cette enfance, un moment de joie, ou parfois c'est difficile d'ailleurs.
05:21Et c'est un choc quand on revient.
05:23Qu'est-ce qu'on fait là en matière de politique ?
05:24Quels sont les conseils que vous donnez ?
05:25Parce qu'il y a la grande politique de parentalité nationale créée par le gouvernement.
05:29Incitation, accompagnement, augmentation de la durée du congé de paternité.
05:35Tous ces sujets qui sont étatiques, j'allais dire.
05:36Mais concrètement, sur ce sujet du retour, quels sont les conseils que vous donnez ?
05:40Concrètement, pour moi, c'est les managers qui ont un rôle qui sont en frontal.
05:43On a les RH, évidemment, qui doivent pousser, en tout cas, dans le bon sens.
05:47Et quand c'est fait, si ça s'arrête juste à une belle politique, c'est assez inutile.
05:52C'est former concrètement les managers.
05:53Parce que c'est eux qui vont recevoir le « ça y est, je suis enceinte, je vais partir et je vais rallonger mon congé.
05:59Et je reviens à 80% et comment je trouve le jour qui va à tout le monde. »
06:02Souvent, les managers en off, hors télé, hors plateau télé,
06:05« Oh là là, je vais l'avoir à 80%, ça va être plus compliqué. »
06:08Enfin, c'est ce qu'on entend quand on discute avec des managers.
06:10C'est ça, leur réalité.
06:11La problématique, c'est que si on ne prend pas les gens dans leur globalité,
06:14on n'a pas toute leur performance et toute leur créativité.
06:17Il faut s'adapter à la vie et aux besoins des collaborateurs.
06:20Ce n'est pas les collaborateurs qui doivent s'adapter à l'entreprise.
06:23C'est plus comme ça.
06:24L'œuf et la poule, la poule et l'œuf, c'est un vrai sujet.
06:26Caroline, il y avait un éclairage intéressant sur ce sujet-là.
06:28Il y avait une étude qui avait été menée par l'Institut BVA,
06:31qui date un peu de 2019, mais qui est quand même assez révélatrice,
06:33qui avait montré que plus de la moitié des salariés
06:35connaissaient mal leurs droits liés à la parentalité,
06:39notamment l'entretien de retour de congé maternité,
06:41qui est obligatoire, la visite médicale,
06:43la garantie de rattrapage salarial,
06:45le droit de bénéficier d'une heure par jour d'allaitement
06:47sur son temps de travail.
06:48Tout un tas de dispositifs que les salariés ne connaissent pas forcément.
06:51Alors, peut-être vous voulez rajouter quelque chose ?
06:53Parce que j'avais ce chiffre.
06:54Il y a votre étude, et qui est tirée d'ailleurs de l'étude
06:56Opinion Way que vous avez produite.
06:58Chez les moins de 35 ans, c'est intéressant,
07:00ce n'est pas la GENZ, mais ils s'en sont sortis de peu.
07:0253% d'entre eux ont envisagé de changer d'entreprise
07:05pour une politique plus family-friendly.
07:09Ça, c'est un sujet, je m'adresse au DRH,
07:11et évidemment, vous êtes un partenaire du sujet,
07:14mais vous dites que c'est aussi un calcul que l'on fait
07:16d'engagement des collaborateurs,
07:19c'est-à-dire globalement un collaborateur maltraité
07:21ou une collaboratrice maltraité,
07:22dit « je m'en vais ».
07:23Vous l'avez, j'imagine, quantifié ce sujet-là.
07:26Oui, c'est un enjeu d'attraction, de rétention des talents,
07:29d'engagement, parce qu'effectivement, aujourd'hui,
07:31les collaborateurs, ils regardent l'ensemble de ce que l'entreprise propose
07:33sur plein de sujets, dont la parentalité,
07:36et après, c'est comme ça qu'ils décident de rester ou pas de rester,
07:39donc oui, c'est un sujet important.
07:39Donc, vous réduisez les risques d'absentéisme,
07:42parce qu'il y a le départ, mais il y a aussi des arrêts maladie,
07:45parfois de très courte durée, parce qu'on doit s'organiser.
07:47C'est ces sujets-là dont on parle.
07:47Oui, c'est ça, c'est exactement.
07:49C'est apporter les bons services et la bonne flexibilité
07:51pour que le retour dans l'entreprise se fasse sereinement.
07:54Et d'ailleurs, c'est pour ça que nous, on pense que le retour,
07:56l'entretien de retour est très important,
07:57mais l'entretien avant départ est aussi très important.
08:00Bien sûr.
08:00Si on veut partir sereinement, il faut anticiper ce qui va se passer,
08:04connaître ses droits, préparer son retour.
08:06Donc, c'est aussi important de voir les gens avant qu'ils partent.
08:08Tiens, et avant de donner la parole à Marine,
08:10les hommes le prennent, leur congé parentalité.
08:12Moi, j'ai été confronté il y a quelques temps maintenant à ce sujet,
08:15il venait d'arriver, ce congé,
08:16et on se regardait tous, on était journalistes,
08:18et on se disait, ben non, on ne va pas le prendre,
08:21en plus, on faisait de la télé, et donc c'était compliqué.
08:24Ils le prennent, maintenant, c'est rentré dans la culture ou pas ?
08:27Vous vous regardez ?
08:28Oui, non ?
08:29Nous, ils ne le prenaient pas assez.
08:32Et la raison principale, c'est parce que quand vous preniez un congé paternité,
08:35vous perdiez du salaire.
08:36Exact. On pouvait compenser l'entreprise,
08:38nous, on a signé dans l'accord égalité professionnel
08:41homme-femme, qui concerne du coup aussi les hommes,
08:43on a signé le fait de maintenir le salaire,
08:46ce qui a très largement permis au papa de prendre leur congé paternité.
08:49C'est donc l'incitation financière qui permet de garder ses revenus.
08:52On lève un frein.
08:53Combien de jours, le congé paternité ?
08:56Maintenant, 28.
08:5623 jours.
08:57Bientôt plus, au mois de juillet, puisqu'il va être augmenté.
09:00Avec le congé de naissance ?
09:01Oui, exactement.
09:02Bientôt deux mois de plus chacun.
09:03Vous êtes une actrice, parce que vous travaillez avec Panzani, je l'évoquais,
09:06mais est-ce que l'idée d'implanter des crèches,
09:09puisqu'on l'évoquait chez Panzani, sur site,
09:12ce qui était une vieille idée de...
09:14On posait la question, oui.
09:16Fin 19e, début 20e, toutes les grandes entreprises,
09:19les poissonneries, les sardineries,
09:20intégraient les crèches sur site pour que les mamans aillent allaiter leurs enfants.
09:24Ça se passait comme ça.
09:25C'est la bonne solution ou pas, ça ?
09:26Alors, nous, on s'est créé, donc à l'époque, en 2010,
09:29on s'appelait Ma Place en crèche,
09:30et justement, ce qu'on a créé, c'est de disrupter les crèches d'entreprise.
09:33Donc, de ne pas avoir la crèche sur le site de travail,
09:37mais au contraire, d'avoir une crèche d'entreprise,
09:39donc un berceau d'entreprise,
09:41dans une crèche à 5 minutes du domicile des salariés.
09:43L'idée, c'est quand même de jouer sur la proximité,
09:45le caractère pratique de la crèche.
09:47C'est comme ça qu'on a créé le plus grand réseau de crèches de France,
09:50et aujourd'hui, on a plus de 4 500 crèches partenaires.
09:52Donc, vous avez des espaces, en fait.
09:55Exactement.
09:56Et après, on a aussi des clients pour lesquels ça a du sens
09:59d'avoir une crèche sur site.
10:00On parlait du zoo-parc de Beauval.
10:02En plus, eux, ils avaient besoin d'une crèche ouverte 365 jours par an.
10:06Une très grosse amplitude, oui.
10:07Voilà, donc, c'est obligé.
10:10Caroline, le ROI, parce que je vois que le temps file,
10:12le ROI, qui est un mot impropre pour parler des enfants,
10:14mais c'est un calcul que fait aussi l'entreprise.
10:17Engagement, marque employeur, c'est intéressant.
10:20Et puis, il y a aussi un ROI sur ce sujet.
10:21Oui, il y a un groupement d'entreprises suisses, dont Nestlé,
10:23qui avait mené une étude et qui avait prouvé que pour 100 euros investis
10:27en faveur de la parentalité, ça lui rapportait 108 euros.
10:298% de ROI.
10:31Est-ce que ce calcul-là, sans cynisme aucun, vous dites,
10:34on le fait aussi, parce que ça nous permet d'avoir des collaborateurs
10:37qui se sentent appréciés, encouragés, et sur lesquels ils ont un équilibre ?
10:41Non, je vous sens...
10:42Je pense qu'on est obligés de le faire, parce qu'on a des entreprises précurseurs.
10:45On peut prendre l'exemple de Panzani, parce qu'ils ont mis beaucoup de choses en place.
10:47Mais on a aussi des boîtes qui rechinent, qui ne veulent pas le faire.
10:49Et en tant que consultante, j'arrive en disant,
10:52si vous ne faites pas et que des mères s'en vont,
10:54c'est entre 3 et 9 mois de salaire que vous perdez.
10:56Le coût du recrutement ?
10:58Oui, ça inclut tout ça.
11:01Il y a un burn-out, ça coûte presque 80 000 euros.
11:03Donc si on ne prend pas soin de ses salariés, ça va vous coûter très cher.
11:06Et puis on peut voir la pierre qui roule un peu sur les inégalités femmes-hommes,
11:09parce que si on soutient les mères et qu'on encourage les papas
11:12à partir en congé et paternité,
11:14et les coparents, on soutient aussi les mères,
11:16et on évite d'avoir des biais au recrutement, notamment.
11:20Jérémy, qu'est-ce que vous faites de plus que les autres ?
11:21Parce que quand on travaille sur ce sujet,
11:23on voit que des entreprises sont très en retard,
11:24on voit que certaines sont en avance.
11:26Qu'est-ce que vous apportez de plus ?
11:29Je pense que ce qu'on a essayé de faire,
11:30c'est d'essayer d'embrasser le sujet de la parentalité dans sa globalité.
11:33Bien sûr, les places en crèche,
11:35c'est souvent le sujet par lequel on entre,
11:37parce qu'on sait qu'il y a un problème de garde dans les jeunes enfants.
11:39Mais ensuite, tout au long de la vie de parents,
11:41on a des sujets de soutien scolaire, d'orientation,
11:43de gestion de garde d'urgence.
11:46À un moment, on devient proche aidant.
11:49Le télétravail, les entretiens de retour,
11:51s'assurer que les salaires augmentent.
11:52C'est pour ça qu'on a essayé de l'approcher dans sa globalité,
11:55pour que le dispositif soit puissant,
11:57et plus que juste la garde de jeunes enfants.
12:00Vous avez des retours, vous avez des entretiens,
12:01alors évidemment de départ et de retour,
12:03mais vous avez aussi des entretiens avec vos collaborateurs,
12:05des remontées de managers.
12:06Qu'est-ce que vous disent les salariés ?
12:07Est-ce qu'ils vous remercient ?
12:08Est-ce qu'il y a l'idée qu'on est bien chez Panzani
12:11parce qu'on y est bien sur le plan de la parentalité ?
12:15Oui, en tout cas, c'est apprécié.
12:16On a eu des très bons retours.
12:18Nous, on a annoncé ce dispositif il y a maintenant deux ans.
12:20On a accéléré, on a communiqué,
12:22et on a vu de l'engouement.
12:24On a vu des gens qui s'intéressaient à tous les dispositifs
12:26et qui allaient au-delà du simple berceau.
12:28Je crois qu'il y a un bel engouement.
12:30Ça veut dire que vous avez aussi du recrutement,
12:32peut-être par levier,
12:33lié à cette politique de parentalité.
12:35Il y a peut-être des femmes et des hommes qui disent
12:37« Tiens, cette boîte-là m'intéresse, non ? »
12:39C'est sûr, moi j'ai déjà eu des clients
12:41qui m'ont dit que des candidats leur avaient dit
12:45qu'ils venaient là parce qu'il y avait des places en grèche.
12:48Enfin, des mamans notamment, en l'occurrence.
12:50Justement, je pense qu'il y a encore un progrès à faire
12:52sur l'équilibre homme-femme là-dessus.
12:53Il y a l'étude de la PEC qui montre que 50% des mères cadres
12:56déclarent que ce sont plus souvent elles
12:58qui s'occupent de leur enfant malade
13:00contre 18% des pères.
13:02Je pense qu'il y en a une bonne partie qui ment aussi.
13:04C'est-à-dire ?
13:06Mais c'est encore plus.
13:08C'est ça, enfin, il y a les hommes qui potent un peu.
13:10C'est de vous estimer, je ne sais pas.
13:11J'ai vu passer une enquête qui disait
13:14que je crois que c'était un truc comme 95%
13:16des mamans qui prenaient le rendez-vous
13:18pour les enfants sur Doctolib.
13:19On a vu la même heure 18, je crois qu'il y a 14 ans.
13:22Et pour leurs conjoints aussi.
13:23Et vous, Jérémy, vous prenez rendez-vous aussi ?
13:26Sur Doctolib ?
13:26Moi, j'ai récupéré mon fils à l'école hier soir.
13:28C'est un problème de nounou.
13:29Non, mais je veux dire par là que souvent,
13:31quand on met des politiques comme ça,
13:32il faut être aussi aligné soi-même.
13:34Et c'est un vrai sujet aussi.
13:35En tant que papa, je pense que vous êtes papa,
13:37je ne vais pas vérifier.
13:38Et je pense qu'il faut aussi montrer aux collaborateurs
13:40que vous le faites.
13:41Et j'imagine que vous le faites.
13:42Exactement.
13:42C'est important l'alignement.
13:44C'est important, tout à fait.
13:45Quand même, il faut préciser,
13:46on ne l'a pas dit au début de l'émission,
13:47pour ne pas créer une sinistrose absolue,
13:48c'est-à-dire que pour la première fois depuis 1945,
13:51il y a plus de décès que de naissances.
13:52Oui.
13:54Je ne sais pas, vous les experts et les observateurs,
13:56enfin ceux qui le vivent,
13:57on traverse une crise de la natalité,
13:59alors qu'il n'est pas peut-être uniquement lié
14:01aux politiques de l'entreprise,
14:02mais il y a une incidence.
14:03Il faut aller plus loin si on veut faire plus d'enfants.
14:05Il faut une politique.
14:06Le congé de naissance,
14:09et aussi le congé parental où on s'arrête un an,
14:11c'est quoi ?
14:11C'est que le...
14:12On ne gagne pas.
14:13Non, on ne gagne même pas 500 euros par mois.
14:14À peine 350 euros, je crois, c'est ça ?
14:16Oui, oui.
14:17Enfin, on ne peut pas...
14:17Entre 300 et 500 euros.
14:18Non, mais je veux dire,
14:18en changeant de politique,
14:19en disant à une femme,
14:21vous avez un minimum vital qui vous permet de vivre,
14:25est-ce que c'est une politique...
14:25Ou à un homme.
14:29Ce n'est pas que ça.
14:30Ce n'est pas que ça.
14:31C'est la société d'ensemble.
14:32On voit les espaces no kids.
14:34On va au café.
14:35C'est notre enfant...
14:36Le train.
14:37Le train, l'avion.
14:38Enfin, moi, on a déjà traité mes enfants de chiens,
14:40en mode, le chien est beaucoup plus sage que vos enfants.
14:42Oui, en fait, ils ont 3 et 4 ans.
14:44Donc, je pense que c'est toute la société
14:46et toute la mentalité qui doit évoluer.
14:48Et alors, il y a des acteurs qui font bouger pendant des années,
14:50mais en fait, si c'est que les entreprises,
14:53c'est une notion sociétale et gouvernementale.
14:55Donc, ça dépasse largement le cadre des compétences
14:57et des pouvoirs des entreprises.
14:58C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on repousse les enfants à la marge.
15:01Ils font trop de bruit dans les rues, dans les trains.
15:04C'est ça, le sujet que vous soulevez.
15:04Des avions no kids, des restaurants no kids,
15:06des plages no kids, et puis bientôt, plus d'enfants.
15:08Et puis, du coup, la natalité chute.
15:10Et c'est important quand même que le gouvernement
15:12continue à accompagner les entreprises
15:14qui, justement, mettent des choses en place
15:16pour être family friendly.
15:19On vous accompagne, Jérémy ?
15:21Oui, je pense que le gouvernement a été incitatif
15:23sur les places en crèche il y a maintenant de nombreuses années
15:25avec les prix d'impôts.
15:26Donc, ça, c'est très bien.
15:27Et puis, je pense que ça permet de rentrer dans le sujet
15:30et ensuite de pouvoir l'élargir.
15:32En tout cas, nous, les places en crèche
15:33nous ont permis d'entrer dans le sujet.
15:34Oui, c'est la porte d'entrée.
15:35C'est la porte d'entrée.
15:36Et il faut, c'est un déclic, c'est un début.
15:38C'est comme ça qu'on embarque les managers,
15:40les dirigeants d'une entreprise.
15:41Et qu'ensuite, on peut être plus ambitieux pour...
15:44On ne le dira jamais assez,
15:46mais il faut former les managers,
15:47les éduquer à ces sujets.
15:48Parce qu'il faut quand même leur faire comprendre
15:49les enjeux d'un retour de congé maternité.
15:52On voit souvent des femmes qui disent
15:53« Mon poste avait changé, mon bureau avait changé de place. »
15:57Personne ne m'a parlé quand je suis revenue.
15:58Personne ne m'a parlé, personne ne s'est interrogé sur moi.
16:00C'est un vrai sujet, presque sociologique,
16:02presque psychologique,
16:03que beaucoup de femmes vivent.
16:04Humain, en fait.
16:05Juste humain, se rendre compte qu'elle a donné la vie,
16:07qu'elle revient et que ce n'est pas la même personne
16:08et qu'il faut l'accueillir,
16:10prendre soin d'elle, avoir un entretien de retour
16:12et puis en avoir aussi d'autres dans l'évolution.
16:14Parce que ce qui est vrai à trois mois de l'enfant
16:16n'est pas vrai après.
16:17Caroline ?
16:17J'ai listé un peu,
16:18enfin j'ai cherché dans les entreprises
16:19les différents dispositifs innovants.
16:21Il y en a un qui est intéressant,
16:22c'est la FinTech Indie
16:23qui, depuis début 2024,
16:25propose à tous les jeunes parents
16:2612 jours supplémentaires de congés utilisables
16:30la première année.
16:31L'année où ils se font souvent malades,
16:32c'est assez précieux.
16:33Donc 12 jours à prendre comme on veut,
16:36droit de tirage.
16:37Ça vous semble être une piste intéressante ?
16:39Avec toutes les contraintes qu'on évoquait
16:40sur des salariés qui sont sur des sites de production,
16:43c'est plus compliqué.
16:44Nous, dans l'accord égalité professionnelle,
16:45qu'on a signé avec les partenaires sociaux,
16:47on a un dispositif qui est un peu similaire,
16:49c'est-à-dire qu'on a laissé la possibilité
16:50de transformer son 13ème mois en temps.
16:52Parce que finalement,
16:53il y a des gens qui ont besoin
16:53plus de temps que d'argent.
16:55Ça marche pour les aidants aussi, j'imagine ?
16:56Exactement.
16:57L'idée, c'est de pouvoir offrir du temps.
17:00Parce que parfois,
17:01c'est le temps dont on a besoin
17:02et la flexibilité que le temps apporte.
17:03Exact.
17:03Ça, c'est très intéressant.
17:04Et les gens l'utilisent ?
17:06Oui, ça commence.
17:06Voilà, c'est nouveau.
17:08Donc on a communiqué,
17:09il faut oser faire la démarche,
17:10il faut s'organiser.
17:15Ce qui est important,
17:17c'est de bien communiquer, en effet.
17:18Donc comme on a une charte du télétravail
17:21qui est dans toutes les boîtes,
17:22je ne sais pas si vous l'avez déjà fait,
17:23je ne sais pas nos amis,
17:24mais il faut avoir sa charte,
17:25justement, parentalité.
17:26C'est-à-dire que j'oubliais le télétravail,
17:28c'est la solution ou pas avant de nous quitter ?
17:29Parce qu'on se dit, après tout,
17:30le télétravail, c'est pratique,
17:31on peut avoir son enfant à porter.
17:32J'ai eu le sentiment
17:33que ce n'était pas la panacée quand même.
17:35Alors, dans les usines, non.
17:36Bon, ça c'est fait.
17:37Mais oui, mais nous, par exemple,
17:38on étend le télétravail
17:39pour les femmes qui sont enceintes
17:41et c'est très, très, très apprécié
17:42parce que ça apporte un moment
17:43où on a peut-être plus fatigué,
17:45plus de contraintes,
17:45ça apporte de la flexibilité.
17:46Donc c'est définitivement une réponse.
17:47De la souplesse,
17:48c'est la maman qui est souvent triste
17:49de laisser son enfant,
17:50il faut le dire, à la crèche.
17:50On a vu pendant le confinement
17:52que du coup,
17:53tout le monde est resté à la maison
17:54et qu'il y a eu beaucoup moins
17:55de déclenchements,
17:56d'accouchements prématurés.
17:58Plus calme, moins stressé.
17:59Plus calme, moins de transport, etc.
18:01Moins de transport, exact.
18:02Moins de prémat.
18:03Moins de prémat.
18:03Donc on peut faire l'addition aussi
18:04de combien ça coûte
18:05de faire un prémat à la société.
18:07Exact, c'est un coût très élevé.
18:08Notamment les grands prémats.
18:10Votre événement d'un mot,
18:11autant en faire un peu de promo,
18:13c'est quoi l'idée ?
18:13Pourquoi créer un événement ?
18:14Vous dites que c'est une manière
18:15de visibiliser ce sujet ?
18:17On a souvent des événements
18:18pour les parents,
18:19on a souvent des événements
18:20sur l'ambition pro.
18:21C'est qu'on voulait mettre ça
18:22dans un même sac
18:23et se dire qu'on peut être parent
18:24et ambitieux.
18:25Et donc parler de politique parentale,
18:26parler d'entreprises
18:27qui innovent
18:28et qui font des choses bien
18:29comme peut le faire Penzani.
18:32Donc c'est une invitation
18:32que vous lui lancez en fait.
18:33Avec plaisir.
18:34Il veut revenir de Lyon.
18:36Donc c'est le 24 mars à Paris.
18:3724 mars à Paris.
18:39Exactement.
18:39Donc c'est de réconcilier
18:40et de faire se parler tout le monde.
18:42Exactement.
18:42Et qu'on soit manager, salarié ou DRH,
18:44qu'on puisse venir s'inspirer
18:46et puiser des bonnes idées
18:46à mettre en place dans son organisation.
18:48Et comprendre pourquoi
18:49il faut les mettre en place.
18:50Vous êtes convaincu,
18:51vous faites aussi du prosélytisme,
18:53vous êtes venu sur ce plateau
18:54pour parler de ce que vous faites.
18:55Est-ce que vous continuez
18:56dans la sphère des DRH
18:57à expliquer à vos collègues
18:58qu'ils seraient certains
18:59en train de vous dire
18:59que ce n'est pas la priorité,
19:01la parentalité,
19:02ce n'est pas essentiel.
19:03On l'entend beaucoup ça.
19:04Oui, je pense que tout le monde
19:05a conscience que les enjeux
19:06de qualité de vie au travail
19:07sont importants.
19:08Et après, dans la qualité
19:09de vie au travail,
19:09il y a plein de tiroirs possibles.
19:11La parentalité en est définitivement un.
19:12Je pense quand même
19:13que la prise de conscience
19:14est assez forte.
19:14Moi, je sens en tout cas
19:15qu'elle s'est beaucoup renforcée
19:16ces dernières années.
19:18Donc moi, je suis assez optimiste.
19:19Donc si on se disait
19:20« Faites des enfants »,
19:20c'est peut-être ça
19:21le mot de conclusion
19:22de cette émission.
19:22Réfléchir, c'est bien
19:23avant de les faire.
19:24Il faut bien sûr réfléchir
19:25avant de les faire.
19:26Mais enfin, la natalité
19:27se casse quand même
19:27violemment le nez.
19:28Est-ce que je peux parler ?
19:29Voilà, 10 secondes.
19:30On a un bouquin
19:31qui vient de sortir à la FNOR
19:33sans question
19:33sur la parentalité en entreprise.
19:35Donc ça, c'est vraiment
19:35pour tous les DRH.
19:37Je viens de l'offrir à Jérémy.
19:37Vous allez le présenter
19:38dans l'événement de l'histoire.
19:39Et bien voilà, exactement.
19:41Il est dans la liste CDMK.
19:42Et nous, on sera invitées,
19:43j'espère bien.
19:44Et c'est notre directrice
19:45qualité-parentalité,
19:46Karine Arquet,
19:47qui l'a co-écrit à quatre mains
19:49avec Tiffen Mayol.
19:51Donc c'est vraiment
19:52un must-have dans sa bibliothèque.
19:53Et bien vous l'enverrez ici
19:54et on viendra le chroniquer.
19:56Et une newsletter sur LinkedIn
19:58qu'on vient de lancer
19:59qui est sortie aujourd'hui.
20:00Ça y est, vous avez tout mis là.
20:01Voilà, donc il faut s'inscrire
20:02et nous suivre
20:04et comme ça,
20:05pour sauver les newsletters.
20:06Et manger des pâtes,
20:06c'est très bon pour la santé.
20:07Par ailleurs,
20:08je ne vous ferai pas le slogan
20:09que j'adore
20:10puisque je vous l'ai fait hors antenne.
20:11Merci Jérémy Mailly.
20:12DRH Groupe Panzani
20:13très en avance
20:14sur ces sujets de parentalité.
20:16Merci à Marine Dezande,
20:18co-fondatrice Les Parents Zen
20:19et qui travaille la main dans la main
20:20avec Panzani.
20:22Puis merci à Lucine Vatra.
20:23Bon vent pour votre événement de mars.
20:26Experte conciliation
20:26des vies parentalité d'entreprise.
20:28Et merci à Caroline de Senneville.
20:29C'est toujours un plaisir
20:29de partager cette émission
20:30avec vous et avec vous.
20:32Merci à vous.
20:33Merci à l'équipe.
20:33Merci à Nicolas Juchat.
20:35Merci à Paul au son
20:36et merci à Charles
20:37à la réalisation aujourd'hui.
20:39Merci à vous tous.
20:40et à très bientôt.
20:40Bye bye.
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