00:00Fiorentino, comme tous les vendredis, sur le temps qui nous reste pour clôturer cette matinale et clôturer la semaine aussi.
00:05Bonjour Marc, bienvenue.
00:07Bonjour.
00:07Alors, comment vous avez vécu la semaine ?
00:09J'ai trouvé ça passionnant. Je me dis que vivre l'histoire en direct comme on le fait, c'est juste complètement dingue.
00:16Et puis, je suis toujours surpris par le fait que des réactions à tout ce que dit Trump, tout ce que fait Trump,
00:23je me dis mais à chaque fois, on tombe dans le panneau, sur le Groenland, on est tombé dans le panneau,
00:28et puis je lis les commentaires des médias, il s'est dégonflé, il s'est déballonné, virage à 180 degrés,
00:36et je me dis à chaque fois, en fait, on est tellement aveuglé par notre détestation de Trump,
00:41ce qui peut se comprendre parce que sur la forme, il n'y a rien qui est défendable.
00:44Dans son discours de Davos, franchement, sur la forme, c'était dramatique,
00:47mais on n'arrive pas à avoir une opinion sur Trump qui soit déconnectée de
00:54qu'il radote, il répète la même chose, il est grossier, il dit n'importe quoi,
00:59alors qu'il déroule. Ce que j'essaye d'expliquer depuis un an, je n'y arrive pas malheureusement,
01:05c'est qu'il déroule, et même la semaine dernière, j'étais sur le plateau avec Laure,
01:08et je lui disais exactement ce qui allait se passer, et ce n'est pas du tout parce que je suis visionnaire,
01:12c'est parce que Trump fonctionne toujours de la même façon.
01:15Mais vous n'avez pas l'impression, Marc, que quand même, Emmanuel Macron vous a écouté ?
01:19Non, je pense qu'Emmanuel Macron, je ne préfère même pas en parler.
01:23Allez, passons à autre chose.
01:25Oui, à ce point-là, parce que je trouve que vraiment la bonne réaction a été celle de Merthe,
01:29le chancelier allemand qui a tout compris, quoi.
01:31Parce qu'il a dit, arrêtez de vous concentrer sur Trump,
01:34Trump nous donne une chance extraordinaire.
01:36Il donne une chance extraordinaire à l'Europe de sortir de son statut d'assisté,
01:41de colonie assistée des États-Unis.
01:43C'est ça ce qu'on est, on est une colonie assistée des États-Unis
01:45depuis la Deuxième Guerre mondiale.
01:47C'est ce que dit Trump.
01:49Alors évidemment, il le dit de façon extrêmement brutale, désagréable,
01:52mais il dit la vérité.
01:54Il dit, globalement, vous êtes en train en permanence de vous raccrocher à nous,
01:59et puis pour des sujets aussi importants qui sont des sujets européens comme l'Ukraine,
02:02qu'est-ce que vous faites ?
02:03Zelensky nous dit exactement la même chose.
02:05C'est-à-dire que ce que je trouve absolument affligeant,
02:08c'est qu'au lieu de se dire, voilà, il nous met face à notre réalité
02:13de façon vulgaire et brutale,
02:15ce n'est pas le sujet.
02:16Et donc, qu'est-ce qu'on fait, nous, au lieu de passer notre temps à critiquer Trump ?
02:20Oui, il fait ça, ce n'est pas bien.
02:22Oui, il fait ça, ce n'est pas bien.
02:23On ne fait rien.
02:24Et Merck se dit, bon, voilà, c'est le moment,
02:27c'est l'heure de vérité pour l'Europe.
02:28Sur le Groenland, c'est quand même très frappant.
02:31C'est-à-dire que c'est la base de la technique de négociation,
02:35je le dis, je le répète, de Donald Trump.
02:37J'insulte, je menace d'une invasion militaire.
02:43Il n'y a évidemment jamais pensé.
02:46Ensuite, je propose de racheter, parce que c'est tellement gros
02:49que si ça passe, on ne sait jamais.
02:51Et puis derrière, j'obtiens une négociation
02:54et je cherche un deal, D-E-A-L.
02:58C'est son obsession.
02:59Et il obtient un deal qui va être très favorable
03:01pour les États-Unis et qui va être, en fait,
03:05le premier deal dans lequel on explique
03:08que le Groenland, si on ne fait rien,
03:10sera soumis à l'influence de la Russie et de la Chine.
03:13Il a raison.
03:14Qui sort vainqueur de cette séquence à Davos
03:17où il s'est passé une dinguerie quasiment tous les jours
03:21de lundi à hier, on verra aujourd'hui.
03:25Mais qui gagne ?
03:26Les Européens ?
03:27Donald Trump, qui n'a pas eu ce qu'il voulait,
03:30mais comme vous le disiez...
03:31Je pense qu'il a eu ce qu'il voulait.
03:32Non, je ne suis pas d'accord avec vous.
03:33Il a eu ce qu'il voulait.
03:35Non, mais c'est ça que je ne comprends pas.
03:36Ce qu'il voulait, c'était un accord commercial.
03:38Il veut un accord commercial.
03:39Il veut envoyer un signal à la Russie et à la Chine
03:42pour leur dire, attention, ne vous avisez même pas
03:47de tenter d'en faire une zone d'influence.
03:50C'est fini.
03:51C'est sous notre responsabilité dans laquelle il met l'Europe.
03:55Et puis, donc, qui sort gagnant ?
03:56Contrairement à ce qu'on dit à Trump,
03:59je veux dire, il est dans son rôle,
04:00il n'est ni gagnant ni perdant.
04:02Il continue à dérouler son plan.
04:04Son plan, c'est tout pour l'Amérique,
04:06rien que pour l'Amérique,
04:07et rien que pour moi, à titre personnel.
04:09Donc, il continue à dérouler son plan.
04:11Alors, ce qui est intéressant...
04:13Pardon ?
04:13Non, pardon, j'allais dire,
04:14c'est lui qui a gagné, en fait.
04:16Non, je ne dis pas qu'il a gagné,
04:17je dis que c'est nous qui avons perdu,
04:19parce qu'on continue à passer notre temps
04:21à commenter la moindre de ses phrases,
04:24à dire, ah oui, il est ridicule,
04:25il fait n'importe quoi,
04:27il s'est dégonflé,
04:28vous savez, le taco,
04:30Trump always chicken out.
04:33Bon, et ce n'est pas sujet.
04:34Ce qu'il y a, c'est le sujet aujourd'hui,
04:36c'est qu'on a, je pense, une chance...
04:38Trump, c'est une chance extraordinaire pour l'Europe.
04:40Extraordinaire.
04:41C'est-à-dire qu'on a la possibilité,
04:43aujourd'hui, d'avoir quelqu'un qui nous dit
04:44« Je vous donne votre autonomie,
04:46arrêtez d'être assisté et d'être une colonie ».
04:50On l'a saisi, vous en parliez tout à l'heure,
04:52c'était passionnant,
04:52et puis avec l'émission que vous allez lancer,
04:54notamment sur le domaine de la défense.
04:56Je rappelle que si Trump ne nous avait pas obligés
05:00à monter notre budget,
05:02il ne se serait rien passé.
05:03L'Allemagne n'aurait pas fait sauter
05:06sa règle de déficit budgétaire zéro.
05:09On n'aurait pas de plan de relance en Europe par la défense.
05:13On n'aurait pas de réindustrialisation avec la défense,
05:16parce que la défense, au-delà de la menace russe,
05:18c'est une formidable machine de croissance économique
05:21qui peut relancer la croissance européenne.
05:24Moi, ce que j'ai trouvé intéressant, par contre,
05:26aussi sur ce qui s'est passé cette semaine,
05:29c'est qu'on a découvert...
05:30Vous savez, Trump, il se prend un peu pour Superman,
05:32sauf qu'il n'a pas regardé tous les films
05:33avec attention, il n'a pas remarqué
05:35que Superman, il avait une kryptonite.
05:37La kryptonite, c'est ce fameux minerai
05:39qui lui enlève la puissance,
05:42qui annule la puissance de Superman.
05:45Et Trump, sa kryptonite,
05:47c'est les taux d'intérêt à long terme.
05:48Et ça, c'est fabuleux,
05:49parce qu'en fait, il y a une force de rappel.
05:51En fait, on peut se dire, quand on le voit,
05:52qu'est-ce qui peut arrêter Trump ?
05:54C'est ce qui s'est passé.
05:55Il a regardé.
05:56Ce qui peut arrêter Trump,
05:58c'est les taux d'intérêt à long terme.
05:59Pourquoi ?
06:00Parce que les taux d'intérêt à long terme
06:01de la dette américaine,
06:02c'est essentiel pour son but à lui,
06:05il veut être, comme vous rappelez
06:06quelqu'un d'autre dont on ne parlera pas,
06:08le président du pouvoir d'achat.
06:10Et la base du pouvoir d'achat,
06:13c'est des taux d'intérêt à long terme.
06:14Donc à partir du moment
06:15où les taux d'intérêt à long terme remontent,
06:17il revient en arrière,
06:18mais il est dans son rôle,
06:20il continue.
06:21Et nous, je pense qu'il faut prendre au mot
06:22ce qu'a dit Merz, le chancelier allemand.
06:25Il faut enfin qu'on arrête
06:27d'être les assistés des États-Unis
06:28et qu'on construise, qu'on réagisse.
06:30Qu'est-ce qu'on fait en Ukraine ?
06:32C'est une décision qui est très importante.
06:34Qu'est-ce qu'on fait pour l'unité des capitaux
06:36en Europe ?
06:38Qu'est-ce qu'on peut pour devenir
06:39une puissance dans la tech ?
06:40Il y avait un sommet exceptionnel hier
06:42où le Conseil européen
06:44qui s'est réuni à Bruxelles,
06:45c'était prévu à partir du moment
06:47où Donald Trump a menacé
06:48de remettre des taxes
06:50sur plusieurs pays européens,
06:53des surtaxes douanières.
06:55Rendez-vous maintenu,
06:56il a été question justement
06:57de cette stratégie,
06:58rendez-vous qui n'aurait pas eu lieu
06:59autrement, comme vous le disiez.
07:01Donc, quelle attitude
07:02et comment construire
07:04cette relation transatlantique
07:05avec toutes les informations
07:06qu'on a désormais ?
07:08Je pense que ce n'est même pas
07:08la relation transatlantique
07:10qu'il faut qu'on construise.
07:11C'est l'Europe.
07:12C'est-à-dire qu'il faut
07:12qu'on continue à construire l'Europe.
07:14L'Europe s'est construite
07:15à chaque fois face à des chocs.
07:18On a une opportunité
07:19de devenir une Europe indépendante
07:21et puissante.
07:22Et on est puissant.
07:22Mais il nous reste 10 secondes
07:23parce que je voulais
07:24qu'on parle du Mercosur
07:26qui a été aussi évoqué
07:27à cette occasion hier soir.
07:29Et on voit que là-dessus,
07:29il y a encore des grands désaccords.
07:32C'est-à-dire que la France dit
07:33qu'il faut laisser statuer
07:35la Cour de justice
07:36de l'Union européenne
07:36sur la conformité de ce texte
07:38avec le droit européen
07:39et d'autres qui voudraient
07:39le faire passer en force.
07:40Je pense qu'il n'y a pas de désaccord.
07:42Il y a juste la France
07:43qui n'a pas le courage
07:44de ses opinions
07:45avec un président
07:46qui était pour l'accord
07:47et qui essaye de faire croire
07:48qu'il est contre
07:48parce qu'il a peur
07:49des paysans qui débarquent à Paris.
07:51Je trouve ça pathétique.
07:52Merci Marc.
07:53On vous retrouve ce soir ?
07:55Absolument.
07:56Alors là, on va décrypter la semaine.
07:57Ça va être passionnant.
07:58Ça va tabasser.
07:59Merci beaucoup.
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