Yann Gaston-Mathé, cofondateur et directeur général d'Iktos, était l'invité de Laure Closier dans French Tech, ce vendredi 9 janvier. Il est revenu sur signature d'un deal d'un milliard pour trouver des médicaments en oncologie et en neurologie dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
00:008h22 sur BFM Business et sur RMC Live, on est avec un champion européen de l'IA génératif pour la découverte de médicaments.
00:06Yann Gaston-Mathé, bonjour. Vous êtes le cofondateur et directeur général d'ICTOS.
00:10Vous venez de signer un deal à 1 milliard, jusqu'à 1 milliard avec le laboratoire Servier.
00:16Objectif, trouver des médicaments en oncologie et en neurologie.
00:20Est-ce que vous avez des objectifs chiffrés de découverte de médicaments ?
00:24Qu'entendez-vous par là ?
00:25C'est-à-dire qu'est-ce qu'on vous dit ? C'est 1 milliard d'euros que vous avez signés, mais il faut trouver tant de médicaments, sinon il faut rendre l'argent.
00:31Très bien. Dans le cadre de ce contrat, on part sur un minimum de 2 programmes de découverte de médicaments, jusqu'à 4.
00:39Et donc notre objectif, c'est pour chacun des programmes qui nous sera confié, de trouver en 2 ans un candidat médicament que Servier pourra ensuite développer,
00:47c'est-à-dire passer en essai clinique et développer jusqu'à l'autorisation de mise sur le marché.
00:52Donc c'est chiffré, il faut des résultats.
00:53Il faut des résultats, et bien évidemment, ce type de contrat, le milliard, on ne va pas le toucher tout de suite,
00:59on va le toucher si d'abord nous on a du succès dans notre travail de recherche,
01:03et ensuite si Servier a du succès dans son développement, puis ensuite dans sa commercialisation.
01:07Donc c'est vraiment un partenariat où il y a un partage de la valeur créée,
01:11et Servier ne va pas nous donner un milliard juste pour nos beaux yeux et juste pour travailler.
01:16Il faut derrière qu'il y ait de la valeur et des résultats.
01:18Comment vous commencez ? C'est-à-dire que sur l'oncologie ou la neurologie,
01:21Servier vous dit « voilà les cas concrets de patients que j'ai sur lesquels on n'a pas de solution »
01:25et vous allez dessus ou vous partez de médicaments existants et vous refaites de la formulation ?
01:30On part de ce qu'on appelle une cible.
01:32Une cible, c'est un mécanisme biologique qui est impliqué dans une maladie particulière,
01:38dans un cancer spécifique,
01:39et que Servier, sur lequel Servier a fait de la recherche en amont,
01:43et Servier est convaincu que si on arrive à trouver une molécule qui va interagir avec cette cible,
01:49on va pouvoir avoir un effet positif sur l'évolution de la maladie,
01:53sur les symptômes de la maladie, dans un contexte précis.
01:56Mais ce qui leur manque, c'est la molécule.
01:58Ils ont trouvé la serrure, il leur faut la clé.
02:00Et nous, on est là pour trouver la bonne clé.
02:02Et ça, avec l'IA, on teste toutes les clés ?
02:04Avec l'IA, on fait mieux que tester toutes les clés.
02:06On va aller trouver, on va aller générer, on va aller concevoir la clé la plus optimale,
02:13la plus optimisée, pour avoir le meilleur effet possible,
02:18c'est-à-dire efficacité maximale et toxicité minimale.
02:23Est-ce que vous faites aussi, parmi ces clés, des tests de médicaments existants ?
02:27On a reçu beaucoup de startups dernièrement qui retestent des formules.
02:29Vous ne faites pas ça ?
02:30Pas du tout.
02:30Nous, on est vraiment dans la conception du nouveau.
02:32Ce qui existe aujourd'hui, ce n'est pas notre sujet.
02:37On va sur des cibles pour lesquelles, en général, il n'y a pas d'exemple,
02:41ou il y a peu d'exemples, et on va aller concevoir des molécules nouvelles qui n'existent pas.
02:46C'est ça, l'IA générative, en fait.
02:47Ça permet de créer du nouveau.
02:49Et à un moment, Servier ne vous dit pas, ou n'importe quel laboratoire auquel vous travaillez,
02:53ok, c'est super, mais c'est trop cher, ce que vous avez trouvé comme formule ?
02:56C'est-à-dire que c'est toujours faisable ?
02:57C'est toujours faisable, et ça, c'est une des grandes forces de la technologie d'IA qu'on a développée.
03:02Elle est capable de générer des molécules qui sont synthétiquement faisables au laboratoire,
03:08rapidement et à faible coût.
03:10Et c'est la raison pour laquelle on a eu l'idée de brancher à cette plateforme d'IA générative
03:15une plateforme de robots qui font les molécules automatiquement, en parallèle,
03:21ce qui permet d'aller beaucoup plus vite et d'obtenir les molécules rapidement,
03:24à plus faible coût, pour pouvoir les tester.
03:27Et ça, c'est véritablement ce qui fait notre marque de fabrique.
03:29Et c'est pour ça, entre autres, que Servier a souhaité travailler avec nous.
03:33C'est-à-dire que l'IA, elle connaît le cahier des charges, quoi.
03:35Financier, industriel, elle se met vraiment dans un truc contraint, quoi.
03:40Effectivement, notre IA générative est capable non seulement de générer des molécules
03:44qui vont répondre au cahier des charges des propriétés biologiques souhaitées,
03:49mais qui également sont faciles à synthétiser.
03:52Et ça, c'est un point clé, parce que quand vous êtes dans une étape de découverte de médicaments,
03:56vous ne voulez pas passer des mois ou des années à synthétiser une molécule pour pouvoir la tester.
04:00Ça doit pouvoir être fait très rapidement, en une semaine, deux semaines max.
04:03Et grâce au robot, combiné à notre IA qui fait des molécules simples à faire,
04:08on est capable de réaliser cet objectif.
04:11Quand on s'était vu, il y a 18 ans, vous veniez d'acquérir Sinsight.
04:14Ça, c'est de l'imagerie cellulaire et du criblage biologique.
04:19Là, c'est une activité qui n'a rien à voir avec ce que vous faites là.
04:21En fait, l'acquisition de Sinsight rentre dans la logique de notre activité,
04:28parce que dans la découverte de médicaments, on imagine d'abord des molécules,
04:32puis on les synthétise, puis on les teste.
04:34Et donc, la plateforme de biologie de Sinsight, qui nous permet de faire du criblage,
04:38on l'utilise sur les molécules qu'on a imaginées avec l'IA et synthétisées avec des robots.
04:42Dans le cas de Servier, ce ne sera pas le cas.
04:44C'est Servier qui va faire les tests biologiques,
04:46parce que sur la cible qu'ils ont sélectionnée pour nous,
04:49ils ont déjà en place tout leur arsenal de tests biologiques.
04:53Mais vous pouvez le faire pour d'autres clients.
04:54On peut le faire pour d'autres clients et on peut le faire aussi pour nous-mêmes.
04:57On a des programmes de recherche en interne chez Servier,
05:00chez Ictos, pardon,
05:02qui utilisent notre plateforme de tests biologiques Sinsight.
05:05Mais ce qui veut dire qu'à la fin, vous devenez un laboratoire, non ?
05:08On ne devient pas un laboratoire.
05:09On devient un laboratoire de recherche de nouveaux médicaments.
05:13On n'a pas vocation à développer nous-mêmes des médicaments
05:16dans le cadre des essais cliniques et encore moins à les commercialiser.
05:19Merci beaucoup d'être venu ce matin.
05:20Yann Gaston, Mathé, cofondateur et directeur général d'Ictos.
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