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  • il y a 9 mois
Chaque soir, Julie Hammett vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00On va parler politique et politique française.
00:03Le Premier ministre va donc recourir au 49.3 pour faire passer sans vote le projet de budget 2026.
00:09Il engagera donc demain la responsabilité du gouvernement avec regret et un petit peu d'amertume, dit-il.
00:15La France Insoumise et l'ERN vont déposer des motions de censure.
00:18Mais que vont faire les socialistes alors que de très nombreuses concessions leur ont été faites ?
00:22Bonsoir Jérôme Guedj, député Parti Socialiste de l'Essonne.
00:27Merci beaucoup d'avoir patienté. Je sais que vous avez entendu un petit peu plus longtemps que prévu.
00:32Est-ce que vous le confirmez déjà ce soir ? Il n'y aura pas de censure de la part des socialistes demain ?
00:38Les socialistes sont un parti démocratique et demain matin nous avons une réunion de groupe.
00:42Donc la position sera prise dans cette réunion de groupe.
00:46Mais le cahier des charges a déjà été posé par Boris Vallaud, le président de groupe, par Olivier Faure,
00:51qui est que si les annonces que le Premier ministre a mises sur la table en fin de semaine dernière
00:58se retrouvent, il faut le vérifier, stylo à la main, dans le texte du 49.3.
01:03Parce qu'il y a un texte de budget qui va être soumis.
01:06Et donc on va regarder ligne à ligne comment ces éléments se retrouvent.
01:10Et si tel est le cas, le plus probable est que la décision collective du groupe, mais elle reste à être prise, soit la non-censure.
01:19Soit la non-censure. Donc s'il y a le maintien de ma prime Rénov', la revalorisation de la prime d'activité,
01:25la généralisation des repas universitaires à 1 euro, s'il y a ces dispositions-là, il n'y aura pas de censure ?
01:34S'il y a ces mesures de justice sociale qu'on appelle de nos voeux, ce qu'on a fait déjà dans le budget de la sécurité sociale,
01:39et si elles sont financées par des mesures de justice fiscale, c'est-à-dire le fait qu'on ne donne pas d'une main et on reprend de l'autre.
01:47Donc c'est pour ça que comme le Premier 49.3 portera sur ce qu'on appelle la P1, qui est la partie recettes,
01:53donc il faut qu'on ait la vue d'ensemble sur l'ensemble des recettes qui sont envisagées,
01:58la condition qu'on a mise sur la table étant que les ménages, les classes moyennes, les classes populaires soient préservées.
02:03Un des premiers éléments le plus massif étant que, notamment, il n'y aura pas d'augmentation de l'impôt sur le revenu pour tous les ménages
02:11à travers le gel du barème de l'impôt sur le revenu qui aurait touché l'ensemble des ménages.
02:18Et notamment, on fait rentrer près de 200 000 personnes dans l'impôt sur le revenu.
02:21Mais donc, a priori, sauf accident, vous ne censurez pas le gouvernement.
02:25Et quand on regarde franchement les concessions qui vous ont été faites, on se dit que finalement,
02:29vous auriez pu le voter par la voie classique, ce texte, s'il était passé au Parlement.
02:33Nous, on a assumé depuis le début la recherche de compromis.
02:37Pas parce qu'on est particulièrement bienveillant à l'endroit de ce gouvernement,
02:42mais simplement pour éviter l'inertie, l'impasse, et puis pour essayer d'obtenir des avancées concrètes.
02:49On l'a fait sur le budget de la sécurité sociale.
02:52Et on a pu aller, d'ailleurs, le voter jusqu'à son terme,
02:55parce qu'on a obtenu des moyens supplémentaires pour l'hôpital,
02:57parce qu'on a enlevé les mesures les plus problématiques qui pénalisaient,
03:02je pense, au doublement des franchises médicales qui avaient été envisagées.
03:06Et qu'il y a eu, bien évidemment, la suspension de la réforme des retraites.
03:09Sur le budget de l'État, c'est un peu plus symbolique, un peu plus inflammable, le budget de l'État.
03:13L'idée de voter le budget de l'État était manifestement inatteignable pour certains groupes.
03:20Moi, je regrette que le 49-3 soit déployé aujourd'hui.
03:23Moi, je ne suis pas un fan du 49-3.
03:24– Vous le regrettez, mais vous êtes soulagé quand même qu'il le dégaine.
03:27– Je suis soulagé par une seule chose, c'est qu'on puisse avoir un budget,
03:30et que ce budget ne soit pas le budget initial.
03:33Parce que le budget initial, c'est pour ça que l'hypothèse des ordonnances était extrêmement problématique,
03:37parce que les ordonnances, c'était le budget initial qui s'appliquait
03:40avec vraiment tous les mauvais coups, pas de justice fiscale et des pénalisations,
03:45notamment, je pense, le fonds vert qui était amputé pour la transition écologique
03:49dans les collectivités locales ou les emplois dans l'éducation nationale.
03:53Donc, ce n'est pas notre budget, il n'est pas idéal, ce n'est pas ma tasse de thé.
03:56– Ce n'est pas un budget socialiste ?
03:57– Ah non, ce n'est pas un budget socialiste,
03:58il n'y a que ceux qui vont vouloir dramatiser les choses, qui vont dire ça.
04:01– Il y aurait eu quoi de plus pour que ce soit un budget socialiste ?
04:03– Mais il y a plein de choses qu'on aurait fait différemment.
04:06On avait présenté un contre-budget à la fin du mois de septembre,
04:09au moment où, d'ailleurs, on était disposé à gouverner
04:12et à dire qu'on est prêt à construire le compromis sur cette base-là.
04:15Mais moi, j'assume la situation politique du moment.
04:18Je n'ai ni la négociation honteuse, ni le compromis honteux,
04:22et je n'aurai pas la non-censure honteuse si elle est décidée.
04:25Il n'y a pas de majorité, et donc dans ce contexte-là,
04:28plutôt que de rester dans des postures stériles et inutiles,
04:32qui consistent à râler, à rouspéter, et à espérer…
04:35– Ça, c'est un mot à vos partenaires de la France Insoumise ?
04:38– Je préfère se dire, est-ce qu'on arrive à préserver
04:40le maximum de ce qu'on peut préserver,
04:42c'est-à-dire être utile aux Français, notamment aux plus modestes ?
04:46– Jérôme Guèche, si on est très honnête,
04:48au tout départ, le 49-3, c'était une ligne rouge pour le Parti Socialiste.
04:51– Oui.
04:51– D'accord.
04:52– C'est pour ça que je ne suis pas satisfait de la décision
04:55de recours au 49-3, mais qui est la résultante
04:59du caractère intransigeant d'un certain nombre de groupes politiques
05:02qui ont refusé de la ligne rouge.
05:03– C'est-à-dire, si vous ne censurez plus le gouvernement avec ce 49-3,
05:06c'est bien que le budget est un budget socialiste.
05:07Enfin, c'est bien qu'il vous convainc suffisamment
05:09pour pouvoir ne pas censurer le gouvernement derrière.
05:11– Non, parce que…
05:12– Je ne vais pas réécrire l'histoire,
05:15je ne vais pas réécrire l'histoire,
05:17mais l'absence de 49-3 d'épée de Damoclès
05:21a quand même rendu possible le fait d'aller très loin
05:23dans la discussion, dans la négociation,
05:25et elle a eu lieu, et vous savez quoi ?
05:27Moi, je m'en félicite, parce que c'est un apprentissage,
05:29en temps réel, d'une culture du compromis
05:31qui est totalement étrangère à la tradition française
05:34et qui est rendue nécessaire par les circonstances politiques
05:37qui sont les nôtres.
05:38Dans la période, je préfère qu'on déploie le courage de la nuance,
05:41la complexité des situations.
05:41– Et donc, Sébastien Lecornu a réussi à instaurer en France
05:44la culture du compromis ?
05:45– Écoutez, il a, en tous les cas, en déverrouillant,
05:48en décapsulant la facilité du recours au 49-3
05:52et de se dire « j'ai raison tout seul »,
05:54voilà, il a rendu possible que les discussions puissent avoir lieu.
05:58Sincèrement, moi, j'appelle de mes voeux
05:59parce que je pense que la tripartition de la vie politique française,
06:02elle va durer un certain temps,
06:03que cet apprentissage chaotique,
06:05pardonnez-moi l'expression un peu bordélique
06:07qu'on a fait de cette discussion et de ce compromis,
06:11ça puisse se prolonger à l'avenir.
06:13Parce que sinon, on sera dans une forme d'impuissance permanente
06:16et de ces impuissances ne prospèrent que ceux
06:19qui sont dans des positions les plus campistes, on va dire.
06:22– Oui, moi, je dirais que ce n'est pas un comprimé,
06:24c'est une soumission du gouvernement, c'est-à-dire qu'à vous,
06:26c'est-à-dire que globalement, quand on voit qu'il va encore augmenter,
06:29mais tant mieux, bravo à vous, franchement, c'est très bien pour vous.
06:32Par contre, quand je vois le message qui est envoyé aujourd'hui
06:34justement aux entreprises françaises,
06:36et cette méconnaissance des structures économiques,
06:38quand on vous dit « on va taxer les 300 plus grandes entreprises françaises »,
06:40on oublie que ces 300 entreprises françaises
06:42embauchent 8 millions de personnes,
06:45c'est 32% de la richesse qu'on crée en France,
06:48et derrière, il y a les sous-traitants.
06:49Donc si ces entreprises vont moins bien,
06:51parce qu'elles iront moins bien,
06:52les 8 milliards qu'on annonce de...
06:54– Il faut préciser, pardon, que la surtaxe sur les profits
06:57des grandes entreprises va rester de près de 8 milliards d'euros
07:00au lieu d'être divisé par deux.
07:01– On avait également promis de supprimer ce qu'on appelle la CVAE,
07:05c'est-à-dire l'impôt sur la production des entreprises,
07:07qui finalement est maintenu.
07:08Donc c'est évidemment les 100 entreprises qui vont payer,
07:10mais ce qu'il faut bien comprendre, c'est que ce, in fine,
07:13c'est les Français qui vont payer.
07:14C'est-à-dire qu'au travers de l'augmentation du chômage
07:16qui va avoir lieu,
07:17évidemment, malheureusement, l'ensemble des Français vont payer.
07:20C'est ça qui est très triste.
07:21Et l'image qu'on renvoie au niveau mondial,
07:23au niveau de nos partenaires européens,
07:24qui ont tous réduit leur déficit,
07:26alors que nous, on va le maintenir autour,
07:27moi je pense même au-dessus des 5%,
07:29l'image qu'on renvoie est catastrophique.
07:31– Mais peut-être, parce que là,
07:32vous dramatisez la situation.
07:34– Non, non, je suis réaliste.
07:35– Vous avez parlé, le chômage,
07:37elles vont licencer, etc.
07:38– Oui, et peut-être qu'il y a aussi une possibilité,
07:40c'est que ces entreprises-là,
07:41j'en prends quelques-unes qui vont être concernées,
07:43peut-être que Sanofi l'année prochaine
07:45et Total Energy vont peut-être verser
07:47un petit peu moins de dividendes à leurs actionnaires.
07:49– Mais ils auront plus d'actionnaires ?
07:51– Non mais ça ne veut pas dire
07:52qu'ils n'auront plus d'actionnaires.
07:53– Non mais vous voyez ce que je veux dire,
07:53vous connaissez tout aussi bien que nous.
07:55– Non mais tout le monde doit participer
07:57à l'effort de redistribution.
07:58Et donc, vous savez, cette surtaxe,
08:01dans le passé, elle a déjà existé.
08:03– Oui, c'est quand même assez cocasse.
08:04– C'était une promesse d'une année.
08:05– Attendez, je vais vous dire, sous Sarkozy,
08:08elle a existé après la crise des subprimes.
08:09– Oui, voilà.
08:10– C'est des gouvernements…
08:11– Attendez, attendez.
08:12– C'est après la crise des subprimes.
08:13– Oui, mais attendez,
08:14on est dans une crise budgétaire quand même
08:16dont nous ne sommes pas responsables.
08:18Et je trouve, parce que vous dites
08:20que c'est la grande victoire des socialistes,
08:21les inventeurs de cette surtaxe sur l'IS,
08:23les deux décheministes qui ont été responsables
08:25de leur mise en œuvre,
08:27ça devait être à l'époque François Fillon
08:29et ça a été François Bayrou l'année dernière
08:32puisque c'est lui qui a été l'inventeur
08:33de cette surtaxe.
08:35Donc, ne lui donnez pas une fraternité socialiste.
08:38C'est à un moment une réalité de gens venant de la droite
08:41qui considèrent que dans une forme de patriotisme économique,
08:45ces grandes entreprises peuvent participer
08:47à l'effort de redressant.
08:47– Mais elles participent déjà.
08:48– Et je préfère cela.
08:49– Mais c'est ça qui est dangereux.
08:50– Je préfère cela, en effet,
08:51à la mise à contribution des PME,
08:54des entreprises, même de taille intermédiaire.
08:56– Vous avez vu la réaction de Patrick Martin,
08:57le patron du MEDEF,
08:58peut-être qu'on peut la lire, sa réaction.
09:02– Les entreprises…
09:03– Voilà, il publie le livre sur Paul Bocuse,
09:06grand chef cuisine, évidemment.
09:07Ça, c'était de la grande cuisine,
09:08celle qui passait la France en haut du podium mondial.
09:11Pas celle politicienne qui, pour flatter l'opinion,
09:14accable les entreprises
09:15et va tous nous reléguer dans les profondeurs du classement.
09:17Pouvoir d'achat, innovation, compétitivité.
09:19Ressaisissons-nous.
09:21Vous vous dites, bah, vous lui répondez quoi ?
09:23Vaut mieux que ce soit vous plutôt que…
09:25– Est-ce que les mêmes s'offusquaient
09:26de ce qu'il y avait dans le budget initialement,
09:28qui était, par exemple, la baisse de la prime d'activité
09:31qui était envisagée, c'est-à-dire du soutien
09:32au pouvoir d'achat au plus modeste,
09:33et dont Sébastien Lecornu a lui-même reconnu
09:35que c'était une erreur d'avoir envisagé
09:37de baisser ce soutien au pouvoir d'achat.
09:40Et moi, je préfère, non seulement qu'il n'ait pas baissé,
09:43mais qu'il ait même souscrit à la proposition
09:45que nous faisions, c'est-à-dire d'augmenter
09:46le pouvoir d'achat. Moi, je ne suis pas fan de la prime d'activité,
09:49parce que je pense que ce n'est pas la bonne manière
09:51que se passe par l'État de soutenir le pouvoir d'achat,
09:53mais il s'avère que c'est le seul outil
09:55qui est un peu opérationnel.
09:56Je pense que ce n'est pas la bonne manière
09:58d'avoir une forme de salaire subventionnée.
10:00– Par contre, il n'y a pas une baisse de dépense publique,
10:02c'est ce qui est dangereux, et puis surtout,
10:03au niveau des entreprises, comme vous dites,
10:05il n'y a que les grosses qui vont souffrir.
10:06N'oublions pas qu'aujourd'hui, nous atteignons en France,
10:08chiffre de la Banque de France, des sommets historiques
10:10de faillite d'entreprise,
10:12que ce soit les PME, les plus petites entreprises, etc.
10:14– Ce ne sont pas les grandes entreprises.
10:15– Pour l'instant, mais c'est déjà le cas.
10:17– Non, on ne va pas parler de nos entreprises du CAC 40.
10:19– Ah ben si, aujourd'hui, fort heureusement,
10:21mais vous ne voulez quand même pas qu'elles soient en faillite
10:23de nos entreprises du CAC 40, ce serait quand même le fleuron,
10:24ce serait dramatique. Mais nous avons aujourd'hui,
10:26si on garde les chiffres hors micro-entreprise,
10:28parce qu'évidemment, c'est un petit peu factice,
10:30les faillites d'entreprise aujourd'hui en France,
10:32hors micro-entreprise, sont 14% au-dessus
10:35du sommet de la récession de 2009.
10:36Donc ça va déjà très mal pour nos entreprises en CAC.
10:39– Sauf que quand je pose la question…
10:40– Rentrons dans votre logique,
10:42parce que je trouve le débat intéressant.
10:44Vous dites, on ne peut pas avoir cette surtaxe,
10:46donc 4 milliards supplémentaires,
10:48par rapport à ce qui avait été envisagé
10:51dans la proposition de CAC.
10:52– Le gouvernement avait proposé 4 milliards
10:55dans son texte initial.
10:56Dans le texte initial, il y avait 4 milliards.
10:58– Absolument.
10:58– Dans les débats budgétaires, c'était monté à 6,
11:01le Sénat l'a ramené à 0,
11:03et au final, il va remettre 8.
11:05Bon, donc, posons la question.
11:08Et je vous la pose.
11:09OK, alors, si à la place, vous dites,
11:11il faut faire des économies,
11:12et moi, je vous pose la question,
11:13où sont les 4 à 6 milliards d'euros d'économies
11:15que vous proposez,
11:17et dans quel département,
11:18sur le budget de l'État ?
11:19Je vous parle du budget de l'État.
11:20– Oui, bien sûr, bien sûr.
11:20– Nous ne sommes plus sur le budget
11:21de la Sécurité sociale,
11:22et je vais même admettre,
11:23parce que vous dites,
11:24faites 6 milliards…
11:25– Sur le fonctionnement de l'État.
11:25– Très bien.
11:26Mais alors, vous savez,
11:27on peut gloser le fonctionnement de l'État,
11:30décrivez-moi les administrations,
11:33les services,
11:35l'État national,
11:37à quel endroit vous proposez
11:38de faire 6 milliards d'économies ?
11:40– Comme vous le savez certainement,
11:41le poste des dépenses publiques
11:42qui a le plus augmenté depuis 2021
11:44sont les dépenses de fonctionnement.
11:46Plus 23%.
11:47On a aujourd'hui ce qu'on appelle,
11:49vous savez, les ODAC,
11:50Organismes d'intégration centrale,
11:51qui sont 700 en France,
11:53qui coûtent 150 milliards d'euros par an.
11:55Donc là, je pense qu'on peut trouver
11:565 à 6 milliards ou à 8 milliards
11:58de réduction de ces dépenses de fonctionnement,
12:01pas bien sûr dans la police,
12:02pas bien sûr pour les médecins, etc.
12:04Mais dans ce fonctionnement…
12:05– Si vous ne dites pas la police,
12:06si vous ne dites pas la justice,
12:07si vous ne dites pas l'armée,
12:08si vous ne dites pas l'éducation nationale,
12:10je peux vous assurer que les 150 milliards
12:12dont vous parlez,
12:12c'est les postes que je viens de vous décrire.
12:14– Je parle du fonctionnement.
12:14– Non, ce n'est pas l'administration centrale.
12:16– Non, ce n'est pas la police.
12:17– L'administration administratif.
12:18– Donc ce que je veux dire par là,
12:18c'est qu'on a cette administration
12:19qui aujourd'hui…
12:20– Vous pensez que le mille feuille administratif,
12:22ça coûte 5 à 10 milliards d'euros par an.
12:24Vous vous rendez compte ?
12:24C'est des sommes énormes.
12:25Donc là, je pense qu'on aurait pu
12:26au moins donner l'image,
12:28si vous voulez faire un peu d'image,
12:29en disant on fait des efforts
12:30qui n'ont pas été faites.
12:33– Vous venez d'utiliser
12:33un certain mille feuilles administratives.
12:35– Donc vous dites…
12:35– Il avait prévu Sébastien Lecornu
12:37sur les collectivités de baisser…
12:40– Il avait prévu…
12:40– Il avait demandé un effort
12:41à travers un dispositif
12:43qui s'appelle le DILICO.
12:44– L'objectif, c'était qu'on respecte
12:46l'objectif de réduction des déficits.
12:48– Il l'a confirmé Sébastien Lecornu
12:51et 5% du PIB sont respectés.
12:55– Il voulait ça.
12:56– Non mais on ne les aura pas.
12:56– Pardon, Liffard ?
12:57– Il a confirmé qu'il voulait
12:58atteindre cet objectif.
12:59Il n'a pas confirmé qu'il y aura 5% du PIB.
13:01– Il dit que le déficit public
13:02sera sincèrement à 5% du PIB.
13:04– C'est exactement la prévision
13:05de l'année dernière.
13:06Et vous voyez, on est à 5,4%
13:07dans le meilleur des cas.
13:08Ça sera pareil parce qu'on tape
13:10sur une croissance de 1 à 1,5%.
13:11– Ce n'était pas la prévision à 5%.
13:14– Ce n'était pas la prévision à 5%.
13:14– Non, c'était 5,4% et les 5,4% ont été tenus.
13:18– On va faire 5,4%.
13:19– Ce que je n'ai pas là,
13:20c'est qu'on attend une croissance de 1%,
13:22on sera plutôt autour des 0,5%.
13:24Si le chômage augmente, là aussi,
13:26ça va augmenter le déficit.
13:27– Ce que je veux dire par là,
13:28c'est que c'est encore une fois…
13:30– On avait dit qu'elle serait plus basse
13:31cette année.
13:31– Les promesses n'engagent que ceux
13:34qui croient comme ceux qui nous disaient
13:35qu'on ne devra pas faire le 49,3%
13:36et puis finalement on va le faire.
13:37Moi, malheureusement,
13:38je n'ai aucune confiance
13:39dans ce qui était annoncé aujourd'hui.
13:40– Vous avez dit que la croissance
13:40serait sous les 0,5%.
13:43– Non, non, on avait dit 0,8% et elle est à 0,8%.
13:45– Ce sont le 49,3% justement.
13:47Peut-être qu'on peut dire
13:47la réaction de Mathilde Panot
13:48de la France Insoumise.
13:52Sébastien Lecornu impose donc le 49,3%
13:53pour passer en force son budget de malheur,
13:56comble du ridicule pour les socialistes
13:58qui se vantaient de l'abandon de ce 49,3%
14:01contre ce budget et pour la dignité du Parlement.
14:03Nous déposerons une motion de censure
14:04contre le gouvernement.
14:05Je voulais vous entendre là-dessus, Jérôme Gage,
14:07mais juste avant, Samy Sfaxi,
14:09c'est vrai qu'on a eu du mal à vous suivre
14:11quand même, les socialistes là-dessus.
14:13C'était d'abord une condition de non-censure.
14:16Il y a certains socialistes qui ont fini par dire
14:18accélérons maintenant et passons par le 49,3%.
14:22Il y a eu des attermoiements.
14:23– Oui, alors c'est vrai que les archives,
14:25M. Gage, vieillissent un peu mal,
14:28enfin souvent mal, même voici en tout cas
14:30ce qui avait été dit.
14:32Lors du bureau national du Parti Socialiste,
14:34c'était le 14 octobre dernier.
14:36Le Parti Socialiste qui avait fixé
14:37certaines lignes rouges en l'absence
14:40du prononcé de ces garanties,
14:42le Parti Socialiste déposera une motion de censure
14:43dès ce soir contre le gouvernement.
14:45Et parmi ces garanties,
14:47il y avait celle-là,
14:48un débat parlementaire libre et loyal
14:51avec l'engagement du Premier ministre
14:52de renoncer à l'usage
14:54du fameux article 49, alinéa 3,
14:58de la Constitution.
14:59Autre déclaration, je vous l'accorde, M. Gage,
15:01qui évolue un peu,
15:02c'était le 11 décembre dernier,
15:04Olivier Faure, dans les colonnes
15:06de nos confrères de Libération,
15:07qui expliquait, je cite,
15:08« si le gouvernement utilise le 49,3
15:10sans compromis préalable »
15:12et c'est une précision importante,
15:14« sans compromis préalable »,
15:15il s'expose à une motion de censure immédiate.
15:18Ça avait un peu évolué,
15:19mais j'ai gardé quand même le meilleur
15:21pour la fin, bien sûr.
15:22Vous savez, ce fameux contrat de législature
15:24lors de cette législative de 2024
15:27du nouveau Front populaire,
15:28alors celle-là, elle est très évocatrice.
15:30Regardez ce qu'il y avait.
15:32Il y avait, dans les promesses
15:34faites aux électeurs,
15:36l'abrogation du 49,3.
15:39Ce n'était même pas la censure,
15:40si 49,3, c'était l'abrogation du 49,3.
15:42C'est une proposition de révision constitutionnelle.
15:44C'était une proposition.
15:44Attendez, je n'aime pas le 6,49,3.
15:46Je ne vais pas vous dire le contraire.
15:48Je ne l'aime pas.
15:48Qu'est-ce que vous répondez aux électeurs
15:49qui sont allés justement vers cela et aujourd'hui ?
15:52Je pense qu'on a toujours besoin
15:53d'une réforme institutionnelle
15:55qui fait qu'on se prive de cet outil
15:57qui est contraignant, évidemment,
16:00et qu'en parallèle,
16:01on soit capable de développer
16:02la culture du compromis.
16:04Je pourrais vous dire qu'à titre personnel,
16:05pour cela, je suis favorable
16:06à une évolution du mode de scrutin
16:08par l'introduction de la proportionnelle
16:09qui permettra de s'exonérer
16:11d'une logique de coalition
16:12à fin électoraliste
16:14et de pouvoir construire justement
16:16des compromis.
16:17La proportionnelle, là,
16:18c'est la 4ème République,
16:19Jérôme Guetsch.
16:19Ou pas.
16:20Est-ce que l'Allemagne,
16:21c'est la 4ème République ?
16:22Il y a la proportionnelle.
16:23En tous les cas,
16:24il y a un scrutin mix.
16:24C'est un régime très différent.
16:27Oui, mais peut-être qu'on peut
16:28parfois aussi s'en inspirer.
16:32Bon, alors après,
16:33je reviens sur votre narratif.
16:34Je ne vais pas vous dire le contraire.
16:35Je ne suis pas content
16:36du recours au 49,3.
16:37Mais quand même,
16:39c'est 50-50, si j'ose dire.
16:41On a fait voter
16:42le budget de la sécurité sociale
16:44sans 49,3.
16:45Accessoirement,
16:46le budget de la Sécu,
16:47c'est plus important
16:47que le budget de l'État.
16:48666 milliards de dépenses
16:50et à peu près autant de recettes.
16:53Grâce à une énorme concession
16:54sur la réforme des retraites.
16:56Grâce à plein de choses.
16:59La réforme des retraites,
17:00c'est en volume,
17:01ce n'est pas si coûteux,
17:02300 millions cette année
17:04et environ un milliard.
17:06C'était l'énorme pas
17:06fait par l'État.
17:08Mais c'était le fait
17:09qu'il y avait des éléments
17:10de manière plus massive.
17:11On a augmenté la dotation
17:13pour les hôpitaux,
17:14près d'un milliard d'euros,
17:15ce qu'on appelle l'ONDAM.
17:16On a fait renoncer
17:17au doublement
17:18des franchises médicales
17:20et une série de mesures
17:21qui étaient très pénalisantes
17:22pour les assurés sociaux.
17:25Donc, la différence,
17:27c'est qu'on n'a pas eu
17:27de 49,3 au début
17:29comme ceux qu'on avait connus,
17:30notamment avec Elisabeth Borne,
17:31où ça dégainait les 49,3
17:32dès les premières minutes
17:34du débat budgétaire.
17:35Là, on a pu avoir
17:37des deuxièmes lectures
17:38qui ont commencé
17:38à s'engager,
17:40ce qui n'était pas le cas.
17:40Moi, je n'avais pas connu
17:41de deuxième lecture
17:41ni sur le budget de la Sécu
17:43ni sur le budget de l'État.
17:46Donc, encore une fois,
17:46ce n'est pas idéal.
17:48Mais quelle est l'autre solution ?
17:49Mais attendez...
17:50Quelle est l'autre solution
17:50dès l'instant
17:51où il y a l'intransigeance
17:52d'un certain nombre
17:53de groupes politiques
17:54à gauche comme à droite
17:56et un peu au centre
17:58qui ont refusé
17:59de participer
18:00à la logique
18:01de recherche du...
18:02Écoutez, tiens,
18:03ce que dit Emmanuel Bompard
18:03à votre égard, écoutez.
18:04Bompard, imagine.
18:07Ils ont décidé
18:08qu'il fallait à tout prix
18:09éviter une dissolution
18:10de l'Assemblée nationale,
18:11qu'ils ont peur
18:11de retourner devant
18:12les électrices
18:13et les électeurs
18:13et qu'ils ont choisi
18:14de rejoindre
18:15une forme de grande coalition
18:17qui va du Parti Socialiste.
18:18Ils ont procédé
18:20à un renversement d'alliances,
18:22un changement d'alliances.
18:23Ils ont été élus
18:24dans l'union de la gauche,
18:26dans ce qu'on a appelé
18:26le nouveau Front populaire
18:27et aujourd'hui,
18:28ils ont lâché
18:29le programme
18:29du nouveau Front populaire.
18:30Ils ont même lâché
18:31leur contre-budget
18:31et ils ont décidé
18:33de rejoindre
18:33les rangs
18:34de la coalition macroniste.
18:36Voilà, vous formez
18:37une coalition
18:37avec Emmanuel Macron.
18:39Ben oui.
18:40Qu'est-ce que vous voulez
18:40que je vous dise ?
18:42Daniel Bompard
18:43et c'est la marmotte
18:44qui raconte ces histoires.
18:45Ils sont dans son rôle.
18:46Ils considèrent
18:47qu'il n'y a pas
18:49d'autre solution
18:50que la dissolution,
18:51la destitution
18:51du président de la République,
18:52le chaos institutionnel,
18:54une présidentielle immédiate
18:55pour que Jean-Luc Mélenchon
18:56puisse être élu
18:56triomphalement
18:57par les foules en délire.
18:59Nous, on considère
19:00que ce n'est pas
19:00la bonne solution
19:01pour le pays.
19:03Nous, nous avons admis
19:04une logique
19:05de construction
19:05de compromis.
19:07C'est une forme
19:08de maturité politique
19:10à partir d'une situation politique.
19:12Vous avez vu,
19:12il n'y a pas
19:12que la France insuise.
19:13Marine Tondelier,
19:14secrétaire nationale
19:15des écologistes,
19:16dit aussi
19:17qu'en gros,
19:18il n'y a aucune raison
19:19de ne pas censurer
19:20le gouvernement.
19:21Donc, l'ensemble
19:22de vos ex-partenaires...
19:22Les écologistes,
19:23pardon, chacun,
19:24et je respecte,
19:26encore une fois,
19:27moi, je respecte
19:27leurs positions
19:28qui ne viennent pas...
19:29Mais vous ne les comprenez plus.
19:30Mais vous ne les comprenez plus.
19:31Attendez,
19:31les écologistes,
19:32sur le budget
19:33de la sécurité sociale,
19:34ils se sont abstenus
19:36et leur abstention
19:37a rendu possible
19:38l'adoption.
19:40En tous les cas,
19:41la position du groupe
19:42a été l'abstention
19:44sur le budget
19:45de la sécurité sociale.
19:46Et nous,
19:46nous avons voté pour
19:47à ce moment-là.
19:48Donc, ce que je veux dire,
19:49c'est que ceux-là
19:49sont rentrés dans la logique
19:51du compromis.
19:53Pourquoi ça n'a pas été
19:53reproductible
19:54sur le budget de l'État ?
19:56Ce que je disais tout à l'heure,
19:57il y a une symbolique
19:57un peu plus grande
19:58qui est de dire
19:59si on vote le budget de l'État,
20:01c'est une forme
20:01d'appartenance
20:02à la majorité.
20:03Je le dis sincèrement.
20:04Je pense que c'est
20:04une erreur d'appréciation.
20:06Ça, c'est vrai
20:06quand il y a une majorité claire
20:07et une minorité claire
20:08dans un conseil municipal.
20:10Il y a des élections bientôt
20:11que si on vote le budget,
20:12on est dans le camp du maire.
20:14Là,
20:15dans une assemblée
20:16où il n'y a pas de majorité,
20:18moi, je considère
20:18que voter le budget
20:20comme on l'a fait
20:21sur le budget
20:21de la sécurité sociale,
20:22ce n'est pas être
20:22dans la majorité,
20:23ce n'est pas soutenir
20:24le gouvernement,
20:24c'est valider le compromis
20:26qui a été construit.
20:27Et quand on rentre
20:28dans une logique de négociation
20:29à un moment donné,
20:30si on veut être crédible
20:31et sincère dans celle-ci,
20:33il faut dire
20:33qu'on va jusqu'au bout
20:34de cette négociation.
20:35Si on estime
20:36qu'elle est satisfaisante
20:37et une négociation
20:38satisfaisante
20:39pour un compromis,
20:40ça veut dire
20:40qu'il y a des choses
20:41qui nous vont
20:41et d'autres qui ne nous vont pas.
20:42On va se voiler la face.
20:43Jérôme Gued,
20:44je suis d'accord
20:45avec tout ce que vous avez dit.
20:46Simplement,
20:47j'ai l'impression
20:47que vous faites la fine bouche
20:48encore une fois
20:49vis-à-vis du 49.3.
20:50Vous dites
20:50je regrette l'utilisation
20:51de ce 49.3,
20:52j'aurais préféré
20:54qu'on ne passe pas
20:54par ce 49.3.
20:55Simplement,
20:56je trouve que ce 49.3
20:57arrive à un moment idéal pour vous
20:59après des cadeaux idéaux pour vous
21:01et je ne vois pas
21:02comment vous auriez espéré
21:03faire passer
21:04toutes les mesures
21:04qui vont passer par 49.3
21:05s'il n'y a pas de censure demain
21:07autrement que via le 49.3
21:08après tous les cadeaux.
21:09Je vous rassure,
21:10je ne fais pas la fine bouche
21:12quand j'estime avoir fait
21:13avec mes collègues socialistes
21:14notre travail de parlementaire
21:16pour essayer au maximum
21:18d'évincer les mesures
21:20les plus néfastes
21:21et d'avoir des mesures positives.
21:24On peut parler,
21:25ce n'est pas que symbolique,
21:26d'une mesure qu'on avait mise
21:27dans le débat
21:27face à la précarité étudiante
21:29qui est le repas à 1 euro
21:30dans les restaurants universitaires
21:32ou l'abondement du fond vert.
21:34Donc non,
21:35je ne fais pas la fine bouche.
21:35Je dis juste que ce 49.3,
21:37maintenant,
21:38je ne veux dire pas
21:38au tout début de la discussion,
21:39mais là maintenant,
21:40il arrive à un moment idéal.
21:40À ce moment-là,
21:41il n'y a pas d'autre solution
21:43que le recours à ce 49.3.
21:44Je préfère...
21:45Il y avait les ordonnances ?
21:47Les ordonnances, non.
21:48Mais pour une raison simple.
21:50Les ordonnances,
21:51juridiquement,
21:52c'était le texte initial
21:53et ça c'était hors de question
21:55et politiquement,
21:56c'était le recours
21:57à un outil
21:57qui n'a jamais été utilisé
21:59pour faire adopter un budget,
22:00ce qui aurait été
22:00un précédent démocratique
22:02ou antidémocratique
22:03extrêmement fâcheux
22:04parce que le 49.3,
22:05même si on peut y être opposé,
22:07c'est institutionnel
22:09et il y a une réplique possible.
22:10C'est la preuve par A plus B
22:11que vous avez tout obtenu
22:13de Sébastien Lecornu
22:14puisque...
22:14Non, je vous assure,
22:15on n'a pas tout obtenu.
22:15Il est d'autorité publique
22:16que le président de la République
22:20aurait préféré justement
22:21des ordonnances
22:23que ce 49.3 que...
22:25Juste d'un mot,
22:25elles ont les chances de passer
22:26ces censures ?
22:27Le gouvernement peut être renversé ?
22:28Ça ne se présente pas si mal
22:29parce que déjà,
22:30je pense qu'il n'y aura pas
22:32plus de 20 socialistes
22:34qui voteront la censure
22:36et qui seront dans ce qui...
22:39Vous confirmez ça ?
22:40Je suis incapable de le dire.
22:42Vous avez dû faire vos petits calculs.
22:43On a une position de groupe.
22:44Non, mais c'est de l'arithmétique.
22:45Pour l'instant,
22:46les groupes qui ont annoncé censurer,
22:48s'ils sont la totalité à censurer,
22:50c'est 264
22:51quand le seuil de la censure
22:52est à 289.
22:53En tout cas,
22:53vous espérez que le gouvernement
22:54ne soit pas renversé ?
22:55Donc, a priori,
22:57ça paraît jouable
22:58pour Sébastien Lecornu.
22:59Sébastien Lecornu
23:00n'a aucune raison
23:00de décevoir les socialistes
23:01demain,
23:02juste avant le 49.3,
23:03après tous les cadeaux
23:03qu'il leur a fait.
23:05Merci beaucoup.
23:06Merci, Jérôme.
23:07Merci.
23:07Merci encore une fois
23:08d'avoir patienté.
23:09Merci d'avoir répondu
23:10à nos questions sur BFM TV.

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