Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 22 heures
Tous les jours, les informés débattent de l’actualité autour de Agathe Lambret et Renaud Dély.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Générique
00:00...
00:01Bienvenue dans Les Informés, votre rendez-vous de décryptage de l'actualité.
00:11Bonjour Renaud-Denis.
00:12Bonjour Agathe.
00:12Deux sujets à la une ce matin, détricoter le macronisme, sauvera-t-il la fin du quinquennat ?
00:18Et puis face aux menaces commerciales de Donald Trump,
00:21les Européens sont-ils condamnés à céder le Groenland ou à subir les droits de douane ?
00:26Pour nous éclairer ce matin, nos informés,
00:29Louis Osalter, journaliste politique au Figaro, auteur de la foudre et les cendres,
00:33Macron, les secrets d'une succession interdite.
00:35A l'Observatoire, bonjour Louis.
00:37Et Stéphanie Despierres, journaliste politique à LCP.
00:39Bonjour Stéphanie.
00:40Bonjour.
00:41On commence donc Renaud avec notre premier débat.
00:43Faut-il détricoter le macronisme pour assurer la stabilité ?
00:46Il semblerait en tout cas que ce soit la voie empruntée par le Premier ministre.
00:49Sébastien Lecornu qui a donc fait une nouvelle série de concessions,
00:52c'était vendredi soir, pour tenter de faire adopter un budget.
00:54Des concessions pour l'essentiel adressées aux socialistes pour s'assurer qu'ils ne votent pas la censure.
01:01Un certain nombre de cadeaux assez coûteux pour le pouvoir d'achat,
01:05le pouvoir d'achat des plus modestes, les étudiants,
01:08ou encore des engagements en faveur du logement, de l'écologie.
01:11Le Premier ministre n'a pas encore indiqué la méthode qu'il va utiliser pour essayer de faire adopter ce budget.
01:16Il y aura un conseil des ministres aujourd'hui, dans l'après-midi,
01:19au cours duquel l'exécutif décidera soit le recours à l'article 49.3,
01:24qu'il avait écarté depuis un bon moment, soit des ordonnances.
01:27Il est probable qu'il penche plus pour le 49.3,
01:29parce que les socialistes disent et répètent qu'ils ne veulent pas d'ordonnances pour faire passer ce budget.
01:33Mais qui va payer ces concessions assez coûteuses ?
01:37Voici ce qu'en disait hier soir sur France Info, Maude Bréjon, porte-parole du gouvernement,
01:43qui soulignait que les plus grandes entreprises, comme l'année dernière, vont être de nouveau mises à contribution.
01:48Ça ne se fera pas sur le dos des Français.
01:50Il n'y aura pas de hausse d'impôt pour les ménages, ni direct, ni indirect.
01:55Il n'y aura pas de hausse du coût du travail pour les très grandes entreprises.
01:59Il y avait l'année dernière une surtaxe exceptionnelle qui concernait l'impôt sur les sociétés de 440 grandes entreprises.
02:08Cette surtaxe sera maintenue à une différence près.
02:11Les ETI, des entreprises de taille plus petite, seront sorties de cette surtaxe.
02:17Et ça rapporte environ 8 milliards.
02:19Stéphanie Despierre, est-ce que Sébastien Lecornu a trouvé la solution pour ne pas être censuré, selon vous ?
02:25Il semblerait que oui.
02:26Boris Vallaud, le président du groupe socialiste à l'Assemblée, a dit que les perspectives d'une non-censure, a priori, étaient remplies.
02:32Ce qui est compliqué, en revanche, c'est de savoir comment, avec les annonces de Sébastien Lecornu, on reste dans un déficit à 5%.
02:39Alors là, il y a la surtaxe sur les entreprises à un niveau élevé par rapport aux discussions qu'il y avait encore il y a quelques jours.
02:44Elle serait à 8 milliards.
02:45Un peu plus que ce qui était envisagé initialement par le gouvernement.
02:48Oui, on avait l'impression que le gouvernement tournait autour de 6, 6, 2, 6, 5, selon les négociations entre les socialistes et la droite.
02:55Là, on est à 8 milliards.
02:56C'est beaucoup, a priori, notamment pour la droite, qu'on n'a pas encore beaucoup, beaucoup entendu en réaction aux annonces de Sébastien Lecornu vendredi.
03:03Mais il semblerait qu'une censure s'éloigne, puisque l'EPS annonce qu'il ne la votera pas et que ça paraît très compliqué que la droite, les Républicains, malgré peut-être probablement leur mauvaise humeur sur le fond, ne la votent.
03:13Ça veut dire, Louis Ouzalter, que ces concessions faites au Parti Socialiste, parce que visiblement, il y en aurait plusieurs, ce sont les entreprises qui vont les payer ?
03:21Oui, je vous confirme. Sébastien Lecornu va trouver un nouveau tiroir-caisse dans lequel piocher pour assurer sa survie et la stabilité politique.
03:29Donc la survie aussi d'Emmanuel Macron.
03:32Voilà, on sacrifie l'économie sur l'autel de la politique.
03:35Il y avait les concessions qui, déjà, ont été faites dès vendredi, dont les repas étudiants 1 euro, quel que soit le niveau de vie des étudiants concernés.
03:44400 millions d'euros pour les bailleurs sociaux, 200 millions d'euros pour le fond vert.
03:47Bref, on a l'impression qu'il y a encore beaucoup d'argent dans les caisses qu'on peut dépenser.
03:50Et ce serait bien dans un monde imaginaire dans lequel on n'aurait pas 5% de déficit public.
03:55Le gouvernement dit qu'il tiendra quand même cet objectif de 5%.
03:57Ce n'est pas un export en soi, c'est quand même énorme d'avoir 5% de déficit public sur l'année.
04:02Et là, on a la facture finale qui va être, en fait, pour les entreprises.
04:05Alors certes, les grandes entreprises, celles qui ont sans doute plus les moyens et qui font sans doute plus de bénéfices.
04:10Mais il y a quand même ce signal, Renaud le disait, le Macroniste commençait avec un signal envoyé
04:15pour justement favoriser l'attractivité du pays pour les implantations d'entreprises.
04:20Le Macroniste va se terminer avec des contre-signaux parfaitement contraires à la façon dont il a commencé.
04:26Tout ça pour assurer la survie politique du gouvernement Lecornu et donc la protection des menées de Macron.
04:32Voilà.
04:32Et ça va être l'histoire de cette fin de quinquennat.
04:34Et comme le dit Stéphanie, tout porte à croire que cela va passer.
04:37Les chefs d'entreprise vont hurler.
04:40On voit déjà des grands patrons qui continuent à récriminer.
04:43Mais il y a une sorte de consensus politique pour quand même avaler ça.
04:47Il va falloir quand même que la droite explique à ses électeurs comment elle va digérer ça.
04:52Parce qu'en fait, un, tout le monde a envie d'en finir avec ce budget.
04:55Tout le monde en a marre.
04:56Et deuxièmement, la peur de la dissolution marche quand même.
04:59Malgré tout, les députés de droite, les députés de gauche, en tout cas les LR et les PS,
05:02n'ont absolument pas envie de retourner devant les électeurs à un peu plus d'un an de l'élection présidentielle.
05:06Donc on va sacrifier les grandes entreprises.
05:09Et puis vivement que ça se termine.
05:11Je pense que c'est ça l'état d'esprit quand même des patrons en ce moment.
05:13Et c'est parce que vous vouliez réagir, c'est l'opposé de la philosophie du macronisme.
05:17Complètement.
05:17Et il faut dire que Sébastien Lecornu s'est fendu hier d'une longue lettre au patron
05:21pour leur expliquer quels arbitrages ils avaient faits, etc.
05:24Pour essayer de leur dire qu'il n'avait pas tout abandonné.
05:27Par exemple, il dit qu'il n'a pas abandonné les allègements de charges qui étaient vraiment dans le débat.
05:32La gauche voulait les réduire, etc.
05:33Et donc là, il essaye d'expliquer qu'il a fait comme il pouvait.
05:37Oui, il y a la surtaxe, mais il n'a pas touché aux allègements de charges.
05:39Bref, il a bien compris que la grogne des patrons peut être importante.
05:43Mais on sait que la grogne des patrons, quand même les patrons votent à la fin.
05:47Et dans les quelques jours, c'est les députés qui votent.
05:48Il leur a envoyé la facture, mais avec un petit mot, en espérant que ça passerait mieux.
05:51Il faut croire que Sébastien Lecornu est très lucide depuis le début.
05:54Et il n'a pas menti en quelque sorte sur le produit.
05:57C'est-à-dire qu'il a dit et répété depuis qu'il a été nommé
05:59qu'il est le Premier ministre le plus faible de la Ve République.
06:02Et c'est le cas.
06:02Il n'a pas de majorité, il n'a pas de marge de manœuvre politique.
06:05D'où ces annonces pour essayer d'amadouer les socialistes
06:08et qui, de fait, devraient réussir à porter leurs fruits.
06:11C'est-à-dire ces concessions assez coûteuses qu'on évoquait à l'instant.
06:14Et en fait, ça s'inscrit dans un processus
06:16dans lequel l'exécutif est engagé depuis déjà plusieurs mois.
06:19C'est-à-dire que le détricotage du macronisme
06:20et la condition de la survie du macronisme jusqu'à la fin du second quinquennat.
06:24Ça a commencé par la suspension de la réforme des retraites.
06:27Et Sébastien Lecornu, là aussi, avait fait une concession majeure
06:29qui, en quelque sorte, d'ailleurs, a mis en appétit les socialistes
06:32qui ont continué, évidemment, de pousser leurs revendications.
06:35Il y a donc ces annonces de Sébastien Lecornu sur le budget
06:38avec toujours la même logique.
06:39C'est-à-dire de se dire que la couleuvre est certes très difficile à avaler pour la droite,
06:43mais que celle-ci n'ira pas jusqu'à voter la censure.
06:46Donc, il vaut mieux s'attacher d'abord,
06:49le soutien implicite, en tout cas, des socialistes,
06:52l'indulgence des socialistes qui ne votent pas la censure
06:54quitte à faire grogner la droite
06:56qui, de toute façon, elle non plus, ne votera pas la censure.
06:59Et un tout dernier point, c'est qu'on constate
07:00que ce processus de détricotage du macronisme,
07:03je pense qu'il est dû aussi au fait qu'Emmanuel Macron
07:05a refusé de s'imposer une cohabitation avec ses opposants.
07:09Donc, résultat, il est obligé d'assumer une autre forme de cohabitation
07:12avec l'un de ses plus fidèles.
07:13Sébastien Lecornu, qui est en charge de ce sale boulot,
07:16en quelque sorte, dépecer l'œuvre du macronisme.
07:19Sale boulot, d'ailleurs, auquel le chef de l'État lui-même apporte sa contribution.
07:23Je pense au Mercosur, c'est-à-dire que lui, l'européen, le libéral,
07:27favorable au traité de libre-échange et à l'Union européenne,
07:30a finalement dû voter, là aussi pour des raisons de faiblesse politique,
07:33sa situation intérieure,
07:34contre la ratification de ce traité signé avec les pays du Mercosur,
07:39quitte à isoler la France en Europe.
07:40– Finalement, c'est la démission de Sébastien Lecornu,
07:43à l'époque, qui a mis tout le monde sous pression,
07:44qui a fait un peu peur à Emmanuel Macron
07:46et qui a fini par dire, bon, d'accord pour les retraites,
07:49et d'accord pour ça,
07:50et progressivement, il ne restera plus grand-chose.
07:53– Dès lors que le Rassemblement national et la France insoumise avaient un agenda
07:56qui consistait à réclamer des élections,
07:58soit qu'elles soient présidentielles avec l'admission d'Emmanuel Macron,
08:01soit qu'elles soient législatives avec une dissolution,
08:03Sébastien Lecornu ne pouvait discuter qu'avec les forces dites centrales
08:07et les forces adjacentes,
08:09et surtout avec le Parti socialiste,
08:10parce qu'avec une soixantaine de députés,
08:12il détient les clés de la censure ou non.
08:15Mais le résultat, c'est que le budget, là, ce matin,
08:18a quand même tout l'air d'un budget très socialiste.
08:20Et quand on écrit au patron pour expliquer que ce n'est pas si grave,
08:23c'est quand même que, en fait, c'est grave pour eux,
08:25que c'est eux qui vont devoir payer la facture,
08:29et que le Parti socialiste, qui annonce une non-censure,
08:32et donc qui annonce quelque part au-dessus de 49-3,
08:34c'est-à-dire cet accord sur un 49-3
08:36et une absence de censure une fois qu'il aura été employé,
08:39eh bien ce sont les grands vainqueurs de cette séquence très politicienne.
08:43– La phrase qui circule, c'est Olivier Faure n'aurait pas obtenu autant
08:45s'il avait été à Matignon.
08:46– C'est ce que disait déjà un président de groupe il y a deux semaines,
08:49et je pense qu'il le peut ressent encore plus ce matin.
08:52– Donc la fin du quinquennat risque d'être longue,
08:55mais on en reparlera dans un instant,
08:57on va parler du bras de fer entre Donald Trump et les Européens
09:00sur le Groenland, mais tout de suite, il est 9h15,
09:02et c'est l'Info en une minute avec Maureen Suinard.
09:05– L'incompréhension en Espagne après un accident meurtrier,
09:09accident entre deux trains en Andalousie hier soir,
09:11il y a au moins 39 morts et dizaines de blessés,
09:14le nombre de décès n'est pas définitif, précise ce matin le ministre des Transports espagnols.
09:19L'accident s'est produit en ligne droite et sur une voie récemment rénovée.
09:24Le président de la FIFA, la Fédération internationale de foot,
09:27dit condamner des scènes inacceptables lors de la finale de la Cannes
09:30pour contester une décision de l'arbitre.
09:33Les joueurs sénégalais qui affrontaient les Marocains ont quitté le terrain pendant 20 minutes,
09:37des violences ont aussi éclaté en tribune,
09:39c'est le Sénégal qui a finalement gagné cette Coupe d'Afrique des Nations Victoire 1-0 en prolongation.
09:46La direction d'Orange annonce le déménagement d'une partie du personnel du site de Saint-Mauron à Marseille,
09:51un site fermé à deux reprises en quelques semaines.
09:54Des impacts de balles ont été retrouvés sur les bâtiments,
09:56le quartier est touché par le trafic de drogue,
09:59seuls les techniciens reviendront pour des interventions.
10:02Et puis c'est une phase stressante pour certains,
10:05la plateforme Parcoursup ouvre aujourd'hui un million de bacheliers et d'étudiants
10:08en reconversion jusqu'au 12 mars prochain
10:11pour déposer leurs voeux pour intégrer des formations post-bac.
10:14Les informés avec Stéphanie Despierre, journaliste politique à LCP,
10:30élu aux altères, journaliste politique au Figaro.
10:33Renaud, on passe à notre deuxième débat face à Trump.
10:36L'Europe a-t-elle les moyens de défendre le Groenland ?
10:39Et oui, Agathe, l'Amérique, l'Amérique, je veux l'avoir et je l'aurai.
10:42Ça, c'était Joe Dassin qui chantait ça, ça ne nous rajeunit pas.
10:45Donald Trump, plus c'est le Groenland qu'il veut avoir.
10:47Et il l'aura, dit-il, il le dit, il le répète.
10:50Il a donc menacé ce week-end...
10:51Il a menacé donc ce week-end 8 pays européens, dont la France,
10:55de leur imposer de nouveaux droits de douane jusqu'à, je le cite,
10:57qu'un accord soit conclu pour la vente complète et intégrale du Groenland.
11:00Le président américain évoque une surtaxe de 10% à partir du 1er février
11:04qui pourrait monter à 25% au 1er juin.
11:07Les chefs d'État européens vont se réunir dans les prochains jours
11:09pour une réunion extraordinaire.
11:11Emmanuel Macron lui a proposé hier à ses partenaires
11:13d'activer un instrument anti-coercition,
11:16un outil commercial jusqu'ici jamais utilisé par l'Union européenne
11:19pour s'opposer justement à ses menaces de surtaxe.
11:21Alors, est-ce que Donald Trump peut vraiment espérer avoir le Groenland ?
11:26La réponse ce matin chez nos amis de France Inter,
11:29de Stéphane Séjourné, vice-président exécutif de la Commission européenne.
11:34Bon, d'abord, je voudrais le dire ce matin de manière très ferme,
11:38le Groenland ne sera jamais américain.
11:40Ce que nous sommes en train de vivre est un cas d'école.
11:43de coercition.
11:44Nous sommes au stade de la menace du côté américain.
11:46Nous devons être au stade également de la menace au niveau européen.
11:52Quand Stéphane Séjourné, Louis Alter, dit
11:54que le Groenland ne sera jamais américain,
11:58il a des garanties pour dire ça ?
12:00On peut en être aussi sûr ?
12:01Aucune en tant que commissaire européen,
12:03parce qu'on ne sait toujours pas quel sera le plan d'action européen
12:07en cas de prise de possession du Groenland,
12:11d'une manière ou d'une autre,
12:12par la force ou par d'autres méthodes,
12:14par les États-Unis d'Amérique.
12:16Qu'est-ce qui pose problème aux Européens ?
12:18Ce week-end, on a vu que les pays visés par Donald Trump,
12:20par des nouveaux potentiels droits de douane,
12:22sont restés relativement unis, en tout cas dans leur réponse.
12:26Parce que, évidemment, que l'objectif de Donald Trump,
12:29c'est de diviser les pays européens entre eux,
12:31en disant, toi tu auras tant de droits de douane,
12:32sauf si tu négocies.
12:33Et on a vu l'an dernier, rappelez-vous,
12:35quand ça a morcé la négociation sur les droits de douane
12:37imposée par Donald Trump.
12:39Chaque pays européen était un peu tenté d'aller lui-même
12:41en Floride ou à la Maison-Blanche,
12:42négocier tout seul, en fonction de ses intérêts.
12:46L'Allemagne n'a pas les mêmes intérêts exportateurs que la France.
12:48L'Italie aussi est une puissance exportatrice industrielle et agricole
12:52qui a ses intérêts.
12:53Et Georgia Meloni en a parfaitement conscience.
12:55Donc déjà, le défi de l'unité, il est quand même assez difficile.
12:59Ce week-end, il a plutôt été tenu.
13:00Mais quel est le plan d'action ?
13:01Je pense qu'il n'y en aura pas tant que l'Europe,
13:04et Stéphane Séjourné dit,
13:06il faut passer au stade de la menace
13:07parce que les États-Unis en sont au stade de la menace,
13:09c'est-à-dire répondre de manière accordée
13:11aux propos que tiennent les États-Unis.
13:14L'Europe ne pense pas à cette puissance.
13:17Moi, il y a des phrases qui...
13:19En fait, je trouve que les phrases tenues
13:20par le général de Gaulle en son temps,
13:23elles étaient assez visionnaires.
13:24J'ai retrouvé une phrase où il est cité par Alain Perfit.
13:27En disant que le drame de l'Europe,
13:28c'est qu'à part nous, nous, les Français,
13:29il n'y a personne qui ait l'ambition d'être vraiment européen.
13:32L'Amérique essaie de dominer en Europe
13:33comme elle cherche à dominer en Amérique latine,
13:35en Asie du Sud-Est.
13:36L'Amérique, qu'elle le veuille ou pas,
13:37est devenue aujourd'hui une entreprise d'hégémonie mondiale.
13:40On est en 1963, le président américain est Kennedy,
13:43mais le général de Gaulle voit déjà,
13:45quelles que soient les administrations,
13:46cette envie de puissance,
13:48ou des manières ou d'une autre,
13:49des États-Unis d'Amérique.
13:51Et surtout, il voit les Européens
13:53ne pas, eux, se constituer en puissance indépendante.
13:55Et j'ajoute un dernier mot,
13:57on pleure beaucoup sur les Danois en disant
13:59les pauvres Danois, Donald Trump va leur prendre le Groenland.
14:01À qui ils ont acheté leurs avions de chasse, les Danois ?
14:04Ce sont des F-35, ce sont des Américains.
14:06Il y a plein d'autres pays européens
14:07qui, pour qu'il s'agisse d'armement,
14:08qu'il s'agisse d'autres composants stratégiques,
14:10ont acheté Américains et ont continué à acheter Américains,
14:12même sous le premier mandat de Donald Trump.
14:14Et il y a un des accords en ce moment
14:15entre le président Macron qui plaide pour des achats français
14:18et notamment les Allemands ou d'autres pays
14:20qui, eux, sont moins regardants
14:21et que ça ne dérange pas d'acheter Américain.
14:25Il n'y a pas un chemin qui est totalement achevé
14:27par un certain nombre de partenaires européens.
14:29Une fois qu'on a dit ça,
14:31qu'est-ce que peuvent faire les Européens, Stéphanie ?
14:33Stéphane Séjourné évoquait l'instrument anti-coercition.
14:37Certains disent que c'est une arme nucléaire économique,
14:39des représailles très fortes,
14:41priver les Américains de marcher, tout ça.
14:43Mais cet instrument, depuis qu'il existe,
14:44on ne l'a jamais utilisé.
14:46Il faudrait mettre tout le monde d'accord ?
14:48On ne l'a jamais utilisé. Il existe depuis 2023.
14:50Il avait été plutôt pensé pour contrer la Chine.
14:53Pour l'utiliser, il faut qu'il y ait une majorité qualifiée.
14:56C'est-à-dire qu'il faut que 55% des États membres
14:58et qui représentent 65% de la population européenne
15:00soient d'accord pour l'utiliser.
15:02Donc ça, on sait que, malgré, en effet,
15:04ce week-end, une tonalité plus unitaire du côté des Européens,
15:07ça ne peut pas gagner.
15:08Après, il y a des stades de mise en œuvre
15:10plus ou moins durs.
15:12Il y a peut-être autre chose qui paraît
15:14peut-être plus facile à court terme.
15:16C'est que l'accord qui avait été négocié cet été,
15:19par exemple, sur la Vanderlion,
15:20au début, l'Europe menaçait en représailles
15:22les États-Unis d'imposer des taxes
15:25sur 93 milliards d'euros,
15:27de dollars, pardon, je crois,
15:28d'importations en Europe.
15:30Finalement, l'Europe, pour certains,
15:32s'est humiliée en disant
15:34« Ok, à Donald Trump,
15:35on vous laisse nous mettre des droits de dos à nous,
15:36on est toujours à zéro sur les biens industriels
15:39et l'agriculture ».
15:40Ça, ça doit être ratifié par le Parlement européen
15:43dans quelques jours.
15:44A priori, là, le président du Parti populaire européen
15:48qui est le principal parti,
15:50M. Fred Weber, a dit qu'il n'était pas question
15:52que le Parlement ratifie ça.
15:54Donc, peut-être qu'avant d'activer
15:55le mécanisme anti-coercition
15:57qui peut prendre du temps,
15:58on a peut-être quelques moyens
16:00d'utiliser des mécanismes plus rapides.
16:04Après, est-ce qu'on ira jusqu'à
16:06un débat frontal face à Donald Trump ?
16:11Peut-être qu'il faudrait,
16:11parce qu'apparemment,
16:12la marche arrière ne marche pas,
16:13donc peut-être qu'il faudrait être un peu plus ferme.
16:14Ce qui plaide pour ça, peut-être, Renaud,
16:16c'est que Donald Trump réagit
16:18quelques jours après l'envoi
16:20de quelques soldats au Groenland,
16:21deux soldats européens,
16:23que certains ont moqués
16:24parce qu'ils n'étaient pas nombreux.
16:26N'empêche, ça a fait réagir le président américain.
16:28Cette initiative,
16:29quelle que soit l'ampleur,
16:31effectivement, l'ampleur est modeste,
16:32mais le but n'était pas
16:33de déployer des contingents au Groenland.
16:36C'était de désamorcer
16:38un faux prétexte mis en avant
16:39par Donald Trump
16:40qui prétend devoir s'emparer du Groenland
16:42pour des raisons stratégiques,
16:44parce que les Russes,
16:44les Chinois sont dans la région
16:45et que les Européens,
16:46c'est incapable de le défendre
16:47et donc seraient incapables
16:48de le défendre à ses yeux
16:49et d'où cette volonté.
16:51On sait très bien
16:51que c'est un faux prétexte,
16:52la vérité de Donald Trump.
16:54En tout cas,
16:55sur le plan du business,
16:56c'est que c'est davantage
16:57les ressources naturelles,
16:59potentielles,
17:00que le businessman Donald Trump vise,
17:02plus une certaine conception du monde
17:03qui est une forme d'imparisme
17:05très nouveau.
17:05C'est-à-dire que la situation
17:06est très compliquée
17:06pour les Européens,
17:07vous avez raison,
17:08préserver l'unité,
17:09c'est difficile,
17:10on l'avait vu déjà
17:11lors de la négociation commerciale
17:12de l'an dernier.
17:13Pour le coup,
17:13il faut reconnaître sur ce point,
17:15en tout cas,
17:16de résistance à l'appétit américain,
17:19un rôle assez moteur
17:20de la France
17:21et d'Emmanuel Macron.
17:22Mais tout ça est très fragile
17:23et très difficile,
17:23mais la situation,
17:24elle est aussi extrêmement compliquée
17:25pour Donald Trump.
17:26Parce que là,
17:27on n'est pas dans l'opération,
17:28entre guillemets,
17:29l'opération de police au Venezuela,
17:31le précaire américain,
17:32le Groenland,
17:34le Danemark,
17:34s'il s'en empare par la force,
17:37d'abord,
17:38ça a des conséquences irrémédiables
17:39sur l'OTAN,
17:40sur le devenir de l'OTAN.
17:40C'est la fin de l'OTAN,
17:41il enterre l'OTAN.
17:42Peut-être,
17:42veut-il aller jusque-là,
17:43je n'en sais rien.
17:44Mais les conséquences
17:44pour les États-Unis
17:45seraient aussi extrêmement lourdes.
17:46On dit souvent,
17:47mais oui,
17:47envoyer une poignée
17:48de soldats européens
17:50au Groenland,
17:51que ferait-il
17:51si les Américains débarquent ?
17:53Mais il faut retourner
17:54aussi la proposition.
17:54Est-ce que les Américains
17:55débarqueraient et tireraient
18:02que ce qu'il faut,
18:03c'est établir un rapport de force,
18:06c'est-à-dire répondre
18:07à la menace
18:07par la menace compréhensible.
18:08Le problème,
18:09c'est le moment
18:09où il faut passer
18:09de la menace
18:10à la mise en oeuvre
18:12concrète de ces menaces.
18:13On a vu,
18:14lors des négociations
18:15commerciales de l'an dernier,
18:17et notamment à l'initiative
18:18d'Ursula von der Leyen,
18:19que c'est souvent le moment
18:20où l'Europe,
18:21ou une bonne partie de l'Europe,
18:22baisse d'un ton
18:23face à Donald Trump.
18:24Donc c'est sûr que
18:25ce mécanisme brandi
18:27par Emmanuel Macron,
18:28je ne sais pas
18:28si les Européens,
18:29notamment parce qu'il faut
18:30une majorité qualifiée,
18:31iront jusque-là.
18:32Mais c'est vrai que
18:33la réaction des Européens,
18:35elle peut aussi contribuer
18:37à apaiser,
18:39en tout cas pour un certain temps,
18:40les velléités de Donald Trump.
18:41Il faut rappeler
18:41que ce n'est pas du tout
18:41une affaire neuve.
18:42Corentin Sénat,
18:43spécialiste des Etats-Unis
18:44que vous recevez tout à l'heure,
18:44le rappelle,
18:45ça fait quand même
18:45des décennies et décennies
18:46sous différents mandats,
18:48différents régimes,
18:48différents mandats,
18:50et même Donald Trump
18:50lors de son premier mandat,
18:51que les Américains rêvent
18:52de s'emparer du Groenland.
18:54Si c'était si simple,
18:54qu'il en a déjà fait
18:55depuis longtemps.
18:56Effectivement,
18:56déjà en 2019,
18:57il était parti du Danemark
18:59parce qu'on avait refusé
19:00de lui céder le Groenland.
19:03Le problème de se lancer
19:04dans une guerre commerciale
19:06potentiellement avec les Etats-Unis,
19:07Louis Alters,
19:08c'est que ça ferait
19:08beaucoup de perdants,
19:10les consommateurs,
19:11l'emploi.
19:12Est-ce qu'on a vraiment
19:13les moyens de faire pression
19:14sans finalement
19:15se punir nous-mêmes ?
19:16Alors, là encore,
19:18ça dépend des pays européens
19:19dont on parle.
19:20Quand on replonge
19:21dans les dures négociations
19:22commerciales,
19:23c'était juste après
19:24le deuxième événement
19:25de Donald Trump
19:26et son arrivée
19:28à la Maison-Blanche.
19:28Donc, on est il y a un an.
19:31Les Européens
19:32s'étaient divisés
19:33sur l'ampleur,
19:34c'est-à-dire les forces
19:35qu'il fallait montrer
19:36face à Trump
19:36parce que nous n'avons
19:37pas les mêmes intérêts.
19:38On voyait que les Allemands
19:39et les Italiens
19:39avaient plutôt les pieds
19:40sur le frein,
19:41ne voulaient pas braquer
19:42le président américain
19:42parce que leurs intérêts
19:44exportateurs
19:44étaient plus considérables.
19:46Là où les Français
19:47raisonnaient plus en politique
19:48qu'en économie,
19:49comme souvent,
19:50et Emmanuel Macron
19:51avait plus montré les muscles.
19:53Ça s'est fini par un accord
19:54qui a été conclu
19:54par la présidente
19:55de la Commission européenne,
19:56Ursula von der Leyen,
19:57où, en effet,
19:58on s'est un peu fait roulé dessus
19:59quand même.
20:00C'est-à-dire que l'accord
20:01est clairement inégal
20:03et si l'Europe
20:04avait montré plus de force
20:05et plus d'unité,
20:05elle aurait sans doute
20:06pu mieux s'en tirer.
20:08Donc, on revient exactement
20:10à ce rapport de force-là
20:11et donc à ces tiraillements
20:13selon les intérêts économiques
20:14et exportateurs
20:15des uns et des autres.
20:16la France étant un petit peu
20:17moins exposée,
20:18on peut s'attendre,
20:19et Emmanuel Macron,
20:20d'ailleurs,
20:20l'a joué ce week-end,
20:21c'est le jeu
20:22qu'il a joué ce week-end,
20:23on peut s'attendre
20:23à ce que la France
20:24se montre plus offensif
20:25que ses partenaires,
20:26mais il va falloir
20:27se mettre d'accord
20:27parce qu'il est évidemment
20:28que Trump joue sur les divisions
20:29des uns et des autres
20:30comme toujours.
20:31Sachant,
20:31juste d'un mot,
20:32que l'Europe avait déjà agité
20:34cet instrument anti-correstation
20:35à l'été
20:36et que finalement,
20:37il n'avait pas été activé.
20:38Oui, et puis,
20:38Donald Trump a un avantage pour lui,
20:40c'est qu'il peut aller vite
20:41et imposer des choses rapidement
20:42et que nous,
20:43on est 27
20:43et qu'il faut se mettre d'accord
20:44et que les mécanismes européens
20:45s'apprendent.
20:46C'est un peu plus compliqué.
20:47Merci beaucoup,
20:48les informés.
20:48Merci Stéphanie Despierre,
20:50journaliste politique à LCP.
20:51Merci.
20:52Louis Ouzalter,
20:52vous nous donnez la une
20:53du Figaro aujourd'hui ?
20:54Justement,
20:54sur le Groenland,
20:55les Européens haussent le ton
20:56face à Trump.
20:58Et je rappelle votre livre,
20:59La foudre et les sangs de Macron,
20:59les secrets d'une succession
21:01interdite aux éditions
21:02de l'Observatoire.
21:03Merci Renaud.
21:03Merci Agathe.
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations