- il y a 5 jours
Tous les jours, les informés débattent de l’actualité autour d'Agathe Lambret et de Renaud Dély.
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00:01Bienvenue dans Les Informés, votre rendez-vous de décryptage de l'actualité jusqu'à 9h30.
00:12Bonjour Renaud Delis.
00:13Bonjour Aguette.
00:13Deux sujets à la une ce matin.
00:15Tribunaux engorgés, détenus en attente de procès qui pourraient être libérés.
00:19Gérald Darmanin peut-il sauver la justice ?
00:22Et puis cette enquête du Cevipov sur la défiance des Français.
00:26Pourquoi cette grande fatigue démocratique ?
00:29Pour nous éclairer ce matin, nos informés.
00:31Louis Ouzalter, journaliste politique au Figaro, auteur de La foudre et les cendres.
00:35Macron, la succession interdite aux éditions de l'Observatoire.
00:38Bonjour.
00:39Et Alix Bouillaguet, éditorialiste politique.
00:42L'interview politique du lundi au jeudi à 7h40 sur France Info TV.
00:45Bonjour Alix.
00:46Bonjour Aguette, bonjour à tous.
00:47On commence avec cette première question.
00:50Renaud, Gérald Darmanin, garde des Sceaux, peut-il sauver la justice ?
00:54La justice en manque de moyens, des tribunaux engorgés,
00:57des délais de jugement qui sont de plus en plus longs.
01:00Une institution qui semble en manque de moyens et de personnel.
01:03Hier, par exemple, Gérald Darmanin a annoncé l'installation à la halle
01:06de trois nouvelles salles d'audience, de nouveaux greffiers à la cour d'appel d'Aix-en-Provence
01:09pour éviter justement que des détenus qui sont dans l'attente de leur jugement
01:13ne soient libérés à cause de délais trop longs.
01:15Et puis au-delà de ces mesures d'urgence,
01:18le garde des Sceaux va présenter dans quelques jours, dans quelques semaines,
01:22en Conseil des ministres, un nouveau projet de loi qui vise justement
01:24à réduire les délais de jugement. Voici ce qu'il en disait il y a quelques minutes sur ce plateau.
01:29Au mois de mars prochain, dès lundi, au Conseil des Tâches présente une loi de cet article
01:33qui réorganise la justice criminelle et qui permet en effet,
01:37c'est un petit peu long à expliquer ici, mais de diviser ces délais par deux
01:41avec en effet des moyens supplémentaires.
01:44Et là, il y a des moyens supplémentaires au ministère de la Justice.
01:46Nous avons 1600 créations de postes cette année.
01:48Il s'agit du premier des deux textes que doit présenter le garde des Sceaux
01:52dans les semaines et les mois à venir, qui vise donc à réduire, dit-il,
01:56c'est l'objectif, par deux la durée des délais de jugement.
02:00Rappelons qu'à l'heure actuelle, il faut huit ans pour juger un crime de sang
02:04et six ans pour juger un viol.
02:07Alors, est-ce que ce texte peut être efficace ?
02:10Et puis d'ailleurs, est-ce que Gérald Darmanin aura les moyens politiques
02:12de mener à bien cette tâche dans les mois qui viennent ?
02:16Est-ce que le texte de Gérald Darmanin, Alex Bouléguet, peut vraiment diviser les délais par deux ?
02:19Six ans pour un viol, huit ans pour un meurtre ?
02:22Ça, c'est compliqué de répondre à cette question.
02:25Ce qui est sûr, c'est que Gérald Darmanin, il essaye de diviser le problème en deux,
02:29c'est-à-dire de s'appuyer sur sa jambe gauche avec justement...
02:34Parce qu'en fait, c'est deux textes qui vont être présentés sur la justice criminelle.
02:37Et là, effectivement, en espérant que les jugements soient plus rapides,
02:42il y a notamment un point sur l'extension de la procédure du plaidé coupable
02:46qui, jusqu'à présent, était pour certains délits et qui pourrait être étendue au crime.
02:53Donc là, ça peut être effectivement une manière de gérer plus vite les dossiers,
02:57de dire, bon ben voilà...
02:58C'est-à-dire qu'il n'y a pas de procès ?
02:59Voilà, il n'y a pas de procès.
02:59Si la victime est d'accord, on y va.
03:02Et c'est vrai que de fait, ça peut aller plus vite.
03:04L'extension aussi des compétences des cours criminels départementales
03:09qui pourraient, voilà, suppléer d'autres cours.
03:14Donc là aussi, finalement, on répartit un peu tous les cas dans ces cours-là.
03:21Ça simplifie la procédure.
03:22Donc on voit effectivement l'intérêt.
03:25Et puis il y a aussi...
03:27Donc ça, ça plairait à la gauche.
03:28Donc il peut espérer avoir peut-être une majorité.
03:30Et puis il y a la jambe droite sur la pénitentiaire, sur les peines, l'exécution des peines.
03:35Ça, il peut espérer s'appuyer sur la droite.
03:38Et notamment avec cette restriction du sursis aux primo-délinquants.
03:43Donc ça aussi, la suppression de l'aménagement de la peine obligatoire.
03:46Donc il essaye de jouer sur les deux pieds.
03:50Et puis de parler aussi aux électeurs éventuellement de la droite et du Rassemblement National.
03:55Le LTA.
03:56La dessinée de ce texte, ça ne nous dit tout quand même de l'impuissance politique du moment.
04:00Gérald Darmanin, garde des Sceaux depuis fin 2024, avait des grandes ambitions pour que la justice soit plus proche des Français, plus compréhensible aussi.
04:10Donc c'est effectivement en réduisant les délais d'audiencement.
04:13Et puis en faisant en sorte aussi que les individus condamnés fassent réellement la peine pour laquelle ils sont condamnés.
04:18Ce qui aujourd'hui est une source d'incompréhension pour les citoyens de la justice.
04:22Que quelqu'un qui prenne un an et demi de prison ne fasse pas un jour de prison,
04:25c'est en réalité parce qu'il y a des aménagements de peine,
04:27mais il y a du coup un décalage entre le prononcé public de la peine et la réalité exécutée.
04:32Donc son ambition était de, comment dire, à la fois désengorger les tribunaux,
04:37de fluidifier la justice pour que justement elle ait une meilleure compréhension,
04:41un meilleur fonctionnement pour les citoyens.
04:42Sauf que le moment politique, il va empêcher ça, selon toute probabilité.
04:46Si tant est que Gérald Darmanin arrive à présenter un texte en Conseil des ministres,
04:50à décrocher un créneau au Parlement,
04:52parce qu'il n'y a pas plus beaucoup d'espace parlementaire pour faire examiner des textes,
04:55et surtout à avoir un semblant de majorité,
04:58peut-être fera-t-il passer en effet quelques mesures sur la réduction des délais.
05:04Mais le vrai nœud sur lequel bloque la justice depuis des années,
05:09c'est le nœud carcéral, c'est la prison.
05:11Emmanuel Macron avait promis 15 000 places de prison supplémentaires entre 2017 et 2022.
05:16Nous sommes en 2026, on n'a même pas à plus 5 000.
05:19Pour diverses raisons, les élus n'en veulent pas chez eux, on manque de fonciers,
05:21on n'arrive pas à recruter des surveillants pénitentiaires.
05:24Donc il y a un blocage immense.
05:25Mais tant que ce nœud carcéral n'aura pas été dénoué,
05:30la justice, les tribunaux, en plus de l'engorgement,
05:33en plus du manque de moyens de greffiers et de magistrats,
05:36se contentera de faire de la gestion de la pénurie.
05:39On gère la pénurie de places de prison.
05:41Et donc, si vous allez à des comparutions immédiates,
05:44en fait, le magistrat sait combien de places de prison il a aujourd'hui,
05:47combien de gens il pourra mettre sous écrou et combien seront laissés dans la nature.
05:51Parce que c'est pris en compte, effectivement, par les magistrats.
05:54Exactement.
05:54Et pour toutes les raisons que je vous l'hésite,
05:56il y a fort à parier,
05:58enfin, nous pouvons tous parier aujourd'hui,
05:59que ce nœud-là ne sera pas dénoué avant 2027,
06:02pas seulement pour une raison de loi ou de majorité,
06:05pour le coup, y compris parce que
06:06personne ne veut d'une prison à côté de chez lui,
06:08que les élus n'en veulent pas
06:09et qu'au demeurant, il y a un problème de personnel
06:12dans la justice en général
06:14et chez les surveillants pénitentiaires en particulier
06:16et que ce nœud-là, tant qu'on ne l'a pas dénoué,
06:17il y a toute une partie de la justice qui restera engorgée.
06:20Gérald Darmanin, il annonce quand même régulièrement des mesures,
06:23la Aix, trois nouvelles salles d'audience,
06:25des nouveaux greffiers,
06:27mais il y a tellement de problèmes que
06:28c'est comme Vidélo avec la petite cuillère.
06:30Il faut comprendre que la situation de l'institution judiciaire
06:31est tellement complexe que
06:32tout ce que vient de dire l'Ossalterre est vrai,
06:34mais c'est dans un contexte global
06:35où il n'y a jamais eu autant de détenus en France.
06:37On a battu aujourd'hui un record de détenus en France,
06:40c'est-à-dire qu'on ne libère pas à tour de bras
06:42des gens qui mériteraient d'être en prison
06:44et on sait que le taux de surpopulation carcérale
06:47atteint aujourd'hui aussi des records,
06:49ce qui d'ailleurs pose ensuite,
06:51aggrave d'abord la situation des détenus
06:53aujourd'hui en prison
06:55et puis ensuite, évidemment,
06:56la reconversion,
06:58ça ne prépare pas,
07:00ce n'est pas un bon moyen de préparer la sortie,
07:01évidemment,
07:02que de les détenir dans de telles conditions.
07:03Et ce qui est vrai,
07:04c'est que ces mesures d'urgence annoncées,
07:06notamment en ce qui concerne la Cour d'appel d'Aix-en-Provence,
07:08illustrent la grande misère de la justice,
07:10c'est-à-dire dès lors qu'on est obligé à la hate
07:12de rajouter du personnel,
07:14des greffiers, etc.,
07:15pour éviter que des personnes en attente de jugement
07:18ne soient libérées
07:19alors qu'elles sont accusées de faits extrêmement graves,
07:20on voit bien qu'on touche au bout.
07:22Et l'autre paradoxe,
07:23c'est que ces dernières années,
07:25sous le prédécesseur,
07:26l'un des prédécesseurs de Gérald Lamana,
07:29enfin celui qui était resté plus longtemps que Didier Migaud,
07:31je pense à Éric Dupond-Moretti,
07:32c'est vrai que le budget de la justice
07:34avait été particulièrement gâté
07:37au regard d'un certain nombre d'autres budgets.
07:39Le budget de la justice avait vu
07:40ses moyens nettement augmentés,
07:45Éric Dupond-Moretti s'était battu pour ça,
07:46mais on voit bien que le système est engorgé
07:48à tous les niveaux, en quelque sorte.
07:49Les délais d'attente dont on parle,
07:51la surpopulation carcérale,
07:54et c'est sûr qu'il y a aussi,
07:56avec ces deux jambes que décrivait tout à l'heure Alex Bouillaga,
07:58ces deux textes différents,
07:59je pense que même ces deux textes sont en partie contradictoires,
08:02c'est-à-dire que d'un côté alléger et simplifier
08:05la procédure judiciaire aux yeux des Français,
08:07c'est indispensable,
08:08qu'il y ait aussi une sanction
08:10qui soit appliquée, même extrêmement brève,
08:12même une peine extrêmement brève,
08:14une peine de prison très brève
08:15pour le premier délit,
08:17dès lors que celui-ci n'est pas trop grave,
08:20ça, ça me paraît effectivement important
08:22pour expliquer le justice,
08:23mais par ailleurs,
08:25dans le deuxième texte évoqué par Gérald Lamana,
08:27si tant qu'il voit le jour,
08:29l'idée de supprimer,
08:31de restreindre le sursis pour les primo-délinquants,
08:33de supprimer l'adménagement de peine,
08:35tout ça va contribuer un peu plus
08:37à engorger justement les prisons,
08:38donc on voit bien,
08:39et ce n'est pas dans le contexte politique actuel
08:41que décrivait Louis Salter tout à l'heure,
08:42que ces réformes de fonds de la justice
08:44peuvent être engagées,
08:45en tout cas pas d'ici 2027.
08:47– Oui, c'est pour ça que les magistrats,
08:49les syndicats,
08:50c'est vrai qu'ils ne sont pas emballés-emballés,
08:52on peut résumer ça comme ça,
08:53ils disent que, oui,
08:54la justice sera peut-être plus dure,
08:57mais pas plus rapide,
08:58parce qu'effectivement,
08:59sans création massive de postes,
09:01de magistrats, de greffiers,
09:02en fait, on en restera au symbole,
09:06que sur cette suppression du sursis
09:09souhaité par Gérald Darmanin,
09:11eux estiment que c'est complètement contre-productif,
09:15parce que le sursis, pour eux,
09:16est vu comme un outil de gradation des peines
09:17et pas comme du laxisme,
09:20donc ils ne comprennent pas trop l'intérêt de lever ça,
09:23et puis aussi la crainte,
09:26en fait, il y a le quantum,
09:30c'est-à-dire, enfin, ils craignent…
09:31– Un numéro de ce que vous dites dans les maisons d'arrêt.
09:33– Exactement, ils craignent en fait
09:34que ce soit une justice plus automatique,
09:36plus rapide, sur pression politique,
09:38au détriment de l'individualisation,
09:41et qu'à l'arrivée, effectivement,
09:42le risque d'engorgement carcéral,
09:43il reste exactement le même,
09:45parce qu'il y aura des peines courtes,
09:47fermes, et qu'ils estiment,
09:49notamment les avocats alpénazistes,
09:51peu efficaces contre la récidive.
09:52– Il y a un autre sujet, Louis Othalter,
09:54c'est celui de la justice des mineurs.
09:58Là aussi, on a un sentiment d'impuissance du gouvernement,
10:01on a deux ministres en deux jours,
10:02le ministre de l'Intérieur
10:03et le ministre de la Justice sur France Info,
10:05qui se disent favorables
10:06à la suppression de l'excuse de minorité,
10:08et pourtant, on ne supprime pas l'excuse de minorité.
10:10Et là, ce n'est pas une question de moyens.
10:11– Non, c'est une question de droit.
10:13Gabriel Attal avait porté un texte de loi
10:15l'an dernier sur la justice des mineurs,
10:18et d'ailleurs, Gérald Darmanin,
10:18on a parlé à votre micro,
10:19il avait plutôt soutenu ce texte,
10:21qui visait non pas à supprimer,
10:23mais à changer, à alléger les modalités
10:25d'application de l'excuse de minorité,
10:27en obligeant le magistrat à justifier
10:28l'application, la prise en compte
10:30de l'excuse de minorité,
10:31qui conduit à quand même diviser
10:33les peines par deux.
10:35Et le Conseil constitutionnel
10:36a censuré cette disposition
10:39l'été dernier,
10:40au motif que l'excuse de minorité
10:42ferait partie des principes fondamentaux.
10:44C'est écrit nulle part dans la Constitution,
10:45c'est toujours pareil,
10:45avec le Conseil constitutionnel,
10:47on interprète des jurisprudences
10:48de jurisprudences.
10:49Après, les magistrats
10:51qui s'occupent des mineurs
10:52disent que ça n'est pas forcément
10:53la recette magique
10:54pour résoudre le problème,
10:56c'est pas parce qu'on va multiplier
10:57une peine par deux
10:58qu'un mineur va se dire
10:59« tiens, je ne vais pas sortir mon couteau,
11:01je ne vais pas perpétrer tel ou tel crime ».
11:03Mais c'est vrai qu'on ne peut pas
11:04s'en tenir à un droit figé en 1945,
11:08puisque c'est l'ordonnance modifiée depuis,
11:10mais c'est l'ordonnance de 1945
11:13qui a inscrit dans le marbre
11:14toute une partie des dispositions
11:16sur la justice des mineurs.
11:18Or, la jeunesse a évolué,
11:20la délinquance des mineurs aussi a évolué,
11:22elle baisse au global,
11:23mais il y a eu une explosion
11:23des atteintes les plus graves,
11:24c'est-à-dire des homicides,
11:25des tentatives d'homicide.
11:26Ça, c'est une explosion
11:27que constatent tous les professionnels
11:28de justice et du droit pénal
11:30sur les quelques dernières années.
11:32Mais là aussi, je pense que Renaud,
11:34je serais d'accord avec Renaud
11:36sur le fait que tous ces grands débats
11:37qui concernent des pans importants
11:39de notre droit
11:40ne pourront attendre malheureusement
11:42que des propositions
11:43de programmes présidentiels
11:45et que là, il n'y a pas
11:46d'élan politique
11:48qui permettront d'emmener une majorité
11:51pour avoir un aboutissement législatif
11:53et puis pour mettre les moyens
11:54en face des ambitions
11:55qu'on veut inscrire dans la loi,
11:57ce qui est quand même le problème
11:58de la justice depuis des années également.
11:59– À court terme, Renaud,
12:01selon vous, qu'est-ce qui va dans le bon sens
12:02dans ce que propose
12:03Gérald Darmanin aujourd'hui ?
12:04– Les mesures d'urgence
12:05qu'il a annoncées
12:06pour résoudre un certain nombre
12:07de situations,
12:08notamment avec Saint-Pençois,
12:08on en parle,
12:09c'est-à-dire le fait qu'il faut déjà,
12:11et ça, c'est le plus rapide,
12:12mais ça coûte de l'argent,
12:14embaucher, rajouter du personnel,
12:16notamment tout simplement
12:17des greffiers, etc.
12:18La question de la surpopulation carcérale
12:20est un vrai problème
12:21qui passe toujours à l'as politiquement
12:23parce qu'évidemment,
12:25électoralement,
12:26ce n'est pas le sujet
12:26qui préoccupe le plus,
12:27on va dire,
12:28les Français,
12:28ce qui se passe en prison.
12:29Et je pense que la question
12:31de la surpopulation carcérale,
12:32c'est évidemment une bombe
12:33à retardement sur le fonctionnement
12:34de l'ensemble
12:34de l'institution judiciaire.
12:36L'excuse de minorité,
12:37ce n'est pas un sujet tabou,
12:39contrairement à ce que certains
12:39veulent faire croire
12:41parfois dans le débat politique.
12:42Bien sûr, il est légitime
12:43de s'interroger parfois
12:43sur les modalités d'application.
12:45La preuve en est
12:46que la fameuse ordonnance de 1945
12:48a été réformée
12:50plus d'une vingtaine de fois
12:51depuis 1945.
12:53Mais comme le disait très bien
12:54Louis Selter,
12:54il faut s'interroger aussi
12:55sur l'efficacité
12:56que ça aurait ou pas
12:58sur la délinquance des mineurs
13:00que de la revoir encore une fois.
13:01Et là-dessus,
13:02alors qu'il n'y a pas de réponse.
13:04C'est le suivi des mineurs en réalité.
13:05C'est le suivi des mineurs.
13:08Parce que les mineurs
13:08savent aussi qu'ils ne risquent rien.
13:09Il y a très peu de contrôles judiciaires
13:11qui sont prononcés,
13:12qui ne risquent pas grand-chose.
13:13Et parfois,
13:13ils sont utilisés aussi
13:14par des narcotrafiquants,
13:15par exemple,
13:16parce que c'est de la main-d'œuvre
13:17qui est plus facile à utiliser.
13:20Et puis, bien sûr.
13:21Et puis, il y a énormément
13:21d'autres éléments
13:23qui rentrent en ligne de compte.
13:24On parle beaucoup aujourd'hui
13:25de la législation
13:25de l'interdiction
13:26de l'accès aux réseaux sociaux
13:27pour les moins de 16 ans,
13:27par exemple.
13:28C'est quelque chose,
13:28on sait très bien aussi
13:29que c'est une incitation
13:30à la violence
13:31qui peut passer
13:31par un certain nombre
13:32de réseaux sociaux,
13:33d'accès aux armes aussi,
13:35justement,
13:35à des couteaux et autres
13:37dont ils peuvent disposer
13:40sur ces réseaux.
13:40C'est-à-dire que
13:41je ne pense pas
13:41qu'il y a une explication magique.
13:43Par exemple,
13:43il suffirait de supprimer
13:44l'excuse de minorité
13:45pour que les mineurs,
13:45d'un seul coup,
13:46ne versent plus
13:47dans la violence
13:47ou dans la délinquance.
13:48C'est beaucoup plus complexe
13:49que ça.
13:49Et c'est vrai que,
13:50souvent,
13:50les aspects politiques,
13:51quels qu'ils soient,
13:51d'ailleurs,
13:51d'un côté comme de l'autre,
13:52certains considèrent
13:53qu'il y a des sujets tabous,
13:53d'autres qu'il y a des solutions magiques,
13:55se concentrent sur une mesure
13:57plutôt que de penser,
13:58effectivement,
13:59une politique judiciaire globale.
14:01Et puis là,
14:01le dernier point,
14:02c'est qu'il y a,
14:02évidemment,
14:03la question constitutionnelle
14:04qui n'est pas anodine.
14:06Et puis la question politique.
14:07C'est-à-dire qu'il n'y a pas
14:07de majorité politique,
14:08aujourd'hui,
14:09pour s'emparer de ce sujet.
14:10Il n'y a pas de consensus,
14:11en tout cas,
14:11mais qui reviendra,
14:12c'est sûr,
14:13ce sujet reviendra,
14:14évidemment,
14:15dans le débat
14:15de la campagne présidentielle.
14:16Et on en reparlera
14:17dans les informés.
14:18Dans un instant,
14:19le blues des électeurs
14:21et la grande fatigue démocratique
14:23met tout de suite
14:23il est 9h20
14:24et c'est l'Info en une minute
14:26avec Sarah Bers.
14:27Les chiffres du chômage
14:28en hausse en France,
14:30il s'établit à 7,9%
14:31plus 0,2 points
14:33au quatrième trimestre.
14:35Le nombre de chômeurs
14:36atteint son plus haut niveau
14:37depuis 5 ans,
14:38les jeunes particulièrement concernés.
14:41Le scandale du lait infantile
14:43contaminé,
14:4424 familles,
14:45attaquent l'État
14:45et les industriels en justice.
14:47Ils réclament,
14:48elles réclament
14:49des analyses indépendantes
14:50pas faites par Nestlé
14:51pour établir un lien
14:52entre la consommation
14:54des laits infantiles
14:55et les hospitalisations
14:56et la mort de nourrissons
14:57ainsi que la présence
14:59ou non de la toxine
15:00céréulide dangereuse.
15:02Amine Kessassi
15:03est très menacée
15:04ainsi que 15 magistrats,
15:05déclare le ministre
15:06de la Justice
15:07sur France Info.
15:08En raison d'une menace
15:09éminente,
15:10le militant marseillais
15:11anti-drogue
15:11a dû être exfiltré
15:13jeudi soir
15:13avant un meeting
15:14à Aix-en-Provence.
15:16Trois jours de grève
15:17chez Ubisoft.
15:18L'entreprise en pleine
15:19restructuration
15:20a annoncé fin janvier
15:21la suppression
15:22de 200 postes
15:23au siège
15:24du géant français
15:25du jeu vidéo.
15:25rassemblement prévu
15:26à 14h
15:27devant le siège
15:28à Saint-Bandé.
15:32France Info
15:33Les informés
15:36Renaud Dely
15:37Agathe Lambret
15:39Les informés
15:42Alix Bouillaguet
15:43de France Info TV
15:44Louis aux altères
15:45du Figaro
15:46Renaud
15:47on passe à notre
15:48deuxième question
15:49pourquoi cette si grande
15:50fatigue démocratique
15:51en France ?
15:52illustrée par une nouvelle
15:53enquête du centre
15:54d'études de la vie
15:55politique française
15:55le CEVIPOF
15:57enquête selon laquelle
15:58la défiance des français
15:59vis-à-vis de la politique
16:00et même d'ailleurs
16:01de la démocratie
16:02en tant que telle
16:03en tout cas
16:03de son fonctionnement
16:05n'a jamais été
16:06aussi élevée
16:07cette défiance
16:08cette enquête
16:08indique par exemple
16:09que seulement
16:0920% des français
16:11aujourd'hui
16:12ont encore confiance
16:13dans la politique
16:13contre 45%
16:15en Allemagne
16:15ou 40%
16:16en Italie
16:17et seulement
16:1823%
16:19des personnes interrogées
16:20considèrent que la démocratie
16:21fonctionne bien
16:22une enquête évoquée ce matin
16:23sur l'antenne de France Info
16:24par Bruno Cotteres
16:25politologue et chercheur
16:27au CEVIPOF
16:27il trouve qu'il n'y a pas
16:30de résultat
16:30qu'on ne comprend pas
16:31bien ce qui se passe
16:32la discussion budgétaire
16:33donne le sentiment
16:34qu'on avance
16:35on recule
16:36on ne sait plus
16:36si tel texte de loi
16:38si telle mesure
16:38a été adopté
16:39voilà
16:40donc c'est la critique
16:41effectivement
16:42du manque d'efficacité
16:43cette défiance
16:44elle ne fait que s'accroître
16:45selon toutes les enquêtes
16:46du CEVIPOF
16:47de façon spectaculaire
16:48depuis la dissolution 2024
16:49et donc l'absence
16:50de majorité au Parlement
16:51qui contribue
16:52à bloquer
16:53la situation politique
16:54et la vie parlementaire
16:55mais est-ce qu'elle est
16:56seulement ponctuelle
16:58liée donc à cette situation politique
17:00qui pourrait évidemment
17:01disparaître
17:02dès lors qu'une nouvelle
17:03majorité absolue
17:04apparaîtrait au Parlement
17:05après l'élection présidentielle
17:06et législative
17:07qui suivrait
17:08de 2027
17:09ou est-ce qu'elle est
17:10plus profonde
17:11et est-ce qu'elle illustre
17:11une défiance
17:12vis-à-vis
17:13de la démocratie elle-même
17:14qui prend de l'ampleur ?
17:16Est-ce que vous y voyez
17:17un désaveu conjoncturel
17:19lié à la dissolution
17:20à ses effets
17:21ou quelque chose
17:21de plus structurel
17:22de plus profond ?
17:23Il y a les deux
17:24sur la partie conjoncturelle
17:25en effet
17:26on voit bien dans l'enquête
17:28qu'on voit l'évolution
17:28des items
17:29l'évolution de l'état
17:30d'esprit des français
17:30et l'enquête le mesure
17:32depuis une quinzaine d'années
17:34on voit bien
17:35qu'il y a un moment
17:36post-dissolution
17:37qui se conjugue
17:38avec une déprime
17:39des français
17:40une déprime démocratique
17:41d'ailleurs il y a
17:42un chiffre intéressant
17:42il y a la moitié
17:43des gens interrogés
17:44dans cette enquête
17:45qui veulent revenir
17:46à une majorité nette
17:47à l'Assemblée nationale
17:48après la prochaine
17:49élection présidentielle
17:50donc au moment
17:51où il y a
17:51tout un discours
17:52qui consiste à nous dire
17:53que cette fois
17:53on est entré
17:53dans une nouvelle ère
17:54celle des compromis
17:55et qu'on va faire
17:56comme en Allemagne
17:57et que les partis
17:59vont se parler entre eux
18:00et que ça va être formidable
18:00parce qu'ils vont aboutir
18:01à des compromis
18:02en fait les français
18:02n'y croient pas
18:03il n'y a qu'un peu plus
18:04de 20% d'entre eux
18:04qui pensent qu'il faut
18:05essayer de continuer
18:06dans cette direction
18:07la réalité c'est que
18:08les français ont bien conscience
18:10qu'il y a une élection
18:11présidentielle en 2027
18:12et que là
18:13c'est un tournant
18:14soit il y a à nouveau
18:14un candidat élu
18:16qui obtient un mandat clair
18:17du peuple français
18:18et derrière
18:19éventuellement
18:20une majorité
18:21et on reviendrait
18:22aux faits majoritaires
18:23au fonctionnement
18:24classique quelque part
18:25de la 5ème République
18:26soit on continue
18:27à avoir un pays fragmenté
18:28une Assemblée fragmentée
18:30et là en effet
18:30on va sans doute
18:31devoir vivre avec un système
18:32différent de ce qu'on a connu
18:33ces dernières décennies
18:34mais le désordre des français
18:36il est montré par ce chiffre
18:37par le fait qu'il voudrait
18:38en fait un retour
18:39aux faits majoritaires
18:39ce qui montre que
18:40toute cette période
18:41post-dissolution
18:42cet enchaînement
18:42de deux budgets
18:43qui ont été bouclés
18:44dans la douleur
18:45en faisant des concessions
18:46aux uns et aux autres
18:46et aussi à un moment
18:48où en fait
18:48plus personne n'y comprenait
18:49plus rien
18:50ça a beaucoup déstabilisé
18:52l'opinion publique
18:53dans sa relation
18:53et dans sa compréhension
18:54de ce qui s'y passait
18:55sur la scène politique
18:56Alex Béguet
18:57Après il y a quand même
18:58des résistants
18:58on voit les maires
18:5960% de confiance
19:00ça reste quand même
19:01des élus
19:01en qui les français
19:02ont confiance
19:03sans doute
19:03parce qu'ils sont
19:04dans la proximité
19:05action-réaction
19:05un maire
19:06un bilan
19:06ça se voit
19:07pendant le mandat
19:09en revanche
19:10grosse désaffection
19:11effectivement
19:11pour le président
19:12de la république
19:12pour les députés
19:13pour les partis politiques
19:14ça c'est parce que
19:16on a le sentiment
19:17les français ont le sentiment
19:18que le système
19:19est complètement bloqué
19:20et qu'il y a une impuissance
19:21et cette impuissance publique
19:23c'est sans doute ça
19:24la défiance principale
19:26des français
19:27c'est à dire
19:28qu'ils ont le sentiment
19:29que les gouvernements
19:30succèdent
19:30et que finalement
19:31il n'a pas prise
19:32parce qu'on va lui dire
19:33oulala
19:33on ne peut pas faire
19:34c'est l'Europe
19:35on ne peut pas faire
19:35c'est la constitution
19:36on ne peut pas faire
19:37parce que c'est
19:37les collectivités locales
19:38on ne peut pas faire
19:40parce que c'est le droit
19:40par exemple
19:41on en parlait
19:42sur les gestes
19:42ça fait le lien
19:43avec notre monsieur
19:43comment par exemple
19:45le conseil d'état
19:45c'est lui qui fixe
19:46la durée du séjour minimal
19:47pour qu'une personne
19:48puisse percevoir
19:48son allocation sociale
19:49ce soit l'EURSA
19:50ou l'aide au logement
19:51au nom de quoi
19:52François Hollande
19:53qui fait campagne
19:54en 2012
19:55sur la taxe 75%
19:56les français votent
19:57les français votent
19:58pour François Hollande
19:59donc ils votent
19:59pour cette mesure
20:00qui était une mesure phare
20:01et à l'arrivée
20:02on leur dit
20:02c'est anticonstitutionnel
20:03c'est confiscatoire
20:04on ne peut pas
20:05donc on peut comprendre
20:06que les français
20:07aujourd'hui
20:07ils aient besoin
20:08de sentir entendus
20:09qu'ils aient besoin
20:10de plus sans doute
20:11de ce qu'on appelle
20:12démocratie citoyenne
20:13démocratie participative
20:14parce que sinon
20:15qu'est-ce qui se passe
20:15c'est aussi l'autre
20:16pan de ce sondage
20:18c'est la montée
20:19d'un leadership
20:20fort et costaud
20:21ça vous dit
20:23c'est très juste
20:24mais ça interroge
20:24l'attitude des politiques
20:25quand même
20:25puisque souvent
20:26des politiques
20:26présentent des propositions
20:28de loi
20:28ou des projets de loi
20:28dont ils savent
20:29qu'ils sont inconstitutionnels
20:31donc eux-mêmes
20:32contribuent à fragiliser
20:32l'état de droit
20:33quand ils le font
20:34je me renvoie par exemple
20:35François Hollande aussi
20:36savait que c'était
20:37pas constitutionnel
20:38absolument
20:38comme Gérald Darmanin
20:39savait au moment
20:39de la loi de l'immigration
20:40qu'il y avait des dispositions
20:41qu'il avait laissé passer
20:42il l'avait dit même
20:42il l'avait même dit
20:43il y a de la fichage
20:44c'est une façon
20:45d'être un peu démagogue
20:46vous avez des électeurs
20:47et en revanche
20:48d'affaiblir l'état de droit
20:49en renvoyant la patate chaude
20:50si j'ose dire au conseil constitutionnel
20:51qui lui doit prendre
20:52sa responsabilité
20:53un dernier point pour les juges
20:54dans cette enquête
20:55il y a un autre élément
20:55qui est intéressant quand même
20:56c'est que les français
20:57croient que c'est au juge
20:59et non pas aux électeurs
21:00de juger de l'éligibilité
21:02des candidats condamnés
21:03contrairement au discours
21:04qui a été porté par Marine Le Pen
21:06les français estiment
21:07à 55%
21:08donc que c'est au juge
21:09de statuer sur l'éligibilité
21:10des candidats
21:11évidemment
21:12ça, ça prouve justement
21:13quand même une confiance
21:14et puis ça prouve aussi
21:15le fait qu'en fait
21:15les français ne considèrent pas
21:16que la justice soit laxiste
21:18exactement
21:18une certaine confiance
21:19dans la justice
21:20il considère que la justice
21:21est parfois trop laxiste
21:22donc il l'incite à être sévère
21:24y compris vis-à-vis des politiques
21:25et il ne dénonce pas
21:26le gouvernement des juges
21:27comme certains responsables politiques
21:29ont pu le faire
21:29merci beaucoup les informés
21:30merci Alex Biaguet
21:31votre interview
21:32du lundi au jeudi
21:33à 7h40
21:34sur France Info TV
21:35merci beaucoup
21:36Louis aux alters
21:36je rappelle votre livre
21:38La foudre et les cendres
21:39Macron
21:39la succession interdite
21:41aux éditions de l'Observatoire
21:42vous avez la une
21:43de votre journal
21:44Le Figaro
21:44La stratégie racialiste
21:46de Jean-Luc Mélenchon
21:46et puis on vous dévoile
21:47les coulisses
21:47de la nomination
21:48d'Amélie de Montchalin
21:49à la Cour des Comptes
21:50Amélie de Montchalin
21:51ex-ministre du budget désormais
21:52merci Renaud
21:53merci Aïkote
21:54à demain
21:54les informés reviennent
21:55ce soir avec Victor Maté
21:56à 20h
21:57de 19h
21:59buste
22:00à 20h
22:02des Commieben
22:03à 21h
22:045
22:10à 21h
22:112
22:13IE
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