00:00CAC 40 en hausse, plus 0,15% et lui vient combattre le consensus et les idées reçues, les idées faciles, il n'aime pas ça, c'est vraiment pas son truc.
00:08Gilles Petit nous rejoint, il est journaliste patrimonial, on va parler de l'intervention américaine au Venezuela et de ses conséquences.
00:13Bonjour Gilles, bienvenue.
00:14Bonjour à vous et bonne année.
00:16Oui, bonne année, mais il y a eu également, il faut, compte tenu du contexte, acheter les valeurs pétrolières américaines.
00:21Elles vont forcément monter, certains le pensent, pas vous, vous dites bullshit.
00:25Vous trouviez cette idée que les majors pétrolières américaines se frottent les mains avec ce qui se passe ?
00:29Alors, je ne voudrais pas, non, elles vont se frotter les mains effectivement, mais je voudrais surtout cette idée qui a été émise un peu partout sur les réseaux sociaux en provenance de personnes qui sont censées donner des conseils boursiers et qui ont, selon moi, un petit peu lestement donné ce conseil-là sans prendre le temps de réfléchir.
00:50Bon, donc vous allez dire qu'il ne faut pas investir dans les majors pétrolières américaines.
00:54On peut quand même imaginer que ce coup de force américain va ouvrir grand les portes des ressources pétrolières vénézuéliennes, donc ce sera positif.
01:00Mais alors là, vous avez tout à fait raison, on peut imaginer, voilà, on peut imaginer.
01:05On peut aussi se baser sur des éléments factuels, et moi je vous en propose trois aujourd'hui pour cette chronique.
01:12Premier élément factuel, c'est que, un, ça fait cinq ans qu'on n'a pas eu d'audit sur les réserves pétrolières du Venezuela.
01:18Et puis, il y a une étude qui a été rendue récemment, et qui disait, qui expliquait, étude sérieuse, qui expliquait que, en fait, le Venezuela fait partie des pays qui surestiment le plus leurs réserves pétrolières.
01:30Donc, effectivement, on peut imaginer que les compagnies pétrolières américaines se frottent les mains.
01:36On peut aussi imaginer que...
01:37Benjamin Louvet, c'était en début de semaine, nous disait que les réserves pétrolières vénézuéliennes sont peut-être deux fois inférieures à ce qu'on pense,
01:42parce que le chiffre qui est avancé date du début de l'ère Chavez, ce qui n'est pas forcément un gage de transparence.
01:46– Oui, et c'est effectivement tout à fait, je pense, dans cet ordre d'idées-là.
01:51Ça, c'est le premier élément factuel.
01:53Deuxième élément factuel, les compagnies pétrolières américaines se frottent les mains,
01:56mais enfin, le pétrole, j'allais dire chaviste vénézuélien, pardonnez-moi, ou maduriste, enfin bon, maintenant.
02:04Bref, le pétrole vénézuélien est extra-lourd.
02:07Ce n'est pas le pétrole, vous savez, de Tintin au pays de l'or noir qui jaillit, on perce et puis hop, il jaillit.
02:12C'est un pétrole qui est extrêmement lourd, qu'il va falloir en fait raffiner, c'est plutôt du goudron ou du miel ce pétrole-là.
02:19Donc effectivement, au prix du baril actuel, le pétrole vénézuélien, ce n'est pas du tout une bonne affaire.
02:26– Et oui, et si on doit justement oublier les pétrolières, sur quel thème d'investissement faut-il aller ?
02:33– Alors moi, je vous invite à réfléchir à un thème dont personne ne parle aujourd'hui.
02:38Il faut dire que l'actualité américaine est tellement dense, il se passe tous les jours quelque chose
02:42qu'on en oublierait presque qu'aux frontières de l'Union européenne,
02:45le mécanisme d'ajustement carbone vient d'entrer en application.
02:50Et donc moi, je vous invite un petit peu à réfléchir à cette mise en place du mécanisme d'ajustement aux frontières.
02:54– Attendez, vous faites allusion à ce mécanisme d'entrer en vigueur en 2023, c'est ça ?
02:59– Oui, absolument, oui, oui, pardon, je vais dire oui, et pas ouais, c'est pas…
03:03Oui, effectivement, sachant qu'en fait en 2023, c'était juste une mise en jambe,
03:08c'était un essai, ce n'était pas du tout actif.
03:11En fait, il rentre en application effectivement en 2026,
03:15donc là, il vient de rentrer en application et il va s'appliquer sur un certain nombre de matières premières
03:21qui seront produites à l'étranger et parmi lesquelles on trouve les engrais, l'aluminium, l'acier,
03:28qui vont être soumis à des quotas carbone comme le sont les producteurs européens.
03:35– Oui, mais je ne sais pas, il y a énormément de constructeurs,
03:38que ce soit Renault, que ce soit Stellantis,
03:40et qui vendent des voitures en France parmi les top sellers,
03:45c'est des voitures qui sont fabriquées en Turquie ou au Maroc, donc hors Union européenne.
03:49Donc là, les quotas, ils ne les payent pas.
03:52– Oui, oui, alors là, vous avez tout à fait raison,
03:54et j'avais peur que vous me parliez des voitures chinoises,
03:55ouf, il n'en a pas parlé, mais les voitures chinoises…
03:57– Mais il y en a aussi !
03:58– Oui, c'est aussi, c'est pareil !
03:59– Il y en a aussi, hein !
04:00– Oui, oui, absolument, non, mais c'est tout à fait vrai.
04:02Alors, l'Union européenne, qu'on taxe d'être complètement incompétente,
04:07en fait, en mi-décembre dernier, a édicté une liste de 180 produits,
04:12alors c'est surtout et souvent des produits qui sont utilisés en amont dans l'industrie,
04:16mais dans ces produits-là, on a effectivement les machines à laver,
04:20on a aussi les portières de voitures, les capots,
04:24toutes ces choses-là qui vont être soumises, effectivement, au quota carbone.
04:29Alors, vous allez me dire, bah ouais, mais vous êtes gentil, Gilles Petit…
04:32– Pourquoi vous nous imitez comme ça ?
04:33– Ça ne va pas rentrer en application…
04:34– Mais parce que vous aimez bien me contrarier !
04:36Mais vous allez me dire, mais oui, ça va rentrer en application,
04:39et pas tout de suite, c'est vrai, pas tout de suite, dans deux ans.
04:42Mais d'ici là, et là, c'est la bonne nouvelle, parce qu'on n'en parle aussi jamais,
04:46l'Union européenne a décidé de soutenir les producteurs européens,
04:50ceux qui sont soumis à ces quotas carbone,
04:51et qui devront faire face à cette concurrence-là,
04:54ils vont avoir une aide, en fait, de l'Union européenne,
04:5775% sur fonds propres de l'Union européenne,
04:59le reste, ça sera financé au travers des quotas,
05:01qui vont permettre, en fait, d'ajuster, effectivement, les prix sur ces produits-là.
05:05Donc, en Europe, on est aussi capable de faire des boucliers tarifaires
05:10pour protéger les producteurs.
05:11Mais pour le coup, peut-être efficace à venir,
05:12qui pourraient porter certains titres,
05:14et aider les investisseurs qui choisiraient ces titres,
05:16mieux disant, en matière de quotas carbone, à faire la différence.
05:18Comment est-ce qu'on peut les distinguer, ces titres,
05:20enfin, en termes d'investissement, quoi ?
05:21Parce que vous dites, n'investissez surtout pas dans les majors pétrolières américaines,
05:25franchement, ça sent mauvais ce qui se passe là-bas,
05:26c'est pas très rentable, le pétrole vénézuélien, tout ça.
05:28En revanche, investissez ici, en Europe,
05:30parce que l'Europe est en train de se bouger sur ces quotas carbone.
05:32D'accord, mais comment ?
05:33Comment ?
05:34Il faut investir dans les sociétés qui sont le plus actives
05:37et le plus en avance sur le calcul de leur empreinte carbone.
05:40Vous allez me dire, c'est facile,
05:41on ne va pas éplucher tous les rapports annuels de toutes les sociétés.
05:45Vous avez des éléments,
05:46alors je vais évidemment reprendre le score carbone d'Axilia,
05:49mais le score carbone d'Axilia permet effectivement
05:51d'identifier les sociétés qui sont le plus en pointe
05:54sur cette facture carbone.
05:56Et parmi ces sociétés, puisque vous voulez des noms,
05:58je vais vous les donner.
06:00Vous avez du Danone,
06:02vous parliez des spiritueux, Sabrina,
06:03tout à l'heure, il y a Rémi Cointreau dans l'affaire.
06:06On peut aussi citer Pernod Ricard,
06:08qui est un peu moins bien noté,
06:09mais en tout cas, qui figure parmi les bons élèves.
06:12Vous avez Sanofi également,
06:14qui est parmi les bons élèves.
06:15Et si on doit citer des mauvais élèves,
06:18restez à l'écart de gens comme Airbus
06:20ou par exemple Carrefour,
06:22qui ont des notes absolument lamentables
06:24sur le score carbone
06:25et qui eux, effectivement,
06:26risquent au fil du temps d'être pénalisés
06:29par toute cette empreinte carbone
06:32qui s'accumule.
06:33Bon, et ce mécanisme donc,
06:34il entre en vigueur cette année ?
06:35Il est rentré en vigueur au début du mois de janvier.
06:39Juste une petite précision pour l'investisseur européen,
06:42les pétrolières américaines,
06:43c'est d'autant moins intéressant
06:44qu'en plus, il faut investir en dollars
06:46et que le dollar a baissé l'année dernière,
06:49il va continuer à baisser.
06:50Et que donc, je vous rappelle quand même
06:52que l'année dernière,
06:52il valait mieux être un investisseur en CAC 40
06:54que sur le Dow Jones.
06:55Tout à fait.
06:55Parce qu'à cause du dollar,
06:57on perdait de l'argent.
06:58Vous avez prévenu,
06:59il combat les idées reçues,
07:00le consensus,
07:01les idées trop faciles à son goût.
07:02C'est Gilles Petit qui nous a accompagnés.
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