- il y a 7 mois
En 2024 les Français ont consommé en moyenne 17Go par mois, contre 8 en 2018. Cette augmentation intensifie l’impact environnemental des télécoms. Le secteur commence tout juste à s’engager pour réduire son incidence écologique et fait naître depuis peu des entreprises à impact.
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00:00Générique
00:00Le débat de ce Smart Impact, on parle télécom avec Anne-Karl Keun, bonjour.
00:10Bonjour.
00:11Bienvenue, vous êtes la cofondatrice de Colette et Paul Le Dantec, bonjour.
00:14Bienvenue à vous aussi, le président d'Eco.
00:16On va présenter vos entreprises respectives.
00:18Colette, en quelques mots.
00:19Alors, Colette, c'est une application pour donner accès à Internet à tous les voyageurs
00:24pour que ça soit facile, simple, accessible et responsable.
00:28D'accord. Et Eco ?
00:29Donc, Eco est une société de conseil en RSE spécialisée dans les infrastructures numériques.
00:35D'accord. Et donc, on va vraiment ensemble creuser ces enjeux de transformation environnementale
00:42du secteur des télécoms.
00:43Tiens, un chiffre sur la consommation numérique des Français en 2024.
00:48Chaque Français consommait en moyenne 17 géos, c'est quoi déjà ?
00:52Giga.
00:53Giga octets par mois, merci beaucoup.
00:54Contre 8 en 2018, c'est exponentiel ?
00:58C'est-à-dire que ça va continuer d'augmenter dans les prochaines années, on peut déjà le dire ?
01:01On peut l'imaginer.
01:02En tout cas, Internet est vraiment dans la vie de chacun d'entre nous et on en a besoin pour tout.
01:07Spéciellement quand on voyage, c'est vrai que contacter ses proches, trouver son chemin, trouver le restaurant qui va bien, les transports, aujourd'hui, on aurait du mal à se passer d'Internet.
01:21Et l'intelligence artificielle qu'on peut rajouter à l'équation, qui va encore faire augmenter, parce que quand on voit en quelques mois à quel point l'usage de l'IA générative est rentré dans nos vies,
01:33c'est une technologie qui est consommatrice d'énergie, pour ne jamais l'oublier.
01:37C'est d'énergie, de données, donc de capacités réseaux.
01:41Et donc c'est un des enjeux, une des raisons d'être de ma société, c'est de présenter les solutions et de regarder objectivement quelle est la situation,
01:52quelles sont les limites planétaires, comment le numérique impacte.
01:56Et du coup, peut-être travailler sur la sobriété des usages, qui ne va pas dans le bon sens par rapport à la tendance, effectivement, qui va vers l'évolution exponentielle de la donnée.
02:05Alors, il y a nos usages, et puis il y a comment le secteur aborde ces questions de transformation environnementale ou de réduction de son impact.
02:14Qu'est-ce que vous voyez émerger, vous ?
02:16Alors, déjà, on est sur un sujet qui était très peu regardé jusqu'il n'y a pas très longtemps, à part des grands opérateurs qui avaient des obligations réglementaires.
02:27C'était souvent traité au niveau de la communication.
02:29Et ce qu'on constate depuis 3-4 ans, c'est qu'il y a massivement, de la part de tout l'écosystème, une prise de conscience.
02:37Alors, par la réglementation, mais aussi par les marchés, et aussi la prise de conscience de certaines entreprises à impact, qui se développent de plus en plus,
02:45pour pouvoir considérer le sujet de la RSE, en particulier environnementale, mais pas que, et pouvoir travailler là-dessus collectivement,
02:52alors qu'avant, c'était plutôt du travail indépendant de certains opérateurs isolés.
02:58Est-ce que ça fait partie de vos arguments, des solutions que vous proposez à vos clients, l'intégration des enjeux de transformation environnementale dans vos offres ?
03:10Alors, oui, on a beaucoup d'éducation à faire pour nos clients.
03:14Donc, la première chose, c'est intéressant de regarder la différence, en fait, entre la couverture réseau et la capacité à se connecter à Internet.
03:24Aujourd'hui, en France, il y a 8 millions de personnes qui sont illettrées du numérique, si je peux dire, si je puis dire ça.
03:31Alors, s'ils n'ont pas accès à un réseau Internet ?
03:33Non, ils ont accès, mais ils ne savent pas comment y avoir accès.
03:35Ils ne savent pas comment l'utiliser.
03:36Et donc, du coup, l'ISIM, déjà, c'est une notion qui fait peur.
03:38Peu de gens connaissent ce qu'est unISIM.
03:41C'est quoi l'ISIM ?
03:42UneISIM, c'est très simple, c'est comme une SIM physique, sauf que tout est digitalisé.
03:46Comme une petite carte SIM physique, mais elle est de chez elle.
03:48C'est ce que vous proposez.
03:49Exactement.
03:49C'est des réglages à faire dans votre téléphone, mais c'est vrai que ça peut faire peur pour beaucoup d'entre nous qui ne sommes pas forcément à l'aise avec la technologie.
03:56Donc, notre premier enjeu chez Colette, c'est de vraiment éduquer ces gens-là et de se dire, en fait, ce n'est pas réservé à des gens qui sont très digital natives.
04:06C'est pour de 7 à 77 ans, n'importe qui va être en capacité de pouvoir installer cet ISIM.
04:12Et comment ? En leur donnant des petits tutoriels, des pas à pas, en les guidant.
04:17On a aujourd'hui un service client qui est disponible 24-7 dans toutes les langues.
04:21On va faire bientôt de la voie, justement, qui va permettre de guider avec une intelligence artificielle pour savoir quels sont les paramètres à installer.
04:29Donc, vraiment, on essaye d'accompagner les gens pour comprendre comment ce nouvel usage peut être intégré dans les habitudes.
04:36Par définition, son impact environnemental est moindre ?
04:4146% de moins d'émissions de CO2, une ISIM versus une ISIM classique.
04:46Il n'y a pas la production, il n'y a pas le transport, il n'y a pas le coût du plastique.
04:50Donc, oui, nous, notre enjeu, c'est vraiment de faire en sorte que ça devienne un usage et que tous les constructeurs et les opérateurs ne parlent que d'ISIM.
05:00Mais l'iPhone avec l'iPhone Air a fait le premier pas puisque c'est un téléphone 100% ISIM aujourd'hui.
05:07Si on parle d'une autre thématique qui est 5G, 4G, qu'est-ce qui consomme le moins d'énergie ?
05:15Alors, il y a plusieurs réponses à ça.
05:18La technologie 5G permet d'être plus efficace en énergie, en consommation énergétique par gigaoctet transporté.
05:27Le problème, c'est que la 5G ouvre, alors le problème, je ne sais pas si c'est un problème, mais en tout cas la situation, c'est que ça ouvre à des usages supplémentaires.
05:36Donc, il y a ce fameux effet rebond qui fait que finalement, il y a une explosion des usages, donc une explosion de la consommation quand même.
05:42L'autre problématique qu'il y a, c'est que les technologies viennent en accumulation.
05:46Oui, ce n'est pas parce que ça ne remplace pas la 4G, en fait, c'est ça.
05:50Parce qu'il y a la compatibilité des terminaux, parce qu'il y a une histoire de capacité du réseau, enfin plein de raisons à ça.
05:55Il y a des sujets d'extinction des premières technologies 2G, 3G, mais pour l'instant, on est plutôt dans l'accumulation des technologies là-dessus.
06:03Oui, effectivement.
06:06Il y a plein de questions autour du secteur des télécoms.
06:09Donc là, on a parlé 5G, 4G, on peut parler de recyclage, de reconditionnement des équipements électroniques.
06:14Moi, il y a une expression que j'emploie souvent ici, qui est la logique de mine urbaine.
06:21Est-ce que c'est totalement infinitésimal aujourd'hui ou est-ce que c'est en train de prendre de la place ?
06:26Le fait de pouvoir recycler, reconditionner des équipements et éventuellement récupérer des matériaux, des métaux rares qui sont à l'intérieur.
06:37Alors, dans les infraréseaux, il y a le réseau et il y a les terminaux.
06:41Donc, effectivement, les terminaux, c'est aujourd'hui le gros de l'impact environnemental du numérique.
06:48Donc, c'est bien qu'on prenne en considération prioritairement ces sujets-là.
06:51Ce n'est pas pour ça qu'il faut oublier le réseau, on y reviendra après.
06:55Sur les sujets des terminaux, la première chose, c'est de pouvoir augmenter la durée de vie.
06:59Plus on augmente la durée de vie, moins on va consommer de matière pour en fabriquer des nouveaux.
07:04Et du coup, moins on aura besoin de recycler.
07:07Le recyclage, le reconditionnement et la réutilisation des terminaux, c'est en train de se développer, mais ça a ses limites.
07:14Donc, vraiment, déjà, essayer de moins changer de terminaux et d'augmenter la durée de vie, c'est ça la priorité.
07:20Mais c'est pas mal en train de se développer.
07:22Sur les infrastructures réseau, c'est un peu moins le cas.
07:25On a quand même tendance à avoir des besoins croissants en termes de capacité, en termes de technologie.
07:30Donc, il y a tendance à avoir plutôt des équipements neufs.
07:33Ces équipements neufs peuvent être faits à partir de matériaux reconditionnés, mais c'est encore assez limité.
07:39Pour l'instant, les opérateurs télécoms, qu'ils soient dans les réseaux grands publics ou les réseaux entreprises,
07:44ont tendance à utiliser des équipements neufs.
07:47Et les équipements en fin de vie ne sont pas encore vraiment dans un cycle vertueux de reconditionnement, voire même de recyclage.
07:53Mais c'est en train d'arriver petit à petit.
07:55Est-ce qu'on est toujours dans une logique d'obsolescence rapide des smartphones ?
08:00C'est vrai qu'on est rentré dans cette économie par l'habitude de changer son smartphone le plus souvent possible,
08:11de courir après la nouveauté.
08:13Est-ce que c'est encore la norme ou est-ce que c'est quand même en train de changer ?
08:16C'est ce que dit Paul.
08:18C'est vrai qu'on est toujours en recherche de la dernière nouveauté,
08:22mais je pense qu'il y a une prise de conscience qui est en train de se faire.
08:25Et donc du coup, aujourd'hui, on voit le reconditionné explose.
08:29Donc les gens ont beaucoup plus conscience du fait que c'est important qu'on peut réparer,
08:33qu'on peut acheter en reconditionné.
08:35Et ça, ça va vraiment dans le bon sens.
08:38Nous, c'est vrai que chez Colette, on a besoin de téléphones compatibles.
08:41Donc c'est plutôt des téléphones nouvelle génération.
08:44Mais c'est vrai qu'une fois qu'on a cette compatibilité qui est en train de vraiment augmenter de manière significative,
08:50ensuite, on peut garder son téléphone.
08:52Et nous, ce qu'on disait avant Plateau, on a unissime unique.
08:56Donc on n'a pas besoin de rechanger d'issime à chaque fois qu'on change de pays.
09:01Donc ça, ça participe justement à la sobriété numérique.
09:04Alors vous proposez à vos clients de faire don de leur data non utilisée, c'est ça ?
09:08Oui, exactement.
09:08De quoi on parle ?
09:09Alors, de quoi on parle ?
09:10Déjà, on a une fonctionnalité qui permet de partager de la data avec n'importe qui.
09:15Donc l'objectif, c'est vraiment d'aller à l'opposé de ce qui s'est fait chez les opérateurs.
09:19C'est-à-dire, on va donner de l'accessibilité la plus totale.
09:23Et on va donner la possibilité de plus vous acheter de gigaoctets, moins c'est cher.
09:29Donc du coup, le fait de pouvoir acheter des gros paquets de giga, si je puis dire,
09:33va vous permettre de partager avec votre famille, vos proches.
09:37Et donc vous allez leur envoyer de la data, mais pas uniquement votre famille et vos proches,
09:42une association.
09:44À partir du moment où vous avez un email, vous pouvez leur partager très facilement de la data.
09:49Et donc du coup, ça va permettre de, petit à petit, œuvrer pour réduire cette fracture numérique.
09:54Encore une fois, on l'a dit, en France, 8 millions de personnes qui ne savent pas utiliser Internet.
09:59Dans le monde, 3 milliards de personnes qui n'ont pas accès à Internet.
10:02C'est énorme.
10:03Donc notre enjeu chez Colette, c'est aussi de participer à réduire cette fracture numérique.
10:08Donc on essaye de le faire.
10:09On est au tout début.
10:10On veut également travailler avec des associations, les pouvoirs publics, pour que tout cela change.
10:16Parce que, comme on l'a dit au début du débat, Internet, c'est un outil d'ouverture sur le monde,
10:21sur l'éducation, sur beaucoup de choses.
10:23Bien sûr.
10:24Je vois qu'on parle des labels, qu'on ouvre un chapitre consacré aux labels, aux normes environnementales.
10:31Comment vous les évaluez, Paul Odantèque ?
10:33Est-ce qu'ils sont suffisants pour transformer durablement ce secteur des télécoms ?
10:39Alors déjà, les labels, à quoi ils servent ?
10:42Ils servent à avoir un tampon qui valide le fait que l'entreprise travaille de manière respectueuse des critères de la RSE.
10:53Il y en a plusieurs.
10:55Souvent, c'est des labels généralistes.
10:57On parlait tout à l'heure de Bicorp, qui est un label très international.
11:00Donc ça, vous en parliez avant l'émission.
11:02Donc vous nous expliquerez pourquoi vous avez choisi d'aller à Bicorp.
11:06On en parlait avant l'émission.
11:08En France, des labels dans les télécoms, il n'y en a pas.
11:13Il y a le label numérique responsable, qui est plutôt sur les services numériques.
11:17Il en faudrait ?
11:19Alors, c'est une vraie question.
11:20Aujourd'hui, la priorité, c'est surtout qu'on puisse travailler collectivement, qu'on évalue les choses de la même manière
11:27et qu'on ait le même niveau de maturité sur les sujets, qu'on puisse travailler vraiment sur toute la chaîne de valeur
11:32puisqu'on est dans une organisation assez complexe, les télécoms, qui fédère un certain nombre d'entreprises,
11:37des très petites, des moyennes et des grandes entreprises qui travaillent entre elles
11:41et qui doivent travailler de manière verteuse entre elles.
11:43Donc c'est ça la priorité.
11:44Après, je comprends qu'il y a un moment donné où il faille justifier par des tampons, par des labels les choses.
11:49Aujourd'hui, il y a quelque chose qui est assez standard dans les télécoms, c'est plutôt de la notation et une notation Ecovadis,
11:56notamment parce qu'ils ont des connecteurs qui viennent vérifier en interconnection, en relation client-fournisseur,
12:02ce que fait bien ou mal les clients et les fournisseurs.
12:05Et alors, vous avez fait le choix du label Bicorp, pourquoi ?
12:08Parce qu'on est une entreprise internationale, donc Colette est présente dans plus de 190 pays,
12:12donc c'était très important pour nous de pouvoir avoir un label qui est reconnu mondialement, ce qui est le cas de Bicorp.
12:18On travaille avec des entreprises partout dans le monde et donc du coup, le fait de décider dès le début de l'entreprise de mettre Bicorp dans la roadmap,
12:28ça nous a permis de vraiment se positionner très bien sur les questions de gouvernance, de parties provenantes de clients.
12:35C'est un outil de progression aussi, on a une note et on essaye de l'améliorer.
12:38Exactement, on doit avoir minimum 80 points, alors le système est en train de changer, minimum 80 points et puis on soumet, on est audité,
12:45nous on est dans la phase d'audit, donc on aura j'espère le tampon de certification début 2026,
12:51mais c'est un cadre très intéressant pour vraiment construire une entreprise qui justement va pouvoir être plus durable.
13:00Merci beaucoup à tous les deux et à bientôt sur Bsmart4Change.
13:04C'est l'heure du grand entretien de ce Smart Impact avec Corinne Lepage.
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