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  • il y a 7 mois
La France a publié en décembre 2025 sa Stratégie Nationale Bas Carbone avec plus de deux ans de retard. Corinne Lepage, avocate et ancienne ministre de l’environnement, fait part, dans ce grand entretien, de ses inquiétudes sur la faisabilité de l’atteinte de ces objectifs. Elle regrette le positionnement de la France face au backlash écologique qui se déroule aux Etats-Unis.

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Transcription
00:00– Prête pour l'impact, c'est la question que je pose chaque jour à une personnalité qui compte dans notre économie.
00:10Je reçois aujourd'hui Corinne Lepage, bonjour.
00:12– Bonjour.
00:12– Ravi de vous accueillir.
00:13– Très heureuse d'être là.
00:14– Avocate en droit de l'environnement, ancienne ministre.
00:16Évidemment, vous avez publié au printemps dernier « Crédit et marché carbone, risque ou solution » aux éditions La Miliaison
00:22et on y consacrera évidemment un chapitre important de ce grand entretien.
00:26Un mot quand même de ce climat d'incertitude politique et budgétaire qui règne en France depuis des mois.
00:34Quelles conséquences ça a ?
00:37Est-ce que vous avez l'impression que l'environnement est le grand sacrifié de l'incertitude politique ?
00:44– Alors oui, mais au-delà de ça, je dirais qu'on est tous les sacrifiés de cette incertitude politique.
00:49Moi, ce qui me frappe, c'est l'atonie de l'économie.
00:52Moi, je veux bien qu'on nous annonce un taux de croissance de 0,9%.
00:55Je voudrais bien savoir où il est.
00:56Peut-être dans les industries de défense, mais pour le reste, je travaille quand même beaucoup avec le monde économique,
01:01en particulier celui de l'énergie.
01:04Très franchement, c'est une catastrophe absolue.
01:07C'est-à-dire que les entreprises licenciées n'ont pas de vision, on n'a pas de PPE, on n'a rien du tout.
01:12Et ce qui est vrai dans ce secteur est vrai dans beaucoup d'autres secteurs.
01:15Alors, en plus de cela, s'ajoute ce phénomène de backlash auquel vous faisiez allusion il y a un instant,
01:22qui, à mon sens, nous fait reculer gravement, non seulement pour des raisons écologiques évidentes,
01:30mais même pour des raisons économiques.
01:31C'est-à-dire que nous avions déjà du mal, en Europe, à aligner nos industries,
01:39nos activités économiques sur nos ambitions environnementales.
01:43Là, maintenant, on casse ces ambitions environnementales.
01:46C'est-à-dire que tous ceux qui ont fait des efforts, je pense en particulier à une partie de l'automobile,
01:50puisqu'on a beaucoup parlé de ça il n'y a pas longtemps,
01:54se retrouvent quelque part gorgeant comme devant.
01:57Ceux qui ont fait des efforts, ça ne sert à rien.
02:00Les autres disent, vous pouvez toujours courir, parce que nous, on ne va pas investir en ces périodes.
02:05Et donc, au lieu de regarder vers la Chine, qui est en train de tailler des croupières à tout point de vue,
02:10on regarde vers les États-Unis, qui reviennent en arrière de 30 ans.
02:15Je veux dire que tout ça est extrêmement préoccupant, au-delà même de convictions environnementales.
02:20On y reviendra en détail sur ce retour de bâton,
02:24et puis sur les conséquences vraiment en matière réglementaire, au niveau européen.
02:30Mais alors, on va effectivement se concentrer un peu sur les stratégies énergétiques.
02:34Alors, la France a enfin publié, c'était mi-décembre, la stratégie nationale bas carbone,
02:39avec plusieurs années de retard.
02:41Un peu plus de deux ans de retard.
02:42Votre avis, déjà, votre avis général sur cette stratégie.
02:45Si vous voulez, moi, je me suis beaucoup occupée de ce sujet,
02:49parce que j'avais initié devant le Conseil d'État l'affaire Grande-Sainte,
02:52qui a donné lieu à la première condamnation, enfin, il y en a eu trois, en réalité,
02:57du gouvernement pour qu'il suive sa trajectoire.
03:00Je viens de relancer une nouvelle procédure pour l'association APE,
03:04parce que, évidemment, la trajectoire a changé,
03:06puisque maintenant, nous avons les objectifs qui sont passés de 40 à 55 %
03:11de réduction d'émissions de gaz à effet de serre pour 2030,
03:15et on n'y est, évidemment, pas du tout.
03:16On en est très loin, oui.
03:17Alors, la SNBC3 annonce 5 % de réduction par an.
03:20Moi, je veux bien, on a fait un 8 cette année.
03:23D'accord.
03:24On est plutôt en train de...
03:25On est en train de dégringoler.
03:26Oui, c'est-à-dire, on faisait quoi ?
03:27On a fait 4-8 l'année précédente, donc c'était plutôt pas mal.
03:32Et là, on a dégringolé, et je ne vois pas qu'on ne dégringole pas encore un peu plus.
03:36Donc, tout ça, il reste totalement théorique,
03:38parce que, dans le même temps, il y a des incertitudes sur ma prix Fresnoff,
03:41il y a des incertitudes sur les C2E,
03:44il y en a qui veulent mettre un terme à l'ADEME.
03:48Je veux dire que c'est la foire de grand n'importe quoi.
03:51Donc, les objectifs sont illusoires.
03:53C'est quoi ? C'est un manque de moyens ?
03:55Enfin, de volonté politique, et donc de moyens, d'une certaine façon ?
03:58Je pense que c'est l'un et l'autre.
04:00Alors, c'est vrai que la France est dans une situation budgétaire calamiteuse.
04:03Tout le monde en est bien conscient, ça, c'est une réalité.
04:07Mais, au-delà de ça, il n'y a pas de volonté politique,
04:10mais il n'y a pas de volonté politique tout court.
04:13C'est-à-dire qu'on a vraiment l'impression d'être en face d'une politique
04:16du chien crevé au fil de l'eau,
04:17où on a un Premier ministre qui a des qualités.
04:20D'abord, c'est courageux d'accepter d'être Premier ministre de la France en ce moment.
04:24Franchement, on peut le remercier, parce que ce n'est pas un cadeau.
04:28Mais, en dehors de ça, il a des pressions de la droite et de l'extrême droite
04:31qui l'empêchent d'avancer, notamment pour la PPE.
04:35C'est une évidence.
04:38Et moi, ce qui me frappe beaucoup, c'est que ces questions environnementales,
04:42qui devraient être des questions assez consensuelles, en réalité,
04:46parce que c'est vraiment l'intérêt général de nos générations,
04:49et surtout de celles qui viennent,
04:50c'est les conditions de notre développement économique,
04:53c'est les conditions de notre vie tout court,
04:56donc on devrait arriver à trouver des consensus,
04:58devient un sujet totalement idéologique.
05:00Et polarisant, c'est vraiment devenu un...
05:02Totalement. Et plus il est idéologique, et moins on le traite.
05:05Donc, je veux dire, pour moi, c'est catastrophique,
05:07et la faute en revient, bien sûr, à l'extrême droite, mais pas que.
05:10Je veux dire, par là, que les positions des écologistes,
05:15Marine Tourdelier en tête,
05:17mettant en avant des sujets qui n'ont strictement rien à voir
05:21avec les sujets environnementaux,
05:23détournent en réalité toute une partie de l'électorat 2,
05:27l'électorat, ce n'est pas très grave, ils n'ont pas de voix, tant pis,
05:30mais donnent une connotation extrêmement marquée
05:34sur le plan politique aux questions environnementales,
05:37alors que ça ne devrait pas être le cas.
05:38Et ça, pour moi, c'est vraiment catastrophique.
05:41Et ça se concrétise, notamment, dans cette PPE dont vous parliez,
05:47loi de programmation pluriannuelle de l'énergie,
05:51alors qu'on attend là aussi, c'est l'Arlésienne, ça fait combien d'années ?
05:55Deux ans et demi, comme la SNBC 3, avec quand même un vrai sujet,
05:58puisque la France veut relancer le nucléaire,
06:00sauf qu'il n'y a pas de bol, c'est que dans la PPE 2,
06:03la précédente, qui est toujours en vigueur,
06:06on devait fermer, je ne sais combien...
06:09On était sur la logique précédente.
06:1015 réacteurs, et là, on veut en construire,
06:13avec en difficulté un très grand coût, 6 de mieux.
06:17Au moins 6 nouveaux, oui, effectivement.
06:19Et pour le secteur des énergies renouvelables,
06:23quelles conséquences a-t-il de ne pas avoir cette vision d'avenir ?
06:26Alors, je dirais que, pour moi, il y a deux sujets.
06:29Il y a d'abord le sujet qui est purement celui d'ordre économique,
06:33côté producteur, côté offre.
06:37Le fait est que la plupart des projets sont à l'arrêt,
06:39parce que les gens ne savent...
06:41Alors, si on parle de projets individuels, locaux,
06:46d'autoconsommation collective,
06:47qui est quand même quelque chose de très important,
06:49qui a beaucoup d'avantages,
06:51de sociétés locales d'énergie et tout ça,
06:55comme les règles du jeu, les règles fiscales,
06:58les règles de subvention changent tous les matins,
07:00et que, toutes les semaines, on a un député ou un sénateur
07:04qui arrive en disant,
07:05il faut mettre un moratoire sur le renouvelable,
07:06il ne faut plus les aider, il ne faut plus rien faire,
07:09ce n'est pas très engageant.
07:11Quant aux projets les plus importants,
07:13ils sortent à beaucoup de difficultés réglementaires,
07:15parce qu'on a une loi d'accélération,
07:18mais qui est plutôt une loi de désaccélération, à mon sens,
07:21c'est-à-dire qui bloque tout.
07:23Et donc, mener à bien un projet, aujourd'hui, en France,
07:25nous, on accompagne énormément de sociétés,
07:27notamment dans le PV, dans le photovoltaïque,
07:30ou dans l'agrivoltaïsme,
07:31c'est franchement le parcours du combattant.
07:33Vous ajoutez à cela Enedis,
07:35qui est médicien et qui ne raccorde pas,
07:37ou qui dit, je vous raccorderai dans 3 ans, 4 ans, 5 ans, 6 ans,
07:40qui bloque les projets des collectivités territoriales,
07:43j'ai au moins deux exemples sous les yeux,
07:46les projets des collectivités territoriales,
07:49en disant, ah ben non, pas de chance,
07:50on a réservé l'accès à d'autres projets,
07:53donc vous, vos projets, vous vous attendrez pour les faire.
07:55Ce n'est pas tolérable.
07:56Ça, c'est du côté de l'offre, si je puis dire.
07:59Et il y a le côté de la demande.
08:00Côté de la demande,
08:02personne ne se pose trop la question
08:04de la position de l'utilisateur.
08:06C'est pour ça que j'ai contribué
08:07à créer une association qui s'appelle
08:09Futur, Fédération des utilisateurs d'énergie renouvelable,
08:13parce que le point de vue des utilisateurs,
08:15il est quand même très intéressant.
08:17Et de pouvoir se dire
08:20qu'on souhaite avoir une électricité
08:22la moins chère possible et la plus décarbonée possible.
08:24C'est quand même intéressant.
08:26Or, pour le moment, l'électricité n'est pas très chère en France.
08:29Le prix de gros de l'électricité n'est pas cher.
08:32Sauf que ça va changer.
08:33Et ça va changer parce que l'orientation
08:36que nous prenons va faire
08:38que c'est l'usager
08:39et le contribuable qui vont payer.
08:42Qui vont payer.
08:44Un mégawatt-heure nucléaire à 100 euros,
08:48comme on veut nous le vendre,
08:49qui va en revenir à 150.
08:51Les 50 euros de différence vont être payés par qui ?
08:53Par vous et moi.
08:55Par le contribuable.
08:56Et 100 euros, c'est beaucoup plus cher
08:58que ce que vous allez acheter
08:59dans quelques années,
09:00votre mégawatt-heure renouvelable
09:03avec la petite batterie qui va bien.
09:05Donc, on va vous obliger à payer,
09:08en fait, comme usager
09:09et comme contribuable,
09:11un choix énergétique
09:12qui, sur le plan de la souveraineté,
09:14on peut tout à fait défendre le sujet.
09:16Mais sur le plan économique et financier,
09:17ça ne tient pas la route un quart de seconde.
09:19Alors, on va parler des crédits carbone
09:20dans un instant,
09:22du marché de ces crédits carbone.
09:23Mais je voudrais d'abord qu'on se pose
09:25pour faire un peu le bilan
09:26des accords de Paris.
09:28On a fêté le 12 décembre
09:29les 10 ans de l'accord de Paris.
09:31Et justement, celui qui était à votre place
09:32la semaine dernière,
09:33Frédéric Pasture,
09:33le directeur général de Columbus Café,
09:36a une question à ce sujet.
09:37Bonjour Corinne Lepage.
09:38J'ai une question pour vous.
09:40Aujourd'hui,
09:41on est en train de fêter
09:42les 10 ans des accords de Paris
09:43qui avaient lancé une vraie dynamique
09:46à cette époque sur tout ce que ça peut représenter
09:48en termes d'engagement de RSE,
09:51de faire évoluer les choses
09:53pour protéger notre planète.
09:56Et je trouve qu'aujourd'hui,
09:56cette dynamique s'affaiblit,
09:57en tout cas, ses souffles.
09:58Donc, je voulais savoir
09:59comment, vous voyez les choses,
10:01comment cette dynamique
10:01pourrait être relancée aujourd'hui
10:03avec le contexte qu'on connaît
10:05et tout ce qui a été fait depuis 10 ans.
10:07Merci pour cette question.
10:10C'est dommage,
10:11je n'ai pas amené ma baguette magique.
10:15Bon, d'abord,
10:17je pense qu'il y a différents sujets.
10:20Le sujet des COP,
10:21incontestablement,
10:22ça fait trois COP que ça ne marche pas.
10:24Regardons les choses en face.
10:25Ce n'était pas déjà génial avant.
10:28Et très souvent,
10:28pour avoir participé personnellement
10:30à une dizaine de COP,
10:31je me suis dit,
10:32dans certaines d'entre elles,
10:33pas celle de Paris par exemple,
10:34mais d'autres,
10:34qu'on avait le tout petit avancé suffisant
10:38pour en faire une nouvelle.
10:39Sinon, il n'y aurait pas une nouvelle COP
10:41parce que c'était bloqué.
10:42En même temps,
10:43c'est un des rares lieux
10:44où il y a un multilatéralisme
10:45qui fonctionne encore.
10:47C'est un moment où on discute.
10:48C'est un moment où on fait
10:48des états des lieux
10:50qui rappellent quand même
10:51un certain nombre d'évidences
10:53que certains ont tendance à oublier.
10:55Moi, je suis pour maintenir ces COP,
10:58mais je pense que ce qui a été envisagé au Brésil,
11:00c'est-à-dire d'avoir en fait
11:01des COP à géométrie variable,
11:03c'est-à-dire des gens
11:04qui sont plus engagés que d'autres
11:05et qui tirent.
11:07C'est pas mal,
11:08c'est ce qu'on fait en Europe.
11:09En Europe, l'euro,
11:10ce n'est pas pour tout le monde,
11:11c'est ceux qui ont voulu le faire.
11:12Je pense qu'il faut aller dans cette direction.
11:14Ça, c'est le niveau multilatéral.
11:16Ensuite, il y a le niveau des entreprises.
11:19Les entreprises, évidemment,
11:21il y a des attitudes très variées.
11:24Les entreprises liées aux fossiles,
11:26c'est une catastrophe,
11:27parce qu'ils continuent à investir
11:29beaucoup plus dans le fossile
11:30que dans le renouvelable,
11:32et ils ont même détérioré leurs objectifs,
11:37que ce soit Shell ou Total,
11:38par rapport à ce qui était initialement prévu.
11:40Par contre,
11:41dans le monde économique,
11:43de manière plus large,
11:44je trouve,
11:45même si, bien sûr,
11:46je suis de très près la CSRD
11:48pour en parler de ce bilan
11:50et ce qui sera financier, bien sûr.
11:52Bien sûr,
11:53je trouve quand même
11:54que dans le monde économique,
11:56ces questions-là
11:56ont pris vraiment de l'ampleur.
11:58Il n'y a pas vraiment
11:59une entreprise aujourd'hui
12:00qui ne se pose pas la question
12:01de savoir ce que le climat
12:02va faire pour elle,
12:03même si c'est une petite entreprise.
12:05Et puis, il y a le niveau du public.
12:08Et même si les Français
12:09ont des difficultés,
12:10même si les Européens
12:11ont des difficultés économiques,
12:12la préoccupation climatique
12:15est devenue quelque chose
12:16de tout à fait majeur.
12:17Oui, mais elle ne se transforme
12:18pas en bulletin de vote.
12:20C'est ce qu'on a vu
12:21aux élections européennes.
12:22Non, elle ne se transforme pas
12:23au bulletin de vote.
12:24Pourquoi ?
12:24Parce qu'il y a d'autres préoccupations
12:26liées à la sécurité individuelle des gens,
12:31liées à la géopolitique,
12:33liées aux menaces de la Russie,
12:35liées à la cybercriminalité,
12:37liées au narcotrafic.
12:39Tout ça tourne autour de la sécurité
12:40qui, pour les gens,
12:42est vraiment extrêmement préoccupante
12:44et on peut tout à fait le comprendre.
12:47Sauf qu'il ne faut pas perdre de vue.
12:48que les sujets dont nous parlons
12:50sont aussi des sujets de sécurité.
12:52Ce sont des sujets de sécurité,
12:54d'abord de vie,
12:55parce que vous risquez
12:56un éboulement, une inondation,
12:58tout ce que vous voudrez mettre
12:59en votre vie en péril.
13:01Des sujets de santé publique,
13:02vous avez entièrement raison,
13:03et des sujets de modèle
13:04de développement économique.
13:07Le rapport de Davos,
13:09l'année dernière, 2025,
13:10je n'ai pas encore vu Sud-26,
13:11il ne s'est pas sorti,
13:13mettait en 2035,
13:14parmi les quatre premiers risques,
13:17la catastrophe climatique,
13:21la pénurie de ressources,
13:24qui était le numéro 2,
13:25la pollution chimique,
13:28qui était le numéro 3,
13:30et le quatrième,
13:31l'effondrement d'un écosystème.
13:33Et le cinquième,
13:34c'était la désinformation.
13:36Voilà, c'est-à-dire,
13:37qui est le premier cette année.
13:38Donc, voilà,
13:39quand on se projette un peu,
13:41on se rend bien compte
13:41que c'est vraiment
13:42une question de sécurité première.
13:44Mais c'est vrai que,
13:45dans les difficultés quotidiennes
13:48que rencontrent nos citoyens,
13:49cela apparaît moins,
13:51et puis,
13:51il faut rendre les choses possibles,
13:52elles ne le sont pas toujours.
13:54Alors,
13:54sur le climat géopolitique,
13:56vous disiez,
13:57il y a quelques mois,
13:58on va relire cette phrase,
14:00je n'ai pas le luxe
14:00de la désespérance.
14:02Non.
14:02J'aime beaucoup cette formule.
14:04Mais quand vous entendez
14:05Donald Trump,
14:06à la tribune des Nations Unies,
14:08dire,
14:09le réchauffement,
14:10c'est l'arnaque du siècle,
14:12est-ce que vous n'avez pas,
14:13quand même,
14:13un peu de désespérance ?
14:16Je pense qu'on ne peut pas
14:17avoir ce luxe-là.
14:19Ce type est
14:20un danger pour l'humanité,
14:23je crois que,
14:23je le dis très clairement,
14:25il y a des choses qui peuvent être
14:27pas mal,
14:28mais franchement,
14:28il n'y en a pas beaucoup.
14:29Enfin, à mes yeux,
14:29il n'y en a pas beaucoup.
14:30Les Américains ont le point de vue
14:32qui est le leur
14:32et que je respecte.
14:33Évidemment,
14:34c'est la démocratie.
14:35Elles l'ont élu deux fois
14:35et la dernière encore plus
14:37massivement que la première.
14:37Mais je me dis que c'est un très
14:38mauvais moment à passer,
14:40mais que l'histoire est faite
14:42de mouvements pendulaires
14:44et que si,
14:45effectivement,
14:47le mouvement woke
14:48est allé à de telles extrémités
14:50que je comprends
14:52qu'on se révolte contre cela
14:54et ça nous entraîne
14:56à des excès majeurs
14:58comme ceux de Trump,
14:59on va revenir à autre chose.
15:01Alors,
15:01on aura perdu beaucoup de temps,
15:03on aura perdu beaucoup d'argent,
15:04peut-être un certain nombre
15:06de gens,
15:07mais on reviendra
15:08à quelque chose
15:08de plus central
15:11pour une raison simple,
15:12c'est que les faits sont têtus
15:13et que ce n'est pas
15:14parce que Trump dit
15:15que le dérèglement climatique
15:16est un tacannular
15:17que le dérèglement climatique
15:18ne continue pas
15:19à produire ses effets.
15:20C'est tout.
15:21On va parler de la question
15:24du carbone,
15:25effectivement,
15:25puisque vous avez publié
15:26au printemps ce livre
15:27Crédit et marché carbone,
15:28risque ou solution,
15:29c'est édité chez Lamy Liaison.
15:32Qu'est-ce que vous répondez,
15:33tiens, finalement ?
15:33C'est plus une solution
15:35qu'un risque
15:35après avoir étudié précisément
15:38l'état de ce marché ?
15:40Alors,
15:40ce livre vient d'être traduit en anglais
15:42pour ceux qui ont envie
15:43de l'avoir en anglais.
15:44C'est incontestablement des risques.
15:48Pourquoi ?
15:49D'abord parce qu'il y a eu
15:50des crédits fantômes
15:51en quantité,
15:53parce que tous ces nouveaux marchés
15:56pour les Margoulins,
15:58c'est un lieu absolument génial,
16:01parce que le marché or,
16:03je ne parle pas des marchés étatiques,
16:05c'est-à-dire l'échange de quotas d'émissions
16:07qui est très régulé,
16:08où il n'y a en principe pas de problème,
16:09mais les marchés volontaires,
16:11c'était quand même assez peu de choses
16:13et c'est en train de changer.
16:15Pourquoi ?
16:15Parce que les accords de Paris,
16:17dont on a parlé tout à l'heure,
16:19ont justement prévu une disposition
16:20qui est article 6,
16:22qui organise des marchés carbone
16:24au niveau onusien,
16:26au niveau planétaire
16:26et que progressivement,
16:29on s'est mis d'accord
16:30sur un encadrement assez complet
16:32de ce système
16:34et donc ça va devenir
16:34quelque chose de très important.
16:36Donc les risques, oui,
16:37mais là aussi,
16:39je crois qu'il n'y a pas le choix.
16:41Pourquoi ?
16:41On ne peut pas se passer de ce levier.
16:42Non, et ce n'est pas moi qui le dis,
16:44c'est le GIEC.
16:45Pourquoi est-ce qu'on n'a pas le choix ?
16:47Parce que pour plusieurs raisons.
16:48La première, il faut se souvenir,
16:50quand on parle de neutralité carbone,
16:52ça ne veut pas dire
16:52qu'on n'émettra plus
16:53une tonne de carbone en 2050.
16:56Ben oui,
16:56il faut quand même rappeler cette évidence.
16:58ça veut dire que chaque tonne
16:59devra être compensée.
17:00Comment ?
17:01Alors,
17:02Mère Nature est très généreuse
17:03et nous a donné des moyens
17:04à le compenser
17:05qui s'appellent la mer,
17:06le sol et la forêt.
17:08Sauf que, pas de bol,
17:10depuis une dizaine d'années,
17:12ces puits de carbone,
17:13c'est comme ça que ça s'appelle,
17:14se détériorent à une vitesse accélérée
17:16à telle enseigne
17:16que certaines forêts
17:17deviennent aujourd'hui
17:18émettrices de gaz à effet de serre
17:20et non plus captatrices
17:21de gaz à effet de serre.
17:22Donc,
17:23si on ne veut pas doubler
17:24les efforts à faire,
17:26il faut bien trouver
17:27des moyens
17:28de renforcer ces puits de carbone.
17:30Ça, c'est le premier point.
17:32Le deuxième point,
17:34c'est qu'on a
17:36des déséquilibres considérables
17:38entre le Nord et le Sud
17:39et qu'un des moyens
17:40pour le Sud
17:41de faire les efforts
17:43qu'on lui demande
17:45et qui, évidemment,
17:46ne peuvent pas du tout
17:47être les mêmes que les nôtres,
17:49c'est précisément
17:49d'utiliser au mieux
17:51des ressources naturelles
17:52extraordinaires qu'ils ont,
17:54qu'il s'agisse des forêts,
17:55qu'il s'agisse des mangroves.
17:58Un hectare de mangroves,
18:00c'est 4 hectares de forêts
18:01en termes de capteurs de carbone.
18:03Donc,
18:04de les aider
18:04à renforcer tout ce système
18:06qui va bénéficier
18:07à tout le monde.
18:08Et ça,
18:08ça s'appelle des crédits carbone.
18:10Et puis,
18:11il y a les évolutions technologiques,
18:13certaines un peu,
18:14à mon avis,
18:15extrêmement dangereuses,
18:17style de ce qu'on appelle
18:18la géoingénierie
18:19qui consiste à aller
18:20en semencer les nuages
18:21et je ne sais quoi
18:22qui sont irréversibles.
18:25C'est-à-dire que si on fait
18:25une lannerie,
18:26c'est pour nous.
18:27On ne saura pas revenir en arrière.
18:29Par contre,
18:30il y a des systèmes technologiques
18:31de capture du carbone
18:33et de stockage
18:34en souterrain du carbone
18:35ou de stockage
18:36dans des produits
18:36qui se développent,
18:39qui sont coûteux,
18:41mais qui,
18:42à condition d'être encadrés
18:43et ne jamais se substituer
18:45à l'atténuation,
18:46permettent à des industries
18:47qui sont très énergivores.
18:50Je pense à l'acier,
18:51je pense à l'automobile,
18:52je pense à l'aluminium,
18:54etc.,
18:55qui permettent de compenser
18:57les émissions
18:57qu'ils ne pourront pas éviter
18:59parce qu'ils ne pourront pas
19:00les éviter.
19:01Alors là aussi,
19:01il ne faut pas trop
19:02se bercer d'illusions
19:03et on revient à la question
19:03des risques.
19:04C'est que les évaluations
19:06qui ont été faites
19:07des capacités planétaires
19:08de stockage
19:09en souterrain de ce carbone
19:10apparaissent quand même
19:11très, très, très surévaluées.
19:13Mais enfin,
19:13elles existent.
19:14Et donc,
19:15on ne peut pas s'en passer.
19:16Et je pense qu'on ne peut
19:16pas s'en passer.
19:17Mais ce qu'il faut,
19:18c'est être extrêmement regardant
19:19et contrôlant
19:21sur tous ces systèmes.
19:23Alors,
19:24on parle d'Europe là.
19:26Il nous reste six minutes,
19:27on va ouvrir le chapitre européen.
19:28Puis ensuite,
19:28on parlera du droit
19:29de l'environnement,
19:29tiens,
19:31et de votre métier d'avocate.
19:34Sur le retour en arrière,
19:37on ne peut pas employer
19:38un autre terme,
19:39sur notamment
19:40le bilan extra-financier,
19:41la CSRD,
19:43cette loi Omnibus
19:44qui a été votée
19:44à la fin de l'année 2025.
19:48Alors,
19:48on peut le lire
19:49de deux façons.
19:50On peut se dire,
19:50c'est le résultat
19:51des élections européennes,
19:52finalement.
19:53Les listes qui portaient
19:54une ambition environnementale
19:55ont perdu.
19:56Donc,
19:57c'est logique
19:57ce qui est en train
19:57de se passer.
19:58Ou alors,
19:59on peut l'analyser,
20:00vous avez commencé
20:01à le dire tout à l'heure
20:01en parlant de la Chine,
20:02comme une espèce
20:03de contresens historique
20:06de prendre ce virage aujourd'hui.
20:07Alors,
20:07moi,
20:08je pense que c'est
20:08un contresens historique
20:09mais qui s'explique précisément
20:11par l'idéologisation
20:13du sujet environnemental,
20:15ce qui ne doit pas être le cas,
20:16mais c'est le cas.
20:17Et si on a un si mauvais texte
20:18sur la CS3D,
20:19la CSRD,
20:20je rappelle,
20:20la CS3D,
20:21c'est la vigilance.
20:21C'est la vigilance,
20:22c'est le devoir de vigilance.
20:24CSRD a été très abîmée,
20:27mais moins que CS3D
20:28qui est vraiment réduit
20:30à sa plus simple expression.
20:32Oui,
20:32parce qu'il y avait une logique,
20:32pardon,
20:33on vous interrompt,
20:33mais dans la CS3D,
20:34dans le devoir de vigilance,
20:35il y avait une logique
20:35d'extraterritorialité
20:37qui a été quand même
20:38très intéressante.
20:38qui permettait
20:39d'avoir un levier
20:40d'efficacité important.
20:41À force de céder
20:42à tout ce que M. Trump
20:43demande à Mme von der Leyen,
20:44on arrive à cela,
20:46et à une alliance
20:47contre nature
20:48PPE extrême droite
20:49qui fait que
20:51c'est ce texte-là
20:52qui a été voté.
20:53Donc,
20:54ce qui est très dommage,
20:55c'est que
20:55la précédente législature
20:57était arrivée
20:57à quelque chose
20:58de très cohérent
20:59dans le pacte vert.
21:02Que ce soit la taxonomie,
21:03que ce soit CSRD,
21:04que ce soit CS3D,
21:05que ce soit
21:05toutes les lois
21:06qui ont été votées,
21:07et c'est tout ça
21:07qui est progressivement
21:09démonté.
21:09C'est-à-dire qu'on va perdre
21:1010 ans
21:11ou 15 ans.
21:12C'est extrêmement dommageable.
21:14Alors moi,
21:14je fais partie des gens
21:15qui sont pleins d'espoir
21:16puisque j'ai suivi
21:18la formation
21:18pour être auditeur
21:19de durabilité
21:20et que
21:20si la H2A veut bien,
21:24à la fin de l'année
21:25ou au début de l'année prochaine,
21:26nous serons,
21:26le cabinet sera
21:27un des deux cabinets
21:28d'avocats français
21:29être
21:29organisme tiers indépendant
21:34et auditeur
21:35de durabilité.
21:36Ça veut dire
21:36qu'on y croit.
21:37Mais très franchement,
21:39ça ne va pas
21:40dans ce sens-là.
21:41Mais je reviens
21:42au bilan extra-financier
21:44puisque si ça ne bouge pas,
21:46ça va être réservé
21:47aux très très grandes entreprises.
21:49Mais d'une certaine façon,
21:52les très très grandes entreprises,
21:53les grands comptes,
21:54elles ont des sous-traitants
21:56et par capillarité,
21:57ça va arriver
21:58jusqu'au PME.
21:59Vous avez raison
22:00et vous avez d'autant plus raison
22:02que, je vais m'expliquer
22:04dans un instant,
22:04vous avez raison
22:05sur ce qu'on appelle
22:06la chaîne de valeur.
22:07C'est-à-dire que
22:07les très grandes entreprises
22:08vont demander
22:09à leurs sous-traitants
22:10de leur certifier
22:13un certain nombre de choses
22:14autour du carbone,
22:16autour des droits humains,
22:17autour d'un certain nombre
22:18de points de l'eau,
22:20par exemple,
22:20qui est un sujet
22:20de plus en plus important
22:21ou de la matière première.
22:23Mais à cela s'ajoute
22:24le fait que
22:25l'Europe a mis au point
22:27un système
22:28qui s'appelle le VSME,
22:29qui est un système
22:30d'audit volontaire
22:32à destination des PME
22:35qui, à mon avis,
22:35va connaître un grand succès.
22:37D'abord, c'est volontaire,
22:39donc c'est très malléable.
22:41Ensuite, les données,
22:42vous pouvez commencer
22:43à faire une VSME
22:44avec une douzaine de données
22:45contre 300 ESRS
22:48et on vient de 1 500.
22:50On est à 300,
22:51là c'est une dizaine
22:52ou une quinzaine.
22:52Certains disent
22:53c'est nul,
22:54c'est beaucoup trop faible.
22:56Écoutez, c'est déjà ça.
22:57Moi, je ne vois pas
22:58des choses comme ça.
22:59Et donc ça, oui,
23:00c'est volontaire
23:01et donc des entreprises
23:02qui pourront mettre en avant
23:03cet engagement.
23:03Voilà, et qui pourront
23:04faire cette VSME
23:06et donc répondre
23:07aux grandes entreprises
23:09qui leur demanderont
23:10quelque chose
23:11et d'autre part,
23:12aller demander
23:13des fonds communautaires
23:14parce qu'il y en a quand même
23:14beaucoup sur ces sujets
23:15en disant
23:16ben voilà,
23:17j'ai fait cet effort-là.
23:18Donc moi,
23:18je suis assez optimiste
23:20sur le fait
23:21que ce système-là
23:22se développe.
23:22Bon, je termine, tiens,
23:24avec une citation.
23:25Elle date de juin 2019
23:26et je veux savoir
23:27si vous le diriez encore
23:28aujourd'hui.
23:28En France,
23:29on assiste à une régression
23:30continue
23:31du droit de l'environnement.
23:33Voilà ce que vous disiez
23:34au monde
23:34en juin 2019.
23:35Est-ce que c'est toujours
23:36vrai aujourd'hui ?
23:36C'est encore pire.
23:37C'est encore pire.
23:38Oui, on a vraiment
23:39en dix ans,
23:40on a assisté
23:42à une déconstruction
23:46à l'échelle industrielle
23:47du droit de l'environnement français.
23:50Alors, moi,
23:51je veux bien
23:51qu'il y ait trop de normes,
23:53etc.
23:53Mais oui,
23:53c'est ce que j'allais vous dire
23:53et pourtant,
23:54on passe notre temps
23:55à vous dire
23:55qu'il y a trop de droits
23:57environnementaux.
23:57Alors, vous voyez,
23:57ce qu'on appelle
23:58la démocratie environnementale
23:59est passée à la moulinette,
24:00il n'y a plus d'enquête publique.
24:01C'est quasiment presque pas.
24:03Le champ des études d'impact,
24:05c'est considérablement restreint.
24:06Les entreprises
24:09qui étaient soumises
24:10à l'autorisation
24:11ne le sont plus qu'agrément
24:12celles qui étaient agrément
24:13à simple déclaration.
24:14Aujourd'hui,
24:15sur les grandes allées,
24:16les méga-fermes
24:17de milliers de bêtes,
24:19on ne veut plus
24:19d'autorisation du tout.
24:21Quasi.
24:23Sur ce qui se passe
24:23sur les pesticides
24:24et la chimie,
24:25c'est une catastrophe absolue.
24:27Absolue.
24:28Mais il n'y a pas que la France,
24:29l'Europe aussi
24:29est en train de vouloir
24:30revenir là-dessus.
24:31Pourquoi c'est une catastrophe absolue ?
24:33Parce que les présomptions,
24:36dans le domaine
24:37de la santé environnementale,
24:38on n'aura jamais de preuves.
24:38On n'aura jamais la preuve
24:39que le cancer de M. Machin
24:41est lié à la cigarette
24:43qu'il a fumée.
24:43C'est impossible
24:44de faire la preuve.
24:45Par contre,
24:45on peut avoir
24:46des présomptions très fortes.
24:48Voyez-vous,
24:48sur le glyphosate,
24:50je donne cet exemple-là
24:51parce qu'il est parlant,
24:53l'étude principale,
24:55produite en 2000,
24:57qui a servi de base
24:58à toutes les autorisations
24:59de mise sur le marché,
25:00vient d'être rétractée,
25:03retirée.
25:04Pourquoi ?
25:05Parce que l'organisme
25:07qu'il a publié
25:07s'est rendu compte
25:08que c'était Monsanto
25:09qui l'avait écrit
25:10et pas les auteurs,
25:11que le peu
25:12que les auteurs avaient écrit,
25:13ils avaient été payés
25:14par Monsanto
25:14pour le faire,
25:16que troisièmement,
25:16ils n'ont pas pris en compte
25:17les études existantes
25:18à la date
25:19à laquelle cette étude
25:20avait été faite.
25:21Et c'est l'étude de base,
25:22l'étude de référence
25:23pour le glyphosate
25:24sur sa cancérogénicité
25:26et sa génotoxicité.
25:28Voilà.
25:28Donc, si vous voulez,
25:29quand on est dans
25:30un système pareil,
25:31on ne s'interroge pas
25:32sur le point de savoir
25:33pourquoi il y a tant de cancers,
25:34tant de maladies dégénératives
25:36et tant de gens
25:36qui ne sont pas bien aujourd'hui.
25:38Merci beaucoup,
25:39Corinne Lepage
25:39et à bientôt
25:40sur Bsmart for Change.
25:42On passe à notre rubrique
25:43Smartize tout de suite.
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