00:00Il vient de nous rejoindre, 15h46, Thomas Zdorowski pour la stratégie action d'Odo BHF.
00:06Bonjour Thomas.
00:07Bonjour à tous les deux.
00:07Vous allez livrer votre verdict et le prononcer dans un instant en direct.
00:10Est-ce que ce moment qu'on va vivre ce verdict, est-ce que vous l'assumez ?
00:14Je l'assume.
00:15On vous écoute.
00:16Eh bien, moi j'assume qu'après une excellente année 2025,
00:20les financières en Europe vont encore battre le marché en 2026.
00:27On va se faire du bien, c'est agréable.
00:28D'ailleurs, on va se faire du bien parce que 2026 pour vous est une année prometteuse pour les financières,
00:33mais on sort d'une super année 2025.
00:35Est-ce qu'on peut rappeler les performances du secteur cette année déjà ?
00:38C'est assez stratosphérique puisque si on prend banques et assurances,
00:41les banques ont fait 60% de performances.
00:46Oh là là, je savonne.
00:48Elles ont surperformé le marché chaque trimestre, j'en perds mes mots.
00:52Et ces 60%, c'est en dehors même des dividendes.
00:55Donc on peut rajouter à peu près 8% de performances sur les dividendes.
00:57Et sur les assurances, elles ont fait 20% hors dividendes,
01:01donc presque 25% dividendes compris.
01:03Donc largement plus que le marché qui a déjà bien marché.
01:07Oui, et pour vous, cette année 2025 n'était que l'année du redémarrage.
01:11Une grande partie de la route reste encore à parcourir.
01:142026 pour le secteur financier va encore offrir des belles surprises.
01:17Pourquoi d'après vous ?
01:18Quels seront les fondamentaux, les moteurs de cette poursuite de la hausse ?
01:21Alors, il y a trois moteurs.
01:23Les taux, la macro et l'absence d'exposition aux risques américains.
01:28Risques américains au pluriel.
01:31Sur les taux, elles vont continuer de bénéficier de taux longs
01:36qui vont continuer à monter en Europe,
01:37notamment en raison du plan allemand d'infrastructure.
01:40Le gouvernement allemand a voté 180 milliards de dettes supplémentaires
01:43pour l'an prochain.
01:44C'est trois fois plus que la dette qu'ils avaient fait en 2024.
01:47Donc ça va évidemment continuer à faire monter les taux longs.
01:49On prévoit une vingtaine de points de base.
01:51Ça a déjà bien rebondi.
01:52Depuis le mois d'octobre, le bond est à 2,85 alors qu'il était à 2,65.
01:55Donc ça, ça aide les banques.
01:57Parce que par ailleurs, la BCE a déjà baissé les taux courts.
01:59Donc pour donner un peu une image, c'est un petit peu schématique.
02:02Mais les banques prêtent à long terme, elles empruntent à court terme.
02:05Le court terme est devenu moins cher.
02:07Le long terme est devenu plus cher.
02:08Donc elles font davantage de profit là-dessus.
02:11Le deuxième sujet, c'est vrai aussi pour les assureurs.
02:13Oui, et ce que vous nous dites, ce phénomène, en fait,
02:15si on devait trouver une image, les banques n'ont qu'à faire la planche.
02:18Elles profiteront de la marée montante des taux, tout simplement.
02:20Absolument, avec en plus des taux courts quand même,
02:22qui pour certains cas permettent de faire redémarrer le cycle du crédit.
02:25Donc c'est vraiment plutôt positif.
02:27Et pour les assureurs, le fait que les taux longs soient élevés,
02:30ça les aide dans leur portefeuille d'investissement.
02:32Et d'une autre manière, par contre, les livrets bancaires,
02:34qui sont moins importants dans la rentabilité des banques,
02:36sont moins attractifs à court terme.
02:37Donc pour les banques, elles ont des rentrées d'argent
02:40dans leur activité d'assurance-vie.
02:42Donc c'est un deuxième point positif du fait que les taux longs
02:45soient plus élevés que les taux courts,
02:46à la fois pour les banques et les assurances,
02:49mais pour des raisons différentes.
02:50Donc le facteur taux, premier moteur de la performance encore à venir des financiers.
02:53Il y a un deuxième moteur.
02:55Oui, donc sur le deuxième moteur, sur l'économie européenne,
02:58qui va aller un petit peu mieux,
02:59on va voir un tout petit peu mieux l'an prochain,
03:01ça va aider les banques un petit peu.
03:03Et surtout, on ne voit pas de récession dans l'économie européenne l'an prochain.
03:07Donc tant qu'il n'y a pas de récession,
03:09il n'y a pas de remontée du coût du risque,
03:10ce qui est évidemment le gros danger des banques.
03:12C'est-à-dire qu'il y a un grand choc,
03:13comme dans les crises financières,
03:15les ralentissements économiques marqués.
03:17Les banques sont en première ligne,
03:18c'est pour ça qu'on dit qu'elles sont cycliques.
03:20Là, la macro, on n'attend pas une accélération monstrueuse,
03:22mais ça devrait être un petit peu meilleur.
03:24Et je dirais par rapport à cette macro un peu molle,
03:26les assurances aussi ne sont pas tellement corrélées à la macro,
03:29donc elles sont protégées de ces deux points de vue-là.
03:32Bon, croissance européenne, effectivement,
03:34amenée a priori à s'accélérer l'an prochain.
03:36La BCE a un peu révisé la hausse.
03:37D'ailleurs, sa prévision de croissance pour l'an prochain
03:39devrait atteindre, pourquoi pas, 1,5%.
03:40Et donc, le coût du risque sera moindre, c'est ça ?
03:43Pas de hausse du coût du risque.
03:44Pas de hausse du coût du risque est le principal danger pour les banques.
03:46Et alors, vous disiez,
03:47les banques en plus ne sont pas exposées,
03:49nos banques européennes,
03:50aux risques, au pluriel, américains.
03:52Oui, absolument.
03:53Et ça, c'est la continuité de cette année.
03:55C'est-à-dire qu'elles ont un avantage
03:56de ne pas vendre leurs produits aux Etats-Unis.
03:59Donc, le premier risque, c'est le risque tarifaire.
04:01Elles n'ont pas de risque d'être obligées de serrer leurs prix
04:05pour continuer à vendre aux Etats-Unis.
04:06On rappelle quand même que cette année,
04:08si le cadre tarifaire s'est clarifié,
04:10en gros 15% en moyenne,
04:12hors exception pour l'Europe pour vendre aux Etats-Unis,
04:14ça va quand même peser sur les autres secteurs.
04:17C'est quand même quelque chose qui est compliqué pour les exportateurs.
04:19Donc, les banques, les financières,
04:21qui sont pour la plupart domestiques,
04:22il y a une exception dans les assureurs
04:24sur Aegon qui est présent aux Etats-Unis,
04:26mais c'est pareil, il n'y a pas de tarif là-dessus.
04:28Elles ne sont pas dans ce sujet des droits de douane.
04:30Donc, cette année, dans le résultat,
04:32c'est plutôt indépendant pour eux.
04:34Et le deuxième risque américain,
04:35c'est le risque de change.
04:37Et là, pour le coup, c'est le risque d'avoir des revenus
04:38qui sont effectués en dollars,
04:40même quand on n'a pas de tarif.
04:42Je prends par exemple du secteur de la publicité.
04:45Les publicistes produisent aux Etats-Unis
04:47les revenus qu'ils ont en dollars,
04:48mais le dollar a beaucoup baissé.
04:50On est à 1,17, on était à 1,04 il y a un an,
04:52et il est possible qu'ils continuent à s'affaiblir
04:54un petit peu en début d'année.
04:55Donc, ça, ça va peser sur toutes les parties de la cote
05:00qui ont des revenus en dollars,
05:02alors que pour les banques,
05:03il y a évidemment des choses dans les salles de marché,
05:05des choses comme ça,
05:05mais leurs revenus sont principalement en euros.
05:07Et pour l'assurance, c'est la même chose.
05:09Donc, ce risque qui n'est toujours pas là,
05:10fait que c'est finalement un secteur relativement sûr
05:13à jouer pour l'an prochain.
05:14Et on entend parler d'un effet IA aussi,
05:17l'intelligence artificielle,
05:18dont bénéficierait Antoine,
05:19particulièrement ce secteur bancaire,
05:21plus que les autres secteurs peut-être ?
05:22Oui, comment ça se fait qu'on peut...
05:24Parce que quand on parle d'effet IA
05:26sur les gains de productivité des entreprises,
05:28on a l'impression d'un phénomène de masse,
05:30genre chacun va y gagner tant, etc.
05:32Bon, c'est plus compliqué que ça.
05:34Pour les banques,
05:36de quelle manière,
05:37sur quel secteur d'activité très précis,
05:40l'IA pourra à coup sûr
05:42faire gagner de la productivité et de la valeur ?
05:44Alors, à coup sûr,
05:45c'est toujours assez difficile.
05:46Mais c'est vrai que les banques sont engagées
05:48depuis des années
05:49sur la digitalisation de leur activité.
05:51Donc ça, c'est quand même quelque chose
05:51qu'elles savent faire.
05:53Elles ont recours à des prestataires.
05:54Donc, on pourrait aussi jouer,
05:56comme on dit en read across,
05:57les IT services exposés aux banques.
05:58C'est-à-dire les services
06:00qui vont vendre ces services-là aux banques.
06:02Effectivement, il y a la connaissance client
06:04pour gagner du temps,
06:05surtout le fardeau réglementaire,
06:07pour pouvoir répondre au KYC,
06:09pour pouvoir finalement adresser le client
06:11et répondre plus rapidement
06:12à des demandes clients,
06:13que ce soit dans le retail
06:13ou dans la recherche.
06:15Après, je pense qu'il n'y aura pas forcément
06:17une accélération l'an prochain,
06:19mais on va avoir une continuation là-dessus.
06:21Par exemple, BNP Paribas,
06:22ça peut faire partie des 600 millions d'économies
06:24qu'ils ont prévues de faire.
06:25Donc, on prévoit, nous,
06:27y compris IA,
06:28sans forcément regarder le détail,
06:30une amélioration de ce qu'on appelle
06:31les coefficients d'exploitation,
06:32c'est-à-dire les revenus,
06:33enfin, les coûts, pardon,
06:34rapportés aux revenus.
06:36Donc, les banques vont continuer
06:37à être relativement économes
06:38et à faire des économies.
06:39Mais je pense que c'est quand même
06:41un processus qui va être assez long.
06:43Zone Bourse a screené
06:44les publications des banques
06:45pour le dernier trimestre,
06:47le troisième trimestre.
06:48Et c'est le secteur
06:49qui parle le plus d'IA.
06:51Chaque banque en Europe,
06:52lors de sa publication,
06:53a plus parlé d'IA
06:54que d'Assosystem, par exemple,
06:56sur lequel il y a des doutes.
06:56Est-ce que d'Assosystem profitera de l'IA
06:58ou on sera victime ?
06:59Ben voilà.
06:59On va voir si, effectivement,
07:00l'IA apporte ce relais de croissance
07:01supplémentaire au secteur bancaire.
07:03Sauf qu'il y a banque et banque.
07:04Vous êtes positif pour le secteur l'an prochain,
07:05sauf qu'il y a banque et banque.
07:07Cette année,
07:07Société Générale a gagné 130%.
07:09Loin derrière,
07:11BNP et Crédit Agricole
07:11ont gagné 30%.
07:12Ce qui est bien,
07:13mais c'est quatre fois moins
07:13que Société Générale.
07:14Du coup, lesquels ?
07:15Quel profil de valeur
07:16devrait faire mieux que mieux
07:18dans le secteur l'an prochain ?
07:19Alors, on a deux profils.
07:20On commence par BNP Paribas
07:22qui est un petit peu en retard.
07:23Et on va dire que ça reste
07:24une banque de très grande qualité
07:26qui est très en retard
07:27puisqu'en termes de valorisation,
07:29elle a quasiment 30% de décote
07:30par rapport au reste du marché.
07:32Elle a subi récemment
07:33vraiment ce qu'on appelle un sell-off,
07:35une vente assez importante
07:36au moment du nouveau procès
07:38sur les activités au Soudan.
07:39C'est une vieille histoire
07:40sur le jumeau à New York.
07:41Elle a perdu presque 10%
07:43à ce moment-là.
07:44Elle est en train de revenir.
07:45Donc, on pense qu'il y a
07:46des craintes excessives là-dessus.
07:47Après, se prononcer uniquement
07:49sur un risque juridique,
07:50c'est toujours un petit peu compliqué.
07:51Mais en tout cas,
07:51le point d'entrée
07:52est plutôt positif.
07:54Elle a intégré AXAIM.
07:55Donc, ça va continuer
07:56à faire monter ses revenus.
07:58Et elle a aussi
07:59des plans d'économie
07:59assez importants.
08:00Et en dernier lieu,
08:02elle subit un petit peu
08:03en forme de décote
08:04sur le risque politique français.
08:06On pense que les choses
08:07devraient quand même s'étioler.
08:08Il y a beaucoup d'actualités dessus.
08:10Mais si on se projette
08:10sur le fait qu'on aura
08:11un budget, quel qu'il soit,
08:13et qu'on n'aura pas de dissolution,
08:15du point de vue
08:15d'investisseurs étrangers
08:16qui ne sont pas français
08:18et qui investissent en France,
08:18une fois qu'ils auront
08:19la certitude là-dessus en janvier,
08:20on pense que le titre
08:21peut bien commencer l'année.
08:22BNP Paribas,
08:23donc dans le secteur bancaire.
08:25Oui.
08:25Et on peut jouer de façon,
08:26si on veut être un petit peu plus...
08:28Comment dire ?
08:29Jouer la qualité
08:29au sein du secteur bancaire.
08:32Alors on a beaucoup dit
08:32que les valeurs qualité
08:33n'avaient pas beaucoup fonctionné.
08:34C'est vrai qu'elles ont
08:34sous-performé cette année.
08:36Par contre, dans la banque,
08:37nous, la plus grande banque
08:38de qualité en zone euro,
08:39dans ce qu'on couvre,
08:40c'est KBC.
08:40C'est une banque belge
08:41qui est vraiment extraordinaire.
08:42C'est la meilleure rentabilité
08:44d'équité du secteur.
08:45C'est de plus de 20 à 21 %.
08:47Elle a un business mix
08:49avec également une partie
08:51de gestion d'actifs
08:52qu'elle renforce,
08:52qui est plus rentable
08:53que la moyenne des bancaires.
08:54La trajectoire boursière
08:55est très bonne.
08:56Et puis surtout,
08:57ça lui donne des capacités
08:58de faire des acquisitions.
08:59Peut-être en deuxième partie
09:00des années,
09:01l'assureur et Thias.
09:02Donc il y a l'upside
09:03de la croissance
09:04par acquisition
09:05dans le secteur bancaire.
09:06Il n'y a pas tant de valeurs
09:07qui peuvent faire ça.
09:07KBC.
09:08Dans les financiers,
09:08il y a aussi les assurances.
09:09Alors il reste 30 secondes à peine,
09:10Thomas, il faut aller vite
09:11sur les assureurs.
09:12Mais qui pourrait le mieux
09:13s'en sortir ?
09:13Rapidement, AXA,
09:15très bonne valeur.
09:16Pour l'instant,
09:17nous avons encore
09:1710 % d'upside,
09:18encore un petit peu
09:19de risque français.
09:20Tout va bien chez AXA,
09:21donc ça devrait continuer
09:22à fonctionner.
09:23Et ils auront un nouveau
09:23plan stratégique en 2027.
09:25Donc ça va très bien.
09:27Et puis quelque chose
09:27de plus spécifique,
09:29ASR,
09:30c'est un assureur néerlandais
09:31qui est très exposé
09:33au marché immobilier,
09:34surtout les maisons.
09:35Et ça, ça marche très bien
09:36aux Pays-Bas.
09:38Et qui là aussi
09:39pourrait racheter
09:40des fonds de pension.
09:41Parce qu'aux Pays-Bas,
09:42on parle non seulement
09:42de retraite par capitalisation,
09:44mais les assureurs
09:44vont pouvoir racheter
09:45des fonds de pension.
09:46Ils savent très bien faire
09:47et ils vont continuer.
09:48Quelques idées pour 2026,
09:49le grand livre de l'investissement
09:50qu'on a d'ores et déjà ouvert
09:51dans BFM Bourse.
09:52Merci.
09:52Thomas Lovotsky
09:53avec nous
09:54pour Odo BHF.
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