- il y a 13 heures
Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay.
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00:00BFM Business et la Tribune présente
00:04Le 18-19 d'Edwige Chevrillon
00:10Vous êtes bien dans le 18-19, mon premier invité c'est Aurélie Trouvé, les députés LFI de Seine-Saint
00:15-Denis,
00:16ex-présidente de la commission des affaires économiques.
00:18Bonsoir Aurélie Trouvé.
00:19Bonsoir.
00:19Merci d'être là.
00:21Vous êtes désormais rapporteur de la commission d'enquête sur la prédation, je cite,
00:25des capacités productives françaises par des fonds spéculatifs.
00:30C'est vous qui avez choisi cette intitulée, cette commission, comment ça va ?
00:32Alors en effet parce que ça fait partie du droit de tirage de la France insoumise,
00:37chaque année chaque groupe politique a le droit de proposer une commission d'enquête
00:41et donc c'est ce cas de cette commission d'enquête qui, il faut bien le dire,
00:46n'a jamais fait l'objet d'aucune mission parlementaire.
00:49C'est incroyable parce que ces fonds d'investissement,
00:52eh bien ce sont des dizaines et des dizaines d'entreprises qui ont été ciblées, menacées
00:58et souvent mises en faillite par des fonds d'investissement.
01:01Aurélie Trouvé, on va revenir là-dessus, mais évidemment je voulais évoquer cette minute de silence
01:05qui a eu lieu à l'Assemblée nationale après la mort terrible de ce jeune Quentin Déranc à Lyon.
01:13Le Premier ministre a eu des mots très durs à l'encontre notamment de Mathilde Panot
01:19qui est la présidente de votre groupe et les filles
01:21et qui a dit qu'il fallait peut-être qu'il est temps que vous fassiez le ménage dans vos
01:25rangs
01:25après cette agression mortelle.
01:28Il a dit aussi est-ce que la rhétorique de la confrontation qui peut infuser dans la société
01:34en invitant des dirigeants politiques à la responsabilité ?
01:39Est-ce que vous vous sentez quand même une responsabilité au moins morale
01:42et Aurélie Trouvé, on vous connaît bien ici à BFM Business,
01:45vous êtes une économiste réputée, on est d'accord ou pas d'accord avec vos opinions,
01:50mais enfin en tous les cas vous vous exprimez toujours très bien.
01:53C'est vrai que la première question qui me vient à l'esprit,
01:55la pensée c'est pour ce jeune Quentin Barranc,
01:57et puis la deuxième question c'est qu'est-ce que vous faites dans cette galère Aurélie Trouvé ?
02:02Alors d'abord je n'ai pas eu l'occasion encore de m'exprimer suite à ce drame terrible
02:07et la première chose que je veux faire c'est exprimer évidemment ma tristesse,
02:11ma grande tristesse suite à ce drame et ma compassion aussi envers les proches de la victime.
02:16Et je le dis, ce drame mérite d'abord dignité et retenue.
02:20Elle mérite aussi qu'on laisse la justice faire son travail,
02:24c'est très important y compris pour les proches.
02:27Et quand je dis dignité et rupture et retenue,
02:30je considère que le Premier ministre n'a pas fait preuve de dignité et de retenue dans l'hémicycle.
02:35Et je le dis, il n'a pas fait preuve de respect aussi pour les élus de la République que
02:40nous sommes,
02:41la France insoumise.
02:41Parce qu'un tel drame ne devrait pas être instrumentalisé,
02:45utilisé contre la principale force d'opposition parlementaire.
02:48Vous êtes à l'Assemblée nationale tout le temps,
02:51vous voyez bien quand même que parfois vos collègues ont des propos
02:56qui peuvent entraîner des actes de violence derrière,
03:02traduits de cette manière.
03:04On a envie de dire qu'il y a une responsabilité morale,
03:06non même, quelque part dans cette violence.
03:09D'abord, je veux dire qu'en aucun cas,
03:11en aucun cas,
03:12cet acte effroyable ne peut être imputé à notre mouvement,
03:16la France insoumise.
03:17Et je le dis, je suis fière et honorée de faire partie de ce mouvement
03:20qui a toujours prôné la non-violence,
03:23qui pense que la violence,
03:24elle rabougrit.
03:26Mais vous voyez bien, la violence des mots, elle existe.
03:28Elle diminue les personnes et la bataille politique.
03:31Et nous avons toujours porté cela.
03:34Vous écoutez mieux que moi, Jean-Luc Mélenchon.
03:36Tout de suite, nous avons condamné les violences
03:38qui ont amené à ce drame terrible.
03:41Et là où je suis choquée, je vais vous dire,
03:42c'est que l'amalgame soit fait entre des débats politiques,
03:47des débats d'idées, aussi véhément soient-ils,
03:50et de la violence physique.
03:52Et nous, nous ne faisons pas la confusion entre les deux.
03:55Mais moi, j'ai entendu les membres du gouvernement aujourd'hui,
03:57notamment le Premier ministre,
03:58ils n'ont cessé de faire l'amalgame.
04:00Et ça, c'est vraiment très dangereux pour la démocratie.
04:04Parce que c'est une façon de museler.
04:06C'est une façon de museler le débat politique,
04:08de dire, mais regardez, vous êtes véhément,
04:10et peut-être que ça expliquerait des violences physiques.
04:13Ça n'a rien à voir.
04:14Voilà.
04:15Oui.
04:15Si ce n'est que c'était quand même lié à une conférence de Rima Hassan.
04:22Non, absolument pas.
04:23D'ailleurs, Rima Hassan est arrivé après.
04:25Par contre, effectivement, il y a le collectif Némésis,
04:30qui est un collectif d'extrême droite qui était sur place.
04:33Et d'ailleurs, nous regrettons que suffisamment de forces de police
04:38n'aient pas été mises en oeuvre.
04:39Parce que depuis un long moment, nous alertions.
04:44On ne va pas faire toute l'émission à la suivante.
04:46Mais en tout cas, ce que je vous dis, c'est que le mouvement de la France insoumise
04:50ne peut en aucun cas être impliqué dans cette affaire.
04:55Voilà, je le dis.
04:56Et je le dis aussi, nous laisserons l'enquête suivre son cours.
04:59Et la justice, d'ailleurs, désignera sans doute des coupables.
05:03Et non seulement nous l'accepterons, mais nous appuierons les décisions de justice
05:07qui sont prises.
05:08Et c'est bien normal.
05:09D'accord.
05:09Ok.
05:10C'est vrai qu'on a du mal à vous imaginer là-dedans, Aurélie.
05:14Trouvez.
05:14Revenons à nos sujets.
05:17À votre sujet.
05:18Puisque vous êtes plutôt sur les sujets économiques, je le disais.
05:21Vous avez été présidente de la commission des affaires économiques.
05:23Et donc, avec cette commission dont vous êtes le rapporteur, vous êtes allée à Bercy
05:28pour essayer d'avoir des documents sur la vente, notamment une première fois de Biogarant
05:33et là sur LMB Aerospace.
05:35Qu'est-ce que vous avez trouvé ? Est-ce que la porte était ouverte ou les portes étaient
05:40closes ?
05:41Alors, la première fois, les portes étaient amplement ouvertes.
05:46Pour Biogarant.
05:46Pour Biogarant.
05:47Pour la seconde fois, LMB Aerospace, je vous raconterai.
05:50Et là, j'ai clairement vécu ce qu'est le verrou de Bercy.
05:55Première fois sur Biogarant, j'y suis allée la semaine dernière parce qu'il se trouve
05:58que Biogarant a été vendu avec autorisation du gouvernement à un fonds d'investissement
06:05britannique.
06:06C'est quoi Biogarant ? Pour que les Français qui nous écoutent se rendent compte, c'est
06:11en fait un tiers des médicaments génériques consommés par les Français.
06:15C'est énorme.
06:15C'est un pilier de notre santé qui est aujourd'hui bradé, si je puis dire, à
06:20un fonds d'investissement.
06:21Vous avez raison parce que c'est vendu assez cher d'ailleurs.
06:24Oui, c'est pour ça que le mot bradé ne paraissait pas le bon mot.
06:26C'est plutôt notre souveraineté en matière de médicaments qui est bradé.
06:30Par contre, ça a été vendu assez cher effectivement à un fonds d'investissement
06:34britannique.
06:35Ça veut dire que...
06:36Il était déjà actionnaire.
06:37Il a déjà racheté d'autres sociétés.
06:38Un fonds étranger et un fonds d'investissement et spéculatif tout court aura la main possible...
06:44Enfin, à la main d'ailleurs sur le premier fournisseur de médicaments français.
06:49Et je vais vous dire ce que j'ai trouvé à Bercy.
06:51Je ne peux pas vous dire les détails puisqu'on m'oppose le secret des affaires.
06:54En tout cas, ce qui est clair, les conclusions que je...
06:56Je peux en donner le maximum, on va dire les conclusions.
06:58Je vais en donner le maximum.
06:59Ce que je peux dire, c'est qu'aujourd'hui, rien dans ce que j'ai pu voir, dans le
07:05contrat
07:05à l'accord économique que j'ai pu voir, ne me garantit, ne nous garantit qu'il n'y aura
07:09pas de délocalisation industrielle dans les cinq ans à venir.
07:13Voilà.
07:14C'est-à-dire que dans les cinq ans à venir, Biogarant, qui est maintenant dépendant d'un
07:17fonds britannique, peut tout à fait décider de délocaliser la production de médicaments
07:24en s'adressant non plus aux 65 entreprises sous-traitantes en France, mais en s'adressant
07:29à des entreprises moins disantes en Inde ou ailleurs.
07:33Il y a des protections quand même.
07:35Ils se sont engagés au moins pendant une certaine période.
07:38Le problème, c'est celui-ci.
07:39C'est celui que vous dites sur une certaine période.
07:42Le problème, c'est que c'est une période, je n'ai pas le droit de le dire, mais c
07:47'est
07:47une période très restreinte en nombre d'années.
07:49Au bout de ce petit nombre d'années, très petit nombre d'années,
07:54bien moins que cinq ans.
07:55Trois ?
07:55Non, je n'ai pas le droit de le dire.
07:57Disons que c'est beaucoup moins que cinq ans.
07:58Donc, pour être très clair, un fonds d'investissement, il agit sur cinq ans.
08:03Oui, c'est pour ça que je disais cinq ans.
08:04C'est parce que vous connaissez bien.
08:06Vous me dites, est-ce que sur cinq ans, on a garanti qu'il n'y ait pas de délocalisation
08:09industrielle ?
08:09Ma réponse est non.
08:11Je vous l'affirme.
08:12Voilà.
08:13Donc, dans les cinq ans, Biogarant pourra s'adresser à d'autres entreprises qui ne sont
08:19pas en France pour produire les médicaments génériques.
08:21Juste pour savoir un peu comment ça se passe, vous arrivez à Bercy, vous avez prévenu
08:25de votre visite ?
08:25Oui, quelques jours avant, pour qu'ils puissent préparer les documents.
08:28Ils ont préparé les documents, on vous a mis dans une salle ?
08:32Oui, tout à fait.
08:32Tout seul ?
08:33Exactement.
08:34Et avec tous les documents ?
08:35Avec des administrateurs de l'Assemblée nationale.
08:36D'accord.
08:37Avec tous les documents, vous avez le sentiment quand même qu'ils ont joué le jeu ?
08:40Alors, cette fois-ci, oui.
08:41Comme ça, on va voir la différence avec l'autre entreprise qui est LMB Aerospace,
08:44qui est aussi un actif hautement stratégique.
08:46Ça, c'était hier.
08:47Première fois que j'y vais, il y a une semaine, donc j'ai le droit à l'ensemble
08:51des documents.
08:51J'ai même droit de les prendre avec moi.
08:53Pour me répondre à mes questions, j'ai énormément de responsables de Bercy, tant mieux,
08:59de la DG Trésor, de la Direction Générale des Entreprises, tout va bien.
09:03D'accord ?
09:04Ça, c'est quand Bercy veut bien donner un certain nombre d'éléments.
09:08Et c'est comme ça que j'en tire des conclusions très importantes pour les Français.
09:12C'est qu'on va peut-être délocaliser la production de médicaments à cause de l'autorisation
09:17du gouvernement.
09:18Bien.
09:19Hier, j'y vais sur un autre cas, c'est-à-dire la vente de LMB Aerospace, qui vend des
09:26outils
09:28de refroidissement pour des turbines, des ventilateurs, rien moins que pour les rafales
09:36ou des chars militaires, d'accord ? Cette entreprise, elle est vendue à un groupe américain
09:43par, là encore, des fonds d'investissement, d'accord ? Je le dis quand même, ces fonds
09:47d'investissement, qui sont cette fois-ci français, font une énorme plus-value dans l'affaire.
09:52Je ne sais pas si c'est lié à l'autorisation, encore une fois, du gouvernement, mais...
09:56Pourquoi une plus-value ? Parce qu'ils viennent de racheter.
09:58Ah non, alors les fonds d'investissement, là, ils vendent au groupe américain.
10:02Ils avaient acheté à LMB Aerospace 200 millions, ils revendent 400 millions, quasiment, d'accord ?
10:07Parce qu'ils ont fait un travail derrière, peut-être, pour le remettre...
10:11Alors...
10:12Parce que, déjà, c'est bien, vous avez enlevé le mot spéculatif, parce qu'il y a des fonds
10:16d'investissement spéculatifs, et puis il y a des fonds d'investissement qui ne sont
10:19pas spéculatifs, qui rachètent, qui investissent, et puis après...
10:24Je ne vais pas vous reprendre ce que ça veut dire spéculum, c'est, je fais un pari
10:28sur l'avenir, et donc je fais un pari de faire un maximum de profits.
10:31Donc, ils font un gros profit, mettons.
10:34Mais surtout, c'est vendu à un groupe américain.
10:36Donc, vous savez que la question de la souveraineté stratégique est posée, d'accord ?
10:41Puisque LMB Aérospace passe donc sous droit américain, d'accord ?
10:46Avec, là aussi, des gros risques de délocalisation, par exemple, de la production de ces ventilateurs
10:53dont on a besoin, quand même, par exemple, pour les rafales.
10:56Oui, alors, là-dessus, Roland Lescure, qui a été interpellé, évidemment, là-dessus,
11:00j'imagine que vous aussi, vous avez dû lui poser la question, au moins dans l'hémicycle,
11:04il dit, mais en fait, il y a déjà Thalès à France.
11:06Enfin, je veux dire, il n'y a pas une technologie particulière,
11:09et en plus, il y a déjà d'autres entreprises, des grands groupes français,
11:12qui font la même chose.
11:13Eh bien, écoutez, moi, je veux bien croire sur parole le ministre de l'Économie,
11:16mais je suis allée à Bercy, hier, justement, pour avoir des réponses.
11:20Et là, je vous raconte le verrou de Bercy.
11:22J'arrive, aucun responsable de l'administration de Bercy
11:28capable de répondre à mes questions.
11:29Il y avait une personne qui n'est pas responsable dans l'administration.
11:34Deuxièmement, évidemment, on me dit qu'ils n'ont pas eu le temps
11:36de préparer tous les documents, alors qu'ils avaient le même temps
11:39que la dernière fois, et que donc, je n'aurai pas tous les documents.
11:42Ce n'est pas grave, j'y retournerai, mais vous voyez, deuxième verrou.
11:48Troisième verrou, on me dit, vous ne pourrez pas partir avec les documents.
11:51Donc, j'étais obligée de tout copier à la main avec les administrateurs.
11:56Puis, quatrièmement, pour la petite histoire, au bout de deux heures,
11:59comme par hasard, il y avait une nouvelle réunion qui se tenait dans la salle,
12:01donc il fallait partir.
12:03Voilà, donc c'était assez grossier, j'ai envie de vous dire.
12:05Mais manifestement, j'ai des questions.
12:08D'ailleurs, beaucoup de députés ont des questions de tout groupe parlementaire.
12:11Et les moyens n'ont pas été mis en œuvre pour que j'ai des réponses
12:14à mes questions, pour que Bercy, le ministère, réponde à des élus du peuple.
12:18En l'occurrence, une députée qui est rapporteure d'une commission
12:21d'enquête parlementaire, qui est censée être l'instance la plus puissante
12:25en termes de contrôle par l'Assemblée nationale.
12:28Et c'est rien moins qu'un actif hautement stratégique pour la défense nationale.
12:31C'est vrai qu'on sait tous, ici même, on s'est beaucoup interrogés,
12:37on a inquiété, c'est stratégique peut-être, c'est peut-être que le hautement est un peu...
12:42Alors, vous avez raison, c'est ça que j'aurais voulu vérifier, je ne peux pas.
12:46Par contre, ce qui est sûr, c'est que le président Macron a dit sur toutes les antennes,
12:50et je ne sais combien de fois, nous avons besoin de relocaliser notre chaîne d'approvisionnement
12:55militaire, nous avons besoin de souveraineté stratégique pour notre défense nationale.
12:59Et donc, cette décision, décision du gouvernement d'autoriser la vente à un groupe américain
13:05d'un fournisseur militaire, là, tout ce que je dis est juste, est absolument incompréhensible.
13:10Donc, vous comprenez que moi, en tant qu'élu du peuple, je veuille comprendre ce qui s'est passé.
13:14Et donc, là, vous allez y retourner pour avoir vos réponses ?
13:16Bien sûr, et puis, par ailleurs, je ferai aussi une audition, comme ça, il pourra y avoir
13:20l'ensemble des membres de la commission d'enquête, tout groupe parlementaire confondu,
13:24qui pourront tenter d'avoir des réponses, parce qu'en l'occurrence, en commission d'enquête
13:28parlementaire, tout le monde parle sous serment.
13:31Et donc, j'espère avoir des réponses, nous espérons, de la part de Bercy, dans une audition,
13:37et aussi de la part de la direction générale de l'armement, puisque ce que je sais pour l'instant,
13:43c'est que la direction générale de l'armement avait demandé des conditions, notamment
13:46la participation de la Banque publique d'investissement, et que ces conditions ne sont pas remplies,
13:50et malgré tout, ça a été autorisé, la vente par le gouvernement.
13:53Donc, vous voyez bien qu'on a de quoi, quand même, s'inquiéter en tant qu'élu du peuple,
13:57et encore une fois, je n'ai eu aucune réponse à mes inquiétudes.
14:01Aurélie Trouvé, moi, j'étais chez Jean de Reprise, on en voit, vous savez, ici, beaucoup
14:05défiler, est-ce que ce n'est pas un peu paradoxal d'avoir ce discours qu'on entend très bien
14:09en disant, c'est vrai que quand on voit des pépites françaises passer sous
14:12pavillons étrangers, on peut se dire, c'est quand même très dommageable.
14:16Alors, il est vrai que les entreprises françaises achètent aussi beaucoup d'entreprises américaines,
14:20allemandes, bon, c'est le jeu de l'économie ou du business.
14:24Mais en même temps, vous défendez un budget qui est quand même assez anti-entreprise.
14:29Donc, ils ont l'impression d'avoir trois maillons, trois chaînes autour des pieds,
14:35on leur ajoute un truc sur le dos, et ils disent, oui, c'est sûr, à un moment quand même
14:40assez important, parce qu'il y a beaucoup de transmissions d'entreprises en ce moment,
14:45de PME, de TI, et donc on peut vous dire, est-ce que ce n'est pas quand même un
14:52peu contradictoire,
14:52ce que vous dites ? Vous les défendez d'un côté, puis en même temps, vous les pénalisez de l
14:57'autre.
14:57Alors d'abord, je vais vous dire que je travaille, et nous travaillons, la France Insoumise,
15:02avec un réseau de 400 petits chefs d'entreprise.
15:06Nous commençons ce travail, d'abord parce que nous pensons que nous avons des propositions
15:11très fortes qui, au contraire, vont soutenir l'activité des entreprises.
15:16Par exemple, nous prenons le fait que, dans les marchés publics, nous ayons enfin une préférence
15:21claire et nette pour les TPE, PME locales.
15:24Je vous donne un exemple.
15:26Les polos des gendarmes, vous savez, avec l'argent des contribuables, vous savez par
15:30qui ils sont fabriqués aujourd'hui ? Par Eminence, qui a répondu à l'appel d'offres
15:34du ministère de l'Intérieur.
15:36Et qui, contrairement à ce qu'on pense, n'est plus français.
15:38Et surtout, vous savez où ils font fabriquer les polos de non-gendarmes sur l'argent
15:42du contribuable ?
15:43Au Bangladesh.
15:46Et à cause de ça, il y a une usine d'Eminence qui est en train de fermer de textiles
15:49dans le Gard.
15:50Vous voyez le problème.
15:52Donc, aujourd'hui, on a besoin de courage politique et de protection des entreprises
15:56par rapport à la concurrence déloyale.
15:58Donc là, il faut, par exemple, une préférence pour les entreprises, les TPE, PME françaises.
16:03C'est anti-européen ?
16:04C'est-à-dire qu'il y a un problème avec la gouvernement ?
16:05Eh bien, c'est là que je vous parle de courage politique.
16:07Parce qu'à un moment donné, oui, pour protéger nos entreprises, il faudra désobéir
16:13ou ne pas respecter certaines règles qui les mettent en danger, qui mettent en danger
16:17l'emploi et l'activité de ces entreprises.
16:19J'ai l'impression d'entendre quelqu'un du Rassemblement national, Aurélie Trouvé,
16:23entendez ça, parce que c'est des propos qu'il est fort.
16:25Vous parlez des petits patrons, vous parlez du Rassemblement national.
16:29Oui, le Rassemblement national, nous n'avons absolument rien à voir, comme vous le savez,
16:34puisque je considère que ce parti porte d'abord des propos racistes et que nous sommes
16:41peut-être les premiers adversaires du Rassemblement national.
16:46Mais allons sur le point de vue économique, c'est intéressant.
16:49C'est intéressant de voir, alors un, deux choses...
16:51Non, mais même pas sur le plan économique, nous nous rejoignons.
16:53Oui, mais si, parce que les petits patrons, eux, ils font...
16:56Je recevais Jean-Philippe Tanguy, on voit bien quand même, il y a une petite danse autour
17:02des petits patrons qui ont été un peu effrayés par les filles et cette taxe du Kman.
17:06Et du coup, ils vont les voir.
17:08Et vous, vous avez organisé un monoc, justement, avec des petits patrons.
17:12Avec les petits patrons.
17:13Et qui a fait beaucoup de bruit, vous allez nous dire pourquoi.
17:14Effectivement.
17:15D'abord, je veux dire que je considère que le Rassemblement national est avant tout
17:19l'allié du MEDEF, qui par ailleurs ne représente pas forcément toutes les grandes entreprises.
17:25UDP, aussi.
17:27Non, je considère qu'ils sont avant tout les alliés du MEDEF.
17:30Et que, par ailleurs, surtout, ils ont un programme qui se fait contre les salariés.
17:36Nous, on considère que l'entreprise, ce sont des chefs d'entreprise, c'est l'activité
17:39et les salariés.
17:40Par exemple, ils se sont opposés à la hausse du SMIC, par exemple.
17:46Nous, nous sommes pour la hausse du SMIC.
17:48Parce que c'est eux qui sont responsables du compte d'exploitation.
17:51Et là, vous allez me dire, mais comment fait-on avec les petites entreprises s'il y a
17:54la hausse du SMIC ?
17:55Est-ce qu'elles vont tenir ?
17:57Donc, nous sommes, par exemple, pour une péréquation des cotisations sociales,
18:03pour que ce soit d'abord et avant tout les grandes entreprises qui portent et bien
18:10davantage qu'aujourd'hui la charge sociale.
18:12Par ailleurs, je le dis, nous, nous disons aux entreprises, avant tout, ce qu'il vous
18:17faut, c'est des débouchés.
18:18Donc, il faut relancer la demande.
18:19Donc, il faut relancer les salaires.
18:20Et par contre, ce à quoi on va répondre, c'est votre protection, mais aussi le fait
18:25que vous ayez beaucoup moins de charges privées.
18:27Parce qu'en réalité, les petites entreprises, elles sont victimes des charges bancaires,
18:31des charges d'assurance, des charges d'électricité.
18:34De l'URSA, de tout ce qu'on va à la liste, c'est très long.
18:36Et c'est à ça qu'on va s'attaquer.
18:38Alors que le Rassemblement National, il s'attaque au salaire.
18:41Juste quand même un point, mais rapidement, parce que j'ai encore une question et on
18:44a déjà terminé, Aurélie Trouvé, c'est, est-ce que quand même, vous avez conscience
18:49que vous avez un peu précipité des petites entreprises et des moyennes entreprises avec
18:57cette taxe Zuckman qui a fait tellement peur que vous êtes devenu un épouvantail ?
19:02Alors, pas du tout.
19:03En tout cas, le président de l'UDEP, il l'a dit ici même, à votre place.
19:06Enfin, le président de l'UDEP, il a refusé de participer à la grande messe de monsieur
19:11Martin, président du MEDEF, en lui disant, mais enfin, notre combat principal, c'est
19:16pas la taxe Zuckman.
19:17Et à juste titre, parce que je vais vous dire, la taxe Zuckman, c'est quelques centaines
19:22de très hauts patrimoines qui seraient touchés, absolument pas les petits patrons.
19:26Et il faut arrêter de mettre un signe égal entre le boulanger, le boucher ou même
19:32le petit patron de...
19:33Là, vous parlez de TPE, moi je parle de PME.
19:35Oui, mais même de PME, je veux dire, non, c'est pas vrai que la taxe Zuckman va toucher
19:40les patrons de PME, elle touchera quelques centaines de très grandes fortunes.
19:44Ça leur a fait très peur.
19:46Parce que, alors là, je suis pas du tout d'accord, parce que nous, on travaille avec
19:50plein de chefs de TPE et PME qui disent, notre problème, c'est pas du tout la taxe Zuckman.
19:53D'ailleurs, le MEDEF et Patrick Martin ont une bataille qui n'est pas la nôtre.
19:58La nôtre, c'est les charges privées, bancaires, d'assurance, les énormes retards de
20:02paiement de la part des très grandes entreprises qui nous tombent dessus.
20:05de l'État.
20:05Voilà, et des collectivités locales aussi, je suis d'accord.
20:08Il y a un problème là-dessus.
20:09Toute dernière question, parce qu'on a déjà dépassé notre temps, sur la représentativité
20:14des syndicats.
20:14Parce que lors de ce colloque que vous avez organisé avec Jean-Luc Mélenchon, avec
20:19donc des patrons de PME, il y a eu une petite phrase d'Amir Reza Tofighi, qui est le patron
20:27de la CPME, qui a dit, il peut y avoir peut-être une loi transpartisane qui soit portée en
20:312026 sur la représentativité patronale.
20:35Alors ça fait un barouf d'en faire.
20:36Il a fait une mise au point en disant, nous n'avons pas co-écrit une proposition de loi,
20:41mais restons disponibles pour contribuer.
20:43Bon, en tous les cas, vous allez vous déposer une loi là-dessus ou pas ?
20:46D'abord, je veux dire que je suis très heureuse que les présidents de l'UE de l'ACPME
20:50aient accepté le débat dans un débat que nous avons organisé avec Jean-Luc Mélenchon
20:55et l'Institut de la Boissie.
20:58Effectivement, nous avons, lors de ce colloque, discuté de propositions qui pourraient aller
21:04dans le sens aussi de ces petits patrons.
21:07C'est le cas d'une meilleure représentativité patronale, parce qu'aujourd'hui, le MEDEF
21:11de fait a un droit de veto dans les instances paritaires.
21:15Et donc, nous considérons que les petites entreprises, elles doivent être mieux représentées
21:18parce qu'elles ont des intérêts spécifiques.
21:20Et même, j'ai envie de vous dire, elles subissent une injustice fiscale
21:23parce qu'elles payent beaucoup plus d'impôts que les grandes entreprises.
21:26Ce sont les grandes entreprises aussi qui reçoivent l'essentiel des aides publiques.
21:30Et nous, on considère que petits et grands patrons n'ont pas tout à fait les mêmes intérêts.
21:35Et donc, vous allez d'ailleurs à une proposition de loi de votre part ou pas ?
21:37Tout à fait, nous sommes en train de la travailler.
21:39D'ailleurs, avec Adrien Clouet également, nous travaillons cette proposition de loi.
21:44Et nous le ferons de toute façon aussi en dialogue avec ces organisations de petits patrons.
21:50Pourquoi ?
21:51Nous prenons le temps de la travailler.
21:54Vous savez, nous travaillons avec sérieux.
21:56Donc, quand nous considérons qu'elle est bien prête et bien discutée aussi
22:01avec ces organisations de petits patrons, nous la présentons.
22:03Quand est-ce que le projet de nationalisation d'Arcelor, qui est au Sénat,
22:09qui va être discuté au Sénat par Fabien Guay, qu'on connaît bien ici, sénateur communiste,
22:14quand est-ce que ça va arriver à l'Assemblée nationale ?
22:16Alors, au Sénat, c'est le 25 février.
22:19Donc, je veux dire quand même que cette proposition de nationalisation d'Arcelor Mittal,
22:25une telle loi n'avait pas été votée à l'Assemblée nationale depuis 1982.
22:30Et si ça a été voté à la majorité des députés sur proposition de la France insoumise,
22:34c'est qu'il y a une absolue nécessité.
22:35Donc, je me réjouis que ça arrive au Sénat le 25 février.
22:38Et après, ça sera de la responsabilité du gouvernement de l'inscrire à l'ordre du jour de l'Assemblée.
22:41Et j'espère qu'ils le font.
22:43Ils ont dit qu'ils allaient investir 1,3 milliard dans un four électrique.
22:47Donc, l'État, ils n'ont pas les moyens de mettre 1,3 milliard.
22:49Alors, juste une chose, un seul four électrique,
22:52ça représente uniquement un tiers de la production d'acier de Dunkerque.
22:57Autant vous dire que ça ne résout rien au problème de la souveraineté en matière de production d'acier.
23:02Merci Aurélie Trouvé.
23:03Donc, rendez-vous est pris.
23:04On a vu qu'il y a quand même beaucoup de rendez-vous.
23:05Merci beaucoup d'avoir été avec nous.
23:07Merci beaucoup.
23:07Un député Lephi de Sénat-Di,
23:09qui est donc rapporteur de cette commission sur l'appétit prédatif des fonds spéculatifs.
23:14J'espère revenir.
23:16Merci.
23:16Absolument.
23:16Merci beaucoup.
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