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  • il y a 2 mois
Louis-Carl Vignon, président de Ford France, était l'invité de Laure Closier dans Good Morning Business, ce mercredi 17 décembre. Ils sont revenus sur la décision de Bruxelles d'abandonner l'interdiction de vendre des voitures thermiques neuves en 2035, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Bonjour le président de Ford en France, on avait besoin de vous entendre sur ce coup de braquet majeur de Bruxelles.
00:05Donc je le redis, existe l'interdiction pure et simple de la vente de moteurs thermiques pour les voitures neuves en 2035.
00:10Désormais la règle c'est la réduction de 90% des émissions. Est-ce que vous dites ouf ce matin ou pas ?
00:17Écoutez oui, c'est une bonne nouvelle. On avait demandé nous trois choses chez Ford à Bruxelles.
00:21Tout d'abord d'avoir une sorte d'alignement entre les objectifs et la réalité.
00:25Et on voit bien qu'aujourd'hui l'adoption par les clients des véhicules électriques est plus lente que ce qu'on espérait.
00:31On voulait également avoir quelque chose qui supporte ce qu'on appelle chez nous la working economy.
00:38Donc ceux qui travaillent, les artisans qui sont, vous savez qu'on est leader en Europe des véhicules commerciaux.
00:44Et donc vraiment nos premiers clients ce sont ces artisans, ce sont ces PME.
00:47Et là il y a un vrai gap puisqu'on est à 8% seulement aujourd'hui.
00:50On est très loin sur l'utilitaire.
00:51Et ils voulaient qu'on soit à 50% en 2030, on passe maintenant à 40%.
00:54Donc là aussi on est plus en ligne avec la réalité.
00:58Et puis on voulait qu'il y ait une sorte de favoritisme on va dire pour la production européenne.
01:04Où on a nous réellement notre empreinte industrielle.
01:07Et là aussi dans ce qui a été annoncé hier soir par la Commission européenne.
01:11On entend parler de petites voitures abordables.
01:13On entend parler de mesures qui favoriseraient un contenu local.
01:16Encore des choses un peu à définir.
01:18Ce n'est pas complètement clair.
01:20Mais en tout cas ça va dans le bon sens.
01:21Et surtout, et ça fait écho au débat que vous aviez juste avant, nous on est quand même fortement engagés.
01:27Tous les constructeurs, Ford en particulier puisqu'on avait signé les accords de Paris en 2018 pour la décarbonation de la mobilité.
01:34On n'a pas attendu que les pouvoirs publics nous disent quoi faire.
01:37On s'est engagés sur les moteurs thermiques, les moteurs électriques.
01:39Et donc nous notre trajectoire en tant que constructeur, elle est très claire.
01:43On sait où on veut arriver en 2050.
01:45Mais cette étape, avec un peu d'ouverture en 2035, le fait de passer de 100 à 90% seulement de véhicules électriques.
01:52Le fait d'ouvrir au biocarburant.
01:54Et vous savez que chez Ford on est les champions du biocarburant.
01:56Puisqu'on a des modèles qui fonctionnent au bioéthanol qui est produit en France.
02:00Tout ça, ça va dans le bon sens.
02:00Vous me dites la trajectoire, elle est très claire.
02:02Dans les annonces de Ford, on a aux Etats-Unis le fait de revenir sur des annonces sur l'électrique.
02:06En France, le fait d'investir sur des lignes chez Renault pour fabriquer des petites voitures électriques.
02:11Comment il faut regarder ça sur le plan macroéconomique ?
02:15On avance, on recule, c'est quoi ?
02:17Alors, on avance.
02:18C'est exactement ce que je disais auparavant.
02:21Chez Ford, on a un engagement très fort qui est au niveau global.
02:24Cette neutralité carbone en 2050.
02:26Donc l'objectif, le point d'arrivée, il est très clair.
02:29Après, c'est la façon dont on y va et le rythme surtout qu'on va adopter pour y aller qui doit être bien défini.
02:35Entre les communications qui ont été faites avant-hier soir, pour le coup, aux Etats-Unis,
02:39où, clairement, on garde ce cap avec plus de véhicules hybrides, plus de véhicules multi-énergie.
02:45Une plateforme qu'on a annoncée à l'été dernier,
02:48qu'une petite plateforme qui permettra de faire des véhicules 100% électriques abordables.
02:52En réalité, l'annonce d'avant-hier est une annonce sur des très gros véhicules,
02:57sur lesquels la demande est moins présente.
02:58Et donc, on se concentre plus sur des solutions multi-énergie aux Etats-Unis
03:03pour les très gros véhicules, plus que les véhicules électriques,
03:05et des petits véhicules tout électriques.
03:06En Europe...
03:07C'est ça, c'est le petit véhicule, la cible.
03:10Il y a eu cette annonce avec Renault.
03:12Et là, je dois dire que, moi, en tant que Français, je m'en réjouis tout particulièrement.
03:16D'abord, c'est le signe, la confirmation d'un engagement européen de la part de Ford.
03:20On est la plus vieille marque en Europe, plus de 100 ans.
03:22Donc, ça préfigure le prochain siècle, je l'espère, en tout cas.
03:26Deuxièmement, on a ce leadership sur les véhicules commerciaux.
03:30Vous savez qu'il y a deux volets dans l'accord avec Renault.
03:32Il y a les petits véhicules, plus une lettre d'intention sur un développement commun
03:36de véhicules commerciaux, là aussi, qui seront multi-énergie et abordables.
03:40Et puis, l'offre de produits qui s'étend, et ça, c'est bien pour notre gamme, nous, chez Ford,
03:46avec une approche très pragmatique, très efficiente au niveau industriel,
03:50puisqu'on va mettre deux petits véhicules, deux segments B, et là, ça fait un peu écho,
03:56également, avec ce qui a été annoncé hier soir par la Commission européenne,
03:58puisqu'elle a introduit la classe de petites voitures, moins de 4,20 m, abordables, électriques,
04:04et donc deux véhicules de segment B qui seront produits en France de façon abordable
04:09sur une plateforme, la plateforme en paire de Renault, avec un design purement favorable.
04:13Je reviens à la question de fond, parce qu'on a des Allemands qui sont à la fois contents,
04:16à la fois un peu mécontents, parce que ça ne va pas assez loin, selon certains.
04:20Est-ce que ce type de décision, ce retour en arrière, quand même,
04:24va permettre de sauver l'industrie automobile telle qu'elle est aujourd'hui,
04:28avec ce problème de demande, quand même, de fonds ?
04:30On achète moins de véhicules encore aujourd'hui qu'avant.
04:34Est-ce que là, il y a quelque chose qui va permettre de ressusciter un peu le secteur ?
04:38En tout cas, ça va dynamiser.
04:40Nous, une des choses qu'on a demandé également, c'est d'avoir un cap à long terme,
04:44parce que nous sommes des industries lourdes,
04:46donc on n'investit pas pour des choses qui vont se passer le lendemain.
04:48Tous les constructeurs, dans leur ensemble, ont investi des centaines de milliards
04:52pour cette transition.
04:53Donc, le plus dramatique aurait été un abandon complet, évidemment,
04:56ce n'était pas entendable, mais je pense que cette solution est une solution pragmatique.
05:02Ça ne va pas bouger les investissements dans l'électrique,
05:04mais ça va nous permettre d'amortir plus nos investissements sur le thermique,
05:08et ça crée quand même un petit peu de protection pour cette industrie européenne,
05:12et c'est ça qu'on voulait.
05:13Est-ce que vous pensez, comme Emmanuel Lechiffre,
05:16que les investissements auraient été faits, malgré cette date,
05:19si on n'avait pas eu ce coup près pendant 10 ans ?
05:22Alors, très critiqué, certes, mais avec cet objectif qu'il fallait tenir,
05:26est-ce que les investissements dans l'électrique auraient quand même eu lieu ?
05:28En fait, on a déjà fait beaucoup de ces investissements dans l'électrique,
05:32donc la trajectoire de notre côté était enclenchée.
05:36Après, on a un vrai savoir-faire en Europe,
05:39chez les constructeurs automobiles, sur les moteurs thermiques électrifiés,
05:42les moteurs hybrides, les moteurs hybrides rechargeables,
05:44les moteurs avec un range extender, comme on dit,
05:46donc un petit moteur qui alimente le moteur électrique,
05:49en réalité, donc ça permet d'aller plus loin, plus longtemps,
05:52en propulsion quasiment 100% électrique,
05:54puisque le petit moteur, c'est une sorte de générateur.
05:56Donc là-dessus, on a réellement une avance technologique.
05:59Donc ça permet d'avoir d'autres solutions
06:01pour les constructeurs européens,
06:04donc qui vont nous permettre de pérenniser nos investissements
06:06et toutes les recherches qu'on a faites dans ces dernières années.
06:10Donc, tout le monde investit sur l'électrique,
06:13ça, ça reste, mais en plus,
06:14on soutient ce qui est un point fort aujourd'hui,
06:17et en proposant aussi...
06:18Mais vous ne m'avez pas répondu,
06:19parce que la question, c'est,
06:20est-ce que vous l'auriez fait sans obligation de l'Union européenne ?
06:24Est-ce que l'Union européenne a eu raison
06:27d'être aussi forte sur ce point,
06:31quitte à changer de braquet,
06:32mais est-ce qu'on a bien fait d'être aussi ferme ?
06:34Pour répondre très franchement,
06:36on l'aurait fait,
06:36parce que, comme je vous le disais,
06:37tous les constructeurs automobiles,
06:39et nous, Ford en particulier,
06:40on est engagés dans cette transition écologique.
06:43Tous les constructeurs automobiles européens
06:45veulent décarboner la mobilité.
06:47Est-ce qu'on l'aurait fait aussi vite,
06:49aussi fortement ?
06:51Vraisemblablement, non.
06:52Merci beaucoup d'être venu ce matin
06:54dans la matinale de l'économie.
06:56Louis-Carles Vignon, le président de Ford.
06:57Merci.
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