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  • il y a 10 mois
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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00:00Il est 6h moins 10, on est focalisé sur BFM TV dans cette édition spéciale sur la crise agricole.
00:11Alors il y a bien évidemment dans ces cas-là deux niveaux, deux pôles d'attraction de l'information.
00:16C'est-à-dire il y a le terrain avec la colère des agriculteurs, on est sur les barrages et on voit qu'ils ont l'intention de tenir, pas bouger.
00:22Et les motifs de la colère c'est la dermatose, la maladie dont sont atteints les bovins.
00:26Et les solutions que doit apporter le gouvernement, ils ne veulent plus d'abattage, ils veulent la vaccination et surtout des garanties d'indemnisation derrière.
00:34Et puis il y a ce greffe là-dessus aussi, le Mercosur, les négociations européennes.
00:38Il faut préciser qu'il y a une réunion en ce moment même.
00:40Voilà, réunion à l'hôtel de Matignon avec Sébastien Lecornu, le Premier ministre et des annonces dans la soirée.
00:46On va retrouver en direct pour BFM TV Pauline Sarafi.
00:49Pauline Sarafi, elle est dans l'Hérault, elle est à Bayargue où là encore le barrage tient.
00:54Oui, effectivement, on est sur ce qu'ils ont appelé le quartier général des agriculteurs mobilisés dans l'Hérault et dans le Gard.
01:03C'est ici que les décisions sont prises chaque jour pour décider des différentes actions.
01:07On était tout à l'heure sur une opération escargot, une opération péage gratuit ensuite.
01:12Mais ils sont mobilisés, ils sont bien déterminés à rester ici encore plusieurs jours.
01:17On est avec Nicolas Vitou. Nicolas, vous êtes éleveur de taureaux de Camargue.
01:23Vous, qu'est-ce que vous attendez des nouvelles annonces de Sébastien Lecornu après cette réunion qui est en train de se tenir à ce moment même ?
01:31Quelle annonce ? Moi, je n'y ai pas vu d'annonce du tout.
01:34Ce n'est pas parce qu'on nous dit que l'Hérault va être vacciné, mais ils croyaient quoi qu'on allait lever les barrages ?
01:38Nous, ici, là, au QG des Agri, à Vendard, entre Vendard et Bayard, on se bat pour toute la France, pour tous les éleveurs, on se bat pour tous les agriculteurs.
01:46Donc, ils ne nous fassent pas des effets d'annonce parce que là, ça ne prend pas, on n'est pas des gamins.
01:50D'accord ? Donc, le siège, il est là, il va continuer avec tous les jours, en partance du QG, ici, des actions différentes de tous les jours.
01:58Vous, vous êtes particulièrement concerné par ça, vu que vous avez eu un élevage de taureaux.
02:04Ce que vous souhaitez, c'est l'arrêt de l'abattage systématique, c'est ça ?
02:09Bien sûr. Vaccination, pourquoi pas ? On aurait aimé quand même mieux, par exemple, qu'on nous aide à avoir une immunité naturelle, surtout au vu du changement climatique.
02:17Ça, ils ne sont pas capables de l'entendre. Alors, vaccination, pourquoi pas ?
02:20Mais quand on entend qu'une bête sort positive au bout de 30 jours de vaccination et qu'on abat tout le troupeau, ce n'est pas acceptable.
02:26Alors, attendez, on n'est pas vétérinaire, d'accord ? Ok, on ne va pas extrapoler sur les solutions.
02:31Moi, je dis simplement qu'en tout cas, leur protocole ne fonctionne pas. Ça progresse. Ça s'approche de nous. Allez savoir où ça va finir.
02:40Ça s'approche de nous. Ça ne fonctionne pas. Et on ne peut pas traiter ni les agriculteurs, ni encore moins le bétail, de la façon qu'ils font.
02:47Donc, non, ils se débrouillent. Ils trouvent d'autres solutions. Et qu'on ne nous parle pas de licence d'exportation, ça ne nous concerne pas.
02:54Est-ce que vous faites confiance en vos vétérinaires ?
02:57Les vétérinaires, bien sûr. Bien sûr, tout à fait. Mais il faut écouter les paysans, les hommes du pays.
03:02D'accord ? À l'époque, moi, par exemple, on est dans le taureau Camargue.
03:05Dans le taureau Camargue, ça ne va pas nous choquer d'avoir une bête qui va mourir par un moucheron.
03:10Ça ne nous choque pas. Il y avait jusqu'à 10 %, jusqu'à il y a 50 ans, 10 % de mortalité.
03:15C'est la nature. C'est comme ça. D'accord ? Alors, ça, ils ne sont pas capables de l'entendre, scientifiquement.
03:20Mais nous, les gens du pays, nous le savons.
03:22Là, jusqu'à quand est-ce que vous êtes capables de maintenir cette pression ? Jusqu'à quand est-ce que vous êtes capables de rester mobilisés ici ?
03:28Jusqu'à quand ? Mais je vais vous dire. On est partis, on était 20. Là, on est plus d'une centaine.
03:32On est là toute la nuit. Le matin, il y a du monde. Il y a des tracteurs, tout.
03:36Les collègues sur le Gard se bougent aussi. Béziers est tenu.
03:39Mais ici, le QG, si ça ne tient pas ailleurs, en plus, ils vont nous rejoindre. D'accord ?
03:44Mais là, on va tenir. Les gens sont d'une générosité avec nous hallucinante.
03:49Tous les automobilistes, ils nous posent des vituailles, ils donnent de l'argent pour le gasoil, pour les tracteurs.
03:54C'est hallucinant et vraiment, on les en remercie. Ok ?
03:57Mais on va tenir. On va tenir. Et qu'ils ne nous enfument pas les effets d'annonce. Ça, c'est clair.
04:01Merci, Nicolas. Vous l'avez entendu, donc, la détermination chez les agriculteurs du Gard et de l'Hérault qui vont rester encore ici cette nuit.
04:09Certains dorment dans leur tracteur, dans leur camion quand ils le peuvent.
04:12Sinon, à même la paille qui a été installée ici, sur ce QG, à quelques dizaines de kilomètres de Montpellier.
04:19Merci, Pauline Sarafi, sur la neuf, avec Julie Roseur pour BFM TV.
04:23Alain Dumamel, il y aura donc des annonces gouvernementales ce soir.
04:26Mais on voit bien qu'il y a deux problèmes.
04:28Il y a effectivement le problème sanitaire avec la dermatose nodulaire.
04:32Mais il y a aussi le Mercosur, avec une grande manifestation prévue à Bruxelles jeudi, le sommet européen jeudi et vendredi.
04:37Donc, beaucoup d'agriculteurs, à mon avis, même si les annonces vont dans leur sens ce soir,
04:41vont vouloir rester sur place, sur ces barrages, pour maintenir la pression sur le dossier Mercosur.
04:48De toute façon, je crois qu'on n'est pas du tout dans une phase pendant laquelle on pense que les barrages vont être levés.
04:54Pour l'instant, ce n'est pas du tout ça.
04:55Ce n'est pas l'enjeu des annonces de ce soir.
04:57C'est plutôt le mouvement inverse.
04:59Ça tend plutôt à s'étendre en ce moment.
05:02Le Mercosur, au milieu de ça, il faut reconnaître que ça ne simplifie rien.
05:06Le Mercosur, je répète, pour les industriels et les services, c'est une chance.
05:12Pour les agriculteurs, c'est un risque.
05:15Alors, il y avait des contingentements qui étaient prévus, etc.
05:17Mais là où il y a quelque chose d'incontestable, c'est que les normes qui sont respectées en Amérique du Sud ne sont pas les normes qu'on exige, qu'on impose et qu'on vérifie en Europe.
05:28Sauf qu'on est un peu les seuls en Europe à défendre un signe de notre agriculture, parce qu'il est plus important chez nous qu'ailleurs.
05:35On n'est pas tout à fait les seuls, mais il faut reconnaître qu'à Bruxelles, parmi les représentants des États, pas l'administration de Bruxelles, pas les représentants des États, on est en minorité.
05:47C'est l'Allemagne qui tient le manche.
05:50Mais l'Allemagne a beaucoup à gagner sur le plan industriel et nous, on a beaucoup à perdre sur le plan agricole.
05:55Pour ceux qui nous regardent, Alain, et puis on entend les différents partis politiques jouer leur partition, là, ceux qui nous regardent, ils se disent, est-ce qu'on peut dire non et stopper ce Mercosur ?
06:05On peut le dire, effectivement.
06:06Est-ce qu'on peut faire bien ? Est-ce que la France peut dire non, on n'en veut pas, terminé, ça ne viendra pas chez nous ?
06:11Non, parce qu'on est emporté par la décision européenne, on appelle minorité de blocage.
06:18C'est-à-dire que là, et je parle avec Neila dans le coin de mon oeil, mais là, la France attend une position un peu plus, j'ai envie de dire, ferme, ou en tout cas tranchée de la part de l'Italie.
06:31Si l'Italie nous épaule et va dans le sens...
06:35Ça fait une minorité de blocage ?
06:36Ça fait une minorité de blocage qui fait que Ursula von der Leyen ne pourrait pas ratifier et signer samedi.
06:44Au Brésil.
06:44Il n'y a pas de ratification, pardon, samedi.
06:47Samedi, c'est la signature, enfin c'est éventuel, c'est la date, c'est le délai pour que la commission, le délai actuel pour paraffer et pour transmettre ensuite le texte, le traité au Parlement européen d'un côté,
07:00puisqu'il faudra un vote des eurodéputés pour qu'ensuite ça puisse être ratifié, et de l'autre, qui n'est pas encore acquis, et de l'autre, il faut quand même que les chefs d'État, que le Conseil aussi l'acceptent.
07:09Il y a ces deux choses-là. Dimanche, samedi, pardon, c'est juste, est-ce qu'on poursuit la démarche ou est-ce qu'on arrête ?
07:17Et à ce stade, on ne parle pas de minorité de blocage pour faire tomber le traité, on parle de minorité pour repousser cette échéance.
07:24C'est cela dont il s'agit.
07:26Après, c'est Bruxelles.
07:26Bruxelles, c'est quand même un grand jeu de bonnes taux, je te donne ceci, je te cède cela, etc.
07:30Il y a eu aujourd'hui un vote au Parlement européen sur des clauses miroirs.
07:33On voit que les gros opposants au texte disent, en réalité, c'est une manœuvre de la Commission pour faire voter des clauses miroirs qui ne servent à rien,
07:40puisque ces clauses miroirs et le fait de pouvoir appliquer un mécanisme de blocage s'appliqueraient,
07:45mais uniquement si la Commission constate qu'il y a des problèmes.
07:48Donc, en gros, ça ne donne pas vraiment la main ni aux agriculteurs.
07:51En gros, ça veut dire qu'on fait venir les produits, puis on verra s'il y a des problèmes.
07:53S'il y a des problèmes, on bloque, on applique des quotas, on bloque.
07:56Mais enfin, la question, c'est qui bloque ?
07:58Parce que si c'est au niveau de la Commission européenne, le temps que vous bloquiez,
08:01honnêtement, les produits ont eu le temps de largement déferler sur le continent.
08:04Voir que ça bouge aussi sur le véhicule thermique, pardon, ce n'est pas anodin.
08:07Aujourd'hui, la Commission vient de dire, bon, la fin du véhicule thermique, là, en fait, on va repousser.
08:12On assouplit, mais enfin, c'est un assouplissement léger.
08:14C'est 2035, on repousse un peu.
08:16C'est-à-dire, mais est-ce que je te donne le véhicule thermique pour que tu me donnes le Mercosur ?
08:20C'est ça, il y a tout ça qui est en train de se jouer actuellement.
08:22Ce qui est sûr, c'est que quoi qu'il en soit, que samedi, ce soit transmis ou pas transmis,
08:28si la décision n'est pas repoussée, ou si elle est repoussée, mais qu'Ursula von der Leyen sort à la tribune en disant,
08:35oui, mais c'est technique, on va le faire quand même, de toute façon, ça ne calmera pas la colère.
08:39– Il faut rappeler juste Mercosur, c'est Uruguay, Brésil, Paraguay et Argentine.
08:44– Est-ce qu'il n'est pas trop tard pour dire non, en fait ?
08:47On a l'impression qu'on est en fin de partie et qu'on se réveille avec Emmanuel Macron
08:51qui est accusé d'avoir tenu deux discours.
08:52C'est quand il est avec le président brésilien, Lula, il semble dire, oui, on y va,
08:56et puis quand elle est en France, face à la colère…
08:58– Non, il semble dire qu'il y a des avancées, ça va dans le bon sens.
09:00– Face à la colère agricole, il dit, non, on n'y va pas.
09:02– Oui, bon, ça c'est, je veux dire, c'est le B.A.B. de la diplomatie,
09:07on sait très bien que selon l'interlocuteur, on a un langage ou on a un autre.
09:11La question, c'est plutôt qu'au départ, la France était, en tout cas ses représentants,
09:18était partant pour le Mercosur, et puis que progressivement,
09:23la question agricole a pris de l'importance, mais ce n'était pas du tout instantané,
09:29et que maintenant, on est en quelque sorte empêtré,
09:31parce que d'un côté, la dimension industrielle, service, etc., nous arrange.
09:36– Beaucoup de services pour la France.
09:37– Oui, ça nous arrange.
09:38– Industrielle, pas beaucoup.
09:39– Oui, on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a,
09:41ce n'est pas seulement vrai de l'agriculture, ça.
09:43– Voilà, c'est vrai.
09:44– Bon, mais au fond, aujourd'hui, Emmanuel Macron est obligé d'être très critique
09:53vis-à-vis de cet accord et de faire ce qu'il peut pour le bloquer.
09:56Est-ce qu'il peut le bloquer ? Je ne suis pas sûr qu'il y arrive.
09:59– Il ne faut pas faire naître de faux espoirs.
10:00– Mais je me demande si la crise continue,
10:06si l'accord simultanément est ratifié, voté.
10:13Il peut y avoir aussi une réaction française qui est de dire, on n'appliquera pas.
10:17– On peut ça ?
10:18– On ne peut pas, mais on l'a déjà fait.
10:20– Il y a quand même un exemple célèbre qui est celui du général de Gaulle qui a dit,
10:26on ne va plus à Bruxelles tant qu'on ne le sait pas.
10:29– D'accord, mais les Français, ils ont surtout en tête qu'en 2005, ils avaient dit non
10:33et qu'on leur a dit, on s'en fout, c'est oui.
10:35Et c'était en 2007.
10:37– C'est pour ça que je vous parlais de De Gaulle qui était bien avant.
10:39– Merci Alain, on va retourner sur les barrages,
10:43retrouver Noémie Viorin qui est en direct pour nous.
10:46Elle est dans les Yvelines, ce sont ces images que l'on voit des Yvelines,
10:49ces ballots de paille là qui continuent de brûler.
10:51– Exactement, cette image spectaculaire de ce brasier qui continue de brûler ici.
11:01Vous voyez ces épaisses fumées dans le ciel.
11:05Ce sont des pneus qui brûlent, mais aussi des bennes qui ont été déversées, des souches.
11:12Et on est avec un jardinier qui est venu apporter son soutien.
11:16Bonsoir.
11:17Pourquoi c'était important pour vous de venir ce soir ici apporter votre soutien aux agriculteurs ?
11:21– Pour pouvoir manger de la bonne viande,
11:23ne pas apporter de la saloperie des pays émergents
11:27et puis pour garder un soutien, une qualité de vie.
11:31– Venez de Oudan, vous êtes venu exprès.
11:33– Moi j'habite à Bourdonnet.
11:34– À Bourdonnet, dans le 78.
11:37– À 5 km d'issue.
11:38– Et vous les soutiendrez jusqu'à quel point, monsieur ?
11:40– Au point qu'on peut les soutenir, en essayant d'acheter de la qualité,
11:45pas de la viande importée.
11:48– C'est le bloc Paris, vous les soutiendrez ?
11:50– Oui, bien sûr.
11:51– Merci beaucoup, monsieur.
11:53Vous voyez, beaucoup de Français qui viennent ici en soutien de ces agriculteurs.
11:58Ils sont une quarantaine ici, ils sont en train de faire une pause.
12:01On a entendu beaucoup de klaxons en venant jusqu'ici.
12:05Voilà, des messages de soutien.
12:07Ces Français, donc, qui les soutiennent massivement.
12:10Ils sont perçus comme des travailleurs essentiels,
12:12soumis à des contraintes administratives, économiques aussi.
12:16Mais voilà, leurs revendications sont comprises et jugées légitimes par les Français.
12:22– Merci Noémie, Noémie Virat.
12:23– Alain, vous voulez ajouter quelque chose ?
12:25– Oui, d'un mot, de toute façon, on va avoir une crise.
12:29Soit on a une crise gouvernementale-agriculteur,
12:32en général, ça ne se termine pas très bien pour les gouvernements, statistiquement.
12:36Soit on ouvre une crise à Bruxelles, ce qui est encore une possibilité.
12:41Mais il y aura une crise.
12:42– Mais si on ouvre une crise à Bruxelles, on peut avoir une unité politique
12:44autour d'Emmanuel Macron s'il dit non.
12:47– Alors, je ne suis pas sûr que ce soit exactement comme ça que ça se passerait.
12:52– On va continuer.
12:52– Mais il peut y avoir des approbations vis-à-vis du gouvernement.
12:57Les gens ne vont pas redevenir macronistes pour autant.
13:00– Non, bien sûr.
13:00– En revanche, si la France, alors là, j'en suis sûr,
13:04parce que j'ai déjà assisté à des péripéties de ce genre,
13:09si la France, sur l'affaire du Mercosur,
13:12prenait une position qui soit une position de fermeté,
13:16je suis sûr d'abord que l'opinion suit à mort.
13:19Et je pense qu'au Parlement, il y aura une très forte pression aussi
13:23pour être vigoureux.
13:26Et on l'a déjà fait.
13:29Donc on ne peut pas dire que c'est impossible.
13:31– Allez, on va bien évidemment continuer d'en discuter
13:33dans la deuxième partie de l'émission, de cette édition spéciale.
13:36– Sous-titrage Société Radio-Canada

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