- il y a 4 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00Là, nous, ce que l'on va regarder maintenant avec nos invités, c'est cette consigne, cette circulaire du Premier
00:06ministre Sébastien Lecornu.
00:08Visiblement, il veut savoir ce qui se passe dans les ministères, si on touche aux produits stupéfiants ou pas,
00:12parce qu'il veut des dépistages inopinés, obligatoires, sous la forme de tests salivaires des membres du cabinet ainsi que
00:19des titulaires d'emploi
00:20à la décision du gouvernement circulaire qu'il a envoyée à l'ensemble des ministères Sébastien Lecornu.
00:26Nous sommes avec notamment Mathieu Delormeau. Bonsoir Mathieu, merci d'être là.
00:31Vous venez parce que vous avez raconté dans un livre vos addictions, addictions plurielles, il a suffi d'une fois
00:37aux éditions Leduc.
00:38Est-ce que c'est une bonne idée de la part de Sébastien Lecornu de soumettre ses ministres et ses
00:44collaborateurs à un test de dépistage ?
00:46Il aurait lui-même d'ailleurs fait ce test anti-drogue. On n'a pas le résultat, a priori il
00:50doit être négatif.
00:52Est-ce que c'est une façon de montrer l'exemple ?
00:54Exactement, c'est un symbole. En symbole c'est important. Après, savoir que les ministres passent drogue, ce n'est
00:58pas le truc le plus important.
00:59C'est en revanche un symbole pour dire, après c'est la fonction publique et ensuite dans les entreprises privées.
01:04Et là c'est important. Le symbole est important parce qu'il est en train de nous dire que oui,
01:07la guerre contre les narcotrafiquants, on l'a perdu.
01:10C'est mort. C'est 7 milliards, c'est impossible. Ils sont plus forts que nous.
01:14Mais même dans les dépistages, ils sont plus forts que nous.
01:15Quand on peut se faire dépister à la cocaïne, par exemple en voiture, avec un test salivaire, maintenant il y
01:20a une nouvelle drogue qui est la 3MMC, qui n'est pas dépistable.
01:22Qu'est-ce que c'est la 3MMC ?
01:23C'est une cocaïne chimique. Donc ce qui fait que maintenant, les gens qui conduisent, par exemple, prennent de la
01:283MMC, comme ça, s'il y a un test salivaire, on ne la dépiste pas.
01:31Le GHB non plus, le LSD non plus. Donc cette guerre, on l'a perdue. Donc il a compris quelque
01:36chose, c'est que maintenant le seul moyen de diminuer la consommation de drogue,
01:39et je rappelle qu'aujourd'hui, la consommation de drogue, elle a fait 100% entre 2022 et 2026, c
01:44'est de s'attaquer aux consommateurs.
01:46Quand il n'y aura plus de consommateurs, quand il n'y aura plus d'offres, il n'y aura
01:48plus de demandes. C'est exactement le choix.
01:49Donc c'est une façon de responsabiliser tout le monde, alors que pendant longtemps, on a reproché une certaine banisation
01:55autour de la drogue,
01:57et on disait que les élites, finalement, c'était sympathique de fumer un pétard, c'était pas bien grave.
02:03Oui, mais...
02:04Non, non, effectivement, mais vous, vous témoignez justement pour dire que c'est grave, par rapport à ce qu'a
02:09dit Olivier, à une époque, c'était banalisé,
02:11mais vous, vous avez fait un livre, vous avez venu sur les plateaux en disant, j'ai été au bord
02:14de l'abîme.
02:14Bien sûr.
02:15J'ai risqué ma vie, mais là, à quoi ça sert de dire, on lance ça dans les ministères, si
02:18on n'a pas les résultats,
02:19si on ne sait pas quelle personnalité, ou combien de personnes ont été dépistées positives ?
02:24Non, encore une fois, c'est juste que, vous savez, ils aiment bien faire ça dans les ministères, c'est
02:27dire...
02:27Ah bah c'est de la com'.
02:27Voilà, on va réduire les coûts, donc on réduit un peu notre salaire pour montrer.
02:30Là, c'est la même chose, c'est on se fait tester pour montrer que nous, on est clean, et
02:33on s'attaque à vous.
02:34Parce que si demain, ils disent, dans toutes les sociétés maintenant, on y va, on fait un test, et celui
02:37qui est positif, il est viré, ça va être un...
02:40Mais vous voulez que ça soit aussi dans les entreprises privées ?
02:43Moi, je veux que ce soit partout, mais partout.
02:46Moi, un seul exemple, le mien, moi, si j'avais dû choisir entre le travail et la drogue, j'aurais
02:51pris le travail.
02:52Moi, ce qui m'a mis dedans, c'est que justement...
02:54Vous avez pu faire les deux ?
02:55Exactement. Non, non !
02:56Non, c'est que justement, je n'ai pas besoin de travailler.
02:59À ce moment-là, j'avais de l'argent, donc j'ai décidé d'arrêter de travailler, et j'ai
03:02choisi la drogue.
03:02Si on m'avait dit, attention, tu risques d'être dépisté, eh bien, je me serais arrêté certainement au moment...
03:07C'est-à-dire que, par exemple, sur un plateau télé, vous auriez aimé qu'on fasse un test à
03:12tous les chroniqueurs ?
03:13Enfin, vous saviez que... Mathieu, ne prenez pas pour des billes, quand même.
03:16Vous saviez qu'en vous défonçant, pardon, je suis un peu vulgaire, vous mettiez votre santé en danger, enfin, vous
03:21n'êtes pas un enfant, vous saviez ça.
03:22Non, oui, bien sûr, mais ce qu'on ne sait pas, c'est à quel point...
03:24En fait, ce qu'on ne sait pas, c'est la bascule.
03:25Le moment où, au début, on est persuadé, comme tout le monde, qu'on s'arrête quand on veut, au
03:29début, comme ça,
03:30et on ne comprend pas le moment où, en fait, on se rend compte qu'on ne peut plus s
03:33'arrêter, c'est trop tard, c'est vrai.
03:35Je vais vous poser une question directe.
03:37Vous avez fréquenté... Vous êtes quelqu'un de connu, vous avez fréquenté bon nombre de soirées, bon nombre d'endroits.
03:41Vous avez vu des responsables politiques faire la leçon le jour et se défoncer la nuit ?
03:46J'en ai eu dans mon appartement.
03:49Évidemment.
03:50Moi, quand j'ai fait des soirées dans mon appartement, il y avait des policiers, il y avait des gars
03:53de la BAC, il y avait des hommes politiques, évidemment.
03:56Et qui prenaient de...
03:57De la cocaïne, de la 3MMC, cette fameuse drogue un peu...
03:59Il faudrait faire aussi des tests chez les policiers, par exemple.
04:02Évidemment. Pour l'instant, ils en font chez les policiers.
04:03Mais ils en font quand il y a un accident.
04:05Par exemple, une voiture de police rentre dans quelqu'un, là, ils vont être dépistés.
04:07Sinon, ils ne le sont pas.
04:08Mais le problème des tests aussi, par exemple, en voiture.
04:10Au moment où je vous parle là, je ne sais pas si c'est déjà arrivé à quelqu'un, moi,
04:13ça ne m'est jamais arrivé,
04:14qu'on vous fasse un test salivaire en vous arrêtant.
04:16Pourquoi on ne le fait pas ?
04:17Ça vaut 8 à 10 euros le test.
04:18Imaginez ce que ça coûterait.
04:19Donc, on vous fait juste le ballon pour l'alcool.
04:21Mais au moment où je vous parle là, il y a plein, plein, plein de gens,
04:25des chauffeurs routiers, des chauffeurs de bus, de car, qui sont en train de conduire drogués.
04:28Alors, il y a dans les entreprises de transport, maintenant, quand même, c'est assez réglementé.
04:31Il y a souvent des tests organisés par l'employeur.
04:35Et d'ailleurs, les chauffeurs risquent d'être licenciés.
04:38Parce qu'en fait, ce qu'on ne comprend pas bien, et je voudrais me tourner vers vous qui représentez
04:42les DRH.
04:43Bonsoir, madame Laurence Breton-Queni, vice-présidente de l'Association nationale des directeurs de ressources humaines.
04:48C'est que si on décide que dans le privé, dans les entreprises privées, on organise ces tests inopinés,
04:55ça débouche sur quoi ?
04:56Est-ce qu'on peut virer quelqu'un parce qu'il était positif à la cocaïne ?
05:01Alors, bonsoir.
05:02Déjà, on ne peut pas le faire à tout le monde.
05:03C'est inscrit dans le règlement intérieur à partir des entreprises de plus de 50 salariés ou dans les notes
05:09de service.
05:10Et on définit les populations et les métiers à risque.
05:13Donc, ça concerne surtout uniquement les métiers à risque ?
05:16Alors, en revanche, par rapport au petit point d'aujourd'hui, quand on regarde, dans les métiers à risque,
05:20il y a aussi une chose qui peut être intéressante dans le cas présent.
05:24C'est aussi les personnes ayant trait à la sécurité et aux informations sensibles.
05:28Donc, ce ne sont pas que les conducteurs, que ceux qui travaillent en grande hauteur.
05:32Puisque, finalement, quand on a une dépendance, on est beaucoup plus fragile à l'influence extérieure.
05:38Il peut être corruptible.
05:39Voilà.
05:39Donc, ce ne sont pas que des métiers, on va dire...
05:41C'est vraiment plus large.
05:42Et donc, c'est mis dans le règlement intérieur.
05:45Dès l'instant où c'est mis dans le règlement intérieur, il y a tout un process.
05:49Et dès l'instant où il y a une détection, en fait, il faut qu'il y ait des signes
05:52avant-coureurs
05:53qui peuvent laisser supposer qu'une personne est sous emprise.
05:57Auquel cas, quand c'est dans le règlement intérieur, on lui demande de faire un test.
06:01Si elle refuse, on en tirera les conséquences.
06:03Et si le test est positif ?
06:04Et si le test est positif, là aussi.
06:06Alors, on va avoir différents niveaux.
06:08Ça peut aller de l'avertissement au blâme.
06:10Parce que ce qu'il ne faut pas oublier, c'est qu'il y a également toutes les politiques de
06:13prévention.
06:14Donc, est-ce qu'il y a une injonction aux soins ?
06:16Vous avez la médecine du travail qui peut accompagner la personne, justement, pour se faire suivre.
06:21Parce que, bien entendu, il faut voir quelles sont les raisons pour lesquelles les personnes prennent de la drogue.
06:26Vous pouvez les licencier ?
06:27Ça peut être une faute grave, bien sûr.
06:30Imaginez, la personne est en train de conduire, elle peut représenter un risque.
06:33On peut avoir une gradation de sanctions disciplaires.
06:36Il faudrait généraliser ces tests salivaires dans les entreprises ?
06:40Vous disiez, vous parliez du prix.
06:42Donc, il faut vraiment...
06:44Alors, d'une part, on a une obligation, dans ces cas-là, d'avoir dans le règlement intérieur
06:48et dans le document unique d'évaluation des risques.
06:51Ça, c'est important.
06:52Et d'avoir des politiques de sensibilisation et de prévention.
06:55Mais est-ce que l'employeur appelle la police dans ce cas-là ?
06:58S'il tombe sur un employé positif, que c'est un délit ?
07:02C'est un délit.
07:03Après, chacun choisit si c'est la première fois, si le métier n'est pas à risque.
07:10Ce n'est pas automatique.
07:11Alors, on sera dans un instant direct de l'Assemblée nationale avec Arthur Delaporte,
07:15le député socialiste du Calvados, pour voir ce qu'il pense de cette circulaire du chef du gouvernement.
07:20Mais on va prendre une minute avec François Gapillan pour voir où on en est, François,
07:25de la consommation de stupéfiants en France.
07:28D'abord, un panorama.
07:29Cette consommation, bonsoir, elle reste à un niveau élevé.
07:32Le cannabis demeure de très loin.
07:34La drogue illicite la plus répandue.
07:36En 2023, vous le voyez, 21 millions de personnes âgées de 11 à 75 ans disaient l'avoir déjà expérimenté,
07:42dont 5 millions au cours de l'année.
07:45Près de 900 000 usagers reconnaissent en consommer quotidiennement.
07:49Les autres substances illicites restent moins répandues,
07:51mais concernent tout de même des millions de personnes.
07:55A l'image de la cocaïne, expérimentée, si je puis dire, par 3 700 000 Français,
07:59et près d'un adulte sur 10, quasiment 10% des Français donc,
08:02a consommé au moins une fois de la cocaïne au cours de sa vie,
08:04contre 5,6% en 2017.
08:06C'est la plus forte hausse mesurée parmi toutes les substances illicites dans la période récente.
08:10La cocaïne, qui par ailleurs, est à l'origine d'une explosion des passages aux urgences l'an dernier,
08:15avec un bond, vous le voyez, de 26%.
08:18Concernant enfin l'ecstasie, l'AMDMA, dont il était question il y a quelques instants,
08:22en 2023, plus de 3 millions de Français affirmaient avoir déjà essayé ces drogues de synthèse,
08:27dont les quantités consommées ont augmenté, tenez-vous bien, en 13 ans, de 480%.
08:32Nous sommes avec Arthur Delaporte, député socialiste du Calvados,
08:36480% la consommation, l'augmentation de la consommation de l'ecstasie et des drogues de synthèse.
08:41Monsieur le député, il est temps de dépister à tout va, alors,
08:45y compris dans les ministères et peut-être au Palais Bourbon.
08:47Oui, alors, je ne suis pas sûr que ces 480 millions de tonnes soient exclusivement consommées
08:52dans les cabinets ministériels, donc je pense que là, on est plutôt dans l'ordre de la communication
08:56de la part d'un Premier ministre qui cherche peut-être à ouvrir de nouveaux fronts médiatiques
09:01après l'affaire Liana sur les questions judiciaires.
09:04Mais oui, évidemment qu'il y a un sujet, un sujet d'une part de santé publique,
09:08un sujet de narcotrafic sur lequel il faut mettre des moyens conséquents pour à la fois démenter les filières,
09:14mais aussi faire en sorte que les consommateurs qui consomment soient à la fois identifiés
09:21et accompagnés dans leur lutte contre les addictions, parce que ce n'est pas si simple que ça.
09:24Ce n'est pas parce que vous avez mis une amende une fois à quelqu'un qu'il va arrêter
09:27de consommer.
09:28L'intervenante précédente le disait, c'est un sujet de santé publique,
09:31donc il faut aussi mettre en place des thérapies pour sortir de ces addictions.
09:37Mon collègue, le député Andy Kerbrat avait été contrôlé en train d'acheter des stupéfiants.
09:43Est-ce qu'il faudrait tester tous les députés ?
09:45Vous savez, il y a d'autres députés, je pense au macroniste Emmanuel Pellerin aussi,
09:48qui avait été mis à pied par le groupe Renaissance pour avoir lui-même été dans cette situation.
09:54Vous avez le député, le sénateur LR proche de Bruno Retailleau, Joël Guériot,
09:59qui a lui-même été versé des drogues de synthèse dans la coupe de champagne d'une députée,
10:08et donc qui a été également mis en cause là-dessus.
10:10Donc oui, évidemment que l'Assemblée nationale comme le Sénat, comme l'ensemble des institutions,
10:14ne sont pas exemptes des ravages de la tronc.
10:16Oui, mais vous avez un devoir d'exemplarité, monsieur le député, parce que c'est vous qui votez les lois.
10:20Oui, tout à fait. Et donc laissez-moi finir, je suis totalement d'accord avec vous.
10:22On a un devoir d'exemplarité. Moi, je n'ai aucun problème, évidemment, pour me soumettre à un test.
10:26Mais ce n'est pas parce que je me soumettrai à un test et que je serai positif
10:29que le problème sera réglé de manière générale. C'est une question de politique structurelle.
10:33Donc on peut faire de la communication comme on veut.
10:34Élise Lucet a lui-même fait des tests à des députés qui passaient.
10:39Aucun n'avait été contrôlé. Enfin, ça n'avait été plus.
10:42Moi, ça ne m'avait pas choqué du tout, parce que je pense qu'il n'y a pas de
10:45problème avec la transparence.
10:47Et il y a, comme vous l'avez dit, une nécessité d'exemplarité. Mais il faut aller au-delà de
10:52ces actes de pure communication politique.
10:55Parce que ce n'est pas parce qu'on aura testé les collaborateurs du Premier ministre qu'on aura réglé
10:59le problème.
10:59Peut-être que certains consomment. Peut-être que certains sur le plateau consomment également.
11:03Parce qu'on sait très bien que les milieux politiques, les milieux du journalisme sont soumis à de fortes pressions
11:08et aussi à une disponibilité potentielle de drogue.
11:11Donc vous savez que ce sujet-là, il se pose partout.
11:14Et il n'y a aucun milieu qui est à l'abri.
11:16Et je pense que c'est ça aussi le problème qu'il faut poser.
11:18C'est que la drogue, ça touche tout le monde.
11:19Que n'importe qui peut être consommateur.
11:21Et dès lors qu'on a un peu plus de pouvoir d'achat,
11:23et qu'on a des métiers avec des horaires stressants, décalés, etc.,
11:27on peut être d'autant plus sujet à de la consommation de drogue.
11:29Donc c'est à la fois des sujets sur les conditions de travail.
11:32Aujourd'hui, ces conditions de travail poussent aussi à l'usage de drogue.
11:36Vous savez, les chauffeurs de bus, pourquoi ils consomment ?
11:37Parce qu'ils sont fatigués, parce qu'ils veulent rester...
11:39Ils ont l'impression que la drogue va les maintenir éveillés, etc.
11:42Et puis à la fin, on devient accro.
11:43Donc évidemment que c'est totalement contre-productif.
11:45Mais c'est aussi des choses qui font qu'on bascule.
11:47À un moment, il faut aussi à la fois démenter les filières,
11:51mais aussi faire une stratégie de prévention.
11:53Parce que c'est avant de tomber dans la drogue
11:55qu'on arrive le mieux à lutter contre les ravages de la drogue.
11:58Voilà un peu le sujet de santé publique.
12:00Et moi, j'aimerais bien qu'au-delà des gestes de communication du Premier ministre,
12:04il y ait aussi des moyens pour la prévention,
12:07pour les services de la Midelka qui luttent contre les drogues
12:10et qui sont aujourd'hui avec des restrictions de budget,
12:13que les campagnes de lutte contre la drogue,
12:15les campagnes de communication, elles sont à l'arrêt.
12:17Et donc c'est un sujet global, c'est un sujet de société.
12:19Et il ne faudrait pas aujourd'hui de passer à la trappe.
12:21Alors, vous dites que c'est de la com', pas seulement Amandine Attalaya,
12:24parce qu'il faut rappeler que fin février,
12:27Sébastien Lecornu a licencié d'un de ses conseillers
12:29qui avait fait une overdose.
12:31Donc il est quand même sensibilisé par ce sujet, notre Premier ministre.
12:35Oui, et c'est vrai, il y a une certaine fréquence de cas,
12:38M. Delaporte l'a très bien rappelé,
12:40de politiques qui consomment de la drogue.
12:42Et quand ils se font interpeller et que ça devient public,
12:45évidemment, ça crée une polémique,
12:47surtout si l'on est dans un camp politique
12:49où l'on défend à tout va aujourd'hui
12:51une forme de répression et de lutte contre la drogue.
12:56Il y a chez le gouvernement à la fois beaucoup de communication, c'est vrai,
13:00des moyens aussi qui ont été mis si on veut être quand même juste.
13:04Ça n'a pas été que de la communication.
13:05Les deux quinquennats d'Emmanuel Macron dans la lutte contre la drogue,
13:08le problème c'est que c'est scisif.
13:10Malgré tous les moyens mis en argent sur des policiers,
13:13des gendarmes, le démantèlement des points...
13:15On a augmenté les amendes aussi contre les consommateurs.
13:17Les amendes forfaitaires.
13:18Général Darmanin a souvent dit que
13:20s'il y avait aujourd'hui des morts et des règlements de comptes
13:23à cause du trafic de drogue,
13:25c'est aussi parce qu'il y avait des consommateurs
13:26que le consommateur avait une responsabilité.
13:28Oui, très exactement.
13:28C'est d'ailleurs la grande phrase d'Emmanuel Macron lui-même aussi
13:30qui répète sans cesse que celui qui, dans les beaux quartiers,
13:33consomme de la drogue sur ses canapés
13:34est tout aussi responsable que le dealer du point de drogue
13:38dans un autre quartier beaucoup plus loin.
13:40Et donc c'est là où il y a une exemplarité nécessaire.
13:43C'est vrai, des hommes politiques aujourd'hui.
13:45Après, c'est un symbole qui est vraiment une goutte d'eau
13:49sur un sujet où en effet on est en train,
13:52malheureusement, malgré les moyens mis,
13:53de perdre la bataille aujourd'hui.
13:54Mathieu, vous dites vous, il faut s'attaquer aux consommateurs.
13:57Mais bien sûr, il me fait rire, Général Darmanin,
13:58c'est pas parce que vous allez...
13:59Croyez-moi, quand vous êtes addict,
14:00c'est pas parce que le PV va passer de 250 à 400 euros
14:02que ça va faire quelque chose.
14:03L'amende ne change rien.
14:04Mais non, la répression...
14:05À quand même 400 euros, combien vous mettriez ?
14:07Non, c'est pas une amende.
14:09Moi, je pense qu'effectivement, il faut une répression très très forte,
14:11il faut faire peur aux consommateurs.
14:12Ça veut dire qu'effectivement, il faut qu'il y ait des licenciements,
14:15éventuellement, il faut qu'il y ait des pertes d'emploi,
14:16il faut qu'il y ait vraiment un arbitrage dans votre vie
14:18qui fasse que, oui, vous vous faites soigner.
14:20Sinon, ça n'a aucun intérêt.
14:21Quand M. le député dit,
14:22oui, mais quand on a un certain pouvoir d'achat,
14:24faux, faux, faux,
14:25on voit que M. il ne connaît pas grand-chose.
14:26Enfin, tant mieux pour lui.
14:27Mais aujourd'hui, de la drogue,
14:29vous achetez sur Internet de la drogue,
14:30c'est à 10 euros le gramme.
14:32Et à 10 euros, vous avez 4 membres qui vont en boîte de nuit
14:33et qui ont passé pour 10 euros une soirée incroyable.
14:36Donc, il faut vraiment, vraiment, vraiment taper
14:37au niveau des consommateurs
14:39pour qu'il n'y ait plus de demandes.
14:40Les politiques, vous nous avez dit,
14:42dans mes soirées, il y avait des politiques
14:43et c'était des politiques qui prenaient de la drogue.
14:46Qu'est-ce qui pourrait les dissuader de le faire, ces politiques ?
14:48Et qui était-ce ?
14:50Bien essayé.
14:50Non, non, mais alors, je suis sérieux.
14:52Quand vous dites que c'est des politiques,
14:54ce sont des élus, des élus locaux,
14:56c'était des ministres,
14:57c'était des gens très importants
14:59qui font la loi, qui pèsent dans le pays ?
15:02Non, non, non.
15:04Oui ou non ?
15:04Oui, des gens très connus.
15:06Qui pèsent dans le pays ?
15:07Ah oui, bien sûr.
15:08Qui ont fait la loi, qui sont au pouvoir.
15:10Bien sûr.
15:10Et qui peuvent parfois aussi tenir
15:12un discours parfois répressif là-dessus.
15:14Mais écoutez, je vous apprends bien en vous disant aussi
15:15que parfois, il y a des policiers de la BAC
15:16qui, parfois, en revendent.
15:18Parce qu'un policier de la BAC,
15:19il va arrêter un gars qui avait 2 grammes dans la voiture.
15:21Oui, mais c'est un politique connu
15:23qui se droguait chez vous, ou c'est politique ?
15:25Oui.
15:26Qu'est-ce qui peut les dissuader de continuer ?
15:28Je ne sais pas, mais pour vous dire la vérité,
15:30moi, en fait, c'est pas...
15:30Ou alors que peut-être que vous les menaciez
15:32de les dénoncer.
15:32Non, pas du tout.
15:33Parce qu'il y a une sorte d'impunité.
15:34Mais si, parce qu'il y a une sorte d'impunité,
15:36Mathieu, vous savez très bien,
15:37dans certains milieux,
15:38on se dit, de toute façon,
15:39moi, je ne serai jamais contrôlé,
15:40je ne risque rien.
15:41Si on va là-dessus,
15:42ce qu'il fait les Sébastien Lecornu
15:43en disant,
15:44les hommes politiques,
15:45en revenant du week-end,
15:46ont été testés au hasard,
15:47on va voir s'ils sont positifs ou négatifs.
15:49Non, mais t'es testé au hasard.
15:50Vous plaisantez ou quoi ?
15:51Ils ont passé les coups de téléphone
15:53tout le week-end,
15:53lundi, tu vas être dépisté.
15:54Ah, vous n'y croyez pas ?
15:55Enfant, les commissaires,
15:56c'est à peu près 24-48 heures,
15:58ça reste pour le test, c'est l'hiver.
16:00Ils se sont arrangés pour ne pas taper
16:01pendant 48 heures.
16:01Enfin, écoutez, vous croyez vraiment
16:02qu'il y a des ministres
16:03qui ont été le lundi matin,
16:05hop, comme ça,
16:06à l'Assemblée nationale,
16:07qui ont été dépistés ?
16:07Bien sûr que non.
16:08D'accord.
16:08Et vous, c'est terminé ?
16:09Ah, complètement.
16:10Vraiment, vraiment, complètement.
16:11Ce vrai ?
16:11Ah, oui, complètement.
16:12Et qu'est-ce qui vous a fait arrêter ?
16:14Eh bien, justement,
16:14pour moi, je pense qu'il faut vraiment
16:15c'est la répression,
16:16la répression, la répression.
16:17Ce qui m'a fait arrêter,
16:17c'est qu'au bout de deux gardes à vue,
16:20ne pas pouvoir retrouver
16:20de travail derrière.
16:23Oui, c'est ça mon plus gros problème,
16:24c'est qu'à un moment donné,
16:25et puis, bien sûr, se soigner.
16:27Les injonctions de soins,
16:27ça me fait rire aussi.
16:28Une injonction de soins,
16:30aujourd'hui, vous vous faites arrêter
16:31parce que vous consommez.
16:31Vous avez une amende,
16:33une garde à vue de 24 heures,
16:34une amende,
16:35injonction de soins.
16:35Injonction de soins,
16:36ça veut dire que vous devez voir
16:37trois fois dans l'année,
16:38deux heures,
16:40un psy.
16:41Alors moi, je l'ai vu.
16:41Il m'a dit,
16:42ah, faites de la télé,
16:43il est sympa,
16:44on a papoté pendant une heure.
16:45Vous avez dit non ?
16:47Non, elle était charmante,
16:48on a discuté pendant une heure.
16:49C'est tout.
16:50C'est tout.
16:50Oui, c'est très léger.
16:52Mais évidemment,
16:52c'est pas du tout.
16:53Et quand la police m'a ramené
16:54après la première garde à vue,
16:55où là, j'étais vraiment dans un état,
16:56ça faisait un an et demi
16:56que je consommais,
16:57donc j'étais complètement addict,
16:58ils me ramènent.
16:59La police me sort de la garde à vue
17:00et me disent,
17:01attention,
17:02qu'on ne te chope pas
17:02une deuxième fois.
17:04Deux heures après,
17:04je consommais.
17:06Une fois que vous êtes malade,
17:07là, la répression
17:08n'a plus aucun intérêt.
17:09Ils ne savent pas
17:09comment soigner.
17:10Il faut le bâton, quoi, en fait.
17:12Dernière question.
17:13À l'époque où vous étiez
17:14complètement dedans,
17:15dans votre équipe,
17:16c'est autour de vous,
17:17vous étiez le seul
17:18à consommer ou pas ?
17:21À la télévision.
17:24Vous êtes toujours en question, vous.
17:25Je ne vais pas vous dire
17:26les récits des gens
17:26dans l'émission
17:27d'Anna consommaient.
17:30Il y a beaucoup de gens
17:31qui consomment à la télévision, oui.
17:32Oui.
17:34Ceux qui étaient autour de vous
17:37tapaient dedans aussi,
17:38c'est l'expression.
17:38Alors, je ne sais pas
17:39parce que moi,
17:40quand j'ai commencé à taper,
17:41comme vous dites,
17:42à partir du moment
17:42où j'ai commencé à taper,
17:43c'est le moment
17:43où j'ai lâché mon contrat
17:44et j'ai préféré m'amuser
17:46et prendre de la drogue
17:47plutôt que faire de la télévision.
17:48Ce sera parce que je ne pouvais pas.
17:49Je ne pouvais pas
17:50aller dans l'état où j'étais.
17:51Donc, je ne sais pas.
17:52Maintenant, si la question est
17:53est-ce que j'ai déjà vu
17:54dans les soirées
17:54où il y avait des gens de télé
17:55qui en prenaient ?
17:56Oui, bien sûr.
17:56Et je rappelle,
17:57ce sont des médecins
17:57qui vous ont initié à la drogue.
17:59Absolument.
17:59Et je rappelle aussi
18:00que ces mêmes médecins
18:01m'ont dit un jour,
18:01tu sais,
18:02quand tu vas dans n'importe quel
18:03hôpital public à Paris,
18:04Cochin, n'importe quoi lequel,
18:06tant que tu vois des internes,
18:07avant de voir un médecin,
18:08vraiment,
18:08quand tu vois des internes
18:09et des internes,
18:10souvent, on s'ennuie,
18:11on s'ennuie là
18:12pendant les urgences,
18:13on tape un peu derrière.
18:14Voilà.
18:15Merci de votre franchise,
18:16Mathieu Delormeau.
18:18Merci beaucoup.
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