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  • il y a 2 jours

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Éducation
Transcription
00:00:00Bienvenue à cette troisième conférence du cycle des conférences rencontres l'ADEP s'adapte.
00:00:08On est lundi de juin, 14h et des brouettes, et aujourd'hui nous allons pouvoir parler,
00:00:15avons le grand plaisir d'inviter et de compter parmi nous Arnaud Gossman,
00:00:18que je vais vous présenter dans quelques minutes si vous ne le connaissez pas,
00:00:22sur ce thème du droit de l'environnement et changement climatique,
00:00:25des retours de terrain, des perspectives juridiques.
00:00:29Avant d'aller plus loin, je donne la parole à Ophélie Riesler,
00:00:32qui est directrice de projet Changement climatique à l'ADEP,
00:00:37pour rapidement vous rappeler l'ADEP, ce programme qui est en cours au sein de l'ADEP.
00:00:46Merci, bonjour à tout le monde.
00:00:49Très rapidement, parce que vous connaissez tous bien maintenant le projet,
00:00:53donc vous savez, on s'est donné pour ambition d'avoir un travail un peu en profondeur au sein de l'ADEP
00:01:02pour réfléchir aux enjeux d'adaptation au changement climatique
00:01:06et aux effets du changement climatique sur les politiques publiques que l'on porte,
00:01:10avec l'idée d'avoir un travail autour de deux axes,
00:01:15l'idée de construire une culture commune et une vision un peu transversale
00:01:20au sein des équipes des enjeux d'adaptation,
00:01:24à travers notamment les ateliers ADAC et ces cycles de conférences,
00:01:27et puis tout un travail beaucoup plus analytique qui est en cours,
00:01:33de revisiter, de discussions autour de nos politiques publiques,
00:01:37avec autour de cinq thématiques,
00:01:39les espaces naturels, les espèces, les ressources en eau,
00:01:43les enjeux de littoral et de trait de côte,
00:01:46et puis les enjeux de tutelle de nos opérateurs,
00:01:50afin de se donner à l'horizon de cet été un plan d'action
00:01:55pour avoir des idées de projets à court et à moyen terme au sein de l'ADEP
00:02:02pour mieux intégrer les effets du changement climatique,
00:02:06dont vous avez une perspective avec cette vision d'évolution du climat
00:02:13vers le sud à horizon 2100.
00:02:18Aujourd'hui, on a la chance d'avoir Arnaud Gossman,
00:02:22qui vient avec nous partager,
00:02:24je vais le laisser après présenter,
00:02:26mais partager notamment une vision un peu de terrain.
00:02:30C'est un peu le contentieux et juridique
00:02:36qui fait aussi vivre nos politiques publiques,
00:02:37et c'était intéressant, il me semblait,
00:02:40dans l'ensemble des perspectives qu'on a eues autour du projet,
00:02:44d'avoir cette perspective à la fois d'expertise
00:02:47et de praticien des enjeux juridiques
00:02:50et de confrontation un peu tous les jours
00:02:53à des politiques de terrain,
00:02:56ce qui est peut-être un peu moins le cas
00:02:58dans notre grande tour à Sequoia.
00:03:00Rapidement, on va vous dire que ce cycle est organisé
00:03:05avec la fabrique d'innovation pour les transitions
00:03:08dont je fais partie,
00:03:11qui appartient à la sous-direction de l'innovation
00:03:14pour les transformations.
00:03:15Nous, nous sommes basés à la Grande Arche.
00:03:18On a trois missions.
00:03:19On a culture pour faire acculturer,
00:03:21faire monter en compétence sur les transitions.
00:03:24On expérimente et on fait émerger des projets dans les territoires
00:03:27et on va travailler sur la transmission d'outils,
00:03:29de l'outillage et du partage de ressources.
00:03:33Voilà, voilà.
00:03:37Il me revient le plaisir de pouvoir vous introduire à Arnaud Gossman.
00:03:41Arnaud Gossman, vous êtes avocat spécialisé en droit de l'environnement
00:03:44et de l'énergie.
00:03:46Vous avez fondé un cabinet qui porte votre nom.
00:03:50En 2001, vous avez soutenu une thèse à Panthéon-Sorbonne,
00:03:54une thèse d'un doctorat en droit public,
00:03:57intitulée le principe de précaution,
00:03:59essai sur l'incidence de l'incertitude scientifique
00:04:02pour la décision et la responsabilité publique.
00:04:05Donc, on va vous demander de nous faire un petit résumé en trois secondes.
00:04:10Je plaisante.
00:04:10Vous êtes aujourd'hui professeur associé au sein de cette université.
00:04:15Vous êtes engagé de longue date dans la construction du droit environnemental.
00:04:18Vous avez contribué à plusieurs instances publiques de référence.
00:04:23En 2001, vous avez remis un rapport sur l'avenir du droit minier
00:04:26à la ministre de l'écologie de l'époque.
00:04:28En 2013, vous avez copiloté les états généraux
00:04:31de la modernisation du droit de l'environnement
00:04:32à la demande de Delphine Bateau.
00:04:34En 2015, vous avez été nommé expert qualifié
00:04:37au sein de la commission ministérielle
00:04:40sur la démocratie participative
00:04:42que présidait Alain Richard.
00:04:44Et plus récemment, vous avez été auditionné
00:04:46par la commission d'enquête parlementaire
00:04:48sur l'autoroute A69.
00:04:51Parallèlement, de 2006 à 2009,
00:04:53vous avez été aussi porte-parole d'une association,
00:04:57France Nature Environnement, FNE.
00:04:59Vous avez été d'abord administrateur,
00:05:01puis porte-parole.
00:05:02Vous l'avez quitté en 2010.
00:05:03et vous y avez notamment joué un rôle actif
00:05:07de dialogue environnemental
00:05:08et avez participé au Grenelle dans l'environnement.
00:05:11Aujourd'hui, vous êtes, en plus de vos activités professionnelles
00:05:15en avocat, de professeur, enseignant, pardon,
00:05:19enfin professeur, vous êtes administrateur
00:05:21du syndicat des professionnels du solaire Enerplan.
00:05:24Voilà pour votre biographie actuelle.
00:05:29Je vais vous demander de pouvoir prendre cette zapette
00:05:33et d'avoir à peu près, on avait dit,
00:05:38une demi-heure, 40 minutes devant vous.
00:05:41Et suite à ces 40 minutes, la parole sera donnée à vous.
00:05:46Sachez que la conférence est enregistrée.
00:05:49Elle sera...
00:05:52Tout ce qui sera autour des discussions qu'on aura
00:05:55ne seront pas de toute façon diffusées.
00:05:58Ophélie, une précision sur la diffusion ?
00:06:01Oui, on diffusera peut-être en temps et en heure
00:06:06en fonction du contenu des échanges.
00:06:08C'est ça.
00:06:09Donc, c'est vraiment un temps pour vous.
00:06:12Ce n'est pas un temps qui est dédié à de la diffusion.
00:06:14Vous pouvez poser toutes les questions que vous voudrez.
00:06:17Merci.
00:06:20Merci infiniment.
00:06:21Est-ce que vous m'entendez bien tout d'abord ?
00:06:23Oui, c'est bon.
00:06:25Merci aux organisateurs.
00:06:27Merci, mesdames, pour m'avoir invité à venir à votre rencontre.
00:06:32Donc, le but aujourd'hui, effectivement,
00:06:33c'est en très, très peu de temps de vous parler d'un sujet
00:06:35qui pourrait prendre toute la journée.
00:06:37Mais je vais essayer de respecter le timing,
00:06:40ce qui, pour un avocat, est toujours un défi.
00:06:43Et je vais aussi préciser d'emblée
00:06:45que mon intention n'est pas de vous apprendre quoi que ce soit,
00:06:48puisque, de manière générale, c'est plutôt moi qui vous lis.
00:06:50C'est moi qui lis plutôt tout ce qui sort de vos bureaux,
00:06:53que ce soit des normes, des guides, des circulaires,
00:06:55des instructions, etc., etc.
00:06:57C'est plutôt de vous soumettre un point de vue
00:06:59qui est un point de vue parmi d'autres.
00:07:02Et en plus, sur un sujet sur lequel j'ai dû faire des choix
00:07:05pour rentrer à l'intérieur du délai qui m'était imparti.
00:07:09Alors, sur ce sujet du changement climatique
00:07:14et la manière dont il a intégré le droit de l'environnement,
00:07:17je ne parlerai pas des autres branches du droit,
00:07:18type consommation, immobilier, droit des affaires.
00:07:21J'aurais pu en parler, donc je ne parlerai pas
00:07:22du devoir de vigilance et de ces autres sujets,
00:07:25pourtant capitaux.
00:07:25Je me limiterai au Code de l'environnement pour l'essentiel.
00:07:28J'ai isolé deux enjeux.
00:07:30Je ne dis pas que ce sont les plus importants,
00:07:31mais simplement, c'est ceux sur lesquels,
00:07:32peut-être, j'ai le plus de pratiques.
00:07:36Le premier enjeu actuellement pour un juriste
00:07:39et notamment pour un avocat,
00:07:41c'est celui de la valeur juridique des objectifs,
00:07:44puisqu'il n'y a pas qu'un seul objectif
00:07:45qui préside à la lutte contre le changement climatique.
00:07:48Il y en a plusieurs.
00:07:49C'est parfois d'ailleurs un petit peu confus.
00:07:51Et le deuxième enjeu, c'est un enjeu émergent
00:07:53depuis quelques années, mais qui est très, très fort.
00:07:56C'est celui des conflits internes
00:07:57au Code de l'environnement.
00:07:59Et je m'arrêterai sur le conflit naissant.
00:08:01entre la biodiversité et le climat.
00:08:05Ça peut paraître contre-intuitif, évidemment,
00:08:06lorsqu'on est scientifique, lorsqu'on est à votre place,
00:08:08lorsqu'on est responsable des services de l'État.
00:08:10Mais effectivement, devant les juridictions,
00:08:12il ne se passe pas une semaine sans lesquelles
00:08:14nous avons ce dilemme biodiversité versus climat,
00:08:19qui est véritablement un enjeu fondamental aujourd'hui.
00:08:23Alors, dans un premier temps,
00:08:25parler effectivement de la valeur juridique
00:08:27de ces objectifs, qui n'est pas complètement certaine,
00:08:31et je me suis limité aussi,
00:08:34parce que j'aurais pu évidemment remonter
00:08:36à la déclaration de Stockholm de 1972,
00:08:38je me suis limité essentiellement aux droits internes.
00:08:40Donc c'est déjà, évidemment, un raccourci que je prends ici.
00:08:44Et je ne suis pas non plus revenu aux prémices historiques
00:08:47du droit de l'environnement.
00:08:48Je ne suis pas revenu à lancer un régime non plus.
00:08:50Donc évidemment, la grande loi de 1976,
00:08:52qui va dater la naissance du droit de l'environnement moderne
00:08:56pour la doctrine universitaire,
00:08:58cette grande loi et cet article premier,
00:09:00qui maintenant a donné lieu à l'article,
00:09:02elle, sans distinguer, du Code de l'environnement,
00:09:04cette grande loi ne parle pas de changement climatique.
00:09:08Ce qui a donné lieu ensuite à un débat
00:09:10au moment de la confection de la Charte de l'environnement
00:09:12sur les années 2002 à 2005,
00:09:15pour savoir si le terme environnement
00:09:17renvoie aussi au changement climatique ou pas.
00:09:20Je précise qu'au sein même de l'université,
00:09:22il n'y a pas de consensus sur ce point-là.
00:09:24Et on voit en tout cas que ce sujet n'est pas abordé
00:09:26à l'article 1er de la loi de 1976,
00:09:28alors même que les scientifiques parlent déjà
00:09:30de changement climatique et qu'au niveau de l'ONU,
00:09:33nous avons déjà eu la déclaration de Stockholm,
00:09:35premier sommet mondial sur la Terre,
00:09:38que vous connaissez certainement,
00:09:40lequel fait déjà état pourtant de changement climatique.
00:09:43Donc à la suite de cette loi de 1976,
00:09:45nous avons malgré tout quelques textes
00:09:47qui vont intégrer la notion, l'objectif, le principe,
00:09:50le standard de lutte contre le changement climatique.
00:09:54Alors parfois uniquement pour ratifier,
00:09:56c'est le cas de la loi de 1994,
00:09:58qui est la première loi qui parle de changement climatique
00:10:00au sens où on l'entend.
00:10:01Il y a déjà des lois antérieurement,
00:10:03je pense à la loi Montaigne de 1985,
00:10:05qui parle de climat,
00:10:06mais c'est dans un sens plus météorologique.
00:10:09Il s'agit de parler des aléas climatiques
00:10:11et non pas du changement climatique
00:10:13au sens où la climatologie l'entend aujourd'hui.
00:10:17Donc c'est presque anecdotique, effectivement, d'en parler.
00:10:20En 1995, nous commençons effectivement à voir
00:10:24pour la première fois apparaître
00:10:26cette idée de prévention des changements climatiques,
00:10:29comme en 1992, l'expression est utilisée au pluriel.
00:10:32Et on parle uniquement de la prévention
00:10:34des changements climatiques.
00:10:36Je ne vais rien vous apprendre aujourd'hui, évidemment.
00:10:38Il est aussi question de l'adaptation
00:10:40aux changements climatiques
00:10:41et pas simplement de sa prévention,
00:10:44qu'on qualifie aussi d'atténuation
00:10:46en droit international.
00:10:47Et on parle des changements climatiques, effectivement.
00:10:50Aujourd'hui, la notion est conjuguée autrement.
00:10:54C'est le singulier qui va l'emporter.
00:10:56Mais malgré tout, ce n'est pas cette loi de 1995
00:10:58qui va véritablement, comment dirais-je,
00:11:02dater l'origine de l'inscription
00:11:04de la problématique,
00:11:07de l'enjeu du changement climatique
00:11:08dans notre droit interne.
00:11:09Ça sera un petit peu plus tard.
00:11:11Entre-temps, malgré tout,
00:11:12cette loi du 19 février 2001
00:11:13va créer cet observatoire
00:11:15sur les effets du réchauffement climatique,
00:11:16l'ONERC, dont l'action est aussi méconnue
00:11:19du grand public que très importante.
00:11:22Très récemment, le Conseil d'État, d'ailleurs,
00:11:23a fait référence aux travaux de l'ONERC
00:11:25dans sa décision commune de Grande-Synthe,
00:11:27nommément dans son grand arrêt
00:11:30sur lequel on reviendra,
00:11:31qui témoigne de l'importance
00:11:33de cet observatoire.
00:11:35Et c'est à l'occasion de la création
00:11:36de cet observatoire que, véritablement,
00:11:38on parle de changements climatiques au Parlement.
00:11:40Mais vous voyez, ce n'est pas tout à fait
00:11:41le changement climatique.
00:11:42Il y a une grande instabilité du vocabulaire
00:11:44qu'on retrouve aussi dans la jurisprudence administrative
00:11:46et les questions ici du réchauffement climatique.
00:11:50Enfin, c'est vraiment la loi Grenelle 2.
00:11:52Alors, la loi Grenelle 1,
00:11:54on en parle un petit peu.
00:11:55Ça reste une loi d'orientation.
00:11:56C'est vraiment la loi Grenelle 2
00:11:58qui va introduire en droit interne
00:12:02cette notion de changement climatique.
00:12:04Dans les cours d'histoire du droit de l'environnement,
00:12:05la faculté de droit, c'est véritablement cette loi
00:12:07qui est maniée pour dater l'origine
00:12:09de l'inscription du changement climatique
00:12:11en droit interne,
00:12:13et notamment parce qu'elle va introduire
00:12:15à l'article 110-1,
00:12:17et vous savez à quel point cet article est précieux
00:12:19pour le pilotage des politiques publiques environnementales,
00:12:22il va introduire, donc cette loi va introduire
00:12:24un grand 3 consacrant l'objectif
00:12:26du développement durable,
00:12:27qui reste l'objectif fondamental
00:12:29de toute la matière,
00:12:30de tout le droit de l'environnement,
00:12:31qu'il soit interne, européen ou international.
00:12:34Et cet objectif de développement durable
00:12:35est poursuivi grâce à 5 finalités
00:12:37qui sont aujourd'hui qualifiées d'engagement
00:12:39depuis la loi LTE de 2015.
00:12:42Et vous voyez que ces deux premières finalités
00:12:45pour parvenir à la réalisation
00:12:47de cet objectif de développement durable
00:12:48restent la lutte contre le changement climatique
00:12:50et la préservation de la biodiversité.
00:12:52Alors ce qui est intéressant,
00:12:53c'est que là, on passe de prévention
00:12:55du changement climatique
00:12:56à lutte contre le changement climatique,
00:12:58ce qui laisse ouverte la voie
00:12:59à l'intégration de la question de l'adaptation.
00:13:02Mais ce qui est moins réjouissant,
00:13:03c'est la distinction de ces deux politiques publiques.
00:13:05Et d'ailleurs, je ne vous apprends rien,
00:13:07votre ministère, pendant longtemps,
00:13:09a clairement distingué les politiques
00:13:11de lutte contre le changement climatique
00:13:13et celles de préservation de la biodiversité.
00:13:16À l'occasion de la grande transformation
00:13:17de votre ministère, en 2007,
00:13:19un effort a été fait pour une rencontre
00:13:21entre vos différents services.
00:13:24Mais jusqu'alors, c'était véritablement
00:13:26des politiques qui appartenaient
00:13:28même à des endroits géographiques
00:13:29tout à fait différents.
00:13:31L'autre problème, c'est qu'ici,
00:13:32vous voyez qu'on les distingue.
00:13:34Et non, il n'y a pas d'assimilation
00:13:36dans un même pot commun
00:13:37de ces deux politiques publiques,
00:13:40ce qui pose aussi des soucis,
00:13:41comme on le verra par la suite.
00:13:44On a aujourd'hui, effectivement,
00:13:46un risque qui est celui d'une fragilisation.
00:13:49Donc la valeur juridique elle-même,
00:13:52à cause de cette instabilité du vocabulaire,
00:13:54est un petit peu, comment dirais-je,
00:13:55incertaine.
00:13:57Et aussi, sans mettre personne mal à l'aise,
00:13:58il y a un débat très important
00:14:00qui va se tenir en commission
00:14:01à l'Assemblée nationale cette semaine,
00:14:03qui va se terminer vendredi prochain,
00:14:05à savoir, est-ce que l'objectif clé de voûte
00:14:08de toutes les politiques énergie-climat en France,
00:14:10c'est-à-dire le fameux facteur 4
00:14:11qu'on retrouve à l'article L100-4
00:14:13du Code de l'énergie,
00:14:15est-ce que cet objectif clé de voûte
00:14:16va perdre de sa superbe,
00:14:18puisqu'il est question dans cette loi,
00:14:21proposition de loi présentée
00:14:23par le sénateur Grémié,
00:14:26adoptée au Sénat,
00:14:27actuellement à l'Assemblée nationale,
00:14:28et bien il est question effectivement
00:14:30de rehausser l'objectif en pourcentage
00:14:32de 40 à 50 %,
00:14:33ça c'est bien,
00:14:35puisque nous serons raccords enfin
00:14:37avec la loi européenne
00:14:38sur le climat de 2019,
00:14:40mais dans le même temps,
00:14:41il s'agit effectivement
00:14:42de remplacer, réduire les émissions
00:14:45de gaz à effet de serre,
00:14:46qui laissent penser que nous avons
00:14:47une obligation de résultat,
00:14:49par tendre vers une réduction
00:14:51des émissions de gaz à effet de serre,
00:14:52qui laissent penser que nous aurons
00:14:53une obligation de moyens.
00:14:55Au-delà de l'impératif juridique,
00:14:57qui devient simplement une proposition,
00:14:59évidemment que d'un point de vue politique,
00:15:01il n'y a qu'à lire les débats au Sénat,
00:15:02on peut penser derrière que,
00:15:04eh bien, c'est moins urgent,
00:15:08moins prioritaire,
00:15:09ça correspond aussi un petit peu
00:15:10au contexte actuel.
00:15:12Alors là, j'ai évidemment survolé
00:15:14le droit positif,
00:15:14uniquement interne,
00:15:15pour essayer de mettre en exergue
00:15:17le fait que la valeur juridique même
00:15:19de cet objectif
00:15:20de nuer à des rédactions différentes
00:15:22est encore aujourd'hui contestée,
00:15:23ce qui pourrait sembler derrière nous
00:15:25est encore d'actualité,
00:15:26mais le juge administratif aussi
00:15:28a pu, dans sa jurisprudence,
00:15:31eh bien, approcher cette notion
00:15:33de lutte contre le changement climatique
00:15:34avec des points de vue
00:15:36un petit peu différents.
00:15:38Alors, contrairement à ce qu'on peut penser
00:15:40dans le grand public,
00:15:40je ne parle pas de vous,
00:15:41mais la question du changement climatique
00:15:44n'est pas née dans le contentieux administratif
00:15:46avec l'affaire du siècle,
00:15:47aussi importante soit-elle,
00:15:48mais elle est bien antérieure
00:15:49et c'est en réalité,
00:15:50non pas le code de l'environnement,
00:15:52mais le code de l'expropriation
00:15:53qui a présidé au premier maniement
00:15:56de cette notion,
00:15:57et c'est plus précisément encore
00:15:58le contentieux de la déclaration
00:15:59d'utilité publique,
00:16:00des grands projets d'infrastructure,
00:16:02ici une centrale hydroélectrique en Corse,
00:16:05la fameuse centrale de la chute
00:16:06du Ritzanez,
00:16:08c'est la première fois
00:16:09qu'on voit apparaître
00:16:09dans le contentieux
00:16:10et plus précisément
00:16:11dans la jurisprudence
00:16:12du Conseil d'État,
00:16:14une référence encore très imprécise
00:16:16à cette idée de lutte
00:16:17contre le changement climatique.
00:16:18Pourtant, la science a beaucoup évolué,
00:16:21le premier rapport du GIEC date de 1990,
00:16:24des associations ont manié ce moyen,
00:16:26cet argument depuis fort longtemps,
00:16:27mais vous voyez,
00:16:29cette idée, cette notion
00:16:30arrive dans la rédaction des arrêts
00:16:32un peu plus tard, en 2006 ici,
00:16:34et vous voyez effectivement
00:16:35que la réalisation du projet litigieux
00:16:38pour le Conseil d'État
00:16:39s'inscrit dans le cadre
00:16:40de l'objectif gouvernemental
00:16:41de promotion des énergies renouvelables
00:16:43et à l'époque,
00:16:44mais vous le savez,
00:16:45on parle de maîtrise
00:16:46des rejets de gaz à effet de serre.
00:16:48Le vocabulaire est intéressant,
00:16:50il ne s'agit pas de réduire,
00:16:51il s'agit de maîtriser,
00:16:52on est dans cette idée de contenir,
00:16:54qui est d'ailleurs encore présente
00:16:55en droit international climatique,
00:16:58et puis on parle de rejet
00:16:59plutôt que d'émission,
00:17:01ce qui peut laisser penser
00:17:02que la part humaine,
00:17:03la responsabilité humaine
00:17:04dans ces émissions
00:17:05est un peu moins importante,
00:17:07puisque ce terme renvoie généralement
00:17:08plutôt à des rejets
00:17:09par des industries,
00:17:11des machines,
00:17:12par autre chose
00:17:14qu'un être humain.
00:17:14Donc ça,
00:17:16c'est vraiment la première décision
00:17:18du Conseil d'État
00:17:18qui va s'emparer de ce sujet,
00:17:21mais nous en avons bien d'autres
00:17:22sur lesquelles je vais glisser,
00:17:24puisque l'heure tourne malheureusement,
00:17:27notamment l'affaire, évidemment,
00:17:28de Notre-Dame-des-Landes.
00:17:30Ce projet d'aéroport
00:17:31va être très contesté
00:17:32sur le champ, notamment,
00:17:34de la biodiversité,
00:17:35notamment de la présence
00:17:36d'une zone humide
00:17:37à l'endroit où les pistes
00:17:38doivent être construites,
00:17:40mais aussi, à l'époque,
00:17:42au sortir du Grenelle de l'environnement,
00:17:44les associations
00:17:45qui s'emparent du sujet
00:17:47et leurs avocats,
00:17:49dont votre serviteur,
00:17:50vont s'emparer aussi
00:17:51de cette loi du 3 août 2009,
00:17:53également la loi Grenelle 2.
00:17:55Et effectivement, ici,
00:17:56le Conseil d'État
00:17:57a dû se prononcer
00:17:58sur la valeur juridique.
00:17:59Est-ce qu'il est possible
00:18:00d'invoquer devant le Conseil d'État
00:18:01cet objectif de lutte
00:18:04contre le changement climatique
00:18:05tel qu'il est inscrit
00:18:06dans cette loi Grenelle 2 ?
00:18:07La réponse est non.
00:18:08Ces dispositions,
00:18:09ici, la loi Grenelle 1,
00:18:11qui sont contenues
00:18:12dans une loi de programmation,
00:18:13se bornent à fixer
00:18:14des objectifs généraux
00:18:15à l'action de l'État
00:18:16en matière de développement durable,
00:18:18sont par elle-même
00:18:19dépourvus de portée normative.
00:18:21Donc là, c'est circulé,
00:18:23y compris,
00:18:23parce qu'on sait
00:18:24que le Conseil d'État
00:18:24a toujours des réserves
00:18:25à appliquer directement
00:18:26des objectifs issus
00:18:28du droit international,
00:18:29mais même la référence
00:18:31au droit interne
00:18:31n'a pas été suffisante
00:18:32dès l'instant où
00:18:33il s'est saisi
00:18:34d'une loi de programmation.
00:18:36On a constaté
00:18:36l'absence de portée normative
00:18:38de manière générale
00:18:39et notamment de ces dispositions
00:18:41de la loi.
00:18:42Le 18 juin 2014,
00:18:44un autre...
00:18:45Alors, cette fois-ci,
00:18:46on est en matière
00:18:46d'urbanisme commercial.
00:18:48Un recours avait été exercé
00:18:49contre l'autorisation
00:18:50d'exploiter
00:18:50d'un centre commercial.
00:18:53C'est toujours
00:18:53la loi Grenelle 1
00:18:54du 3 août 2009
00:18:55qui est maniée
00:18:57par les requérants.
00:18:59Et vous voyez
00:18:59que les dispositions
00:19:00les mêmes,
00:19:01quasiment les mêmes
00:19:02que celles
00:19:02qui ont été maniées
00:19:04dans le cadre
00:19:05du contentieux
00:19:05de Notre-Dame-des-Landes,
00:19:06eh bien,
00:19:06ces dispositions
00:19:07sont dépourvues
00:19:08de portée normative.
00:19:09Donc, non seulement,
00:19:10effectivement,
00:19:10on est qu'en droit positif,
00:19:11le vocabulaire
00:19:12n'est pas certain,
00:19:13mais le juge,
00:19:14pour l'instant,
00:19:16refuse
00:19:16de réceptionner
00:19:18ces objectifs
00:19:20et prive les requérants
00:19:21de la possibilité
00:19:22de les opposer
00:19:23ici
00:19:24à une décision
00:19:25administrative.
00:19:26Pareil,
00:19:26à propos de l'autoroute
00:19:27Lyon-Saint-Etienne,
00:19:28ces stipulations.
00:19:29Donc là,
00:19:29il est question
00:19:30des stipulations
00:19:31directement de l'accord
00:19:32de Paris de 2015
00:19:33sont par elles-mêmes,
00:19:36non pas de portée normative,
00:19:37non pas de portée,
00:19:38non pas pour portée
00:19:39de faire obstacle
00:19:39à la réalisation
00:19:40du projet litigieux.
00:19:41Donc l'accord de Paris,
00:19:42pareil,
00:19:43ne peut pas être opposé
00:19:44à une décision administrative
00:19:45type déclaration
00:19:46d'utilité publique
00:19:47dans le cadre
00:19:48de ce contentieux.
00:19:51La loi Hulot
00:19:52sur les hydrocarbures
00:19:53également
00:19:53avait été l'objet
00:19:55de plusieurs recours
00:19:57et cette fois-ci,
00:19:59le Conseil d'État
00:20:00précise dans cette décision
00:20:02que l'objectif
00:20:03de lutte
00:20:04contre le changement climatique,
00:20:05c'est la première fois
00:20:05dans la jurisprudence
00:20:06du Conseil d'État
00:20:06qu'il est écrit
00:20:07l'objectif de lutte
00:20:08contre le changement climatique,
00:20:10eh bien,
00:20:11il constate
00:20:12que cet objectif
00:20:13a pour effet
00:20:14de justifier
00:20:14l'intention du législateur,
00:20:16quelque part,
00:20:16d'en affermir la légalité.
00:20:19Cet objectif suppose
00:20:20de limiter l'exploitation
00:20:21de réserves
00:20:22d'hydrocarbures fossiles,
00:20:23quel que soit leur usage.
00:20:24Mais bon,
00:20:24là,
00:20:24on est sur une lecture
00:20:25des intentions du législateur,
00:20:27on est plus dans l'interprétation,
00:20:28on n'est pas complètement
00:20:29dans le ressort
00:20:30du contrôle de l'égalité.
00:20:32Évidemment,
00:20:33c'est l'affaire commune
00:20:33de Grande-Synthe
00:20:34que vous connaissez
00:20:35toutes et tous
00:20:35qui va permettre
00:20:36à des associations,
00:20:37n'importe quoi,
00:20:38ça,
00:20:39c'est l'affaire du siècle
00:20:39qui va permettre
00:20:40à un maire
00:20:40et à une commune
00:20:42qui vont agir parallèlement,
00:20:44mais sachant que
00:20:45le recours du maire
00:20:46sera déclaré recevable,
00:20:47pas celui de cette commune,
00:20:48qui vont évidemment
00:20:49se saisir
00:20:50du droit international,
00:20:52européen et interne
00:20:54pour tenter
00:20:55d'obtenir
00:20:57une mesure d'injonction,
00:20:58mesure d'injonction
00:20:58adressée au Premier ministre
00:21:00pour qu'il prenne
00:21:00toute mesure utile
00:21:01de nature
00:21:02à faire respecter
00:21:03le fameux budget carbone
00:21:05qui était contenu
00:21:06dans un décret de 2020
00:21:07postérieur à la loi de 2015.
00:21:10L'idée est de faire respecter
00:21:11une trajectoire
00:21:12de réduction des émissions
00:21:13de gaz à effet de serre,
00:21:14ce fameux budget carbone.
00:21:15Et ce qui est très intéressant
00:21:16ici,
00:21:16c'est que le Conseil d'État
00:21:17évolue dans sa jurisprudence
00:21:18puisqu'il ne se borne pas
00:21:20uniquement à dire
00:21:21qu'elles sont dépourvues
00:21:23d'effets directs.
00:21:24Les stipulations,
00:21:25en plus ici,
00:21:25de la Convention K
00:21:26des Nations Unies
00:21:27sur les changements climatiques
00:21:28de 1992
00:21:29et de l'accord de Paris.
00:21:30Les stipulations
00:21:31de ces deux textes,
00:21:33certes,
00:21:34sont dépourvues
00:21:34d'effets directs,
00:21:35elles doivent néanmoins
00:21:36être prises en considération
00:21:37dans l'interprétation
00:21:38des dispositions
00:21:39de droit national.
00:21:40Donc, il y a une évolution.
00:21:41Nous allons interpréter
00:21:43le sens et la portée,
00:21:44surtout le sens
00:21:45des dispositions
00:21:45de droit interne
00:21:46au regard
00:21:47de ces deux textes.
00:21:48Donc, ces deux textes
00:21:49ne sont pas simplement symboliques,
00:21:50ils peuvent être invoqués,
00:21:52non pas directement
00:21:53pour demander l'annulation
00:21:54d'un refus,
00:21:55par exemple,
00:21:56de prendre des mesures,
00:21:57toutes mesures utiles
00:21:57contre le changement climatique,
00:21:59mais le refus
00:22:00du Premier ministre
00:22:01sera interprété
00:22:02en fonction des stipulations.
00:22:04Et ce qui est très intéressant,
00:22:05c'est que le Conseil d'État
00:22:06va quelque part faire
00:22:06la même chose
00:22:07que la Cour suprême
00:22:08des Pays-Bas
00:22:08dans l'affaire Urganda.
00:22:10Il va opposer à l'État
00:22:11ses propres engagements.
00:22:13Pour un juriste,
00:22:14on parlera d'obligations naturelles
00:22:15que les juristes
00:22:16en droit de la famille
00:22:16connaissent bien.
00:22:18Vous prenez un engagement,
00:22:19et bien cet engagement,
00:22:20quelque part,
00:22:21vous engage,
00:22:22et on peut vous les opposer.
00:22:24Et là,
00:22:24on retrouve la même logique
00:22:25de l'obligation naturelle
00:22:26dans cette décision
00:22:28du Conseil d'État.
00:22:30Donc,
00:22:30on voit que
00:22:31le premier problème
00:22:32qui s'attache
00:22:33à la lutte
00:22:34contre le changement climatique,
00:22:35c'est à la fois
00:22:36un atterrissage
00:22:38un petit peu incertain
00:22:39en droit positif
00:22:40avec des tentatives
00:22:41de remise en cause
00:22:42aujourd'hui,
00:22:43y compris à l'heure
00:22:44où je vous parle.
00:22:45Le deuxième problème aussi,
00:22:47c'est malgré tout
00:22:47une jurisprudence
00:22:48qui reste assez timide
00:22:49sur le maniement
00:22:50de ses objectifs,
00:22:51avec toujours cette peur
00:22:52du juge administratif.
00:22:54Ce n'est que mon avis
00:22:55d'encourir la critique
00:22:57du fameux gouvernement
00:22:58des juges,
00:22:59parce que ce n'est pas
00:23:00faute du côté des requérants
00:23:01de l'encourager
00:23:02à aller beaucoup plus loin.
00:23:04Mais le deuxième enjeu,
00:23:05qui peut être celui
00:23:06qui est plus immédiat
00:23:07dans vos préoccupations
00:23:08professionnelles,
00:23:09c'est la rencontre
00:23:09du climat
00:23:10et de la biodiversité,
00:23:11à tel point que,
00:23:13je ne vous cache pas
00:23:13que parmi mes confrères,
00:23:15l'usage est aujourd'hui
00:23:16de parler
00:23:16de certaines procédures.
00:23:17Je pense à la dérogation
00:23:18espèces protégées,
00:23:19l'article 411-2
00:23:20du Code de l'environnement,
00:23:21d'en parler comme une arme
00:23:22de destruction massive,
00:23:23je cite,
00:23:24des projets
00:23:25de parcs éoliens,
00:23:26d'unités de métallisation,
00:23:27de centrales solaires.
00:23:29C'est véritablement,
00:23:30aujourd'hui,
00:23:30l'enjeu le plus crucial
00:23:31auquel sont confrontés
00:23:33les acteurs,
00:23:36essentiellement,
00:23:36de production
00:23:37d'énergie renouvelable.
00:23:38Alors,
00:23:40à l'intérieur
00:23:40de cet enjeu,
00:23:41pourquoi on en est arrivé là ?
00:23:43Ce n'est qu'une hypothèse
00:23:43que je vous soumets.
00:23:44Et il me semble
00:23:45que l'un des premiers problèmes,
00:23:47ça a été historiquement
00:23:48le fait de construire
00:23:50en silo
00:23:50les politiques publiques
00:23:51de biodiversité
00:23:52et de changement climatique.
00:23:54C'est d'ailleurs
00:23:55une critique
00:23:57qui est adressée
00:23:58à l'ensemble
00:23:59des États du monde entier,
00:24:00confère le rapport Nexus
00:24:02de l'IPBES
00:24:03qui a été publié
00:24:05en 2024,
00:24:06qui, effectivement,
00:24:08rappelle que tant
00:24:09le GIEC
00:24:10pour le climat
00:24:11et l'IPBES
00:24:12l'équivalent
00:24:12pour la biodiversité,
00:24:13ont tous les deux
00:24:14communiqué en 2021
00:24:15pour rappeler
00:24:16que les politiques publiques
00:24:16en matière de climat
00:24:17et de biodiversité
00:24:18ne peuvent pas s'entendre
00:24:19l'une sans l'autre.
00:24:20Et là, en 2024,
00:24:22l'IPBES,
00:24:23cette fois-ci seule,
00:24:24a remis, effectivement,
00:24:25le sujet sur la table
00:24:26dans son rapport Nexus
00:24:28pour rappeler
00:24:29qu'il est véritablement
00:24:30fondamental
00:24:31et pour l'une et pour l'autre
00:24:32de penser les deux
00:24:33de la même manière.
00:24:34Ce n'est pas à vous
00:24:35que je vais l'apprendre
00:24:36et je pense que je n'ai même pas besoin
00:24:37d'essayer de vous convaincre
00:24:39puisque vous êtes au cœur du sujet.
00:24:40Donc voilà, ça, c'est le fameux rapport
00:24:41de l'IPBES
00:24:43qui tendait justement
00:24:44à démontrer
00:24:45qu'il fallait véritablement
00:24:46deux concerts,
00:24:47engager ces deux politiques publiques,
00:24:49les concevoir l'une avec l'autre,
00:24:50les exécuter l'une avec l'autre
00:24:52et non pas avoir une distinction
00:24:55entre ces deux enjeux,
00:24:56ces deux politiques publiques.
00:24:57Le rapport est absolument passionnant,
00:24:59même pour quelqu'un comme moi
00:25:00qui lit très mal
00:25:01la langue de Shakespeare
00:25:02puisqu'il n'est disponible
00:25:03qu'en anglais.
00:25:06Alors, le problème,
00:25:08c'est qu'effectivement,
00:25:08depuis 1976
00:25:10et la fameuse loi
00:25:11de protection de la nature,
00:25:13à l'époque,
00:25:13on parle de nature,
00:25:14pas encore d'environnement
00:25:15dans l'intitulé des lois
00:25:16qui sont votées au Parlement,
00:25:18eh bien,
00:25:18toutes les problématiques
00:25:20et que ce droit de l'environnement
00:25:21qui, historiquement,
00:25:22a plutôt été porté
00:25:23par des naturalistes,
00:25:25des membres éminents
00:25:26du Muséum d'Histoire Naturelle,
00:25:28je ne parlerai pas, évidemment,
00:25:29de France Nature Environnement,
00:25:31pour lequel j'ai une grande tendresse
00:25:33et qui a beaucoup contribué
00:25:34au droit de l'environnement
00:25:35par le contentieux
00:25:36qu'elle a engagé
00:25:37devant les juridictions administratives
00:25:38essentiellement.
00:25:40Mais, effectivement,
00:25:41tout un ensemble de concepts,
00:25:43de notions,
00:25:43d'instruments,
00:25:44de procédures
00:25:45vont naître de 1976
00:25:47au Grenelle de l'environnement
00:25:48en ne se souciant pas
00:25:50de l'enjeu climatique.
00:25:51Pour être très clair,
00:25:52il s'agit véritablement
00:25:53de protéger la biodiversité,
00:25:55de penser à la nature,
00:25:56aux espèces, etc.
00:25:57Mais on va séparer
00:26:00ces deux notions.
00:26:02Et les scientifiques,
00:26:03régulièrement,
00:26:04là, je vous ai mis
00:26:04un exemple très, très récent,
00:26:05puisque c'est l'Organisation
00:26:06Météorologique Mondiale
00:26:07qui s'en inquiète,
00:26:10pointent du doigt
00:26:10l'inadaptation des notions
00:26:12sur lesquelles nous,
00:26:13juristes,
00:26:14travaillons aujourd'hui.
00:26:15Une notion avec laquelle,
00:26:17par exemple,
00:26:17j'ai pu échanger
00:26:18avec des climatologues
00:26:19comme Valérie Masson-Delmotte,
00:26:21puisque nous sommes
00:26:23tous les deux membres
00:26:24d'un comité
00:26:25qui aide le journal La Croix
00:26:27à améliorer sa couverture
00:26:28des sujets écologie.
00:26:30C'est le fait que,
00:26:31lorsque la presse,
00:26:32par exemple,
00:26:32utilise les notions
00:26:33de catastrophe naturelle,
00:26:34eh bien,
00:26:35ce n'est pas à vous
00:26:35que je vais apprendre,
00:26:36évidemment,
00:26:36qu'on a le sentiment
00:26:37que la chose est ponctuelle,
00:26:39que ça vient de la nature.
00:26:40Vous avez encore des élus locaux
00:26:41pour dire la nature est méchante
00:26:43et c'est pour ça
00:26:43que le centre-ville est inondé.
00:26:46Je ne vous apprends évidemment rien.
00:26:47Vous êtes bien meilleurs experts
00:26:48que moi.
00:26:49Mais cette notion,
00:26:50effectivement,
00:26:51doit évoluer.
00:26:52Mais la notion
00:26:52de risque naturel majeur
00:26:53reste empreinte
00:26:54de naturalisme
00:26:55dans notre droit
00:26:56et n'est pas véritablement
00:26:58maniée en correspondance
00:26:59avec l'enjeu climatique.
00:27:01C'est l'une de ces...
00:27:02Les scientifiques alertent,
00:27:03les journalistes
00:27:04commencent à s'adapter,
00:27:05mais notre droit,
00:27:05aujourd'hui,
00:27:06en tout cas tel que je le vis
00:27:07dans ma pratique professionnelle,
00:27:09n'est pas encore adapté.
00:27:10On a toujours ce sentiment
00:27:11de l'événement irrésistible,
00:27:14extérieur,
00:27:14auquel l'homme
00:27:15n'a pas du tout contribué,
00:27:17en oubliant totalement
00:27:18la conséquence
00:27:20de l'artificialisation
00:27:21des sols,
00:27:22etc.
00:27:22Vous me dites
00:27:24quand je commence
00:27:24à brûler le chronomètre.
00:27:28Donc,
00:27:29c'est très intéressant
00:27:29d'engager cette réflexion,
00:27:31mais je ne vous cache pas
00:27:31qu'encore aujourd'hui,
00:27:32en tant que jury,
00:27:33c'est mon point de vue,
00:27:34lorsque je lis
00:27:34des débats parlementaires,
00:27:36des propositions de loi,
00:27:37puisqu'il n'y a plus
00:27:37beaucoup de projets de loi,
00:27:38eh bien,
00:27:39j'ai le sentiment
00:27:40que c'est l'un ou l'autre.
00:27:42Et le fait,
00:27:42d'ailleurs,
00:27:43c'était un article du Monde
00:27:44hier,
00:27:44très intéressant,
00:27:45que nous assistions
00:27:46à l'éclosion
00:27:47de toutes ces propositions
00:27:48avec une fragmentation
00:27:50des problématiques,
00:27:51renforce au contraire
00:27:52cette fragmentation
00:27:53du droit de l'environnement,
00:27:54qui n'est pas que
00:27:54notre responsabilité française,
00:27:56parce que même
00:27:56en droit international,
00:27:57je ne vous apprends rien,
00:27:59le fait qu'en 1992,
00:28:00on ait décidé
00:28:01d'avoir une convention
00:28:02internationale
00:28:02sur le changement climatique,
00:28:03les changements climatiques,
00:28:04convention internationale
00:28:05sur la biodiversité,
00:28:06convention internationale
00:28:07sur la déforestation,
00:28:08on a effectivement
00:28:09segmenté les problèmes.
00:28:11Et même aujourd'hui,
00:28:12on retrouve encore,
00:28:13par exemple,
00:28:13dans le projet
00:28:14de traité mondial
00:28:14sur le plastique,
00:28:15le fait qu'on n'arrive pas
00:28:17à traiter de la question
00:28:18des ressources,
00:28:18notamment en hydrocarbures,
00:28:20pour s'intéresser
00:28:21à la pollution plastique.
00:28:24Bref,
00:28:25tout ça pour dire
00:28:25que là où les scientifiques
00:28:26nous alertent,
00:28:27le droit est encore
00:28:28un petit peu peut-être
00:28:29absent sur ces questions-là.
00:28:32Et il est encore absent,
00:28:34malheureusement,
00:28:34de l'article 110
00:28:34du Code de l'environnement.
00:28:36Pour les uns,
00:28:37le droit de l'environnement
00:28:38tire sa force
00:28:40du fait qu'il n'est pas défini.
00:28:41Personne ne sait
00:28:42ce que c'est que le droit
00:28:42de l'environnement.
00:28:43Il n'est pas défini.
00:28:44Alors, pour des auteurs
00:28:45prestigieux,
00:28:45comme Michel Prieur,
00:28:46c'est effectivement
00:28:46la force du droit
00:28:48de l'environnement,
00:28:49un peu comme
00:28:49la Constitution américaine,
00:28:51même mal traitée,
00:28:52elle reste suffisamment
00:28:53plastique pour s'adapter
00:28:54et traverser
00:28:55les décennies
00:28:56et les siècles.
00:28:58Mais effectivement,
00:28:59ici,
00:28:59le fait que nous n'ayons
00:29:00pas de définition
00:29:01de l'environnement,
00:29:01mais simplement
00:29:02des éléments
00:29:03de cet environnement,
00:29:05au premier alinéa
00:29:06de ce paragraphe 1
00:29:08d'article 110
00:29:08thyréen,
00:29:09pourrait laisser penser
00:29:10que le droit
00:29:11de l'environnement
00:29:11ne se préoccupe pas
00:29:12de climat,
00:29:13en tout cas,
00:29:14en tête de ce Code
00:29:15de l'environnement.
00:29:16Là-dessus,
00:29:16vous avez deux écoles
00:29:17de pensée
00:29:17qu'on a retrouvées
00:29:18au moment de la rédaction
00:29:19de la Charte
00:29:19de l'environnement
00:29:20au sein de ce ministère,
00:29:22à l'époque où
00:29:23Roselyne Bachelot
00:29:23en était la ministre.
00:29:25D'un côté,
00:29:26une école de pensée
00:29:27qui tend à considérer
00:29:29qu'il faut introduire
00:29:31le climat
00:29:31dans notre droit
00:29:32constitutionnel
00:29:33et législatif
00:29:35pour lui donner
00:29:35toute sa place.
00:29:38Et on verra
00:29:38qu'il y a même
00:29:38des projets de loi
00:29:39de révision constitutionnelle
00:29:40qui procèdent
00:29:40de cette école de pensée
00:29:41qu'on a retrouvée
00:29:42notamment soutenue
00:29:43par la fondation
00:29:44Nicolas Hulot,
00:29:44devenue la fondation
00:29:45pour la nature et l'homme.
00:29:47Et puis,
00:29:48cette école de pensée
00:29:49qui considère
00:29:50que le climat
00:29:51est absent
00:29:51et qu'on ne peut pas penser
00:29:52que l'environnement
00:29:53intègre le climat,
00:29:54notamment exciple
00:29:55du fait que
00:29:56vous voyez
00:29:57qu'au troisième alinéa,
00:29:58le législateur
00:29:59a pris soin
00:30:00au fil des révisions législatives
00:30:02de définir
00:30:03ce qu'est la biodiversité.
00:30:05Alors que,
00:30:06de manière très très récente
00:30:07simplement,
00:30:08on voit le climat apparaître
00:30:09mais vraiment
00:30:09à la fin de l'alinéa.
00:30:11Je me suis permis
00:30:11de le mettre en gras.
00:30:13Et encore,
00:30:14le climat n'est qu'une référence
00:30:15pour définir autre chose
00:30:16que le changement climatique
00:30:17mais la géodiversité.
00:30:20Donc la géodiversité,
00:30:21dans sa définition,
00:30:22comprend le climat
00:30:22mais c'est la seule occurrence
00:30:23du mot climat
00:30:24dans l'entête
00:30:25du code de l'environnement.
00:30:26On ne peut pas dire
00:30:27que ici,
00:30:29le droit de l'environnement
00:30:30soit défini
00:30:30en fonction du changement climatique
00:30:33selon cette première école de pensée.
00:30:34La deuxième école de pensée
00:30:35pense qu'au contraire,
00:30:36ce n'est pas parce qu'on a
00:30:37la définition de la biodiversité
00:30:39que celle du climat
00:30:40est absente
00:30:41et que,
00:30:42au contraire,
00:30:42cette plasticité du droit
00:30:44permet d'intégrer le climat
00:30:45et puis confère
00:30:46toutes les dispositions
00:30:47du code de l'environnement
00:30:48sur les changements climatiques
00:30:49mais dispositions
00:30:50qui sont placées
00:30:52à l'intérieur
00:30:53des règles
00:30:54de la police
00:30:55de l'air
00:30:55et de l'atmosphère
00:30:56de telle sorte
00:30:56que pour le grand public,
00:30:57il y a parfois
00:30:58une confusion
00:30:58entre la police de l'air
00:31:01au sens prévention
00:31:02des pollutions
00:31:02par les particules fines
00:31:03et prévention
00:31:04des émissions
00:31:05de dioxyde de carbone.
00:31:06Quand je parle du grand public,
00:31:08je bats ma couille
00:31:08puisqu'au niveau des ONG,
00:31:10lors du Grenelle
00:31:10de l'environnement,
00:31:12on a commis une erreur
00:31:13pour parler très simplement,
00:31:14c'est-à-dire que,
00:31:14lors de la mise en place
00:31:15du bonus-malus automobile,
00:31:17à l'époque,
00:31:18les associations,
00:31:19dont celle
00:31:19à laquelle j'appartenais,
00:31:20n'avaient pas vu
00:31:21à redire au fait
00:31:22que ce bonus-malus
00:31:24encourageait en fait
00:31:25fortement des véhicules diesel,
00:31:26certes peu émetteurs
00:31:27de dioxyde de carbone,
00:31:29mais particulièrement émetteurs
00:31:30de particules fines.
00:31:32Donc, voilà,
00:31:33y compris l'endroit
00:31:34où se trouve
00:31:35cette idée
00:31:35du changement climatique
00:31:36peut créer
00:31:37des confusions
00:31:38de ce type-là.
00:31:40Alors,
00:31:40la Charte de l'environnement,
00:31:42effectivement,
00:31:42qui est très inspirée
00:31:43de l'article L110-1,
00:31:45qui doit beaucoup,
00:31:46évidemment,
00:31:48Adelphine Edary,
00:31:49conseillère d'État,
00:31:50qui était au cabinet
00:31:50de la ministre
00:31:51à cette époque-là,
00:31:52qui a piloté
00:31:53le comité juridique
00:31:54composé de tout
00:31:55ce qui se faisait mieux
00:31:56en juriste
00:31:56en droit de l'environnement.
00:31:59Je dis d'autant plus
00:32:00que je n'y étais pas,
00:32:02je précise.
00:32:03Donc,
00:32:03reprend l'idée
00:32:03que l'environnement
00:32:04est le patrimoine commun
00:32:05des êtres humains,
00:32:06donc une notion
00:32:07qui a été aussi critiquée
00:32:08à l'époque
00:32:08parce que très anthropocentrée.
00:32:10Et d'ailleurs,
00:32:11Nathalie Kosciusko-Morizet
00:32:12elle-même
00:32:13reconnaît encore aujourd'hui
00:32:14que j'étais dans un webinaire
00:32:16organisé par l'Association
00:32:18des journalistes environnement.
00:32:19Et c'était très intéressant
00:32:20de l'entendre.
00:32:21La vidéo est sur le site
00:32:22de l'Association
00:32:23des journalistes environnement.
00:32:24Elle reconnaissait effectivement
00:32:25que là,
00:32:25c'était clairement
00:32:26le choix d'une écologie humaniste
00:32:27qui était privilégiée,
00:32:30notamment pour convaincre
00:32:30la majorité de l'époque
00:32:31qui n'était pas du tout convaincue
00:32:32par l'écologie,
00:32:33vous vous en doutez.
00:32:35Et à l'intérieur
00:32:36de ce préambule,
00:32:38avec ces considérants
00:32:39introductifs
00:32:39de la Charte de l'environnement,
00:32:40il n'est pas fait référence
00:32:41au climat,
00:32:42mais on retrouve
00:32:43la même structure
00:32:44de rédaction
00:32:44qu'à l'article 110-1,
00:32:45c'est-à-dire
00:32:46la diversité biologique.
00:32:47Elle est définie
00:32:48et pas le climat.
00:32:50Alors,
00:32:51dans un récent colloque
00:32:52à Paris 1,
00:32:53dont les actes
00:32:53vont être publiés
00:32:54à la Revue de droit
00:32:55de l'environnement,
00:32:56la Bleu,
00:32:57Delphine Edary,
00:32:58elle,
00:32:59nous a clairement indiqué
00:33:00que dans l'esprit
00:33:01des concepteurs
00:33:02de ce texte,
00:33:03l'environnement,
00:33:04intégrer le climat
00:33:05et que ça allait de soi.
00:33:06Mais c'est vrai
00:33:06que vous ne trouvez pas
00:33:07le mot climat.
00:33:08De telle sorte
00:33:09que certains universitaires
00:33:10ont souhaité
00:33:12une nouvelle révision
00:33:14de la Constitution
00:33:14qui a été proposée
00:33:17par la majorité
00:33:19et voire même
00:33:20directement
00:33:21par le président
00:33:21de la République,
00:33:22Emmanuel Macron,
00:33:23de manière
00:33:24à modifier
00:33:24l'article 1er
00:33:25de la Constitution
00:33:27pour y intégrer
00:33:28explicitement
00:33:29une référence
00:33:30au climat.
00:33:31Il y a eu
00:33:31de tête
00:33:32trois projets
00:33:33de loi,
00:33:33enfin un projet
00:33:33de loi
00:33:33et d'autres propositions
00:33:35de révision
00:33:36constitutionnelle,
00:33:37toutes ont échoué
00:33:37et la plus connue
00:33:39de 2021
00:33:39prévoyait
00:33:41qu'à l'intérieur
00:33:42de cet article 1er,
00:33:43la République garantit
00:33:45la préservation
00:33:45de l'environnement
00:33:46et de la diversité
00:33:47biologique
00:33:47et lutte
00:33:48contre le dérèglement
00:33:49climatique.
00:33:49Ce qui était un peu
00:33:50bizarre parce que là,
00:33:51c'est la République
00:33:51qui lutte contre
00:33:52le changement climatique.
00:33:54Bon,
00:33:54ça ne permet pas
00:33:55de savoir exactement
00:33:56quel est le débiteur
00:33:57de l'obligation.
00:33:57Est-ce que c'est
00:33:58l'État,
00:33:58les entreprises,
00:33:59les particuliers,
00:34:00est-ce que c'est
00:34:00tout le monde ?
00:34:01Là,
00:34:01c'est la République.
00:34:03C'est même
00:34:03encore plus flou
00:34:04que l'État.
00:34:05Et vous voyez ici
00:34:06qu'en plus,
00:34:06il y avait une segmentation
00:34:07des trois notions
00:34:08environnement,
00:34:09diversité biologique
00:34:10et lutte contre
00:34:10le dérèglement climatique.
00:34:12Le Conseil d'État,
00:34:13d'ailleurs,
00:34:13dans son avis
00:34:13sur ce projet de loi,
00:34:14a émis des réserves
00:34:15en précisant que
00:34:16l'article 34
00:34:18qui permet de connaître
00:34:18du domaine
00:34:19de la loi
00:34:19et qui précise
00:34:21que la loi fixe
00:34:22les principes fondamentaux
00:34:23en matière environnementale,
00:34:25eh bien,
00:34:25cet article 34,
00:34:26dans sa portée,
00:34:26risquait d'être réduite
00:34:27puisque si on sort
00:34:28de l'environnement
00:34:29comme c'est fait ici,
00:34:30la diversité biologique
00:34:31et le climat,
00:34:32eh bien,
00:34:32l'environnement
00:34:33est réduit au reste,
00:34:34c'est-à-dire à je ne sais pas quoi.
00:34:36Donc, effectivement,
00:34:37cette rédaction a suscité
00:34:38un vif débat
00:34:39entre ceux qui considéraient
00:34:40qu'il était temps
00:34:40de clarifier les choses,
00:34:41d'inscrire le climat
00:34:42dans la Constitution,
00:34:43que c'était inacceptable
00:34:44qu'il n'y soit pas.
00:34:45D'autres États,
00:34:46en plus,
00:34:46dans le monde entier,
00:34:46ont pu le faire
00:34:47et pas la France.
00:34:48Pour l'instant,
00:34:49le mot climat
00:34:50est toujours absent
00:34:51de notre bloc
00:34:53de constitutionnalité.
00:34:55Donc,
00:34:56on voit que,
00:34:56là,
00:34:57j'ai évidemment résumé
00:34:57à grands traits,
00:34:59vraiment,
00:35:00j'arrive dans les...
00:35:01Je vous promets,
00:35:01deux,
00:35:02trois dernières minutes.
00:35:03Ah non,
00:35:03non,
00:35:03on va vous laisser un petit peu plus.
00:35:05Si vous me supportez encore,
00:35:08je vous promets
00:35:08que je ne dure pas
00:35:09plus de cinq minutes.
00:35:11Donc,
00:35:12j'ai brossé à grands traits,
00:35:12effectivement,
00:35:13ce premier défaut
00:35:14d'articulation
00:35:15entre le régime juridique
00:35:16de la protection
00:35:16de la biodiversité
00:35:17et celui de lutte
00:35:19contre le changement climatique,
00:35:20c'est-à-dire ces silos
00:35:21qui n'amènent pas
00:35:22à penser les uns
00:35:23avec les autres.
00:35:24Quand on pense
00:35:25catastrophe naturelle,
00:35:26il est très symptomatique.
00:35:27On est encore
00:35:28à l'époque du barrage
00:35:29des Malpassés en 1959.
00:35:30C'est les mêmes termes,
00:35:31les mêmes approches.
00:35:33C'est presque des événements
00:35:34qui sont engagés
00:35:34uniquement sous l'angle
00:35:35de la...
00:35:36qui sont conçus
00:35:36sous l'angle
00:35:37de la sécurité civile,
00:35:38beaucoup plus encore
00:35:39que ceux
00:35:39du changement climatique.
00:35:41Les missions d'attribution
00:35:43de Météo France,
00:35:44etc.,
00:35:44ne sont pas nécessairement
00:35:45connues de tous.
00:35:46Elles ne sont pas
00:35:46nécessairement discutées
00:35:47aux contentieux,
00:35:48ce qui est dommage.
00:35:50Mais aujourd'hui,
00:35:51si j'en finirai par là,
00:35:52on arrive au conflit.
00:35:53Très clairement,
00:35:54on arrive au conflit
00:35:55entre les deux.
00:35:56Alors, le conflit
00:35:57ne se fait pas simplement
00:35:58entre le patrimoine
00:35:59naturel
00:36:00et les installations
00:36:02de production
00:36:02d'énergie renouvelable.
00:36:03Vous voyez à quel point
00:36:04j'essaye d'être le plus,
00:36:06comment dirais-je,
00:36:07modeste possible devant vous.
00:36:09C'est une superbe défaite
00:36:10de mon cabinet
00:36:10que je vous présente,
00:36:12puisque le Conseil d'État
00:36:14nous a donné
00:36:14complètement tort.
00:36:15J'ai perdu un parc éolien
00:36:16parce que Marcel Proust
00:36:17en a décidé.
00:36:18Marcel Proust
00:36:19allait chez sa tante Léonie
00:36:21à Élie-Combray.
00:36:22Je ne vous cache pas
00:36:23que j'ai lu Marcel Proust
00:36:24à l'âge de 48 ans
00:36:25à cause de ce contentieux.
00:36:26Je ne l'avais jamais fait
00:36:27auparavant.
00:36:28Et effectivement,
00:36:29Stéphane Berne
00:36:30a déboulé dans les parages.
00:36:31Une association s'est constituée.
00:36:32Alors même que les éoliennes
00:36:33n'étaient pas visibles
00:36:34de la tante Léonie,
00:36:35paix à son âme,
00:36:36mais de sa maison
00:36:37dans laquelle
00:36:38le petit Marcel,
00:36:39jeune,
00:36:40a contracté
00:36:42ce joli souvenir
00:36:43de la Madeleine,
00:36:45eh bien,
00:36:45on a considéré
00:36:47que le patrimoine
00:36:49immatériel
00:36:50de ce territoire
00:36:50n'acceptait pas
00:36:51les éoliennes.
00:36:52Pourtant,
00:36:52il avait bien accepté
00:36:53l'autoroute A13,
00:36:54une ligne à haute tension,
00:36:55mais pas les éoliennes.
00:36:57Et donc là,
00:36:58effectivement,
00:36:58ce n'est pas simplement
00:36:59le patrimoine naturel
00:37:00qui était en cause,
00:37:01mais le patrimoine immatériel.
00:37:03Pourquoi je vous dis ça ?
00:37:03C'est parce que cette notion
00:37:04de patrimoine
00:37:05est très importante,
00:37:05puisque notamment
00:37:06lorsqu'on parle
00:37:06de la dérogation
00:37:07espèces protégées,
00:37:08en fait,
00:37:08c'est une mauvaise appellation
00:37:09puisque ce ne sont pas
00:37:11que les espèces protégées
00:37:12qui sont protégées,
00:37:13mais leurs habitats,
00:37:14les sites dans lesquels
00:37:15elles peuvent nicher,
00:37:16se reproduire,
00:37:17etc.,
00:37:17je ne vous apprends rien.
00:37:19En tout cas,
00:37:19ici,
00:37:19c'est vraiment la notion
00:37:20de patrimoine
00:37:20qui est mise en avant
00:37:21par le Conseil d'État.
00:37:23Et ici,
00:37:23vous voyez qu'il va,
00:37:25grâce à une rencontre
00:37:26entre le Code
00:37:27de l'environnement
00:37:28et le Code du patrimoine,
00:37:29considérer que ce parc éolien
00:37:31porte atteinte
00:37:33au patrimoine immatériel,
00:37:35à ce que fait penser
00:37:36ce territoire.
00:37:37Il fait penser,
00:37:39vous voyez,
00:37:39au jardin du Pré-Catelan
00:37:40dessiné par Jules Amiau,
00:37:41oncle de Marcel Proust,
00:37:43et tatati, et tatata.
00:37:44Donc, il n'y a pas
00:37:44que le classement
00:37:45au monument historique
00:37:46qui rentre en ligne de compte,
00:37:47mais également cette idée
00:37:48de patrimoine immatériel.
00:37:50Et vous voyez,
00:37:50en plus,
00:37:51le Conseil d'État va loin
00:37:52puisque,
00:37:52en prenant ainsi en considération
00:37:53des éléments
00:37:54qui ont trait aux dimensions
00:37:55historiques, mémorielles,
00:37:56culturelles,
00:37:57et notamment littéraires
00:37:58du paysage,
00:37:59qui, vous voyez,
00:37:59les études d'impact,
00:38:00doivent aujourd'hui
00:38:01citer les œuvres littéraires.
00:38:03Donc, si vos services
00:38:03n'ont pas fait
00:38:05d'études de lettres,
00:38:06il est temps
00:38:06de les encourager
00:38:07à le faire.
00:38:08Mais je plaisante à peine
00:38:09puisque moi,
00:38:09en tant qu'avocat,
00:38:10si j'en ai une étude d'impact,
00:38:11je leur dis,
00:38:11au fait,
00:38:12est-ce que vous parlez
00:38:12de la littérature du coin ?
00:38:13Donc, Victor Hugo,
00:38:14Chateaubriand à Saint-Malo,
00:38:16etc., etc.
00:38:18Alors, déjà,
00:38:19les études d'impact
00:38:20des projets de parques
00:38:21éoliennes offshore
00:38:21en parlaient.
00:38:23On me rappelle
00:38:24d'avoir lu
00:38:24des très belles pages
00:38:25sur mot passant
00:38:26à propos d'un projet
00:38:30parce que c'est presque
00:38:31une obligation
00:38:31pour toutes les études d'impact,
00:38:33évidemment,
00:38:34de grands projets.
00:38:36Autre conflit
00:38:37qui est passé
00:38:39totalement inaperçu
00:38:39du grand public,
00:38:41c'est à l'intérieur
00:38:41de l'affaire du siècle,
00:38:42puisque l'affaire du siècle,
00:38:43ce sont ces quatre associations
00:38:44qui vont demander
00:38:45la réparation
00:38:46de plusieurs chefs
00:38:47de préjudice,
00:38:47leur préjudice moral
00:38:48qu'elles obtiendront,
00:38:49mais elles vont demander
00:38:50la réparation
00:38:50du préjudice écologique
00:38:51consécutif à une faute
00:38:53de l'État.
00:38:54La faute consiste
00:38:55à n'avoir pas respecté
00:38:56son propre engagement
00:38:57de réduction
00:38:57des émissions de gaz
00:38:58à effet de serre
00:38:59telles que décidées
00:39:00dans le décret budget carbone
00:39:02de 2020.
00:39:03Donc, il y a bien
00:39:03un objectif,
00:39:04mais la trajectoire
00:39:05de réduction
00:39:05pour parvenir
00:39:06à cet objectif
00:39:07n'a pas été respectée.
00:39:08Et donc,
00:39:09ces associations,
00:39:10à l'inverse
00:39:10du contentieux
00:39:11Grande-Synthe,
00:39:12vont demander,
00:39:13sur le plan
00:39:14indemnitaire,
00:39:14une réparation,
00:39:15sauf qu'elles vont demander
00:39:16un euro.
00:39:17Et donc,
00:39:17le tribunal administratif
00:39:18va rejeter la demande
00:39:20en tant qu'elle porte
00:39:21sur un euro,
00:39:21puisque le préjudice
00:39:22écologique consécutif
00:39:24à cette inaction
00:39:25de l'État
00:39:26qui a laissé
00:39:27les émissions
00:39:27de gaz à effet de serre
00:39:28dérapé,
00:39:29eh bien,
00:39:30ce préjudice écologique
00:39:31ne peut pas,
00:39:31nous dit le tribunal
00:39:32administratif de Paris,
00:39:33dans son premier jugement,
00:39:35être estimé
00:39:36la somme de un euro.
00:39:37Alors,
00:39:38la somme de un euro
00:39:38avait été demandée
00:39:39par ces associations,
00:39:40évidemment,
00:39:40pour prévenir
00:39:41les critiques
00:39:42d'enrichissement
00:39:42sans cause,
00:39:43etc.,
00:39:44etc.
00:39:44On peut tout à fait
00:39:45comprendre leur position.
00:39:46Ce qui est intéressant,
00:39:47c'est que dans ce jugement
00:39:48du 14 octobre 2021,
00:39:49le deuxième,
00:39:50c'est affaire du siècle 2,
00:39:52du tribunal administratif
00:39:53de Paris,
00:39:54il va se prononcer
00:39:55notamment sur le préjudice
00:39:56écologique.
00:39:57C'est la première fois
00:39:57qu'il fait,
00:39:58puisque le préjudice écologique
00:39:59est inscrit dans le Code civil
00:40:00à l'article 1249,
00:40:02comme vous le savez,
00:40:03depuis la loi reconquête
00:40:04de la biodiversité de 2016,
00:40:06portée par Barbara Pompili.
00:40:09Et il se trouve effectivement
00:40:10que la réparation
00:40:11du préjudice écologique
00:40:12s'effectue par priorité
00:40:13en nature.
00:40:15Et ça,
00:40:15c'est vraiment une disposition
00:40:16auquel les associations
00:40:17tenaient beaucoup.
00:40:19Et dans les deux groupes
00:40:20de travail
00:40:20qui avaient été convoqués,
00:40:22tant au club du juriste
00:40:23qu'ensuite à la chancellerie,
00:40:25eh bien,
00:40:26il y avait vraiment
00:40:26un attachement
00:40:27qui était porté
00:40:29à cette idée
00:40:29de réparation de nature.
00:40:31Lorsqu'on regarde
00:40:31les travaux parlementaires,
00:40:32on est quand même
00:40:32sur cette idée
00:40:33que c'est une réparation
00:40:34par une intervention
00:40:35sur le terrain.
00:40:36C'est une intervention
00:40:37à la fois,
00:40:38effectivement,
00:40:39ça peut être
00:40:40du nettoyage d'oiseaux,
00:40:41ça peut être du nettoyage
00:40:42de sol pollué,
00:40:42ça peut être des mesures
00:40:44de restauration,
00:40:45de réhabilitation.
00:40:46Vous connaissez tout ça
00:40:46par cœur.
00:40:47Et le problème ici,
00:40:49c'est comment
00:40:50le tribunal administratif
00:40:51peut,
00:40:52parfois des années après,
00:40:54ordonner une réparation
00:40:55en nature
00:40:56d'un préjudice écologique
00:40:57consécutif,
00:40:59diffus,
00:40:59sur tous les territoires
00:41:00de métropole
00:41:01et d'outre-mer.
00:41:02Vous imaginez
00:41:03la complexité des choses.
00:41:04Et pourtant,
00:41:07le tribunal administratif
00:41:08va décider
00:41:09d'une mesure
00:41:11qui est une mesure
00:41:12propre à la jurisprudence
00:41:13administrative,
00:41:13que vous ne retrouverez pas
00:41:14dans la jurisprudence judiciaire,
00:41:16à la fois civile et pénale.
00:41:17C'est-à-dire qu'ici,
00:41:18la réparation du préjudice
00:41:19écologique ne se fait pas
00:41:21par des chantiers
00:41:21de restauration
00:41:22ou même,
00:41:23alors qu'elle ne doit pas
00:41:24être financière,
00:41:24mais le financement
00:41:25d'opérations de réhabilitation,
00:41:27elle se fait par une mesure
00:41:28d'injonction.
00:41:29C'est-à-dire que le juge
00:41:29administratif va répondre
00:41:31à la demande de réparation
00:41:33par une mesure d'injonction.
00:41:34Un instrument qu'il connaît
00:41:35très bien,
00:41:36c'est la cessation
00:41:36de l'illicite.
00:41:37Il va enjoindre l'État,
00:41:39représenté par son gouvernement
00:41:40de l'époque,
00:41:41de prendre toute mesure utile
00:41:43de manière effectivement
00:41:44à faire en sorte
00:41:46que la France revienne
00:41:48dans les clous de cette trajectoire
00:41:49et en plus compense
00:41:51le dérapage
00:41:53qui était antérieur
00:41:54à cette décision de justice.
00:41:55Donc on n'est pas
00:41:56dans de la réparation en nature
00:41:58au sens où l'entendaient
00:41:59notamment les partisans
00:42:01de l'inscription
00:42:02du préjudice écologique
00:42:03dans le Code civil.
00:42:03Je pense précisément
00:42:04à la Ligue pour la protection
00:42:05des oiseaux
00:42:05qui a obtenu
00:42:07cette consécration
00:42:08du préjudice écologique
00:42:09dans le cadre
00:42:09du contentieux de l'ERICA.
00:42:12Alors, vraiment,
00:42:13je finis ces promis,
00:42:14mais il ne faut jamais croire
00:42:15à un avocat
00:42:15quand il vous dit
00:42:16qu'il n'a que trois points
00:42:17encore et une conclusion.
00:42:19Vous le savez.
00:42:20Mais ici, voilà,
00:42:22est-ce que la biodiversité
00:42:23n'est pas une victime
00:42:24collatérale
00:42:25de ce contentieux
00:42:26au sens où on n'a pas
00:42:27vraiment de mesures
00:42:28de réparation en nature
00:42:29de la nature justement ?
00:42:30C'est une question
00:42:31qui a été posée
00:42:32dans le cadre
00:42:33de ce contentieux.
00:42:34Et puis, j'en finirai
00:42:35par la dérogation
00:42:35espèces protégées,
00:42:36promis vraiment
00:42:37que deux points.
00:42:38La dérogation
00:42:39espèces protégées
00:42:40vous connaissez tous par cœur.
00:42:41Article 412
00:42:42du Code de l'environnement,
00:42:44c'est mon quotidien.
00:42:45Eh bien, ici aussi,
00:42:47nous avons un affrontement
00:42:49entre, d'une part,
00:42:50les conditions de dérogation
00:42:51à l'interdiction
00:42:52de destruction,
00:42:53mais en réalité,
00:42:54à l'interdiction
00:42:55de perturbation
00:42:56dans un état
00:42:56de conservation favorable
00:42:57des espèces protégées
00:42:58et de leur habitat.
00:42:59nous avons un conflit
00:43:01effectivement entre
00:43:02les conditions
00:43:03de cette dérogation,
00:43:04c'est-à-dire
00:43:04l'absence de solutions
00:43:05alternatives satisfaisantes,
00:43:06l'absence de nuisances
00:43:07pour le maintien
00:43:08dans un état
00:43:09de conservation favorable
00:43:10des populations
00:43:10des espèces concernées,
00:43:11etc.
00:43:12Et la fameuse RIPM,
00:43:14la raison impérative
00:43:15d'un intérêt public majeur
00:43:16dont il est en question
00:43:16aujourd'hui dans l'actualité
00:43:17et qui est discutée
00:43:20jusqu'au Parlement.
00:43:20En fait, ici,
00:43:22la question qui se pose,
00:43:24c'est comment articuler
00:43:26la défense,
00:43:27la protection
00:43:28de ces espèces
00:43:28avec l'implantation
00:43:29de parcs,
00:43:30sachant que la quasi-totalité
00:43:32du territoire
00:43:32est concernée
00:43:33par cette question
00:43:35de la dérogation
00:43:36espèces protégées
00:43:37et que les annulations
00:43:38d'autorisation environnementale
00:43:40ou les confirmations
00:43:41de refus
00:43:41d'autorisation environnementale,
00:43:43je n'ai pas de statistiques,
00:43:44mais évidemment,
00:43:45mon ressenti
00:43:46qui n'est que mon ressenti
00:43:47et qu'elles sont nombreuses.
00:43:49Pas plus tard
00:43:49que la semaine dernière,
00:43:50je perds un parc
00:43:51devant la Cour administrative
00:43:52d'appel de Nantes
00:43:52sur cette question
00:43:53de la dérogation
00:43:55espèces protégées.
00:43:55Donc, le législateur
00:43:56est intervenu
00:43:57pour tenter de créer
00:43:58un régime encore plus compliqué
00:44:00que ce qui existait avant
00:44:01de présomption
00:44:02de la raison apérative
00:44:04d'un territoire majeur,
00:44:05c'est-à-dire qu'avant,
00:44:05il fallait prouver
00:44:06l'ARPM,
00:44:06maintenant,
00:44:07il faut prouver
00:44:07qu'on a le droit
00:44:08à la présomption,
00:44:08c'est-à-dire qu'il faut
00:44:10demander d'abord
00:44:10la qualification
00:44:11de projet d'intérêt national,
00:44:13au minimum,
00:44:14qu'on rentre
00:44:14dans les critères
00:44:15de qualification
00:44:15des projets d'installation
00:44:16de production d'ENR
00:44:17qui ont le droit
00:44:18à ce régime de présomption,
00:44:19etc., etc.
00:44:21Je ne m'apposentie pas
00:44:22sur tout ça,
00:44:23mais on a effectivement
00:44:24des jurisprudences
00:44:24extrêmement sévères.
00:44:26Celle-ci est l'une
00:44:26des plus sévères
00:44:27du Conseil d'État
00:44:28puisque le Conseil d'État,
00:44:29quand je dis sévère,
00:44:29ça dépend du point de vue
00:44:30dont on se place.
00:44:31Vous aurez compris
00:44:31que je vous parle
00:44:32en tant qu'avocat
00:44:33d'entreprise
00:44:34qui monte ces parcs.
00:44:37Évidemment que
00:44:37mes contradicteurs
00:44:39auront un point de vue différent.
00:44:41Ici, le Conseil d'État
00:44:42vous indique
00:44:42que non seulement
00:44:43l'article 411-2,
00:44:44celui qui fonde
00:44:45la procédure
00:44:46dérogation SS protégée,
00:44:48peut justifier
00:44:49un refus
00:44:49d'autorisation environnementale,
00:44:50mais il va beaucoup plus loin.
00:44:51C'est-à-dire qu'il précise
00:44:52que le juge administratif
00:44:53n'est jamais obligé
00:44:54d'ordonner la régularisation
00:44:55de l'autorisation attaquée,
00:44:58alors que souvent,
00:44:59c'est un peu
00:44:59l'issue de secours
00:45:00pour le juge administratif
00:45:01qui voit qu'une autorisation
00:45:02risque de tomber
00:45:03pour ce motif-là.
00:45:04Il dit,
00:45:04bon, allez la demander.
00:45:06On arrête le procès.
00:45:07Allez demander cette...
00:45:07Donc là, non.
00:45:09Dès l'origine,
00:45:10effectivement,
00:45:11le Conseil d'État
00:45:12précise que dès l'origine,
00:45:14tant l'administration
00:45:15et plus tard,
00:45:15le juge administratif
00:45:16peut refuser
00:45:17toute régularisation.
00:45:18C'est un nom sec
00:45:19et notamment,
00:45:21il précise
00:45:21quelle est l'espèce concernée.
00:45:22Ici, la cigogne noire.
00:45:23Inutile de vous dire
00:45:24que si vous avez un parc éolien
00:45:25avec une cigogne noire
00:45:26à proximité
00:45:26ou un lâcher de cigogne noire
00:45:28de la part d'opposants
00:45:29à l'éolien,
00:45:30c'est mort pour le parc.
00:45:32Quelques pistes de réflexion
00:45:33pour terminer.
00:45:34Vous voyez que c'est vraiment
00:45:34ma conclusion.
00:45:36J'ai tenu promesse.
00:45:37J'ai réussi à vous présenter
00:45:3845 diapos
00:45:39en une demi-heure,
00:45:40un peu plus.
00:45:42Eh bien, voilà.
00:45:43Je vous l'ai soumet,
00:45:44mais c'est des réflexions
00:45:46qui ont lieu au Paris
00:45:49dans la petite communauté
00:45:51des avocats en droit
00:45:52de l'environnement,
00:45:52à la fois la question
00:45:53de la réforme
00:45:54de l'étude d'impact environnemental
00:45:55pour inspirer confiance,
00:45:57pour asseoir sa crédibilité,
00:45:58notamment sur les enjeux
00:45:59climat et biodiversité.
00:46:01Ces études d'impact
00:46:02qui suscitent la méfiance
00:46:03de la part des associations
00:46:04d'opposants.
00:46:05Est-ce qu'il faudrait couper
00:46:05le lien entre le porteur de projet
00:46:07et l'auteur de l'étude d'impact ?
00:46:08Je sais qu'il n'y a pas
00:46:09de consensus dans cette maison.
00:46:10En 2013,
00:46:12on l'a bien vu.
00:46:13Est-ce que la procédure
00:46:14d'autorisation environnementale
00:46:15ne devrait pas être réformée
00:46:17de manière à donner
00:46:18un poids supplémentaire
00:46:19à l'avis de la MRAE
00:46:20et du CNPN
00:46:21lorsqu'ils sont saisis ?
00:46:24Dans le contenu de la 69,
00:46:25c'est quelque chose
00:46:25qu'il a pu interroger.
00:46:27La dérogation
00:46:27a cessé de se protéger aussi.
00:46:29Le législateur,
00:46:30dans la loi d'adu,
00:46:30vient de préciser
00:46:31quelles sont les conditions
00:46:32de demande de la dérogation,
00:46:34mais pas d'octroi.
00:46:36Est-ce qu'il faudrait
00:46:36revoir la manière
00:46:38dont on apprécie
00:46:38la raison impérative
00:46:39d'un terrain public majeur ?
00:46:41Et puis, enfin,
00:46:42il y a eu des tribunes
00:46:43de juristes
00:46:43pour demander
00:46:44à ce que le contentieux
00:46:44administratif, lui aussi,
00:46:46soit modifié
00:46:47de manière à ce qu'on arrête
00:46:48immédiatement un projet
00:46:49dès lors qu'un recours
00:46:50est introduit.
00:46:52Voilà.
00:46:53Et puis aussi,
00:46:54des réflexions,
00:46:55notamment au Parlement.
00:46:55Il y a eu une mission flash
00:46:56de députés,
00:46:58Mme Mouchou
00:46:59et Mme Untermayer,
00:47:00sur la procédure
00:47:01de référer suspension
00:47:02de manière à ce que,
00:47:04tout de suite,
00:47:04dès le début de la procédure
00:47:05administrative,
00:47:05puis contentieuse.
00:47:06On parle de ces enjeux
00:47:07climat et biodiversité
00:47:08plutôt que de les laisser
00:47:09s'affronter.
00:47:10Voilà.
00:47:11Excusez-moi pour le délai.
00:47:13Merci de votre attention.
00:47:14Et puis, voilà,
00:47:15je suis attentif
00:47:15à vos observations
00:47:16et recommandations.
00:47:17Merci beaucoup
00:47:18pour votre attention.
00:47:19Applaudissements
00:47:21Applaudissements
00:47:23Comme vous voulez.
00:47:35Si quelqu'un a déjà une autre question
00:47:41en préparation,
00:47:42je lui donne le micro.
00:47:44Comme c'est Arnaud,
00:47:45vous pouvez rester
00:47:46sur votre pupitre.
00:47:49Bonjour et merci beaucoup
00:47:52pour votre présentation.
00:47:55Ça fait effectivement un moment
00:47:57que je vois votre nom
00:48:02sur les questions
00:48:03de droit de l'environnement.
00:48:04C'est vraiment intéressant
00:48:05d'avoir votre intervention
00:48:06aujourd'hui.
00:48:08J'ai des tas de questions,
00:48:09mais je vais me limiter
00:48:10à deux sujets
00:48:11pour faire simple
00:48:13et pour laisser la place
00:48:15à d'autres questions.
00:48:16Le premier s'apporte
00:48:18sur le...
00:48:20Donc, il y a eu
00:48:20une ordonnance
00:48:25du Conseil d'État
00:48:25en date de 2022
00:48:28et qui permettrait
00:48:30de, quelque part,
00:48:35ne pas être dans l'obligation
00:48:39d'avoir une dérogation
00:48:41à espèces protégées
00:48:42dans le cas où
00:48:44il serait prouvé
00:48:46que le porteur de projet
00:48:47porte des...
00:48:51apporte des moyens efficaces
00:48:53de, quelque part,
00:48:57d'assurer à la fois
00:49:00la protection de l'espèce
00:49:03et puis néanmoins
00:49:05le maintien
00:49:06de l'activité économique.
00:49:07Donc, je voulais savoir
00:49:08ce que vous pensiez
00:49:09de cette ordonnance
00:49:11du Conseil d'État
00:49:12qui, je crois, date
00:49:12de décembre 2022.
00:49:13Ça, c'est sur la première question.
00:49:15Et ensuite, j'ai une deuxième question
00:49:16qui n'a, quelque part,
00:49:18aucun rapport.
00:49:19Donc, il y a, en ce moment,
00:49:20des réflexions
00:49:22sur la dérogation
00:49:24à espèces protégées.
00:49:25Vous en avez parlé.
00:49:27Et ces procédures
00:49:29à dérogation à espèces protégées,
00:49:30il y en a qui sont
00:49:31dans le cadre
00:49:32d'autorisation environnementale
00:49:34et d'autres dans le cas
00:49:39de non-autorisation environnementale.
00:49:41Donc, moi, je m'interrogeais,
00:49:42par exemple,
00:49:43l'autorisation environnementale
00:49:45sur la recherche scientifique en mer
00:49:48qui date de 2016.
00:49:51Pourquoi, par exemple,
00:49:52est-ce que cette...
00:49:54En fait, pourquoi est-ce que
00:49:56la recherche scientifique en mer
00:49:58ne serait que de l'exploitation
00:50:00des grands fonds marins, mettons ?
00:50:03Où s'arrête la recherche scientifique en mer ?
00:50:05Et à ce moment-là,
00:50:06est-ce que, typiquement,
00:50:08l'autorisation environnementale
00:50:10recherche scientifique en mer
00:50:12ne pourrait pas englober
00:50:12bien davantage de projets
00:50:14qui relèvent,
00:50:16de projets marins,
00:50:17soit entendus,
00:50:18qui relèvent de la dérogation
00:50:20à espèces protégées
00:50:21au sens de l'arrêté de 2007 ?
00:50:23Merci.
00:50:26Je réponds à ces deux-là ?
00:50:29Alors, effectivement,
00:50:29vous avez raison,
00:50:30je vais le résumer,
00:50:31mais c'est un avis
00:50:32qu'on t'en suit
00:50:33du 9 décembre 2022
00:50:34par lequel le Conseil d'État
00:50:35a répondu à une question
00:50:36de l'accord administrative
00:50:37d'appel de Douai
00:50:38portée dans un parc éolien.
00:50:40La question à l'origine,
00:50:41c'est est-ce qu'il faut attendre
00:50:43qu'il y ait un spécimen,
00:50:45un individu concerné
00:50:46d'une espèce protégée
00:50:47pour obliger le porteur de projet
00:50:49à déposer une demande de dérogation
00:50:51à l'interdiction de destruction
00:50:52d'espèces protégées
00:50:53ou est-ce qu'il faut raisonner
00:50:54en termes de population ?
00:50:55Les services en préfecture
00:50:57avaient plutôt tendance,
00:50:59pas tous,
00:51:00s'il y avait une hétérogénéité,
00:51:01mais ceux avec lesquels
00:51:02je pouvais échanger
00:51:04avaient tendance à considérer
00:51:05qu'il fallait que la population
00:51:07soit en cause,
00:51:08c'est-à-dire qu'on attend
00:51:09qu'une famille, une meute,
00:51:10un ensemble d'individus cohérents
00:51:13soient en cause.
00:51:14Le Conseil d'État nous dit non.
00:51:16Dès lors qu'il y a un individu
00:51:17dans la zone du projet
00:51:19qui fait l'objet d'un risque
00:51:21suffisamment caractérisé d'atteinte
00:51:23à son état de conservation,
00:51:24eh bien ça suffit effectivement
00:51:26à ce que l'administration
00:51:27soit en droit,
00:51:29enfin dans l'obligation même,
00:51:30de demander une dérogation
00:51:31et se protéger aux porteurs de projet.
00:51:33Donc là, le Conseil d'État
00:51:35a plutôt,
00:51:36mais ce n'est pas consensuel,
00:51:38augmenté la probabilité
00:51:41d'avoir à déposer
00:51:42une demande de dérogation
00:51:43et se protéger.
00:51:43Mais c'est vrai que
00:51:45certains collègues universitaires
00:51:46se sont exprimés
00:51:47pour regretter cet avis
00:51:48puisque leur interprétation
00:51:50de la Cour de justice
00:51:50de l'Union européenne
00:51:51est que la demande
00:51:52devrait être systématiquement déposée
00:51:54dès lors qu'il y a toujours un risque.
00:51:56Et qu'est-ce qu'un risque
00:51:56suffisamment caractérisé ?
00:51:58Sachant qu'avant,
00:51:58on parlait d'aléas,
00:52:00de risque faible à modérer,
00:52:02etc.
00:52:03Donc cet avis à la fois
00:52:04n'oblige pas systématiquement
00:52:05le porteur de projet
00:52:06à déposer une demande.
00:52:08Ça, c'est le verre à moitié plein
00:52:09à vide selon certains.
00:52:11Mais de l'autre côté,
00:52:12par rapport à une situation
00:52:13où en fait,
00:52:14on attendait qu'une population
00:52:15soit en cause,
00:52:16il est plus sévère qu'avant.
00:52:18Donc vous voyez,
00:52:18tout dépend du point de vue
00:52:19sur lequel on se place.
00:52:20il a, je pense, réalisé.
00:52:22C'est un avis très intéressant
00:52:23parce qu'il a été rédigé
00:52:24par une très grande juriste
00:52:25et contrairement aux conclusions
00:52:28du rapporteur public,
00:52:29ce qui n'est pas non plus
00:52:29totalement fréquent.
00:52:31Il y a vraiment eu un débat
00:52:31en ce moment même
00:52:32du Conseil d'État.
00:52:33Alors, j'ai oublié la date,
00:52:35mais il y a un tribunal administratif
00:52:37outre-mer
00:52:37qui s'est prononcé
00:52:39sur la question
00:52:40de la recherche scientifique.
00:52:41En l'occurrence,
00:52:42c'était l'IFRE-mer.
00:52:42C'était une recherche de tête
00:52:44sur les cétacés.
00:52:45Et il a effectivement considéré
00:52:47qu'y compris une recherche
00:52:48sur les cétacés rentrait
00:52:50dans le champ d'application
00:52:52de cette législation
00:52:53sur les espèces protégées
00:52:54et qu'en l'occurrence,
00:52:55les conditions de cette législation
00:52:56n'avaient pas été respectées.
00:52:57Je ne me rappelle plus du détail,
00:52:59mais effectivement,
00:52:59le côté à côté du droit
00:53:02de la recherche scientifique
00:53:03n'a pas été accepté
00:53:04comme un argument recevable
00:53:05par cette juridiction.
00:53:07Mais je ne me rappelle plus.
00:53:09Je transférerai la décision
00:53:10à Mme Dudignac,
00:53:12si vous voulez,
00:53:12mais je ne me rappelle plus
00:53:13des références exactes.
00:53:16S'il y a une autre question ?
00:53:18Madame et Monsieur.
00:53:29Bonjour.
00:53:29Je voulais revenir sur le fait
00:53:32que le terme climat
00:53:33ou changement climatique
00:53:34n'apparaissent pas
00:53:34de façon claire
00:53:36dans le code de l'environnement
00:53:37comme vous l'avez expliqué.
00:53:39Je me posais la question,
00:53:40c'est peut-être un peu naïf
00:53:42comme question,
00:53:42mais à partir du moment
00:53:43où le changement du climat
00:53:44menace tout le reste,
00:53:45c'est-à-dire la biodiversité,
00:53:47les espèces,
00:53:48les ressources en eau
00:53:49telles que déjà inscrites
00:53:51dans le code,
00:53:52est-ce que du coup,
00:53:53protéger ces espèces,
00:53:54ça ne revient pas
00:53:54à justement lutter
00:53:56contre le changement climatique ?
00:53:57Est-ce que les deux
00:53:57ne sont pas liés
00:53:58et du coup,
00:53:58ce n'est peut-être pas si grave
00:53:59que ça n'apparaisse pas
00:54:01dans le code ?
00:54:02Est-ce qu'on ne peut pas
00:54:03lier les deux
00:54:03et l'utiliser pour...
00:54:06dans les tribunaux,
00:54:09par exemple,
00:54:10ce genre de choses ?
00:54:13Alors,
00:54:14lors du Grenelle,
00:54:15il y avait eu ce débat déjà.
00:54:16Je vous parle d'un temps
00:54:16que les moins de 20 ans
00:54:17ne connaissent pas,
00:54:19mais moi,
00:54:19j'ai plus de 20 ans.
00:54:21Il y avait déjà cette idée
00:54:21que ce n'est pas grave
00:54:22si on les distinguait,
00:54:24notamment, par exemple,
00:54:24tout le débat
00:54:25sur la taxe carbone.
00:54:26Vous aviez des associations
00:54:27qui demandaient
00:54:27ce qu'il y ait une taxe carbone
00:54:28qui soit uniquement émise
00:54:29sur les émissions carbone
00:54:30des véhicules,
00:54:31en disant ça,
00:54:32c'est mesurable,
00:54:33on peut le faire tout de suite,
00:54:34le changement climatique,
00:54:34c'est la priorité,
00:54:35il faut avancer tout de suite.
00:54:36Et FENE,
00:54:36à laquelle j'appartenais,
00:54:37n'en voulait pas.
00:54:38Il avait demandé
00:54:39une contribution climat-énergie
00:54:40qui n'était pas assise
00:54:41que sur les émissions
00:54:42de dioxyde de carbone,
00:54:43mais également
00:54:43sur l'empreinte environnementale
00:54:45dont vous savez
00:54:46que les scientifiques
00:54:47ne sont pas tous d'accord
00:54:48entre eux
00:54:48sur la manière de l'évaluer,
00:54:49de la calculer, etc.
00:54:50Donc, c'était beaucoup plus complexe.
00:54:52Au final,
00:54:53l'État a choisi
00:54:54d'aller vers une modification
00:54:55de l'assiette,
00:54:57de la taxe intérieure
00:54:57sur les carburants.
00:54:58Je passe.
00:54:59Oui, c'est très important.
00:55:01Pourquoi ?
00:55:01Parce qu'aujourd'hui,
00:55:02y compris en droit,
00:55:03nous risquons,
00:55:04si vous raisonnez
00:55:05changement climatique à part,
00:55:07d'une part,
00:55:08d'avoir les fausses solutions,
00:55:09c'est-à-dire des solutions
00:55:10qui oublieraient l'impact
00:55:12qu'elles peuvent avoir
00:55:13sur la nature.
00:55:14Par exemple,
00:55:15quand vous parlez
00:55:15de captage et de stockage
00:55:16de dioxyde de carbone,
00:55:17il est quand même important
00:55:18de savoir comment les sols
00:55:19se comportent,
00:55:20comment la faune à proximité
00:55:21se comporte, etc.
00:55:22Sinon,
00:55:22vous risquez
00:55:23de donner à Blancin
00:55:24des opérations
00:55:24qui, peut-être,
00:55:25vont réserver
00:55:26des émissions de gaz
00:55:27à effet de serre,
00:55:28mais avoir un impact
00:55:29sur les sols,
00:55:29la faune,
00:55:30la flore présente dans les sols.
00:55:31Parce qu'on a l'impression
00:55:32parfois aussi,
00:55:32mais je ne vous l'apprends rien,
00:55:33que les sols seraient
00:55:34des lieux inertes
00:55:35où nous vivons
00:55:36n'existeraient pas,
00:55:36alors qu'en réalité,
00:55:37c'est là qu'ils se trouvent
00:55:38en priorité.
00:55:39Donc,
00:55:39d'un point de vue scientifique,
00:55:40c'est important,
00:55:40d'un point de vue juridique aussi.
00:55:42Et puis,
00:55:44malgré tout,
00:55:45aujourd'hui,
00:55:45pour soutenir
00:55:46des politiques publiques,
00:55:47là,
00:55:47je vais faire un peu plus
00:55:48le militant,
00:55:49mais quand vous voulez parler
00:55:50d'artificialisation des sols
00:55:52et répondre,
00:55:52ça n'engage que moi
00:55:53à ce que je dis,
00:55:54à certaines initiatives
00:55:55pour remettre en cause
00:55:56l'objectif ZAN,
00:55:57etc.,
00:55:57c'est bon aussi de rappeler
00:55:59que lorsqu'il y a des inondations,
00:56:01des épisodes de sécheresse
00:56:01et autres,
00:56:03c'est aussi parce qu'on a détruit
00:56:04la biodiversité
00:56:04qu'on a largué
00:56:06des émissions de gaz à effet de serre
00:56:07et qu'en conséquence,
00:56:08on ne sait pas s'adapter
00:56:09aux conséquences de ces émissions.
00:56:12Donc,
00:56:12voilà,
00:56:12je ne dis rien d'autre
00:56:13que ce que les scientifiques
00:56:14disent aussi aujourd'hui.
00:56:17Mais c'est une vraie question
00:56:18qui a été débattue
00:56:19au nom de l'efficacité.
00:56:22Monsieur, pardon.
00:56:23Je vous en prie.
00:56:24Moi, j'ai deux questions.
00:56:25La première,
00:56:26j'ai été interpellé
00:56:26par ce que vous avez dit
00:56:27sur le régime catastrophe naturelle,
00:56:30etc.,
00:56:31et l'évolution de la dénomination.
00:56:33Alors,
00:56:33on se doute bien
00:56:33que si on garde
00:56:34cette dénomination-là,
00:56:35c'est pour des questions
00:56:36un peu de responsabilité.
00:56:37On a un régime aujourd'hui
00:56:38qui est quand même fondé
00:56:39sur un prélèvement
00:56:40sur des polices d'assurance
00:56:41pour financer ça
00:56:42au titre de la collectivité.
00:56:44Comment vous voyez
00:56:45la projection
00:56:45si demain,
00:56:46on reconsidère concrètement
00:56:47ce risque
00:56:48en considérant
00:56:51que la part humaine,
00:56:52finalement,
00:56:53dans la survenance,
00:56:53dans l'aménagement,
00:56:54dans notre capacité
00:56:56à préserver
00:56:56des espaces naturels,
00:56:57etc.,
00:56:57a une part prépondérante
00:56:59aussi dans ce type
00:57:00de risque et de réalisation.
00:57:02Comment on évolue
00:57:03dans le système
00:57:03de responsabilité ?
00:57:04Je me dis que c'est quelque chose
00:57:05que vous avez déjà,
00:57:06si ce n'est étudié,
00:57:08au moins envisagé.
00:57:09Et ma deuxième question,
00:57:10elle est plus large.
00:57:14C'est souvent,
00:57:15quand on croise
00:57:15changement climatique,
00:57:17en tout cas,
00:57:18lutte contre changement climatique
00:57:19et biodiversité,
00:57:20on arrive très vite
00:57:21dans une logique
00:57:21d'investissement.
00:57:23On a tendance
00:57:24à nous dire
00:57:24que les espèces
00:57:25qui aujourd'hui
00:57:26sont peut-être
00:57:27en déclin,
00:57:28demain,
00:57:28avec l'accélération
00:57:29du dérèglement climatique,
00:57:31seront vraiment décimées
00:57:32ou sans vouer à disparaître.
00:57:33Est-ce qu'on investit
00:57:34ou pas dans la protection
00:57:35de ces espèces
00:57:36vouées finalement
00:57:37quelque part à disparaître
00:57:38au regard des études
00:57:38dont on dispose ?
00:57:40Est-ce qu'on protège
00:57:40les habitats qui existent
00:57:41ou est-ce qu'on les renouvelle ?
00:57:42C'est une question prégnante,
00:57:43je crois,
00:57:43sur Natura 2000 aussi,
00:57:44sur les critères
00:57:45de classement
00:57:47des sites Natura 2000.
00:57:48Est-ce qu'on les maintient
00:57:48ou est-ce qu'on va faire évoluer
00:57:50ces sites, etc.
00:57:51Donc, c'est une question
00:57:52qui est très large.
00:57:53Comment vous,
00:57:53vous percevez
00:57:53en tant que praticien du droit,
00:57:55finalement,
00:57:55cette question-là,
00:57:56ce croisement-là,
00:57:57est-ce que dans le droit,
00:57:59il commence à émerger ?
00:58:00Est-ce que dans les questions
00:58:00devant les juges,
00:58:01c'est des questions
00:58:02qui se posent ou pas ?
00:58:03Voilà, c'est une question
00:58:04plus large, plus prospective,
00:58:05mais ça m'intéresse
00:58:07d'avoir votre point de vue.
00:58:09Je vous remercie,
00:58:09mais votre question
00:58:10est tellement fondamentale,
00:58:11mais je vous jure,
00:58:12je vois les gros yeux
00:58:13se faire sur moi.
00:58:14Je vais essayer d'y répondre
00:58:15de manière brève.
00:58:17Je vous prends un exemple.
00:58:19J'avais été invité
00:58:19par votre ministère
00:58:20à la conférence
00:58:21au cours de laquelle
00:58:22ce ministère,
00:58:23à l'occasion de la mise en ligne
00:58:24du site Internet
00:58:25Notre Environnement,
00:58:26a publié un rapport
00:58:27dans lequel on voit consacrer
00:58:28la notion de limite planétaire
00:58:29qui a été portée
00:58:30par ce ministère.
00:58:31À titre personnel,
00:58:32j'ai été opposé.
00:58:33Pourquoi ?
00:58:33Parce que vous avez
00:58:34ce que certains juristes
00:58:35comme Martine Raymond-Gouilloux
00:58:36appellent le risque
00:58:37du droit de détruire.
00:58:38Vous raisonnez
00:58:39en termes d'effet de seuil.
00:58:40C'est-à-dire que l'espèce
00:58:41passait tel seuil,
00:58:42il faut la protéger,
00:58:43mais jusqu'à ce seuil-là,
00:58:45à la limite,
00:58:45ce n'est pas trop important.
00:58:46C'est pareil pour tous les risques
00:58:47et les limites planétaires,
00:58:48vous avez des gens aujourd'hui,
00:58:49enfin moi, dans mon entourage,
00:58:50j'entends dire,
00:58:50bon, ça va,
00:58:51alors le cycle de l'eau,
00:58:52là, ce n'est plus possible
00:58:52parce qu'on a dépassé.
00:58:54Alors, si on a dépassé,
00:58:55ce n'est pas grave non plus.
00:58:55L'effet de seuil,
00:58:56ce n'est pas terrible avant,
00:58:57ce n'est pas terrible après.
00:58:58Avant, c'est on peut,
00:59:00allons-y.
00:59:01Et après, c'est de toute façon,
00:59:02à quoi bon ?
00:59:03Donc, cet effet de seuil
00:59:04qui se généralise,
00:59:05vous savez,
00:59:06c'est ce que les juristes
00:59:06appellent le risque
00:59:07du droit d'ingénieur.
00:59:08Pardon.
00:59:09Mais le risque du droit d'ingénieur,
00:59:10un peu beaucoup d'ingénieurs ici,
00:59:12mais le risque du droit d'ingénieur,
00:59:13c'est de raisonner
00:59:14avec des équations,
00:59:15etc., etc.
00:59:15Là où nous,
00:59:16on préférait raisonner
00:59:17en termes de délibération,
00:59:18en fin de compte,
00:59:19et pas simplement de seuil.
00:59:20On a le problème,
00:59:20effectivement,
00:59:21pour les limites planétaires.
00:59:22On a le problème
00:59:23pour la législation
00:59:23espèces protégées.
00:59:24Vous avez des naturalistes
00:59:25qui vous disent
00:59:25toute la biodiversité
00:59:26devrait être protégée quelque part
00:59:28et pas juste une espèce.
00:59:29Même les espèces dites nuisibles
00:59:31ne sont plus.
00:59:32Je parle devant des spécialistes.
00:59:34Donc, votre question
00:59:34est absolument fondamentale
00:59:35et vous voyez bien
00:59:36que je ne fais que dire ça
00:59:37et de ne pas du tout y répondre
00:59:38parce qu'il faudrait
00:59:39une journée entière
00:59:40pour traiter du sujet.
00:59:42Mais cette question-là
00:59:43est absolument essentielle.
00:59:44Quant à votre première question
00:59:45sur la catastrophe,
00:59:47évidemment que si vous l'élargissez
00:59:49au changement climatique,
00:59:50le risque que commencent
00:59:51à dire les assureurs,
00:59:52c'est de dire
00:59:52« Ah, mais moi,
00:59:53j'assure s'il y a un aléa. »
00:59:54Ah, mais là,
00:59:54il n'y a plus d'aléa.
00:59:55C'est du sûr et certain.
00:59:57On peut même le probabiliser.
00:59:59On voit au fil des études
01:00:01d'attribution de Météo France
01:00:02qu'on est capable de vous dire
01:00:03que de plus en plus,
01:00:05on va avoir des épisodes
01:00:06de sécheresse,
01:00:07d'inondation, etc.
01:00:07Ce n'est plus un aléa.
01:00:08C'est une certitude.
01:00:10Et à ce moment-là,
01:00:11où est le régime d'assurance
01:00:12en face non plus d'un aléa
01:00:13d'une certitude ?
01:00:14Ce qui pourrait permettre
01:00:15à des assureurs, effectivement,
01:00:16de se retirer,
01:00:17de demander à l'État
01:00:17d'assumer une nouvelle obligation
01:00:18qu'il n'a peut-être pas
01:00:20les moyens d'assumer non plus.
01:00:22Ce ne serait même plus
01:00:22un régime d'assurance.
01:00:23Ce serait un régime
01:00:24de solidarité nationale
01:00:25qui révolutionne
01:00:27le régime 4NAT.
01:00:28Donc, vous voyez que là aussi,
01:00:29je n'ai pas du tout répondu.
01:00:30J'ai juste dit
01:00:30que c'était une question
01:00:31très intéressante.
01:00:33Il n'y a que le débat public
01:00:34qui permettra d'y répondre,
01:00:35malheureusement.
01:00:36Mais pour les assureurs,
01:00:37c'est un sujet essentiel.
01:00:38C'est assez essentiel.
01:00:40J'ai bien d'autres questions
01:00:41auxquelles je ne répondrai pas,
01:00:42si vous voulez.
01:00:47À moins que vous aie déjà assommé,
01:00:49là, c'est bon.
01:00:49Madame Dudinac,
01:00:53Madame Riesler, je crois.
01:00:56Là, c'est sûr que je ne pourrais pas répondre.
01:00:57C'est Madame Riesler qui pose la question.
01:01:01Non, mais peut-être pour prolonger,
01:01:03du coup, sur les deux questions
01:01:04pour essayer d'avoir une réponse.
01:01:07Mais sur l'enjeu catastrophe naturelle,
01:01:11est-ce que là,
01:01:12il n'y a pas aussi
01:01:12une part de responsabilité
01:01:14un peu scientifique
01:01:15à la difficulté à attribuer
01:01:17et dans le discours
01:01:18et qui fait que, du coup,
01:01:19le droit est aussi un peu en retard
01:01:21parce que, finalement,
01:01:22on a encore beaucoup
01:01:23de certaines pudeurs,
01:01:26bon, scientifiques,
01:01:27qui a de la valeur,
01:01:27mais à dire,
01:01:29oui, c'est le changement climatique.
01:01:31Et sur la deuxième espèce,
01:01:33c'était est-ce que vous,
01:01:34dans votre...
01:01:35Est-ce que vous voyez aujourd'hui...
01:01:36Enfin, vous n'avez pas vraiment répondu,
01:01:38mais c'était de se demander
01:01:39si, dans votre pratique,
01:01:41le docteur praticien du droit,
01:01:42est-ce qu'aujourd'hui,
01:01:42la raison, par exemple,
01:01:43la disparition d'une espèce
01:01:44qui est protégée sur un site
01:01:46pourrait être une des raisons invoquées
01:01:48et est-ce qu'il y a déjà
01:01:49des débats sur ce sujet-là
01:01:51en contention,
01:01:53en disant,
01:01:53ah oui, mais cette espèce-là,
01:01:54de toute façon,
01:01:55dans dix ans,
01:01:56elle ne sera plus là.
01:01:57Est-ce que ça,
01:01:58c'est quelque chose
01:01:58qui existe aujourd'hui
01:01:59ou pas encore ?
01:02:01Alors, non.
01:02:05Un jour, j'ai eu un client
01:02:06qui m'a dit
01:02:06je vais régler la question
01:02:07de la dérogation
01:02:08à la espèce protégée
01:02:09très simplement
01:02:10avec une pelle.
01:02:11Et le pire,
01:02:12c'est qu'il l'a fait.
01:02:13Et effectivement,
01:02:13il a laissé en plus
01:02:14dans l'étude d'impact
01:02:15une photo d'un cadavre,
01:02:17bref, je ne dirai pas
01:02:17de quelle espèce,
01:02:18ventre à l'air.
01:02:19Donc, c'était vraiment
01:02:20doublement maladroit.
01:02:22Et en fait,
01:02:22voilà,
01:02:23je ne conseillerais jamais
01:02:23à personne de faire ça
01:02:24parce que la question
01:02:24est aujourd'hui
01:02:25quand même très sensible.
01:02:26et on est face
01:02:28à des juges administratifs
01:02:29qui, de ce point de vue-là,
01:02:30de mon expérience,
01:02:31je ne les connais pas tous,
01:02:32mais j'en vois quand même
01:02:32à certains nombres,
01:02:34sont sensibles
01:02:35à la question
01:02:36de la dérogation
01:02:36à la espèce protégée
01:02:37et ne laisseraient pas
01:02:38passer l'argument
01:02:39selon lequel
01:02:39oui, mais ce n'est pas grave.
01:02:41D'ailleurs,
01:02:41le Conseil d'État,
01:02:42dans l'avis du 9 décembre 2022
01:02:44dont on parlait tout à l'heure,
01:02:46vous indique que
01:02:47non seulement
01:02:48dès lors qu'il y a présence
01:02:49potentielle en réalité,
01:02:50potentielle d'un individu,
01:02:52un seul,
01:02:53dans la zone du projet,
01:02:54zone du projet,
01:02:55voilà,
01:02:55ça s'apprécie au cas par cas,
01:02:57qui subit un risque
01:02:58suffisamment caractérisé,
01:02:59même pas une certitude,
01:03:00et quel que soit
01:03:01l'état de conservation
01:03:02de l'individu,
01:03:03eh bien,
01:03:04il faut déposer
01:03:04la demande de dérogation.
01:03:05C'est quand même
01:03:05assez draconien,
01:03:07c'est quand même
01:03:07le Conseil d'État,
01:03:08c'est appliqué par les juges
01:03:08avec une certaine sévérité
01:03:10ou rigueur,
01:03:11dirons les uns,
01:03:12mais non,
01:03:12l'état de conservation
01:03:13de l'espèce
01:03:14n'a pas d'incidence
01:03:15sur l'intensité
01:03:16du contrôle du juge
01:03:17et évidemment
01:03:17qu'aucun bureau d'études
01:03:18se permettrait de dire
01:03:19de toute façon,
01:03:20l'espèce en question
01:03:21est déjà tellement mal en point
01:03:22que ce n'est pas très grave.
01:03:23La cigogne noire,
01:03:24par exemple,
01:03:25vous voyez bien
01:03:25que la décision
01:03:26du Conseil d'État
01:03:27que j'ai pu projeter,
01:03:28cette cigogne noire
01:03:28va vraiment très,
01:03:29très, très, très mal
01:03:30et c'est pour ça d'ailleurs
01:03:31que le Conseil d'État
01:03:31applique le régime
01:03:32de protection maximale,
01:03:34pas de régularisation possible.
01:03:35Donc là,
01:03:36on est vraiment
01:03:36face à un mur,
01:03:37on s'arrête là.
01:03:38Je ne sais pas
01:03:45ce qu'il s'est passé
01:03:46dans ce que vous venez de dire
01:03:47mais...
01:03:48J'ai dit une bêtise peut-être.
01:03:50Alors moi,
01:03:51j'ai une question
01:03:51un peu différente.
01:03:55En fait,
01:03:55il y a beaucoup de juristes
01:03:56qui estiment
01:03:57que pour protéger
01:03:58la biodiversité,
01:03:59il faut s'appuyer
01:04:00sur les droits de la nature.
01:04:02J'aurais bien aimé
01:04:02avoir votre point de vue
01:04:03là-dessus
01:04:04parce que moi,
01:04:04je me pose des questions
01:04:06surtout par rapport
01:04:07au système juridique français
01:04:09la capacité
01:04:10de ce dispositif
01:04:11on va dire
01:04:12à répondre
01:04:13aux problématiques
01:04:13aujourd'hui
01:04:14de prise en compte
01:04:15de la biodiversité
01:04:16dans le droit
01:04:17de l'environnement.
01:04:21Vous voulez qu'on prenne
01:04:22toutes les questions
01:04:22comme ça ?
01:04:23Je voulais.
01:04:24Mais je ne l'oublie pas.
01:04:26Je ne sais plus
01:04:27qui avait levé là.
01:04:29La même sur le droit
01:04:30de la nature.
01:04:31Ok.
01:04:31Et vous aussi ?
01:04:32La même si il fallait
01:04:33faire évoluer
01:04:34la notion de droit
01:04:35de l'environnement
01:04:36Alors d'abord,
01:04:44j'ai un problème
01:04:45de définition
01:04:45des termes de sujet
01:04:46puisque pour avoir participé
01:04:49à un certain nombre
01:04:50de colloques,
01:04:50il y en a un prochainement
01:04:51à nouveau à Toulouse.
01:04:53La faculté de droit
01:04:54de Toulouse organise
01:04:54un nouveau sujet,
01:04:56un nouveau colloque
01:04:56sur la question
01:04:57des droits de la nature.
01:04:58La première question,
01:04:59c'est qu'est-ce que c'est
01:04:59que les droits de la nature ?
01:05:01Pendant une certaine période,
01:05:02il a été défendu l'idée
01:05:03que ça consistait
01:05:04à donner la personnalité juridique
01:05:06à un être vivant
01:05:07que l'on peut...
01:05:09Alors déjà,
01:05:09être vivant,
01:05:10c'est une espèce animale.
01:05:11Est-ce qu'on va
01:05:12jusqu'au végétal
01:05:13qui est vivant
01:05:13ou un fleuve aussi
01:05:14qui est un être vivant
01:05:15d'une certaine manière ?
01:05:16Mais qu'est-ce qu'un être vivant ?
01:05:18Ce n'est pas pour nouer
01:05:19le poisson,
01:05:20sans mauvais jeu de mots,
01:05:21mais déjà,
01:05:22c'est la personnalité juridique
01:05:23tout court,
01:05:23mais la personnalité juridique,
01:05:24vous avez des millions
01:05:25de personnes dans le monde
01:05:26qui meurent
01:05:26et ils ont la personnalité juridique.
01:05:28Ça ne va pas beaucoup
01:05:28les protéger.
01:05:29Il y a des jours,
01:05:31dans des zones de guerre,
01:05:32des gens qui ont
01:05:33une personnalité juridique
01:05:33qui meurent tous les jours.
01:05:34Donc ça ne va pas
01:05:35beaucoup les protéger.
01:05:35Donc la question,
01:05:36c'est de leur attribuer des droits,
01:05:37mais le problème,
01:05:38c'est qu'en droit,
01:05:40il n'y a nulle part
01:05:41la possibilité
01:05:42d'avoir un droit
01:05:42sans un devoir.
01:05:44Moi, je suis avocat.
01:05:45Un client vient me voir.
01:05:46Il me dit
01:05:46un droit a été violé.
01:05:48Bon.
01:05:49Même si c'est une chèvre,
01:05:50peu importe.
01:05:51Et je dis ça sans sourire.
01:05:52Il aura des devoirs
01:05:53parce que devant le juge,
01:05:54qu'il soit administratif,
01:05:55civil ou pénal,
01:05:56il va avoir l'obligation
01:05:57de respecter les droits
01:05:57de la partie adverse,
01:05:58sa présomption d'innocence,
01:06:00la règle du contradictoire,
01:06:01la production des écritures,
01:06:02etc., etc., etc., etc.
01:06:04En fait,
01:06:04vous ne pouvez pas défendre
01:06:05un droit sans devoir.
01:06:06Or, le problème,
01:06:07c'est comment,
01:06:08ce n'est pas tellement
01:06:08comment vous confiez des droits
01:06:10à un être vivant
01:06:10parce que ça,
01:06:11on peut imaginer
01:06:12un mandataire
01:06:13qui soit chargé de ça.
01:06:15La question, pour moi,
01:06:16c'est surtout
01:06:16comment vous lui confiez
01:06:17des devoirs.
01:06:18Et si jamais vous commencez
01:06:19à lui confier des devoirs,
01:06:21est-ce qu'on ne va pas passer
01:06:22d'un sujet à un autre
01:06:23qui est d'abord
01:06:24les devoirs des êtres humains ?
01:06:25Parce que nous,
01:06:25on a des devoirs
01:06:26que clairement,
01:06:27on n'assume pas aujourd'hui.
01:06:28Donc, j'ai l'impression
01:06:29qu'on va rentrer
01:06:30dans un débat très important
01:06:33alors qu'on a déjà
01:06:34un instrument
01:06:35qui est effectivement
01:06:36anthropocentré,
01:06:37qui fonctionne
01:06:38quand on l'applique.
01:06:39On pourrait parler
01:06:40de toutes les décisions
01:06:41qui ont fonctionné.
01:06:42Regardez, par exemple,
01:06:43la baisse de la pollution d'air
01:06:44en Ile-de-France
01:06:44sans aucune connotation politique
01:06:46à mon propos.
01:06:47Les instruments fonctionnent
01:06:49lorsqu'on donne les moyens
01:06:50à vos administrations,
01:06:51lorsque la fiscalité est adaptée,
01:06:52lorsque les juges sont formés,
01:06:53etc., etc.
01:06:55Et est-ce qu'on a le temps
01:06:56de créer une révolution juridique
01:06:59dont aujourd'hui,
01:07:00même les partisans
01:07:02hésitent sur la définition
01:07:03des termes du sujet ?
01:07:04Donc, oui,
01:07:04j'ai noyé de poisson
01:07:05et je n'ai à nouveau
01:07:05pas répondu.
01:07:07Moi, je vais vous dire,
01:07:07mes étudiants,
01:07:08ils adorent ça.
01:07:08Donc, tout ce qui peut faire parler
01:07:09de droit de l'environnement,
01:07:10génial.
01:07:11Donc, moi,
01:07:11j'accepte totalement
01:07:12les exposer, etc.,
01:07:13sur les droits de la nature,
01:07:14mais derrière,
01:07:14souvent,
01:07:15je suis un peu interloqué
01:07:16en me disant
01:07:16de quoi parle-t-on exactement.
01:07:17Voilà.
01:07:19Mais je sens que
01:07:20chez les...
01:07:22Excusez-moi.
01:07:23Chez les personnes,
01:07:24en fonction de leur âge,
01:07:25il y a aussi les...
01:07:26Voilà.
01:07:27Mes étudiants,
01:07:27les moins de 30 ans,
01:07:28sont à fond pour,
01:07:29globalement,
01:07:30et les vieux,
01:07:31comme moi,
01:07:32sont plus dubitatifs.
01:07:33Ça doit être mon côté
01:07:34réactionnaire avec l'âge.
01:07:38J'ai répondu aux trois
01:07:39ou pas en même temps,
01:07:40je crois, non ?
01:07:42Mais peut-être
01:07:42qu'il peut y avoir
01:07:43des contradictions.
01:07:44Vous avez le droit
01:07:45de ne pas être d'accord
01:07:45avec moi.
01:07:45C'est pas vraiment
01:07:55une question,
01:07:56mais peut-être
01:07:56je peux être aussi
01:07:58à côté de la plaque.
01:07:59À vous écouter,
01:08:01j'ai le sentiment
01:08:02que vous prenez
01:08:03le sujet beaucoup
01:08:04par le développement
01:08:06d'énergie renouvelable,
01:08:09d'installation.
01:08:11Et ça me trouble,
01:08:12ça me trouble
01:08:13dans ma façon
01:08:14d'appréhender, moi,
01:08:15le changement climatique,
01:08:16où il me semble
01:08:16qu'avant d'arriver
01:08:17à ça,
01:08:19il y a quand même
01:08:20d'autres choses
01:08:21à imaginer.
01:08:22J'ai l'impression
01:08:23que finalement,
01:08:24j'ai entendu
01:08:25une pensée intéressante,
01:08:28mais très fragmentaire,
01:08:30et qui, pour moi,
01:08:30devrait être
01:08:31le troisième pilier
01:08:33et pas le premier.
01:08:35Je pense
01:08:35notamment
01:08:37plutôt à la sobriété,
01:08:39à l'efficacité,
01:08:40avant de penser
01:08:41au développement
01:08:41de projets,
01:08:43notamment d'infrastructures.
01:08:47Je ne suis pas claire ?
01:08:48Si, très claire,
01:08:49mais j'étais en train
01:08:50de penser à ma réponse.
01:08:53Et du coup,
01:08:54ça me frustre presque.
01:08:56Moi,
01:08:56je n'assimile pas
01:08:57changement climatique
01:08:58ou lutte contre
01:09:00le changement climatique
01:09:01de façon immédiate
01:09:03à la production
01:09:05d'énergie renouvelable.
01:09:07et de fait,
01:09:10penser sobriété
01:09:11et efficacité,
01:09:13déjà,
01:09:14pourraient réduire
01:09:15furieusement,
01:09:16me semble-t-il,
01:09:18tous les problèmes
01:09:19qu'on a autour
01:09:19de projets,
01:09:21notamment
01:09:22de développement
01:09:22d'énergie renouvelable.
01:09:25Ce n'est pas
01:09:25de votre fait
01:09:26et ce n'est pas
01:09:26du fait
01:09:27des énergéticiens.
01:09:29Je veux dire,
01:09:30on leur offre
01:09:32des possibilités,
01:09:33ils y vont.
01:09:33D'ailleurs,
01:09:33on en a tellement
01:09:33maintenant qu'apparemment,
01:09:34on en a même trop.
01:09:35Vous voyez ?
01:09:36Mais je me dis,
01:09:36mais c'est quoi
01:09:38ce bordel, quoi ?
01:09:41D'un résumé.
01:09:43Alors,
01:09:44en tant que citoyen,
01:09:44j'aurais tendance
01:09:45à être d'accord
01:09:45avec vous.
01:09:48Mais en tant que jury,
01:09:49je suis obligé
01:09:49de vous dire
01:09:50que l'objectif premier
01:09:51du droit de l'environnement
01:09:52que je me suis,
01:09:53parce que la critique,
01:09:54je l'ai tout le temps,
01:09:54mais moi,
01:09:55je dis juste
01:09:55qu'en droit positif,
01:09:56donc c'est à vous
01:09:57d'agir pour le faire changer,
01:09:58bien plus que moi,
01:10:00l'objectif de développement durable,
01:10:01c'est l'objectif premier
01:10:02du Code de l'environnement.
01:10:03C'est l'objectif cardinal
01:10:04de droit de l'environnement
01:10:05en tête du centre d'hystérien
01:10:07et dans le grand trois,
01:10:09la lutte contre le changement climatique
01:10:10n'est qu'une des finalités
01:10:12à poursuivre
01:10:12pour réaliser cet objectif premier.
01:10:14Donc,
01:10:14c'est bien l'entrée,
01:10:15c'est bien le développement durable.
01:10:17Vous voyez ici,
01:10:17on est bien dans une logique
01:10:18de développement
01:10:18selon le droit positif.
01:10:21Et quand vous regardez la charte,
01:10:22c'est la même chose.
01:10:23C'est une charte anthropocentrée.
01:10:24Je n'ai pas dit
01:10:25que c'était mon opinion personnelle,
01:10:27c'est juste le texte
01:10:28qui le précise.
01:10:29Non, vous n'êtes pas d'accord.
01:10:32Un micro ?
01:10:33Je ne sais pas si vous avez un micro.
01:10:34Non, mais si on prend le développement
01:10:35et si on sait que c'est à ça,
01:10:36il y a une très préférence
01:10:37sur le terme de développement
01:10:38qui, selon vous,
01:10:40sous-entend que
01:10:42on peut faire du projet.
01:10:43C'est ça ce que je ne veux pas comprendre.
01:10:45Pas du tout.
01:10:45Vous me demandez si mon entrée
01:10:47pour parler de la lutte
01:10:47contre le changement climatique
01:10:48et la biodiversité
01:10:49était le développement.
01:10:50Je vous dis que cette entrée
01:10:51est celle qui, aujourd'hui,
01:10:53est choisie par le droit positif.
01:10:55Je ne dis pas
01:10:55que c'est mon opinion personnelle.
01:10:56Je dis juste que c'est celle
01:10:57du droit positif.
01:10:58Le droit positif, aujourd'hui,
01:10:59c'est une entrée de développement.
01:11:02Vous avez une vision très rédictrice
01:11:04de mon seul point de vue
01:11:06de cette notion
01:11:07de développement durable.
01:11:09Alors, je pourrais vous mettre aussi
01:11:11la définition de l'objectif
01:11:12de développement durable
01:11:13et d'autres notions
01:11:14qu'on trouve juste après,
01:11:16notamment celle de transition
01:11:18vers une économie circulaire.
01:11:19La transition vers une économie circulaire
01:11:21qui est l'un des objectifs
01:11:22de l'environnement
01:11:22et même avec une valeur
01:11:23presque supplémentaire
01:11:24parce que ce n'est pas simplement
01:11:24un engagement,
01:11:25c'est un objectif.
01:11:26Et c'est bien un objectif
01:11:27de développement
01:11:28d'une économie circulaire.
01:11:31Mais encore une fois,
01:11:31ce n'est pas mon opinion personnelle.
01:11:35Bon, je ne vous ai pas convaincu.
01:11:36Je suis un mauvais avocat.
01:11:40D'autres questions, peut-être ?
01:11:41Ou au point de vue,
01:11:43totalement contraire au mien.
01:11:45Je ne vous brandirai pas
01:11:46le cas d'environnement.
01:11:46pour compléter.
01:11:47Pour compléter, c'est que...
01:11:50Deux éléments, peut-être,
01:11:51pour compléter,
01:11:52c'est que d'abord,
01:11:52au sein de la stratégie
01:11:56de réduction des émissions
01:11:57de gaz à effet de serre,
01:11:58la stratégie nationale bas carbone,
01:11:59on a vraiment bien
01:12:00les trois piliers,
01:12:03c'est-à-dire d'abord
01:12:04la sobriété énergétique,
01:12:06la sobriété ou l'efficacité énergétique
01:12:09et la décarbonation
01:12:12de la production d'énergie.
01:12:14Aujourd'hui, en France,
01:12:14en fait, on a peut-être
01:12:15en ce moment un peu
01:12:16un peu trop d'électricité,
01:12:17mais en réalité,
01:12:18on consomme énormément
01:12:19d'énergie fossile
01:12:20et donc il y a vraiment
01:12:20un enjeu majeur
01:12:21de décarbonation de cette énergie.
01:12:23Et l'électrification
01:12:24est quand même
01:12:24une des manières premières.
01:12:27Donc en fait,
01:12:28c'est tout à pour dire
01:12:29que le développement
01:12:30des énergies renouvelables
01:12:31ou du nucléaire, d'ailleurs,
01:12:32de toute énergie décarbonée,
01:12:34est au centre
01:12:34de la politique de décarbonation
01:12:36parce qu'en fait,
01:12:38en réalité,
01:12:38on consomme encore
01:12:39énormément d'énergie fossile
01:12:40malgré un petit surplus
01:12:42peut-être d'électricité.
01:12:44Le deuxième chose,
01:12:45c'est que là,
01:12:45les enjeux étaient
01:12:47de parler un peu
01:12:48des enjeux
01:12:49des zones,
01:12:50des controverses
01:12:51ou des conflits
01:12:52entre l'hépotique
01:12:53biodiversité et climat
01:12:54et de fait,
01:12:54elles interviennent plus
01:12:55autour des projets
01:12:56de développement
01:12:56qu'autour de projets
01:12:57d'efficacité énergétique.
01:12:58Donc c'est aussi
01:12:58un peu inhérent
01:12:59à la structure
01:13:00de la conférence.
01:13:01Mais voilà,
01:13:02c'était les deux éléments
01:13:02que je voulais rappeler.
01:13:09encore vous.
01:13:19J'espère avoir cette fois-ci
01:13:20une question
01:13:21à laquelle on puisse répondre.
01:13:21aujourd'hui,
01:13:25on voit bien
01:13:25ces réflexions
01:13:26autour de changements climatiques,
01:13:27l'évolution,
01:13:28les impacts
01:13:28que ça a sur nos politiques publiques,
01:13:30sur la façon
01:13:30dont elles doivent évoluer,
01:13:32etc.
01:13:32Vous,
01:13:33dans le prisme contentieux,
01:13:35aujourd'hui,
01:13:35c'est quoi que vous voyez arriver
01:13:37comme grand enjeu
01:13:38des contentieux à venir ?
01:13:41Des fois,
01:13:42on sent dans le contentieux
01:13:43qu'il y a des choses qui arrivent.
01:13:44On sent qu'il y a des premiers signes,
01:13:45il y a des prémices.
01:13:46Là,
01:13:46quand on regarde cette dichotomie
01:13:49entre protection de la biodiversité,
01:13:51des habitats,
01:13:51des milieux
01:13:52et lutte contre le changement climatique,
01:13:54est-ce que vous voyez des sujets,
01:13:55des pans du contentieux
01:13:56qui commencent à se dessiner
01:13:58ou est-ce que vous présentez
01:14:00un peu ce qui nous pend en est ?
01:14:02Il peut être un peu direct.
01:14:04Alors,
01:14:05c'est une excellente question.
01:14:07Sans boules de cristal,
01:14:08je dirais que,
01:14:09un,
01:14:09la question de l'espèce protégée
01:14:10va nous occuper
01:14:11longtemps dans ces contentieux
01:14:12parce que je vois aujourd'hui
01:14:14que l'argument,
01:14:14en fait,
01:14:15se déploie.
01:14:16Non seulement la loi d'adulte
01:14:17vient de consacrer
01:14:18une définition des conditions
01:14:19auxquelles,
01:14:20lorsqu'elles sont réunies,
01:14:21soumettre l'exploitant
01:14:23à la demande
01:14:23d'une dérogation.
01:14:25On a des débats
01:14:26sur la RIPM,
01:14:27le régime de présomption,
01:14:29les projets qui échappent,
01:14:30projet d'international majeur.
01:14:31C'est la grande mesure
01:14:32de simplification,
01:14:33notamment dans le projet
01:14:34de loi de simplification
01:14:35de la vie économique.
01:14:35Est-ce qu'on va apprécier
01:14:37la RIPM
01:14:37dès le stade de la DUP,
01:14:38etc.
01:14:39Donc là,
01:14:39tout ça se traduit au contentieux.
01:14:42Mais là,
01:14:42je fais le lien
01:14:42avec ce que vient de dire Madame.
01:14:44La question derrière
01:14:45qui commence déjà à poindre,
01:14:47effectivement,
01:14:48c'est celle de la sobriété
01:14:49parce que je vois
01:14:51parmi les opposants
01:14:52à ces projets de production,
01:14:54on oppose à la production
01:14:55la sobriété en disant
01:14:56on devrait commencer
01:14:57par une politique
01:14:58d'économie d'énergie
01:14:59indigne de ce nom.
01:15:00Les C2E,
01:15:00ça ne va pas,
01:15:01etc.
01:15:03Il faut avoir
01:15:03une politique de sobriété
01:15:04et d'économie d'énergie
01:15:05indigne de ce nom.
01:15:06D'ailleurs,
01:15:06lors du Grenelle,
01:15:08la demande numéro 1
01:15:09de FNE
01:15:09pour le chapitre énergie,
01:15:10c'était de parler
01:15:11de sobriété
01:15:12avant de parler
01:15:12de production d'énergie.
01:15:13Ce qui prouve
01:15:14que ce débat fondamental,
01:15:16je ne le mis pas
01:15:16encore une fois,
01:15:17Madame,
01:15:18nous l'avons de peu
01:15:18et on ne l'a pas réglé
01:15:19depuis quelques années.
01:15:20Le problème,
01:15:21c'est d'opposer production
01:15:22et décroissance.
01:15:24Je m'explique.
01:15:24Lorsque vous produisez
01:15:25de l'énergie,
01:15:26et je parle sous contrôle
01:15:27des ingénieurs,
01:15:28mais on a pu observer
01:15:29aussi des phénomènes
01:15:30d'économie.
01:15:31Par exemple,
01:15:32une famille
01:15:33qui va s'équiper
01:15:34en panneaux solaires
01:15:35va acquérir des connaissances
01:15:36sur la production d'énergie,
01:15:37va acquérir des connaissances
01:15:38aussi sur la manière
01:15:40d'économiser cette énergie
01:15:41et peut aussi avoir
01:15:43des usages de cette énergie
01:15:45plus sobre qu'avant
01:15:46où elle avait l'impression
01:15:46que l'électricité,
01:15:47essentiellement nucléaire,
01:15:48suffisait d'appuyer sur un bouton.
01:15:49C'est comme l'eau.
01:15:50L'eau est gratuite,
01:15:51on peut la gaspiller
01:15:52à loisir, etc.
01:15:53Donc on voit qu'en fait,
01:15:54la question de la production
01:15:55ne doit pas être opposée
01:15:57uniquement à la question
01:15:57de l'économie d'énergie.
01:15:59Et ce que vous disiez
01:16:00tout à l'heure
01:16:00est essentiel,
01:16:01c'est qu'en France,
01:16:02je ne vais pas vous l'apprendre,
01:16:03on a l'impression que l'énergie,
01:16:04c'est uniquement de l'électricité,
01:16:06alors que c'est que d'abord
01:16:07du thermique
01:16:07pour l'écrasante majorité.
01:16:10Alors la réponse de l'État
01:16:11est de dire
01:16:11on va électrifier les usages
01:16:13et donc en fait,
01:16:14on va passer
01:16:15d'une énergie dominante
01:16:16à une autre.
01:16:17Je ne sais pas si ça marchera
01:16:18et je ne sais pas surtout
01:16:19si on a le temps
01:16:20d'avoir que cette stratégie-là.
01:16:22Mais effectivement,
01:16:23la réponse qui peut être faite
01:16:24dans les contentieux
01:16:25de mon côté,
01:16:26c'est de dire
01:16:27vous êtes en train d'oublier
01:16:28que notre problème numéro un,
01:16:29c'est le pétrole
01:16:30avec toutes ses conséquences
01:16:31et que donc,
01:16:32il faut baisser
01:16:32notre consommation de pétrole,
01:16:33ce qui ne peut pas se faire
01:16:34uniquement avec de l'économie
01:16:36ou de la sobriété,
01:16:37mais qui suppose aussi
01:16:37un peu de production
01:16:38pour substituer les usages.
01:16:41Ça, effectivement,
01:16:41c'est une question montante
01:16:42aujourd'hui
01:16:43dans les échanges de mémoire
01:16:45qu'on peut avoir
01:16:46aux contentieux.
01:16:47Après, je ne suis pas capable
01:16:47de dire s'il y avait explosé
01:16:49dans le champ politique,
01:16:50probablement,
01:16:50mais devant le juge.
01:16:52Mais je ne serais pas étonné,
01:16:53effectivement,
01:16:54qu'on ait de nouvelles règles
01:16:55qui encouragent
01:16:56les économies d'énergie
01:16:57une fois qu'on aura,
01:16:59comment dirais-je,
01:17:00réglé la question du C2E,
01:17:01parce qu'aujourd'hui,
01:17:02voilà,
01:17:03le C2E
01:17:04et la réputation aussi
01:17:05liées à un problème
01:17:06d'organisation du secteur,
01:17:07sachant que l'État
01:17:08fait beaucoup d'efforts
01:17:09pour réguler le secteur.
01:17:10Une fois qu'on aura plus
01:17:11cette image,
01:17:12on pourra reparler
01:17:13d'économie d'énergie
01:17:13peut-être plus facilement.
01:17:15Il y aura certainement des règles
01:17:16qui, ensuite,
01:17:16il faudra discuter devant
01:17:17le juge,
01:17:18probablement.
01:17:18La question de la sobriété,
01:17:19c'est certainement.
01:17:20On peut imaginer
01:17:21que ça monte en puissance
01:17:22dans les critères
01:17:23des solutions
01:17:23à la planification.
01:17:25Ouais,
01:17:25et puis aussi dans la planification.
01:17:27Très probablement
01:17:28qu'en droit de l'urbanisme,
01:17:30nous aurons demain
01:17:30des...
01:17:31Tout comme on a voulu
01:17:32introduire des objectifs
01:17:34d'économie de sol,
01:17:35on voit que les plus
01:17:36se verdissent de plus en plus,
01:17:38et effectivement,
01:17:39on aura certainement
01:17:39des objectifs
01:17:40d'économie d'énergie aussi,
01:17:41probablement.
01:17:42J'ai un peu répondu
01:17:46à cette fois-ci.
01:17:49Nous arrivons
01:17:50au terme
01:17:51de cet échange.
01:17:53Ah,
01:17:53une dernière question,
01:17:55et j'en profite
01:17:56pour prendre la zapette
01:17:57et vous dire
01:17:58que pendant ce temps-là,
01:17:59n'hésitez surtout pas
01:18:00à...
01:18:02Tac, tac, tac...
01:18:04à aller...
01:18:07Flash coder...
01:18:09le flash code
01:18:13pour pouvoir donner
01:18:14votre avis
01:18:14sur la conférence.
01:18:15Voilà,
01:18:16vous avez compris.
01:18:18Voilà.
01:18:20Merci.
01:18:21Oui,
01:18:22bonjour.
01:18:23Vous allez pouvoir,
01:18:24bien sûr,
01:18:25ça,
01:18:25il nous va...
01:18:27Oui,
01:18:27oui,
01:18:27bien sûr,
01:18:27je me tais.
01:18:29Bonjour,
01:18:29vous évoquiez
01:18:31en début d'intervention
01:18:32la proposition
01:18:32de loi Grémillet
01:18:34qui transformerait
01:18:35l'obligation
01:18:36de résultats
01:18:37en obligation
01:18:37de moyens.
01:18:39Est-ce que,
01:18:39selon vous,
01:18:39le principe
01:18:40de non-régression
01:18:40environnementale
01:18:41ferait obstacle
01:18:42à cette disposition ?
01:18:44Alors,
01:18:45le problème,
01:18:45c'est que le principe
01:18:46de non-régression,
01:18:47comme vous le savez,
01:18:48n'est pas inscrit
01:18:49dans le bloc
01:18:49de consignalité,
01:18:50donc il ne s'oppose
01:18:51pas à la loi.
01:18:52Il a été appliqué
01:18:53très rarement
01:18:54par le Conseil d'État,
01:18:55notamment en 2017,
01:18:56grosso modo réservé
01:18:57au champ de l'étude
01:18:57d'impact,
01:18:58c'est-à-dire
01:18:58si vous soumettez
01:18:59un projet d'étude
01:19:00d'impact,
01:19:00le sortir de toute
01:19:02évaluation environnementale
01:19:03n'est pas possible.
01:19:04Mais le Conseil d'État
01:19:04a quand même modéré
01:19:05sa solution en expliquant
01:19:06que passer de étude
01:19:07d'impact systématique
01:19:08à étude d'impact
01:19:09au cas par cas,
01:19:09ça passe.
01:19:10C'est quand vous passez
01:19:10d'étude d'impact
01:19:11à pas du tout
01:19:12d'étude d'impact
01:19:12dans la nomenclature
01:19:13que ça ne passe pas.
01:19:15Et comme ce principe
01:19:16de non-régression
01:19:16est de valeur législative
01:19:17et que là,
01:19:18vous avez une loi,
01:19:20dans le conflit de loi,
01:19:21le juge ne se prononce
01:19:22pas en réalité
01:19:22et donc,
01:19:23nous,
01:19:23on ne pourra pas opposer
01:19:24le principe
01:19:24de non-régression
01:19:25à cette loi
01:19:27si la loi est adoptée.
01:19:29Il y avait une tentative
01:19:30de la part
01:19:31d'un collectif
01:19:32de juristes universitaires.
01:19:33Nous avions introduit
01:19:34devant le Conseil constitutionnel
01:19:35une demande
01:19:36tendant à ce que celui-ci
01:19:37reconnaisse à l'article 2
01:19:38de la Charte de l'environnement
01:19:39qui précise que
01:19:40chacun a le devoir
01:19:41de prendre part
01:19:42à la préservation
01:19:43et à l'amélioration
01:19:45de l'environnement,
01:19:46que le amélioration,
01:19:48comme ça a été fait en Belgique,
01:19:49soit considéré
01:19:50comme du principe
01:19:50de non-régression.
01:19:51De cette manière-là,
01:19:52on n'avait pas besoin
01:19:53d'ouvrir la boîte de pandore
01:19:54de la Charte
01:19:54avec tous les climato-sceptiques
01:19:55qui se seraient évidemment rués
01:19:57pour mettre des choses
01:19:59dans la Constitution
01:19:59dont on n'a pas besoin,
01:20:01mais ça a été refusé
01:20:02par le Conseil constitutionnel.
01:20:03Aujourd'hui,
01:20:04ce principe de non-régression
01:20:04ne s'oppose
01:20:05qu'à certains actes administratifs,
01:20:07mais pas à la loi,
01:20:08malheureusement.
01:20:11Merci.
01:20:13Merci à tous et à toutes.
01:20:16Merci Arnaud.
01:20:17Merci beaucoup de votre attention.
01:20:18Bravo, bravo.
01:20:18Merci beaucoup.
01:20:19La prochaine rencontre,
01:20:27ce sera le 7 juillet.
01:20:29Voilà,
01:20:29elle s'intitule
01:20:31Vécu d'adaptation.
01:20:33On est en train
01:20:33de peaufiner les intervenants,
01:20:35mais l'idée,
01:20:35c'est d'avoir effectivement
01:20:36des intervenants du terrain
01:20:38qui sont en prise
01:20:40avec des enjeux
01:20:41de recul du trait de côte
01:20:42dans le nord de la France
01:20:44avec des enjeux d'inondation
01:20:46et aussi en haute montagne
01:20:48pour venir vous parler
01:20:50de ce qu'ils vivent,
01:20:53des difficultés,
01:20:54des obstacles qu'ils rencontrent,
01:20:55mais également aussi
01:20:56des choses qu'ils parviennent
01:20:57à faire au quotidien.
01:21:01Merci beaucoup.
01:21:03A bientôt et bon après-midi.
01:21:04Merci.
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