00:00En direct depuis Genève, Alexandre Marquis, gérant de portefeuille senior chez Kepler Unigestion.
00:06Bonjour Alexandre Marquis, merci de nous accompagner ce matin.
00:09On va passer quelques minutes ensemble pour regarder un petit peu l'allocation de vos portefeuilles chez Kepler Unigestion,
00:15avec bien sûr l'intelligence artificielle qui a une place importante, comme l'ensemble des investisseurs.
00:20Aujourd'hui, vous regardez ce qui se passe du côté des États-Unis.
00:23Hier, le Nasdaq a gagné plus de 2% avec beaucoup de questions par rapport à NVIDIA, par rapport à OpenAI.
00:28Tout cela se reflète très clairement dans les cours de bourse.
00:31On est sur des baisses de 10% sur NVIDIA et sur Microsoft depuis la fin du mois d'octobre, depuis le début du mois de novembre.
00:39Oui, effectivement. Déjà, bonjour Etienne, merci de me recevoir.
00:42On voit beaucoup d'incertitudes depuis fin octobre.
00:44Alors, ça suit une période qui avait été très optimiste pour la tech et l'IA de manière générale.
00:50Depuis, il y a eu un peu plus de nervosité.
00:52Il y a eu évidemment la petite anecdote autour de Michael Burry, qui était très short sur certaines valeurs,
00:58et qui a décidé de fermer son fonds avec un message assez cryptique.
01:02Il y a beaucoup d'incertitudes autour de ces fameuses capex, autour de l'IA et le second cercle de l'IA,
01:10donc les providers des compagnies comme Orax, qui a signé un méga deal, mais qui depuis est en chute libre.
01:16Et ça se traduit évidemment avec beaucoup d'inquiétude autour des investissements qui vont être nécessaires.
01:21Et est-ce que la rentabilité va être présente ?
01:23Nous, effectivement, on a toujours une approche un peu prudente.
01:26On essaie de s'exposer à l'IA.
01:27Il y a des choses qui sont moins volatiles que les titres qui sont les plus à la mode, on va dire.
01:34Typiquement, ça s'est vérifié dans notre portefeuille récemment.
01:37On a vu que Google a été un peu moins chahuté que le reste des fameux sets magnifiques.
01:43Pourquoi ? Parce qu'effectivement, Google, ils ont cette surface à la fois financière et technique
01:48pour pouvoir être un petit peu plus résiliente à tout ce flux d'actualité.
01:54D'un point de vue technique, pourquoi ?
01:56Parce qu'effectivement, ils contrôlent toute la chaîne technologique, on appelle ça le stack,
02:00des modèles, l'utilisation cloud, le fait de pouvoir les monétiser directement dans les applications,
02:06que ce soit dans Google Cloud, dans Android, dans YouTube, dans Google Search.
02:10Ça, c'est un gros avantage potentiellement de Google sur l'adoption de l'IA.
02:14Et puis, en termes de capex, Google investit très fort, à peu près 75 milliards de dollars prévus,
02:19mais ça représente seulement 50% des cash flows qui viennent des résultats opérationnels.
02:24Donc, il y a une flexibilité financière que n'ont pas tous les sets magnifiques.
02:29Et ce titre alphabet qui était sur des plus hauts historiques hier, au-delà des 300 dollars, 318 dollars précisément,
02:35c'était une hausse de 6% à la clôture et donc ça a permis notamment à l'indice Nasdaq d'être sur une hausse de plus de 2%.
02:42Un mot quand même aujourd'hui de l'Europe.
02:45Comment s'exposer à l'IA à travers des valeurs européennes ?
02:48Un peu plus dures, j'ai envie de vous dire, mais j'imagine que vous arrivez quand même à trouver certains secteurs
02:52qui pourraient bénéficier de l'intelligence artificielle.
02:55Voilà, alors on va dire la façon la plus facile, c'est de jouer à SML qui est une fabrication de machines
03:02pour fabriquer des semi-conducteurs, mais une façon un peu plus, on va dire, diversifiée et plus long terme pour nous,
03:09c'est de jouer via les utilities, tout ce qui est autour des services pour la production
03:16et le service d'énergie pour ces fameux data centers.
03:20Un chiffre peut-être pour illustrer, on estime que la consommation des data centers en Europe
03:24va passer de 70 TWh en 2024 pour l'Europe à 115 TWh d'ici 2030.
03:31Donc une augmentation d'environ 50% sur les 5-6 prochaines années.
03:35Et évidemment ces data centers, comme tout le monde le sait, ils sont très gourmands en énergie,
03:39donc on va avoir un besoin d'utilities qui vont devoir alimenter ces data centers
03:44et donc nous on aime bien s'exposer à ce thème parce que c'est quand même quelque chose
03:47qui est beaucoup moins spéculatif, qui est plus long terme, qui permet aussi de jouer
03:51des titres qui ont un dividende qui est intéressant, un peu plus de visibilité pour les investisseurs.
03:56Et on a vu notamment beaucoup de titres des utilities renforcer déjà notre position
04:01et notamment des utilities en Italie, on a des titres comme SNAM qui fait de la distribution de gaz
04:07qui va alimenter les centrales électriques.
04:09TERNA qui est plutôt sur la partie ce qu'on appelle grid, donc la distribution de l'électricité.
04:13Et puis pareil en Espagne on a Iberdrola qui est le leader des renouvelables en Italie
04:17et qui permettra peut-être aussi de répondre à cette grande problématique
04:21comment on fait pour faire de l'IA tout en gérant les problématiques climatiques.
04:27Évidemment ces entreprises comme Iberdrola qui sont assez leaders sur le segment de l'éolien et du solaire,
04:35peut-être en France plus tard EDF avec le nucléaire,
04:37c'est des choses qui pourront capter une partie de la croissance de l'IA
04:40avec encore une fois beaucoup plus de visibilité.
04:42Le secteur bancaire également qui pourrait profiter de l'intelligence artificielle,
04:46vous avez vu hier quand même Nvidia rentrer au capital de la banque britannique Revolut
04:52qui n'est pas cotée en bourse mais c'est quand même tout un symbole.
04:54Aujourd'hui Nvidia, première capitalisation mondiale rentrée au capital d'une banque,
04:59comment aujourd'hui la finance pourrait profiter de l'IA ?
05:04La finance elle va en bénéficier de deux façons.
05:06La première c'est que si l'IA apporte des avancées technologiques,
05:10ces fameux gains de productivité, c'est positif pour la croissance
05:13et les banques peuvent évidemment bénéficier de cette dynamique.
05:19La deuxième partie évidemment, les banques dans cette dynamique vont faire du crédit
05:21et le crédit ça permet d'augmenter leur marge.
05:23On est aussi dans un environnement en Europe où les taux courts sont assez bas
05:28mais les taux longs sont assez élevés.
05:29Et donc on a un environnement qui est plutôt supportif pour cette fameuse fabrication du crédit.
05:36Les banques se financent à court terme et puis prêtent à plus long terme
05:39et perçoivent une marge au passage.
05:41Nous un exemple qu'on aime bien et qui rentre en portefeuille
05:44pour encore une fois lier un petit peu au thème de l'Italie et de ces fameux pays périphériques
05:48qui sont les pays les plus en forme de l'Union Européenne en ce moment.
05:53On a choisi Posté Italianais récemment,
05:55en partie grâce à nos modèles d'IA justement qui ont choisi ce titre
06:01comme étant quasiment le meilleur en Europe
06:03en termes à la fois de potentiel de capture de la croissance
06:07mais aussi en termes de résilience et de visibilité sur son business.
06:11Pourquoi ?
06:12Posté Italianais c'est un business financier mais qui est assez diversifié.
06:16Évidemment il y a la partie postale que tout le monde connaît,
06:18donc la partie logistique qui est un très bon proxy pour la croissance long terme de l'Italie.
06:23Il y a une partie paiement, il y a une partie assurantielle
06:25et une partie banque traditionnelle.
06:28Donc déjà pour nous, avoir une entreprise qui a plusieurs jambes
06:32pour pouvoir alimenter sa croissance et ses différents sources de revenus,
06:36c'est quelque chose qui est assez intéressant pour nous.
06:39Ensuite, si on se concentre sur l'Italie,
06:41il ne vous a pas échappé que la semaine dernière
06:43Moody's a relevé la note de l'Italie pour la première fois depuis 23 ans.
06:47Donc évidemment ça, ça baisse le coût de financement pour le gouvernement italien
06:51mais aussi pour les entités italiennes, notamment les entités financières.
06:56Et Posté Italianais devrait pouvoir en bénéficier.
06:59Donc pour nous, voilà, s'exposer à la finance de manière générale
07:02dans les pays périphériques de l'Europe,
07:04c'est aussi un bon moyen de capter la croissance qui viendra de l'IA.
07:08Et puis je rajoute un dernier point,
07:10les services, on va dire, et la finance évidemment,
07:14et un secteur de services vont sûrement être les secteurs
07:17qui vont voir le plus de gains de productivité liés à l'IA.
07:20Nous-mêmes, on le voit en tant que gérant d'actifs,
07:22on utilise l'IA pour évidemment choisir nos titres et les pondérer,
07:26mais on les utilise aussi pour faciliter nos workflows
07:28en termes de traduction, en termes de contrôle
07:31de toute la partie opérationnelle,
07:33en termes de génération de reporting, en termes d'analyse.
07:36Donc c'est vraiment des gains de productivité
07:37sur tout le long de la chaîne de valeur.
07:39Je conclue par un chiffre sur l'Italie qui pourra vous intéresser.
07:42En Italie, on estime environ à 50 millions d'euros l'année dernière
07:46les investissements du secteur financier dans l'IA.
07:48L'année prochaine, ou cette année en cours,
07:51on estime entre 300 et 400 millions d'euros.
07:53L'année prochaine, 18 mois, on sera plutôt autour du milliard.
07:57Donc il y a un vrai effort, un vrai investissement
07:59de l'industrie financière pour s'équiper de capacités IA
08:03pour simplifier au maximum les process.
08:05Merci beaucoup Alexandre Marquis de nous avoir accompagné ce matin
08:07pour nous illustrer un petit peu les convictions
08:09de vos portefeuilles chez Kepler Unigestion.
08:12Merci.
08:13Merci.
08:14Merci.
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