00:00BFM Business et RMC Live présentent la matinale de l'économie.
00:05Good morning business.
00:088h46 sur BFM Business et sur RMC Live, Wilfried Galland est avec nous.
00:11Rebonjour Wilfried, directeur général adjoint de Montpensé.
00:14Arbevel, pour l'instant, pas de panique, ni sur le marché obligataire, ni en pré-marché
00:18après la dégradation de la nette française de la part des S&P.
00:21Non, ça veut dire que les marchés ont bien anticipé la chose.
00:24Après, il faut attendre toujours un petit peu.
00:26Il y a quand même quelques heures importantes jusqu'à ce que les Etats-Unis se réveillent.
00:30On a toujours un petit moment de flottement autour de midi
00:34pour savoir quel va être l'impact réel.
00:38Ce qu'il faut voir, c'est effectivement dans le temps.
00:40Comment est-ce que dans le temps, à la fois vis-à-vis des autres dettes
00:42et vis-à-vis de ce qu'on considère aujourd'hui comme étant une norme française,
00:46est-ce qu'on va avoir cet espèce d'effet grain de sable
00:49qui progressivement montre qu'il y a un véritable sujet
00:52ou est-ce qu'on attend les discussions budgétaires
00:55et on verra ensuite ?
00:56Elles vont commencer dans dix minutes au Parlement.
00:59La Commission des finances va commencer à regarder les amendements.
01:01Il y en a 1500.
01:02Mais quand même, cette dégradation, elle n'est pas anodine.
01:05Six semaines à l'avance, on ne pouvait pas attendre ?
01:08En fait, depuis 2013, les autorités européennes ont imposé
01:12aux agences de notation, pour des raisons justement de stabilité financière,
01:15un calendrier.
01:16Et ils ne peuvent déroger à ce calendrier
01:18que s'ils trouvent qu'il y a un événement particulièrement important
01:21qui leur impose de déroger.
01:24Et ça n'arrive pas tout le temps ?
01:25Et c'est extrêmement rare, puisque à part au moment de la guerre en Ukraine,
01:28où effectivement on a revu la dette ukrainienne et la dette russe,
01:31c'est des événements comme le Brexit en 2016,
01:34c'est le président de la Banque centrale turque
01:37qui a été viré en 2018.
01:39C'est ce genre d'événement qui impose de déroger.
01:43Là, on peut imaginer que S&P, compte tenu de son calendrier
01:46qui lui disait d'intervenir que fin novembre,
01:49s'est dit de toute manière, c'est trop tard par rapport aux autres agences de notation
01:53pour attendre encore un mois.
01:57Il va falloir que je dise tout de suite qu'il y a un sujet.
02:00Et effectivement, il y a un sujet qui n'est probablement pas encore terminé.
02:04Ce qui est intéressant, et c'est pour ça je pense que les marchés
02:06ne bougent pas encore beaucoup aujourd'hui,
02:08c'est la perspective qui est stable aujourd'hui.
02:10Ils ne nous disent pas, on remet en plus une perspective négative,
02:14ce qui aurait été une sorte de double dégradation.
02:16Là, on a une simple dégradation, mais le calendrier fait que l'avertissement
02:21est quand même un avertissement sérieux.
02:24Ce n'est pas anodin ce qui vient de se passer.
02:25Et compte tenu des marchés de dette, il faut regarder tous les petits événements
02:30parce que c'est au fur et à mesure que se dessinent des tendances
02:33et que les tendances, c'est toujours long.
02:35Mais une fois que c'est bien enclenché, on finit par le sentir.
02:38Dans l'actualité également, la croissance du PIB chinois
02:41sur la période de juillet-septembre, 4,8% sur un an,
02:44on est donc moins sous les 5%.
02:47Il y a le péplum qui s'ouvre aujourd'hui, le grand round.
02:50Le plénum, pas le péplum.
02:52Aujourd'hui, je dis tout le monde.
02:52Mais ça y ressemble, ça ressemble un peu.
02:54Ça ressemble un peu.
02:56Mais c'est un grand rendez-vous politique
02:58où on dit ce qu'on va faire pendant les prochaines années en Chine.
03:00C'est hyper important.
03:02Oui, c'est hyper important, surtout que celui-ci,
03:03normalement, il est spécialisé dans l'économie.
03:06On a toujours plusieurs plénums.
03:07Et celui-là, c'est effectivement celui qui va nous donner un certain cap.
03:10Alors, c'est toujours assez particulier
03:12parce que la Chine, c'est vraiment une économie dirigiste.
03:14Donc, ils nous disent ce qu'on va faire.
03:16Et généralement, ils font ce qu'ils disent.
03:19Ce qu'on voit quand même dans les chiffres,
03:20c'est qu'on a deux choses.
03:21On a à la fois plutôt des chiffres légèrement supérieurs aux attentes.
03:25Donc, ça veut dire que ça ne va pas si mal en Chine
03:29et que l'économie chinoise, globalement,
03:31absorbe relativement bien les perturbations,
03:33en particulier les droits de douane.
03:34Ça, c'est relativement rassurant pour l'économie mondiale.
03:37En revanche, on voit que d'un point de vue du niveau
03:39et en particulier sur la partie immobilière.
03:42Il y a quand même encore de gros sujets
03:43et on sait que la partie immobilière,
03:44c'est une très grosse partie à la fois des recettes fiscales.
03:47On a beaucoup parlé à la fois du patrimoine des Chinois.
03:50Et donc, pour que la confiance revienne,
03:51on sait que l'économie chinoise,
03:52c'est une économie qui manque de confiance interne.
03:54Il va falloir régler véritablement ce problème immobilier.
03:57C'est visiblement pas encore fait.
03:58Ça se stabilise,
03:59mais on n'a pas encore réglé complètement
04:01le problème immobilier en Chine.
04:02Et la demande intérieure ne rebondit pas,
04:04malgré les injections de liquidités,
04:06les banques de relance.
04:07Voilà, c'est un petit peu mieux prévu
04:08sur les ventes au détail,
04:09mais c'est vrai que quand on regarde,
04:11par exemple, les indicateurs de morale,
04:12c'est quand même extrêmement difficile.
04:13C'est très corrélé tout ça,
04:15effectivement, au patrimoine des ménages chinois
04:17et à une certaine pression
04:21peu lisible, finalement, des autorités chinoises.
04:24On parle beaucoup de la pression
04:25des autorités françaises sur la conjoncture.
04:28Mais d'une certaine manière,
04:30les Chinois pâtissent aussi
04:31de ce manque de visibilité.
04:34Côté américain,
04:35on a des tensions sur des banques régionales à nouveau.
04:37On a déjà connu ça il y a 2-3 ans avec SVB.
04:41Est-ce qu'il y a une inquiétude,
04:43un parallèle à faire ou pas ?
04:44Alors, il y a une inquiétude.
04:46Ça a été plutôt calmé vendredi
04:48parce qu'on a d'autres banques régionales,
04:50en particulier des banques centrales
04:53comme 50 Certs,
04:54qui sont des grosses banques régionales
04:56qui ont sorti des bons résultats.
04:58Donc, on pense que c'est aujourd'hui
04:59plutôt la correction d'un excès de crédit
05:02plutôt que le début de quelque chose.
05:04Mais on a des mots
05:05qui nous rappellent des souvenirs.
05:06On a à la fois des crédits immobiliers,
05:09on a des fraudes,
05:10on a des packagings de dettes
05:12qui se sont faits.
05:13Voilà, c'est la crise des subprimes.
05:14Voilà.
05:15Et donc, en fait, tout ça,
05:16ça mérite un peu d'attention.
05:18En plus, quand vous avez Jamie Dimon
05:19qui dit que quand vous avez un cafard
05:21dans une cuisine,
05:21probablement d'autres.
05:22Bon, voilà.
05:23C'est pas hyper sympa.
05:25C'est pas hyper sympa.
05:26Donc, là aussi,
05:28ce sont des éléments qu'il faut suivre.
05:29On a eu beaucoup d'exubérance
05:30sur le marché du crédit
05:31à haut rendement américain
05:34et sur la partie, justement,
05:35d'aides privées.
05:36Des gens qui, effectivement,
05:37se sont extraits
05:39du marché financier classique
05:40pour se financer.
05:42Là aussi,
05:43il y a énormément
05:43d'acteurs
05:45qui se sont interconnectés.
05:47Il va falloir suivre ça.
05:48Pour l'instant,
05:49ça semble bien gérer.
05:50La Fed sera là aussi,
05:52n'ayant crainte.
05:53Elle sera là pour gérer
05:54en particulier
05:55le niveau de liquidité.
05:56On sait qu'on a un sujet
05:57de liquidité
05:58qui commence à s'assécher
05:59sur le marché américain.
06:00C'est un vrai sujet financier
06:02un peu profond.
06:03Mais c'est un sujet
06:04qui commence à animer
06:05les acteurs économiques
06:07en disant
06:07est-ce que les banques
06:08ont suffisamment de réserves ?
06:09Est-ce que le marché américain
06:12des treasuries
06:13est suffisamment profond ?
06:14En plus,
06:14avec le shutdown,
06:15on a beaucoup de facteurs
06:16d'incertitude
06:17en ce moment aux Etats-Unis.
06:18Pour l'instant,
06:18ça tient bien.
06:19On corrige un certain nombre
06:20d'excès.
06:20Pour l'instant,
06:21ça va.
06:21Il va vraiment falloir
06:24suivre ça
06:24de façon attentive.
06:25On va avoir des indicateurs
06:26macroéconomiques.
06:27On aura l'inflation
06:28vendredi
06:29parce que ça fait trois semaines
06:30qu'on n'a pas d'indicateurs
06:31pour les US.
06:33C'est aussi une économie
06:34qui avance un peu largement
06:35dans le brouillard.
06:35Heureusement,
06:36on a des acteurs privés
06:37comme le Michigan
06:38qui nous rassurent.
06:40Mais effectivement,
06:41il est temps
06:41qu'on sorte de ce système-là.
06:43Merci beaucoup,
06:43Wilfried Galand
06:44d'être venu ce matin
06:44dans la matinale
06:45de l'économie.
06:49Merci.
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