00:00BFM Business et RMC Découverte présente
00:02Good Morning Business, la matinale de l'économie
00:088h47 sur BFM Business, sur RMC Découverte, on débriefe l'actualité économique du jour avec Bertil Bayard.
00:14Bonjour, rédactrice en chef au Figaro. L'actualité économique du jour, c'est l'actualité politique.
00:19Ça va être très très très très long jusqu'en 2027.
00:22Oui, ça va être très très très long. On est un peu désabusé ce matin, même si effectivement on a un nouveau Premier ministre.
00:28Donc au moins cette partie-là a été rapide de remplacer François Bayrou à Matignon.
00:32Maintenant on le sait bien, la difficulté ça va être de nouveau de faire passer un budget.
00:38Donc là on rentre de nouveau dans cette discussion, avec finalement un aboutissement, j'allais dire, qui est connu d'avance.
00:44C'est-à-dire que quand on regarde le paysage politique fragmenté comme il est,
00:47on sait très bien qu'il va falloir trouver une sorte de majorité de non-censure au sein du bloc central assorti...
00:53C'est-à-dire un tout petit dénominateur commun quoi.
00:55C'est ça, avec les socialistes et les républicains, puisque bon, le RN maintenant réclame la dissolution
01:00et donc quelque part s'exclue du jeu.
01:03À gauche, pour l'extrême gauche, c'est un petit peu la même chose.
01:06On sait bien qu'il n'y aura pas grand-chose à en attendre de ce point de vue-là.
01:10Par contre, il faut aller chercher effectivement les deux partis qui ont probablement le plus à craindre d'une dissolution
01:16et donc pour lesquels le risque politique d'accepter une non-censure est plus grand que...
01:21Mais alors ?
01:21Et plus petit, plus exactement, que de risquer une dissolution dans laquelle il perdrait encore des plumes,
01:26donc les socialistes et les républicains.
01:28Du coup, on prend le budget, on enlève quelques trucs, genre les jours fériés, on rajoute une taxe sur les riches...
01:33Oui, de la copie telle qu'elle existe, les mesures les plus urtiquantes,
01:37donc typiquement les deux jours fériés, ça de toute façon, ça ne plaisait à personne,
01:40donc voilà, ça n'a pas un grand avenir, même si le signal politique pouvait être intéressant en termes de temps de travail.
01:49Pour les socialistes, il faudra obtenir d'une façon ou d'une autre une mesure de justice fiscale
01:54en faisant peut-être pas payer les riches sans aller jusqu'à la taxe Zuckmann
01:58qui touchait le patrimoine professionnel tel que l'envisageait le parti socialiste.
02:03Voilà, donc on va voir une copie, et au final, qu'est-ce qu'elle va devenir ?
02:06Ça va devenir qu'elle va être beaucoup moins ambitieuse en termes d'efforts de redressement,
02:10que les 44 milliards qui étaient visés par François Bayrou vont devenir 30 milliards ou 20 milliards,
02:14mais une vingtaine de milliards, c'était après tout la copie socialiste.
02:17Voilà, et donc on va décaler encore le redressement des comptes,
02:22à la fois en termes de déficit budgétaire et de stabilisation de la dette,
02:25dont dépend la date à laquelle on arrivera enfin à cette fameuse cible de 3%.
02:31Pendant ce temps-là, c'est symbolique, mais l'Italie s'est financée moins chère
02:33que la France, hier, ça ne veut pas dire que le FMI va taper à notre porte,
02:37mais enfin quand même, c'est symbolique, surtout beau heureux.
02:39C'est très symbolique, c'est très frappant, voilà, il faut se souvenir,
02:43c'est la première fois depuis la création de la zone euro
02:45que la France emprunte au même prix que l'Italie.
02:47Alors, on n'est pas dans les niveaux de crise qu'on pouvait...
02:52L'Italie, quand elle a été frappée par la crise en 2011,
02:55il y avait 600 points de base de spread avec l'Allemagne.
02:57Voilà, nous on est à 80 points de base, mais on s'est bien décrochés, déclassés.
03:02La France a été déclassée depuis la dissolution de 2024,
03:05avec un spread vis-à-vis de l'Allemagne qui a augmenté à ce moment-là
03:08et qui depuis n'est jamais redescendu,
03:10qui pourrait augmenter encore un petit peu à la fois du fait de nos situations politiques,
03:14du peu de redressement budgétaire que j'évoquais,
03:17et puis peut-être des dégradations à venir des agences de notation.
03:21Donc, on est dans un processus de lente dégradation.
03:25Le catastrophisme, manifestement, ne marche pas.
03:29Et donc, on a une évolution défavorable à la fois du déficit,
03:33de l'endettement, des taux d'intérêt qu'on paie,
03:35la croissance qui s'étouffe, gentiment.
03:38Voilà, ça se passe doucement.
03:39C'est une petite glissade assez désespérante,
03:42mais finalement, sur laquelle on va probablement vivre jusqu'en 2027.
03:46Ça veut dire encore 500 jours comme ça.
03:48Mais quelque part, ce n'est pas de trop pour que les partis politiques se mettent au travail
03:53pour nous faire des programmes qui tiennent debout.
03:55Et j'espère que ces programmes, contrairement à ce qu'on a pu voir dans d'autres campagnes électorales,
03:59ne se passera pas au pays de l'argent magique.
04:01Et donc, si on peut espérer qu'il reste quelque chose de la séquence François Bayrou et de ses dernières répétées...
04:05Pour ça, vous pensez que ça a été utile ?
04:07De mettre les finances publiques au cœur du débat ?
04:09Oui, je pense qu'il y a des réalités qui ont un petit peu infusées dans le débat public.
04:17Après, on était partis, j'allais dire, presque trop loin.
04:19C'est-à-dire que tout à coup, on a vu arriver des propositions
04:21qui étaient intéressantes de réformes structurelles.
04:24Typiquement, le basculement du financement de la protection sociale
04:27sur autre chose que le travail.
04:29Débat résonant.
04:29La retraite par capitalisation, le sujet de temps de travail, effectivement.
04:33Donc là, effectivement, on est sur des réformes structurelles,
04:36mais on n'est absolument pas en état politique de les mener.
04:38Donc, il y avait quelque chose qui est d'un peu irréel dans le débat,
04:41qui était celui du printemps et de l'été dernier,
04:43de voir arriver toutes ces propositions, à la fois très ambitieuses,
04:46et personne pour les porter.
04:47Mais vous avez l'impression, parce que Jérôme Fourquet, lui, il dit,
04:49désormais, la vie politique, c'est une pièce de théâtre totalement décalée
04:53qui se joue devant une salle vide.
04:55Mon chauffeur de taxi, ce matin, n'était pas du tout au courant
04:57qu'on avait changé de Premier ministre.
04:58C'est-à-dire que ça passe au-dessus, quand même,
05:01de la tête de beaucoup de Français.
05:02Oui, celui que j'ai eu il y a deux jours, en revanche,
05:04était très intéressante de savoir ce qui se passait.
05:06Bonne chance, peut-être.
05:09Oui, il y a un côté petit théâtre qui lasse un petit peu tout le monde,
05:13et peut-être même les premiers acteurs,
05:14qui sont un petit peu désabusés aussi,
05:16de voir cette situation.
05:19Maintenant, elle est inextricable.
05:22Il n'y a pas de majorité alternative.
05:24C'est toujours ça, on en revient toujours là.
05:26C'est-à-dire qu'on a des oppositions...
05:28Même si on dissout, on n'est pas sûr de sortir de l'ornier.
05:30Même si on dissout, et même pour le moment,
05:33chacun revendique de trouver une majorité,
05:36de faire écho à une majorité de Français,
05:39sauf que la réalité est qu'à l'Assemblée nationale,
05:41cette majorité alternative, elle n'existe pas.
05:42Merci beaucoup Bertil Bayard d'être venue ce matin
05:45nous remonter le moral dans Good Morning Business.
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