00:00On a vraiment, nous, journalistes, dans nos journaux, un objectif et un devoir de précision, de rigueur,
00:06et c'est à ça que sert le vocabulaire.
00:16Les deux, forcément.
00:18Même si les messages des auditeurs que reçoivent les journalistes, c'est-à-dire les présentateurs de journaux,
00:24ils sont souvent pleins de ressentiments et pas toujours très argumentés.
00:30Mais il y a d'autres messages d'auditeurs très attentifs qui sont toujours inspirants
00:34parce qu'ils relèvent des choses que, dans le flux, on n'a pas toujours relevées.
00:38Donc, à la fois contraignant dans le sens où ce n'est pas toujours agréable à lire parce que ça
00:43vient du ressentiment,
00:45et à la fois inspirant parce que ça peut nous orienter vers des bonnes choses.
00:52C'est un impératif sur France Culture et c'est même encore plus un impératif dans les journaux
00:59que je présente et que mes collègues présentent.
01:02Parce que dans les journaux, on a une forme qui est contrainte.
01:05Il faut qu'on dise le plus de choses possibles en un minimum de temps.
01:08Et c'est là que la précision est importante et la richesse du vocabulaire
01:12parce qu'un mot veut dire quelque chose et apporte beaucoup de densité à ce qu'on dit.
01:16Et le choix du terme est souvent très très important parce que ça veut dire quelque chose et pas une
01:20autre.
01:20Et on a vraiment, nous, journalistes, dans nos journaux, un objectif et un devoir de précision, de rigueur.
01:27Et c'est à ça que sert le vocabulaire français.
01:30Donc oui, c'est très important.
01:34Je ne préfère pas utiliser d'expression, même s'il faut rallonger un petit peu la phrase ou être un
01:40peu plus précis.
01:40Voilà, les expressions qu'on entend partout, par exemple le maître des horloges ou le maître du Kremlin,
01:48ça nuit à la qualité des journaux, je trouve, et au fait qu'on essaye d'avoir des journaux particuliers
01:54et qui nous sont propres.
02:00J'en ai même plusieurs.
02:01Ce n'est pas des tics, c'est des petits mots-béquilles qui permettent d'articuler les phrases
02:06et que j'essaye, quand je me relis, quand j'ai le temps de me relire bien, de supprimer le
02:11mot « notamment ».
02:12Voilà, notamment, en particulier.
02:14Quand je veux aller plus loin dans la phrase, j'utilise beaucoup ces mots-là.
02:18Et il faudrait, voilà, c'est à utiliser comme tout mot-béquille avec parcimonie.
02:22Il faut que ça veuille vraiment dire quelque chose.
02:25Donc, j'essaye de me soigner.
02:33Sincérité, pour tout ce qu'il signifie, parce qu'aussi, il a un lien avec mon métier.
02:38Il y a quand même une forme de sincérité de ce qu'on présente de l'actualité à nos auditeurs.
02:45Il évoque l'honnêteté intellectuelle, il évoque une certaine forme de franchise.
02:50Et puis, le fait que quand on parle des choses, on n'est pas complètement en dehors de ce qu
02:55'on dit à l'antenne,
02:56quand bien même on peut parler de guerre et de choses assez affreuses.
03:00On essaye d'y mettre, également dans le ton, une forme de sincérité.
03:08À éviter quand le mot français existe.
03:11Après, par exemple, moi, je présente le journal de l'économie.
03:14Par exemple, en ce qui concerne le shutdown aux États-Unis, qui veut dire paralysie budgétaire,
03:20qu'on traduit par paralysie budgétaire, bon, c'est un terme très particulier, très américain.
03:25Et ça ne me dérange pas de l'utiliser parce qu'il signifie ce qu'il signifie aux États-Unis
03:30et que ce n'est pas tout à fait la même chose que la traduction française, qui est paralysie budgétaire.
03:36Donc, quelquefois, dans des matières particulières, comme l'économie, ça peut être utile de les utiliser.
03:45Qu'on ait une écoute active ou moins active, pour moi, la radio, c'est vraiment la connaissance.
03:51La connaissance de l'actualité, mais la connaissance en histoire, en philosophie, en art.
03:56Enfin, c'est tellement éclectique.
03:58Pour moi, la radio, c'est ça. La connaissance, c'est l'éclectisme.
04:03Eh bien, quand j'étais petite, parce que la radio, souvent, ça remonte à l'enfance,
04:07j'écoutais Patricia Martin.
04:09Et alors, c'était un plaisir, même peu importe quel était le contenu.
04:13Elle avait une façon, elle a toujours d'ailleurs, une façon d'emmener l'auditeur
04:19par une voix très simple et très cordiale et très pleine et très riche,
04:23qui m'a toujours plu et qui a toujours été une espèce d'idéal pour moi de voix de radio,
04:29le jour où j'ai décidé que je ferais de la radio.
04:33Mais voilà, Patricia Martin.